Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.

RAR :

Mh : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Tous tes compliments m'ont fait super plaisir ! Judy peut témoigner, Maellyn est tellement casse cou que c'est à se demander si elle a un instinct de préservation ^^ Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Lupa : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que tu ais aimé le dernier chapitre;) Judy a toujours eu pour plan de réunir Maellyn et Sirius, quoique ça puisse lui coûter (elle a son petit sens de loyauté à elle). Qui sait pour Blacker ? (Moi, mais je ne dirais rien ^^). Je te laisse avec la suite ! Encore merci pour ta super fidélité !


Merci à Maxine3482, mimi70, Sundae Vanille, mh, AndouilleEtSushi, Niris, Jibootyy et Lyrumbra pour leur review. Vous ne pouvez pas savoir à quel point vos petits mots me motivent pour affronter le Terrible et Très Méchant Chapitre 31 de BS !


Bonjour à toutes et à tous !

Waht's up ?

Bon, les vacances sont terminées de mon côté (même s'il faut s'avouer que cette succession de faux départs avec les jours fériés sont dramatiques pour l'engagement de mes élèves et le mien).

Je n'ai absolument pas avancer sur BS (j'ai été occupée, certes, mais chaque phrase me donne l'impression de remporter une victoire. Ma muse est officiellement fâchée!).

Quoi d'autre ? Je me remets difficilement du dernier Marvel (oui, un de mes pêchés mignons, because Tony et because les batailles... et bon, Infinity War a été difficile) et Downtown Abbey (All praises to Maggie Smith) a bien failli m'achever cette semaine pour la deuxième fois en deux saisons !

Autant vous dire que ça stimule pas tellement ma muse, ce désespoir latent (j'exagère à peine).

A part ma vie pas si intéressante, nouveau chapitre ! Vous vous en doutez (ceux qui viennent de BS du reste) la douceur et la mignonnerie sont en général de courte durée. Cela étant, j'aime beaucoup ce chapitre, et j'espère qu'il vous plaira !


Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


There will be time...

Chapter Four.

« And our paper houses reach the stars
'Til we break and scatter worlds apart
I don't wanna lose your touch
I don't wanna hurt this much
I can feel you slipping away

Yeah, I paid the price and own the scars
Why do we climb and fall so far? »

(Paper Houses, Niall Horan)


Sirius se réveilla reposé, ce qui était au moins aussi rare qu'une nuit sans cauchemar. Les deux étaient strictement liés – une fois réveillé par les horreurs de la guerre, il se retrouvait incapable de se rendormir de peur de recroiser ses démons dans son sommeil et il n'était pas rare qu'il ère dans les rues de Londres sous sa forme Animagus–.

Il avait cru que revoir Judy raviverait les cauchemars – Merlin, il en faisait beaucoup trop dans lesquels elle avait le rôle principal – mais Maellyn avait changé la donne. La journée d'hier lui semblait encore irréelle. Il avait pu passer du temps avec elle, commencer à la connaître et se convaincre que tout cela était vraiment en train de lui arriver.

Il était presque certain que sa vie avait arrêté ce long déraillement absurde et qu'il reprenait définitivement la main sur le destin.

Merlin, ça faisait un bien fou.

Il se décida enfin à se lever. Il aurait aimé passer une nouvelle journée avec Maellyn, mais il ne voulait pas donner l'impression qu'il avait l'intention de la séparer de Judy.

Il pouvait se tromper, mais il était presque certain que Judy avait passé la journée de la veille au fond de son lit. Il aurait aimé se dire parfaitement satisfait de la savoir misérable – il avait perdu quatre ans, elle pouvait perdre une journée ! – mais il savait très bien que ce n'était pas vraiment vrai.

Sûrement commençait-il déjà à accepter les explications de Judy et la seule chose qui ressortait de cette putain d'histoire était que leurs bonnes étoiles respectives n'étaient bonnes à rien.

Il prit une rapide douche et rejoignit le rez-de-chaussée, le pas léger et un sourire aux lèvres. Il avait toute la matinée devant lui, et il ferait peut-être un aller retour à Godric's Hollow pour satisfaire la curiosité de James – dont il avait ignoré les tentatives de le joindre via leur miroir, juste parce qu'il estimait que son frère aurait pu commencer par l'existence de Maellyn, deux jours plus tôt –.

Il n'avait pas encore mis la cafetière en marche que la voix de Regulus brisa le silence serein de sa maison.

- Sirius ?

Il soupira. Il aurait dû se douter qu'il recevrait une visite matinale. Regulus voulait sans doute avoir l'exclusivité de l'histoire.

- Cuisine.

Il s'attendait à le voir curieux, mais résolument décidé à ne pas le montrer.

Regulus semblait contrarié.

Ce qui signifiait qu'il était sans doute en colère.

Contre lui.

Il était beaucoup trop tôt pour qu'il se prenne un savon – et il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait pu faire – et écouter un rappel de l'importance de ses actions quant à la réputation des Black – puisqu'il n'avait toujours pas compris qu'il n'en avait strictement rien à foutre, de la réputation des Black, et encore moins de la sienne–.

- Comment as-tu pu te montrer aussi stupide !

- Pardon ?

Regulus lança l'exemplaire de La Gazette du Sorcier sur la table de sa cuisine et Sirius eut soudainement envie de vomir.

LA FAMILLE BLACK A UNE HERITIERE !

Le Chemin de Traverse a été le théâtre d'une étrange révélation dans la journée d'hier. Sirius Black, héros de la guerre contre Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et héritier de la famille Black, a été vu en compagnie d'une petite fille d'environ quatre ans qu'il clame être sa fille.

Qu'une telle nouvelle soit restée si longtemps un secret n'est pas surprenant compte tenu de la politique des frères Black concernant leur vie publique, mais une annonce aussi inadéquate n'est pas dans leur habitude et suscite de nombreuses questions, à commencer par l'identité de la mère de cette fillette.

Il ne continua pas l'article, et ne fut pas surpris de trouver le nom de Rita Skeeter à la fin. Il y avait une photo de Maellyn et lui, sûrement prise au moment où ils quittaient le Chemin de Traverse, et Sirius se maudit de n'avoir rien remarqué.

Il se maudit de ne pas avoir penser à cette possibilité !

- Putain de bordel de merde, grogna-t-il, sa main rejoignant son front pour éloigner la panique.

Ce n'était pas bon du tout et Skeeter n'était pas prête de lâcher l'affaire.

- Exactement, répliqua Regulus. Je ne vais pas entrer dans les détails concernant la réponse du Magenmagot ou de celle des familles des Vingt-Huit Consacrées, puisque je sais que tu t'en fiches, mais je vais toutefois te rappeler que Narcissa et Androméda vont certainement vouloir te tuer. Apprendre l'existence d'une cousine dans les journaux est un manque de tact qu'elles vont te faire amèrement regretter. Sans oublier...

Il fut interrompu dans sa diatribe par des coups sur la porte.

- Papa !

Sirius écarta Regulus de son chemin – manqua de le pousser contre le mur pour être exact – et se précipita vers l'entrée.

Maellyn se jeta dans ses bras dès qu'il ouvrit la porteet il la serra contre lui, soulagée de la trouver en bonne santé, avant que son regard ne se pose sur Judy. Elle se tenait à bonne distance de la maison, ses yeux plissés comme si elle espérait deviner l'endroit où se trouvait Maellyn. Il ne comprit pas pourquoi elle avait un large sac sur une épaule et une valise à la main.

Il enfila une paire de chaussures, Maellyn toujours dans ses bras, et la rejoignit sur le trottoir, sachant pertinemment que le contraire était impossible.

La colère anima les traits de Judy dès qu'elle posa les yeux sur lui.

- Putain Black ! Tu peux m'expliquer pourquoi j'ai été obligée de balancer mon poing dans la face de cette pouffiasse de journaliste ?! cria-t-elle, brandissant son poing gauche.

Ses phalanges étaient en sang et elle avait peut-être même quelque chose de cassé. La surprise lui vola quelques secondes, avant de le laisser répondre.

- Tu as balancé ton poing dans la figure de Rita Skeeter ?

Il aurait dû être indigné par un tel geste de violence, mais il se savait profondément admiratif – bien qu'un peu jaloux – parce qu'il avait toujours voulu faire ça !

Sauf que Regulus l'aurait sans doute tué après un coup pareil.

Ce fut à son tour d'être surprise.

Elle releva le menton et le fantôme de son sourire tordu étira ses lèvres.

- Je n'ai pas eu le temps de lui demander son nom.

- Blonde, une paire de lunette qui devrait être illégale et une tendance à être vêtue dans des couleurs bien trop vives ?

Elle eut un rictus mauvais.

- C'est bien elle. Elle a désormais un nez cassé et deux dents en moins en plus de tout ça.

Cinq ans plus tôt, il l'aurait embrassée jusqu'à ce que leurs poumons ne brûlent pour un truc pareil. Il réalisa avec un temps de retard que cette seule pensée était bien trop séduisante et l'envie de vomir revint, sans qu'il ne veuille réfléchir à une explication.

Merlin, tout était bien assez compliqué comme ça !

Il avait dû rester silencieux plus longtemps que ce qu'il pensait car Judy le dévisageait avec méfiance, son poing blessé à nouveau serré.

- J'ai cru entendre que tu avais frappé Skeeter, Adler ?

Regulus mit fin à leur silence tendu. Judy lui dédia un regard pointu.

- Problème ?

- Possible, mais ça en vaudra le coup. Même si elle va encore essayer de se venger. Rien de nouveau à gérer. On va peut-être continuer cette discussion à l'intérieur, au cas où elle soit déjà dans les parages.

Regulus fit preuve de sa bonne éducation en voulant soulager Judy de ses bagages.

- Je peux m'en charger !

- Sirius doit t'autoriser à passer les protections magiques. Autant que je rentre tout ça.

Elle céda, non sans le remercier d'un regard noir, et Sirius déposa Maellyn au sol.

- Tu veux bien aller avec Regulus ? On arrive.

Elle hésita.

- Je suis sûr que si tu insistes, il va te faire des pancakes !

Un sourire tordu lui répondit et elle s'éloigna en direction de la maison.

Il se retrouva seul avec Judy et dut rassembler son courage de Gryffondor avant de croiser son regard. Elle avait serré ses bras sur sa poitrine, maintenait son menton redressé et s'était retranchée derrière un masque neutre.

- Ton frère sait cuisiner ?

- Absolument pas. Mais il préférerait mourir plutôt que de l'avouer à son unique nièce.

L'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres.

- Je suppose que ta maison est aussi protégée que celle des Potter ?

- Un peu plus même.

Les Potter étaient relativement tranquilles depuis la fin de la guerre. Sirius ne pouvait pas en dire autant et il regrettait presque l'époque où des Mangemorts essayaient de rentrer chez lui. Au moins, il pouvait répliquer avec des maléfices... Regulus lui avait assuré qu'il ne pourrait rien pour lui s'il se risquait à cela avec des journalistes.

Judy fixait l'endroit où Maellyn avait disparu avec de la peur dans le regard, et il comprit que sa méfiance n'avait plus rien à voir avec celle qu'il avait surpris une minute plus tôt.

- Un problème, Adler ? souffla-t-il.

Elle ferma les yeux.

- Non. Je n'ai juste pas trop envie d'avoir une lame chauffée au fer blanc entre les deux yeux.

Il ne comprit pas et cela dut se voir sur son visage.

- Le sortilège de bannissement du MACUSA...

- Oh... Désolé.

Elle balaya son excuse d'un signe de la main et fit un pas vers lui.

- Autant en finir au plus vite. Tu risques de devoir t'occuper de Maellyn pour le reste de la journée.

- Pas un problème.

Sa réponse sembla la rassurer. Sirius sortit sa baguette et se piqua à nouveau l'index. Il voulut faire de même à Judy mais elle gratta une des égratignures sur sa main gauche et versa une goutte de sang dans sa paume ouverte.

- Je ne pense pas que ça changera grand chose, mais on ne sait jamais...

Sirius comprit qu'il n'allait pas aimer ce qui allait suivre.

Il murmura la formule en latin du bout des lèvres. Le même vent qui était apparu avec Maellyn se leva, se glissant dans les cheveux de Judy. Il y eut un brève instant de flottement entre le moment où le sortilège prenait effet et celui où la douleur explosa dans le regard de Judy. Son teint devint verdâtre, un gémissement plaintif lui échappa, et Sirius eut tout juste le temps de tendre les bras pour la rattraper, ses jambes désormais trop faibles pour la soutenir.

Il rangea sa baguette dans la poche arrière de son jean, passa un bras autour de sa taille et l'autre à travers ses épaules.

- Judy ? Toujours avec moi ?

Un frisson secoua son corps, si fort qu'il se demanda si elle n'allait pas se mettre à convulser.

- Judy ?

- Si je bouge, je vais vomir, dit-elle finalement, sa voix étranglée à peine plus forte qu'un murmure, et chargée de douleur.

- Une chance pour que ça passe et que je puisse te porter à l'intérieur ?

Elle resta silencieuse, son corps désormais crispé et sa respiration hachée, comme si chaque bouffée d'air était le fruit d'une lutte intense.

- Intérieur.

- Ok.

Il l'aida à passer ses bras autour de sa nuque puis se pencha pour l'attraper derrière les genoux, essayant de bouger avec le plus de douceur possible, essayant d'ignorer que c'était Judy Adler dans ses bras, et essayant de ne pas penser à la haine dévorante qu'il avait, là tout de suite, envers le MACUSA.

Regulus avait intérêt à trouver un moyen pour sortir Judy de cette torture.

Il réussit à gagner la maison sans qu'elle ne vomisse, et préféra la porter à l'étage. Maellyn était dans la cuisine – d'où s'échappait des bruits de métal, signe que Regulus avait cédé – et il valait peut-être mieux qu'elle ne voit pas Judy dans cet état.

- On monte, d'accord ?

Seule une faible pression derrière sa nuque lui servit de réponse.

Rejoindre l'étage faillit être un peu trop ambitieux de sa part – ses occasionnels footings ne l'avaient pas préparé à un tel exercice – et il se remercia d'avoir laissé la porte de chambre ouverte. Il réussit à déposer Judy sur le matelas avec douceur.

Elle resta un long moment immobile, ses paupières serrées, sa mâchoire verrouillée, et son corps parcouru de spasmes, puis se recroquevilla en position foetale avec un nouveau gémissement.

Il précéda les larmes de quelques secondes.

Sirius resta paralysé.

Il se sentait impuissant face à la douleur qui semblait détruire Judy de l'intérieur. Elle continuait à trembler, ses yeux dansant follement sous ses paupières, une pellicule de sueur à la base de ses cheveux, son teint cireux...

Et il ne pouvait ignorer que c'était sans doute la première fois qu'il la voyait pleurer.

Il prit une profonde inspiration, décidé à ne pas la laisser tomber alors qu'elle était au plus mal à cause de MACUSA – Merlin, ils allaient se souvenir du nom des Black – et en partie à cause de lui – elle n'en serait pas là s'il n'avait pas attisé la curiosité de Rita Skeeter –.

Il s'accroupit à côté du lit et posa une main sur son épaule avec douceur.

- Je peux faire quelque chose ?

Elle entrouvrit les yeux. Son regard était vitreux et manquait de cohérence. La douleur devait être trop forte pour qu'elle puisse se concentrer sur autre chose.

- Je reviens, souffla-t-il.

Il gagna la salle de bain et mouilla deux gants de toilettes à l'eau froide, avant de lancer un sortilège pour les glacer davantage.

Judy n'avait pas bougé – elle en était sûrement incapable – mais sa respiration était redevenue hachée et Sirius voyait la veine de son cou battre follement.

Il déposa un gant sur le front de Judy, l'autre sur sa gorge. Lily avait plusieurs fois utilisé cette technique pour calmer ses crises d'angoisse. Le froid était si soudain qu'il prenait le dessus sur le reste.

Judy eut un gémissement plus prononcé encore, comme si elle était à l'agonie, ce qui y ressemblait beaucoup, puis ouvrit les yeux, à nouveau alerte.

- Judy, je peux faire quelque chose ?

- Cachets... Sac...

Il serra son épaule et redescendit les escaliers quatre à quatre. Le rire de Maellyn remplissait le rez-de-chaussée, contrastant avec ce qui se passait à l'étage, et l'odeur âcre de quelque chose qui aurait brûlé lui fit deviner pourquoi.

Le sac de Judy était dans l'entrée. Il ouvrit la fermeture brusquement.

- Accio cachets !

Plusieurs boîtes lui sautèrent dans la main et il relança le sortilège pour être certain de n'en avoir oublié aucun, avant de remonter aussitôt.

- J'ai les cachets. Lesquels ?

Il dut répéter la question plusieurs fois avant d'avoir une réponse.

- Bl...eu un. R...oug...e de... deux... V...

- Vert, oui.

- Un...

Il y avait un autocollant de couleur sur chacun des tubes. Sirius prit le nombre de cachets dont il avait besoin et retourna dans la salle de bain pour aller chercher de l'eau. Il se souvenait d'avoir dû prendre ce genre de médicaments moldus, et les infirmières s'étaient moquées de lui parce qu'il n'arrivait pas à les avaler. Vu l'état dans lequel se trouvait Judy, il était peu probable qu'elle arrive à s'en sortir. Il les écrasa du mieux qu'il put, mélangea la poudre à un peu d'eau dans le fond d'un verre.

Il se mit à genoux sur le lit, glissa un bras sous sa taille et la redressa, avant de la plaquer contre son torse et de s'asseoir, le dos contre la tête du lit. Il l'immobilisa d'un bras passé en travers de ses épaules et porta le verre à ses lèvres de l'autre.

Elle avala les médicaments en deux gorgées, même si une partie du liquide blanchâtre coula le long de son menton. Sirius utilisa l'un des gants de toilette pour l'essuyer, puis raffermit sa prise.

- Ça va aller, Jud', souffla-t-il à son oreille.

Elle ne répondit pas, et rien dans son expression ne lui indiqua qu'elle l'avait entendu. Ses traits étaient tirés, son teint toujours aussi pâle et elle serrait sans doute trop fort les dents.

Les larmes avaient laissé un sillon sur ses joues et il les essuya avec le pouce de sa main libre, essayant d'ignorer le velours de sa peau.

Ce n'était pas le moment pour commencer, et il avait assez à digérer depuis deux jours.

Peut-être qu'elle n'apprécierait pas qu'il l'ait prise dans ses bras, même si c'était seulement pour réussir à lui faire avaler ses cachets, et elle aurait sûrement raison... Il devrait sans doute la laisser maintenant que la situation semblait sous contrôle... Sauf qu'elle tremblait toujours autant, que ses yeux continuaient à danser sous ses paupières et que les cachets étaient loin de faire effet.

Au moins en souvenir de ce qu'ils avaient été, une éternité plus tôt, il ne la laisserait pas toute seule tant qu'il ne serait pas convaincu que la douleur s'était éloignée.

Des bruits de pas dans les escaliers le ramenèrent à la réalité et Regulus apparut dans l'encadrement de la porte. Son regard se posa sur Judy, sur lui, puis sur les cachets au sol. Son expression se figea et il plissa les yeux.

- Elle n'était pas bien quand les Potter l'ont autorisée à passer leurs protections, mais je ne pensais pas que ça pouvait être pire.

- Rien que le Sauveur du monde sorcier ne puisse arranger ?

- Peut-être... Je vais voir ce que je peux faire. Après tout, l'héritière des Black ne peut pas être tenue à l'écart du monde sorcier... Je vais demander à Remus de venir la surveiller pendant que tu termines de gérer sa crise.

- Merci, Reggie.

Son frère leva les yeux au ciel et disparut dans le couloir.

Les tremblements finirent par s'espacer et la respiration de Judy s'apaisa au point de devenir profonde et régulière. Quand son corps se relâcha complètement, vaincu par la médecine moldue, Sirius se décida à la libérer. Elle avait besoin de se reposer après un truc pareil.

Il s'extirpa aussi doucement que possible et l'installa confortablement. Il lui retira sa veste et ses chaussures, rabattit les couvertures, ferma les rideaux, mais laissa la porte entrouverte, juste au cas où.

Au rez-de-chaussée, l'odeur de brûlé avait été remplacée par celle du beurre fondu et il sentit son ventre se réveiller – il n'avait pas eu le temps d'avaler quoique ce soit –.

Il n'était pas sûr de pouvoir avaler quoique ce soit.

Maellyn était attablée devant une pile respectable de pancakes, Remus continuait à en cuire sur la cuisinière. Lunard haussa un sourcil en le voyant entrer, auquel il répondit par un demi-sourire.

Judy allait sans doute mieux qu'une demi-heure plus tôt, mais elle n'aurait pas dû passer par ça pour commencer.

Il s'installa à côté de sa fille, attrapant un pancake encore chaud, plus pour s'occuper les mains que parce qu'il avait faim. Maellyn le dévisagea.

- Maman est où ?

Il esquissa un sourire rassurant.

- Elle dort, chaton.

Elle serra les lèvres, le pli entre ses yeux revint, plus marqué que les autres fois où il l'avait vu.

- C'est à cause de la magie, pas vrai ?

- Oui.

- J'aime pas la magie quand elle fait mal à maman.

- Moi non plus, Maellyn, confia-t-il avant de l'embrasser sur le front. Alors, tonton Reggie a mis le feu à la cuisine ?

En voyant le sourire tordu sur les lèvres de sa fille, il se sentit un peu mieux.

- Oui ! Il est encore plus nul en cuisine que Cornedrue !

Son cerveau flottait dans une espèce de brouillard opaque, l'empêchant de former des pensées cohérentes, et encore moins de se réveiller complètement. Elle était réduite aux rares sensations qu'elle arrivait à décoder : celle des draps sur sa peau, la chaleur dans laquelle elle était engluée, l'odeur réconfortante qui l'encerclait et l'absence totale de douleur, nulle part.

Elle oscilla entre un semblant de conscience et les abysses du sommeil pendant une éternité et bascula complètement en sentant le matelas s'affaisser.

Un petit corps vint se glisser contre elle. L'odeur autour d'elle changea légèrement. Un soupir de contentement lui échappa en reconnaissant celle de Maellyn, et elle se força à ouvrir les yeux. Il faisait sombre, ce qui était une bonne chose, et seuls quelques rayons réussissaient à passer l'épaisseur des rideaux. Elle n'eut pas besoin d'en voir beaucoup plus pour comprendre qu'elle se trouvait dans la chambre de Sirius.

Son cœur accéléra et elle referma les yeux une folle seconde. Elle n'était pas en état de penser à tout ça – et la liste de choses cachée derrière le ça était de plus en plus terrifiante –, aussi se contenta-t-elle de passer un bras autour des épaules de sa fille et de l'attirer un peu plus contre elle, ses lèvres effleurant son front. Sa respiration était profonde, ce qui lui apprit qu'elle dormait déjà.

Elle se décida à l'imiter dans un nouveau soupir. Elle devait laisser les médicaments effacer les derniers vestiges de sa réaction magique. Elle se sentirait mieux quand les drogues ne seraient plus dans son système.

Elle se réveilla vraiment beaucoup plus tard. L'obscurité de la pièce lui apprit que le soleil devait être couché et elle se redressa à contre cœur. Elle avait passé la journée allongée, mais elle se sentait plus fatiguée que si elle avait fait une nuit blanche. Le sortilège du MACUSA drainait ses forces en même temps que sa magie. En temps normal, il n'y avait pas beaucoup de magie en elle et elle pouvait continuer à vivre normalement. Bien entendu, depuis son retour à Londres, elle avait été en contact avec plus de magie en deux semaines qu'en quatre ans, et ce n'était pas étonnant que sa crise ait pris des proportions aussi extraordinaires.

Un frisson parcourut son échine. Les médicaments rendaient ses souvenirs flous – elle se souvenait que Sirius l'avait portée dans sa chambre et que quelqu'un avait posé un morceau de glace sur son front et son cou, mais le reste lui échappait – et elle n'avait qu'une vague idée de l'intensité de la douleur qui avait déchiré bien plus que sa tête cette fois, mais la terreur était tapie dans chaque fibre de son corps.

Elle avait cru mourir.

Sûrement souhaité mourir pour que cesse la douleur.

Elle passa deux mains encore tremblantes sur son visage et se décida à se lever. Il lui fallut plusieurs longues minutes pour réussir à s'extirper des draps, son corps aussi malhabile que si elle sortait d'une mauvaise grippe, les courbatures et un vague mal de tête en prime. En passant la porte de la chambre de Sirius, elle s'obligea à ignorer tous les souvenirs qui menaçaient de la mettre à genoux. Elle avait bien cru ne jamais revenir ici. Elle en avait rêvé, désespérément, depuis sa sortie de prison, mais elle connaissait suffisamment Sirius pour savoir que ça ne serait pas aussi simple, parce que ça n'avait jamais été simple entre eux, et qu'elle revenait en Angleterre avec leur fille.

Le rire de Maellyn, provenant du rez-de-chaussée, lui tira un sourire et elle repoussa les larmes dans un coin de son cœur.

Elle aurait toujours leur fille, et elle avait appris à s'en contenter.

Elle descendit les escaliers prudemment, une main sur la rambarde et l'autre sur le mur, effleurant du regard les nombreuses photos, majoritairement les Potter, mais aussi les Black à en juger par l'air de famille évident.

Maellyn et Sirius étaient installés sur la table ronde dans le salon. Retrouver la pièce où elle avait passé quelques uns des meilleurs moments de sa vie lui donna l'impression d'avoir avalé du verre pilé et elle s'obligea à reporter son attention sur sa fille. Elle avait une immense pizza devant elle et Sirius ne s'était pas donné la peine de sortir des assiettes ou des couverts.

Manger avec les doigts semblait particulièrement la ravir.

- Tu as une tête affreuse, Adler, souffla Sirius, remarquant enfin sa présence dans l'entrée.

- Et tu sais toujours aussi bien parler aux femmes, Black.

Ses lèvres esquissèrent un sourire sincère l'espace d'un battement de paupière, puis le soulagement adoucit ses traits et son regard. Si la douleur était un bon indicateur, il n'était pas exclu que sa réaction à la magie l'ait effrayé.

- Tu vas mieux, maman ?

- Beaucoup mieux, chaton.

C'était déjà un miracle que sa fille n'ait pas abandonné son repas pour se jeter dans ses bras – ça, ou alors Sirius avait fait des progrès finalement et elle ressemblait à une morte-vivante – et elle s'installa sur ses genoux dès qu'elle fut assise. Judy ferma les yeux un moment, son visage enfoui dans les cheveux de sa fille, essayant d'oublier les dernières heures.

Quand elle releva la tête, elle surprit le regard attentif de Sirius.

Il ne détourna pas les yeux.

- Tu as faim ?

La perspective d'avaler une part de pizza secoua son estomac. Si elle se risquait à plus qu'un verre d'eau, elle allait être malade.

Encore.

- Je ne serais pas contre un thé.

Il haussa un sourcil.

- Je pense que tu n'es pas encore revenue à ton état normal. Tu devrais remonter t'allonger.

Elle eut un bref éclat de rire.

- Le MACUSA est capable de rendre le Royaume-Uni terriblement séduisant...

Une ombre passa sur le visage de Sirius, assortie à un regard plus sombre.

Oh.

Sa réaction à la magie l'avait effrayé et mit en colère.

Bien.

Le MACUSA ne méritait rien de plus que d'affronter la fureur des Black, et si elle avait bien compris l'étendue de leur rôle dans la guerre contre Voldemort, le gouvernement magique américain risquait de passer de très mauvais moments.

Finalement, il se leva pour lui préparer du thé et elle écouta Maellyn lui raconter sa journée entre deux bouchées d'une pizza qu'elle fut bien incapable de terminer.

Elle avisa l'heure tardive sur la pendule au-dessus de la cheminée et sentit le découragement s'abattre sur elle. Elle n'avait pas la moindre envie de partir – protections magiques ou pas – et elle devrait encore trouver un hôtel pour la nuit.

- J'ai toujours une chambre d'ami, dit Sirius en déposant une tasse fumante devant elle.

La fatigue devait faire d'elle un livre ouvert ce soir.

- Je...

Il haussa un sourcil à nouveau.

- Ce n'était pas vraiment une question. Maellyn m'a aidé à la ranger pendant que tu dormais...

Elle baissa les yeux vers Maellyn, toujours nichée contre elle, surprise que sa fille ait passé un tel détail sous silence.

- Papa m'a dit que c'était ta chambre avant.

Sirius ne fit aucun effort pour dissimuler son air moqueur et elle sentit un sourire étirer ses lèvres avant qu'elle ne puisse décider s'il s'agissait d'une bonne idée.

- Ton père est un menteur. C'était surtout sa chambre quand il était plus petit. Tout ce rouge et or...

Maellyn éclata de rire et elle se sentit définitivement un peu mieux.

Ne vous emballez pas trop vite, parce que certes, les choses avancent, mais on parle de Sirius Black et de Judy Adler, la paire de crétins ultimes la mieux assortie de tout Londres...

J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :

- Judy qui manque de mettre K.O. Rita Skeeter (avouez, qui n'en a pas rêvé à un moment?)

- Le MACUSA, cette belle bande de connards (oui, je ne les aime pas. Je veux dire : Jacob quoi!)

- Blacker.

Bien entendu, je prends encore les câlins pour Judy cette semaine (non, je ne m'acharne pas sur elle, elle est poissarde, c'est pas de ma faute !), et je veux bien entendre votre prognostique sur le nombre de mois (je suis généreuse) dont va avoir besoin Regulus pour mettre le MACUSA à genoux.

La prochaine mise à jour sera (à nouveau) pour Black Sunset : Dark Matter dans deux semaines, donc on se dit à dans un mois ici !

La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.

A dans un mois.

Orlane.

Mis en ligne le 05/05/2018