Bonsoir à tous! Voici un nouveau chapitre rien que pour vous ! Alors j'ai changé le titre parce que je n'ai pas réussi à tout faire rentrer dans ce chapitre ci. Il aurait été trop long et je voulais le publier ce soir :p
Merci à tous pour vos gentilles reviews, vous êtes extras ! Chaque petite review est comme une petite piqûre de rappel pour me pousser à écrire et c'est tant mieux ! J'ai des grands projets pour notre chère Mélisse Gilmore, de Dragon Age Origins jusqu'à Dragon Age Inquisition :) Mais je pense que ce sera une fic par jeu (sinon ce ne sera plus une fic mais un roman ! Et puis le titre ne collera plus du tout :p )
Comme toujours, cette fic est AU car je ne vais pas forcément suivre le déroulement du jeu vu que notre héroïne n'est pas le héros de Férelden. Cependant, ça devrait plutôt coller avec l'intrigue :p Je vous préviendrais si je pars vraiment en vrille !
Bonne lecture !
5. L'ombre des lauriers
Ce fut dans un état second que Mélisse Gilmore passa les interminables minutes qui suivirent la bataille de la cour du château de Golefalois. Pétrifiée, comme prisonnière de son corps, son esprit hurlait sa confusion et son désarroi alors que ses yeux clairs refusaient de se détourner de la jeune femme qui se tenait à quelques pas d'elle. Cette dernière ne lui avait pas adressé un mot de plus que nécessaire et avait tourné les talons aussitôt ces quelques paroles amères lâchées. « Bâtarde. Quelle mauvaise surprise de te rencontrer ici. ». La guerrière cendrée n'arrivait pas à comprendre, à réaliser qu'elle voyait bien la noble dame dans cette cour avec elle. Surement, son cerveau fatigué devait l'induire en erreur. Dame Mara Cousland était actuellement dans à Hautecime, gardant le château et le domaine en l'absence du Tiern Cousland son père et de son frère ainé Fergus. Elle ne pouvait être ici. Et pourtant la voix claire et autoritaire de la jeune femme résonnait dans la cour ensoleillée du château, donnant des ordres à un groupe de soldats lourdement armés comme elle l'avait toujours fait. Mélisse voyait presque une aura scintillante l'envelopper alors que les visages des hommes l'écoutant avec une totale attention luisaient de respect et de confiance. Cela suffit à lui enserrer la poitrine dans un étau, à lui couper le souffle et à broyer son cœur. Trop de souvenirs revenaient à son esprit. Trop de douleur et de rancœur enfouis au plus profond d'elle ne demandaient qu'à sortir au son de cette voix pourtant si limpide. Elle se sentait sombrer. Elle n'avait plus rien de la Dame des Cendres dont Maître Murdock avait fait l'éloge. Qu'avait-il dit d'elle déjà ? « Vaillante, belle et humble ». C'était plutôt misérable, pathétique et méprisable. Elle n'était rien. Rien du tout.
Un contact mouillé sur la main lui fit baisser les yeux. Et ce qu'elle vit finit de la briser. Raki était là, serré contre elle, couinant doucement et levant vers elle ses petits yeux bruns luisant d'inquiétude. Elle l'avait oublié. Pour la première fois en trois longues années, elle avait oublié qu'il était à ses côtés. C'était l'effet de cette femme sur elle. Elle lui faisait perdre pieds, la ramenait des années en arrière où elle n'était qu'une gamine couverte de boue et de bleus. Seule. Sans défense. Retenant un sanglot, elle se laissa tomber sur le sol et entoura le cou de l'animal de ses bras, pressant son visage tout contre le pelage chaud de Raki. Ce dernier fourra son museau dans ses cheveux, donnant quelques coups de langue mal placés, en grondant doucement. Malgré la douleur violente de son épaule et son état de fragilité mentale, Mélisse sentait une vague de douceur l'envahir, comme un baume sur son esprit. Elle connaissait bien ce son. C'était celui qu'une chienne émettait pour calmer un chiot turbulent ou l'inciter à dormir. Rassurant. Apaisant. Elle s'abandonna totalement à ce cocon, oubliant sa situation et l'endroit où elle se trouvait. Elle ne pouvait rien faire d'autre. Si elle lâchait Raki à cet instant, si elle ne se tenait plus à sa si chère petite bouée à quatre pattes, elle sombrerait. Son esprit serait brisé, comme des années auparavant, et elle ne saurait pas si elle pourrait refaire surface.
Elle eut l'impression qu'une éternité s'écoula, bien que ce ne fussent que quelques minutes. Des pas lourds et cadencés s'approchèrent d'eux et le grondement de Raki se fit plus sonore, plus menaçant pour terminer par un puissant aboiement de mise en garde. Les pas s'arrêtèrent et Mélisse sentit une présence troublée dans son dos, comme à chaque fois que quelqu'un se rendait compte qu'il s'agissait d'un mabari qui se tenait là. Elle avait presque envie de rester là, immobile contre son petit protecteur…Mais le contact froid du griffon d'argent tout contre sa poitrine la poussa à bouger. Elle avait revêtu le pendentif donné par le Garde des Ombres mourant d'Ostagar, au bout d'une chaine autour de son cou afin de ne pas oublier sa promesse. Les premiers temps, elle avait aussi espéré que de laisser à découvert sur son armure de cuir aurait permis aux intéressés d'entrer plus facilement en contact avec elle, reconnaissant leur symbole. Cependant après avoir entendu les nombreuses rumeurs sur la trahison des Gardes des Ombres sur les routes et dans les auberges et ressentis l'hostilité des Féreldiens, elle avait décidé de cacher le précieux pendentif sous ses vêtements, tout contre sa peau. Étonnamment le métal était resté froid et se rappelait sans cesse à elle par son contact. Elle l'avait longuement observé et il lui avait semblé que le petit griffon de métal était en réalité creux. Était-ce un réceptacle ou simplement un chef d'œuvre d'artisanat ? Elle n'avait pas cherché plus loin. Même si elle avait trouvé le moyen de l'ouvrir, elle ne l'aurait pas fait. Il s'agissait d'un objet personnel à être remis à Alice. Elle ne violerait pas ainsi l'intimité d'un homme mort sur le champ d'honneur.
Aussi elle se força à quitter sa position prostrée et tourna son regard clair sur le guerrier qui se tenait à quelques pas d'elle, gardant néanmoins un bras autour du cou de Raki. Il s'agissait de l'homme qui avait si incroyablement tenu face au revenant quelques minutes plus tôt. Il revêtait une simple armure de maille ternie qui semblait bien légère pour de si féroces combats. A son bras, un bouclier usé et sale qui semblait prêt à se briser au moindre impact. Cependant Mélisse savait qu'il n'en était rien. Elle l'avait vu tenir face à un monstre à la force démesurée. Et il lui semblait que son porteur était sans doute fait du même acier : semblant terne et quelconque à l'extérieur mais solide et surprenant en vérité. Suffisamment piquée dans sa curiosité elle essaya de trouver le regard du guerrier dans la fente de son heaume afin de tenter d'y lire la moindre information. Elle rencontra un regard ambré étrangement pétillant et vif étant donné les circonstances. Cela finit de la troubler complètement mais eut également l'effet bénéfique de balayer ses angoisses précédentes. Qui donc était ce guerrier ?
- Pardonnez-moi si je vous ai effrayée, déclara-t-il, sa voix résonnant dans son heaume. Mais je vous ai vu combattre et je vois que vous avez été blessée.
Mélisse suivit son regard jusqu'à la flèche noire qui était toujours fichée dans son épaule. Cela la surprit presque. La douleur était là, bien réelle, mais elle semblait avoir été étouffée par toutes les émotions qui l'avaient assaillie. Un mouvement de Raki fit bouger son bras, toujours passé autour du cou de l'animal, et elle crispa les mâchoires, retenant un gémissement de douleur. Les yeux du guerrier se teintèrent d'inquiétude alors qu'il rangeait d'un geste expert son bouclier sur son dos.
- Permettez moi de vous aider, offrit-il en levant doucement les mains devant lui en signe d'apaisement.
Mélisse vit aussitôt en ses gestes l'attitude d'un homme habitué à vivre aux côtés de chiens de guerre. Détendu, il dégageait une aura calme mais cependant autoritaire. Elle sentit clairement Raki se tendre à ses côtés, reconnaissant là un bipède qui ne le craignait pas et qui était visiblement plein de bonnes intentions envers sa maitresse. Il était un peu perdu face au comportement de ce guerrier inconnu, ne sachant comment réagir. Cependant, en brave cœur qu'il était, il décida de demeurer sur ses gardes, laissant un léger grognement vibrer au fond de sa gorge en signe de défiance. Mélisse vit les yeux de l'homme pétiller d'amusement, sans aucun doute parce qu'il comprenait la réaction limpide du mabari, alors qu'il s'agenouillait à côté d'elle. « Fais attention à tes gestes envers elle. Ou je t'arrache le bras ».
- Nous avons un guérisseur, continua l'homme en l'aidant à s'asseoir le plus confortablement possible dos au puits. Je vais juste vous enlever cette flèche pour éviter que le poison ne se répande. Si jamais elle est empoisonnée. Ce qui n'est pas sûr du tout, ajouta-t-il rapidement en voyant les yeux de la jeune femme s'écarquiller de frayeur.
- Rassurant, grinça-t-elle entre ses mâchoires crispées alors qu'il saisissait la flèche dans une main et posait la seconde contre son épaule.
- C'est tout moi ça, déclara-t-il d'un ton enjoué. Rassurant et optimiste ! Et vous ne trouverez pas meilleur extracteur de flèches potentiellement empoisonnées dans tout Férelden !
Elle ne put retenir un sourire malgré la souffrance et s'apprêtait à répondre lorsque, sans même prévenir, il retira vivement le projectile de son épaule. Cette fois ci elle n'arriva pas à retenir un cri de douleur et elle se recroquevilla sur elle-même, portant les mains à son épaule blessée. Ses doigts nus se crispèrent sur la grande main du guerrier qui était restée sur la plaie, la comprimant pour stopper le saignement. Le cuir rêche du gant de l'homme s'enfonçait dans sa chair à vif, la meurtrissant d'autant plus, et pourtant pour rien au monde elle n'aurait voulu qu'il se retire. Avec le corps tremblant de Raki tout contre elle, cet homme était son seul point d'ancrage dans le brouillard rouge qui l'assaillait. Essayant de combattre la violente nausée qui la submergeait et d'éclaircir son esprit, elle chercha d'une main tremblotante la tête de Raki qui se présenta aussitôt à elle, léchant avidement ses doigts sanglants en signe de soutien. Son autre main se referma un peu plus sur celle du guerrier qui s'approcha légèrement d'elle.
- Le plus dur est passé, lui apprit-il d'une voix rassurante. Je vous donnerai bien une potion de soin mais…
Il jeta un coup d'œil derrière lui alors que des éclats de voix retentissaient dans la cour.
- Par le Créateur, cette stupide farce a assez duré ! Fini de dormir, il est temps d'attaquer le hall ! Avec moi !
Mélisse sentit son corps réagir avant son esprit. Elle connaissait cette voix. La voix à laquelle il fallait obéir sans une seconde d'hésitation sous peine de finir jetée au dehors dans le froid ou dans la cave avec les rats. Dans un sursaut, elle se redressa vivement, attrapant dans le même mouvement son arc et plaçant le sifflet d'os entre les dents. Raki bondit sur ses pieds, lui jetant un regard perdu ainsi qu'un jappement plaintif. Quant au guerrier, il se leva également, agrippant son bras pour éviter qu'elle ne perde l'équilibre :
- Ohla ! s'exclama-t-il en la voyant vaciller. Qu'est-ce que vous pensez faire au juste ?
- Dame Cousland appelle, souffla-t-elle d'un ton rauque, son cœur cognant douloureusement dans sa poitrine. « Les lauriers toujours se déploieront ».
Les yeux ambrés du guerrier la dévisagèrent soudain avec attention depuis la fente du heaume avant de glisser sur la petite main crispée sur la hampe de l'arc. Ce dernier était poisseux de sang écarlate qui s'écoulait en filet fin mais continu depuis la blessure qu'elle avait à l'épaule. Peu importait. Dans le brouillard rouge qui l'enveloppait et le cognement sourd du sang dans ses temples, l'évidence de la situation ne pouvait lui échapper. Elle pouvait encore se battre. Elle prouverait qu'elle était digne du nom des Gilmore à tous ceux qui se trouvaient dans cette cour. Dame Mara Cousland inclus. Dans ce délire suicidaire, Mélisse fit un pas en avant, déterminée à enfoncer ses flèches dans le crâne de ses ennemis à mains nues s'il le fallait. C'était sans compter sur ses jambes traitresses qui lâchèrent sous son poids dès le deuxième pas. Elle fut rattrapée avec une facilité déconcertante par le guerrier qui avait très certainement pressenti sa chute. Il l'allongea avec toute la délicatesse possible lorsque l'on revêt une armure qui pèse plusieurs dizaine de livres sur le sol de la cour, rassurant de sa voix grave un Raki qui poussait des couinements terrifiés.
Cessez donc d'être aussi têtue et restez ici. Et toi bonhomme, protège bien ta maîtresse et assure toi qu'elle ne bouge pas. Je vais lui donner quelque chose qui devrait freiner l'effet du poison mais seulement si elle arrête de s'agiter dans tous les sens. La valse avec les engeances devra attendre un peu j'en ai peur.
Mélisse sentit à peine une main soulever sa tête alors que le col froid d'une petite fiole était posé contre ses lèvres. Un liquide poisseux et sucré coula dans sa gorge et elle inhala autant qu'elle avala la substance, toussant et crachotant à chaque gorgée. Aussitôt une vague de chaleur l'enveloppa, rendant sa langue lourde et embrumant son esprit trop agité. Elle sentit une grande main se poser sur son épaule valide, en un geste rassurant, puis le contact disparut. La dernière chose qu'elle vit furent les petits yeux bruns de Raki qui la fixaient, inquiets, alors qu'à ses oreilles résonnaient des cris de guerre et le bruit d'une porte qu'on enfonce.
oOo
Elle ne sut combien de temps elle resta sans connaissance mais lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était toujours allongée dans la cour du château à l'endroit même où elle s'était effondrée. Le soleil avait quelque peu tourné dans le ciel mais il était encore haut. Elle se redressa doucement, retenant une grimace de douleur alors que son épaule l'élançait. Allongé à ses côtés, Raki releva vivement la tête et se mit à japper de joie, sa petite queue battant les airs. Comme à chaque fois que cela se produisait, Mélisse sourit et reçut de bonne grâce les fêtes qu'il lui fit, si heureux de la voir en vie. Les aboiements de bonheur du mabari résonnèrent dans la cour, attirant sur eux les regards étonnés des chevaliers mais aussi des soldats présents. Et il fallut peu de temps pour qu'une femme se détache du groupe et ne vienne vers eux.
A ses vêtements, il s'agissait d'une mage du Cercle. Mélisse la dévisagea attentivement, partagée entre curiosité et crainte. Jamais encore elle n'avait rencontré de véritables mages. Les seuls qu'elle avait vus avaient été ceux d'Ostagar qu'elle n'avait que croisé dans le campement. Les templiers les gardaient farouchement et interdisant à quiconque de les approcher. Comme tous ceux qui avaient été présent en ce lieu funeste, templiers comme mages avaient tous péri durant la bataille. Qu'Andrasté guident leur âmes tourmentées. La mage s'approcha d'elle, un doux sourire aux lèvres, lui conférant un air sage et bienveillant. Elle avait les cheveux blancs, relevés en un chignon à l'arrière de son crâne, qui s'accordaient parfaitement avec son visage quelque peu marqué de femme mure. Nul doute qu'elle devait être quelqu'un d'important. Et certainement de puissant car il était difficile d'atteindre cet âge là en Férelden lorsqu'on était sans défense. Mélisse sentit soudain le besoin incontrôlé de témoigner son respect à cette femme et tenta de se lever pour présenter ses hommages. Elle échoua lamentablement sous le regard désolé de Raki qui émit un petit jappement d'encouragement lorsqu'elle retomba lourdement sur le sol. La mage sembla comprendre son trouble car elle vient aussitôt son aide, lui proposant sa main que Mélisse accepta avec soulagement et reconnaissance.
- Comment vous sentez vous ? demanda la femme aux cheveux blancs, la soutenant toujours.
- Bien mieux, répondit sincèrement Mélisse malgré ses jambes quelque peu flageolantes et l'élancement de son épaule. Je vous remercie de m'être venue en aide, Dame...Dame?
- Vous pouvez m'appeler Wynne mon enfant. Juste Wynne, ajouta-t-elle avec un sourire en voyant la jeune femme prête à rétorquer.
- Si vous le souhaitez, concéda la jeune archère légèrement ébranlée par une telle familiarité venant d'une personne d'expérience.
Les yeux gris de la femme se posèrent avec douceur sur elle alors qu'elle attendait patiemment qu'elle reprenne la parole.
- Mélisse Gilmore, Guerrier Cendrée, se présenta-t-elle avec un sourire. Et voici Raki, fils d'Heltor et d'Inas.
Et comme de coutume, le mabari lança un joyeux aboiement sonore qui rebondit sur les murs de la cour. Quelques regards étonnés se tournèrent vers eux et quelques rires s'élevèrent alors que le mabari effectuait ce que Mélisse avait baptisé sa petite danse de la joie, se dandinant et sautillant sur place comme un chiot fou. Un sourire se dessina sur les lèvres de Wynne alors qu'elle regardait l'animal :
- C'est un bien précieux compagnon que vous avez là s'il est capable de faire naître des rires dans un endroit pareil.
Mélisse hocha la tête, le cœur lourd pour les horreurs qui s'étaient déroulées dans cette cour de château mais aussi gonflé d'amour à la vue de Raki. Précieux. Oui, il était ce qu'elle avait de plus précieux. Et son cœur lui faisait mal à en pleurer.
Sans y penser, elle fit rouler doucement son épaule, découvrant avec soulagement que la souffrance était sourde. Toujours présente mais en voie de guérison. Cela serait suffisant.
- La flèche n'était pas empoisonnée, quoi qu'ait pu vous dire Alistair, lui apprit Wynne en la voyant faire. Le boucher qui vous a arraché la flèche de l'épaule, précisa-t-elle face un regard interrogateur de la jeune femme.
Mélisse ne put retenir un petit rire :
- Il s'était pourtant déclaré le meilleur extracteur de flèches de tout Férelden.
- Il tient plus le rôle de la pelote d'épingles à dire vrai. C'est moi qui passe mon temps à retirer flèches et autres de son cuir. Lui et Mara sont de vrais aimants à projectiles.
Le rire clair de Mélisse s'étouffa dans sa gorge. Dame Mara Cousland. Dire qu'elle l'avait presque oublié. Ses yeux clairs se tournèrent vers les marches qui menaient au grand hall du château de Golefalois. Tout son de bataille avait disparu et le calme qui régnait dans la cour lui faisait comprendre que la bataille était finie et avait tourné en faveur des hommes. C'était là qu'elle devait aller. Poser des questions sur les Gardes des Ombres, s'enquérir du lieu où se trouvait Alice…Seulement voilà. Ce château, empli de démons quelques heures plus tôt, lui semblait désormais bien plus terrifiant car elle s'y trouvait. De nouveau, une bouffée d'angoisse la submergea comme une violente nausée. Elle n'était pas prête à lui faire face. Une fois encore, elle n'avait rien prouvé, rien du tout. Une fois encore, elle s'était évanouie au milieu d'un combat, laissant les autres se battre pour elle. Lâche et pathétique.
Ce fut alors qu'une main fine se posa dans son dos. Et la poussa gentiment en direction des marches. Mélisse tourna la tête vers la mage, interloquée, pour rencontrer son doux sourire :
- Je crois que vous devriez y aller. Attendre ici ne vous avancera à rien.
Déboussolée, la jeune femme allait répondre alors Raki la dépassa en flèche, grimpant les marches quatre à quatre. Une fois en haut, il se retourna pour la regarder et se mit à japper bruyamment, la réprimandant pour sa lenteur. Derrière elle, des rires s'élevèrent de nouveau. Et avec ce son, un poids s'envola de ses épaules. Elle n'avait toujours pas envie d'y aller ni d'affronter cette femme. Elle aurait préféré faire demi-tour et s'enterrer dans la taverne brûlée de Golefalois. Seulement voilà : sa petite bouée était là haut et elle ne bougerait pas tant qu'elle ne l'aurait pas rejoint. Son point d'attache capable de faire apparaitre des rayons de soleil dans les ténèbres de l'Enclin. Il était hors de question qu'elle l'abandonne de nouveau. Et encore moins qu'elle ne l'oublie encore une fois à cause d'elle. Plus jamais. Aussi, serrant les poings et les mâchoires crispées, la douce fraîcheur du médaillon du Garde des Ombres contre son cou, elle gravit d'un pas assuré les marches qui menaient au grand hall du château.
A suivre…
Chapitre 6 : Jeux d'enfants
Prochain chapitre, crêpage de chignons dans un bain de boue ! :p Nan, quand même pas, les Féreldiennes sont plus classes que ça quand même :) Bon et bien on a rencontré plein de gens intéressants dans ce chapitre, enfin on raccroche avec le jeu! Ah oui, et j'ai invité la devise de la famille Cousland parce que je n'ai pas réussi à la trouver. Si quelqu'un la connait, donnez la moi, je la changerai ! A très vite ! Et pensez à reviewer ! merci !
