Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes. Mention d'addictions et de dépression.


RAR :

Sunshine : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que le dernier chapitre t'ait plu:) Je fais de mon mieux pour rendre la vie à toute cette belle bande ! Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Lupa : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! James a été relativement soft – il se calme un peu avec l'âge – mais je pense qu'au fil du temps, c'est Lily qui arrive mieux à dire ce qu'il faut quand Sirius est au plus mal.

Maellyn est tellement nature, je l'adore !

Sirius a vraiment de très bons amis (et une famille pas si horrible finalement ^^).

Alice est ma révélation de ce UA ! Elle me manque partout ailleurs, c'est tellement nul qu'elle soit en mode légume dans le canon ! J'adore tout simplement l'écrire:)

Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Juliette : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Sirius a de bons copains quand même, il a au moins ça dans sa vie:) Alice a un sens de la formule, je pense qu'elle a parlé au nom de beaucoup d'entre vous ici xD. Judy a encore un long chemin à faire si tu veux mon avis sur la question... Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture.


Merci à Sun Dae V, Sunsgine, Nymueh, mimi70, Tiph l'Andouille, Niris, Lupa et Juliette pour leur review. Vous ne savez pas à quel point ça m'encourage et me faire trop plaisir de reçevoir des reviews !


Bonjour à toutes et à tous !

Comment allez-vous dans cette petite tendance neigeuse ? (pour ceux pas trop au Sud, cela va sans dire^^)

Quoi de neuf de votre côté ? J'ai personnellement retrouvé mes élèves, mes copies (nan mais la neige m'a littéralement foutu en l'air ma petite organisation là aussi!) et je continue à m'échiner sur Black Sunset.

Le chapitre 37 se rapproche tout doucement de la fin. Je mise sur un bon 20k, tout ça pour traiter une semaine du canon ? Vous la sentez l'arnaque ? Nan parce que vu de chez moi, je peux pas du tout passer à côté (je n'ose même pas imaginer ce que tout ça va donner quand je vais aborder les tomes suivants...).

A part ça, nouveau chapitre ! Je l'aime beaucoup dans le genre, déjà parce que j'ai pu retrouvé des persos qui me manquaient un peu, et parce qu'il est un peu doux-amer (plutôt amer-doux si je dois être tout à fait honnête) comme je les aime.

J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture !


Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et les retours ! Sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !


There Will Be Time...

Chapter Twelve.

« Came into this world
Daddy's little girl
And daddy made a soldier out of me
Oh, oh, oh
Daddy made me dance
And daddy held my hand
Oh, oh, oh
And daddy liked his whiskey with his tea
And we rode motorcycles
Blackjack, classic vinyl
Tough girl is what I had to be »

(Beyoncé Knowles – Daddy Lessons)

Malgré son âge – au moins dix ans de plus qu'elle – la gardienne était nouvelle.

De la façon dont son uniforme était flambant neuf et parfaitement porté, à son excès de zèle dans la fouille de son panier repas.

Après s'être assurée que les brownies ne cachaient pas de la drogue ou de quoi construire une bombe en kit, elle enleva ses gants et se tourna vers elle.

- Ecartez les bras, Madame. Je vais procéder à une palpation rapide pour m'assurer que vous n'avez aucun objet interdit sur vous.

Elle s'exécuta avec un soupir. Depuis qu'elle avait passé la première porte de sécurité, elle avait l'impression d'être à nouveau une détenue.

La gardienne ne trouva rien, et se tourna vers Maellyn.

Elle dut prendre sur elle pour ne pas s'interposer entre sa fille et elle.

La gardienne eut le bon goût de se défaire de son expression sévère et expliqua même à Maellyn ce qu'elle allait faire, et pourquoi elle le faisait.

- Si mon papy et mon tonton voulaient s'échapper, ils auraient déjà réussi.

La gardienne rit, sans se douter une seule seconde que Maellyn avait parfaitement raison. Burt et Grant seraient sans doute capable de monter une évasion – ils avaient les moyens et les contacts pour ça – mais le business de la contrebande était presque plus rentable à l'intérieur qu'à l'extérieur de la prison... Et comme disait Burt, ce n'était pas comme s'ils étaient dans le couloir de la mort.

Une fois qu'elles furent enfin autorisées à continuer, il fallut encore remonter un long couloir et passer deux portes sécurisées.

Le parloir était constitué de tables rondes et de tabourets fixés au sol. Beaucoup de familles étaient venues rendre visite à un de leur proche incarcéré et elle n'était pas la seule à avoir apporter un repas digne de ce nom. A cette heure, il ne lui restait guère de choix et elle s'installa à la table la plus isolée entre les trois qui restaient.

Ce n'était pas la première fois qu'elles venaient – en général, elle passait au moins tous les mois – et Maellyn savait très bien d'où viendraient son oncle et son grand-père.

Au moment où elle les vit entrer – Grant, immense, sa barbe moins bien taillée que ce à quoi elle avait été habituée Burt, l'air renfrogné et de moins en moins de cheveux sur son crâne –, elle se précipita à leur rencontre.

- Papy !

Grant se baissa pour la réceptionner dans ses bras, son rire grave raisonnant jusqu'à elle.

- Voilà ma petite héritière !

La scène lui arracha un sourire et elle se sentit vraiment chez elle pour la première fois depuis son retour aux Etats-Unis.

Burt la sortit de ses pensées en la prenant dans ses bras, déposant un baiser sur sa joue.

- Judith... Tu m'as manquée.

- Toi aussi, Burt.

Maellyn réclama son câlin à Burt et elle retrouva l'étreinte d'ours de son père avec un soupir de soulagement.

Quand elle était contre lui, son oreille plaquée contre son cœur, et la barbe de son père se mêlant à ses cheveux, elle avait l'impression d'être une petite fille à nouveau et que rien ne pourrait jamais lui arriver.

- Comment tu vas, ma fille ?

- Ça peut aller.

Il grogna.

- Tu n'aurais pas dû aller le retrouver, Judy.

- Je l'ai fait pour Maellyn, papa...

Un nouveau grognement et il resserra son étreinte, au point qu'elle avait presque du mal à respirer.

Quand il la libéra, elle se sentait définitivement moins mal et peut-être même un peu moins seule.

- Tu as un peu plus de viande autour de l'os par rapport à la dernière fois... Helga a enfin trouvé une recette miracle ?

Helga était la meilleure amie de Burt et la seule personne qui avait échappé aux enquêtes du MACUSA, même si elle ne s'expliquait toujours pas pourquoi. Naturellement, elle veillait sur elle depuis qu'elle était sortie de prison, et était sûrement ce qui ressemblait de plus à une grand-mère pour sa fille.

- Une amie de Sirius a inventé une potion qui atténue les effets du sortilège de bannissement... Je ne peux pas faire de magie, mais c'est quand même beaucoup mieux.

Si Lily n'avait pas été l'amie de Sirius, Grant aurait sans doute chanté ses louanges, mais il ne fallait pas trop lui en demander.

- Alors, Maellyn, c'était bien, Londres ?

Sa fille se lança dans un long monologue, évoquant son père toutes les deux phrases – sa moto, le Quidditch, le balai qu'il lui avait offert, les comics qu'il lisait avec elle, que le chien dans lequel il se transformait était le plus gentil du monde, qu'il n'avait pas de télé chez lui et qu'il n'avait même jamais vu les Aristochats –. La voir raconter les deux mois et demi qu'elle avait passé avec son père avec autant d'enthousiasme et d'étoiles dans les yeux la rassura sur un point : contrairement à ce que pensait son père, elle avait bien fait de réunir Sirius et Maellyn.

Burt et Grant ne semblaient pas aussi ravis qu'elle si elle se fiait au sourire de façade de son oncle et au pli entre les deux sourcils de son père. Ils avaient tout d'abord été convaincus que Sirius était mort – c'était tout ce qu'il pouvait espérer gagner à jouer au héros – ou qu'il refuserait de reconnaître que Maellyn était leur fille – c'était un petit con qui s'était sûrement intéressé à elle parce qu'elle était née-moldue et son acte de rébellion finirait par lui passer, preuve en était le fait qu'il n'avait pas donné signe de vie en cinq ans –. Ils n'avaient pas imaginé qu'il y aurait une complicité immédiate entre Sirius et Maellyn, ou que Sirius aimerait autant les enfants – sûrement parce qu'il était resté un grand enfant lui-même –.

Elle savait très bien qu'elle n'était pas la seule qui allait souffrir de l'éloignement à venir...

Tandis que Maellyn ne semblait plus vouloir s'arrêter, elle en profita pour sortir le repas qu'elle avait emporté : quatre parts de dinde rôtie, de la purée et des petits-pois aux oignons, sans oublier la sauce. Elle avait eu beau tout emballer dans de l'aluminium, c'était à peine tiède.

La prison lui avait appris à s'en contenter, du moment que ça avait meilleur goût que ce qui était servi à la cantine.

Finalement, elle dut obliger Maellyn à se taire pour qu'ils puissent commencer à manger avant que ça ne soit complètement froid.

- Maellyn, tu veux dire les bénédicités ?

Maellyn lança un regard ennuyé vers Burt qui la fit grimacer. Elle devait reconnaître qu'elle était loin d'avoir transmis à sa fille l'éducation religieuse que Burt aurait aimé... Vu à quel point la malchance s'acharnait sur elle, elle n'était pas certaine qu'il y ait un Dieu quelque part.
Ou alors, il allait recevoir son poing en plein visage quand elle arriverait au Paradis.

- Merci Dieu pour ce délicieux repas et merci à Helga qui l'a préparé, même que je l'ai aidé à décorer la tarte. J'espère que les gens qui ont tué les Indiens sont encore en Enfer et qu'ils souffrent très très fort. Amen.

En toute honnêteté, elle avait déjà fait bien pire et Grant semblait être d'accord avec elle.
Comme d'habitude, Maellyn grignota plus qu'elle ne mangea, Grant l'aida à terminer son assiette et elle se força à avaler son plat sous l'oeil attentif de Burt.

Si elle ne voulait pas subir un véritable interrogatoire, il valait mieux qu'elle fasse honneur à la cuisine d'Helga.

- Tu as vu l'avocat ?

Elle eut un soupir et sa gorge lui donna l'impression d'être particulièrement étroite quand elle déglutit.

- Il y a une semaine. Je ne devrais plus tarder à recevoir les papiers.

- Il va se montrer raisonnable ?

- J'espère...

Sa voix tremblait et elle prit une nouvelle bouchée de purée, juste pour acheter quelques secondes de répit.

Si elle perdait Maellyn...

Elle ferma les yeux et se battit pour calmer les battements affolés de son rythme cardiaque.

Si elle perdait Maellyn, elle perdrait sûrement goût à la vie en même temps.

- Judy ?

Son prénom précéda une large main sur son épaule, puis son père l'attira contre lui et il lui fallut plusieurs bouffées de son odeur pour retrouver son calme.

- Si ce crétin veut jouer au plus malin, ça ne se passera pas aussi facilement qu'il le pense. L'avocat de Burt a un plan de secours.

Maître Cudy lui avait parlé de son plan de secours, qui reposait plus sur des technicités du droit que sur des arguments solides. Le nom de Sirius n'apparaissait pas sur le certificat de naissance de Maellyn et il n'existait pas civilement dans le monde moldu [autre ?]. A part cela, il pensait utiliser le fait que Sirius vive en Angleterre et que Maellyn avait grandi aux Etats-Unis, ou carrément miser sur ses problèmes d'alcool et de dépression... Tout en sachant qu'il n'aurait aucune preuve de cela...
Et que Regulus Black n'aurait aucun scrupule à utiliser la magie pour obtenir à son frère la garde exclusive de sa fille s'il lui demandait de l'aide.

S'il mêlait le MACUSA à tout ça, elle était certaine de perdre.

- S'il ne se montre pas raisonnable, on ne gagnera pas pour autant, papa.

Son père grogna, rappelant sans mal un ours.

- Et pourquoi ça ? L'argent ne fait pas tout, Judy !

Elle ravala difficilement un sanglot.

- Ce n'est pas qu'une histoire d'argent... Sirius et son frère ont pour ainsi dire mis fin à la guerre sorcière au Royaume-Uni. Ce sont des héros dans le monde magique. Et le frère de Sirius travaille dans la politique. Il ne fait pas du tout dans les sentiments.

- Putain de bordel de merde.

- Je sais...

Son père la força à le regarder dans les yeux.

- On te fera disparaître, Judy. Ce n'est pas aussi compliqué que ce que les gens disent et certains me doivent de sacrées faveurs ! Je ne laisserai personne nous priver de Maellyn, et surtout pas ce crétin ou son frangin. Je te le promets.

Son père avait toujours tenu ses promesses – des plus ridicules aux plus importantes – et elle l'avait toujours cru quand il lui promettait quelque chose.
Cette fois, elle n'y arriva pas.

Si les Black avait assez d'influence pour la faire réinstituer, ils avaient certainement les moyens d'obtenir la garde de Maellyn sans qu'elle n'ait son mot à dire.

Elle hocha quand même la tête, plus parce qu'elle sentait les yeux de sa fille sur elle, et que la dernière chose qu'elle souhaitait était que Maellyn souffre de tous ces problèmes d'adultes. Elle avait eu plus que sa part depuis qu'elle était née.

Ni Grant, ni Burt n'évoquèrent le sujet pendant le reste de la visite. Son père raconta les dernières bagarres au sein de la prison – dont une qui lui avait valu une semaine d'isolement – et Burt lui glissa ses dernières instructions pour le réseau, dont la gestion d'une grosse livraison dans une semaine – sûrement pour lui occuper l'esprit, ce dont elle n'allait pas se plaindre –.

- La vieille Ngozi nous a envoyé sa première commande. Je pense que tu nous as obtenu une alliance très intéressante, Judy.

Elle n'avait pas eu grand chose à faire. Gloria Ngozi avait déjà pris sa décision bien avant de la rencontrer et elles avaient davantage parlé de sa petite-fille – du même âge que Maellyn – et de son futur dans le monde magique, que de l'alliance entre l'empire des Adler et le sien.

Les au revoir furent plus difficiles que les autres fois, sans doute parce qu'elle avait besoin d'eux plus que jamais, et qu'elle trouvait particulièrement injuste d'être privée de son père et de son oncle pour faire face à l'éventualité de perdre Maellyn.

- Courage, Judy. Je suis sûr que tout va bien se passer.

La confiance de son oncle lui tira un faible sourire qui sembla l'inquiéter plus que tout ce qu'elle avait pu dire jusque là. Si les gardes ne l'avaient pas éloigné, il aurait sans doute essayé de la rassurer.
Elle n'était pas mécontente d'avoir une heure de route jusqu'à son appartement. Elle mit la cassette avec les musiques de Disney et écouta Maellyn les chanter à tue tête, puisqu'elle connaissait toutes les paroles par coeur.

Elle volait sans doute trop de coup d'oeil à l'arrière pour que cela soit vraiment prudent, mais elle ne pouvait pas faire taire la petite voix qui lui disait que c'était peut-être le dernier voyage en voiture avec Maellyn – quatre ans, son chien en peluche serré contre elle, et un air un peu rêveur – auquel elle pouvait prétendre.

C'était sans doute faux. Sirius penserait d'abord à ce qu'il y avait de mieux pour Maellyn plutôt qu'à lui faire payer leur dernière dispute et les cinq années qui l'avait précédée.

La possibilité qu'il se montre égoïste et déraisonnable existait quand même et elle la terrifiait.

Elle se retrouva en bas de son appartement sans vraiment être sûre de savoir comment elle était arrivée là : une chance qu'aucun gamin n'ait eu l'idée de traverser la route ou qu'elle n'ait pas croisé de policier en patrouille, parce qu'elle commençait à se demander si le feu du bas de sa rue avait vraiment été vert quand elle était passée.

Maellyn n'avait pas cessé de chanter depuis son siège auto et, quand elle se tourna vers elle, elle lui adressa un sourire qui eut le mérite de l'apaiser un peu.

- Je pourrais appeler papa ?

Elle força un sourire.

- Bien sûr, chaton. On y va ?

Maellyn se détacha seule et sans la sécurité enfant, elle aurait sans doute quitter la voiture sans attendre son aide, et sans sa veste non plus.

Les mois de Novembre en Idaho étaient autrement plus rudes que ceux de Londres, sauf sans doute quand on avait quatre ans.

En poussant la porte de l'appartement – un trois pièces un peu vieillot que Burt avait acheté des années de ça au cas où ils auraient besoin d'un point de chute, et dans lequel elle ne se sentait pas vraiment chez elle, malgré les photos de Maellyn un peu partout et les trois années qu'elle y avait passé –, elle ne put manquer la grande enveloppe marron qui avait été glissée sous sa porte, estampillé de l'adresse de l'avocat de Burt au dos.

Son cœur descendit au niveau de son estomac.

- Il est où le miroir, maman ?

- Sur le buffet, à côté du téléphone.

Tandis que Maellyn filait dans sa chambre – comme à chaque fois qu'elle racontait sa journée à son père –, elle se laissa tomber sur le canapé dans le salon, ses yeux fixés sur l'enveloppe, incapable de se résoudre à l'ouvrir.

Elle savait déjà ce qu'elle y trouverait : un accord préalable écrit qu'elle devrait faire signer à Sirius à son retour à Londres. Outre la demande de garde exclusive – le pire cas de figure –, la seule autre possibilité était que Maellyn passe un an sur deux avec lui, et toutes ses vacances scolaires avec elle. Même la magie ne pouvait pas lui permettre de voir Maellyn tous les weekends quand elle serait en Angleterre, pour la bonne et simple raison qu'un décalage horaire de six heures était trop fatiguant pour une gamine de quatre ans... Sans oublier qu'il serait compliqué d'expliquer comment elle pouvait faire un aller-retour en Europe tous les weekends sans trahir le secret magique.

Elle avait beau s'être préparée à cette éventualité depuis longtemps, les papiers qu'elle tenait dans ses mains rendaient tout terriblement plus réel et sa séparation avec Maellyn devenait inéluctable.

Dieu en soit témoin, sa fille était toute sa vie.

Les larmes qu'elle avait difficilement retenu face à Burt et Grant – parce que Maellyn était là aussi et parce que si elle craquait face à eux, elle n'aurait jamais réussi à s'arrêter – revinrent à la charge, impossible à ignorer.

Malgré tous ses efforts pour garder les yeux secs, elle se retrouva quand même avec le visage dans ses mains, essayant d'atténuer le bruit de ses pleurs et souhaitant plus que jamais que sa vie n'ait pas pris le tournant qu'elle avait pris cinq ans plus tôt.

Peut-être qu'elle devrait demander à Helga de garder Maellyn ce soir ? Elle habitait à deux rues d'ici. Si elle pleurait de tout son soûl, toute la soirée, et buvait plus d'alcool que de raison, peut-être réussirait-elle à reprendre le contrôle sur ses émotions ?

Voilà que je commence à réagir comme Sirius.

Son cœur lui donna l'impression de se déchirer à l'intérieur de sa poitrine et il lui fallut plus d'efforts que d'habitude pour en ignorer la raison.

Ce n'était pas le moment.

- Maman ? Papa veut te parler.

Elle se figea une folle seconde puis se dépêcha d'essuyer les traces des larmes sur ses joues avec sa manche, même si elle ne tromperait personne, à commencer par lui.

Maellyn lui lança un drôle de regard en lui tendant le miroir, comme si elle était déçue, et elle se promit d'essayer de la cuisiner plus tard, même si c'était plus facile à dire qu'à faire.

Sa fille pouvait être un vrai coffre fort quand elle l'avait décidé.

Elle se racla la gorge avant de basculer le miroir à double sens vers elle, essayant de ne pas penser au fait que c'était la première fois qu'elle lui reparlait depuis qu'elle était venue chercher Maellyn le jour où elles avaient quitté Londres, quand bien même sa fille utilisait le miroir tous les jours.

C'était sûrement très lâche de sa part, mais elle avait assez de choses à gérer comme ça.

Ses yeux gris la détaillèrent, et il eut bien du mal à se retenir de hausser les sourcils, comme si elle allait répondre à sa question silencieuse.

Elle aurait cette discussion là avec lui, mais pas à travers un miroir magique.

- Salut, souffla-t-il. Joyeux Thanksgiving.

- Merci. Toi aussi.

C'était stupide, parce que c'était une fête typiquement américaine, mais elle l'avait répété à longueur de journée aujourd'hui, et elle avait de toute évidence du mal à aligner deux pensées intelligentes.

Il eut une sorte de grimace, à mi-chemin d'un sourire.

- James a décrété que nous devions désormais respecter cette fête-ci aussi. Comme il n'a pas réussi à trouver de dinde, on a mangé du poulet et c'est un sacrilège d'après Maellyn.

- Elle exagère mais ça c'est normal, puisque c'est ta fille.

Sa grimace se transforma en son sourire en coin et elle fut obligée de détourner le regard.

Elle pouvait se tromper, mais ses yeux devaient être soudainement bien trop brillants. Si son corps se mettait à la trahir, ça n'allait pas lui simplifier la tâche.

- Elle m'a dit que vous aviez été rendre visite à Burt et Grant... Comment vont-ils ?

Après que son père et son oncle aient passé une bonne partie de la visite à maudire Sirius et promettre une vengeance sanglante s'il osait leur voler Maellyn, la question semblait presque irréelle.

- Ça peut aller. Aucun des deux n'a été envoyé à l'isolement depuis plus d'un mois, ce qui doit être une sorte de record, et leur business de contrebande marche très bien.

Sirius pencha la tête sur le côté à la manière de Patmol.

- Leur business de contrebande ? Ils ne sont pas en prison exactement à cause de ça pour commencer ?

Elle haussa les épaules.

- Bien sûr que si... Mon père affirme que c'est en lui et qu'il ne peut pas s'empêcher d'être bon en affaire, et mon oncle s'arrange pour qu'il n'aggrave pas son cas.

Sirius eut un regard blasé qui ressemblait énormément à celui de James, ce qu'elle s'abstint de lui faire remarquer.

- Quoi de nouveau à Londres ?

- Pas grand chose... La maison est trop calme sans Maellyn...

Elle serra les dents : pour avoir passé une semaine à tourner en rond dans une chambre d'hôtel, elle ne le savait que trop bien.

- Vous atterrirez à quelle heure, le 22 ?

- Vers dix-sept heures.

- Lily dit que les aéroports ressemblent beaucoup aux gares et que je devrais réussir à me débrouiller si je connais le numéro de vol. Je viendrais vous chercher.

- Tu n'es pas obligé, je peux me débrouiller.

- J'insiste, Adler.

Elle aurait aimé trouver des excuses et des raisons pour le convaincre que c'était inutile, que Terry pouvait s'en charger et que, de toute façon, il n'avait même pas de voiture pour commencer, mais elle était capable de reconnaître un Black décidé quand elle en voyait un.

Maellyn avait la même expression catégorique.

- Je te redonnerai le numéro de vol quand j'aurai reçu les billets.

- Parfait. Tu me repasses Maellyn ? J'ai promis de lui lire un des contes de Beedle le Bard.

- A la prochaine, Black.

Il eut un clin d'oeil auquel elle ne sut quoi répondre, puis Maellyn récupéra le miroir et retourna dans sa chambre en sautillant, réclamant le conte des Trois Frères.

Elle réalisa avec un cruel temps de retard qu'elle se sentait mieux grâce à lui, et qu'elle avait hâte de retourner à Londres et que si elle se fiait à leur échange, il n'était plus en colère contre elle, même si elle n'expliquait pas un tel miracle.

Ce n'était pas le plan.

Non pas qu'elle ait cherché à ce qu'il la déteste, mais elle avait espéré que leur dernière discussion le lendemain d'Halloween – même si ça n'avait pas vraiment une discussion à cœur ouvert, ce dont elle se sentait incapable, pas face à Sirius – lui aurait au moins donné une bonne raison de rester froid et distant, comme lors de leurs au-revoir devant chez lui.

Elle n'était pas sûre de réussir à passer à autre chose s'il s'acharnait à vouloir rester un ami malgré tout.

Parce qu'après l'avoir retrouvé – et savoir enfin si, oui ou non, il avait survécu à cette foutue guerre – il lui manquait encore plus qu'avant et elle aurait payé très cher pour pouvoir reprendre là où ils s'étaient arrêtés, cinq ans plus tôt.

Mais elle l'avait blessé, et il avait souffert, et elle ne pouvait pas croire qu'il allait tout lui pardonner aussi facilement, parce qu'il était Sirius Black, et qu'il avait tué l'un de ses meilleurs amis parce qu'il avait trahi les Potter...

Et quand bien même il réussirait à lui pardonner, cinq années loin de l'autre avait creusé un gouffre entre eux.

Ça finirait mal. C'était la seule possibilité...

Et Maellyn serait celle qui paierait le prix au final. Elle refusait que sa fille souffre encore à cause de ses propres erreurs.

A force de faire tourner en boucle les mêmes pensées, son cerveau lui donna l'impression de vouloir imploser. Elle ne réalisa pas tout de suite qu'elle avait une migraine presque aveuglante, et plus envie que jamais de se rouler en boule pour attendre que la douleur s'éloigne.

Maellyn la rejoignit bien plus tard, prostrée sur le fauteuil, la pièce plongée dans le noir, et des larmes coulant le long de ses joues malgré tous ses efforts pour les retenir.

Sa fille se glissa dans ses bras, déposa un baiser sur sa joue humide, passant ses bras autour de son cou pour la serrer très fort contre elle.

- Arrête d'être triste, maman.

- Je vais essayer, chaton, souffla-t-elle. Je te le promets.

Définitivement amer-doux ce petit chapitre.

J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :

- Le retour de Burt et Grant IRL (ils m'avaient manqué ces deux-là!)

- Maelyn, toujours aussi cache et pas du tout impressionnable du haut de ses quatre ans (c'est bien la petite-fille de son grand-père celle-ci!)

- Le plan de Burt et Grant concernant le problème de la garde alternée (c'est Sirius qui va être content)

- La petite discussion entre Judy et Sirius (nan mais ces deux-là sans déconner).

- Le petit meltdown de Judy (je plaide coupable).

Je prends toujours les câlins cette semaine, à direction presque exclusive de Judy pour le coup, et je vous dis à la prochaine !

La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.

Orlane.

Mis en ligne le 26/01/2019