Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
Juliette : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Sirius pouvait-il vraiment resté loin de Maellyn et Judy, même après sa crise ? ^^ Je suppose que Regulus aimerait beaucoup voler la vedette à son frère et s'épancher sur ses propres malheur, mais comme tu l'as très bien deviné, je signerais sans doute pour un nouveau monstre (et tant que BS n'est pas bouclé, c'est hors de question ^^). Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Mh : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Je ne vois pas Sirius autrement qu'en papa poule (il hyper compense son enfance de merde). Judy n'est pas une dure à cuire sans cœur. Bien sûr qu'elle accepte les câlins;) Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Lupa : Helloooo ! Merci beaucoup pour ta review ! Les retrouvailles auraient pu être pires, je te l'accorde (mais c'est quand même Judy et Sirius ne peut pas lui résister bien longtemps). Je suis d'accord pour Judy et son sens ridicule de l'honneur ^^ Merci pour le passage avec Maellyn;) J'espère que tu aimerais la suite ! Bonne lecture !
Merci à Maxine3482, AndouilleEtSushi, Juliette, lune patronus, mh, Sundae Vanille, Lupa, Lyrumbra et Constabcelcd pour leur review. Vous ne pouvez pas savoir à quel point vous avez été mes lumières au milieu du brouillard qu'a été le chapitre 30 de BS !
Bonjour à toutes et à tous !
Alors, comment va la vie de votre existence ?
De mon côté, ça va plutôt pas mal ! C'est bientôt les vacances (YAS!) et j'ai bouclé un chapitre de plus sur Black Sunset (et il était pas facile celui-ci ^^).
Au-delà de tout ça, nouveau chapitre ici. Je l'aime beaucoup, on est en cuteness overload et j'espère qu'il va vous plaire;)
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
There will be time...
Chapter Three.
« You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are grey
You never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away »
(You are my sunshine – The Pine Ridge Boys)
Sirius transplana dans le placard à balai qu'il avait repéré la veille et déverrouilla la porte sans même avoir besoin de sortir sa baguette magique. L'hôtel était loin de ce dont il avait l'habitude. La moquette était usée, la peinture sur les murs s'écaillait par endroit, et les murs devaient être plus fins que ceux du centre de désintoxication où il avait séjourné.
Il aurait pu aller dans un de ces endroits fait sur mesure pour les enfants de riches qui avaient pris un mauvais virage, mais il avait préféré un endroit où il serait traité normalement.
Dans tous les cas, il n'aimait pas trop savoir Judy et Maellyn ici toutes seules. Il ne doutait pas une seule seconde que Judy sache toujours se défendre, baguette magique ou non, mais elles méritaient mieux.
Il retrouva sans mal la porte de la chambre – 433 – et frappa. Il était dix heures tapantes : il n'avait pas eu le moindre mal à être à l'heure étant donné qu'il avait été incapable de fermer l'oeil de la nuit. Merlin, il avait une fille !
Maellyn Liberté Black.
Il s'était répété son nom toute la nuit sans ne serait-ce que commencer à s'en lasser. S'il n'avait jamais aimé son nom, il trouvait celui de sa fille magnifique. Il faudrait qu'il demande à Judy ce qu'il signifiait, s'il signifiait quelque chose.
- Maellyn, c'est ta surprise. Va ouvrir, chaton.
Il s'agenouilla par habitude – il avait très vite compris que les petits préféraient quand il se mettait à leur hauteur – et prit une profonde inspiration en voyant la poignée tourner.
La porte pivota et un regard curieux croisa le sien, avant que ses yeux bleus nuits ne s'écarquillent, les rendant trop grands pour son visage.
Elle se détourna.
- Maman, c'est papa !
Plus que le mot lui-même, ce fut le naturel avec lequel il échappa à sa fille qui faillit lui arracher une larme. Elle ouvrit la porte en grand, l'envoyant cogner contre le mur, et se jeta dans ses bras, manquant de le projeter au sol. Ses bras serrèrent son cou avec une force étonnante pour son âge, et son cœur fit une embardée quand elle enfouit son visage dans son cou.
Il referma ses bras sur son petit corps, inspirant à plein poumons son odeur sucrée, à peine mêlée à celle de Judy.
- Hey, chaton, souffla-t-il.
- Tu m'as manqué, papa.
Sa voix se brisa et un sanglot lui échappa, précédent les larmes d'une folle seconde.
- Shhh... Je suis là, Maellyn, dit-il, sa voix rauque, tout en caressant doucement ses boucles noires.
Elle se raccrocha davantage à lui, comme si elle avait peur qu'il disparaisse – ce qu'il n'avait pas la moindre intention de faire–. Il se leva, la soulevant du sol au passage – elle était plus légère que ce qu'il avait pensé, mais sans doute avait-il juste oublié le poids qu'Harry faisait au même âge – et ferma la porte derrière lui. D'ordinaire, il était plutôt doué pour consoler les petits chagrins – une blague, quelques chatouilles, et le tour était joué–. Les vraies crises de larmes demandaient plus d'expertise, et malheureusement, il ne connaissait pas encore assez Maellyn pour s'y risquer.
Patmol n'aurait pas ce problème.
Il s'accroupit à nouveau et se fondit dans son alter-ego.
La surprise arracha un hoquet stupéfait à la petite fille dans ses bras, mais Patmol était assez gros pour qu'elle puisse enfouir son visage dans son cou. Elle commença à caresser l'épaisse fourrure et un bref éclat de rire passa ses lèvres quand il lui lécha la joue.
Sirius lui laissa tout le temps qu'il lui fallut pour se remettre de ses émotions, et peut-être pour qu'il puisse se remette des siennes.
Se glisser dans la peau de Patmol était toujours apaisant et lui donnait l'occasion de prendre du recul quand tout se précipitait.
En l'espace de vingt-quatre heures, sa vie avait fait plusieurs loopings sur elle-même et il n'était pas sûr que rien n'ait été brisé au passage. Judy était vivante, de retour à Londres – et sans doute dans sa vie, d'une façon ou d'une autre – et Merlin, il avait une fille de quatre ans et demi qui avait besoin de lui, sûrement autant qu'il avait besoin d'elle.
Avant Harry, il n'avait qu'une vague notion de ce qu'être parent signifiait. Depuis, il avait appris la dépendance absolue, la fragilité, l'écrasante responsabilité de guider un petit être humain dans un monde hostile. Il savait aussi l'amour inconditionnel, la complicité et la force du lien qui pouvait se créer.
Il était absolument terrifié à l'idée qu'il soit trop tard pour Maellyn et lui.
Il fit de son mieux pour enfermer cette pensée-là dans un coin de sa tête et se concentra sur les petites mains perdues dans sa fourrure.
Les larmes étaient taries depuis un long moment quand elle recula d'un pas, essuyant ses joues avec la manche de son pull. Il retrouva aussitôt forme humaine et se perdit dans son regard bleu nuit – celui de Judy – bordé de rouge. Il y avait un pli entre ses deux yeux et il posa un doigt dessus pour l'effacer. Elle avait quatre ans et demi. Elle n'avait pas le droit de paraître aussi sérieuse.
- Comment tu fais ça ?
- Avec la magie. Je t'appendrais quand tu seras plus grande.
Un sourire tordu étira ses lèvres et son cœur rata un nouveau battement. Judy lui avait dit que leur fille lui ressemblait bien plus une fois réveillée, mais il n'arrivait pas à s'empêcher de ne lui trouver que des points communs avec sa mère.
Il n'était pas bien sûr de vouloir s'attarder sur l'étrange boule au fond de son ventre qui semblait comme prendre vie à chaque nouveau détail.
Elle glissa sa main dans la sienne et Sirius se releva, non sans déposer un baiser sur son front.
Judy les observait, se tenant résolument à l'écart, ses bras croisés sur sa poitrine, et cette espèce de masque qui semblait être sa défense préférée. Elle se détourna en croisant son regard, et se mit à plier ce qui semblait être le pyjama de Maellyn avec soin.
Il sentit la colère revenir enflammer son sang, même s'il aurait été incapable d'en trouver la raison, et seule la petite main qui s'agrippait à la sienne lui permit de garder un semblant de contrôle dessus.
- Et bien, quel est le programme ? demanda-t-elle finalement, sa voix faussement enjouée.
- Chemin de Traverse.
Judy glissa un clin d'oeil à Maellyn.
- Tu vas adorer ça, chaton.
- Qu'est-ce que c'est, le chemin de travers ?
Il réussit à détacher son regard de Judy et trouva le visage de Maellyn levé vers lui.
- Surprise, souffla-t-il avec un sourire en coin. Tu aimes le Quidditch, Maellyn ?
Elle fronça les sourcils, puis plissa le nez.
- Harry et Neville se sont moqués de moi parce que je ne savais pas ce que c'était.
Il ne fut pas surpris du manque de tact de son filleul. En ayant James pour père, Harry était évidemment un inconditionnel du noble sport. Il connaissait le nom de chaque joueur, dans chaque équipe, se tenait au courant des transferts entre clubs et des classements des divers championnats. Que quelqu'un ignore l'existence même de ce sport avait dû lui paraître inconcevable.
- C'est un sport qui se joue sur des balais.
Un large sourire revint éclairer son visage, et une étincelle brillante dans ses yeux lui fit plisser les siens.
Il avait déjà vu cette lueur dans ceux de Regulus et elle n'annonçait jamais rien qui ne soit à son goût.
- Des balais ? Comme celui de Harry ? Le papa de Neville m'en a prêté un ! C'était trop bien !
- Je donne un entraînement à d'autres enfants cet après-midi. Ça te dirait ?
- Je peux, maman ?
Judy avait terminé de plier tous les vêtements à sa portée et enfonça ses mains dans les poches arrières de son jean, un sourire qui ressemblait plus à une grimace sur les lèvres et comme des larmes imminentes dans ses yeux. Elle s'obstinait à ne pas regarder dans sa direction et la colère revint, sans qu'il ne sache encore une fois pourquoi.
- Bien sûr, Maellyn. Mais tu seras prudente, pas vrai ?
Maellyn se renfrogna et il se promit de la surveiller de près pendant l'entraînement, parce que la dernière chose qu'il voulait était d'emmener sa fille à Sainte Mangouste, d'autant qu'il était certain que Judy le tuerait.
- Alors on est parti ! Où est ton manteau ?
Maellyn lâcha sa main pour aller le récupérer sur l'une des chaises près des fenêtres, et il en profita pour s'approcher de Judy.
- Rien que je dois savoir pour la journée ?
- Rien qui ne me vienne à l'esprit. De ce qu'elle m'a racontée de son après-midi, elle a l'air d'être plus intéressée par toutes les pitreries qu'elle pourrait inventer du haut d'un balai que par le Quidditch.
- J'ai d'autres casse-cous dans mon groupe.
- Elle n'est pas casse-cou. Elle n'a aucun sens du danger. Je ne vais pas bouger de la journée, ramène-la quand tu veux.
Elle passa près de lui pour aider Maellyn à mettre sa veste correctement, bataillant avec elle pour qu'elle accepte de mettre une écharpe, et lui faisant promettre d'être raisonnable.
- Tu ne viens pas ?
- Je ne peux pas, chaton. Tu sais bien que je ne peux pas m'approcher des endroits magiques. Et puis, je serais un peu tranquille sans toi !
Maellyn se glissa dans ses bras pour un câlin qui s'éternisa pendant une longue minute, et Sirius se sentit presque de trop. La complicité entre Maellyn et Judy était évidente, comme si elles étaient dans une bulle qu'elles seules pouvaient voir, et il lui faudrait des années pour construire la même autour de Maellyn et lui, s'il y arrivait un jour.
- Allez, chaton. Amuse-toi bien !
Maellyn déposa un dernier baiser sur la joue de sa mère et le rejoignit, sa main se glissant dans la sienne à nouveau.
Le temps qu'ils rejoignent le hall de l'hôtel, il avait réussi à ramener toute son attention sur Maellyn, enfermant tout ce mélange d'émotions en ébullition que la simple mention de Judy suffisait à rendre incontrôlable. Il avait perdu assez de temps avec sa fille, et il comptait bien mettre à profit la moindre seconde passée avec elle.
Il héla le premier taxi qu'il aperçut, aida Maellyn à s'installer à l'arrière, avant de donner le nom de la rue du Chaudron Baveur au chauffeur. Il profita du trajet pour lui énumérer les noms des bâtiments qu'ils croisaient – il passait plus de temps que jamais dans le Londres moldu depuis la fin de la guerre – s'amusant de ses yeux écarquillés et de ses questions.
Il apprit aussi qu'elle allait à l'école – et qu'elle n'aimait pas beaucoup sa maîtresse –, qu'elle trouvait les anglais bizarres – surtout Regulus, et il se promit de le répéter à son frère –, que James avait failli faire brûler des cookies, qu'elle voudrait être astronaute quand elle serait plus grande – et Sirius était presque sûr que ça avait rapport avec les étoiles – et qu'elle aimerait bien avoir un chien à Noël.
Le taxi ne tarda pas à arriver à destination et Sirius guida Maellyn vers le Chaudron Baveur. Il avait toujours connu le Chemin de Traverse – comme il avait toujours connu la magie – mais il savait que Lily se souvenait encore de la première fois où elle avait mis un pied dans le monde magique.
Il avait manqué tellement des premières fois de Maellyn, qu'il était bien décidé à savourer celle-ci.
Comme à chaque fois, un silence surpris suivit son entrée dans le bar. Tous les regards ne tardèrent pas à se fixer sur lui, trop inquisiteur à son goût, et il releva le menton par habitude. Il ne s'habituerait sans doute jamais aux réactions que suscitait chacune de ses apparitions, parce qu'il était le frère de Regulus pour commencer, qu'il avait joué un rôle essentiel dans la défaite de Voldemort et parce que ses frasques à la fin de la guerre avaient fait couler beaucoup d'encre, faisant la renommée de Rita Skeeter au passage.
Personne ne se permettrait de l'accoster ou de l'interpeller – le dernier à s'y être risqué, moins de trois mois plus tôt, avait terminé à Sainte Mangouste, lui dans une cellule au département des Aurors, et il devrait encore être tranquille pour un long moment –, et il ne s'éternisa pas de toute façon.
La cour à l'arrière du bar était vide et il s'accroupit à côté de Maellyn.
- C'est un mur magique, souffla-t-il, avant de lui tendre sa baguette.
Elle s'en saisit de sa main gauche – celle qui portait la marque des Black – sans qu'il n'en soit vraiment surpris. Judy était aussi gauchère et leur fille lui ressemblait décidément beaucoup.
- C'est une vraie ?
- Bien sûr que c'est une vraie. Mais ne dis à personne que je te l'ai prêtée, tu es trop petite pour avoir une baguette magique.
Elle eut une moue contrariée.
- Je vais te soulever pour que tu puisses ouvrir le passage.
Il l'attrapa par la taille, s'étonnant encore de son poids plume, et lui désigna les briques à toucher du bout de la baguette de sa main libre.
Lorsque la première brique disparut, juste devant ses yeux, elle eut un sursaut, puis un cri lui échappa quand il commença à s'élargir, les briques s'écartant les unes des autres pour ouvrir un large passage et dévoiler une longue rue pavée qui s'étalait à perte de vue.
- Bienvenue au Chemin de Traverse, Maellyn, dit-il doucement à son oreille.
Il la reposa à terre et lui laissa tout le temps qu'il lui fallut pour se remettre du choc.
- C'est trop bien !
Ils remontèrent la rue lentement, s'arrêtant devant chacune des boutiques. Sirius répondit à toutes les questions de Maellyn – les yeux de grenouilles étaient pour les potions et non pour faire des blagues à ceux que l'on aimait pas les hiboux n'étaient pas comme les perroquets et ne répétaient pas ce qu'on leur disait mais ils apportaient des lettres les sorciers portaient tous des robes, même les garçons et il ne portait pas de robe parce qu'il préférait s'habiller en moldu non, elle ne serait pas obligée de porter des robes si elle n'aimait pas ça la créature bizarre était un Gobelin et ils pouvaient se montrer méchants avec les enfants qui se moquaient d'eux les photos bougeaient grâce à la magie – il dut l'empêcher plus d'une fois d'attraper tout ce qui se trouvait à sa portée, comme si elle ne pouvait pas se retenir de toucher.
Ses réponses étaient parfois saluée par un « ah oui, maman m'avait dit » ce qui le rassura sur le fait que Judy avait aussi parlé de la magie à Maellyn, malgré le fait qu'elle soit bannie.
Il réussit à se retenir de lui acheter tout et n'importe quoi – Lily lui avait fait promettre de ne pas pourrir sa fille de cadeau dès le premier jour, parce que ce n'était pas une bonne première impression, quoiqu'il en pense – jusqu'à ce qu'ils arrivent au niveau de la boutique de Quidditch.
Même si James n'allait sûrement pas apprécié – l'achat du premier balai était réservé au parrain d'après lui – il avait bien l'intention d'équiper Maellyn pour son premier cours de Quidditch.
Lorsque Harry était entré pour la première fois dans la boutique, il s'était précipité vers les Vifs d'Or qui voletaient dans une immense colonne de verre au centre du magasin. Maellyn ne leur accorda qu'un bref regard, plus intriguée par les sets de Cognards qui se débattaient dans leur boîte.
- Papa, qu'est-ce que c'est ?
- Des Cognards. Ce sont des balles utilisées pour faire tomber les joueurs de l'équipe adverse de leur balai. Il y a deux Batteurs dans chaque équipe pour les repousser. Ils utilisent ça.
Il lui tendit la batte la plus proche, beaucoup trop lourde pour ses bras.
- Maman en a une aussi, mais je n'ai pas le droit de la toucher.
Il ne fut pas surpris par sa réponse. Judy s'en était toujours remise à des techniques moldues pour se défendre, même quand elle avait encore une baguette.
- Papy m'a dit que quand je serai plus grande, il m'apprendrait à jouer au baseball. Ça se joue aussi avec une batte. Et il faut courir avant que les autres aient attrapé la balle. Mais la balle est beaucoup plus petite, alors c'est dur de la toucher avec la batte. J'ai un gant à la maison, et avec maman, on se fait des lancers. J'arrive bien à viser maintenant.
Il avait déjà vu des matchs de baseball à la télé moldue et n'était pas sûr d'avoir compris toutes les règles du jeu. James et lui préféraient regarder des matchs de Rugby, à défaut de pouvoir aller voire des matchs de Quidditch aussi souvent qu'ils l'auraient voulu, surtout depuis la naissance des jumelles.
Toutefois, il ne souvenait que Judy était une fan de ce sport, non plus que Grant Adler en soit friand.
De toute évidence, il allait devoir s'y mettre.
- Tu viens, chaton ? On va voir les balais pour enfants.
Quand il avait acheté le tout premier balai de Harry, il n'avait guère eu le choix. Seul trois modèles de balai étaient adapté aux plus petits. Ils survolaient le sol plus qu'ils ne volaient, étaient assez peu maniables et freinaient à la moindre occasion.
Rien d'exploitable pour un tournoi de Quidditch pour enfants, et il avait eu de la chance que Ted Tonks soit suffisamment estimé chez Nimbus pour réussir à convaincre ses patrons de développer une ligne digne de ce nom. Les balais pour enfants volaient toujours moins hauts que ceux pour adultes et n'iraient jamais aussi vite non plus, mais ils donnaient un bon avant-goût d'un vrai vol aux enfants.
- Tu vas avoir besoin d'un balai pour cet après-midi : lequel préfères-tu entre ces deux-là ?
Maellyn le dévisagea, comme si elle n'était pas sûre de savoir s'il était sérieux.
- Un balai pour moi toute seule ?
- Bien sûr.
Elle se jeta dans ses bras et déposa un baiser sur sa joue.
- Merci papa !
- De rien, chaton. Lequel ?
Un pli sérieux revint entre ses deux yeux, donnant l'impression qu'elle prenait le temps de réfléchir à sa décision, puis elle lui montra le balai de bois clair, au manche décoré de runes bleues et or.
- Monsieur Black, puis-je vous aider ?
Une vendeuse d'une vingtaine d'années les avaient rejoint sans qu'il ne s'en rende compte, et il retint son grognement à l'utilisation de son nom de famille. Elle l'avait prononcé avec une certaine révérence, et il avait horreur de ça encore plus du reste.
- J'aimerais que ma fille puisse essayer ce balai.
- Bien sûr. Il n'y a personne dans le jardin à l'arrière.
Sirius prit le temps de choisir un casque à la taille de Maellyn avant de suivre la vendeuse, le balai dans une main et l'autre sur l'épaule de sa fille.
Elle trépignait d'impatience.
- Pas de pirouettes. Juste quelques tours pour vérifier qu'il te convient. Tu auras le temps de vraiment l'essayer cet après-midi, d'accord ?
Le programme lui arracha une moue, et Sirius se demanda de combien de temps encore il disposait avant qu'elle ne commence à discuter ses consignes, comme Harry ne se privait pas de le faire avec James et Lily, argumentant avec autant de mauvaise foi que son père et d'aplomb que sa mère.
Et il ne parlait même pas des jumelles, qui communiquaient entre elles dans un charabia incompréhensible qui précédait toujours des bêtises.
Minerva McGonagall regretterait certainement les Maraudeurs plus tôt qu'elle ne l'avait prévu.
Une fois son casque bien accroché, Maellyn enfourcha son balai d'un geste sûr et poussa avec ses jambes. Frank avait dû lui expliquer les bases car elle tenait déjà le manche correctement et se pencha pour accélérer, d'abord en douceur, puis de plus en plus vite.
- Ralentis ! cria-t-il, un début de panique faisant accélérer son cœur douloureusement.
Merlin, si elle se blessait, Judy n'allait jamais vouloir la laisser seule avec lui jusqu'à sa majorité.
Maellyn devait vouloir faire une bonne impression car elle obéit aussitôt et continua ses tours à une vitesse correcte.
- Je pense qu'il lui convient, qu'en pensez-vous ?
Il sursauta et dévisagea la vendeuse avec bien plus de dédain qu'il ne pensait, puis reporta son attention sur Maellyn, craignant en partie qu'elle ne profite de son inattention pour tenter le diable, et surtout incapable de la lâcher des yeux. Elle avait un air concentré sur le visage qui lui rappelait celui de Regulus, ce qui signifiait qu'il ressemblait surtout au sien.
Apercevoir un bout de lui en elle fit battre son cœur plus fort dans sa poitrine et il craignit une seconde qu'il n'explose.
Il avait une fille.
- On va le prendre, souffla-t-il finalement à l'attention de la vendeuse, puis il fit signe à Maellyn de le rejoindre.
Elle vola un tour supplémentaire avant d'obéir.
- Alors, chaton ?
- Il est trop bien ! Il est mieux que celui que Neville avait de quand il était petit !
Il lui ôta son casque et réajusta ses mèches noires en un semblant d'ordre dans sa coiffure. Pendant que la vendeuse emballait le balai dans un long paquet, Sirius soutint à sa fille qu'elle aurait besoin de porter des protections pendant les entraînements, quand bien même la majorité de ses élèves les oubliaient la moitié du temps.
Il avait comme le pressentiment que Judy ne plaisantait pas quand elle disait que Maellyn n'avait pas le moindre sens du danger.
Le temps de terminer leurs emplettes, il était l'heure du déjeuner.
- Il y a des McDonald's magiques ?
Sirius grimaça. Il n'avait été qu'une ou deux fois dans ces boutiques peinturlurées de jaune et n'avait pas du tout apprécié la nourriture qui y était servie. Il avait du mal à comprendre l'engouement des moldus pour cet endroit.
- Non. Mais Boris fait de très bons hamburgers.
Le bar de Boris, qui avait maintenant accueilli plus de réunions de Maraudeurs que la Cabane Hurlante, n'était pas vraiment un endroit où emmener une gamine de quatre ans, mais Sirius savait qu'il y serait tranquille – Boris lui trouvait toujours une place dans l'arrière salle – et la nourriture était vraiment bonne – la femme de Boris était un fin cordon bleu–. Et puis, c'était le dernier endroit où il croiserait d'autres Sang-Purs. La dernière chose qu'il voulait était qu'un imbécile des Vingt-Huit Consacrées fasse une scène en apprenant par hasard que les Black avait une héritière.
Il était tôt, la salle principale du bar était déserte et Boris essuyait consciencieusement les verres derrière le comptoir. Il le détailla avec surprise en le voyant arriver avec Maellyn, ses yeux faisant un aller-retour explicite entre elle et lui.
- Une table pour deux, je suppose ?
- Ça serait bien, ouais.
Boris posa son verre maintenant propre sur l'étagère derrière lui et passa son torchon sur une épaule, avant d'ouvrir le chemin vers une porte au fond du bar. L'arrière salle ne disposait que d'une table et servait de réserve. Le décor n'était donc pas génial, mais c'était le prix à payer pour être tranquille. Boris conjura des assiettes, verres et couverts d'un geste négligeant de sa baguette, arrachant un sursaut de surprise et une exclamation émerveillée à Maellyn.
Sirius avait soudainement hâte de lui montrer quelques sortilèges.
- Que souhaite manger cette demoiselle?
- Un hamburger avec des frites ! Mais sans trucs verts dedans.
Boris eut un sourire amusé.
- Je vais passer le message. Black ?
- La même chose.
- Sans les trucs verts aussi ?
- La ferme.
Cette fois, il éclata de rire et lui jeta un dernier regard appuyé avant de disparaître.
Leur plat arriva moins d'un quart d'heure plus tard, durant lequel Maellyn lui posa des questions sur le Quidditch. Les rôles des Gardiens et des Poursuiveurs n'avaient pas du tout l'air de l'intéresser, celui de l'Attrapeur un peu plus et il ne savait pas trop s'il devait s'inquiéter qu'elle ait l'air de considérer que le poste de Batteur était de loin le plus cool.
Quand Boris déposa son hamburger devant elle, Maellyn souleva le pain du dessus et inspecta le contenu du sandwich, les sourcils froncés. Annette, la femme de Boris, devait avoir respecté sa commande car elle commença à manger.
Sirius se demanda bien quel était l'intérêt de vouloir un hamburger si ce n'était que pour manger la viande et le fromage à l'intérieur.
Maellyn demanda une part de gâteau au chocolat qu'elle fut bien incapable de terminer après avoir avaler toutes ses frites.
- On fait quoi après ?
- On va passer par ma maison et on ira sur le terrain de Quidditch après. Comme ça, tu pourras vraiment essayer ton balai.
- Ça veut dire pas de sieste ?
Merde.
Le sourire tordu sur les lèvres de sa fille lui confirma qu'il était trop tard pour faire machine arrière. A partir d'un certain âge, le sujet de la sieste était aussi sensible que celui de l'heure du coucher. Harry avait déclaré à trois ans qu'il était trop grand pour faire une sieste, et s'il en croyait James, les jumelles étaient déjà arrivées à cette conclusion et elles avaient un an et demi.
Il acquiesça donc, se promettant en silence de ne pas se faire avoir une deuxième fois. Il l'aida à remettre son manteau et rejoignit Boris pour payer au bout du comptoir.
- Je suis presque sûr que les jumelles Potter sont inséparables en plus d'êtres blondes, et que la petite Londubat est bien plus jeune. A qui as-tu volé cette enfant ?
- Je ne l'ai pas volée, grogna-t-il tout en sortant sa bourse. Empruntée. Avec l'accord de sa mère.
Boris prit son temps pour prendre la première pièce sur le comptoir.
- Qui est ?
Il soupira. Boris n'était pas qu'un simple barman sur le Chemin de Traverse. Du temps où il avait un trop gros penchant pour l'alcool, c'était le seul endroit où Regulus et James acceptaient qu'il vienne, parce qu'ils faisaient confiance à Boris pour être plus raisonnable que lui, et qu'ils savaient que l'irlandais les préviendrait s'il devenait hors de contrôle. Ça n'avait pas empêché grand chose, mais Boris était devenu un ami.
- Judy Adler, lâcha-t-il dans un souffle.
La colère assombrit soudainement le visage de Boris et ses yeux fusèrent vers Maellyn, occupée à fouiller dans les sacs contenant son équipement de Quidditch.
- Judy Adler ?! gronda-t-il. Comme dans celle qui a disparu aux Etats-Unis ?! Dis-moi qu'on ne parle pas de la même !
- C'est une longue histoire...
Boris attrapa son bras alors qu'il se détournait et Sirius percuta le comptoir avec force.
- Tes frangins sont au courant ?
- Bien sûr !
La prise de Boris se resserra et Sirius eut tout le mal du monde à soutenir le regard furieux de l'irlandais. Ses doigts commencèrent à s'engourdir, sans qu'il ne trouve un moyen diplomatique de lui faire lâcher prise.
Merlin, il n'avait pas pensé que Boris prendrait ses intérêts autant à cœur !
- Hé ! Laisse mon papa tranquille, gros balourd !
L'intervention de Maellyn leur fit baiser les yeux vers elle.
Elle dardait un regard terriblement sombre sur Boris, ses petits poings serrés le long de son corps et un air résolu sur le visage.
Pour la première fois, Sirius vit la Black en elle et l'air se bloqua dans ses poumons.
Judy avait raison. Elle avait sans doute hérité de son foutu caractère.
Boris le relâcha avec un marmonnement qui ressemblait beaucoup à « définitivement sa fille ». Toutefois, Maellyn ne le lâcha pas du regard tant que Sirius ne s'était pas éloigné de lui, secouant sa main engourdie.
Il se baissa pour la prendre dans ses bras et elle déposa un baiser sur sa joue.
- Merci, chaton.
Sirius ne s'attarda pas plus, autant parce que Maellyn semblait sur ses gardes que pour éviter que Boris y réfléchisse à deux fois et décide de lui arracher des explications.
Il aurait pu transplaner dès qu'ils furent dans la rue – Maellyn était assez grande – mais il craignait que le voyage la rende malade. La cheminée était exclue puisqu'il n'était pas raccordé au réseau publique – plus depuis que Rita Skeeter avait tenté de s'introduire chez lui en utilisant ce moyen-là – et, de toute façon, il fallait qu'il l'autorise à passer les protections autour de sa maison en premier lieu.
Comme à l'aller, il opta pour un taxi moldu.
Malgré sa remarque sur la sieste, Maellyn ne tarda pas à somnoler au bout d'un kilomètre, et il la hissa sur ses genoux pour qu'elle soit plus confortable. Sa fille se cala un peu plus contre lui et commença à sucer son pouce, ses yeux se fermant malgré elle.
Il embrassa son front en douceur, sa respiration se calquant sur la sienne. Judy avait vraiment dû parler de lui à Maellyn parce qu'il était évident que sa fille lui faisait confiance, quand bien même c'était la première fois qu'elle le voyait.
Au fond de son cœur, la rancune qu'il vouait à Judy diminua légèrement. Elle avait sans doute fait au mieux concernant toute cette merde entre la prison, son bannissement et leur fille. Maellyn semblait épanouie et bien éveillée, de toute évidence en bonne santé, et elle savait qui il était. Ça ne rattrapait pas toutes les années qu'il avait manqué mais, au moins, il n'était pas un étranger pour elle.
Les enfants avaient tendance à lui faire naturellement confiance. Regulus soutenait que c'était uniquement parce qu'il en était toujours un, James pensait qu'ils voyaient simplement la part de lui qui le liait à Patmol, mais Lily aimait dire qu'il avait simplement un don avec eux.
Il se fichait bien de savoir qui avait raison au fond. Il savait juste que sans Harry, Jelena et Rhosyn, sans les gamins qu'il entraînait au Quidditch, il serait resté au fond du trou après la guerre.
Il n'expliquait toutefois pas pourquoi sa fille n'était pas une étrangère pour lui.
Il ne croyait pas en ces conneries du sang – Euphémia Potter avait été bien plus qu'une mère pour lui – pas plus qu'il avait un soudain instinct paternel, mais sentir la main de sa fille dans la sienne – ou l'avoir nichée contre lui comme maintenant – sonnait comme une évidence.
Comme si son univers avait enfin retrouvé un semblant de cohérence après cinq ans de chaos.
Le taxi s'arrêta enfin et Sirius se sentit un peu coupable de réveiller Maellyn maintenant qu'elle semblait bien partie pour faire une vraie sieste de plusieurs heures.
- Chaton, on est arrivés...
Elle grogna et consentit seulement à passer ses bras autour de son cou, tandis qu'il sortait du taxi. Le chauffeur dut deviner qu'il était un peu en difficulté car il sortit à son tour pour l'aider, sortant ses paquets pour lui.
Il fit toutefois un pas de trop vers sa maison et les barrières repousse-moldu le raidirent soudainement. Sirius récupéra son sac du mieux qu'il put et lui offrit un sourire compatissant, attendant qu'il s'éloigne.
L'air frais de ce mois d'octobre avait un peu réveillé Maellyn et elle se redressa dans ses bras, sa tête toujours calée sur son épaule et son pouce dans la bouche, mais les yeux au moins ouverts.
- Il va falloir que tu descendes un peu, chaton. Il faut que je te lance un sortilège pour que tu puisses rentrer dans la maison.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis sûr que tu ne la voies pas alors qu'elle est juste derrière nous.
Elle leva la tête, jeta un coup d'oeil en arrière, et le dévisagea, de la curiosité dans ses yeux.
- Il y a une maison ?
- Oui.
Il la posa au sol et sortit sa baguette. Regulus s'était chargé de renforcer les protections de sa maison quand il était revenu d'entre les morts. Il savait que la magie qu'il avait utilisé n'était pas tout à fait blanche, mais pas tout à fait noire non plus. Il n'avait de toute façon pas eu le choix, et les barrières magiques gardaient tous ceux qu'il ne voulait pas voir loin de chez lui, ce qui était parfait.
- J'ai besoin d'avoir une goutte de ton sang, d'accord ?
Il commença par lancer le sort sur lui, touchant le bout de sa baguette avec son index, puis la tendit vers Maellyn.
Elle lui lança un dernier regard prudent avant de poser son index à son tour. Elle sursauta au moment où le sortilège piqua sa peau, mais ne sembla pas vouloir pleurer.
- Tu es vraiment très courageuse, souffla-t-il.
- Maman dit que je suis une Gryffondor.
A cette possibilité, la fierté fit gonfler sa poitrine et accéléra son cœur, mais il attendait de voir. Maellyn avait une sacré dose de Adler dans le corps et s'il était bien convaincu d'une chose, c'était que Judy, Grant et Burt étaient des foutus Serpentards en puissance.
Il pressa une goutte de son sang dans sa paume, et fit de même avec Maellyn. Il referma sa main ensanglantée sur sa baguette puis murmura la formule en latin.
Un vent venu de nulle part souffla sur le visage de Maellyn, la faisant cligner plusieurs fois des yeux, puis sa bouche s'entrouvrit de stupeur.
La maison de l'oncle Alphard venait sans doute de surgir de nulle part.
- Wouah !
- Je te l'avais dit ! On y va, princesse ?
Après avoir déverrouillé la porte, il déposa ses paquets sans cérémonie dans l'entrée et lui fit faire le tour du propriétaire. Il n'avait quasiment rien changé depuis la guerre, à part le canapé dans le salon – définitivement usé et sûrement porteur de trop de souvenirs – et la reconversion de l'ancien bureau de son oncle en une pièce dédiée pour son club de Quidditch. Il y stockait la vingtaine de balais, les sets de balles, les maillots et tout le reste du matériel, dont une partie était largement d'origine moldue.
Maellyn s'attarda devant l'horloge dans l'entrée.
- C'est celle qui fait le bruit d'un troll ?
- C'est ce que mon oncle disait.
- Maman m'a dit qu'elle la détestait parce qu'elle sonnait toujours quand il ne fallait pas.
Il eut un sourire en repensant au nombre de fois où le cri du Troll – ou des autres bestioles qui servaient à saluer le passage de temps – avait été suivi par une insulte de la part de Judy.
- La moto est où ?
- La moto ?
- La Bonneville Triumph de 1937 volante.
Ce fut à son tour d'entrouvrir la bouche de stupeur. Comment ?
- Maman a dit qu'elle t'avait aidé à la réparer. Tu l'as plus ?
Il allait devoir demander à Judy exactement ce qu'elle avait raconté à leur fille.
- Si, elle est dans le jardin.
Il la mena dans la véranda et lui montra la Bonnie, garée entre la maison et le muret qui le séparait de ses voisins.
Maellyn la rejoignit et grimpa dessus avec suffisamment d'aisance pour lui laisser imaginer que ce n'était pas la première fois qu'elle montait sur une moto. Ses mains se posèrent sur le guidon et son sourire tordu revint sur son visage.
- On pourra faire un tour avec ?
- Bien sûr. Mais il faut que je t'achète un casque d'abord.
- J'ai mon casque de Quidditch !
- Je suis sûr que tu sais très bien à quoi ressemble un casque de moto. On continue la visite ?
Maellyn semblait déjà connaître la disposition des pièces et il ne leur fallut pas longtemps pour terminer leur tour. Elle redescendit les escaliers à toute vitesse et se jeta dans le canapé, prenant presque toute la place.
- C'est quand le cours de Quidditch ?
- Dans une heure.
Il sortit un vieux paquet de bataille explosive du buffet et le déposa sur la table du salon.
- Est-ce que tu sais faire un château de cartes ?
Elle hocha la tête.
- C'est trop facile comme jeu !
- C'est ce qu'on va voir !
Il pensait connaître suffisamment son paquet de cartes pour ne pas se faire piéger. Il attaqua donc le deuxième étage de son château avec confiance. Il attendait que sa fille se fasse attraper par l'explosion d'une carte – ce qui finirait par se produire, tôt ou tard – et qu'elle réalisa que ce jeu-là était bien plus marrant dans le monde sorcier.
Sauf qu'il fut pris à son propre piège. Une carte à la base de son édifice précaire explosa, provoquant une réaction en chaîne, et il manqua de peu de perdre ses sourcils.
Passée la surprise, Maellyn ne se gêna pas pour se moquer de lui en riant.
Celui-ci n'avait rien à voir avec celui qu'il lui avait arraché ce matin après l'avoir consolé. Il s'agissait d'un véritable éclat de rire sincère, de ceux qui se transforment souvent en fou rire.
Et Merlin, il sonnait comme celui de Judy, juste un peu plus pur et innocent parce que Maellyn n'avait que quatre ans, et que sa mère avait semble-t-il réussi à la protéger de tous ses problèmes. Il perdit le fil de sa respiration, comme frappé par la foudre. Il s'était convaincu au fil des mois que jamais plus il n'entendrait ce son et ce n'était que maintenant qu'il réalisait à quel point il lui avait manqué.
Il n'était pas revenu dans sa vie de la façon dont il l'aurait imaginé, mais c'était bien mieux que ce dont il aurait jamais pu rêver.
Finalement, la guerre ne lui avait pas tout pris.
Il essuya la larme solitaire qui venait de lui échapper et rejoignit Maellyn sur le canapé, bien décidé à la faire rire encore, parce qu'il avait du temps à rattraper.
Vous n'avez pas l'ombre d'une idée à quel point j'aime les écrire tous les deux ensemble 3
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- La rencontre entre Maellyn et son papa.
- La rencontre entre Sirius et sa fille chérie.
- Maellyn (oui, cette petite est ma chouchoute).
Bien entendu, je prends encore les câlins pour Judy cette semaine (je ne pense pas qu'elle ait passé une aussi bonne journée que Sirius et Maellyn), et je veux bien entendre ce que vous évoque l'association Maelyn et Quidditch (principalement pour le pauvre cœur de Sirius xD).
La prochaine mise à jour sera (à nouveau) pour Black Sunset : Dark Matter dans deux semaines, donc on se dit à dans un mois ici !
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
A dans un mois.
Orlane.
Mis en ligne le 07/04/2018
