Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
mh : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Je te laisse avec la suite;) Bonne lecture !
Lupa : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je vais très bien et toi ?
Awww, tu croyais que ça serait aussi simple ? C'est mignon xD On parle de Judy et Sirius quand même ! Ils sont pas très futés quand il s'agit de leurs sentiments en règle générale, mais quand ça concerne l'autre, je pense que c'est encore pire !
Je pouvais difficilement ignorés Grant et Burt indéfiniment. Ils seront de retour, c'est promis !
Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Juliette : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Et ben siiiii ils sont stupides à ce point, tous les deux ! Je suis toutefois d'accord, Sirius abuse, parce qu'il rêve bien d'une chose, c'est terminer sa vie avec Judy xD Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !
Merci à MPYO, Tiph l'Andouille, mimi70, mh, AlouetteL, Nymueh, malilite, Juliette et Sun Dae V pour leur review. Vous ne savez pas à quel point ça m'encourage et me faire trop plaisir de reçevoir des reviews !
Bonjour à toutes et à tous !
Comment ça va bien ?
Joyeux Noël ! (presque à l'heure). J'espère que vous avez passé un bon moment entouré de votre famille, que vous avez bien mangé et que vous avez été gâté ! De mon côté, c'est oui à toutes ces questions ! Et petite cerise sur le gâteau, je suis en vacances pour encore deux semaines, donc je vais certainement pas me plaindre !
Bon, ça faisait un moment que je n'avais pas posté par ici. La faute au Nano d'abord, et au boulot aussi (les conseils, les copies, les élèves) et aux fêtes de fin d'année aussi (je suis réquisitionnée en général). J'ai tout de même réussi à conclure plusieurs chapitres pendant mon absence, et je devrais m'attaquer à 37 sur BS dans les jours à venir (priez pour moi qu'il ne fasse pas plus de 20k, mais je n'y crois pas trente secondes!)
Bref, je suis néanmoins de retour et je devrais retrouver un rythme de publication normal jusqu'à cet été (normalement).
Assez parlé. Je vous laisse avec le nouveau chapitre. C'est l'anniversaire de Sirius, et peut-être même sa fête aussi. Bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Et félicitations à AlouetteL pour la 100ème review;)
There Will Be Time...
Chapter Eleven.
« Oh, you're in my veins
And I cannot get you out
Oh, you're all I taste
At night inside of my mouth
Oh, you run away
'Cause I am not what you found
Oh, you're in my veins
And I cannot get you out »
(Andrew Belle – In my veins)
- Joyeux anniversaire, Patmol !
Le sourire de James semblait presque douloureux à regarder, mais il s'abstint de tout commentaire et accepta son étreinte réglementaire sans un mot, ce qui ne plut pas tellement à Maellyn dans ses bras.
Du reste, s'il se fiait à son grognement, ce qui était sa façon préférée de communiquer depuis que Judy était partie.
Dès que James consentit à le libérer, il la déposa au sol, lui retirant sa veste, son écharpe et ses chaussures d'un coup de baguette. Elle prit aussitôt la direction du salon et il reconnut la voix de Regulus au loin.
Quand il se redressa, ce fut pour croiser le regard perplexe de James.
- Où est Judy ?
Il ignora la douleur sourde quelque part au niveau de sa poitrine, comme toutes les autres fois depuis ce foutu matin de premier novembre.
Merlin, il avait l'impression que les deux derniers jours avaient duré une éternité chacun.
- Elle ne viendra pas.
Le sourire de James se transforma en grimace, comme s'il venait de goûter quelque chose de particulièrement amer.
- Quoi ? Pourquoi ? C'est ton anniversaire !
Il s'éclaircit la gorge nerveusement, mais planta quand même son regard dans celui de son frère. S'il arrivait à décourager James de lui poser des questions, personne d'autre ne s'y risquerait par la suite.
- Elle ne viendra pas. Et je n'ai pas envie d'en parler.
Une ombre passa sur le visage de son frère.
Très brève.
Il eut tout de même l'impression de reconnaître Euphémia Potter, quelque part entre ses lèvres pincées, ses yeux plissés et sa façon de pencher la tête vers la droite.
- Lequel de vous deux s'est comporté comme un illustre crétin cette fois ?
Il serra les dents, James haussa un sourcil il usa de son pire regard noir, James eut un sourire glacial qui semblait définitivement dangereux.
Ça n'annonçait rien de bon.
- J'apprécie le geste, mais je ne crois pas que ça te regarde.
James eut un éclat de rire grinçant.
- Tu es mon frère, Black. Bien sûr que ça me regarde. Surtout si je dois m'attendre à recevoir un coup de fil de la part des médicomages moldus !
Le commentaire lui arracha un soupir excédé. James considérait qu'il risquait de retomber dans l'alcool à n'importe quel moment, quand bien même il était sobre depuis plus de quatre ans.
Bien entendu, il avait coulé la première fois à cause de Judy, mais ce n'était pas une raison !
- On fuit la conversation, Black ? Quelle surprise !
Il l'ignora – même si ce n'était jamais une méthode payante avec James – et rejoignit Lily dans la cuisine, occupée à nettoyer le visage barbouillé de purée de Jelena. Rhosyn, elle, lui lança un drôle de regard depuis sa chaise haute.
Si elle n'avait pas eu deux ans, il aurait pensé qu'elle était déçue.
Lily les dévisagea l'un après l'autre, les sourcils froncés.
- Que se passe-t-il ?
- C'est ce que j'essaye de savoir ! répliqua James à sa place, son ton sec.
Lily haussa un sourcil et échangea un regard crypté avec James. Il réalisa avec un cruel temps de retard qu'il aurait mieux fait de rejoindre le salon. Regulus aurait plus facilement pris son parti et James n'aurait pas insisté devant Maellyn.
A croire qu'il n'avait pas retenu la leçon depuis toutes ces années.
- Judy n'est pas là, dit finalement James.
Cette fois, l'expression de Lily était vraiment de la déception, et il était sûr que c'était de la pitié qui faisait briller ses yeux verts.
Il faillit transplaner sur le champ.
- Lequel de vous deux s'est comporté comme un imbécile fini cette fois ?
James eut une imprécation qui sonnait vraiment comme « c'est exactement ce que je lui ai demandé » et s'il n'avait pas été son meilleur ami, il lui aurait sans doute jeté un maléfice pour lui apprendre à lui foutre la paix.
- C'est mon anniversaire et je ne veux pas en parler ! On peut s'entendre sur ça ou je repars maintenant ?
James fit claquer sa langue avec agacement mais Lily leva une main pour l'obliger à se taire quand il ouvrit la bouche. Elle s'approcha ensuite de lui et le prit dans ses bras avec douceur.
Il avait envie d'être en colère contre leur manie de toujours vouloir lui arracher des confidences, sous prétexte qu'il n'arrivait pas à se confier de lui-même – ce qui n'était même pas complètement vrai – mais s'il était un peu honnête avec lui, il avait besoin de ça aujourd'hui.
Alors il posa son front sur l'épaule de sa sœur, tandis que Lily glissait son menton sur la sienne, sa main faisant des cercles dans son dos comme à chaque fois qu'il n'allait pas vraiment bien.
Lily, les épices du curry qui mijotait sur le feu, la purée de carottes et une note un peu plus piquante qui n'appartenait qu'à elle.
Il ferma les yeux pour ne se concentrer que sur ça, calquant sa respiration sur la sienne, essayant d'oublier que la bulle de bonheur qui avait grandi au fond de son cœur depuis le retour de Judy et la découverte de Maellyn avait éclaté deux jours plus tôt, puisque les mots acérés de Judy s'étaient montrés sans pitié.
Il s'en voulait d'y avoir cru – d'avoir pensé que cinq ans de séparation n'avaient pas tout détruit entre eux, qu'il restait de l'espoir, qu'il avait enfin le droit à une seconde chance au bonheur – et il lui en voulait de ne pas y croire sans doute plus qu'il lui en avait voulu d'avoir disparu.
Je ne vais pas faire miroiter à ma fille que ses parents vont se remettre ensemble pour toujours, et lui briser le cœur quand on se séparera à nouveau.
Comme si Lily avait lu le souvenir dans sa tête, elle déposa un baiser sur sa joue mal rasée.
- Qu'importe ce qu'elle ait pu dire...
- Evans...
Son grognement était digne de Patmol et la seule réaction de Lily fut de resserrer son étreinte.
- Qu'importe ce qu'elle ait pu dire, Sirius, on est là, d'accord ?
Il resta encore une longue minute à essayer de se convaincre qu'il n'allait pas s'écrouler cette fois et qu'au moins, il avait Maellyn.
Sa fille était sans nul doute possible la meilleure chose qui lui soit arrivé depuis la naissance des jumelles... Il tiendrait pour elle.
Lily se dégagea doucement et se tordit le cou pour croiser son regard.
- Tu devrais peut-être penser à prendre rendez-vous avec Ella, d'accord ? souffla-t-elle. Juste pour t'aider à faire le tri là-dedans.
Sa main effleura l'emplacement de son cœur.
Il hocha la tête en silence, puis alla embrasser Jelena et Roshyn, libérant cette dernière de sa chaise haute, tandis que Jelena réclamait l'attention de son père.
Sa nièce passa ses bras autour de son cou et s'y agrippa bien plus fort que d'habitude.
- Alors, Rosie, bien mangé ?
- Gâteau ?
- J'espère bien ! Lunard a dû emmener quelque chose avec du chocolat.
Rhosyn sembla particulièrement ravie par la nouvelle et elle s'empressa même d'aller demander plus de détails à Remus dès qu'il l'eut posée à terre.
Bien entendu, Frank, Alice, Narcissa, Andy, Ted et Regulus étaient tous dans le salon, installés autour de la table basse.
Maellyn était installée sur les genoux de son oncle, et il comprit un peu mieux pourquoi tout le monde s'accordait sur le fait qu'elle lui ressemblait.
Regulus et elle avaient l'exacte même expression rancunière, comme s'il s'était rendu coupable d'un crime horrible, alors que, vraiment, il n'y était pour rien.
- Joyeux anniversaire, mon très cher frère.
- Merci, Reggie.
Les Londubat et ses cousines se fendirent de la même formule magique, sauf qu'il n'y avait pas vraiment d'entrain dans les voix.
Il remarqua avec un temps de retard la petite boule de poils noirs que Maellyn était occupée à caresser.
Merde.
Il avait complètement oublié cette histoire de chaton.
Maellyn releva un regard relativement innocent vers lui.
- Je vais l'appeler Leo.
Regulus eut un sourire carnassier que Maellyn ne put pas voir.
- Vraiment ? Et pourquoi ?
- Harry m'a dit que c'était un garçon et tonton Reggie a dit que ça voulait dire lion.
Ce n'était pas faux bien sûr, mais c'était surtout la constellation dans laquelle l'étoile majeur était Regulus. C'était parfaitement le genre de blague douteuse que son frère affectionnait particulièrement.
Il devait sans doute s'estimer heureux qu'elle ait choisi ça. Au moins, il pourrait prétendre qu'elle défendait – pour une fois – les couleurs de Gryffondor.
- Je vois que vous êtes déjà amis, Maellyn ? intervint Lily, après l'avoir embrassée. Il est encore un peu petit pour quitter sa maman, d'accord ?
- Quand est-ce qu'il pourra venir avec moi à la maison ?
- Dans trois semaines si tout va bien. Un peu moins s'il est débrouillard. Et Leo est un très beau nom. Très distingué. Ton papa est d'accord, finalement ?
Il s'abstint de tout commentaire – Maellyn ne l'avait pas lâché jusqu'à obtenir son accord – et il préféra rejoindre l'étage pour embrasser son filleul, Neville, Alya et Draco. Il risquait même de prendre la forme de Patmol en attendant le moment de passer à table. James et Lily auraient tout le temps de mettre les autres au courant, et personne ne lui poserait plus une seule question.
Le repas ne fut pas le plus joyeux qu'il ait déjà connu. Personne n'osa mentionner le prénom de Judy, mais il connaissait assez Alice pour savoir qu'elle finirait par craquer avant la fin de la journée, ce que Frank semblait craindre également. Maellyn était d'une humeur maussade en bout de table, il avait surpris le regard inquiet de Harry au moins une dizaine de fois, tandis que Draco et Neville s'échangeaient des messes basses depuis le début du repas. Comme souvent, Alya était la seule à rester imperturbable : puisque le déjeuner s'éternisait, elle avait trouvé refuge derrière un livre et le dévorait à grande vitesse.
- J'y repense, Sirius : Rogue a-t-il cherché à prendre contact avec toi ?
Son frère avait parlé d'un ton détaché – celui qu'il utilisait au Ministère – sauf que Sirius le connaissait assez pour deviner qu'il avait choisi ce sujet pour lui changer les idées.
Au souvenir de la Beuglante qui était arrivée dans l'après-midi du 1er Novembre, il haussa les épaules.
- Il soutient que j'ai entraîné Maellyn à provoquer son fils afin qu'elle ait une raison de se comporter comme une sauvage... Que je ne paie rien pour attendre... Très honnêtement, je n'en ai rien à foutre et j'espère que Maellyn n'hésitera pas à remettre les idées de son rejeton en place. Vu sa connerie congénitale et l'étendue de celle des Carrow, il va lui falloir apprendre à enchaîner les coups pour que ce soit efficace.
Ted eut un ricanement amusé – ce qui lui valut un coup dans les côtes de la part d'Andy – et Narcissa échangea un regard consterné avec Regulus, comme si elle avait espéré qu'il aurait été d'accord pour arrondir les angles.
Il avait horreur des exercices de diplomatie dans le meilleur des cas, mais une telle chose était hors de question quand il s'agissait de Rogue. S'il ne voulait pas que son fils se fasse remettre à sa place par une gamine de deux ans sa cadette, il aurait dû lui apprendre à ne pas raconter des horreurs à haute voix pour commencer.
Comme à chaque fois qu'un différend les opposait, cette histoire se terminerait par un échange d'insultes sur le Chemin de Traverse dans le meilleur des cas, ou un duel dans le pire... Aucune de ces deux possibilités ne l'inquiétait vraiment.
La lumière s'éteignit subitement dans la pièce, et il vit Remus apparaître au niveau de la porte, un large plateau dans les mains, et son visage éclairé par les nombreuses bougies. Toute la table se mit à lui chanter Joyeux Anniversaire et il ne put s'empêcher de rire en découvrant la forme d'os du gâteau.
- Je te revaudrai ça, Lunard, dit-il.
Son meilleur ami lui répondit d'un clin d'oeil.
- Allez mon vieux, prouve-moi que toutes ces foutues cigarettes n'ont pas réduit tes poumons en cendre.
Au bout de son cinquième échec pour éteindre ses bougies, il dut se rendre à l'évidence : Remus était devenu un Serpentard à force de fréquenter Regulus, et il avait forcément ensorcelé les bougies...
Avec l'aide des enfants – minus Lux – il réussit à venir à bout des flammes – ou plus vraisemblablement, Lily prit pitié d'eux – et ce fut le moment des cadeaux.
Harry, Neville et Draco lui avaient fait des dessins, Alya avait brodé une moto au point de croix, Maellyn lui tendit un cadre avec une photo d'eux deux qui était sûrement une idée de Judy et ce fut James qui lui donna une petite boite en carton.
L'histoire ayant montré qu'il était plus sage de se méfier en toutes circonstances quand il s'agissait d'un cadeau commun, il s'attendit au pire.
Il découvrit une paire de clefs décorées du logo Triumph et il perdit le contrôle sur sa mâchoire.
- Vous êtes cinglés, souffla-t-il.
- C'était prévu pour tes trente ans à la base, mais on a été obligé de changer nos plans, répliqua Remus.
- On n'a pas réussi à mettre la main sur ce fameux Max, alors tu devras te débrouiller pour la faire voler, ajouta Alice.
- Je ne veux pas voir mes filles dessus avant au moins leurs six ans, reprit Lily. Elles sont assez têtes brûlées comme ça.
- Je ne veux pas voir mes filles dessus tout court, intervint James.
Andy, Narcissa et Regulus s'abstinrent de commentaires mais ils avaient tous les trois un même sourire résigné.
- C'est quoi, papa ?
Il aida Maellyn à se hisser sur ses genoux, puis se leva, l'entraînant avec lui.
- J'ai une petite idée seulement... On va voir ?
Il prit la direction du garage, et fut imité par tout le monde. Aucun des enfants ne devaient être dans la confidence car ils étaient soudainement plus excités qu'à l'idée de faire un match de Quidditch.
La Bonneville était rouge et noire, la peinture était brillante, les chromes rutilants, et pour l'avoir vue dans un magasine quelques mois de cela, il savait déjà que le moteur était au moins deux fois plus puissant que celui avec lequel il avait l'habitude de rouler.
Ce n'était même pas le plus important.
Il y avait un side-car.
Rouge et noir lui aussi, à l'allure confortable.
Parfait pour Maellyn.
En s'approchant un peu plus, il découvrit même un casque taille enfant décoré du symbole de Wonder Woman, ce qui arracha un cri ravi à sa fille.
Une folle seconde, il se vit parcourir la campagne anglaise avec Maellyn dans le side-car, et Judy plaquée dans son dos, puisque la Bonneville était une deux places, comme celle qu'il avait depuis ses seize ans.
La réalité lui rappela que Judy n'était pas là, qu'une telle scène ne se jouerait probablement jamais, et qu'il était particulièrement stupide de se torturer avec des idées pareilles, en plus du reste.
Il ferma les yeux pour éloigner les larmes qui faillirent bien gagner la partie, resserra sa prise autour du corps de sa fille et inspira son odeur à plein poumon.
Il reprit pied à temps pour encaisser la tape de James dans son épaule.
- Alors vieux, elle te plaît ?
- Je ne suis pas si vieux, Potter !
- Tu es juste plus vieux que moi, ça me suffit. Je pense que Maellyn a gagné le droit de t'accompagner pour la première sortie, non ?
Il lui tendit son casque, qu'il avait dû aller chercher chez lui pendant qu'il était à l'étage, et le cri enthousiaste de Maellyn répondit à sa place. Il installa sa fille dans le side-car, bouclant la ceinture de sécurité et conjurant sa veste et son écharpe d'un geste de baguette. James se chargea d'ouvrir la porte du garage.
Il se hissa sur la moto, mit le contact, et ne put retenir le sourire appréciateur en sentant le moteur rugir sous lui. Plus de vingt ans séparaient sa vieille Bonnie de celle-ci pourtant, la mécanique jouait toujours la même mélodie, de celle qu'il avait appris à associer à la liberté.
Il ne fit que le tour du quartier et Harry réclama une balade, puis Neville, puis Draco, puis Alya. Même Regulus se risqua dans le side-car, concluant qu'il ne savait vraiment pas ce qu'il trouvait à ces engins quand il avait la possibilité de se déplacer en balai volant.
Quand il fut revenu de son sixième tour de moto, les enfants avaient commencé un match de Quidditch entre eux, sous la surveillance de James, Frank et Ted. Remus, Andy, Narcissa et Lily étaient installées sur la terrasse autour d'une tasse de thé fumante. Regulus sortit du side-car dans un bond qui se voulait athlétique et rejoignit le match pour prodiguer ses conseils aux Attrapeurs.
Il aurait dû les rejoindre.
Sauf que les pensées qui tournaient en boucle dans son esprit depuis sa discussion avec Judy hurlaient dans sa tête sans qu'il n'arrive à reprendre le contrôle dessus, et que rester accroché au présent lui demandait un effort presque surhumain à chaque seconde.
Il n'était pas idiot. Il savait pertinemment ce qui était en train de mijoter en lui, et tous les exercices de respiration qu'Ella avait bien pu lui apprendre au fil des années ne suffiraient sans doute pas à enrayer la crise qui le menaçait.
Une part de lui hésitait à relancer le moteur pour disparaître à l'horizon sans jamais se retourner – ce qui n'arrangerait absolument rien – et l'autre envisager sérieusement de laisser Patmol prendre le dessus pour le reste de l'éternité.
La seule chose qui le retenait était Maellyn, et il n'aurait bientôt plus cette bouée-là quand elle repartirait aux Etats-Unis avec Judy.
- Je suis curieuse quand même... Qu'est-ce qu'Adler a inventé comme connerie pour te convaincre que vous seriez mieux l'un sans l'autre ?
Il rouvrit les yeux, incapable de se souvenir du moment où il les avait fermés, pour fusiller Alice du regard.
- Je ne crois pas que ça te regarde, Londubat.
Elle tira une bouffée sur la cigarette qu'elle venait d'allumer.
- Je suis presque sûre que tu es misérable là, tout de suite, et comme tu es mon ami, ça me regarde quand même un peu. Beaucoup même. Et tu peux m'assassiner du regard autant que tu veux, Black, j'en ai vu d'autres.
- Très bien, grogna-t-il en descendant de sa moto.
La meilleure chose à faire était de trouver refuge sous sa forme Animagus et de faire le tour de Godric's Hollow jusqu'à ce qu'il ait à peu près retrouver le contrôle sur une partie de son cerveau.
- Reste où tu es, Sirius. J'ai pas fini.
Sa voix était devenue glaciale et elle pointait sa baguette dans sa direction avec une nonchalance qu'il savait feinte.
Il avait déjà vu Alice Londubat à l'oeuvre, durant la guerre, et il n'avait jamais souhaité être du mauvais côté de sa baguette.
- Je ne veux pas en parler, Alice. Si tu es vraiment mon amie, je pense que tu peux au moins respecter ça !
Elle éclata de rire.
- Je ne suis pas ce genre d'amie. Tu as les Potter et Lupin pour te coocooner. Moi je suis là pour te mettre un coup de pied au cul s'il le faut.
Il eut un grognement malgré lui et chercha une issue du côté des autres. Personne ne semblait avoir remarqué le guet-apens d'Alice... Ou alors, ils étaient bien décidés à ne pas intervenir.
- Je ne veux pas en parler !
- Tu vas m'écouter alors, Black : Judy t'aime encore. Et de toute évidence, tu l'aimes aussi.
Il serra les dents, essayant d'ignorer les battements désordonnés de son cœur et sa vague envie de vomir.
- Et je ne sais pas pourquoi, mais elle s'est foutue dans le crâne qu'elle n'avait plus aucune chance avec toi. La vérité, c'est que je me fiche bien de ce qu'elle a pu te raconter, parce que si ce n'est pas ce que je viens de te dire, ce sont des conneries.
Elle écrasa le mégot de sa cigarette au sol et rangea sa baguette.
Il la regarda s'éloigner d'un bon pas, son cœur définitivement engagé dans une course contre la montre, les battements si forts au niveau de ses oreilles qu'il en avait la tête qui tournait.
Ça, ou alors il n'arrivait plus vraiment à respirer.
Faute de mieux, il se réfugia sous la forme de Patmol et laissa le molosse prendre le dessus. Patmol le mena jusqu'à Lily et posa sa tête sur les genoux.
Lily s'abstint de tout commentaire – tout juste glissa-t-elle un regard accusateur vers Alice – et elle passa le reste de l'après-midi à lui gratter les oreilles.
Harry et Maellyn essayèrent de le ramener à sa forme humaine entre deux jeux, et sa fille finit par passer une bonne partie de la soirée affalée contre Patmol, à parcourir un des livres d'histoires d'Harry, Leo endormi sur ses genoux. James dut user de tout son savoir faire pour la convaincre de manger, et il déposa un bol de ragoût fumant devant lui pour faire bonne mesure.
Même Patmol n'avait pas le cœur à se goinfrer.
Finalement, il ne reprit forme humaine qu'au moment de partir. Personne ne commenta son absence le jour de son propre anniversaire, même si Regulus le serra dans ses bras un peu maladroitement, et un peu trop longtemps, comme pour lui rappeler son soutien en toute circonstance.
- Allez, Maellyn, tu n'as rien oublié ?
Elle embrassa son chaton et le déposa avec son frère et sa sœur, avant de revenir près de lui pour qu'il la prenne dans ses bras.
Ils auraient pu utiliser la moto pour rentrer, mais il était déjà tard et il n'était pas d'humeur à rouler plus d'une heure dans le froid. Sa nouvelle monture était donc à nouveau dans le garage des Potter et il avait promis de venir la chercher.
Maellyn ne fit pas d'histoires pour aller se coucher, tout juste réclama-t-elle un câlin jusqu'à ce qu'elle s'endorme, ce dont il avait au moins autant besoin qu'elle.
Il resta un long moment à regarder Maellyn dormir, ignorant l'appel du sommeil. Il n'était pas vraiment sûr de passer la nuit sans être harcelé par les cauchemars et ne pas se coucher tout court n'était peut-être pas la pire option. Il se laissa tomber dans le fauteuil de l'oncle Alphard avec un soupir, regrettant sincèrement de ne pas avoir une bouteille d'alcool fort quelque part pour s'étourdir.
Même si ce n'était pas vraiment une bonne idée.
- Sirius Black.
Une folle seconde, il crut avoir rêvé la voix de Judy dans son salon.
Avant qu'il ne se souvienne qu'il lui avait confié l'un des deux miroirs double sens, au cas où il aurait besoin de la joindre en urgence pour Maellyn.
Il faillit ne pas répondre, mais c'était peut-être aussi urgent de son côté, et il ne la haïssait pas encore assez pour lui souhaiter du mal.
S'il se fiait aux paroles d'Alice, c'était même plutôt le contraire.
Judy ne croisa son regard qu'une brève seconde avant de le fixer quelque part au-dessus de son épaule.
- Salut, souffla-t-elle.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il aurait aimé que sa voix ne soit pas aussi rauque.
- Rien de grave. J'ai juste réglé les derniers détails pour le départ.
Il allait vraiment finir par avoir besoin de ce verre d'alcool.
- L'avion décolle mercredi en huit à onze heures. On a un changement à Chicago et on devrait être chez moi vers minuit heure de Londres.
- Et le retour ?
- Le 22 décembre. Je n'ai pas pu avoir de vols plus tôt, Londres est prisée aux alentours de Noël. Comme on doit être à l'aéroport au moins deux heures avant le décollage, je passerai prendre Maellyn vers 7h30 mercredi matin.
- Si tu as besoin d'un chauffeur...
- Non, ça ira. Un ami de mon père va nous emmener.
Il n'était pas vraiment sûr d'apprécier que sa fille fasse un trajet avec un type louche au volant, mais le monde de Grant Adler ne suivait pas les mêmes règles du jeu que le sien.
- Très bien.
- Comment va Maellyn ?
- Elle dort. On a passé la journée chez les Potter et elle a décidé d'appeler son chat Leo.
Cela tira un sourire mal assuré à Judy.
- A mercredi, donc ?
- Ouais...
Le silence s'éternisa une seconde de trop, durant laquelle il eut l'impression qu'elle le dévisageait.
- Au fait, joyeux anniversaire.
Il serra les dents, parce qu'il s'était répété plusieurs fois dans la journée qu'il se fichait bien qu'elle s'en souvienne, mais que l'embardée de son cœur venait de lui prouver le contraire.
- Je suppose que ça aurait pu être le cas.
Soit elle blêmit, soit la lumière dans la pièce où elle se trouvait être vraiment mauvaise. Il préférait la première hypothèse.
- Peut-être... A mercredi. Dis à Maellyn que je l'embrasse.
Le miroir lui renvoya subitement son reflet et il dut se faire violence pour le déposer en douceur sur la table basse et ne pas l'envoyer s'écraser contre le mur.
Sirius et Judy stupides ? Naaaaaaan, c'est bien pire que ça !
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- La réaction de James et Lilt sur l'absence de Judy (James a fait preuve de beaucoup de mesure, je crois que c'est presque un miracle)
- Maellyn, toujours aussi choupette mais carrément blasée par le cinéma de ses parents (je crois qu'ils ont de la chance qu'elle n'ait pas déjà une baguette, parce qu'elle passeriat très vite à l'Imperium).
- Le très beau cadeau de Sirius (j'en connais une qui risque d'être jalouse).
- L'intervention d'Alice (vous ai-je dis à quel point j'adore cette jeune femme? J'en veux bien douze comme elle dans mes histoires).
- La petite discussion tendue entre nos deux idiots préférés.
Je prends toujours les câlins pour toute cette belle bande de crétins, et je vous dis à l'année prochaine !
La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.
Orlane.
Mis en ligne le 26/12/2018
