Et un nouveau chapitre un! Désolée cela fait des lustres que je n'ai rien publié! Mais avec la venue de Dragon Age Inquisition...Et bien ça m'a donné envie de rejouer à DAO et de continuer à écrire cette histoire! :) J'ai changé quelques bricoles dans les premiers chapitres ( certains noms notamment...) et je pense faire partir l'histoire dans une autre direction à présent (il va y avoir un petit Cullen qui va poindre le bout de son nez d'ici quelques chapitres...:) )
Petit rappel: cette histoire est un léger A.U. je vais suivre les évènements du jeu, grosso modo, mais peut être changer quelques évènements ou chronologie. Bien entendu, ne lisez pas si vous n'avez pas fini le jeu! Spoilers assurés!
Sur ce, nous repartons sur les chemins de Golefalois en compagnie du guerrier cendré Mélisse Gilmore et de son fidèle mabari Raki, toujours à la recherche d'une mystérieuse Alice dans l'espoir de tenir la parole donnée à un Garde des Ombres mourant d'Ostagar...
Bonne lecture et n'hésitez pas à commenter! :)
Edit: en relisant ce chapitre aujourd'hui, j'ai corrigé quelques fautes et ajouté un peu de texte! :) Re-bonne lecture!
4. Mauvaises rencontres
Lorsqu'elle se réveilla, tout était silencieux autour d'elle. Seulement les respirations des hommes et femmes endormis à ses côtés, quelques gémissements et sanglots. Cela aurait pu être le milieu de la nuit. Mais la lumière du soleil filtrait des planches qui barricadaient les fenêtres de la Chantrie. Mélisse comprit qu'il ne pouvait être que le milieu de la journée pour que tout le monde soit si calme. Ils étaient capable de dormir, récupérer un peu de force en toute quiétude. Déjà, d'ici quelques heures, la terreur enserrerait leurs cœurs et broieraient leurs entrailles. Car les monstres reviendraient en masse, se multipliant à l'infini, alors que le nombre de braves guerriers réduisaient à vue d'œil. Ils avaient perdus cinq vaillants garçons la nuit précédente. Combien encore ce soir là ?
Soudain anxieuse, Mélisse se redressa sur sa couche, retenant un grognement. Ses muscles étaient douloureux et courbaturés. Elle plia ses doigts plusieurs fois, rouvrant ses plaies à peine cicatrisées. Il faudrait faire avec. Elle ne pouvait pas mettre de bandages sous ses gants de cuir, ils la gêneraient trop pour la précision de ses tirs. Elle endurerait la douleur. Elle commençait doucement à s'y faire même si ça n'avait rien de plaisant. De toute façon, elle n'avait pas le choix. Autour d'elle, il y avait des dizaines de personnes qui nécessitaient plus qu'elle les rares potions de soin.
Un coup de langue sur sa joue la tira de ses pensées. Assis sur le matelas à côté d'elle, Raki frétillait d'impatience. Elle sourit en prenant la grosse tête à deux mains pour jouer avec lui alors qu'il ouvrait grand la gueule en grognant, essayant d'attraper ses doigts sans y arriver. Au moins, il avait l'air en forme. Une pointe de fierté apparut dans sa poitrine. Raki n'était pas la crème des chiens de guerre. Loin de là. Son instructeur lui avait toujours dit qu'il ne serait d'un arrière garde médiocre, étant trop joueur et souvent un peu couard dans certaines situations. Le rôle qui lui avait été donc attribué était le moins prestigieux, celui du Finisseur. Jamais Attaquant frontal, il devait se contenter d'achever les victimes de ses frères combattants plus agressifs. Pour être franc, cela convenait très bien à Mélisse, même si jamais elle ne le dit de vive voix car il s'agissait là d'un déshonneur. Mais au moins, il ne risquait pas de s'embrocher sur les pics des lanciers en première ligne. Et puis…malgré tout ce qu'elle avait entendu dire sur lui (et sur elle aussi de par ailleurs), qu'il n'était pas assez discipliné, qu'il était trop petit, qu'il avait un pois chiche à la place du cerveau…Il était là. C'était lui qui était là avec elle, bien vivant. Lui qui l'avait sauvée de la mer sanglante d'Ostagar, qui l'avait traînée sur plus de trois lieus alors qu'il était blessé, qui avait sauvé une dizaine de vies la nuit précédente, attaquant et narguant sans relâche les troupes ennemies et qui était à présent frais comme un chiot après seulement quelques heures de sommeil. Elle se souvenait parfaitement d'un commentaire que le maître chien avait fait à un autre Guerrier Cendré alors que Raki avait perdu un énième combat d'entraînement. Elle était alors seulement Aspirant et, comme tous les autres de sa classe, elle regardait avec avidité tous les chiens qui n'avaient pas encore réalisé l'Imprégnation dans l'espoir de trouver « son » chien. L'homme avait soupiré : « Quel gâchis pour cette bête ! Personne n'en voudra. Il a trop de cœur et pas assez de hargne. Il fera un mauvais chien de guerre.». Elle avait froncé les sourcils. Trop de cœur ? Que voulait-il dire par cela ? Curieuse, et il fallait l'admettre également intéressée, elle s'était dirigée droit vers l'enclot de Raki. Et à peine leurs yeux s'étaient rencontrés, elle avait compris. Oui, il avait trop de cœur. Mais au moins, il pouvait combler le sien qui était vide depuis bien longtemps.
Après s'être amusée quelques minutes avec lui, Mélisse décida qu'il était temps qu'elle se rende utile. Nul doute qu'il y avait fort à faire là dehors et que les hommes valides devaient déjà être au travail. Rassemblant ses forces et son courage, elle se mit debout. Ce furent plus les courbatures qui l'assaillirent que ses os fraîchement réparés. La guérison magique avait enfin du arriver à terme. Cela lui procura un grand soulagement. Une chose de moins à laquelle penser. Son mabari trottant au devant d'elle, la jeune femme avança à pas de loup dans la grande salle pour ne réveiller personne et, après avoir salué les gardes de la porte d'un signe de tête, elle se glissa rapidement au dehors.
Le soleil l'éblouit et elle leva la main devant ses yeux pour se protéger. La douce chaleur sur sa peau lui fit un bien fou. Elle offrit rapidement son visage aux doux rayons, laissant la tiédeur pénétrer tout son être. Il faisait bon et beau. Elle inspira profondément, ayant l'impression de revivre après une nuit d'enfer.
- Ohla Dame Gilmore, vous voilà déjà sur pieds ?
Elle sourit en tournant les yeux vers le maire du village qui venait vers elle. Comme selon son souvenir, ses traits étaient creusés à l'extrême, de larges cernes noirs dévorant son visage, et cependant, il irradiait d'énergie. Mélisse sentit soudain un profond respect l'envahir et une terrible envie de lui venir en aide à lui et à tous ses gens.
- J'aurais aimé être debout bien plus tôt pour pouvoir vous aider, déclara-t-elle en dévalant les quelques marches de la Chantrie pour le rejoindre sur la place du village. Et je vous en prie, appelez-moi Mélisse.
- Aha! Vaillante, belle et humble! Une jeune femme comme on en fait plus ! s'esclaffa-t-il en lui tendant la main alors qu'elle rosissait vivement. Je vous aime déjà Mélisse des Cendres !
Elle esquissa un nouveau sourire et lui prit le bras, en une empoignade fraternelle. A leurs côtés, Raki poussa un petit jappement joyeux, satisfait également de la situation. Murdock lui jeta un regard amusé avant de tourner ses yeux marron sur l'horizon. Voyant la gravité revenir sur le visage buriné, Mélisse suivit son regard, parcourant les crêtes acérées et rocheuses à la recherche du moindre signe de danger. Mais le ciel était bleu azur, clair et lumineux. Des aigles tournaient dans les hauteurs, leurs cris perçant parvenant parfois jusqu'à eux. Un jour merveilleux, parfait pour la chasse ou pour partir à l'aventure. La Nature ne comprenait pas ce qu'il se passait sur ses terres. Ou alors Elle avait décidé de l'ignorer. Après tout, peut-être que le temps des hommes était révolu…
La voix de Murdock à ses côtés la fit légèrement sursauter :
- Je sais à quoi vous pensez, dit-il doucement. Vous vous dites qu'il est difficile d'imaginer que la nuit dernière ce soit réellement produite. Ca ressemble à une sorte de cauchemar lointain qui sonne étrangement faux.
Mélisse hocha la tête. C'était tout à fait cela. Pourtant le village portrait les traces de ces attaques féroces. Des maisons avaient été réduites en cendres et de larges mares de sang avaient imbibées le sol. Les hommes valides redressaient les barricades, plantaient des pieux dans le sol. Ils n'avaient pas le temps de s'occuper de leur foyer. L'important était de se tenir prêt.
- Mais ce cauchemar se répète encore et encore, continua le maire de sa voix profonde. Je crains pour mes hommes.
Mélisse lui jeta un regard étonné qu'il vit :
- Pour leur vie, bien sûr, expliqua-t-il. Mais aussi pour leur esprit. Voilà quatre nuits que certains n'ont pas fermé l'œil. Ils ont vu des frères, des amis d'enfance tomber au combat…Ou pire revenir la nuit suivante sous forme de monstre et attaquer leur propre foyer.
L'énorme main gantée se serra en un poing tremblant. La jeune femme garda le silence. Elle pouvait difficilement imaginer ce que ces gens pouvaient ressentir. Elle n'avait eu ni véritable foyer, ni amis sur qui compter. Il n'y avait plus que Raki désormais. Sans y penser, elle baissa la main et trouva sans surprise la grosse tête ronde sous ses doigts. Ce contact permanent la rassurait plus qu'elle ne le pensait. Il lui était nécessaire. Elle laissa ses yeux clairs glisser sur les montagnes avant de retomber sur le château. Elle fut presque choquée de le voir si proche. La veille elle ne s'était pas rendue compte à quel point il dominait le village. Fier et imposant, il semblait inébranlable, tel un garde veillant à la protection de ses ouailles. Mais elle n'avait pas vu un seul garde du Iarl dans le village. C'étaient des villageois qui gardaient les portes de la Chantrie, faiblement armés et tremblants jusqu'à la pointe de leur casque trop grand. Que faisait donc le Seigneur ?
- Le Iarl est malade, lui apprit Murdock lorsqu'elle lui posa la question.
- Malade ? releva-t-elle en haussant un sourcil. Ce n'est surement pas cela qui l'empêche de vous venir en aide.
- J'espère bien que non ! Cela fait des jours que l'on n'a pas de nouvelles du château. Ils ont verrouillé les portes et ne répondent pas à nos appels à l'aide. Pas plus tard qu'hier il y a même des Gardes des Ombres qui ont demandé audience. Et bien ils leur ont refusé l'entrée !
Mélisse sursauta vivement, Raki bondissant à ses côtés à cette réaction, prêt à faire face au moindre danger.
- Des Gardes des Ombres ? s'exclamât-elle en attrapant le bras du maire qui ouvrit de grands yeux. Vous les avez vus ? Où sont-ils ?!
- Eh bien, ils nous ont aidé la nuit d'hier et sont partis ce matin avec le Bann Teagan pour le moulin. On ne les a pas revus depuis. Ils voulaient une audience avec le Iarl à tout prix. Parait-il que le Bann avait un moyen d'entrer au château ou quelque chose du genre…Bah ! Ça ne me concerne pas ! J'ai plus à faire ici que d'élaborer des plans qui n'amèneront rien.
Voyant la déception sur le visage de la jeune femme, il ajouta:
- Allez donc parler au chevalier Gurvan qui est de garde au moulin. Il a combattu à leurs côtés la nuit dernière. Nul doute qu'il leur a parlé plus que moi.
- Merci, j'y vais de ce pas !
Il lui adressa un léger sourire et se détourna d'elle. Elle n'était pas idiote. Elle comprenait bien qu'il ne voulait pas qu'elle parte. Malgré ce qu'elle pouvait penser de ses aptitudes au combat, elle était une personne de plus qui aidait à défendre ce village. Partir à la recherche de ces gardes des Ombres le privait d'une paire de bras supplémentaires. Mélisse aurait aimé rester. Si elle avait eu le choix, elle aurait attendu les Gardes des Ombres ici, à Golefalois, combattant nuit près nuit, pour sauver le plus de vies possibles…Pour laver son honneur et réparer ses fautes. Seulement voilà : elle avait fait une promesse à un homme de mourant de retrouver une jeune femme, Alice, et de l'aider. Ses actes ne lui appartenaient plus si la dernière volonté d'un mourant était en jeu. D'un côté, elle en était égoïstement reconnaissante et soulagée. Nul besoin de penser à la marche à suivre dans ces conditions. Juste avancer, un pied devant l'autre. Et espérer s'éloigner des débris du naufrage qu'était Ostagar dans sa vie.
Le chevalier Gurvan n'était pas devant le moulin. En réalité, il n'y avait plus personne à part deux villageois armés d'épées qui montaient la garde et qui étaient en grande conversation. Jetant un rapide coup d'œil sur le sol, Mélisse comprit qu'une violente bataille avait fait rage à cet endroit la nuit dernière. L'herbe était brûlée, la terre retournée, foulée de centaines de traces de bottes lourdes et des taches de sang sombres maculaient le terrain. Elle détourna le regard, retenant un frisson. A ses oreilles, les rires glacés des engeances résonnaient encore ainsi que les hurlements des hommes. Même ici, ils emplissaient l'air pourtant pur et ensoleillé. Cela aurait du être une belle journée. Maudites soit ces créatures infernales. Sentant son trouble, Raki émit un petit jappement plaintif et Mélisse posa sa main sur sa tête, grattant sans y penser une de ses oreilles. Il fallait qu'elle se reprenne. Après tout, elle touchait au but.
- Bonjour, lança-t-elle aux deux villageois qui la regardaient approcher, soupçonneux, leurs yeux posés sur le mabari. Je cherche le chevalier Gurvan. Maitre Murdoch m'a assuré que je pouvais le trouver ici.
- Vous venez de le rater, lui apprit un villageois d'un air sombre. Lui et ses soldats sont partis au château.
- Vraiment ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils. Mais je croyais que le château était inaccessible ?
- Il l'est, répliqua le deuxième homme alors que son compagnon secouait la tête, visiblement sur les nerfs. Mais le chevalier Gurvan et des Gardes des Ombres vont tenter une percée.
Mélisse ouvrit de grands yeux, abasourdie. Une percée ? Dans un château ? Par Andrasté, comment cela pouvait-il être possible ? Devant son incrédulité apparente, l'homme poursuivit :
- Ils se sont introduits dans le passage du moulin. Le chevalier espère qu'ils arriveront vivants jusqu'à la cour du château et qu'ils pourront ouvrir les grilles.
- Une mission suicide, grommela son compagnon. Comme s'il n'y avait pas assez d'horreurs ici, il faut encore qu'ils aillent en chercher là bas. Ces Gardes des Ombres sont déments.
Elle n'attendit pas la suite. Sans même un mot de remerciements, elle prit la direction du château en courant, Raki la dépassant aisément après quelques foulées. Les muscles de ses jambes la brûlaient affreusement et menaçaient de la laisser s'écrouler au sol mais elle n'y prit pas garde. Une seule pensée la guidait : il fallait qu'elle rencontre ces Gardes des Ombres, coûte que coûte. D'après ce qu'elle avait recueilli comme information, ils étaient tous morts à Ostagar. Sauf ceux-ci. Il était impératif qu'elle leur parle et elle ne souhaitait pas les voir mourir devant ses yeux. Si elle pouvait aider à ce que ce plan absurde fonctionne, elle ferait son possible, même si ce n'était pas grand-chose.
Elle entendit la herse se lever avant même de la voir et un cœur de cris guerriers résonna à ses oreilles. Aussitôt, Raki poussa un puissant aboiement d'excitation et vint prendre sa position de combat à ses côtés, le plus près possible d'elle, alors qu'elle portait le sifflet d'os à ses lèvres et attrapait son arc. Elle remarqua pour elle-même que ses mains tremblaient. De fatigue. De frayeur. Elle n'arrivait même plus à faire la différence. Depuis qu'elle avait vu la horde d'engeance déferler sur la plaine d'Ostagar pour venir les engloutir, elle était dans un état de terreur permanent. Et elle ne pouvait rien faire à part bander son arc et souffler de tous ses poumons dans son sifflet.
La cour de château n'était qu'un vaste champ de bataille lorsqu'elle y pénétra. Il avait à peine du s'écouler quelques minutes depuis le début du combat et déjà les corps des chevaliers jonchaient le sol. Une fois encore, serrant les mâchoires à se briser les dents, elle détourna les yeux du carnage. Il fallait qu'elle trouve le meilleur endroit où se placer en évitant d'attirer l'attention sur elle-même ou Raki. Le mabari grondait sourdement à ses côtés, prêt à en découdre, ne comprenant pas pourquoi elle le retenait ainsi. Il ne savait pas que Mélisse refusait de se servir de lui comme de chair à balistes. Elle voulait être certaine qu'il aurait une trajectoire sure jusqu'à sa cible et qu'il reviendrait vers elle bien vivant une fois sa tâche achevée. D'un bond souple, elle grimpa sur le puits et embrassa la cour du regard, les cris résonnant sur les murs du château la faisant frémir d'horreur. Partout autour d'elle, telle une marée rouge, un chaos ensanglanté régnait. Coups, plaies béantes, flot de sang, le cauchemar de la nuit précédente lui revint en mémoire. Mais celui semblait bien plus sinistre. Car il se déroulait en plein jour sous un ciel bleu azur et un soleil rayonnant. Jamais elle ne s'était sentie aussi morte dans un monde si vivant. Soudain un mouvement de panique sur le côté de la cour attira son attention et ce qu'elle vit la pétrifia : là bas, tout conte le mur d'enceinte, se tenait une créature de cauchemar. Un corps gigantesque revêtant une armure lourde, incrustée d'éclats d'os et baignée de sang déjà aggloméré, brandissant une énorme épée dans une main et tenant un bouclier dans l'autre. Bouclier dont il asséna un coup d'une puissance phénoménale sur le guerrier le plus proche. Elle se crispa, se préparant à entendre les os du brave soldat se briser et ses hurlements retentir. Mais il n'en fut rien. Car l'homme avait tenu bon. Bouclier levé au dessus de sa tête, épée dans l'autre main, il avait certes flanché sous l'attaque, ses genoux pliant sous le choc, mais il tenait encore fermement sur ses deux jambes. Et comme s'il n'avait s'agit que d'un coup comme un autre, il leva à son tour son arme pour contrattaquer. Ce fut à ce moment là qu'une flèche passa à quelques centimètres de son heaume. Bien sûr, il l'ignora mais cela ramena vivement Mélisse sur Thédas. Se maudissant à haute voix pour s'être ainsi détournée de la situation face à cette vision si insolite, elle retourna son attention sur les marches menant aux portes du château. Une poignée d'archers squelettes s'étaient positionnés et décochaient leurs flèches empoisonnées, ricanant à glacer le sang. Sans hésiter, elle siffla et Raki fondit sur le plus proche. Elle l'aida en criblant le cadavre de flèches et sauta au sol pour pouvoir rester mobile. Apportant un soutien de poids à son mabari, ils exterminèrent trois archers avant que l'un d'entre eux tourne son arme vers elle. Elle vit une lueur mauvaise briller dans ses yeux morts et le temps se figea. Raki était trop loin pour lui venir en aide et la flèche noire était déjà engagée sur la corde bandée. Il était trop tard. Elle siffla néanmoins, désespérée, un appel à l'aide à son compagnon canin. Reconnaissant ce signal entre des dizaines d'autres, Raki tourna la tête vers leur ennemi, lâchant un glapissement de terreur. Alors que le mabari se ramassait sur lui-même pour bondir à la gorge de l'archer, la flèche quitta son encoche et fondit sur elle. L'instinct du combat la poussa à faire un pas de côté mais ce fut une violente bourrade qui lui sauva la vie, éloignant son cœur de la trajectoire de la flèche. La pointe acérée de la flèche s'enfonça dans le cuir de son armure, perforant le haut de son bras et lui arrachant un hurlement de douleur alors qu'elle s'écroulait lourdement sur le sol. L'impact lui coupa le souffle alors que la poussière du sol s'éleva autour d'elle, dense et poisseuse. La douleur irradiait tout son corps, attaquant violemment son cerveau de trop d'informations. Entre les larmes et les éclairs rouges qui voilaient ses yeux, elle vit Raki arracher violemment la gorge de l'archer. Ce faisant, il entraina dans ses mâchoires puissantes le peu de chair morte qui restait accrochée sur les os luisants et détacha rageusement la tête du corps animé de ses épaules. L'envoyant au loin d'un air dégoûté, il dévala ensuite les marches en hurlant à la mort pour se précipiter vers elle. Avant qu'il ne l'ait rejoint, une poigne puissante la saisit par son bras valide et la remit sur ses pieds. Grimaçant de douleur et étouffant ses sanglots, elle leva les yeux pour rencontrer le regard de son sauveur et le remercier. Les mots moururent dans sa gorge. Car à travers la fente du heaume, deux yeux noisettes la dévisageaient avec surprise. Et qu'elle les aurait reconnus entre tous.
- Vous…ici ? balbutia-t-elle.
Le guerrier poussa un grognement irrité avant de se détourner d'elle, prêt à en découdre de nouveau et visiblement pressé de s'éloigner. Il n'en eut cependant pas le loisir. Les dernières ennemis avaient été vaincus et les chevaliers et soldats encore vivants se laissaient tomber au sol ou s'asseyaient sur les marches, reprenant leur souffle. Quelques uns d'entre eux examinaient les corps décharnés des ennemis, étrangement intéressés. Mais Mélisse n'y prit pas garde. Titubant en arrière, elle percuta le puits auquel elle s'accrocha avec l'énergie du désespoir. Raki se pressa contre elle, jappant doucement pour attirer son attention et levant vers elle ses petits yeux brillants. Mais pour la première fois, elle ne posa pas la main sur sa tête duveteuse pour calmer son inquiétude. Elle ne pouvait pas. Son corps était paralysé par la vision qui se tenait face à elle. Tétanisée par le choc, elle regarda impuissante le guerrier ôter son heaume, une cascade de cheveux bruns tombant sur ses épaules. Et son souffle se coupa lorsque les yeux noisettes se tournèrent de nouveau vers elle.
- Lady Cousland…souffla-t-elle, la voix rauque.
- Bâtarde, salua la jeune femme brune d'un ton suintant le mépris. Quelle mauvaise surprise de te rencontrer ici.
A suivre...
Chapitre 5 - Alice
Mouhahaha! Avouez, vous pensiez que c'était quelqu'un d'autre sous ce heaume! ;p Je sais je sais, je suis cruelle... J'espère que vous appréciez toujours notre petit duo car les choses ne vont pas s'arranger pour notre demoiselle Gilmore et son mabari! Enfin, au moins, elle va rencontrer la mystérieuse Alice dans le prochain chapitre! je me demande ce que ça va donner... :) A très bientôt!
