Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
Guest (Ethel) :
Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que tu ais aimé ! Je te laisse avec la suite;) Bonne lecture.
Guest :
Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Bonne lecture !
Juliette :
Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente de te retrouver ici;) Évidement que ça commence fort ! C'est Judy Adler et les Black ! La demi mesure, ils connaissent pas ! Je suis d'accord avec toi pour Judy, elle a pas eu une vie facile non plus, mais la loyauté de James est acquise à Sirius... J'espère que tu vas aimer la suite ! Bonne lecture !
Lupa :
Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Le retour de Judy a l'air de faire plaisir à beaucoup de personnes, et j'en suis pas peu fière xD (j'avoue que je me suis aussi torturée le cerveau pour trouver une bonne excuse pour pouvoir l'écrire à nouveau ^^). Elle finira pas retrouvé le sourire, c'est promis !
Des séances chez le psy pour Sirius ? Je pense que James a probablement pris un rendez-vous pour lui dès que Judy a raccroché !
Merci pour Maellyn 333 Elle est trop choupette petite ! (pas ultra coopérative quand il s'agit de l'écrire, mais trognone).
J'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture !
Merci à LilyHufflepuff, Guest, Ethel, lune patronus, Juliette, henrismh, malilite, Sundae Vanille, Lyrumbra, Lupa et titietrominet27 pour leur review. Vous m'avez aidé à supporter ma rentrée et mes paquets de copies ! Et je suis sincèrement très touchée par l'accueil que vous avez réservez à mon monstre !
Bonjour à toutes et à tous !
Alors, quoi de neuf ? Vacances, plus vacances ?
Moi c'est plus vacances, j'ai retrouvé mes chères têtes vides et je suis remontée à bloc pour cette presque dernière ligne droite !
Côté écriture, les lecteur/trices de BS seront ravi.e.s d'apprendre que j'ai bouclé le chapitre 29 et que, si les choses se compliques sur le 30, je devrais réussir à le mâter plus ou moins rapidement !
Pour ce qui est de TWBT, mes pronostiques sont de 15 chapitres, épilogue compris.
Assez de blabla, je vous laisse avec la suite.
Juste un ultime point bande son : le dernier album de Mumford and Sons a globalement accompagné toute l'écriture de ce monstre, je ne saurais que vous conseiller de l'écouter en même temps que vous lisez...
A part tout ça, bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
There will be time...
Chapter Two
« You hold it, in your hands
And let it flow, this cruelty
Of youth as you fall again
Alone, In the compromise of truth
It's in the eyes
I can tell, you will always be danger »
(Snake Eyes – Mumford & Sons)
Sirius atterrit en douceur sur la route qui menait à Godric's Hollow et attendit que le voyant sur son tableau de bord passe au vert pour se rendre visible. Au loin, les cloches de l'église retentissaient, troublant le silence de la campagne environnante. Il se félicita en silence d'être à l'heure – ce qui avait tendance à être rare, comme ne manquerait pas de lui faire remarquer son frère –. Aucun d'entre eux ne comprenait pourquoi il s'obstinait à venir en moto, même quand le temps était exécrable – ce qui n'était pas le cas cette fois-ci puisque la météo leur offrait sans doute une ultime journée d'été indien – et qu'il arrivait trempé jusqu'aux os après avoir volé pendant une heure.
Il aimait conduire sa moto au moins autant qu'il détestait transplaner, et il chérissait sans doute trop le sentiment de nostalgie qu'il ressentait à chaque fois qu'il allumait le moteur.
Sa vieille Bonnie avait été le témoin d'une autre époque et sa thérapeute lui répétait souvent qu'il avait le droit de considérer que, malgré tout, les souvenirs qu'il gardait de Judy n'étaient pas tous mauvais.
Il coupa le contact et fut plus que surpris de ne pas entendre l'habituel cri de son filleul l'accueillir. En général, Harry venait le rejoindre dès qu'il reconnaissait le bruit tonitruant de sa moto. Il ravala la légère inquiétude qui lui serra soudainement la gorge. Il ne s'était certainement pas fâché avec lui – Harry était nettement moins susceptible que son père, et il boudait moins longtemps que Lily – et il l'avait eu par miroir la veille pour avoir le résumé de son vendredi à l'école primaire du village – Tiffany avait encore été punie après avoir libéré Tobby le lapin, il avait eu un bon point grâce à son devoir de maths, William avait été opéré de l'appendicite – et il ne lui avait pas semblé malade.
La seule explication était qu'il s'était encore débrouillé pour être puni dans sa chambre jusqu'au repas pour une raison ou pour une autre – la dernière en date était qu'il avait trouvé amusant de confier la cape d'invisibilité de James à Rhosyn, obligeant ses parents à chercher la petite fille pendant près de deux heures –. Il glissa un regard vers la fenêtre qui donnait sur le jardin sans réussir à apercevoir la silhouette de son filleul.
Peut-être avait-il oublié de se réveiller ce matin ?
En entrant dans la maison de ses meilleurs amis sans prendre la peine de frapper, il comprit que ce qu'il se passait n'avait rien à voir avec ce qu'il avait bien pu imaginer. Un silence surnaturel régnait sur la résidence des Potter – une chose qui ne se produisait que pendant la sieste des jumelles – et seules des conversations étouffées lui parvenaient du salon.
Il déposa sa veste de cuir sur le porte manteaux et inspira profondément avant de pousser la première porte sur sa gauche. Il avait une désagréable impression de déjà vu, qui fut fortement confirmée quand il retrouva James, Lily, Remus et Regulus installés sur les larges canapés, ce qui ne laissait que le fauteuil de libre.
- Si c'est encore une intervention, je vais me vexer, je vous préviens.
Il exagérait peut-être un peu en laissant entendre qu'ils en avaient organisé plus d'une, mais le souvenir de leur réunion pour le convaincre d'aller dans un centre de désintoxication était sans doute dans le top dix de ses pires souvenirs, et il avait survécu à une guerre sanglante.
- Ça n'a rien à voir, Patmol... Viens t'asseoir.
Le regard de James le convainquit plus que ses paroles et il rejoignit la place qu'ils lui avaient laissé avec mauvaise grâce. Il pouvait se tromper, mais il était presque certain qu'il n'allait pas aimer ce qu'ils allaient lui annoncer. En voyant le verre d'alcool fort posé devant lui, il n'eut plus aucun doute.
Judy.
Il ne savait pas encore à quel niveau, ni pourquoi, ni comment, mais ça devait concerner Judy, d'une façon ou d'une autre.
- Elle est morte, c'est ça ?
Il se surprit lui-même en découvrant que sa voix ne tremblait pas. Il s'était tellement répété que c'était la seule explication, après tant d'années, qu'il avait finalement fini par s'en convaincre. Bien sûr, il ne comprenait toujours pas pourquoi personne ne se souvenait d'elle dans sa ville natale, mais au moins, il n'avait pas à la haïr, et il n'avait pas à se sentir coupable de quoique ce soit.
Ils échangèrent tous un regard et ce fut Regulus qui reprit.
- Pas vraiment, non.
Il serra les dents, réalisant un peu trop tard qu'il s'était répété ce joli mensonge parce que c'était l'issue la plus facile. Pour lui, pour elle, et pour tout le monde. Il n'arrivait pas à imaginer pourquoi elle aurait disparu autrement. Ni pourquoi elle avait ignoré ses lettres et ses tentatives pour la retrouver. Merde, il avait été jusqu'à laisser un mot sur la tombe de sa mère !
Il aurait aimé être passé à autre chose depuis tout ce temps, mais Merlin en soit témoin, ne pas comprendre était pire que tout.
Il fut tenté de prendre une gorgée dans le verre posé devant lui – il était presque sûr qu'il s'agissait de vodka – mais ils ne lui avaient encore rien dit et il valait sans doute mieux qu'il garde ça pour plus tard.
Finalement, il remarqua le dossier que Regulus tenait entre ses mains.
- Qu'est-ce que c'est ?
Sa voix ne tremblait toujours pas, mais elle s'apparentait maintenant plus au grognement de Patmol qu'à autre chose.
- Tout ce que le MACUSA a sur elle.
- Je croyais que tu avais déjà demandé et que tout ce que tu avais obtenu concernait la mort de sa mère...
- Visiblement, je ne me suis pas adressé à la bonne personne, il y a quatre ans. Ou ma réputation n'était pas encore celle qu'elle est aujourd'hui... Toujours est-il...
Il saisit le dossier – bien plus lourd que le premier qu'il avait eu l'occasion de lire – et il se demanda ce qui avait bien pu lui arriver pour que le MACUSA lui consacre autant de parchemins.
- Je dois m'attendre à quoi ?
- Une putain de bonne explication.
Il ne put retenir un regard vers James. Son frère en voulait sûrement plus à Judy que lui-même. S'il avait été convaincu par un tas de papiers, c'était que l'histoire du MACUSA était rudement bien écrite et que...
Il se figea.
James était aussi rancunier que lui et il lui aurait fallu bien plus que les preuves amassées par le MACUSA pour lui faire avaler une potion pareille.
- Où est-elle ?
Le malaise soudain dans la pièce lui confirma aussitôt qu'il avait vu juste et que la personne qui avait donné ce dossier à Regulus était sûrement Judy elle-même.
Judy qui se trouvait sans doute dans une pièce voisine, parce que c'était tout à fait le genre d'idées que Regulus pouvait avoir, mais il oubliait systématiquement qu'il n'avait pas été le seul à être élevé par des Serpentards manipulateurs.
- Sirius, il vaudrait mieux que tu lises le...
Il ignora Lily et son ton apaisant il esquiva James et sa tentative pour le retenir il traversa la pièce, sa baguette sortie, la colère faisant tourner le monde autour de lui, sans qu'il ne sache vraiment à qui il en voulait le plus. Ses amis pour ce simagrée de mise en scène, Judy pour avoir été les trouver eux plutôt que lui – merde, il était le premier concerné, non ?! – ou simplement lui parce que son premier réflexe n'était pas de s'enfuir mais de la chercher.
Il ouvrit la porte et faillit projeter Judy au sol dans sa précipitation à quitter la pièce pour fouiller le reste de la maison.
Sa baguette se retrouva pointée sur sa gorge et elle haussa un sourcil en réponse.
Une autre fois, il se serait sûrement attardé sur le fait qu'elle n'avait pas vraiment changé depuis leur dernière rencontre – un peu plus maigre, peut-être, et des cheveux plus courts et toujours cet aplomb infaillible quand il s'agissait d'affronter la colère des Black – mais il avait quatre longues années de rancoeur au creux du ventre, et c'était bien plus que ce qu'il pouvait supporter.
- Donne-moi une seule bonne raison, Adler, siffla-t-il.
Elle ne détourna pas son regard du sien et seul un rictus étira ses lèvres.
Il y eut un bruit métallique et une pression au niveau de son ventre.
Il n'eut pas besoin de baisser les yeux pour savoir qu'il s'agissait du canon d'une arme moldue.
- Si tu penses que tu peux m'avoir avant que je ne presse la détente, vas-y, Black...
Oh, il pouvait l'avoir, bien sûr. Et il ne faudrait pas plus d'un sort pour qu'il réussisse à se venger, mais il perdrait certainement la moitié de ses entrailles au passage. Et dans tous les cas, il n'aurait pas plus d'explications.
Il sentit la main de Lily sur son épaule.
- Chaton, ce n'est pas de ça dont tu as besoin, on le sait tous les deux...
Il recula d'un pas, presque malgré lui, sa respiration toujours hachée par la colère, et incapable de lâcher Judy du regard. Lily en profita pour récupérer sa baguette avec douceur et ce ne fut qu'à ce moment-là que Judy ramassa son arme à feu dans la ceinture de son jean.
- Je n'arrive pas à croire qu'aucun d'entre vous n'ait pensé à vérifier, grinça-t-il.
- Les sorciers ne retiennent jamais la leçon, commenta Judy. Bien, je ne vois pas pourquoi je me suis donnée la peine de vous demander de l'aide. Je serais arrivée à ça toute seule.
Il y eut un silence tendu et Sirius se demanda aussi à quel moment ils avaient pu penser que toute cette merde était une bonne idée, ni pourquoi Judy n'était pas venu le trouver directement...
Sauf qu'il aurait sûrement cru halluciner si elle s'était contentée de venir frapper à sa porte après cinq ans sans même une carte postale.
- Vous pouvez nous laisser seuls ?
Bien entendu, James, Lily, Remus et Regulus échangèrent une série de regards inquiets. Ce n'était visiblement pas prévu dans leur petit plan.
- Je n'ai plus ma baguette, rappela-t-il avec un soupir excédé avant de se laisser tomber sur le fauteuil. Et je ne me promène plus avec une arme depuis la fin de la guerre.
- Je n'ai pas de baguette non plus, reprit Judy, avant de donner son arme à Remus. Satisfaits ?
Elle prit la place que Regulus avait occupé, juste en face de lui et ses amis se décidèrent enfin à quitter la pièce. James lui serra l'épaule en passant près de lui, et il se dégagea sèchement.
Ils avaient tous passé l'âge de ce genre de coup foireux.
- On sera juste à côté, les prévint Remus en fermant la porte derrière lui.
Le silence retomba, plus pesant encore que le précédent, et Sirius se décida à avaler une gorgée du verre devant lui pour s'étourdir une folle seconde.
Le goût âcre lui arracha une grimace : James avait choisi une vodka mauvais marché. Merlin, il avait oublié à quel point c'était dégueulasse.
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'ils s'attendent à ce que je commette un meurtre ?
Son masque impassible se fissura et elle ramena ses jambes contre elle.
- Peut-être parce que tu risques de m'en vouloir encore plus que ce que je devine déjà avant que je ne termine...
Une deuxième gorgée d'alcool semblait toute indiquée, mais il préféra poser une autre question avant de porter son verre à ses lèvres.
- Depuis combien de temps es-tu à Londres ?
Elle soupira.
- Dix jours...
Il avait tellement attendu pour avoir des réponses que la suivante lui échappa malgré lui.
- Pourquoi maintenant ?
Sa voix se brisa finalement et Judy eut sans doute le sourire le plus triste qu'il ne lui avait jamais vu.
- Parce que je n'ai pas pu revenir avant, souffla-t-elle. Et ce n'est pas faute d'en avoir eu envie.
Il détourna le regard et contempla le dossier entre eux deux un long moment. Le symbole du MACUSA était imprimé au centre de la page, entouré par son nom au-dessus et la mention Banissement en-dessous.
Il ne comprit pas tout de suite.
- Qu'est-ce que tu as foutu, Adler ?
Elle éclata d'un rire grinçant qui lui arracha des larmes en plus de donner l'impression qu'elle était en train de devenir folle sous ses yeux.
- Mon père s'est fait arrêter à cause de ses trafics une semaine après que l'on se soit vus pour la dernière fois. Burt et moi, on n'y a pas échappé. J'en ai pris pour cinq ans, je suis sortie au bout de deux et demi... Sauf que le MACUSA a eu vent de l'affaire en cours de route...
- Et ils ont découvert que tu utilisais la magie pour aider ton père.
- Bingo.
A nouveau, ce sourire sans joie qui lui confirma que les cinq dernières années n'avaient peut-être pas été une partie de plaisir pour elle non plus. Il avait toujours soupçonné que ses aptitudes spéciales, essentielles au business de son père, n'étaient rien d'autre que la magie, et que la deuxième raison pour laquelle elle était venue à Londres était pour acheter une baguette chez Ollivander et la ramener aux Etats-Unis sans avoir à se soucier d'obtenir un permis.
La sévérité du MACUSA en ce qui concernait le secret magique était connue de tous et le bannissement était leur sanction préférée.
Malgré lui, il sentait un poids quitter son cœur. James avait raison, Judy avait une putain de bonne explication, et il préférait un foutu concours de circonstances plutôt qu'un seul des scénarios qu'il s'était imaginé.
- J'ai récupéré mon passeport moldu il y a un mois. Je ne pouvais pas quitter les États-Unis avant. Je suis désolée, Sirius.
- Moi aussi, marmonna-t-il.
Le silence qui suivit était déjà plus supportable, et il sentait sa colère s'apaiser à mesure qu'il acceptait les nouvelles informations dont il avait tant eu besoin, durant tout ce temps. Il y avait encore des détails qui lui échappaient, mais il pourrait s'y attarder plus tard.
- Tu devrais finir ton verre pour la suite.
Il déglutit difficilement en croisant son regard. La tristesse de son sourire s'était diffusé sur chacun de ses traits, et il y avait une totale résignation dans ses yeux. Ça, plus que le reste, le décida à suivre son conseil. Le mauvais pressentiment qu'il avait eu en entrant dans la maison des Potter était de retour.
Elle saisit le dossier du MACUSA et attrapa une feuille qui se trouvait tout à la fin. Elle le dévisagea une dernière fois avant de la lui tendre.
Il s'agissait d'une photo moldue et il sentit son cœur manquer plusieurs battements, avant qu'une profonde envie de vomir ne lui serre la gorge.
La fillette ne devait pas avoir plus de six ans. A vrai dire, s'il avait bien deviné ce que Judy voulait qu'il devine, elle devait avoir quatre ans. La ressemblance avec Judy lui sauta aux yeux en premier – les yeux, le nez, la bouche, le menton – puis les cheveux d'un noir de jet et une étoile d'un rouge profond sur sa paume gauche.
La colère revint, dévastatrice, et le verre devant lui explosa.
Suivi par le bibelot le plus proche et une vitre sur sa gauche.
- Tu te fous de ma gueule ?!
Elle évita son regard, ses émotions retranchées derrière un masque impassible qui aurait ravi Walburga Black.
- Elle s'appelle Maellyn Liberté Black et elle est née le 3 Juillet 1982. Vous avez le même foutu caractère, vous devriez bien vous entendre.
Elle fit un geste pour se lever mais il la devança et quitta la pièce aussi vite qu'il le put. Le monde tournait à nouveau, il avait envie de vomir, c'était un cauchemar et il allait se réveiller, et il avait besoin d'air frais tout de suite.
Il tituba dans l'entrée, manqua de tomber dans les escaliers et entendit vaguement son prénom au loin. L'air était bloquée quelque part dans ses poumons, son cœur se débattait dans sa poitrine et il ne discernait plus que des formes floues autour de lui.
Il connaissait les symptômes et il les avait longtemps soignés avec de l'alcool, mais il avait appris à gérer ses crises de panique autrement depuis.
Il se fondit dans la forme de Patmol.
Retrouver les pensées simples de son alter ego lui permit d'avaler une première bouffée d'air et sa vue retrouva un peu de cohérence. Il ne tarda pas à s'éloigner aussi loin qu'il le pouvait.
…
James observa Patmol s'éloigner comme s'il avait le diable aux trousses. Il passa une main lasse à travers sa collection d'épis pour la énième fois depuis une dizaine de minutes. Il savait que Sirius le prendrait mal. Pas parce qu'il se retrouvait père du jour au lendemain – bien qu'il allait sans doute être terrifié à l'idée de ne pas être à la hauteur – mais parce qu'en plus d'avoir été privé de Judy ces dernières années, il avait aussi perdu un temps précieux avec Maellyn.
Judy avait fait ce qu'elle pouvait, il ne pouvait plus lui reprocher le contraire, mais ça risquait de ne pas être encore assez aux yeux de Sirius.
Du coin de l'oeil, il vit Regulus se transformer en hibou, puis s'envoler à la suite de son frère, lui laissant juste assez d'avance pour qu'il ne le remarque pas tout de suite. Sirius avait horreur qu'on le surveille dans ces moments-là.
Patmol était hors de vue quand il se tourna vers Remus et Lily, tous deux assis derrière une tasse de thé fumante, l'air aussi abattu qu'il se sentait.
- Ça aurait pu être pire, souffla Remus.
- J'aurais préféré que ça le soit moins.
- Il va s'en remettre bien plus vite qu'on ne le pense... Ce n'est pas comme la dernière fois. Il a une excellente raison pour ne pas se laisser rattraper par ses démons.
James décida de faire confiance à la lueur dans le regard de Lily. Il eut toutefois besoin d'une profonde inspiration avant de se diriger vers le salon.
S'il lui était resté le moindre doute sur la sincérité de la culpabilité de Judy, la surprendre avec son visage dans les mains, les épaules secouées par des sanglots silencieux, l'aurait définitivement convaincu. Sirius avait traversé des moments difficiles mais il avait eu une famille soudée pour le soutenir. De ce qu'il avait compris, Judy avait été coincée dans une prison avec un bébé sans personne pour l'aider, puis s'était retrouvée plus isolée que jamais à cause du bannissement du MACUSA. Malgré tout, elle était revenue ici et n'avait pas cillé face à la colère de Sirius. Qu'elle ne craque que maintenant était remarquable.
Il répara les dégâts causés par Sirius d'un seul mouvement de baguette, puis attrapa la bouteille de Whisky Pur Feu qu'il gardait en général pour des moments comme celui-ci.
Judy se redressa en le sentant s'asseoir à côté de lui, et essuya ses larmes avec le mouchoir qu'il lui tendit.
- Ça va aller ?
Elle hocha la tête et se saisit du verre devant elle d'une main tremblante.
- Ouais. Je savais à quoi m'en tenir, non ?
Ils l'avaient prévenue que dans le meilleur des cas, Sirius lui hurlerait ses quatre vérités au visage et que dans le pire, il serait tenté par des maléfices appris pendant la guerre. Le choix de la fuite était un scénario perdu entre ces deux extrêmes, et Sirius ne reviendrait pas avant une paire d'heures au minimum. James avait toutefois bon espoir qu'il ait commencé à digérer les informations d'ici là.
- Au moins, il sait maintenant, conclut-elle en se levant. J'aimerais récupérer ma fille et rentrer à l'hôtel, Potter. Il n'aura qu'à me passer un coup de fil quand il se sentira prêt à la voir.
James ne pouvait pas la contraindre à rester et il savait qu'il valait mieux qu'elle soit partie quand Sirius reviendrait, seulement il n'était pas certain qu'elle soit vraiment en état de rester seule avec une gamine de quatre ans dans un hôtel bon marché.
- Potter ?
Elle semblait avoir déjà retrouvé son sang froid et il se sentit capituler. S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé, c'était que Judy Adler savait prendre soin d'elle-même.
Il se dirigea vers la cheminée et lança une pincée de poudre dans le feu faiblissant.
- Le clos des Londubat, Ecosse.
Il eut tout juste le temps de se débarrasser de la cendre sur ses vêtements qu'Alice surgit dans le salon, la petite Lux dans ses bras.
- Déjà ?
- Ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu... Où est Maellyn ?
Alice lui offrit un sourire compatissant avant de lui désigner le large jardin que l'on devinait à travers d'immenses baies vitrées.
Comme Lily et lui, Frank et Alice s'étaient trop habitués à la vie dans le petit village où ils s'étaient exilés pendant la guerre pour déménager à nouveau.
- Elle joue avec Harry et Neville. Rosie et Lena essaient de me faire croire qu'elles font la sieste à l'étage.
Il grimaça au surnom de ses filles – Merlin, il s'était donné du mal pour leur trouver un magnifique prénom – et sortit sur la terrasse envahie de plantes de toutes sortes. Maellyn, Harry et Neville étaient tous les trois juchés sur des balais pour enfant et survolaient le jardin tout se lançant un Souaffle en mousse. Ou plutôt, Neville et Harry se faisaient des passes et Maellyn essayait de faire le plus de pirouettes possible.
- Papa !
L'exclamation de son fils fit réaliser aux deux autres qu'il était là et ils se posèrent près de lui quelques secondes plus tard.
- On rentre déjà ?
- Pas encore. Tu peux rester jouer avec Neville tout l'après-midi si tu veux. Maellyn, ta maman t'attend.
- Je vais pouvoir voir mon papa maintenant ?
Il s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur et réarrangea les mèches qui tombaient devant son regard sérieux.
- Pas aujourd'hui, princesse. Mais très vite, c'est promis.
Elle fit une moue qui lui fit penser à la petite Tonks l'espace d'une seconde.
- Il est nul.
- Et encore, il était beaucoup plus nul avant. On y va ?
Il n'eut pas besoin de le lui demander pour qu'elle dise au revoir à tout le monde mais ne sembla pas ravie de devoir prendre la cheminée.
Judy s'était composée un visage souriant quand ils la retrouvèrent. James les accompagna jusqu'au taxi que Lily avait dû appeler pour les ramener à Londres.
Quand la voiture eut disparu, il se résigna à rentrer, l'impression d'avoir le poids du monde sur les épaules.
…
Sirius stoppa sa course effrénée quand la nuit commença à se lever. Il avait rejoint un lac qui avait déjà accueilli les piques-niques estivales des Potter. Harry aimait lui lancer des branches loin dans l'eau pour qu'il revienne, complètement trempé, et l'arrose en se secouant.
Il abandonna sa forme Animagus et s'installa sur un rocher surplombant la berge. En ce début d'automne, l'eau était plus haute que dans ses souvenirs, mais l'endroit était toujours aussi apaisant. Après ce qu'il avait appris un peu plus tôt, il avait besoin de calme et de solitude.
Merlin, il avait une fille.
Il sortit la photo qu'il ne se souvenait même pas d'avoir emporté et la détailla à nouveau, particulièrement ravi qu'elle n'ait pas hérité des traits des Black mais de ceux de Judy. En y regardant de plus près, il remarqua une cicatrice sur son menton, et la colère revint, accélérant le rythme de ses battements de cœur.
Parce qu'il n'avait pas la moindre idée de la façon dont elle s'était fait ça, pas plus qu'il ne connaissait son parfum de glace préféré ou de quelle main elle écrivait. Il avait vu Harry, Rhosyn et Jelena grandir, il adorait les bébés plus qu'il ne voulait bien le reconnaître. Il n'avait pas été là quand sa propre fille avait eu son premier sourire, fait ses premiers pas ou dit son premier mot.
Bien sûr, Judy avait une explication et de bonnes raisons, mais ça ne rattraperait pas les années qu'il avait manqué.
Il ferma les yeux pour retrouver son calme et se concentra sur les bruits qui l'entourait. Il ne tarda pas à repérer des battements d'ailes tout proches.
Un rictus étira ses lèvres.
- Tu es encore plus collant que quand tu avais cinq ans, grogna-t-il.
Quelque chose se posa à sa droite.
- Ce n'est pas de ma faute si tu fais autant de conneries qu'un gamin de sept ans.
Il soupira. Entre Regulus, James et Lily, il avait parfois l'impression d'être justement un gamin de sept ans, incapable d'être raisonnable.
On ne pouvait pas vraiment lui demander d'être raisonnable aujourd'hui.
- Je l'ai vue, tu sais ? Tu ne vas pas t'ennuyer, elle a du caractère.
Il rouvrit les yeux dans un sursaut.
- Tu l'as vue ? Quand ça ?
- En début de semaine. Je voulais m'assurer que c'était bien ta fille et qu'Adler ne mentait pas sur le reste.
- Et ?
- Tu crois vraiment que tu l'aurais revue si ça avait été le cas ? Elle a causé assez de mal comme ça.
- Je m'en doute. Mais Maellyn... Comment est-elle ?
Son frère baissa les yeux vers la photo et eut un sourire qu'il ne lui connaissait pas.
- Elle adore sa mère. Elle est intelligente. Elle aime les cookies. Elle veut te voir.
Il déglutit difficilement, sans trop savoir pourquoi.
- Judy lui a parlé de moi ?
- D'après Potter.
Il soupira et reporta son regard sur le lac. C'était sûrement parce que tout était encore récent, mais il se sentait plus perdu que jamais. Il avait mis longtemps à accepter qu'il ne la reverrait sans doute jamais, et il avait appris à vivre avec la rancoeur qu'il lui vouait. Il ne laissait pas facilement entrer des personnes dans sa vie, encore moins pendant la guerre, et son histoire avec Judy... Merlin, comment avait-il pu un jour penser qu'elle serait sans importance et qu'il l'oublierait aussi facilement que les autres ?
Il n'y avait pas que cela, bien sûr. Parce qu'il y avait eu la guerre. Après une chasse aux Horcruxes, la trahison de Peter et les horreurs, il avait eu besoin d'elle plus que jamais, pour se sentir vivant à nouveau... Sauf qu'elle avait disparu des Etats-Unis et qu'il s'était senti plus seul que jamais.
Il pensait que savoir le pourquoi, le comment et le reste lui suffirait, mais c'était loin d'être le cas. Une part de lui était toujours en colère contre elle, une autre avait accepté ses explications, et il ne savait pas qui laisser gagner.
- Est-ce qu'elle ne pouvait vraiment pas me prévenir plus tôt ?
Regulus ne répondit pas tout de suite. Il n'était pas comme James et lui. Il prenait le temps de réfléchir avant de donner son avis.
- Le MACUSA ne plaisante pas avec ses bannissements. Elle ne peut pas approcher des lieux magiques – Square Grimmaurd était déjà presque trop –, elle ne peut pas voyager par Cheminée, les hiboux ne la trouvent pas, et il était encore illégal d'être vu avec un sorcier banni il y a encore cinquante ans... Je ne sais pas si elle a tenté de t'envoyer des lettres, mais il n'y avait aucune chance que tu les reçoives avec les protections sur ta maison... Je pense qu'elle est de bonne foi, et il valait mieux pour elle que ce soit le cas.
Son frère avait prononcé sa dernière phrase avec cette voix glaciale qu'il utilisait en général pour s'adresser au Mangenmagot ou remettre un journaliste trop curieux à sa place, et il ne put s'empêcher de le dévisager, peinant à comprendre le sous-entendu qu'il savait pourtant caché quelque part.
Regulus secoua la tête, sa façon de lui faire remarquer à quel point il pouvait se montrer naïf.
- Depuis dix jours, les Black ont une héritière, Sirius, que tu le veuilles ou non. Si Judy avait essayé de jouer le moindre jeu pour obtenir une quelconque influence sur notre famille, j'aurais déjà obtenu du MACUSA que tu aies sa garde principale.
Son frère pensait à bien, il n'en doutait pas, mais il le remercia quand même d'un regard noir. Il n'avait accepté que difficilement d'être réintégré dans la famille Black, précisément parce qu'il ne voulait rien à voir à faire avec toute cette merde politique.
- Quand bien même elle adore Judy ? grogna-t-il.
- Quand bien même Judy serait la fille de Dumbledore. Je me dois de protéger notre famille, et c'est exactement pour ça que ni les Potter, ni moi, ne nous sommes précipités pour t'annoncer qu'elle avait refait surface.
- Vous auriez pu trouver autre chose que votre petite mise en scène d'aujourd'hui.
- Comme quoi ? La faire sortir d'un gâteau ? Tu cherches des yeux la sortie la plus proche à chaque fois que son nom est prononcé depuis quatre ans. Même la mention de Pettigrew ne te met pas autant en colère, alors qu'il a bien failli vendre Harry à Voldemort.
- Je suis au courant, merci.
De peur que Regulus ne se lance dans une leçon de morale plus abrutissante encore que celles de James, il descendit du rocher d'un geste souple et sortit sa baguette.
- Juste que les choses soient bien claires : je ne ferais pas subir l'éducation des Sang-Purs à ma fille.
- Contente-toi de savoir l'éduquer tout court.
Il fut tenté de le pousser à l'eau, juste pour lui rappeler qui était l'aîné entre eux deux, mais préféra transplaner à Godric's Hollow.
…
Judy n'arrivait pas à détacher son regard du visage paisible de sa fille. Contrairement aux autres soirs, elle s'était endormie à peine allongée, sa peluche en forme de chien noir serrée contre elle et son pouce dans la bouche – une mauvaise habitude qu'elle n'arrivait pas à quitter –.
Elle savait très bien pourquoi elle la gardait serrée contre elle, écoutant sa respiration régulière et respirant son odeur sucrée.
La rencontre avec Sirius avait été catastrophique.
Potter avait beau lui soutenir que ça aurait pu être pire, il n'était pas celui qui avait dû soutenir son regard empli de haine ou pointer une arme sur lui pour éviter de prendre un maléfice en plein visage.
Elle s'était préparée à tout cela depuis des mois, sachant pertinemment qu'il ne prendrait pas bien ni son retour soudain, ni l'existence de Maellyn, mais ça faisait quand même un mal de chien.
D'ordinaire, elle se rassurait en se rappelant qu'elle avait sa fille et que toutes les horreurs du monde ne pouvaient plus l'atteindre dès qu'elle l'avait dans ses bras, mais ça aussi, ça ne serait bientôt plus le cas.
Elle avait toujours eu Maellyn avec elle, constamment, depuis qu'elle était née, et elle allait devoir apprendre à la partager, à vivre sans elle quand elle serait avec Sirius. Elle espérait juste que Sirius se montrerait raisonnable parce qu'elle n'était pas sûre de peser très lourd face au sauveur du monde sorcier et à la famille Black.
Parce que, bien sûr, elle s'était entichée d'un héros de la guerre contre Voldemort.
Burt n'était pas près de lui laisser oublier ce petit détail quand elle lui raconterait son retour à Londres, lui qui était pour une fois d'accord avec son père, quand il disait qu'elle n'était pas obligée de lui dire quoique ce soit.
Ils ne comprenaient pas qu'elle ne pouvait pas faire ça à Sirius et encore moins à Maellyn. Elle avait vécu l'absence d'un père avant elle. Même si Burt avait toujours été là, ce n'était pas pareil.
Une larme solitaire lui échappa à nouveau et elle ferma les yeux pour reprendre le contrôle sur ses émotions. Elle ne pouvait pas craquer maintenant ou elle risquait bien de s'effondrer tout à fait et tout serait encore plus difficile à supporter.
L'hostilité des Potter, la haine de Sirius, la méfiance de Regulus, sa séparation prochaine avec Maellyn et le foutu bannissement du MACUSA qui la laissait avec les pires migraines qu'elle avait jamais eu.
Des coups légers sur la porte de la chambre résonnèrent juste au moment où elle commençait à s'endormir et elle les aurait sûrement ignorés si elle n'avait pas reconnu la voix qui venait de prononcer son prénom depuis le couloir.
Elle soupira, hésitant à se lever – elle avait espéré avoir quelques jours de tranquillité, si ses colères noires étaient toujours ce qu'elles avaient été – avant d'abdiquer. Elle savait très bien pourquoi il était là et elle ne pouvait pas le lui refuser.
Elle repoussa les couvertures et attrapa un pull sur le dossier d'une chaise, soudainement vulnérable dans son short de coton et son t-shirt informe.
Elle prit une dernière inspiration avant d'ouvrir la porte sans prendre la peine de vérifier son hypothèse.
Il avait commencé à s'éloigner – l'heure tardive ne jouait pas en sa faveur – et se retourna en entendant le bruit de la poignée.
L'espace d'une seconde, il n'y avait plus de haine ou de rancoeur ou de douleur sur son visage, mais juste une sincère surprise et même un peu d'espoir.
L'air se bloqua dans ses poumons et elle s'agrippa à la porte tandis que son cœur faisait une dangereuse embardée.
Parce qu'il était tellement plus simple d'oublier qu'il lui avait terriblement manqué ces cinq dernières années et qu'elle avait lamentablement échoué à passer à autre chose – pas seulement parce que Maellyn trouvait toujours une façon de l'évoquer ou de réagir comme lui chaque jour – quand il la fixait comme si elle était l'ennemie.
Débarrassé de ce masque, il n'était plus que Sirius, avec ses cheveux sans doute trop longs, sa veste de cuir, son jean troué et ses chaussures de moto. Elle avait été surprise de le voir arriver avec sa Bonnie dans l'après-midi, convaincue qu'il s'en serait débarrassé depuis longtemps.
A cet instant, c'était comme s'ils s'étaient quittés hier.
- Hey, souffla-t-il. Je...
Elle reprit le dessus sur les battements affolés de son cœur.
Ils ne s'étaient pas quittés hier, et pour tout ce qu'elle en savait, ils étaient devenus des étrangers.
- Elle dort.
Il eut une grimace à mi-chemin de son foutu sourire en coin.
- Vu l'heure, j'espère bien...
- Tu es toujours le babysitter attitré des Potter si je comprends bien.
Il haussa les épaules.
- Personne d'autre ne veut s'occuper de leurs monstres.
La légèreté de leur discussion était à des années lumières de leur dernier échange et elle n'était pas certaine de savoir comment réagir. Elle s'était préparée à gérer la colère noire des Black – Dieu lui en soit témoin, elle ne manquait pas d'entraînement avec Maellyn – et ce revirement était des plus inattendus.
- Je peux la voir ?
Sa question lui rappela pourquoi il était là, et le tremblement dans sa voix raviva sa culpabilité. Elle s'écarta sans un mot.
Il entra après une hésitation.
Elle fixa le couloir vide bien plus longtemps que nécessaire et le retrouva au pied du large lit qu'elle partageait avec Maellyn.
Il resta un long moment à la détailler de loin – elle aurait payé cher pour lire ses pensées – avant qu'il ne s'approche et s'agenouille à côté d'elle.
Elle dut s'asseoir.
C'était pour cela qu'elle était venue à Londres : réunir Maellyn et Sirius, et elle avait rêvé de ce moment dès qu'elle avait eu sa fille dans ses bras pour la première fois.
Sirius caressa la joue de Maellyn du bout des doigts, et leur fille eut un soupir satisfait. Sirius sourit largement, perdant plusieurs années comme par magie.
Judy essuya une nouvelle larme solitaire.
Les Potter ne plaisantaient pas quand ils disaient que Sirius adorait les enfants.
- Comment s'est-elle fait sa cicatrice ?
- Laquelle ?
Sirius lui jeta un drôle de regard et elle répondit par un haussement de sourcils. Que croyait-il ? Qu'ils avaient réussi à concevoir une poupée de porcelaine ?
- Son menton.
- Elle m'a défendue d'un ours.
L'incrédulité, puis la peur, sur le visage de Sirius valaient vraiment le prix du billet d'avion qu'elle avait dépensé.
- Du reste, c'est ce qu'elle soutient. Elle est tombée d'un arbre l'été dernier.
Le soulagement de Sirius ne fut qu'éphémère et Judy comprit avec un peu de retard qu'en plus d'adorer les enfants, Sirius risquait bien de se révéler être un papa poule.
Il allait probablement faire une crise cardiaque avant la majorité de Maellyn.
- C'est ta fille, Black.
Il eut une sorte de grognement et se redressa, non sans embrasser Maellyn sur la tempe.
- A très vite, chaton.
Il avait la main sur la poignée quand il se figea.
- Elle te ressemble encore plus en vrai, souffla-t-il.
- C'est parce qu'elle dort. Attends de la voir réveillée...
- Demain ?
Son cœur se serra, mais elle était venue ici pour ça après tout...
- Passe la prendre vers dix heures.
- A demain alors.
Elle réussit à attendre le bruit caractéristique d'un transplanage avant de lâcher prise complètement et de laisser gagner les larmes.
…
And Black is Back !
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Les retrouvailles tendues de Blacker.
- James, Remus, Lily et Regulus qui font corps pour Sirius (pour le meilleur et pour le pire).
- Sirius et Maellyn (quand même!)
Bien entendu, je prends encore les câlins pour Judy cette semaine (la pauvre, je suis vraiment pas sympa avec elle), et je veux bien entendre vos prognostiques quant à la réaction de Maellyn quand elle va retrouver son papa le lendemain !
La prochaine mise à jour sera pour Black Sunset : Dark Matter dans deux semaines, donc on se dit à dans un mois ici !
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
A dans un mois.
Orlane.
Mis en ligne le 09/03/2018
