Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.
Attention : Rated T pour le langage.
RAR :
Guest : Hey ! Merci pour ta review ! Poufsouffle ? C'est loin d'être le favori des bookmakers, mais après tout, elle ne serait pas la première Black là-bas;)
Mh : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je vois que tu ne doutes pas une seule seconde du pouvoir de persuasion de Narcissa ! Maellyn est du genre têtue, va falloir qu'elle se surpasse ! Judy et Sirius risquent de regretter leur promesse si Narcissa parvient à ses fins:) Suis-je dure avec Alya ou n'est-ce pas une chance pour elle de pouvoir échapper à Poudlard ? Je veux dire, être la fille de Bellatrix et Rodolphus, c'est loin d'être un cadeau dans le genre. Je te laisse réfléchir pour Maellyn;) Bonne lecture !
Juliette : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! C'est un happy ending, promis ! (mais il se mérite!). J'ai hésité à introduire Alya, mais je me suis dit que c'était l'occasion (parce que je l'aime bien cette petite en plus !). Je suis contente que ça se complète bien avec BS. Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Merci à AlouetteL, Maxine3482, Guest, Constancelcd, Sundae Vanille, mh, AndouilleEtSushi, Juliette, MAHA1959, Nymueh et Lyrumbra, pour leur review. Ca me réchauffe toujours le cœur de savoir que cette histoire continue à vous plaire !
Bonjour à toutes et à tous !
What's up ?
De mon côté, le bac touche à sa fin (les surveillances sont passées, les copies sont corrigées – ouais, je suis rapide – et il ne reste plus que 2 étapes !) mais je prépare déjà la rentrée (ce sont les vacances sauce prof ^^) ce qui n'est pas du meilleur effet sur ma production.
J'avance gentiment sur 32 de BS, et j'ai bon espoir de le boucler avant de m'envoler pour l'Ecosse...
Parlant de cela, je vais essayé de vous épargner mon éternelle trêve estivale, mais je ne vous promets pas d'être aussi régulière que d'habitude, que ce soit ici ou sur BS, qu'on se le dise !
A part tout ça, nouveau chapitre, que j'aime plutôt beaucoup (ça fait deux fois que je pense que c'est celui-ci que je poste, mais non ^^). Ceux qui me connaissent doivent s'en douter, le drama est de retour, mais c'est promis, pas que !
Je vous souhaite une bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
There will be time...
Chapter Six.
I had all and then most of you, some and now none of you
Take me back to the night we met
I don't know what I'm supposed to do, haunted by the ghost of you
Take me back to the night we met
The Night We Met – Lord Huron.
Une plainte rauque la tira de son sommeil dans un sursaut et Judy se pencha au-dessus de Maellyn pour vérifier que tout allait bien.
Sa fille occupait les trois-quarts du lit à elle toute seule, puisqu'elle s'était encore mise de travers en bougeant dans son sommeil. Elle était toutefois profondément endormie. Judy retira son chien en peluche coincée sous sa nuque pour qu'elle soit un peu plus confortable et embrassa son front avant de se rallonger.
Cela faisait maintenant une semaine qu'elle était de retour dans la maison de Sirius, et elle ne s'étonnait plus quand elle se réveillait dans la chambre d'ami aux couleurs de Gryffondor. Il y avait un peu moins de bric-à-brac sur les étagères que dans ses souvenirs, mais le reste n'avait pas changé. Maellyn avait trouvé avec ravissement la collection de Comics de son père et s'était découverte une passion pour Wonder Woman. Puisque Sirius n'avait pas de télévision pour occuper les journées pluvieuses de Londres, il n'avait d'autre choix que de lui lire les histoires incroyables des super héros de son enfance.
Maellyn avait désormais hâte d'être assez grande pour commencer la boxe et apprendre à se battre comme une Amazone.
Sirius était beaucoup moins enthousiaste à cette idée.
Un sourire étira ses lèvres – Maellyn et Sirius continuaient à apprendre à se connaître, même s'ils n'avaient pas eu besoin de plus de quelques jours pour donner l'impression d'être inséparables depuis le début – et elle referma les yeux, prête à se laisser emporter à nouveau dans le royaume des songes.
Une seconde plainte s'éleva alors, étouffée par les murs, mais pas encore assez pour lui échapper. La prison lui avait appris à dormir avec un œil ouvert et son ouï devenait comme décuplée une fois la nuit tombée.
Sirius.
Elle se redressa aussitôt, avant de se figer au moment de poser les pieds au sol. Tout avait changé entre eux. Rien ne lui permettait de deviner sa réaction si elle le réveillait au beau milieu de la nuit.
Elle se souvenait encore des cauchemars qu'il faisait pendant la guerre, quand les morts et l'horreur revenaient le hanter au moment où il était le plus vulnérable. Elle avait perdu le compte du nombre de fois où elle l'avait réveillé pour l'arracher à ses démons, ou du nombre de fois où elle avait essayé de lui arracher des confidences, juste parce qu'elle voulait l'aider à porter le poids des souvenirs...
Elle ne savait pas si c'était par fierté, ou s'il avait voulu la protéger de la barbarie qu'il affrontait, mais il avait rarement parlé.
Ces nuits-là se terminaient en général avec leurs deux corps enlacés, parce que c'était la seule façon de ramener un peu de lumière dans ses yeux gris, et de lui permettre de se rendormir sans craindre d'être rattrapé par les cauchemars.
Un frisson remonta le long de sa colonne et elle ferma les yeux pour éloigner les souvenirs. La semaine écoulée lui avait appris à ne pas ressasser le passé si elle comptait retourner aux Etats-Unis en un seul morceau.
Ou du reste, pas plus abîmée qu'à son arrivée en Angleterre.
Une autre plainte la tira de ses pensées, la décidant à faire quelque chose, au moins en souvenir de ce qu'ils avaient été, cinq ans plus tôt.
Elle referma soigneusement la porte de sa chambre pour ne pas réveiller Maellyn – le sommeil de sa fille était en général de plomb, mais ce n'était pas une raison – et se faufila dans la chambre de Sirius.
Elle le trouva emmêlé dans ses draps, le visage baigné de sueur, ses yeux dansant follement sous ses paupières, et les poings serrés, comme s'il s'apprêtait à balancer un poing au visage de ses fantômes.
Une phrase à moitié articulée passa ses lèvres serrées, et elle ne reconnut qu'un seul mot du charabia.
Peter.
Oh.
Elle n'avait pas demandé à son retour. Elle se souvenait des soupçons de Sirius avant qu'il ne lui demande de repartir aux Etats-Unis, le temps que les choses se tassent avec les Potter et Voldemort... Si Peter avait disparu et que Remus était toujours présent, c'était sans doute parce que l'espion n'était pas le loup-garou finalement.
Avec un soupir, elle s'assit sur le bord du lit et commença à le secouer par l'épaule avec force.
Elle n'était plus en mesure d'utiliser la méthode douce.
- Sirius ! Sirius, réveille-toi... Sirius !
Il ne tenta pas de se libérer de sa prise, mais il ne lui donna pas non plus l'impression de vouloir ouvrir les yeux.
Son regard tomba sur le verre d'eau posé sur sa table basse, et elle fut presque tenté d'en venir à une méthode nettement moins agréable pour lui...
Même si elle n'était pas certaine que cela soit suffisant. Le cauchemar était de toute évidence très prenant, ce qui devait être accentué par le fait que Sirius avait toujours eu le sommeil très lourd.
- Sirius, réveille-toi...
Son expression changea soudainement, devenant beaucoup plus torturée, comme s'il venait d'entrer dans une nouvelle nuance d'horreur.
- Judy...
Elle aurait préféré qu'il la frappe au visage avec un de ses poings, ça aurait sans doute été moins douloureux.
L'air se bloqua dans ses poumons. Elle serra les dents, accentuant sa pression sur son épaule pour le tirer de son sommeil, sans parvenir à rien, essayant de ne pas laisser gagner les larmes, avant qu'un éclair de lucidité ne fasse remonter ce qu'elle avait appris en prison.
Son pouce se glissa sous le trapèze, juste au-dessus de la clavicule, et elle appuya avec force.
L'effet fut immédiat. Sirius se redressa avec un cri de douleur et elle le relâcha aussitôt avant de se relever.
Elle glissa un regard vers la porte, la fuite était une solution particulièrement séduisante. Sirius mettrait une poignée de secondes pour retrouver ses esprits, elle avait le temps de disparaître...
- Judy ?
Trop tard.
Elle baissa les yeux vers lui, fit de son mieux pour ignorer la succession d'émotion sur son visage –surprise, douleur, colère, haine – et releva le menton dans une pâle tentative de se protéger – de quoi, elle n'était pas vraiment encore sûre –.
Sirius resta un long moment à la fixer, sa respiration irrégulière et une lueur étrange au fond des yeux.
- Tu n'es pas vraiment là, pas vrai ?
Elle se sentit blêmir malgré elle et elle recula d'un pas, la fuite encore plus irrésistible. La porte était à portée de main. Deux enjambées et elle serait dans le couloir, trois de plus et elle retrouverait le corps chaud et l'odeur rassurante de sa fille...
Elle se retrouva incapable de bouger pourtant, luttant pour respirer, les conséquences de son exil forcé revenant la heurter de plein fouet à nouveau.
Affronter la colère de Sirius chez les Potter avait été difficile, mais Dieu en soit témoin, elle avait eu le temps de s'y préparer durant toutes ces années.
Elle n'était pas certaine de pouvoir supporter le désespoir qu'elle pouvait lire sur chacun des traits de son visage.
- Je suis vraiment là, Sirius, souffla-t-elle finalement, échouant à contrôler les tremblements de sa voix. Tu faisais un cauchemars, j'ai... Tu es réveillé.
Il eut une grimace étrange, qu'elle ne lui avait vu que deux fois : quand il avait appris que son frère était mort, et quand ils s'étaient dit au revoir.
- Tu dis ça à chaque fois, et quand je me réveille, tu n'es jamais là... Je ne me souviens pas de ce que j'ai pu boire pour te voir... James ne va pas être content.
Elle se sentit tituber, comme si Sirius venait de lui asséner un K.O. avec ses mots. Elle avait envie de vomir, la culpabilité rongeant ses entrailles, même si elle n'y était pour rien. Elle n'avait jamais voulu tout ça ! Si le MACUSA n'était pas intervenu, si son père avait été plus malin, si elle était restée loin de ses trafics, si...
S'il y avait un Dieu quelque part là-haut, elle allait lui faire regretter de s'être acharné sur elle quand elle monterait au Paradis.
Sirius appuya ses paumes sur ses yeux pendant plusieurs longues secondes, refoulant les larmes comme il l'avait toujours fait, et elle sentit les siennes rouler sur ses joues.
Finalement, il releva la tête, ses yeux clairement humides malgré l'obscurité et ses mains tremblantes. Il fronça les sourcils et Judy crut vraiment qu'il était enfin réveillé, et que ce cauchemar-ci allait s'arrêter.
- Tu n'es pas comme d'habitude.
Elle croisa les bras sur sa poitrine pour se donner du courage. Ça ne servait à rien de le raisonner, et elle allait devoir rester jusqu'au bout maintenant.
- Les gens changent.
Il hocha la tête.
- Tu devrais te rendormir.
- Tu vas rester ?
- Bien sûr, souffla-t-elle, forçant un sourire sur ses lèvres.
Il bascula lentement en arrière, les yeux étrangement fixes et un air vide sur le visage. Il s'endormit avant que sa tête touche l'oreiller et Judy ne put retenir plus longtemps le sanglot qui essayait de s'échapper de sa poitrine depuis qu'il avait prononcé son prénom.
Malgré elle, elle s'approcha du lit à nouveau, repoussant les mèches noires qui barraient son visage, effaçant les larmes qui avaient réussi à lui échapper du bout de son pouce, ses doigts effleurant la barbe invisible qui avait repoussé pendant la journée.
- Je suis désolée, Sirius... Tellement désolée.
Elle faillit se laisser aller à déposer un baiser sur sa joue, mais se reprit in extremis, sachant pertinemment que c'était sans doute la pire idée qu'elle pouvait avoir cette nuit, et elle quitta la chambre d'un pas aussi vif que lui permettait ses jambes flageolantes. Elle referma la porte en douceur, se laissant glisser le long du panneau de bois, avant d'enlacer ses genoux avec ses deux bras, à la recherche d'un réconfort impossible à trouver.
Elle se concentra sur les larmes qui couraient le long de ses joues, essayant d'ignorer ce qu'il venait de se passer de l'autre côté de la porte, et échoua lamentablement.
Si James et Regulus s'étaient contentés de sous-entendus un peu brumeux, Lily avait été plus directe. Elle lui avait expliqué pour l'alcool, le centre de désintoxication, la dépression qui planait toujours au-dessus de Sirius. Ce n'était pas entièrement de sa faute – ce n'était presque pas de sa faute, elle n'avait jamais voulu de cet exil imposé par le MACUSA – parce que Sirius avait eu une enfance de merde, une adolescence compliquée et qu'il avait vu des horreurs durant la guerre, mais si elle avait été là...
Peut-être que cela n'aurait rien changé, peut-être qu'il se serait quand même écroulé après la fin de la guerre, mais elle aurait été là.
Il lui fallut un long moment pour que les larmes se tarissent. Elle se sentait complètement vidée de toute énergie, mais toujours rongée par l'amertume que ces cinq dernières années avaient laissé au fond de son cœur.
Après tout, ce n'était pas le plan. Elle aurait dû être réunie avec Sirius après la fin de cette foutue guerre et ils auraient dû élever Maellyn ensemble. Elle avait cru au début qu'il comprendrait ce qu'il lui était arrivé, sauf qu'elle avait découvert en sortant de prison à quel point le MACUSA n'avait pas voulu lui laisser la moindre chance de reprendre contact avec le monde sorcier. Toutes les personnes qui l'avaient connue pendant ses études à Salem l'avaient oubliée, elle était devenue une étrangère dans son village natale, et elle devait sans doute s'estimer heureuse que le MACUSA n'ait pas fait subir le même sort à son oncle et à son père.
Elle essuya ses joues et rejoignit la salle de bain pour passer de l'eau sur son visage. Le reflet que lui renvoya le miroir lui arracha une grimace. Pleurer semblait avoir creusé encore davantage ses traits, comme si le sortilège du MACUSA se nourrissait de son désespoir en plus de sa magie et ses yeux rougis lui semblèrent démesurés.
Elle finit par se convaincre de retourner dans sa chambre. Maellyn dormait toujours à poings fermés et elle la réinstalla de façon à pouvoir serrer son petit corps contre elle, son nez perdu dans ses boucles noires, respirant une des rares odeurs qui avait le pouvoir d'apaiser ses démons.
Sans surprise, elle ne ferma pas l'oeil du reste de la nuit et elle attendit patiemment que sa fille se réveille pour se lever, même quand elle entendit Sirius quitter sa propre chambre aux alentours de huit heures.
Maellyn finit par ouvrir les yeux. Elle la dévisagea longuement, le regard encore plein de sommeil, avant de faire la moue et d'enfouir son visage dans son cou. Judy resserra son étreinte légèrement, caressant avec douceur le dos de sa fille, attendant qu'elle se réveille tout à fait. L'expérience lui avait appris qu'il lui fallait une bonne heure avant de redevenir la petite fille malicieuse et pleine de vie, un trait qu'elle avait sans doute hérité de Burt.
- Tu as bien dormi, chaton ?
Seul un grognement lui répondit, une manie qu'elle avait toujours eu. Parfois, elle se demandait si la forme Animagus de sa fille – une aptitude qu'elle semblait bien décidée à développer si elle se fiait à toutes les questions qu'elle avait déjà posé à Sirius – serait aussi un chien, ou si c'était sa moitié Adler qui s'exprimait mieux de cette façon.
Le ventre de Maellyn gargouilla, ce qui sembla la convaincre de se redresser et Judy l'imita.
- Allez, à table, petit monstre.
Sirius était encore installé dans la cuisine, La Gazette ouverte devant lui et une tasse de café fumante dans la main.
- Ah, je commençais à me demander si je n'allais pas vous réveiller... Bien dormi ?
- Ça peut aller.
Sirius la dévisagea, les sourcils froncés, et s'il devina qu'elle mentait ouvertement, il le garda pour lui.
- Et toi chaton, bien dormi ?
Il salua le terrible regard noir de Maellyn d'un ricanement, avant de se lever pour lui préparer son chocolat chaud. Sans qu'elle n'ait besoin de demander, elle se retrouva aussi avec une tasse de café, et il lui désigna le paquet en papier tout droit venu de la boulangerie du coin.
- Merci.
Elle n'avait pas vraiment d'appétit, mais elle ne pouvait décemment pas exiger de sa fille qu'elle prenne un petit-déjeuner digne de ce nom si elle n'en faisait pas autant, et elle était presque certaine que Sirius avait décidé qu'elle était trop maigre pour son propre bien, que cela soit dû au sortilège de bannissement n'y changeait pas grand chose. Elle prit donc un pain au chocolat pour faire bonne figure.
- James nous a invités dimanche midi.
Elle releva la tête du fond de son café.
- Potter invite désormais ? Evans aurait-elle réussi à lui inculquer quelques bonnes manières ?
Un sourire en coin étira ses lèvres et son cœur rata un battement sans qu'elle n'y fasse plus vraiment attention. Elle avait eu le temps de se résigner à son futur problème d'arythmie pendant la semaine passée.
- Je pense que Lily l'a obligé à faire un effort cette fois. Les Londubat seront là également.
Elle haussa les épaules. Même si elle savait parfaitement que James lui en voudrait pendant encore longtemps, et que Lily se méfiait désormais d'elle, elle savait aussi qu'il était pour ainsi dire impossible d'obliger James et Sirius à ne pas se voir pendant plus de deux semaines consécutives.
En général, elle s'arrangeait pour faire peser le pouvoir de décision sur les épaules de Maellyn – puisque Sirius avait des difficultés à lui refuser quoique ce soit – mais il était bien trop tôt pour avoir une conversation avec sa fille.
- Je n'ai rien de prévu. Maellyn a eu l'air d'avoir passé une bonne après-midi avec Harry et le fils Londubat.
Maellyn releva la tête à son tour, cessant une seconde de réduire son croissant en charpie.
- Neville est gentil, souffla-t-elle.
- Et pas Harry ?
Elle fronça les sourcils et l'exact même pli, qu'elle avait toujours vu entre les deux yeux de son père, apparut.
- Il s'est moqué de moi.
- Il manque de tact, c'est vrai mais...
- J'aime pas quand on se moque de moi.
Le ton définitif de Maellyn sonnait comme une condamnation à perpétuité et Judy porta sa tasse à ses lèvres pour cacher le sourire moqueur qu'elle n'arrivait pas à retenir.
Sirius donnait l'impression d'avoir avalé une boisson particulièrement amère et il garda le silence pendant tout le reste du petit-déjeuner de Maellyn.
Une heure plus tard, Judy avait réussi à tresser les cheveux de sa fille en ce qui ressemblait assez vaguement à ce qu'elle avait vu dans les dernières aventures de Wonder Woman et avait même eu le temps de prendre elle-même une douche. Sa fille profita de son absence pour convaincre Sirius de l'emmener au parc à quelques rues de la maison, et Judy n'eut pas vraiment d'autre choix que de suivre.
Elle était restée seule à deux ou trois reprises déjà – quand Sirius avait emmené Maellyn à l'un de ses cours de Quidditch – et elle avait appris que ses souvenirs n'attendaient pas mieux pour revenir la hanter.
Comme tout bon parc digne de ce nom, il y avait des jeux – une espèce de château fort en bois, avec toboggan, mur d'escalade, pont de singe et tunnel – et Maellyn s'y précipita. Si la majorité de la dizaine d'enfants jouaient de la façon dont avait été pensée l'installation, il ne fallut pas longtemps à Maellyn pour avoir l'idée de remonter le toboggan à l'envers ou laisser pendre la moitié de son corps dans le vide juste parce qu'elle pouvait le faire.
A sa droite, Sirius ne semblait pas du tout apprécier les inventions de sa fille. Il se tenait trop droit, un poing serré devant sa bouche comme s'il se retenait de lui hurler d'arrêter – ce qui ne servirait qu'à l'encourager, il avait au moins compris ça – et sa jambe tressautait avec impatience.
- Relax. Même si elle tombe, elle ne va pas se tuer, dit-elle tout en sortant un livre de son sac.
- Comment tu peux garder ton sang-froid comme ça ?
Judy prit le temps d'ouvrir son livre à la bonne page avant de relever les yeux vers lui. Il avait une véritable inquiétude sur son visage, et une espèce d'incrédulité dans son regard.
Elle s'obligea à tourner la tête, sachant pertinemment que le gris de ses yeux était devenu trop dangereux pour elle.
- D'une, je ne suis pas une stupide Gryffondor. De deux, je l'ai vu faire bien pire. Et de trois, il n'y a que lorsqu'elle se casse quelque chose qu'elle se calme un peu.
- Et c'est censé m'aider à me relaxer ?
- Non, juste à relativiser.
Il reprit sa surveillance attentive de ce que Maellyn était en train de faire – elle ne tarda pas à trouver des camarades de jeu et les entraîna dans ce qui semblait être un combat acharné entre le bien et le mal –. Pour une fois, il ne pleuvait pas, et quelques rayons de soleil réchauffaient le banc où ils s'étaient installés. Son livre avait beau être intéressant – des espions et la seconde guerre mondiale – les effets de sa mauvaise nuit furent plus forts et elle ne tarda pas à somnoler. Une part de son cerveau resta toutefois suffisamment réveillée pour l'obliger à se redresser dans un sursaut alors qu'elle basculait inexorablement vers Sirius.
- Ça va ?
- Oui... Je... Le sortilège du MACUSA est fatiguant.
Elle avait déjà été plus convaincante quand il s'agissait de mentir et elle fit mine de ne pas remarquer les coups d'oeil qu'il lui lança à plusieurs reprises. Elle essaya vaguement de prier sa bonne étoile pour qu'il garde ses questions pour lui, sans vraiment trop y croire. Déjà parce que sa bonne étoile était une ordure finie, et surtout parce que Sirius était trop curieux pour son propre bien.
Quand il se racla la gorge – Maellyn était désormais aux balançoires, essayant de monter le plus haut possible à la force de ses jambes, donc ce n'était pas pour elle –, elle prit une profonde inspiration et essaya de verrouiller son cœur.
- Tu es vraiment venu me réveiller cette nuit, pas vrai ?
Son cœur s'accéléra douloureusement au souvenir de son expression torturée au moment où il avait prononcé son prénom dans son sommeil. Elle aurait aimé avoir une issue de secours, là, tout de suite, mais à moins que Maellyn ne décide de se blesser dans la seconde, elle savait très bien qu'elle n'avait pas d'autre choix que de répondre.
- Ouais...
Au loin, Maellyn sauta de la balançoire alors qu'elle était le plus haut et se réceptionna à la façon d'une gymnaste de haut niveau, sans doute parce que sa magie instinctive avait pris le parti de la protéger d'elle-même depuis qu'elle savait marcher à quatre pattes.
Sirius marmonna quelque chose dont elle ne saisit rien, même si c'était sans doute pour maudire Maellyn cette fois.
Elle crut une folle seconde que sa fille avait réussi une diversion suffisante, ou que Sirius allait être fidèle à lui-même et garder ses secrets comme avant.
Sauf qu'elle avait déjà eu l'occasion de remarquer qu'il avait changé sur ce point-là.
- Je te voyais parfois, quand j'avais vraiment trop bu... Ma thérapeute me soutient que c'est en partie pour ça que je me suis réfugié dans l'alcool. Elle a sans doute raison.
Elle ne trouva rien à redire à ça. Elle n'avait pas été surprise que Sirius choisisse l'alcool au lieu de faire face à ses problèmes, et comme il n'avait jamais rien fait à moitié, il était devenu incontrôlable d'après Lily. Apprendre qu'elle était en partie responsable de ça était une toute autre histoire.
- Je suis désolée, Sirius.
- Je sais...
Il y eut une seconde de silence supplémentaire entre eux. Elle crut voir sa main se tendre vers elle avant qu'il ne la ramène sur sa propre cuisse, mais elle préféra ignorer ce détail.
C'était beaucoup plus facile comme ça.
- Mais merci... de m'avoir réveillé, je veux dire... Même si j'aurais préféré que tu n'imprimes pas un bleu dans mon épaule.
Un sourire lui échappa, en même temps qu'une expiration comme soulagée, et elle risqua un vrai regard dans sa direction, sans pour autant s'autoriser à interpréter son expression, la moitié de sourire en coin sur ses lèvres ou la lueur étrange dans le fond de ses yeux.
- Tu es toujours aussi fragile, on dirait... répondit-elle finalement, tandis qu'elle reportait son attention sur Maellyn.
De retour dans le château fort, elle utilisait enfin le toboggan normalement, ce qui n'allait sans doute pas durer.
La question qui la taraudait depuis son retour passa ses lèvres sans qu'elle ne prenne le temps d'y réfléchir à deux fois, ce qui n'était pas vraiment prudent, surtout à propos de ce sujet-là.
- Pettigrow est mort, pas vrai ?
Il se figea complètement à côté d'elle, et elle surprit l'expression de haine farouche sur son visage, malgré ses efforts évidents pour rester de marbre. Il plia et déplia son poing droit à plusieurs reprises avant de répondre.
- Je suppose que ce n'était pas très dur à deviner, pas vrai ?
- Il aurait pu être dans votre prison gardée par des monstres.
Sirius eut un sourire dur cette fois.
- Il aurait pu, mais il ne le méritait pas. Il a essayé de vendre James, Lily et Harry à Voldemort. Si Regulus ne nous avait pas prévenus à temps, ils seraient sans doute tous morts depuis longtemps.
A son ton mordant, un pressentiment lui fit froncer les sourcils.
- Tu l'as tué.
- J'ai fait ce qu'il fallait pour protéger ma famille.
- Je sais.
Il tourna la tête vers elle et la dévisagea. Elle ne comprit pas vraiment comment elle réussit à ne pas détourner les yeux sous la force de son regard, mais elle sentait que ce n'était pas du tout la chose à faire.
- C'est aussi pour ça que je suis revenue, Sirius. Je sais que s'il m'arrive quelque chose, tu seras là pour elle.
Il fronça les sourcils.
- Rassure-moi, il n'est pas en train de t'arriver un truc, n'est-ce pas ?
Elle se détourna, son regard vissé sur ses mains. Parfois, elle avait l'impression d'être à moitié morte à l'intérieur, mais elle n'avait pas besoin du diagnostic d'un médecin pour comprendre pourquoi.
- Non... Mais on ne peut pas vraiment dire que j'ai eu beaucoup de chance ces dernières années non plus.
Il eut une grimace.
- Ouais, je connais l'impression.
Il tourna la tête en premier, elle le vit fouiller les jeux des yeux pour retrouver Maellyn.
- Skeeter !
Elle l'imita si vite qu'un os craqua dans son cou et elle repéra immédiatement une femme blonde et un homme brun muni d'un appareil photo à côté de Maellyn.
Elle suivit Sirius quand il se leva précipitamment et courut pour la rejoindre, ses poings déjà serrés et résolue à réitérer son exploit de la semaine dernière s'il le fallait.
- Laissez ma fille tranquille ! gronda Sirius dès que les deux journalistes furent à portée de voix.
- Ah, Monsieur Black ! Quelle charmante surprise !
Skeeter était affublée d'un tailleur d'un bleu électrique qui flattait très peu son teint recouvert par une couche bien trop épaisse de maquillage. Son sourire – particulièrement faux, et même carrément dangereux – dévoilait une collection de dents en or, dont au moins une était la conséquence de la rencontre avec son crochet du gauche.
Elle se contint au prix d'un ultime effort de ne pas attaquer tout de suite. Elle ne tenait pas à prendre un sortilège en pleine poitrine, Skeeter semblait être le genre de sorcière qui retenait les leçons.
- Chaton, viens là, s'il-te-plaît.
Maellyn les rejoignit, Sirius et elle, sans discuter, et Sirius fit un pas de plus vers Skeeter.
- Dégagez !
Skeeter éclata de rire – trop aigu, trop fort, très irritant – puis eut une moue.
- Sinon quoi ? Vous n'allez certainement pas m'attaquer devant des moldus ! Nous voulons juste une petite interview avec ces charmantes demoiselles.
Sirius plissa les yeux, ce qui n'était pas vraiment bon signe, et Judy attrapa Maellyn par les épaules pour la ramener contre elle.
Cette histoire n'allait pas bien terminer.
- Vous savez très bien où vous pouvez vous la foutre, votre interview. Ma fille n'est pas une attraction.
- Il va falloir l'enfermer dans une tour d'ivoire si vous voulez vraiment que ce soit le cas... Une interview, et je vous laisse tranquille.
- Disons plutôt que si vous approchez ma fille à nouveau, c'est depuis un lit de Sainte Mangouste que vous écrirez votre prochain article.
Le sourire de Skeeter devint encore plus reptilien si cela était possible.
- Des promesses, toujours des promesses, Monsieur Black... On sait tous les deux que votre frère ne vous permettra pas une telle folie encore. Vous ne pourrez pas éviter la prison indéfiniment.
Maellyn eut un un hoquet et elle dut l'empêcher de se jeter sur Skeeter en resserrant sa prise sur ses épaules.
- Laisse mon papa tranquille !
Skeeter en oublia Sirius aussitôt et Judy sentit son poing gauche la picoter en la voyant dévorer Maellyn du regard.
-Mais tout à fait, demoiselle. C'est pour toi que je suis venue après tout !
Maellyn essaya de se dégager de son étreinte et elle baissa les yeux vers elle. Son sourire tordu étira ses lèvres en découvrant ses sourcils froncés et ses bras croisés sur sa poitrine.
Skeeter n'allait pas être déçue du voyage.
- Chaton, quelque chose que tu veux dire à la dame ?
Maellyn releva les yeux vers elle, une question dans son regard, et elle haussa un sourcil pour toute réponse.
Sa fille n'avait pas besoin de plus et elle se tourna vers Skeeter avec un sourire carnassier.
- Ta robe est très moche, on dirait que tu as un caniche sur la tête et en plus, tu pues de la bouche. J'espère que ma maman va encore te casser le nez et je vais demander à mon papy d'envoyer quelqu'un pour te casser les genoux.
Malgré le maquillage, le visage de Skeeter se décomposa et elle leva un regard incrédule vers elle.
- Je suis sûre que si tu insistes auprès de papy, il pourra te la faire découper en morceaux.
Sirius éclata de rire – celui qui ressemblait à un aboiement et qui réussissait à le rajeunir d'une dizaine d'années – et Judy sentit une chaleur étrange se diffusait à l'intérieur d'elle, repoussant le froid qui couvait toujours au fond de son cœur.
- Vous êtes des sauvages... marmonna Skeeter.
- Et vous êtes une crevure, répliqua-t-elle. Chacun doit porter sa croix en ce bas monde. Osez encore une seule fois vous approcher de ma fille comme vous l'avez fait et je vous jure que personne ne sera en mesure de retrouver votre corps quand j'en aurai terminé avec vous.
Elle soutint le regard de Skeeter aussi longtemps que nécessaire et elle ne la lâcha des yeux qu'à l'appel de sa fille.
- Maman, j'ai faim.
Elle réajusta une mèche folle derrière l'oreille de Maellyn et se tourna vers Sirius, surprenant un regard qu'elle avait cru ne jamais revoir. Il secoua la tête et fit un geste vers la sortie du parc.
- Si ces demoiselles veulent bien me suivre...
…
Franchement, Skeeter apprendra-t-elle un jour de ses erreurs ? XD
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Le difficile retour à la réalité de Judy (je plaide coupable, j'ai beaucoup aimé écrire cette scène).
- Maellyn qui n'est pas la fan number one de Harry (la suite au prochain épisode, j'ai moyennement apprécié personnellement).
- La fin tragique de Peter (ou bien méritée, selon moi).
- La répartie assassine de Maellyn (je pense qu'on peut tous s'entendre sur le fait qu'elle tient clairement ça de sa mère).
- Blacker, again, parce que c'est un peu le cœur de l'histoire;)
Je suis curieuse d'avoir vos idées sur la contre attaque de Skeeter (obviously).
En attendant la suite (dans deux semaines, normalement), n'oubliez pas d'aller faire un tour sur Black Sunset : Dark Matter !
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
A dans un mois.
Orlane.
Mis en ligne le 30/07/2018
