Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
Juliette: Hey ! Merci pour ta review ! Je suis bien d'accord pour Skeeter ! Et il est fort possible que Harry ait le droit au même venin s'il l'embête de trop.
Peter ne mérite pas mieux qu'une mort lente et douloureuse pour ce qu'il a fait, et je pense que Sirius est le meilleur candidat pour la lui administrer.
Je te laisse avec la suite et encore merci pour ta super fidélité !
Mh : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Judy a beau savoir que Sirius était un peu au fond du trou sans elle, ce n'est pas pareil de le voir de ses propres yeux, je suis bien d'accord.
Merci pour Maellyn xD Je me suis bien amusée à l'imaginer dans ce square (la petite fille en moi était au moins aussi casse cou!).
Bonne lecture !
Merci à Maxine3482, Nymueh, AndouilleEtSushi, Mimi70, Juliette, mh, lune patronus, Sundae Vanille et Lyrumbra, pour leur review. Ca me réchauffe toujours le cœur de savoir que cette histoire continue à vous plaire !
Bonjour à toutes et à tous !
Comment va la vie ?
Bon, vous avez vu, je poste alors qu'on est fin juillet, je suis plutôt fière de moi xD
Je rentre tout juste d'Ecosse, et il souffle un petit vent de nostalgie sur mon petit cœur de Potterhead. Dans tous les cas, c'est super beau, j'ai vu le fameux Elephant's House et le viaduc de Glenfinnan (entre autre). On a même eu beau et je n'ai pas été dévorée par les midges, donc c'est un succès total !
Naturellement, je n'ai pas avancé d'un iota sur BS, et 33 est encore en travaux, mais je vais essayer de m'y remettre avant de repartir.
A part tout ça, un nouveau chapitre quand même. Il m'a donné du fil à retordre celui-ci, principalement parce que Maellyn est un petit démon quand elle le veut... Je l'aime bien quand même, et promis, quasiment pas de angst (c'est pas raccord avec le soleil).
Je vous souhaite une bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
There Will Be Time...
Chapter Seven
J'suis qu'un fantôme quand tu vas où j'suis pas
Tu sais ma môme que j'suis morgane de toi
J'suis morgane de toi.
(Morgane de toi - Renaud)
La taxi s'arrêta au bout de la rue où vivait les Potter et Sirius paya le chauffeur tandis que Maellyn et Judy sortaient de la voiture. Après une longue heure passée à subir des accélérations poussives et écouter de la musique irlandaise, Sirius fut particulièrement soulagé d'arriver.
Les taxis étaient bien pratiques, mais il allait devoir trouver une autre solution car il avait l'impression de perdre un temps fou à chaque fois qu'il voulait aller quelque part avec Judy.
Il avait beau ne pas trop aimer transplaner, il réalisait lentement qu'il s'y résignait plus souvent qu'il ne le pensait, et que ce n'était pas si mal, finalement.
Maellyn glissa une main dans la sienne et l'autre dans celle de Judy. Ils prirent la direction de la maison des Potter en silence. Les cloches de l'église moldue résonnaient au loin – ils étaient donc à l'heure ou du reste, pas trop en retard – et contrairement à Londres, ils pouvaient entendre le champ des quelques oiseaux qui n'étaient pas encore partis rejoindre des climats plus agréables.
Il aimait bien venir ici tous les dimanches, un peu parce que ça lui faisait du bien d'être loin de Londres et surtout pour voir les Potter, mais il savait qu'il avait besoin de l'agitation de la ville ou il finirait pas mourir d'ennui.
Harry et Neville étaient en train de jouer dans le jardin à se passer un Souaffle en mousse, profitant de la météo clémente pour se défouler.
- Patmol !
Sirius lâcha la main de Maellyn pour ouvrir les bras et réceptionner son filleul à la fin de sa course endiablée.
- Salut bonhomme ! Tu vas bien ?
- Tu m'as manqué, Patmol ! Pourquoi t'es pas venu la semaine dernière ?
Le ton accusateur et le regard vert malheureux levé vers lui ne manquèrent de le faire culpabiliser. A part pendant la période où il était en centre de désintoxication, il n'avait quasiment jamais manqué de venir chaque dimanche, et il savait que le garçon était toujours content de le voir. Il adorait Rhosyn et Jelena, mais il aurait toujours une relation privilégiée avec Harry, tout comme son filleul passait plus volontiers du temps avec lui qu'avec Lunard.
Il raffermit son bras autour des épaules de son filleul et ébouriffa ses mèches noires, juste parce qu'il savait que Harry avait horreur de ça.
Il se dégagea aussitôt de son étreinte avec un grognement agacé, et il rit quand il se retrouva la cible d'un regard noir rappelant celui de Lily.
- Tu vois que je ne t'ai pas manqué tant que ça !
Harry croisa les bras sur sa poitrine, l'air un peu buté, même si Sirius le connaissait assez pour savoir qu'il ne lui en voulait pas vraiment. Il y avait de fortes chances pour qu'il lui rende la pareille au moment où il s'y attendrait le moins.
Finalement, Harry se tourna vers Judy et Maellyn sans que son expression ne change d'un iota.
- Tu te souviens de Maellyn, Harry ?
Il hocha la tête et lui jeta un regard en coin.
- On va aller dire bonjour à James et Lily. Tu viens, chaton ?
Maellyn refusa de bouger et croisa ses bras à son tour, ses sourcils froncés et les lèvres pincées. Elle avait pour ainsi dire eu la même expression avant d'insulter Rita Skeeter, sauf que cette fois, sa cible semblait être Harry.
Sirius grimaça et jeta un regard à Judy, à la recherche d'une explication, et ne reçu qu'un haussement d'épaules en réponse.
- Chaton, s'il te plaît ? essaya-t-elle à nouveau, poussant Maellyn vers la maison avec douceur.
Maellyn se dégagea sèchement et grogna de mécontentement.
- Je veux rester avec papa !
Elle se jeta sur lui et s'agrippa avec force à sa jambe. Une ombre passa sur le visage de Harry, ce qui n'était jamais un bon signe chez les Potter.
Il comprit finalement ce qui se passait avec un temps de retard : Maellyn devait avoir compris que Harry avait une place spéciale dans sa vie et était jalouse et Harry était assez grand pour savoir que plus rien ne serait pareil maintenant qu'il avait une fille à lui.
Il s'était imaginé que Maellyn et Harry s'entendraient immédiatement, comme James et lui. Il avait sans doute sous-estimé l'extrême possessivité des enfants.
- Ah, vous êtes arrivés ! C'est bien ce qu'il me semblait.
James lui jeta un regard inquiet – t'as une drôle de tête, Pat' – auquel il répondit en désignant Harry et Maellyn d'un discret coup d'oeil. James fronça les sourcils, et ce fut sans doute parce qu'il était un père à temps plein de trois garnements infernaux qu'il trouva aussitôt une parade.
- Alors, petit monstre, tu ne viens pas dire bonjour à ton parrain ?
Il s'accroupit à côté de Maellyn et tendit sa joue, un air sérieux sur le visage. James était juste assez loin pour obliger sa filleule à le lâcher si elle voulait embrasser sa joue. En la sentant resserrer sa prise sur son jean, Sirius crut sincèrement que le seul moyen pour lui de récupérer sa jambe serait après une bataille qui se terminerait en drame.
- Les filleules qui ne disent pas bonjour à leur parrain n'ont pas de dessert, c'est la règle de Lily.
Maellyn fit la moue.
- Tu mens.
- Tu veux qu'on aille lui demander ?
Finalement, elle se décida en lâchant un soupir pour faire preuve de mauvaise grâce, et traîna des pieds jusqu'à James. Il ne lui laissa pas le temps de l'embrasser. Il l'attrapa dès qu'elle fut à portée de bras, se redressa vivement et la déposa sur son épaule comme s'il s'agissait d'un sac de patates. Maellyn eut un cri de surprise et commença à se débattre.
- Je vais le dire à mon papy !
- Ça ne marche qu'avec Rita Skeeter ça, petit monstre !
Il s'éloigna en riant, sa démarche bondissante tirant des cris à Maellyn, qui se transformèrent en rires avant qu'ils n'aient atteint la porte d'entrée.
- Je vais saluer Lily...
Sirius se retrouva seul face à Harry et un silence qui en disait long, surtout pour un incorrigible bavard. Il tendit sa main vers lui, attendit patiemment qu'il se décide à y glisser la sienne, puis le guida jusqu'au muret qui entourait la maison des Potter.
Il aida Harry à s'installer dessus mais resta debout. Son filleul et lui faisaient maintenant presque la même taille, et c'était précisément ce qu'il voulait.
- Alors, bonhomme... Qu'est-ce qu'il se passe ?
Harry fixa un long moment ses mains avant de risquer un regard vers lui. A les voir si brillants, Sirius espéra qu'il n'avait pas blessé son filleul par maladresse. Harry n'était pas aussi susceptible que ses parents, mais terriblement plus sensible.
- C'est vraiment vrai que t'es le papa de Maellyn ?
- Oui.
- Pourquoi tu le savais pas avant ?
Il hésita à se contenter d'un c'est compliqué mais Harry était un garçon intelligent et s'il avait appris quelque chose en travaillant avec des gamins de tout âge, c'était bien qu'ils avaient horreur qu'on les traite comme des bébés ou des idiots.
Il prit une profonde inspiration.
- Judy et moi, on était amoureux il y a longtemps. Tu étais un bébé, tu ne t'en souviens pas. Elle est américaine et elle est restée aux Etats-Unis à cause de la guerre contre Voldemort... Je n'ai pas réussi à la retrouver à cause d'un mauvais sortilège quand la guerre s'est terminée. C'est pour ça que je ne savais pas que j'étais papa.
Harry resta silencieux pendant de longues minutes, ses sourcils froncés et ses lèvres plissées dans un tic qui lui rappelait Lily.
- Pourquoi elle a pas envoyé un hibou, Judy ?
- Elle ne pouvait pas, à cause du mauvais sortilège.
- Qui lui a lancé le sortilège ?
- Les Aurors américains.
Il releva la tête aussitôt, les yeux écarquillés.
- Elle a fait quelque chose de mal ?
- On peut dire ça... Mais je ne pense pas qu'elle ait vraiment mérité ce qu'ils lui ont fait.
Harry lui lança alors un regard qui lui donna l'impression que James avait pris le contrôle de son corps.
- C'est à cause d'elle que tu étais triste. Je me souviens. Peut-être qu'elle a mérité quand même d'être punie.
- Je suis sûr qu'elle n'a pas fait exprès de me rendre triste...
Harry ne sembla pas convaincu et tant que Judy ne se serait pas rachetée à ses yeux, il ne changerait pas d'avis, ce qui signifiait qu'il allait possiblement se montrer désagréable avec Judy, parce qu'il pouvait se montrer aussi obsessionnel que son père et sa mère réunis.
- Tu sais que ça ne change rien pour toi et moi, hein bonhomme ? Je reste ton parrain et on continueras à faire pleins de trucs ensembles, comme on a l'habitude.
Il avait espéré apaiser les dernières craintes d'Harry, sauf qu'il ne reçut que de la méfiance en retour.
- Tu dis ça, mais tu m'as même pas appelé par miroir cette semaine !
La culpabilité lui serra le ventre. Harry avait raison : il avait été tellement occupés à apprendre à connaître Maellyn qu'il en avait oublié tout le reste.
Pourtant, Merlin seul savait à quel point il aimait son filleul. Il avait été l'une des seules choses qui lui avaient permis de tenir le coup pendant la guerre, et sûrement la seule véritable lumière dans sa vie après la victoire.
- Je suis désolé, Harry. Tu veux bien me pardonner, bonhomme ?
Il fit ses yeux de chiot battu, ce qui fonctionnait encore très bien avec lui, même si ça ne durerait sûrement plus très longtemps.
Harry se frotta le nez, une moue encore boudeuse sur les lèvres, mais son regard avait déjà perdu en hostilité.
- Seulement si tu viens me chercher en moto à l'école. Personne ne me croit quand je dis que je suis déjà monté sur une moto.
James allait sans doute ne pas apprécier de voir son fils sur sa moto, mais l'école n'était qu'à trois rues de là, et il promettrait de ne pas rouler trop vite. Il tendit sa main.
- Marché conclu, Potter.
Cette fois, Harry se fendit d'un sourire et sera sa main avec force avant de sauter au sol. Sirius passa un bras autour de ses épaules et le guida vers la maison.
- Alors, l'école ? Tu as eu des bonnes notes ?
Son filleul lui raconta la dernière bêtise de William – qui s'était de toute évidence bien remis de son opération –, puis lui décrit en détail le match de foot qu'il avait gagné contre les grands jeudi – Sirius commençait à connaître les règles de ce jeu-là, sans toutefois comprendre l'engouement des moldus – et énuméra tous les exercices qui lui avait valu un bon point.
Harry le laissa pour rejoindre Neville dans sa chambre et Sirius fit un crochet par la cuisine. Alice et Lily étaient occupées à surveiller le repas de Jelena, Rhosyn et Lux, toutes trois juchées sur des chaises hautes. Si Rhosyn mangeait très proprement pour une petite fille de deux ans, Jelena en mettait assez partout pour deux, tandis que Lux avait encore besoin d'aide du haut de ses un an.
Il embrassa ses nièces et Lux sans qu'aucune des trois ne lui donne l'impression de remarquer quoique ce soit. Alice en profita pour l'attraper par le cou et planta un baiser sonore sur sa joue.
- Félicitations, Black. Tu as hérité d'un sacré numéro, on dirait !
- Attend de voir ce que va devenir Lux avant de te moquer, Horton. (1)
- Ma fille sera aussi sage que moi.
Il éclata de rire. Alice Londubat était sûrement aussi mesurée que James et lui. Frank se plaignait régulièrement d'avoir dû l'empêcher de faire quelque chose de stupide durant une mission d'Auror, et sa maladresse la conduisait plus souvent que tous ses collègues réunis à Sainte Mangouste.
Comme d'habitude, Lily le prit dans ses bras et plaqua sa joue contre la sienne.
- Je crois que Harry est un peu jaloux de Maellyn, souffla-t-il.
- Ah, c'est pour ça qu'il pose autant de questions alors... Il t'a eu pour lui tout seul pendant toutes ces années, Sirius. Laisse-lui un peu de temps.
Comme souvent, il décida de faire confiance à sa petite sœur et déposa un baiser sur sa tempe avant de la libérer.
James, Frank et Judy étaient dans le salon. Maellyn était penchée sur un article de journal qu'il reconnut sans mal.
Rita Skeeter avait finalement contre-attaqué le lendemain de leur entrevue dans le parc. Son article était à l'opposé du premier : Maellyn n'était plus un petit miracle pour la société sorcière, mais une véritable menace. Outre le fait qu'elle laissait entendre que sa fille était dérangée – ce que personne n'aurait du mal à croire étant donné son nom de famille –, Skeeter prophétisait aussi la fin des Black. Judy était, elle, décrite comme une arriviste dénuée de scrupules, qui avait sans doute utilisé la magie pour le séduire, étant donné son physique quelconque et son manque de goût en matière de mode.
A la première lecture, il avait été en colère contre Skeeter, et il avait bien failli transplaner au siège de La Gazette pour mettre les menaces de Maellyn à exécution lui-même, puis Judy lui avait très justement fait remarquer que leur fille venait sans doute d'être mise au banc de la société Sang-Pur après un article pareil, unique héritière des Black ou non.
Finalement, il avait laissé Regulus régler le problème. Son frère était décidé à attaquer Skeeter pour diffamation, ce qui constituerait le onzième procès de la sorte, et se conclurait avec une amende exorbitante que La Gazette paierait pour Skeeter.
- Merci, Maellyn. Je vais l'encadrer et le mettre au-dessus de la cheminée. Je suis vraiment, vraiment très fière de ma filleule préférée.
L'annonce de James lui fit lever les yeux au ciel. Son frère l'avait appelé par miroir dès qu'il était tombé sur l'article pour lui demander si Maellyn avait vraiment menacé Skeeter avec un aplomb digne d'un adulte, ou si la journaliste avait – encore – déformé ses propos.
J'y crois pas ! J'ai raté un truc pareil ?! Détails, Black ! Je veux tous les détails ! Et une copie de ton souvenir. Je suis presque sûr que Lily a moyen de faire sortir une pensine du département des Mystères !
- C'est ta seule filleule, espèce de crétin.
- Pour l'instant ! Si tu veux mon avis, Judy et toi devriez en refaire une comme elle.
Son cœur fit une embardée douloureuse à la boutade de James, et il chercha Judy des yeux par réflexe. Il la trouva raidie sur son fauteuil, le sourire amusé qu'il avait aperçu en entrant dans la pièce avait été remplacé par une grimace et ses yeux étaient rivés sur ses mains.
- Papa !
Sa fille ne lui laissa pas le temps d'analyser ni la réaction de Judy, ni le flot étourdissant de pensées sous son crâne qui lui donnaient envie de se glisser sous la forme de Patmol.
Il se baissa pour prendre Maellyn dans ses bras et enfouit son nez dans ses mèches brunes une folle seconde, juste pour retrouver le contrôle sur ses émotions.
Il sentit une main sur son épaule et releva la tête. James lui fit une grimace d'excuse puis le guida sur l'un des canapés, à côté de Frank.
James fit de son mieux pour détendre l'ambiance pesante dans laquelle il avait plongé la pièce. Toutefois, son bavardage ne trouva grâce qu'aux yeux de Frank qui commenta avec lui les derniers résultats de leur équipe favorite respective – Harpies de Holyhead pour James et Puddlemere pour Frank –. Judy resta retranchée derrière son masque inexpressif, son regard perdu dans le vide, et il joua avec les longues mèches de Maellyn sans vraiment réussir à détacher son regard d'elle.
En cinq longues années, il y avait un tas de choses dont il était devenu certain : Judy lui manquait – et il réalisait un peu plus chaque jour à quel point –, il lui en avait voulu aussi – énormément et pendant très longtemps, et il lui en voulait toujours, au moins une part de lui – et il avait tellement de regrets – pour l'avoir laissée aux Etats-Unis, pour être revenu plus d'un an après, pour ne pas avoir deviné que le MACUSA était derrière tout ça, parce qu'il n'avait pas vu Maellyn grandir et sans doute d'autres sur lesquels il n'avait toujours pas mis de mot... –.
Judy avait beau être revenu dans sa vie, ça n'effaçait pas pour autant les cinq dernières années, et malgré Maellyn, il ne se sentait toujours pas complet.
Il pensait avoir fait son deuil de ce que Judy et lui auraient dû être, mais était forcé de constater que ce n'était pas vraiment le cas.
Il soupira. Il devrait sans doute rappeler Ella pour de nouvelles séances. Elle aurait voulu qu'elle vienne le voir après un chamboulement pareil dans sa vie.
Lily et Alice les rejoignirent finalement avec les jumelles et Lux. Frank se dévoua pour aller chercher les garçons dans la chambre d'Harry, une expédition qui n'était pas souvent couronnée de succès quand Neville et Harry étaient en plein milieu d'un jeu.
- Tu es bien sage, Maellyn... Quelqu'un t'a coupé la langue ?
La moquerie d'Alice lui valut un regard noir, puis elle enfouit son visage dans son torse, comme si elle ne voulait voir personne.
- Elle a définitivement ton sale caractère, Black, lui fit remarquer Lily.
Maellyn resta accrochée à lui durant tout l'apéritif, refusant jus de fruits et cochonneries à grignoter, au point qu'il commença à se demander si elle n'était pas malade. Il ne connaissait aucun gamin qui disait non à des chips.
- Bien, on passe à table ? proposa Lily. Ou je vais finir par ne plus retrouver le rôti dans le four...
Maellyn ne donna pas l'impression de vouloir bouger.
- Chaton ?
- J'ai pas faim.
- Toi non, mais moi oui. Tu me laisses me lever ?
- Non !
Le cri attira tous les regards sur eux. Il les ignora à la faveur de celui de Judy, à mi-chemin entre le salon et la salle à manger. Elle eut un soupir agacé et s'approcha.
- Maellyn, viens à table.
Ce n'était pas la première fois qu'il entendait le ton autoritaire de Judy, et il savait qu'il était suffisant la majorité du temps.
- J'ai pas faim !
- Bien sûr que si, tu as faim. Viens à table.
D'un simple signe de tête de sa part, il comprit qu'il devait au moins la mettre par terre. Elle eut un cri et s'agrippa à ses bras avec une force surprenante compte tenu de sa taille.
- Non !
- Arrêtes ça, Maellyn, grogna-t-il en réussissant enfin à se défaire de sa grippe et à la mettre sur ses deux jambes, même s'il dut emprisonner ses mains pour l'empêcher de l'attraper à nouveau.
- J'ai pas faim !
Elle tapa du pied sur le sol et rua. Il eut l'impression d'avoir un animal sauvage devant lui.
- C'est un mensonge. J'ai entendu ton ventre gargouiller tout à l'heure.
Cet argument-là lui valut un regard noir, face auquel il haussa un sourcil. Elle allait devoir faire beaucoup mieux que ça si elle souhaitait vraiment l'impressionner.
- A table, Black, dit-il finalement en se levant, relâchant ses mains.
- Je m'en fiche, je mangerai pas.
- Et bien tu ne feras du mal qu'à ton ventre, intervint Judy en attrapant sa main de force. Et je te rappelle que dans ce cas là, tu n'as pas le droit à un dessert.
Ils réussirent à gagner la salle à manger sans un éclat de voix supplémentaire. James était occupé à distribuer une part du plat à chacun. La seule place vide parmi les enfants se trouvait en bout de table, celle qui était toujours réservée au plus jeune.
- Je veux être à côté de papa !
- Puisque c'est demandé si gentiment, je pense que ça sera non. Et plus d'histoires, Maellyn. La prochaine étape est la punition, et tu es assez intelligente pour ne pas en arriver là.
Sirius rejoignit sa place – à gauche de James, comme d'habitude, et à la droite de Judy, ce qui était nouveau – ébouriffant la tignasse noire de Harry en passant derrière lui.
- Patmol ! C'est pas du jeu !
Malgré son rire moqueur – ce n'était pas du jeu, mais c'était trop tentant quand même – il se laissa tomber sur sa chaise avec lassitude, avant d'être imité par Judy.
Il ne comprenait pas du tout le comportement de Maellyn. En presque deux semaines, elle avait été adorable, toujours de bonne humeur et seule la sieste était un sujet tabou. Depuis leur arrivée à Godric's Hollow, il avait du mal à la reconnaître.
- Ce n'est pas tous les jours faciles, hein ? lui souffla James, un sourire clairement amusé sur les lèvres. Toi qui me disais que les jumelles ne pouvaient pas être si horribles...
Il n'avait pas du tout envie que James lui explique par le menu tous les trucs et astuces pour être un père parfait. D'une, il avait quand même l'habitude de s'occuper d'enfants et de deux, il espérait que Maellyn lui laisserait encore un peu de répit avant de devenir incontrôlable.
Savoir qu'il était père et qu'il avait une fille de quatre ans était une chose. Devenir l'adulte parfaitement responsable et équilibré pour assurer son éducation en était une autre.
Il aurait aimé pouvoir dire que le reste du repas se passa sans le moindre problème supplémentaire, mais il voyait Maellyn jouer avec sa nourriture du coin de l'oeil et une expression mauvaise sur le visage qui en disait très long sur son nom de famille. Il ne savait pas trop s'il pouvait – ou devait – intervenir. Judy ne semblait pas émue outre mesure par sa comédie.
- Je t'avais bien dit qu'elle te ressemblait beaucoup plus quand elle était réveillée, pas vrai ? souffla-t-elle.
Il plissa les yeux. Cela faisait des années qu'il n'avait pas fait preuve d'autant de mauvaise foi, et Judy ne le connaissait pas à cette époque-ci.
- Il doit bien y avoir une autre raison...
- Elle a quatre ans, et elle a un côté démoniaque, pour lequel je tiens les Black responsables. Il n'y a vraiment pas besoin de chercher plus loin. Par contre, il va falloir que tu la remettes à sa place si elle continue. Je te suggère de la priver de Quidditch pendant une semaine, ça devrait la faire réfléchir.
Il déglutit. Il avait eu le beau rôle et tous les côtés sympathiques du papa – les câlins, les jeux, la complicité et les éclats de rire –. Il avait beau savoir depuis le départ que ça ne durerait pas – Lily l'avait prévenu –, il avait espéré que son état de grâce durerait plus longtemps que ça...
Il pouvait le faire.
Pour le gamin toujours coincé entre deux punitions – plus Walburga avait essayé de le faire rentrer dans le moule du parfait héritier, plus il se révoltait – et l'ado rebel qu'il avait été, ça ne serait sans doute pas facile, surtout qu'il sentait déjà que Maellyn allait tenter de l'adoucir par tous les moyens auxquelles elle pouvait penser, mais il n'avait pas vraiment le choix...
Il sentit un coup sur son tibia, releva la tête du fond de son assiette – où ne restait que les traces de sauce et de purée – et croisa le regard de Lily.
- Tu vas t'en sortir, Chaton. Elle ne va te haïr parce que tu la punies quand elle dépasse les limites du raisonnable. Harry aurait déjà demandé de vivre avec toi sinon...
Il sentit une part de ses doutes le quitter, comme souvent quand il voyait la confiance dans le regard de sa sœur. Euphémia Potter avait longtemps était celle qui réussissait à le rassurer quand certains de ses très vieux démons revenaient le hanter. Peu à peu, Lily s'était accaparé ce rôle, sans même qu'il ne le réalise au début. Sans James et Lily, il n'imaginait pas du tout comment il ferait pour être heureux.
- Et je vous ai pas raconté la dernière invention des jumelles ? Elles attendent le milieu de la nuit pour défaire les matelas de leurs lits, elles les empilent au pied de la table à langer, grimpent dessus et sautent. Je suis à deux doigts de leur lancer un pétrificus totalus quand je les mets au lit !
Depuis leur tapi de jeu, les deux petites filles relevèrent la tête à la mention de leurs noms, et Sirius trouva qu'elles avaient l'air de mettre au défi leur père d'user la magie pour les arrêter. James sembla penser ça aussi car il se leva.
- Je crois que c'est l'heure de la sieste.
Alice le suivit avec Lux.
- Si vous entendez des cris, ne vous inquiétez pas, les prévint James, une fille dans chacun de ses bras.
Rhosyn et Jelena étaient particulièrement silencieuses et calmes, ce qui n'était jamais bon signe les concernant. Pour avoir déjà gardé les trois enfants Potter, Sirius savait que cela annonçait les pires bêtises. Quelque chose qui allait convaincre James d'utiliser la magie pour s'assurer qu'elles ne quitteraient pas leurs lits pendant leur sieste.
En toute honnêteté, il ne serait pas vraiment surpris si elles terminaient à Serpentard, toutes les deux.
Il aida Lily et Frank à débarrasser la table sans commenter l'assiette pleine de Maellyn. Elle n'avait pas décroisé les bras depuis au moins cinq minutes et ressemblait à un animal sauvage prêt à mordre le premier qui oserait la contrarier.
- Arrête de faire la tête, on dirait ton papy, souffla-t-il à son oreille.
- C'est même pas vrai, d'abord !
- Oh que si.
Il emporta la pile d'assiettes vers la cuisine et revint avec le dessert : un gâteau au chocolat qui avait été décoré par Neville et Harry s'il se fiait aux formes approximatives de soleils, d'étoiles et de fleurs en tous genres tracés avec des paillettes.
- Vous avez bien travaillé les gars !
- J'ai aidé maman à faire le gâteau en plus !
- Avec un peu de chance, tu ne seras pas aussi nul que ton père en cuisine, biquet.
Harry grimaça à son surnom – il le détestait depuis qu'il avait fait l'erreur de l'utiliser devant Draco qui, en véritable petit serpent, s'en était donné à cœur joie – mais il ne s'indigna pas comme les autres fois – soit parce qu'il était résigné à ce qu'il continue de l'utiliser, soit parce qu'il ne le détestait pas tant que ça, du moment que Draco n'était pas là –.
- J'ai entendu ça, Black ! J'ai fait des progrès, je te signale.
- Bien sûr... La cuisine prend feu toute seule, je suppose ?
James ne se gêna pas pour le frapper violemment dans l'épaule en allant rejoindre sa place, ce qui fit rire Harry.
- Ne te moque pas ! Tu es mon filleul, tu dois être de mon côté !
- C'est mon fils, Patmol !
- Tu parles, c'est seulement parce que tu connais le mot de passe de la télé qu'il fait semblant...
- C'est faux, c'est moi qui ait le mot de passe. Ils passeraient leur temps à acheter les pires horreurs sur le télé-achat si je leur laissais la télécommande.
Sirius rit, imité par tous les autres. James était devenu hors de contrôle, quelques temps avant la naissance des jumelles, croyant naïvement que la télé ne mentait pas. Il avait acheté une quantité incroyable d'objets inutiles qui, en plus, avaient besoin d'électricité pour fonctionner. Depuis, il passait une bonne partie de son temps libre à les enchanter pour qu'ils fonctionnent sans magie, avant de les offrir à Noël, très souvent à des gens que les Potter n'aimaient pas beaucoup – Pétunia détenait le record toute catégorie –.
Inutile de dire que Lily avait été moyennement ravie par ses exploits à l'époque. James avait dormi une semaine dans sa chambre d'ami.
- Bon, un peu de sérieux maintenant. Assiette ?
Il servit une généreuse part de gâteau à Harry et Neville, mais secoua la tête quand Maellyn lui donna son assiette.
- Tu n'as pas fini ton plat, chaton. Pas de dessert.
- J'en avais beaucoup dans mon assiette.
- Tu avais une part normale, mais tu as décidé de faire ta mauvaise tête. Pas de dessert, c'est la règle.
- C'est la règle de maman, ça !
- C'est aussi la mienne.
- C'est pas juste !
- Tu étais prévenue, Maellyn.
Elle se mit à pleurer – des vraies larmes, des sanglots et assez de désespoir sur son visage pour lui faire croire qu'il venait de lui briser le cœur – et il sentit ses résolutions vaciller. La dernière chose qu'il voulait était de la voir malheureuse.
- Sirius ? Tu veux de la tarte ? lui demanda Judy, son ton dégagé, comme si leur fille n'était pas en train de verser son propre poids en larmes.
Elle hocha la tête quand il croisa son regard, lui signifiant en silence qu'il avait bien fait et que ce n'était pas la fin du monde, ni pour lui, ni pour Maellyn. Il rejoignit sa place mais refusa la part de tarte aux pommes. Il avait l'estomac un peu trop serré pour manger quoique ce soit de plus maintenant.
- Au fait, Judy, tu voudrais passer la nuit de la pleine lune avec Alice et moi ?
Judy sembla sur le point de demander pourquoi, avant que son visage ne se glisse dans un masque d'incrédulité.
- Vous continuez à passer vos pleines lunes avec Lupin ?! s'écria-t-elle en se tournant vers lui.
Il se crispa.
- Et bien, personne n'a trouvé de remède contre la lycanthropie durant ces cinq dernières années, donc je suppose que oui.
Son ton était peut-être un peu trop sec et Judy sembla blessée, mais elle ne répliqua rien.
- Allez, Judy ! Frank garde les enfants, on boit beaucoup de vin, on mange des pizzas et de la glace, et on regarde des films ridicules jusqu'au retour de ces messieurs, expliqua Alice. Tu ne peux pas manquer ça !
Sirius considérait qu'il était de plus en plus difficile de dire non à Alice – quelque chose à voir avec son large sourire et son regard brillant – et il vit Judy se détendre.
- Je suppose que ça sera mieux que d'attendre seule le retour de Sirius...
Il décida d'ignorer le ressentiment dans le ton de sa voix, et préféra glisser un regard en bout de table. Harry avait pris en pitié Maellyn et utilisait sa serviette pour l'aider à sécher ses larmes, tandis que Neville avait poussé son assiette encore pleine d'un beau morceau de gâteau devant elle.
Il ne put s'empêcher de sourire devant la scène.
Méfait accomplie.
…
On applaudie Judy qui a contrôlé son petite monstre pendant 4 ans, toute seule, non ?
(1) Wink wink à ceux qui suivent La Course au Chien Sauvage. Sundae Vanille a accepté que je lui pique le nom de jeune fille d'Alice.
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Le caprice cinq étoiles de Maellyn (et avec ça, je vous dis pas à quel point je vais déguster avec celle de BS pour la crise d'adolescence).
- La paire Sirius/Harry que j'aime de tout mon cœur.
- James, toujours à moitié dérangé, et son absence de tact presque suicidaire.
- La revanche de Skeeter.
- Les Potter, les Londubats, et les Black, tous vivants et presque tous heureux.
Sans vouloir faire dans le teasing, la lune sera pleine pour le prochain chapitre, et c'est l'un des mes chapitres préférés ! #angst
En attendant la suite, n'oubliez pas d'aller faire un tour sur Black Sunset : Dark Matter !
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
A dans un mois.
Orlane.
Mis en ligne le 28/07/2018
