Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.


RAR :

Guest : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture;)

mh : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je pense que le caprice de Maellyn n'aurait pas été aussi crédible sans ma petite sœur et son talent dramatique:) Of course que James et Sirius (et Regulus, on va pas se mentir) accompagnent toujours Remus les nuits de pleine lune (le pauvre bichon). Neville est un amour, mais ça, je suis sûre que ça ne surprend pas grand monde. Bonne lecture !

Juliette: Hey ! Merci pour ta review ! Quand, exactement, peut-on s'ennuyer avec les Black pour commencer, hein ? ^^ Mais c'est sûr que Maellyn a un don pour pimenter le quotidien ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture !

Lupa : Coucou ! Je vais très bien et toi ? Les vacances ont globalement été reposantes, et ensoleillées avec ça, alors je vais pas me plaindre (mais pourquoi ai-je l'impression que c'était il y a deux éternités ? o.O). Et toi ?
Maellyn a la langue acérée de sa mère, le monde sorcier risque de ne pas s'en remettre, héhé.
Franchement, Sirius aurait dû s'attendre à ce que sa fille passe en mode Full Drama à un moment ou à un autre. Je veux dire, elle est à moitié Black, c'est la base (Sirius en a vu d'autre, il va s'en remettre).
Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !


Merci à Maxine3482, Guest, titietrominet27, mh, Nymueh, Sundae Vanille, Juliette, Lyrumbra, mimi70 et Lupa pour leur review. Vous avez illuminé mes belles journées d'été ! Trop de love cœur:coeur:coeur !


Bonjour à toutes et à tous !

Quoi de neuf ?

Bon, de mon côté, c'est officiellement la rentrée. Deux semaines de cours et ressenti six mois... mais je vois côté positif : les copies ne sont toujours pas rentrées, elles, donc ça c'est cool !

Autre chose de cool, mon inspiration est de retour sur BS, donc 33 grandit chaque jour un peu plus et j'ai plutôt bon espoir de le terminer avant la fin du mois (je doute avant, parce que je sens le poids lourd gros comme une maison).

A part tout ça, nouveau chapitre, un de mes petits chouchous de ce UA (ne me demandez pas pourquoi... Même si je pense que le côté soirée entre filles y est pour beaucoup. Ça, et le retour du angst)

Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


There Will Be Time...

Chapter Seven

The world was on fire and no one could save me but you.
It's strange what desire will make foolish people do.
I never dreamed that I'd meet somebody like you.
And I never dreamed that I'd lose somebody like you.

(Wicked Game, Chris Isaak).


Maellyn était épuisée.

Son pouce dans la bouche, son chien noir en peluche serré contre elle et sa tête calée sur sa cuisse, elle s'était endormie à peine installée à l'arrière du taxi.

Il fallait dire qu'elle avait organisé leur après-midi dans le but de venir à bout de son énergie inépuisable, ce qui demandait une sacrée expertise.

Il n'y avait pas que cela non plus. Sirius était parti après le déjeuner, convoqué à quatorze heures précise par son frère au manoir familial pour parler de Skeeter, puis il devait donner son cours de Quidditch et rejoindre Godric's Hollow pour aller chercher son filleul à l'école, comme il le lui avait promis. Après la scène que Maellyn leur avait fait moins d'une semaine plus tôt, Judy avait fait de son mieux pour occuper sa fille et faire en sorte qu'elle ne remarque pas trop l'absence de son père pour l'après-midi.

Elle l'avait emmenée au Musée d'Histoire Naturelle – Maellyn adorait les animaux, plus particulièrement les dinosaures – puis à Saint James Park où elles avaient mangé des gaufres, pour finir par un parc de jeu nettement plus grand que celui près de chez Sirius.

Maellyn y avait enchaîné les cascades, sans que la séance ne se conclut par un drame, et Judy avait savouré de pouvoir l'observer de loin et de passer du temps avec elle sans Sirius.
Ce n'était pas qu'elle ne le supportait pas – ça aurait été tellement plus simple si ça n'avait été que ça – mais plutôt qu'elle ne pouvait pas s'autoriser à être détendue quand il était là, parce qu'elle avait l'impression de marcher sur des œufs en permanence, de toujours devoir peser ses mots et de veiller à ce que son propre corps ne la trahisse pas.

C'était juste épuisant.

Bien sûr, une après-midi comme celle-ci lui rappelait douloureusement que sa vie allait lui paraître bien vide quand Maellyn serait avec Sirius... Quatre ans n'avaient pas suffi à l'y préparer et la séparation serait sans doute plus douloureuse que prévue.

Elle passa une main lasse sur sa joue et laissa son regard se perdre dans la campagne anglaise qui défilait derrière la vitre. Cinq ans plus tôt, elle n'avait pas aimé le Royaume-Uni, ni même Londres. Le climat était déprimant, les anglais trop coincés et elle se sentait à l'étroit partout où elle allait. Bien sûr, la guerre n'avait pas aidé à l'époque, elle s'en était rendue compte à plusieurs reprises depuis qu'elle était revenue, mais elle ne se sentait pas chez elle ici non plus...

Elle finirait par trouver un endroit où poser ses valises. La réputation de son père s'étendait jusqu'à San Francisco, et on lui avait vanté les mérites du soleil californien depuis sa tendre enfance. L'avantage d'une grande ville était que personne ne lui poserait trop de questions et elle y trouverait un travail facilement.

Il faudrait qu'elle change d'air.

Quand le taxi entra dans Godric's Hollow, elle réveilla Maellyn en douceur et n'obtint qu'un vague regard noir avant qu'elle ne se hisse sur ses genoux, encore groggy par le sommeil. Il lui fallut user de patience pour réussir à lui enfiler son manteau et son écharpe, puisqu'elle ne semblait pas décidée à lâcher son pouce, sans parler des contorsions qu'elle dut faire pour s'habiller à son tour.

La température à l'extérieur du taxi lui sembla glaciale. Elle se dépêcha de rejoindre la maison des Potter, rageant contre le MACUSA et leur sortilège stupide qui l'empêchait de protéger sa propre fille du froid.

Ce n'était pas eux qui devraient s'occuper d'un véritable petit dragon si elle tombait malade.

Ce fut Lily qui vint lui ouvrir, emmitouflée dans un pull d'homme rouge décoré de cerfs dorés, un jean déchiré au genou droit et ses pieds nus.

- Tu n'as vraiment pas besoin de frapper, Judy, dit-elle en l'attirant brièvement contre elle. Personne ne s'en donne plus la peine depuis la guerre. Oh, j'en connais une qui dormait... Bonjour, Maellyn.

Maellyn grogna quand Lily l'embrassa sur la joue et enfouit son visage dans son cou.

- Charmante au réveil à ce que je vois... Tu as besoin d'un coup de main, Judy ?

Elle aurait aimé pouvoir dire non – elle avait l'habitude de s'occuper de Maellyn seule et elle avait même inventer une panoplie d'astuces au fil des années – mais elle avait réalisé depuis son retour à Londres que ce n'était pas si désagréable de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre qu'elle-même à chaque seconde que Maellyn passait éveillée.

- C'est gentil, Evans. Chaton, tu veux bien aller avec Lily ?

Maellyn ronchonna quelque chose d'inintelligible mais accepta que Lily la prenne dans ses bras, la débarrassant de sa veste et de ses chaussures d'un coup de baguette magique.

Elle surprit le sourire tendre de Lily tandis qu'elle berçait Maellyn doucement, basculant d'un pied sur l'autre, caressant en douceur le dos de sa nièce.

En remarquant son regard, Lily lui adressa un clin d'oeil qui apaisa quelque chose au fond de son cœur. Elle avait déjà remarqué le changement chez Lily le weekend dernier, quand elle était arrivée avec Sirius et qu'elle avait eu le droit à une étreinte de toute évidence réservée à la famille. Pendant une folle seconde, elle avait eu l'impression de n'être jamais partie et que les cinq dernières années n'étaient qu'un vague cauchemar. Elle savait très bien que sa vie aurait été rythmée par des visites régulières chez les Potter, et que Maellyn n'aurait jamais fait sa petite crise de jalousie à propos de Harry si elle avait grandi avec lui...

Savoir qu'elle était à nouveau la bienvenue dans la vie des Potter était une petite victoire, mais c'était déjà plus que ce qu'elle avait espéré.

- Où est papa ? demanda finalement Maellyn, retrouvant un peu de cohérence.

- Il est déjà parti rejoindre Lunard et Cornedrue, mais il a pris le miroir pour que tu puisses lui raconter ta journée quand tu arriverai. Je veux juste te montrer quelque chose avant, tu es d'accord ?

Maellyn fit la moue mais ce fut sans doute parce qu'elle était encore à moitié groggy par le sommeil qu'elle ne piqua pas une colère dont elle avait le secret. Elle suivit Lily tandis qu'elle les menait à travers la maison.

- Harry et les jumelles sont déjà chez les Londubat et Alice voulait faire manger Lux avant de nous rejoindre. Elle m'a dit que tu choisissais le premier film de la soirée, Adler.

Puisque les Potter étaient des sorciers, et que seul Sirius avait une passion pour la mécanique, le garage servait visiblement à entreposer le bazar nécessaire à occuper un gamin de sept ans et deux fillettes infernales. Lily s'arrêta devant une étagère croulant sous des boites de robots multifonctions, machine à bulles ou encore machine à écrire.

- Potter sait qu'il a une baguette magique, pas vrai ? dit-elle en désignant les cartons.

Lily eut un soupir.

- Il est privé de télé-achat pour une raison. Alors, chaton, tu vas devoir descendre... Voilà.

Lily se baissa et tira une bassine dissimulée en bas de l'étagère, révélant une chatte tigrée et ses trois petits, l'un roux, l'autre le portait craché de sa mère, et le dernier noir. Vu leur taille et leurs yeux fermés, ils ne devaient pas avoir plus de quelques jours.

Maellyn fut aussitôt parfaitement réveillée et tendit une main prudente pour caresser le plus proche.

- Ils sont trop mignons, murmura-t-elle.

Lily eut un sourire avant de relever les yeux vers elle.

- Harry veut absolument que l'on garde le roux, parce qu'il ne veut pas que je sois la seule à la maison, Alice a déjà décidé qu'elle voulait le tigré et ça m'arrangerait que Sirius prenne le dernier.

Judy ne savait pas trop ce qu'elle était censée répondre à un truc pareil. Après tout, Sirius était un grand garçon, il pouvait prendre ses décisions seul.

- Je croyais que Sirius n'aimait pas vraiment les chats ?

Lily eut un sourire carnassier.

- J'essaye de le convaincre d'en prendre un depuis des années, mais il refuse. Toutefois, il aime sa fille, et je pense qu'il est incapable de lui dire non...

Elle n'allait pas la contredire sur ce point. Elle ne pourrait pas vraiment compter sur lui pour rendre Maellyn raisonnable.

- Je peux vraiment le garder ? demanda Maellyn.

Ses yeux passèrent de Lily à elle, suppliants, tout comme sa mine de chiot battu.

- Il faut que ton père soit d'accord, Maellyn. Ce n'est pas moi qui décide.

Maellyn passa de suppliante à déterminée en l'espace d'un battement de paupières et Lily éclata de rire.

- On va les laisser dormir, d'accord ? Tu pourras les voir demain si tu veux.

Maellyn déposa un bisou sur le petit corps de son futur chat – Judy pouvait se tromper, mais les chances de Sirius étaient très minces, sinon inexistantes – et aida Lily à remettre la bassine à sa place.

- Il a un nom, le petit noir ?

- Pas encore, non. Tu pourras le choisir si tu veux.

Maellyn sembla ravie par la nouvelle. Il y avait de bonnes chances pour qu'elle revienne de chez les Londubat avec plusieurs idées, quelques unes d'entre elles ridicules au possible, parce qu'elle était la digne fille de son père.

Lily les conduisit dans le salon et saisit le miroir familier qui se trouvait sur la table basse.

- La collection de cassettes est derrière la télé, Judy. Alice ne devrait plus tarder. Sirius Black ! Salut, Chaton. Ta petite famille est arrivée.

Judy fit de son mieux pour ignorer le qualificatif de Lily.

Si seulement...

- Ah, super ! Passe-moi ma fille.

Le visage de Maellyn s'éclaira quand elle prit le miroir.

- Coucou, chaton ! Alors, ta journée avec maman ?

Maellyn raconta leur promenade dans Londres avec enthousiasme, faisant preuve d'une excellente mémoire en récitant quelques informations glanées au musée.

- Lily m'a montré ses bébés chats.

- Harry m'a parlé de ça, oui. Alors, ils sont beaux ?

Judy tourna la tête à temps pour surprendre l'expression innocente de Maellyn, celle-là même dont Sirius n'avait pas encore eu l'occasion d'apprendre à se méfier.

- Ils sont très mignons. J'aime beaucoup celui qui est tout noir. Lily a dit que si je le voulais, je pourrais l'avoir.

Il y eut un silence.

- Lily a dit ça ?

Lily semblait avoir du mal à se retenir de rire depuis son canapé face à l'accusation dans le ton de Sirius.

- Dis papa, je peux, s'il-te-plaît ?

Maellyn devait vraiment vouloir ce chat – ce qui n'était pas surprenant, pas avec les Aristochats pour dessin animé préféré – car elle ne lésina sur aucun moyen. Sirius fut confronté à son expression suppliante, son regard de chien battu, et une moue qui donnait l'impression qu'elle allait se mettre à pleurer.

Il se racla la gorge et elle sut que Maellyn avait gagné.

- Qu'en pense maman ?

- Elle a dit qu'elle était d'accord.

- C'est vrai ça, Adler ?

Elle cessa de parcourir les nombreuses cassettes et attrapa la seule qui avait attiré son attention, puis rejoignit Maellyn avec un soupir. En basculant le miroir vers elle, elle croisa le regard ennuyé de Sirius.

Qu'elle ignora royalement.

- Je lui ai dit que c'était à toi de décider. Personnellement, je préfère les chats aux chiens.

Il lui jeta un regard noir qu'elle salua d'un sourire innocent. A lui de se débrouiller avec Maellyn.

- Je vais y réfléchir, Maellyn... Sois gentille avec Frank. Tu peux me passer Lily ?

- Bisous papa ! Je t'aime très fort.

- Moi aussi, chaton. A demain.

Lily récupéra le miroir et éclata de rire aussitôt.

- Qu'est-ce que tu as été mettre dans la tête de ma fille, exactement, Evans ?

Il semblait un peu agacé, mais surtout résigné.

- Moi ? Rien du tout !

- Je te déteste.

- Moi aussi, Chaton, moi aussi... Soyez prudents.

Lily reposait le miroir quand les flammes de la cheminée virèrent au vert, précédant de quelques secondes l'arrivée d'Alice, habillée d'un pantalon de pyjama et d'un t-shirt aux couleurs de Gryffondor.

- Salut, Maellyn ! Frank n'attend plus que toi pour commencer à préparer les pizzas !

Il ne fallut que quelques minutes pour que Maellyn ne lui dise bonne nuit – même si elle était presque convaincue qu'elle ne dormirait pas tant que ça – et pour qu'Alice l'accompagne chez elle par cheminée.

- Enfin débarrassée des marmots ! Tu as choisi un film, Adler ?

Elle lui tendit la cassette sans un mot. Alice eut un juron une fois qu'elle eut parcouru le résumé au dos.

- C'est pas possible ! Avec ce que m'ont raconté les Potter sur toi, je pensais que tu choisirais un film d'action, pas un truc aussi niant niant.

- Déjà, c'est un grand classique, et ensuite, c'est mon film préféré.

Alice haussa un sourcil.

- Tu viens de perdre ton droit à choisir un film pour le reste de nos soirées pleines lunes.

- Ne l'écoute pas, Judy. Le Magicien d'Oz est un excellent film. On le regardait tous les ans avec ma sœur à la télé.

Lily venait de les rejoindre, trois boîtes de pizzas et un saladier de popcorn derrière elle, une bouteille de vin rouge et trois verres dans les mains.

Judy la laissa s'installer à côté d'Alice avant de les rejoindre sur le large canapé qui faisait face à la télévision que Sirius avait offert à James pour ses vingt-et-un an. Elle se souvenait encore de cette nuit-là à Édimbourg, quand la guerre les avait rattrapés pour les précipiter dans l'horreur, et qu'elle avait dû s'enfuir de l'hôtel avec un petit garçon de huit mois dans les bras et un rat dans la poche arrière de son sac-à-dos pour seule protection.

Elle n'était pas facilement impressionnable et se vantait d'avoir un excellent sang-froid, pourtant rien que d'y penser, elle sentait son cœur s'accélérer sous les effets de la peur.

Elle secoua la tête pour chasser les souvenirs et se servit une première part de pizza.

Elle prit plaisir à regarder le film, même si son père et Burt lui manquaient un peu. Elle découvrit qu'Alice ne savait pas se taire plus de deux minutes. Une autre fois, cela l'aurait agacée, mais elle devait reconnaître qu'elle n'avait pas tout à fait tort et que son sens de la formule était particulièrement amusant. Lily insista pour qu'elle mange bien plus que son estomac pouvait contenir, soutenant qu'elle s'était un peu renseignée sur le sortilège du MACUSA et que ce n'était pas étonnant qu'elle soit si amaigrie.

A la fin du film, la première bouteille de vin rouge était vide, la deuxième en bonne voie, elle avait le ventre plein et le cerveau un peu engourdi par l'alcool. Alice se leva pour choisir un nouveau film, trébuchant lamentablement sur le bord du tapi et manquant de très peu de s'écrouler sur le sol.

- Alice ne tient pas l'alcool, lui souffla Lily... La dernière fois, on a réussi à la rendre complètement ivre avec Andy et Narcissa. C'était à mourir de rire et j'ai assez de photos compromettantes pour le reste de ma vie.

- Je t'entends, Evans, grogna Alice, bizarrement penchée au-dessus de la collection de cassettes.

Judy ne chercha pas à retenir son éclat de rire, repris aussitôt par Lily. Cela devait faire des années qu'elle n'avait pas passé une aussi bonne soirée. Tous ses amis d'avant ne se souvenaient plus d'elle, et être une mère célibataire compliquait sincèrement les choses quand il s'agissait d'agrandir son cercle social.

Elle ravala son soupir triste.

Elle pouvait s'offrir une soirée de liberté, ses pensées comprises.

- Narcissa et Andy sont parfois de la partie ? Je n'aurais jamais pensé.

Lily avala une gorgée de vin.

- Elles ne sont pas si coincées... Narcissa est capable de faire rouler Sirius sous la table si tu veux mon avis et Andy a quand même épousé Ted. On regarde des films d'auteurs quand elles viennent... Alice a horreur de ça !

- J'apprécie beaucoup les sœurs Black, mais elles ont des goûts atroces en matière de films.

- C'est toi qui n'a aucune éducation.

- C'est pas vrai ! J'ai juste horreur de m'ennuyer ! La majorité n'ont pas de dialogues, et on doit s'estimer heureuses quand ils sont en anglais !

Lily éclata de rire et manqua de justesse de renverser son verre de vin sur elle. Entre deux hoquets, Judy comprit qu'Alice avait manqué l'apoplexie quand Narcissa leur avait fait voir un film en français sans sous-titre.

Finalement, Alice lança Indiana Jones malgré les cris indignés de Lily.

- On l'a déjà vu mille fois !

- Tu avais qu'à te lever, Evans, si tu n'es pas contente. J'aime beaucoup Harrison Ford et personne ne peut m'en blâmer.

- Il joue mal et on a l'impression qu'il est bourré la moitié du temps !

- Peut-être, mais il est séduisant.

Son intervention lui valut de se retrouver avec une Alice pas très coordonnée dans ses bras. Alice passa les deux heures suivantes avec sa tête sur son épaule, jouant avec ses cheveux et riant comme une possédée à chaque fois que les plans de Jones lui explosaient à la figure, parfois littéralement.

Le vin et l'heure avancée aidant, Judy manqua plusieurs scènes et abandonna toute résistance au moment du générique.

Lily la réveilla plusieurs heures plus tard en la secouant délicatement. Elle rouvrit les yeux dans un sursaut et croisa son regard vert inquiet qui semblait voir jusqu'à son âme.

- Tu avais l'air de faire un cauchemar... Ca va ?

Elle se redressa, plus pour gagner du temps que parce qu'elle n'était pas confortable. Elle s'était affalée sur l'un des bras du canapé durant son sommeil, tandis qu'Alice avait basculé sur l'autre. Elle ronflait légèrement, ses cheveux blonds cachant son visage et ses jambes emmêlées avec les siennes.

Elle pouvait sentir le regard insistant de Lily sur elle. Un discret coup d'oeil lui apprit qu'il n'allait pas être facile d'esquiver ses questions... Pour tout ce qu'elle en savait, Lily était têtue et savait extorquer ses secrets à Sirius lui-même, et peut-être aussi à Regulus.

- Je dors mal, à cause du sortilège du MACUSA, éluda-t-elle avec une grimace. Rien de méchant.

Ce n'était pas vraiment un mensonge – elle dormait mal, ou du reste, elle se réveillait avec l'impression de n'avoir fermé l'oeil que quelques minutes – mais Lily l'avait vraiment arrachée à un mauvais rêve. Elle n'en gardait pas tous les détails – quelque chose à propos de Maellyn et Sirius, d'une dispute pour obtenir sa garde et la sensation que son monde s'écroulait sur elle, un rêve qu'elle faisait de plus en plus souvent – et elle aurait aimé avoir sa fille avec elle, juste pour l'oublier tout à fait.

Lily sembla hésiter, sa bouche tordue dans une grimace qu'elle ne lui connaissait pas.

- A ce propos, Judy... Je suis entre deux projets au travail et il est fort probable que mon chef ne me donne rien de bien intéressant avant Halloween. Je pourrais travailler sur une potion pour affaiblir le sortilège du MACUSA. Pas au point que tu puisses faire de la magie, mais au moins contrecarrer les effets secondaires jusqu'à ce que Regulus trouve le bon levier au MACUSA.

Elle en resta bouche bée.

- Regulus veut me faire réinstituée ? Il me déteste.

Lily haussa les épaules.

- Il ne te déteste pas... C'est juste une impression qu'il donne à tout le monde. Sirius n'a pas apprécié ta crise après qu'il t'ait fait passer les protections de sa maison. Il a demandé à Regulus de faire quelque chose. Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas où ça en est, mais peu de personnes osent refuser quelque chose aux Black, ces derniers temps. Ou alors, ils ne le font qu'une fois.

A la possibilité que, peut-être, elle pourrait récupérer une baguette et être débarrassée de ce maudit sortilège qui l'empoisonnait de l'intérieur, elle avait la tête qui tournait. Cela faisait plus de quatre ans qu'elle avait été bannie mais elle se souvenait encore des premiers mois, durant lesquels elle avait été à peine capable de quitter sa couchette dans sa cellule. Comment Maellyn avait pu continuer à grandir en elle malgré tout était un mystère.

Savoir que Sirius avait demandé à son frère d'intercéder en sa faveur n'était pas si surprenant au fond : elle avait remarqué sa colère ce jour-là contre le MACUSA et avait même souhaité qu'il aille en découdre à New York, juste parce le bureau de la protection du secret magique méritait de se retrouver à gérer la fureur des Black.

Apprendre qu'il n'avait pas attendu deux jours après l'avoir revue pour prendre sa défense était une toute autre histoire. Elle réussit difficilement à contenir l'espoir dans un coin de son cœur. Elle ne prendrait pas le moindre risque à ce sujet-là.

- Alors, tu es partante pour te transformer en souris de laboratoire ?

- Seulement si tu me promets de ne pas me tuer par accident.

Lily eut une grimace.

- Crois-moi, je ferais tout pour ne pas en arriver là. Sirius demande trop de travail quand il est déprimé... J'ai lu quelque chose à propos d'un tatouage ?

Lily avait donc déjà fait des recherches, sûrement pour avoir une idée de l'endroit où elle mettait les pieds. Judy ne savait pas trop comment le sortilège du MACUSA fonctionnait, mais il lui avait paru bien compliqué à mettre en place.

- Tout le long de ma colonne vertébrale, oui. C'est une collection de runes.

- Je vais avoir besoin de quelques photos pour pouvoir travailler dessus. Je reviens.

Tandis que Lily rejoignait l'étage, Judy fit de son mieux pour récupérer ses jambes sans réveiller Alice. Ses efforts furent saluer d'un ronflement plus bruyant qui lui tira un sourire.

Il y avait un naturel chez Alice qui était étrangement touchant et elle se sentait déjà attachée à elle, alors que ce n'était que la deuxième fois qu'elle la voyait.

Au rythme où allaient les choses, le retour aux Etats-Unis s'annonçait encore plus douloureux que prévu.

- Déshabille-toi, Adler.

La voix suave de Lily la fit se retourner lentement vers la porte du salon. Lily, appuyée sur la chambranle de la porte avec un appareil photo à la main, lui fit un clin d'oeil qui se voulait aguicheur mais qui était peut-être trop exagéré pour être parfaitement crédible.

- Je suis flattée, Evans, mais tu n'es pas vraiment mon genre.

Lily rit doucement et s'approcha en secouant la tête.

- Oui, ça je le sais.

Elle ignora le commentaire autant que le regard entendu de Lily, et ôta son pull pour se donner une contenance.

- J'espère que vous aviez prévu de me réveiller, les filles... La soirée commence enfin à être intéressante.

- Il n'y a vraiment pas assez de femmes au département des Aurors, Alice. Tu as leur humour maintenant !

Alice se redressa et Judy eut la désagréable impression de passer un examen dont elle ignorait la teneur exacte. Elle n'avait jamais été particulièrement pudique mais elle était devenue moins fière de son corps. Elle l'avait toujours connu fort et musclé, sauf que le sortilège de bannissement l'avait amaigri, faisant fondre les muscles que la boxe avait développé et donnant une couleur de craie à sa peau. D'ordinaire, elle arrivait à cacher le pire derrière le maquillage et les vêtements, sauf qu'un soutien-gorge était loin de faire l'affaire.

Elle se leva pour que Lily puisse prendre son dos en photo au plus vite et qu'elle retrouve le confort de ses vêtements.

Elle réalisa une seconde trop tard qu'elle avait négligé un petit détail.

Les doigts de Lily se posèrent sur le tatouage qui décorait son omoplate gauche et elle ferma les yeux.

Merde.

Qu'importe qu'elle l'ait fait juste avant de se faire arrêter ou qu'elle l'ait encore après tout ce temps – sans la magie, elle était condamnée à l'avoir jusqu'à la fin de ses jours de toute façon – la vérité était qu'elle n'avait jamais envisagé de le faire disparaître tout court.

- Tu l'aimes encore...

Ce n'était même pas une question, et ça rendait la vérité encore plus difficile à regarder en face.

Dieu tout puissant, elle allait être malade.

- Je... Ça n'a pas d'importance, souffla-t-elle finalement, incapable d'autre chose.

- Judy... Ce n'est pas vrai, ça...

Elle serra les dents et dégagea son épaule de la main de Lily.

- Je ne veux pas en parler.

Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir Alice ouvrir la bouche. Elle secoua la tête, et même si elle faisait tout pour que les traits de son visage restent figés dans un masque imperturbable, elle savait très bien qu'elle n'y réussissait pas vraiment.

Finalement, Lily prit ses photos en silence et lui promit de faire au plus vite, parce qu'elle n'aimait pas voir ses os aussi proches de sa peau.

Bien sûr que non, je ne prends pas un malin plaisir à torturer Judy ! Quelle idée !

J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :

- Lily et son petit côté manipulatrice qui se révèle avec l'âge (je pense que c'est la faute de Regulus).

- Alice, toujours aussi extra (franchement, c'est la chouchoute dont j'ignorai avoir besoin).

- Judy qui a un peu de mal à garder la tête hors de l'eau (elle s'épargnerait bien des cauchemars si elle parlait avec Sirius, mais elle est têtue dans le genre).

J'attends de pied ferme vos hypothèses quant au « petit détail » que Judy a négligé et je vous dis à dans un mois (et pour le teasing, sachez que c'est Halloween nappé de Angst, je l'aime bien dans le genre).

En attendant la suite, n'oubliez pas d'aller faire un tour sur Black Sunset : Dark Matter !

La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.

Orlane.

Mis en ligne le 15/09/2018