Yeepee youh, un autre chapitre ! (je devrais dormir vraiment…boulot boulot demain !)
Celui-ci est dédié à Anael Scott pour ses reviews qui me réchauffent le cœur et me donnent un petit coup de boost ! J'espère que ce chapitre te plaira aussi ! :)
Bonne lecture !
PS : j'annonce dès à présent que je vais virer A.U. pas mal dès le prochain chapitre…Parce que je le peux et que c'est drôlement plus rigolo ! Avec un peu de chance, vous aimerez aussi ! :)
6. Jeux d'enfants
Le grand hall du château de Golefalois avait du être un endroit chaleureux et accueillant. Mélisse pouvait voir chevaliers et nobles gens assis le long des deux grandes tables de chêne, dînant et riant, échangeant des histoires rocambolesques alors que les elfes glissaient des uns aux autres pour les servir. L'âtre du grand feu les avaient réchauffés, éclairant de sa douce lumière des tapisseries du hall et le grand tapis bleu qui traversait le hall. Les pierres solides et brutes avaient du sembler indestructibles et protectrices alors. Seulement voilà, l'Enclin était passé par là. Et comme dans tous les lieux qu'il avait traversés, il avait laissé des traces de sa souillure sordide. Le feu ne brûlait pas dans la grande cheminée et la pièce était froide et sombre. La faible lumière des torches semblait refuser d'éclairer la scène macabre qui se déroulait juste devant elles. Le majestueux tapis de velours bleu était imbibé de sang sombre, encore frais. Le long des murs de la pièce, à peine cachés par les tables, des cadavres étaient empilés. Des corps de soldats. Par Andrasté, que s'était-il donc passé ici ? Mélisse avança d'un pas hésitant dans la pièce, Raki demeurant pressé à ses jambes en signe de soutien. Deux petits groupes de chevaliers lui jetèrent un coup d'œil mais ne l'arrêtèrent pas. Elle frissonna en les croisant : leurs épées et boucliers étaient couverts de sang. Elle continua son chemin en direction de l'âtre, essayant d'ignorer l'odeur poisseuse des cadavres mais également de renfermé qui flottait dans l'air, comme si la demeure était restée close durant des semaines. Ce fut avec un léger soulagement qu'elle reconnut au bouclier qu'il portait sur le dos le guerrier qui l'avait aidée dans la cour. Il se tenait près de l'âtre, les bras croisés sur la poitrine, écoutant avec attention la discussion entre l'un de ses compagnons et un homme assis sur une chaise en face d'eux. Ce dernier était pâle, sa peau blanche luisant de transpiration contrastant d'autant plus avec ses cheveux bruns. Il avait les traits nobles et les pommettes hautes, typique des sangs bleus de Férelden. Nul doute qu'il devait s'agir du Iarl ou tout du moins d'un membre sa famille. Mélisse allait traverser les quelques pas qui la séparait du petit groupe lorsqu'elle reconnut le troisième interlocuteur qui lui tournait le dos et cette constatation la figea sur place. Il s'agissait de Dame Mara Cousland. Et le ton dur de sa voix fit frissonner Mélisse malgré elle. Elle ne voulait pas l'interrompre. Par lorsqu'elle avait ce ton là. Aussi elle demeura plantée au milieu de la pièce comme une idiote durant quelques instants. Légèrement perdu face à son indécision, Raki émit un très léger couinement et poussa sa main de son museau. Sans vraiment y penser, elle caressa la grosse tête ronde du bout des doigts et s'avança doucement en tendant légèrement l'oreille pour suivre la conversation.
-C'est de votre faute Isolde, grommelait l'homme brun en levant une main tremblante à son front, ses yeux légèrement troubles. Vous n'auriez jamais du nous cacher une chose pareille. Encore moins à Eamon !
-Ils me l'auraient pris, Teagan ! s'exclama une femme au fort accent orlésien que Mélisse n'avait jusque là pas remarqué. Ils l'auraient enfermé dans cette Tour et je ne l'aurais plus jamais vu !
-Votre égoïsme et stupidité a coûté la vie à de nombreux innocents et d'excellents soldats, lâcha Dame Cousland d'un ton sec. Vous ne méritez aucun pardon.
-Je ne vous demande rien ! cracha la femme en réponse, les yeux foudroyant l'impudente. Vous ignorez ce que c'est d'être mère !
-Sans aucun doute. Mais je sais ce que c'est que d'être responsable de la vie de mes gens. Votre comportement n'est que pure trahison.
-Suffit ! lâcha l'homme brun (Teagan donc) en se levant visiblement avec peine de sa chaise. Je vous suis reconnaissant d'être intervenue, Garde des Ombres, mais je crois que ce n'est guère le moment de se laisser aller à ces disputes stériles.
Ces mots firent à Mélisse l'effet d'un coup de poing. Co…Comment? Dame Cousland? Une Garde des Ombres? Impossible! Jamais le Tiern de Hautecime n'aurait laissé partir sa seule fille ainsi au combat ! Une soudaine angoisse lui enserra soudain le ventre alors que la notion faisait son chemin dans son esprit. Si le Tiern et son fils ainé étaient à Ostagar, le Créateur ait leurs âmes s'ils avaient péri, et que Dame Cousland était ici…Qui gardait Hautecime ? La Tierna? Seule? C'était difficile à croire. Quelque chose se passait, quelque chose de grave. Il fallait qu'elle sache. La seule personne au monde qui comptait pour elle désormais se trouvait à Hautecime. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé.
Le cœur battant douloureusement dans sa poitrine, Mélisse fit un pas vers le groupe, décidée à les interrompre (et tant pis pour la politesse) lorsque le guerrier qui l'avait aidée un peu plus tôt prit la parole.
-Vous avez raison, ce sera au Iarl Eamon de statuer sur ce cas. Je pense qu'il faut plutôt que l'on parle de Connor. Et de ses petits passes temps favoris, à commencer par « dessine moi un démon ».
La Iarlesse lui jeta un regard noir chargé d'une lourde rancœur. Difficile de croire que c'était la première fois qu'ils se rencontraient.
-Vous avez entendu le mage comme moi, répondit Teagan avant qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche. Le seul moyen c'est ce rituel sordide…
-Que je suis heureuse de tenter, répliqua Dame Isolde sur un ton exaspéré. Pourquoi me refusez-vous la possibilité de sauver mon fils ?!
-Et par là même échapper au jugement et châtiment qui vous sont réservés pour ce que vous avez fait ? rétorqua Dame Mara dans un ricanement mauvais. Certainement pas. Je ne vous laisserais pas faire.
Mélisse crut que la femme du Iarl allait se jeter sur Dame Cousland pour lui arracher les yeux à mains nues. Jamais elle n'avait vu tant de haine sur le visage d'une femme. Enfin si, une fois. Sur le visage de sa propre mère. Elle avait préféré en oublier la raison.
-Notre guérisseuse nous a parlé d'un autre moyen, osa le guerrier, jetant un coup d'œil hésitant à sa compagne de route. Allez quérir l'aide de la Tour du Cercle et…
-Cela prendrait trop de temps et j'en ai assez de ces détours inutiles ! lança soudain Dame Mara, excédée. Nous sommes ici pour quérir l'aide du Iarl Eamon contre l'Enclin, pas pour dorloter les états émotionnels de tous les gens stupides et irresponsables que nous croisons sur la route !
Disant cela, elle porta la main à son épée et fit un pas en avant, le regard dur :
-Je vais en finir une bonne fois pour toutes avec cette histoire.
-Non ! hurlèrent toutes les personnes présentes.
Et Mélisse fut aussi étonnée que les quatre autres que sa voix se soit jointe aux leurs. Elle sentit une vague d'embarras l'envelopper alors que tous les regards se tournaient vers elles. Étrangement, elle n'arrivait pas à savoir si c'était le regard glacial de Dame Mara ou celui étonné du guerrier qu'il la dérangeait le plus. Ce qui était certain c'est qu'elle était pétrifiée de honte d'avoir été ainsi prise en flagrant délit d'espionnage. Toutes les fibres de son être la poussaient à s'excuser, à faire l'elfe sous le regard d'ambre plus dur que la pierre elle-même. Mais le contact froid du médaillon contre son cou la ramena à la réalité. Aussi, prenant courage en posant une main sur la tête de Raki, elle se redressa légèrement pour leur faire face :
-Vous ne pouvez faire ça noble Dame, déclara-t-elle d'une voix qu'elle espérait ferme mais qui n'était en vérité d'un mince filet tremblotant.
Un éclair de colère passa dans les prunelles ambrées avant qu'un sourire narquois ne se dessine sur les lèvres fines de Dame Cousland :
-Ce que je peux ou ne peux faire n'a jamais dépendu de toi, bâtarde, lâcha-t-elle d'un ton cinglant sous lequel Mélisse se rétracta vivement. Ça ne va pas commencer aujourd'hui.
-Qui… ? commença Teagan, étonné, tout comme le guerrier qui avait ouvert des yeux ronds aux dernières paroles de sa compagne.
-Personne ! lança Dame Mara en se détournant d'elle. Il suffit ! Assez d'interruptions et assez de parlotte. Ma patience est écoulée.
Cette fois ci lorsqu'elle s'avança de nouveau, seule Mélisse fit un pas pour la retenir. Les deux hommes avaient l'air déchiré entre la compréhension de son geste et l'horreur engendrée. Une profondeur terreur envahit Mélisse : allaient-ils vraiment la laisser faire ? Elle n'eut pas besoin de se poser plus de questions car Dame Isolde se dressa devant la guerrière, les bras écartés pour l'empêcher de passer. Symboliquement bien entendu. La guerrière aurait pu l'assommer en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire mabari. Seulement voilà : c'était une mère qui se tenait devant elle. Une mère prête à tout pour défendre son enfant. Et personne ne pouvait se mettre en une chienne et ses chiots. Personne. Les yeux de la Iarlesse brûlaient de colère et elle semblait capable de terrasser n'importe qui à l'instant même, même une guerrière en armure qui avait porté la main à son épée.
-Vous n'approcherez pas de Connor ! s'écria-t-elle, les traits crispés par la rage.
-Hors de mon chemin, femme, gronda Dame Mara d'un ton dur que Mélisse connaissait si bien et qui lui glaçait les entrailles. Ou je te fends en deux.
-Comment pouvez vous… ? s'offusqua la Iarlesse. Comment pouvez-vous penser faire une chose pareille ?!
-Tuer un démon ? répliqua la guerrière avec un reniflement dédaigneux. Sans aucun problème.
-C'est un enfant !
-Il fut un temps ou cela ne comptait guère pour vous.
-Pa…Pardon ? s'étrangla la femme brune.
-Ne jouez pas la sœur de Chantrie avec moi, railla Dame Cousland en la toisant avec un sourire narquois. Un marmot qui ne vous revenait pas et hop ! Dans la fange avec les chiens en plein hiver. Dans ce cas là, peu importe s'il crevait de faim ou gelé n'est-ce pas ?
Mélisse ouvrit des yeux ronds alors que la Iarlesse happait l'air, pétrifiée. Et la jeune femme vit clairement le guerrier changer de position, mal à l'aise. Le dénommé Teagan jeta à ce dernier un regard en coin qui n'échappa pas non plus à Mélisse avant de prendre (enfin !) la parole :
-Ces disputes sont stériles, répéta-t-il d'un ton ferme. La Garde des Ombres a raison : ils perdent un temps précieux face à l'Enclin.
A ces mots, la Iarlesse pâlit. Elle fit vivement non de la tête alors que Teagan se tournait vers elle, le visage las :
-Isolde, nous devons mettre un terme à cette folie.
-Non ! Pitié Teagan ! s'écria-t-elle en tombant à genoux. Pas vous ! Pas ça !
-Je suis désolé…
-Non !
Les hurlements et sanglots de la mère brisée emplirent la salle. Inutile de se retourner pour savoir que tous les regards étaient braqués sur eux. Mélisse sentit son cœur se serrer alors qu'une violente nausée l'envahit. Un petit couinement attira son attention et elle baissa les yeux pour voir un Raki déboussolé. Il avait les oreilles plaquées en arrière sur son crâne, et il jetait des regards apeurés vers Dame Isolde, ne comprenant pas la raison de ses cris. Pourquoi souffrait-elle ? Il se pressa contre la jambe de Mélisse et elle caressa la grosse tête ronde avec toute l'affection qu'elle put, tentant de trouver en ce contact autant de réconfort qu'elle lui en donnait. Il donna un coup de langue à sa main, lâchant un autre petit couinement plaintif. Elle releva doucement la tête, résignée et dégoûtée d'elle-même, et se figea, rencontrant le regard du guerrier. Ses yeux luisaient doucement alors qu'il n'avait rien perdu de l'échange entre le Guerrier cendré et son chien. Et elle il lut une supplique. Quelque chose que sa conscience lui hurlait mais qu'il ne pouvait faire par devoir. Lié à Dame Mara, lui-même sans nul doute Garde des Ombres, il se devait de faire face à l'Enclin rapidement et efficacement. Seulement voilà : Mélisse n'était pas Garde des Ombres. Elle pouvait agir. Et tout comme ce guerrier avait été un point d'ancrage quand son monde avait viré au rouge lors de sa blessure, elle le serait pour lui. Toujours elle payait ces dettes, quoique les autres puissent penser. « Mon bras pour épée, mon corps pour bouclier ». Telle était la devise des Gilmore. Et quoiqu'ils en disent, elle était toujours une Gilmore.
-J'irais ! lâcha-t-elle d'une voix forte qui la surprit elle-même. J'irais quérir l'aide des mages du Cercle.
Les cris s'atténuèrent pour se changer en sanglots. De nouveau, les regards se tournèrent vers elle, intrigués, soupçonneux et, certainement, légèrement soulagés. Les yeux d'ambre de Dame Mara la foudroyaient. Elle aurait du trembler. Vraiment, elle aurait du. Mais le sourire de gratitude sur le visage du guerrier avait dissipé sa crainte. Elle avait cru dans la cour qu'il avait les yeux ambrés lui aussi, tout comme la noble dame. Comment avait-elle pu se tromper à ce point là ? Son regard était chaleureux et doré comme les feuilles des arbres qui saupoudraient les routes en automne. Rien à voir avec la froideur des prunelles de Dame Cousland.
Mélisse réussi à détacher son regard clair du guerrier quand quelqu'un lui prit les mains pour les serrer. Elle grimaça alors que ses doigts étaient enserrés dans un étau. La poigne d'une mère reconnaissante qui la dévisageait avec plus de reconnaissance et soulagement qu'elle n'en avait encore jamais reçu.
-Merci! Oh merci ! sanglota la femme en appuyant sa joue mouillée de larmes contre leurs mains jointes.
-Je…je vous en prie, balbutia-t-elle, rouge d'embarras jusqu'à la pointe des oreilles alors que Raki bondissait autour d'elle, frétillant de joie.
-Et comment comptes-tu te rendre là bas ?
Mélisse se pétrifia, tournant doucement la tête pour rencontrer le regard de Dame Mara. Cette dernière n'avait pas bougé, la toisant avec hauteur, un sourire hautain sur les lèvres. Face à cette posture si familière et qui ramenait tellement de mauvais souvenirs, Mélisse sentit sa bouche s'assécher et les mots lui manquer.
-Je…Et bien…bafouilla-t-elle, sentant tous les regards sur elle peser plus lourds que jamais.
-Par bateau, offrit soudain le guerrier avec un peu trop d'entrain pour être naturel. La Tour n'est pas très loin par bateau.
-Et nous pouvons vous le fournir, appuya rapidement Teagan alors que Dame Isolde acquiesçait vivement, tenant toujours ses mains serrées dans les siennes.
-Je…je vous remercie mes seigneurs, dit-elle d'une petite voix en inclinant la tête, toujours rouge pivoine.
Alors que Teagan commençait à lui exposer les préparatifs nécessaires, Mélisse essayait de suivre la deuxième discussion qui se déroulait non loin d'elle, sentant le regard ambré perforer le côté de son crâne.
-Nous n'avons rien à perdre à la laisser y aller, argumentait le guerrier à voix basse en sa faveur. Connor est stable et va se tenir tranquille pour un moment. Si cette maudite urne est dans les montagnes, si tant est qu'elle existe et que ce fameux frère soit moins dérangé que Léliana, il va bien nous falloir deux lunes pour faire l'aller retour… Une lune si Morrigan accepte de se transformer en ourse pour nous charrier sur un traineau, ce dont je doute fort. Elle a largement le temps d'y aller et de revenir avant qu'il ne cause d'autres problèmes.
Dame Mara resta silencieuse un instant. Mélisse savait qu'elle pesait consciencieusement le pour et le contre de la situation. Posée, calme et calculatrice, autant de qualités qui avait fait de Dame Mara Cousland un espoir stratégique de la noblesse féreldienne. Et qui la rendait aussi si difficile à cerner. Colère, rage, ces émotions étaient réelles et bien présentes en elle mais toujours exprimés dans un seul but : celui qu'elle s'était choisi. Celui qu'elle seule connaissait. Et qu'elle atteignait sans coup férir à chaque fois. Aussi, lorsqu'un sourire satisfait se dessin sur ses lèvres, Mélisse ne put s'empêcher de frissonner. Voilà qu'elle avait été reprise dans la toile. Voilà qu'elle était redevenue un pion sur l'échiquier.
-Très bien, tu peux y aller, déclara la noble dame. Tu as deux lunes pour revenir ici avec les mages.
Mélisse acquiesça prudemment et sentit son cœur se serrer en voyant la cruauté briller dans les yeux ambrés de la jeune femme :
-Si je reviens et que tu n'es pas là, j'exécute le démon. Et son sang noir sera sur tes mains.
A suivre…
Chapitre 7 : chacun sa route
Tadaa ! Alors alors alors ? On aime bien Mara Cousland ? Mmh, mmh ? Dire que c'est elle le Héros de Férelden ?...Vraiment ? Aha ! On verra ça dans les prochains chapitres ! Et si vous êtes sages, on y verra peut être même Cullen pointer le bout de son nez…A très vite !
