Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
Guest : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture;)
Sunshine : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que mon histoire te plaise ! Les bonnes choses savent se faire attendre. Bonne lecture.
Lupa : Hey ! Merci beaucoup pour ta review !
Merci pour Alice et Lily (j'avoue, mes chouchoutes, elles sont faciles à écrire en plus – ça serait bien que d'autres en prennent de la graine ! –). Je suis contente que la soirée entre fille t'ait plu ! Je n'exclue pas la possibilité d'écrire un petit spinoff avec les sœurs Black en guests star (quand je serais un peu moins fâchées avec les coups tordues qu'elles m'ont fait sur BS).
Je note pour ton idée. Réponse dans quelques chapitres;)
Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
MPYO : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis super touchée par tes compliments sur mon histoire ! Dans Black Sunset, la guerre prend un peu plus de place face au reste (et mes persos ne m'avaient pas tout à fait prise en otage de la même façon qu'ici) mais je suis contente que cette histoire-là t'ait plu aussi et d'apprendre que mon style continue à évoluer ! Je te conseille Black Sunset : Dark Matter pour patienter plus facilement entre deux mises à jour ici (les publications sont mensuelles sur les deux histoires). Dans tous les cas, j'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture.
Juliette : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je ne commenterais pas tes insinuations sur la mauvaise foi de Judy, tu verras bien quand je lâcherais l'info si tu avais raison ou pas ! Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture.
mh : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Lily est une fine manipulatrice, et je trouve que c'est l'un de ses plus beaux défauts (je pense que Sirius s'est fait une raison depuis des années déjà, entre James et elle). Je note pour le tatouage et je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Merci à Maxine3482, Guest, Sundae Vanille (x2), Sunshine, titietrominet27, Lupa, MPYO, Juliette, Nymueh et Lyrumbra pour leur review. Vous ne savez pas à quel point ça me faire plaisir à chaque fois de recevoir vos petits mots !
Bonjour à toutes et à tous !
What's up ?
De mon côté, ça va pas trop mal. Déjà parce que c'est bientôt les vacances, et surtout parce que j'ai réussi à avoir des places pour le concert de Mumford and Sons, donc je suis super HYPE !
Bon, un peu moins hype niveau écriture, j'avoue. 34 avance pas très vite quand même, mais la perspective de me mesurer à la Coupe du Monde de Quidditch me fait pas spécialement rêver non plus (sachez qu'il n'y a rien de pire que le Quidditch en terme de corvée d'écriture dans cet univers, je comprends pourquoi Rowling s'est arrangée aussi souvent pour qu'Harry ne puisse plus en faire!)
Sinon, nouveau chapitre, dont je suis plutôt très fière, et je pense qu'il devrait vraiment vous plaire depuis le temps que je le tease ! Allez, bonne lecture !
PS : Juste un petit point bande son. La chanson Us de James Bay me donne souvent l'impression d'avoir été écrite pour Blacker ('fin ça fait ça avec beaucoup de ses chansons) et je suis littéralement amoureuse de son duo live avec Alicia Keys. Faites-vous doublement du bien aujourd'hui et écoutez-moi ça !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
There Will Be Time...
Chapter Nine.
« So tell me how to be in this world
Tell me how to breathe in and feel no hurt
Tell me how 'cause I believe in something
I believe in us
Tell me when the light goes down
That even in the dark we will find a way out
Tell me now 'cause I believe in something
I believe in us
Oh »
(Us – James Bay)
- Lord et Lady Greengrass ! Leurs filles, Daphné et Astoria Greengrass.
La voix de l'elfe de maison couvrit la musique et s'éteignit juste avant que la famille ne se présente au niveau de la porte, tous les quatre somptueusement habillés, les fillettes ressemblant à des poupées de porcelaine. Judy fit claquer sa langue contre son palais et il n'eut pas besoin de tourner la tête vers elle pour deviner qu'elle venait d'avoir la même réflexion.
Elle promenait un regard terriblement sombre sur l'assemblée depuis l'arrivée des premiers invités et ce n'était pas lui qui allait l'en empêcher.
Les Greengrass saluèrent Narcissa chaleureusement, les deux filles firent des révérences avant de repartir en direction de la salle de réception pour les enfants, où un buffet de bonbons, de gâteaux et de jus de fruits les attendaient. Avec un peu de chance, elles allaient s'amuser malgré tout.
Il ignora les nouveaux arrivants – Nott et son fils – et chercha vainement une distraction des yeux.
Le manoir Malefoy rivalisait avec Poudlard en ce jour d'Halloween. Une fois de plus, Narcissa s'était surpassée : une fois les portes de la salle de réception passées, on avait l'impression de se retrouver au cœur d'une forêt en plein automne. Les murs de la pièce étaient invisibles derrière les troncs épais et seul un ciel étoilé se laissait deviner à travers les branchages aux couleurs rouge, or, bronze et orange.
Il aurait pu être content d'être là. Le haut gratin de la société Sang-Pur excepté, James, Lily, Remus, Frank et Alice ne manquaient pas à l'appel, et il n'avait même pas eu besoin de se méfier des plans de Narcissa, Andy et Regulus pour lui trouver une cavalière cette année, puisque Judy était toute désignée.
Malgré tout cela, il détestait Halloween – Pettigrow l'avait trop aimé de son vivant – et il détestait encore plus de devoir supporter les simagrées d'un monde qu'il avait tout fait pour fuir, sans parler de sa résolution de tenir Maellyn éloignée de toutes ces pourritures.
Par Godric, il n'avait toujours pas digéré que Narcissa ait réussi à convaincre sa fille de mettre une robe !
Il glissa un nouveau regard à Judy. Son expression sombre lui arracha un sourire en coin.
Il n'était visiblement pas le seul à ne pas vouloir être là.
Avisant son verre vide, il saisit l'opportunité de s'éloigner pendant quelques minutes du reste de sa famille – puisqu'il était censé accueillir les invités aux côtés de Narcissa, Andy et Regulus –.
En plus du buffet où étaient disposés de nombreux canapés et autres amuse-bouches, des serveurs en livrée slalomaient avec grâce entre les convives et un bar, auquel on pouvait demander n'importe quel cocktail, occupait tout un coin de la grande salle de bal du manoir Malefoy.
C'était dans ces moments-là que l'alcool lui manquait sans doute le plus : ça avait toujours été le meilleur moyen de passer un bon moment lors des fêtes interminables du monde Sang-Pur.
Il se faufila dans la queue, offrant un regard noir aux exclamations outrées.
- Lord Black, que puis-je pour vous ? lui demanda une femme, avec un sourire charmant plutôt appuyé.
Il balaya les nombreuses bouteilles du regard et trouva facilement ce dont il avait besoin.
- La bouteille de Bourbon sec.
- Entière ? Votre frère nous a dit...
Son expression devait s'être suffisamment assombrie pour l'obliger à réfléchir à la fin de sa phrase. Elle hésita une seconde de plus avant de lui donner la bouteille au trois-quart pleine. Il attrapa celle de limonade pour faire bonne mesure et s'éloigna sans un regard de plus.
Regulus devenait agaçant à la fin !
- Alors, Patmol, tu t'amuses bien ?
James aurait pu être élégant dans sa robe noir au col or s'il avait réussi à faire quelque chose de ses cheveux et si ses lunettes n'étaient pas de travers. Lily était, elle, éblouissante, dans une robe émeraude courte, décorée de pierres de cristal le long de son décolleté plongeant, et perchée sur une paire de talons impressionnants.
Ils se tenaient par la main, le visage rouge qui en disait long, et James affichait un sourire hilare qui lui donnait presque envie de lui vider une des deux bouteilles au visage.
- Je ne vais pas tarder à mourir d'ennui.
- Ca serait quand même con d'avoir survécu à une guerre et de finir comme ça... Du Bourbon, vraiment ?
Il leva les yeux au ciel.
- C'est pour Judy. Je vais continuer à la limonade et prier pour que cette soirée se termine le plus vite possible.
- Comme c'est prévenant de ta part...
Il était certain qu'il y avait un sous-entendu, quelque part, et il plissa les yeux. Les sourires innocents de ses deux amis valaient une confession chacun et s'ils n'avaient pas été entourés de commères professionnelles, il aurait sans doute exigé des explications !
Il glissa malgré lui un regard en direction de Judy, même s'il savait déjà qu'elle se trouvait derrière Andy et Cissy, les bras croisés sur sa poitrine, et l'expression de quelqu'un qui réfléchissait en silence à un double meurtre.
Sauf que ce n'était pas le cas, et il eut presque du mal à contenir sa soudaine inquiétude... Plus pour celui qui se serait attiré ses foudres que le contraire.
Il la trouva rapidement, sa tenue si différente – un pantalon ajusté, à la taille haute, et un bustier, le tout bleu foncé et rehaussé d'une ceinture du même tissu fleuri que son costume à lui – la rendant immanquable malgré les nombreux convives. Elle lui tournait le dos et faisait face à Corban Yaxley, sans doute l'un des pires requins de la politique sorcière.
Il ne l'aimait pas en règle générale, mais son expression avide lui donna une raison de plus pour abattre son poing sur son visage ou lui lancer un maléfice qui le conduirait tout droit à Sainte Mangouste.
Il tendit ses deux bouteilles au premier serveur qu'il croisa et rejoignit Judy juste à temps pour entendre une de ses répliques à Yaxley.
- Vous avez entendu parler de Maellyn Black ?
- Je crois que personne n'a pu échapper à l'article de Skeeter... Pourquoi ?
- Je l'ai élevée.
Yaxley la dévisagea avec un air interdit, ses lèvres légèrement entrouvertes à cause de la stupeur, puis il croisa son regard et sembla enfin se décider à aller importuner quelqu'un d'autre.
- Ca va ? demanda-t-il.
- Quel espèce de gros crétin ! Il a de la chance que je sois encore sobre ou il aurait terminé avec ses bijoux de famille dans la gorge.
Il regretta de s'être débarrassé de la bouteille de Bourbon. Yaxley aurait peut-être appris une leçon avec un truc pareil.
- Et merci de m'avoir laissée toute seule avec le reste du comité d'accueil !
- Désolé, je...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Narcissa tapotait avec insistance sur l'une des coupes de champagne en cristal, attirant l'attention de toute l'assemblée.
- Merci à toutes et à tous d'être venus à la traditionnelle fête d'Halloween des Malefoy. Cette année est un peu particulière pour ma famille et moi car les Black comptent désormais une héritière, et, en son honneur, j'aimerais que ses parents ouvrent le bal.
Sirius ferma les yeux, comptant ses inspirations et ses expirations pour ne pas perdre tout son sang-froid et assassiner sa cousine. Quand il les rouvrit, Judy le dévisageait avec fureur.
- C'est une blague ?
- Si c'est le cas, ma cousine a un sens de l'humour encore plus tordu que celui de Bellatrix.
La musique commença à s'élever depuis l'orchestre. Il reconnut une valse sur laquelle il avait sûrement appris ses pas quand il était plus petit. Même s'il ne souhaitait rien de plus que de quitter la salle de bal et envoyer Narcissa au diable s'il le fallait, il savait pertinemment qu'il faisait les frais de son manque de tact concernant l'article sur Maellyn.
Il pouvait se tromper, mais il s'agissait sans doute d'une idée d'Andy.
Avec un soupir résigné, il posa sa main droite sur la taille de Judy et attrapa sa main gauche avec la sienne.
- Je ne sais pas danser un truc pareil, Black ! siffla-t-elle.
- Ils n'enseignent pas la valse en prison ?
Elle le dévisagea avec incrédulité, puis eut un demi sourire, qu'il ne put s'empêcher d'imiter plus largement.
Leur ancienne complicité était une compagne fuyante quand ils se retrouvaient tous les deux, et il avait l'impression de remporter une victoire plus éclatante que celle de la guerre quand elle acceptait de baisser sa garde.
- J'imagine bien mon père et mon oncle danser...
- Qui sait, peut-être qu'ils aimeraient ça ? Suis mes pas et tout ira bien. D'ici à ce que la danse soit terminée, Yaxley aura passé le mot sur ton évidente folie et personne n'osera te faire de remarques.
Ses premiers pas furent raides. Il la sentait crispée sous sa main posée sur sa taille, la sienne serrant son épaule si fort qu'il n'allait pas tarder à avoir des fourmis dans le bras.
Même s'il risquait de se prendre un coup de poing en pleine figure – qui ne serait pas le premier qu'il recevrait en public et de la part d'une femme – il l'attira un peu plus contre lui.
Ses talons – sûrement les premiers qu'il lui voyait aux pieds, ce qui signifiait qu'Andy s'était surpassée pour l'amadouer – la rendait presque aussi grande que lui, et il n'eut même pas besoin de se pencher pour que ses lèvres soient à la hauteur de son oreille.
- Relax, Adler. Tu n'as rien à leur prouver.
Il fit l'erreur de baisser les yeux vers sa nuque dévoilée par ses cheveux désormais courts. Elle avait profité de l'entraînement de Quidditch de Maellyn la semaine dernière pour aller chez le coiffeur et en était revenue avec des cheveux courts, rasés très court de part et d'autre de sa tête, et juste une mèche blonde plus longue sur le dessus qu'elle ne coiffait même pas le matin.
Le message était clair : choquer au plus possible le monde Sang-Pur pour s'en fermer les portes, à elle et à Maellyn, mais Narcissa avait réussi à la rendre sublime malgré tout.
Cinq ans de cela, il aurait sans doute embrassé l'endroit où son cou rencontrait son épaule, parce qu'il n'avait certainement pas oublié comment lui arracher un frisson, mais il était cinq ans trop tard, et il préféra remettre une distance plus raisonnable entre eux, ignorant au passage les souvenirs qu'une simple bouffée de son odeur faisait rejouer dans un coin de son crâne.
Ses paroles avaient eu l'effet escompté. Judy se laissa un peu plus aller, et la moitié de la valse ne s'était pas écoulée qu'il la faisait tournoyer sur elle-même, manquant de perdre son souffle quand elle enfonça son coude dans son sternum en revenant vers lui.
Qu'elle éclate de rire en le voyant grimacer ne l'étonna même pas.
- C'est de la danse, pas de la boxe, grogna-t-il.
- Désolée...
L'étincelle moqueuse dans son regard en disait long sur sa sincérité, sauf qu'il aurait sans doute été capable de lui pardonner l'impossible quand ses yeux brillaient de cette façon, leur bleu nuit encore plus saisissant à cause du maquillage élaboré par Narcissa.
Il s'en tint à parcourir la piste de danse en rythme avec la musique par la suite. Judy ne lui marcha qu'une fois ou deux sur les pieds, ce qui n'était pas le pire qu'il ait connu jusqu'à aujourd'hui.
De nombreux couples les avaient rejoints depuis longtemps – dont Frank et Alice – et il l'attira en direction de James et Lily à la fin de leur danse.
- Vous étiez magnifiques, tous les deux !
James tenta de dissimuler son éclat de rire moqueur derrière une quinte de toux pathétique. Il l'assassina du regard pour faire bonne mesure : il était quand même gonflé de se payer de sa tronche alors qu'il n'arrivait même pas à danser en rythme, et encore, quand il se souvenait des pas.
- Vous avez eu l'air surpris que Narcissa vous demande d'ouvrir le bal, fit-il remarquer... Elle a oublié de vous en parler ?
- Sciemment, je me trompe ?
L'expression de James se glissa dans le masque de l'innocence incarnée, ce qui confirma ses doutes. Narcissa pouvait essayer de lui faire promettre la lune si elle le voulait, elle n'allait certainement pas le voir ici l'année prochaine.
- Comment vont tes pieds, Sirius ?
Regulus et Remus venaient de les rejoindre, tous deux engoncés dans des robes de sorciers assorties, comme si le monde Sang-Pur avait besoin d'un mémo les concernant. La moitié des Vingt-Huit Consacrées avait dû les surprendre en train de se peloter depuis qu'ils étaient ensemble.
- Sûrement mieux que les tiens à la fin de la soirée, mon très cher frère. Judy danse nettement mieux que Remus.
Cela eut le mérite de clouer le bec de Regulus, tandis que Remus levait les yeux au ciel.
- C'était il y a presque dix ans, Sirius...
- Je crois que mon orteil gauche ne s'en est toujours pas remis.
James et Lily rirent – la mention de ce Gala était toujours un franc succès – mais Judy lui lança un regard interrogateur.
- Remus était mon cavalier au Gala des Vingt-Huit Consacrées peu après Poudlard. Je pense que c'est à ce moment-là qu'il a pris goût aux Black.
Elle haussa un sourcil.
- Je suppose que tes parents étaient présents ?
Il ne put retenir un sourire rêveur au souvenir du visage furibond de sa mère et du teint blafard de son père.
- Walburga a failli devenir hystérique et j'ai cru qu'Orion avait fait une crise cardiaque. C'est le meilleur Gala auquel j'ai jamais pris part, toutes catégories confondues.
Judy haussa un sourcil qu'il qualifia d'appréciateur. Il allait lui décrire les autres Galas – celui où il avait fini ivre sur le toit du manoir Londubat avait été pas mal non plus – quand il surprit une petite silhouette couronnée de longues mèches noires slalomer entre les invités.
- Maellyn, souffla-t-il en se baissant.
Sa fille se jeta dans ses bras. A sentir sa joue poisseuse contre la sienne, il se demanda si les autres petits Sang Purs n'avaient trouvé aucune autre idée brillante que de lui renverser du jus de fruit dessus, avant que ses sens d'Animagus ne reconnaissent l'odeur métallique du sang.
Il l'écarta de lui pour la détailler. Du sang maculait définitivement une partie de son visage et avait tâché sa robe bleu ciel.
Il sentit son cœur s'accélérer et voulut sortir sa baguette, mais tout ce dont son cerveau était capable de faire était de se répéter en boucle que sa fille était blessée et que c'était peut-être grave et que Merlin, il connaissait certains sortilèges, mais peut-être que cela ne suffirait pas pour la sauver.
- Maellyn, tu es blessée ?
Judy s'était accroupie à ses côtés et attrapa le visage de leur fille d'une main, faisant pivoter sa joue ensanglantée vers elle.
Maellyn se dégagea avec un grognement.
- Non. J'ai cassé le nez d'un garçon !
Sirius réalisa qu'il retenait son souffle depuis une longue minute. Son soupir de soulagement ressembla plus à un ballon qui se dégonflait subitement, et il fut presque certain de voir Judy lever les yeux au ciel à côté de lui.
- Quel garçon ? demanda-t-il.
S'il devait affronter un parent furieux en duel ce soir, autant qu'il sache d'avance s'il pourrait ressortir les mauvais tours appris durant la guerre maintenant.
- William R-je-sais-plus-comment. Il disait des méchantes choses sur toi, et maman et moi. Alors je lui ai dit d'arrêter, mais il a pas voulu, alors j'ai fait comme maman avec Skeeter.
Une autre fois, il aurait sûrement commenté le Merlin tout puissant affligé de Regulus, mais il avait plus important à régler.
- Tu as cassé le nez de William Rogue ?!
Elle renifla, son regard bleu nuit étrangement provocateur pour une gamine de quatre ans.
- Oui, c'est comme ça qu'il m'a dit qu'il s'appelait.
- Merlin, Maellyn... Je suis très fier de toi.
Sa fille eut un sourire en coin, Judy lui asséna un coup dans l'épaule, Lily lâcha un « Sirius ! »scandalisé, tandis que James et Remus éclataient de rire.
Il sortit finalement sa baguette pour faire disparaître le sang et réparer les phalanges rougies de la main gauche de Maellyn, avant de la prendre dans ses bras et de se relever.
- On devrait partir avant que Rogue n'apprenne l'histoire. Narcissa va me tuer si je déclenche encore un duel avec lui.
C'était presque trop beau pour être vrai : sa fille réalisant un rêve – il avait voulu balancer son poing au visage de Servillus plusieurs fois depuis leur première rencontre dans le Poudlard Express – et il avait en plus une parfaite excuse pour une sortie prématurée !
Sa bonne étoile s'était définitivement remise au boulot !
- C'est qui ce Rogue ? Un Mangemort ?
Judy ne semblait plus si contrariée par sa réaction, sans doute parce qu'elle aussi voulait partir au plus vite.
- Mangemort, oui. Et l'ennemi attitré des Mauraudeurs du temps de Poudlard, l'ancien meilleur ami de Lily, et le connard qui a donné l'idée à Voldemort de s'en prendre à Harry.
- Entre autres choses, grogna James.
Judy les dévisagea l'un après l'autre.
- Je dis qu'on reste et je lui balance mon poing dans la figure à la première occasion.
Il la détailla à son tour, son cœur battant un peu plus vite dans sa poitrine, et une étrange boule dans sa gorge. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine, et il ne lui avait pas vu un air aussi sauvage depuis son retour. Si Andy et Narcissa avaient pensé qu'ils suffiraient de vêtements de créateurs moldus et d'un peu de maquillage pour en faire une Lady, elles s'étaient lourdement trompées.
Judy haïssait ce monde d'hypocrites au moins autant que lui. Si Regulus voulait une parfaite héritière pour la famille Black, il allait devoir la concevoir lui-même !
- Cette histoire fera assez scandale sans rajouter de l'huile sur le feu, reprit son frère, un air pincé sur le visage qui lui rappelait Orion à chaque fois. Le plus sage serait que vous partiez, et avant que Narcissa n'ait vent des détails, si possible.
- Narcissa ne va jamais nous laisser partir aussi tôt, contra-t-il.
Il se fichait bien des scandales et des rumeurs. Il avait l'habitude pour commencer, et cela en vaudrait le coup si la nuit se terminait avec Rogue inconscient et son nez crochu cassé.
- Il suffit d'une bonne diversion, dit Remus.
James haussa les épaules.
- Classique, mais efficace. Judy pourrait s'évanouir.
- Pourquoi moi ?!
James sembla profondément déçu par sa question.
- C'est quand même plus logique que ce soit toi qui t'évanouisses ! On veut rester, nous ! Et sans vouloir te manquer de respect, Adler, je ne pense pas que tu sois capable de porter Sirius.
Judy se tourna vers Lily.
- Non ! Il y a de l'alcool, de la nourriture, de la musique et pas d'enfants ! Je reste ici jusqu'à ce que je ne puisse plus marcher droit !
Judy soupira, avouant sa défaite en silence, même si elle ne semblait pas ravie par le plan de James et Remus. Maellyn accepta de passer dans les bras de son parrain, le sourire tordu de Judy sur les lèvres et l'air satisfaite de pouvoir s'en aller.
Judy lui glissa un seul regard avant de faire trois pas mal assurés et de basculer sur lui. Il la réceptionna sans mal, un bras au niveau de sa taille, l'autre au niveau de ses épaules nues, la maintenant plaquée contre lui pour ne pas qu'elle glisse au sol.
Comme lors de leur danse, il dut faire un véritable effort pour ne pas perdre le fil et garder un minimum de lucidité, surtout qu'il n'y avait vraiment plus aucune distance entre eux.
Il raffermit sa prise sur sa taille et passa son deuxième bras sous ses genoux, avant de la soulever.
La potion de Lily devait bien fonctionner car elle était nettement plus lourde qu'à son arrivée à Londres. Ce n'était pas pour l'arranger ce soir, mais il ne put s'empêcher d'être un peu soulagé. Merlin, il n'aimait pas la voir aussi émaciée.
Quand il passa près des premiers autres invités, des exclamations surprises et des « que se passe-t-il ? » saluèrent sa progression – heureusement, ils n'étaient pas loin de la sortie – auxquels il se garda bien de répondre.
Qu'ils parlent et imaginent ce qu'ils voulaient, il n'en avait rien à faire.
- Ce n'est rien, juste un petit malaise. Elle est enceinte.
James avait vraiment de la chance qu'il ait les deux mains prises.
- Je vais le tuer, murmura Judy, le souffle de sa voix venant caresser la peau de son cou.
- Je t'aiderais à cacher le corps, répondit-il, même s'il marqua un temps d'arrêt.
Il fut presque certain de sentir son sourire, mais il venait de passer la porte sans que Narcissa ne soit venue à leur rencontre, et Rogue n'était pas non plus dans les parages.
Remus et Regulus restèrent sur le seuil du Hall pour décourager les curieux – personne n'oserait prendre le risque de s'attirer la rancune de son frère – et Lily tendit une fiole remplie d'une potion violette à Judy au moment où il la déposait au sol.
James sourit largement – fièrement – quand il croisa son regard noir.
Quel espèce de crétin !
- Allez, ça va tellement les faire jaser que personne ne commentera le coup de poing de Maellyn.
- J'aurais préféré qu'ils commentent le coup de poing magistral de ma fille, grogna-t-il tout en récupérant Maellyn.
Il passa le premier dans la cheminée, Maellyn lovée contre lui pour avoir le moins de suie dans les yeux. Elle n'aimait pas plus que lui ce moyen de transport, mais à part la moto, c'était la seule façon de rejoindre le manoir Malefoy rapidement.
Judy les rejoignit une petite minute plus tard, le teint un peu pâle à cause de la magie, mais visiblement soulagée.
Il lui attrapa le bras pour l'attirer vers l'entrée alors qu'elle allait s'asseoir, Maellyn toujours perchée sur son bras.
- Quoi ?
- On reste pas ici. C'est le premier endroit où Narcissa et Rogue vont venir nous chercher, et il vaut mieux attendre que la colère de ma cousine retombe.
- Et on va où ?
Il déposa Maellyn au sol pour lui enfiler sa veste et une écharpe.
- Où tu veux, Adler.
Il avait ses habitudes, sauf que Regulus les connaissait et il était peut-être temps qu'il disparaisse de ses radars. Avec un peu de chance, James serait inquiet.
- Je peux enlever ma robe ?
Il doutait que Narcissa débarque chez lui alors que sa fête battait son plein, mais elle pouvait très bien envoyer Andy, et c'était sans doute pire. En deux coups de baguette magique, il transforma la robe de Maellyn en une salopette plutôt convaincante, sauf qu'elle semblait taillée dans de la soie – ce qui était peut-être même le cas – et il l'aida à enfiler sa paire de basket abandonnée au pied de l'escalier. Judy fit de même et ils furent prêts à disparaître en moins de deux minutes.
Ils durent marcher un peu pour rejoindre une rue plus passante, où il héla le premier taxi vide.
- Vous allez où ?
- Chaton, tu veux allez où ?
Maellyn cessa de se débattre avec sa ceinture de sécurité et releva les yeux vers lui.
- J'ai faim. On peut aller au McDo ?
- Lequel ? demanda le chauffeur.
- Celui de Saint James Park, répondit Judy.
L'heure était suffisamment tardive pour que le taxi se faufile sans problème dans les rues de Londres. Il se retrouva bien vite attablé devant un hamburger un peu triste, accompagné de frites et d'un verre de Coca, Judy à sa droite et Maellyn en face d'eux, déballant avec soin la boîte colorée qu'elle avait choisi.
- Oh non, je l'ai déjà, maman !
Judy attrapa le petit carré en plastique qu'elle lui tendait, une espèce de clown dessiné dessus.
- Qu'est-ce que c'est ?
- La raison pour laquelle ta fille aime venir ici.
Il comprit plus tard qu'il s'agissait d'une sorte de puzzle dont les différentes pièces coulissaient les unes par rapport aux autres. Maellyn avait beau lui avoir soutenu qu'elle était affamée, elle avait eu du mal à terminer son sandwich et avait laissé la moitié de ses frites. Elle avait ensuite rejoint l'air de jeu et lançait des boules de plastique sur d'autres enfants avec des cris de guerre impressionnants.
De tout ce que sa fille pouvait être, sa liberté était ce qu'il préférait le plus, et il ferait tout ce qu'il pourrait pour qu'elle ne la perde pas de vue en grandissant.
- Ce Rogue va se venger ?
Judy le sortit de ses pensées avec une grimace d'excuse.
Il haussa les épaules.
- Il va essayer, mais je doute qu'il parvienne à grand chose. Il a bien plus à perdre que moi en se mettant la société Sang Pur à dos. J'espère juste que ça servira de leçon à son fils...
- Ne t'inquiète pas, Maellyn n'hésitera pas à recommencer autant de fois que nécessaire pour que le message rentre.
Il eut un éclat de rire. Regulus allait bientôt avoir plus de travail et de cheveux blancs à cause d'elle que de lui.
- Quand lui as-tu appris à casser des nez ?
Le sourire tordu de Judy étira ses lèvres.
- Je n'ai pas eu besoin. C'est ma fille.
Il se tourna vers elle et haussa les sourcils. Elle aurait réussi à lui faire avaler une couleuvre pareille si elle n'avait pas eu les yeux aussi brillants de malice. Il n'eut pas besoin de beaucoup réfléchir pour trouver la réponse à sa question.
- Tu as profité de l'entraînement d'hier.
Elle releva le menton.
- Elle a appris très vite. Visiblement, c'est dans ses gênes...
Il n'en doutait pas une seconde. Il la voyait avec une batte à la main depuis presque deux mois, et il avait l'impression qu'elle essayait de détruire le Cognard en mousse à chaque fois qu'elle tapait dedans. Il était presque sûr qu'elle faisait peur à au moins la moitié du groupe dans lequel elle était.
- Tu ne m'as pas dit... Pourquoi Maellyn ?
Judy eut cet étrange sourire tendre, celui qui n'avait été réservé qu'à lui, avant, et qu'elle gardait pour leur fille, maintenant.
- Il n'y a pas de grande histoire. Je l'ai vue, et je savais... Je ne sais même pas où j'ai pu l'entendre pour commencer. Quant à son deuxième prénom, j'étais au fond d'une cellule et j'ai cru comprendre que tu te bats pour ta liberté depuis un certain temps déjà.
C'était sûrement un euphémisme.
Il se racla la gorge.
- Pourquoi Black ?
Elle lui glissa un regard en coin. Son expression devait être plus sombre que ce qu'il pensait car elle croisa ses bras sur sa poitrine en réponse.
- C'est ma fille, mais elle est définitivement une Black, Sirius... Et j'avais vraiment envie de faire faire un infarctus à ta génitrice.
Il n'était pas vraiment sûr que Walburga aurait fait une attaque – il fallait avoir un cœur pour commencer – mais elle aurait sans doute été furieuse et lui aurait promis mille morts. Parfois, il regrettait qu'elle n'ait pas vécu assez longtemps pour voir Remus et Regulus amoureux et sans gêne. Elle qui n'avait juré que par son cadet si fort et pendant si longtemps aurait été pétrifiée par la haine.
- Tu es revenue quatre ans trop tard.
- Quel dommage... J'avais appris tout un tas d'horreurs à Maellyn pour le jour de leur rencontre.
Si Walburga avait toujours soutenu qu'il n'était qu'un petit sauvage quand il était enfant, elle aurait sans doute revu son jugement en rencontrant Maellyn
Leur fille n'avait pas fini de subir les inconvénients d'avoir un nom tel que le sien, mais peut-être que la société Sang-Pur avait besoin que la famille la plus célèbre d'entre elles soit représentée par une petite rebelle au tempérament de feu.
Une chose était sûre, de nombreux parents allaient y réfléchir à deux fois avant d'envoyer des propositions de mariage en son nom à Regulus après la scène avec le fils de Rogue.
Du coin de l'oeil, il surprit le bâillement étouffé de Judy. Il était près de vingt-trois heures et il serait sans doute plus sage qu'ils rejoignent un hôtel, juste pour disparaître encore un peu, et laisser le temps à Regulus de promettre ce qu'il fallait à Narcissa pour qu'elle lui fiche la paix.
Sauf qu'il n'avait pas vraiment envie de partir. Il aimait observer Maellyn jouer de loin, il aimait être anonyme dans le monde moldu – même si leurs tenues, trop élégantes pour un fastfood, leur avaient valu de nombreux regards surpris – et, plus que tout, il ne voulait pas que la soirée se termine.
C'était sûrement dû au fait qu'ils s'étaient alliés pendant la fête de Narcissa pour que personne n'ait jamais plus l'idée de les obliger à une telle parade, mais il avait l'impression que la tacite distance que Judy et lui gardaient entre eux depuis son retour s'était envolée pour la nuit. S'il ne s'était pas résigné sur ce qu'il ressentait encore pour elle malgré tout ce qui s'était passé entre eux, et sur sa longue traversée du désert après la fin de la guerre, il n'aurait pas eu d'autre choix que de se rendre à l'évidence ce soir. Il avait l'impression de s'être retenu un demi-million de fois d'attraper sa main depuis qu'il l'avait vue descendre les escaliers du manoir Malefoy, tout simplement magnifique, et ses lèvres étaient désormais son fruit défendu personnel, surtout quand elles étaient étirées en ce sourire tordu.
Si ça n'avait pas été Judy, et s'il n'y avait pas eu Maellyn, il aurait sans doute essayé quelque chose depuis longtemps, même s'il ne savait pas exactement quoi. Il pratiquait moins la drague décomplexée comme il l'avait longtemps fait, mais cela ne l'empêchait pas de savoir encore comment charmer une femme.
Sauf qu'il avait trop souvent l'impression de se trouver sur une corde trop fine, perché au-dessus d'un vide immense, et que le moindre faux mouvement pourrait le précipiter à sa perte, sans qu'il ne sache vraiment à quoi celle-ci pourrait ressembler.
Il devrait lui en parler. Il le savait depuis le jour où ils avaient croisé Skeeter dans le parc pour enfants, et James ne s'était pas gêné pour lui faire une ou deux réflexions depuis, mais il était proprement effrayé par ce qu'elle pourrait dire. Il n'avait pas envie d'entendre autre chose qu'un oui et de reprendre là où ils s'était séparés, une gamine formidable en plus avec eux, et les chances pour qu'une telle chose se produise semblaient très faibles s'il s'obligeait à regarder la réalité en face.
Et il avait ce courage-là maintenant.
La tête de Judy roula sur son épaule et il cessa de se torturer en voyant son visage si près du sien. La potion de Lily avait fait des miracles en à peine un mois. Son teint avait retrouvé sa couleur doré, ses joues étaient moins creusées et elle profitait des entraînements de Quidditch de Maellyn pour aller courir, ce qui prouvait qu'elle avait de l'énergie en trop.
Elle avait toutefois fait deux voyages en cheminée dans la journée et était restée au manoir Malefoy tout l'après-midi : qu'elle tombe de fatigue était la contrepartie de la potion de Lily.
Il la laissa dormir un peu, bien décidé à ce que Maellyn s'épuise dans ses jeux pour être sûr de pouvoir faire une grasse matinée le lendemain. Rien à voir donc avec le fait que Judy venait de soupirer de contentement et s'agrippait désormais à son bras dans son sommeil.
Quand sa fille revint, les cheveux poisseux de sueur et le souffle court, elle se stoppa net et les détailla, Judy et lui, avec un air interdit qu'il avait vu à plusieurs reprises sur le visage de Grant Adler.
- Tu as fini de jouer, chaton ?
Elle se hissa sur ses genoux avec une étonnante douceur et posa sa tête sur son épaule libre.
- On y va quand ?
- Bientôt, je pense.
Il n'y avait plus qu'eux et une bande d'adolescents de l'autre côté du restaurant. Il avait surpris de nombreux regards de la part du personnel. L'heure de fermeture devait approcher...
Il se résigna à réveiller Judy en douceur, ignorant de son mieux la vague impression de panique qui creusa son visage pendant une folle seconde.
- Désolée, bredouilla-t-elle.
- Pas de problème, Adler.
Après tout, il avait longtemps été son oreiller attitré.
Trouver un taxi se révéla être un peu plus compliqué que prévu. Ceux qu'ils apercevaient étaient toujours pris, la perspective de prendre le métro – où il se perdait bien trop souvent – ne l'enchantait guère, sans compter qu'il faisait désormais froid – fierté ou non, Judy avait l'air frigorifiée – et Maellyn était officiellement fatiguée.
Il avisa l'entrée d'un hôtel, avec ses voituriers et un major d'homme à l'allure austère planté devant la porte d'entrée.
- On a qu'à aller là.
Judy lui lança un tel regard qu'il crut qu'il venait de l'insulter.
- Quoi ?
- Une nuit dans un hôtel pareil est plus chère que ce que je gagne en un mois !
- Regulus invite. J'aime écouler la grande fortune Black dans le monde moldu.
Il vit très nettement son poing gauche se serrer et il fit un pas en arrière par prudence, même s'il était peu probable qu'elle le frappe puisqu'il avait Maellyn dans ses bras.
- Dans ce cas, fais des chèques à des œuvres caritatives ! Dormir dans un hôtel de luxe n'est pas un acte de revendication !
Il n'était pas bien sûr de savoir ce qu'était un chèque, mais ce n'était peut-être pas le moment de le lui faire remarquer. Il compta jusqu'à cinq dans sa tête avant de répondre, pas tout à fait certain de ne pas se montrer encore plus cassant qu'elle s'il ne se forçait pas à se contrôler.
- Je ne me souviens pas t'avoir entendue tenir ce genre de discours à Édimbourg.
Elle redressa le menton.
- Edimbourg était il y a longtemps et je n'avais pas Maellyn. Il est hors de question qu'elle grandisse en croyant que l'argent est gaspillable.
Il aurait aimé avoir quelque chose de mordant à répondre à ça, sauf qu'elle n'était pas la première à lui rappeler qu'il avait de la chance d'avoir un compte à Gringotts particulièrement plein – Remus, Lily et Alice lui avaient grillé la politesse depuis longtemps.
Il lui tendit Maellyn et usa d'un léger sortilège de confusion sur le majordome pour qu'il lui appelle un taxi en échange d'un pourboire correct.
Le chauffeur parut surpris quand il lui demanda de les emmener à l'hôtel qu'il jugeait le plus confortable pour un prix abordable.
Le trajet fut interminable. Un silence pesant régnait dans la voiture puisque Maellyn somnolait, Judy lui lançait des regards qu'il ne savait plus déchiffrer, et il haïssait de toutes ses forces cette distance presque palpable entre eux qu'il avait invoquée par maladresse.
L'hôtel avait une devanture nettement moins clinquante que celui du centre de Londres, il n'y avait ni valet, ni majordome. La femme qui les accueillit sembla particulièrement troublée par leurs tenues et l'absence complet de bagages.
- Une chambre pour trois, s'il vous plaît.
- Je n'ai plus que des chambres doubles, ce soir, monsieur, dit-elle après avoir vérifié sur une sorte de planning incompréhensible.
- Je suppose que ça fera l'affaire pour cette nuit, reprit Judy dans un soupir résigné.
L'hôtel était propre, la moquette épaisse sous leurs pas, et la décoration bien plus sobre que ce dont il avait l'habitude lors de ce genre d'escapade. Judy et lui n'échangèrent pas une parole jusqu'à leur chambre et il n'eut même pas le temps de bredouiller quoique ce soit qu'elle disparaissait dans la salle de bain attenante.
Maellyn était définitivement endormie dans ses bras. Il préféra la rendre confortable pour la nuit, ne lui laissant que le maillot de corps et le short en coton que Narcissa avait consenti à ce qu'elle enfile sous sa robe. Judy lui avait dit qu'elle avait le sommeil lourd – ce dont il avait déjà eu l'occasion de se rendre compte puisque ses cauchemars ne l'avaient jamais réveillée – mais elle protesta quand il voulut l'installer dans le large lit deux places.
- Je veux un câlin de bonne nuit, marmonna-t-elle, ses yeux brillants de fatigue et une moue boudeuse sur les lèvres.
Vraiment, il allait devoir apprendre à lui dire non, mais pas ce soir. Il avait au moins autant besoin qu'elle de l'avoir dans ses bras. Il la fit glisser vers le milieu du lit et s'allongea à ses côtés, attendant qu'elle s'endorme pour se glisser dans la peau de Patmol.
C'était lâche, mais il n'avait pas mieux en tête pour la nuit.
Il n'avait jamais imaginé que la mélodie des battements de cœurs de sa fille et sa respiration profonde le précipiterait aussi rapidement dans les bras de Morphée.
…
Alors juste comme ça, je crois que le coup de « il n'y a qu'un lit dans la chambre, comme c'est embêtant » est au moins dans le top 3 de mes tropes préférées, donc oui, je me suis fait plaisir !
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Le tant attendu bal de Narcissa (la question étant qu'a-t-elle promis à Maellyn pour que la petite accepte de mettre une robe ^^)
- Maellyn qui s'en prend physiquement au fils de Rogue (je n'ai pas réussi à ce que Judy s'en prenne au père, donc j'ai fait au mieux).
- James et ses remarques toujours aussi inspirées (il me fatigue, si seulement vous saviez à quel point).
- Judy qui va mieux quand même (au moins un peu, on dit merci Lily).
- L'escapade de la petite famille Black dans le monde moldu (qui eut cru qu'un McDonadld pouvait être si romantique, hein?).
J'attends de pied ferme vos prognostiques concernant le réveil de tout ce petit monde et je vous dis à dans un mois ici (et à dans deux semaines sur Black Sunset : Dark Matter ).
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
Orlane.
Mis en ligne le 13/10/2018
