Après avoir quitté la cellule, John et moi nous sommes séparés. Je ne sais pas vraiment pour lui, mais pour ma part, je sais que cela a été assez difficile, notamment parce que, loin, il ne sera plus sous ma protection. Mais, malgré tout, je suis rassuré que Mycroft, et plus particulièrement ses petits chiens, s'occupent pour le moment de sa sécurité, je n'ai pas été très doué dans ce domaine ces derniers temps. Et, même s'il semble ne plus être en colère contre moi, je sais que je ne pourrai jamais me pardonner toutes ces erreurs que j'ai commises, et qui ont, ensuite, conduient à de terribles conséquences. J'ai été égoïste, aveuglé par ma fascination pour Moriarty, et je peux maintenant assurer avec certitude que je ne suis, et ne serai jamais, un homme bien. Je resterai pour toujours un monstre solitaire. Et c'est tout ce que je mérite ! Je n'ai pas le droit de m'améliorer, je n'ai pas le droit d'être apprécié par d'autres humains, et cela sera ainsi jusqu'à ma mort. Je ne mérite pas d'être heureux, alors je ne le serai plus jamais.
-Sherlock, tu es avec moi ?
Je me retourne vers mon frère, un peu surpris d'entendre sa voix, je ne m'étais pas rendu compte qu'il avait rejoint la voiture. En vérité, je n'avais même pas remarqué que nous étions déjà en route.
-Oui, je réfléchissais. Tu disais ?
Il me regarde un instant, assez étrangement. Puis me répond.
-Es-tu sûr de ton plan ? Cela risque d'être assez risqué.
Je réfléchis avant de lui répondre. J'aimerais pouvoir faire autrement, mais je ne peux pas.
-Nous n'avons pas le choix, Mycroft.
-On peut encore trouver une autre solution, tu n'es pas obligé de faire ça.
Pourquoi réagit-il de cette façon ? Et depuis quand mes sentiments sont-ils si important pour lui ? Il semble si différent depuis mon kidnapping, pourrait-il qu'il... qu'il s'inquiète pour moi ! Non. Mon frère ne m'a jamais aimé, il n'a donc aucune raison de se soucier autant de moi. C'est impossible !
-Sherlock, peux-tu essayer de rester dans le monde réel, s'il te plaît ? J'essaye d'avoir une conversation sérieuse avec toi, enfin, si c'est possible. Et pourquoi me regardes-tu si étrangement ? C'est très agaçant.
Je rigole, ce qui semble encore plus l'énerver. Mais je finis par reprendre mon sérieux, et me décide à lui poser LA question.
-Mycroft, serait-il possible que tu ressentes une once d'amour fraternel à mon égard ?
-Mon cher frère, es-tu devenu si stupide ? Enfin quoi ? Les sentiments ? Tu sais très bien que je n'en ressens aucun.
J'analyse assez facilement sa réponse. Réponse rapide, insulte, sans oublier qu'il en fait un peu trop. Mon frère m'aime ! Quelle surprise ! Devrais-je lui faire savoir que j'ai découvert son mensonge ? Il semble si fier. En même temps, il semble assez pudique sur ce sujet, cela serait donc peut-être mieux de cacher ma découverte.
-Malheureusement pour toi.
Je ne dis plus rien. C'est maintenant à son tour de me lancer un étrange regard.
-Les émotions sont une faiblesse, et tu es bien placé pour le savoir.
-Je partageais autrefois ta pensée, mais j'avais tort, elles sont parfois également une force. Et je te souhaite de le découvrir aussi.
Il rit de nouveau.
-John semble avoir eu un tel impact sur toi, je ne reconnais plus mon frère.
-Tu as raison, mais est-ce si mal que ça ?
-Je ne suis pas sûr.
Il ne dit plus rien, et la fin du trajet se déroule dans un silence complet. Seul le bruit du moteur vrombissant et ceux, presque banals, de la ville nous éloigne du néant. Jusqu'à ce que nous arrivons finalement à destination.
Aussitôt sorti de la voiture, de nombreux gardes du corps nous escortent jusqu'à notre jet. Mais, quand le moment d'entrer dans la cabine arrive, mon corps se fige. Que m'arrive-t-il ? Suis-je vraiment sur le point de faire cela ? A John ! Mais quel genre d'amis suis-je ? Quel genre d'ami est capable d'un tel acte ?
-Sherlock, tu viens ?
Mycroft m'attend déjà sur un siège, un regard légèrement inquiet.
-Je ne sais pas si je vais y arriver, cela va le détruire.
-Comme tu l'as dis plus tôt, nous n'avons pas le choix.
Il a raison, mais c'est impossible, il y a toujours une autre solution. À moins que cela le soit déjà, après tout, nous avons tenté tellement de stratégies différentes. Il ne reste plus rien. C'est ça, où laisser un nouveau Moriarty reignait. Mais cela serait-il vraiment le pire qu'il puisse arriver ? Un nouvel criminel aussi intelligent que moi serait-il si mal ? Vais-je être capable de supporter de nouveau un tel ennuie ?
Non ! Moriarty était dangereux et méritait tout ce qui lui est arrivé. Une autre personne comme lui serait un drame qui causerait un nombre incalculable de victimes. Je dois donc faire tout ce que je peux afin de l'en empêcher. Pour le monde, pour l'Angleterre, pour John !
-Sherlock, tu m'entends ?
Je cligne des yeux en revenant à la réalité. Mon frère semble très inquiet maintenant.
-Très bien, es-tu prêts ?
-Je te retourne la question.
-Je ne l'ai jamais autant été, mais qu'est-ce que le pilote attends ? Nous devons décoller, tout de suite.
Je vais m'asseoir, tandis que mon frère fait un aller-retour au cockpit. Quand il revient, je me retourne vers lui et sourit.
Nous prenons la bonne décision, Mycroft, je le sais maintenant.
-Je l'espère bien, parce que je n'ai jamais autant eu à perdre. Et toi non plus d'ailleurs.
-Mais que dis-tu encore ? Nous sommes sur le point d'accomplir l'acte le plus important de notre carrière, de notre vie même. Nous sommes sur le point de sauver plus de 7 milliards de personnes.
Salut tout le monde, je sais que je mets beaucoup de temps pour écrire chaque nouveau chapitre, mais je pense que ça vaut le coup, et j'espère que vous ne m'en voulez pas trop. Ensuite, j'ai une annonce très importante à vous faire...
*roulement de tambours*
Ceci est l'avant-dernière partie de cette fanfic.
Je sais, je sais, c'est difficile, mais je n'arrive plus à l'écrire, et, maintenant que je pense tout de même avoir trouver une fin plutôt bien, je suis obligée de la poster.
J'espère donc que vous avez apprécié ce chapitre, et on se retrouve dans le dernier, qui, cette fois-ci, et je vous l'assure, devra arriver dans peu de temps.
