Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.

RAR :

Shadow : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! On dirait que tu as rejoint ce navire au bon moment, hein ? ^^ Je suis contente que la réconciliation de Blacker t'ait plu:) Ne t'inquiète pas, Regulus est plutôt calé niveau vengeance, il devrait réussir à arranger quelque chose. Merci pour Maellyn keur:keur:keur. Je te laisse avec la suite;) Bonne lecture !


Merci à Nymueh, Julia13verseau, henrismh, Tiph l'Andouille, Constancelcd, Sun Dae V, mimi70 et Shadowpour leur review. Vous ne savez pas à quel point ça m'encourage et à quel point vous me faites trop plaisir avec vos reviews !


Bonjour à toutes et à tous !

What's up ?

De mon côté, ça va pas si mal. Les vacances approchent (plus que deux semaines YAYE!) et c'est pas plus mal parce que j'ai des élèves qui n'ont pas oublié d'être super chiants depuis la reprise (c'est long quatre semaines passées à réprimer des envies de torture).

Malgré ça, j'arrive à avancer sur le chapitre 38 de BS (plus qu'une ou deux scènes, et déjà plus de 20k, la base) et je vais peut-être me laisser tentée par un petit Nano Camp pendant les vacances pour mettre un coup d'accélérateur (ça dépendra un peu de la météo ^^)

Sinon, nouveau chapitre ! J'avoue que je l'aime bien, que c'est doux et sucré, que je me suis fait plaisir et que j'ai zéro regret ! Promis, pour une fois, pas besoin de mouchoirs !


Spéciale dédicace à Sun Dae V cette semaine : en plus d'être une super bêta readeuse et une sœur d'arme dans l'écriture, elle m'a gentiment prêté un personnage pour ce chapitre ! de La Course, vous risquez de retrouver un visage familier;)


There Will Be Time...

Chapter fourteen.

I breathe out now and we fall back in
Just like before we can re-begin
Let your lungs push slow up against my skin
Let it all feel just right

Gone is the emptiness
We just take what's best and we move on
All that the hurt gets left

(James Bay – Incomplete)


Au début, elle ne fut pas sûre d'être vraiment réveillée.

En cinq ans, elle avait eu son lot de rêves plus étranges les uns que les autres concernant Sirius et parmi ceux-là, certains avaient été si convaincants qu'elle avait fondu en larmes au réveil en réalisant que ce n'était pas la réalité.

Sauf que cette fois, le poids qu'elle traînait au fond de son cœur depuis que le MACUSA l'avait bannie semblait avoir disparu, ou sinon bien diminué.

C'était la première chose.

La deuxième était le bras passé autour de sa taille qui la maintenait plaquée contre une source de chaleur qui se soulevait régulièrement.

La troisième était l'odeur qui saturait l'air, un mélange entre celle sucrée de Maellyn et celle plus entêtante de Sirius.

Si elle était en train d'halluciner cette fois, elle pourrait officiellement considérer qu'elle était devenue complètement folle...

Même si elle craignait de s'être trompée et d'ouvrir les yeux sur le décor de sa chambre à Rowfer, elle céda à la lumière qui brûlait ses paupières. Un soupir de soulagement passa ses lèvres, lui apprenant au passage qu'elle avait inconsciemment retenu sa respiration durant de longues secondes.

Malgré les rideaux, le soleil inondait la chambre de Sirius, promettant une journée glaciale. Maellyn avait naturellement trouvé une position impossible pour terminer sa nuit après qu'elle ait été la chercher, et dormait encore profondément, emmêlée dans les draps – à croire qu'elle se bagarrait dans son sommeil –.

Le temps que son cerveau se réveille complètement, elle prit lentement conscience qu'elle se sentait parfaitement détendue et heureuse pour la première fois depuis cinq ans. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien, à sa place, sans avoir l'impression d'être en permanence sur ses gardes... Elle n'avait pas la moindre idée de ce que lui réservait le futur, mais elle n'était pas terrifiée pour autant.

Elle ne voyait pas ce qui pourrait être pire qu'une vie sans Maellyn la moitié du temps, à se battre contre elle-même pour oublier Sirius, quand bien même elle n'arrivait pas à expliquer pourquoi elle n'avait toujours pas fait son deuil de leur relation.

Dieu tout puissant, si cinq années sans le moindre contact, à se répéter qu'il allait la haïr pour l'absence de nouvelles – même si ce n'était pas sa faute – n'avaient pas été suffisantes, elle doutait d'y parvenir un jour.

Savoir qu'elle n'aurait plus à se torturer faisait battre son cœur plus vite et plus fort, diffusant quelque chose qui ressemblait beaucoup à de l'espoir dans ses veines.

Après tout, Sirius l'aimait encore et ses déclarations – une seule n'aurait sans doute pas réussi à la convaincre qu'elle n'avait pas mal compris ou entendu – raisonnaient encore à ses oreilles.

Le bras autour de sa taille se resserra, elle sentit Sirius se redresser légèrement, précédent d'une seconde ses lèvres en dessous de son oreille.

- Bonjour, souffla-t-il.

Un sourire étira ses lèvres.

- Bonjour, répondit-elle, certaine qu'elle allait effectivement passer une bonne journée.

Elle sentit son sourire sur sa peau.

- Bien dormi ?

Entre les nuits baignées d'angoisse qui avaient précédé son arrestation, celles jamais sereines en prison, les suivantes rythmées par les pleurs de Maellyn, et ses cauchemars récurrents depuis sa libération, elle avait l'impression de se réveiller reposée pour la première fois depuis une éternité.

Elle bascula sur le dos et il se retrouva au-dessus d'elle. Elle détailla les traits de son visage encore apaisés par le sommeil – donnant l'impression qu'il était bien plus jeune – s'attardant bien plus longtemps que nécessaire sur ses lèvres, avant de verrouiller son regard dans le sien.

La veille, elle y avait vu le pire orage, sans aucun doute plus mauvais encore que celui qui avait trahi sa colère et sa haine quand elle l'avait revu pour la première fois, cinq mois plus tôt.

La nuit avait éloigné les nuages : il ne restait que cette étincelle espiègle et des pupilles sans doute trop dilatées.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de le penser, sa main se posa sur sa joue et elle le guida vers ses propres lèvres.

Comme la veille, son souffle mêlé au sien lui donna l'impression de respirer enfin, comme si elle était restée sous l'eau tout ce temps. Il grogna quand sa langue traça les contours de sa bouche, et elle le sentit jusque dans ses os.

Quand leurs langues se retrouvèrent, reprenant un ballet familier, parce que leurs corps n'avaient de toute évidence pas oublié celui de l'autre, elle glissa la main qui n'était pas occupée à emmêler ses longues mèches noires sous son t-shirt, retrouvant le grain de sa peau avec un soupir de soulagement. Il l'imita tandis qu'elle remontait ses flancs pour s'accrocher à une épaule.

Elle pouvait sentir chacun des muscles de son dos rouler sous ses doigts et sa respiration devenir de plus en plus erratique contre sa poitrine.

Il mit fin au baiser, embrassa sa joue, puis la veine qui battait follement dans sa gorge, la laissant presque étourdie par le manque d'oxygène et le désir qui saturait ses veines. Elle reprit son souffle aussi difficilement que lui, sans doute même plus encore parce que sa condition physique n'était plus ce qu'elle avait été à cause de ce maudit MACUSA.

- On devrait arrêter, souffla-t-il finalement.

Son cœur loupa un battement et ce qui ressemblait beaucoup à de la panique gela ses entrailles. Malgré son cerveau encore engourdi, une petite voix lui souffla qu'elle avait peut-être mal interprété quelque chose, ou voulu aller trop vite... Ou pire, peut-être qu'il ne la trouvait plus aussi désirable qu'avant.

Elle se tendit malgré elle et il se redressa, un sourcil haussé.

A son regard particulièrement sombre, elle comprit que ce n'était certainement pas la dernière possibilité. Elle refusa de libérer le soupir soulagé qui torturait ses poumons.

- Je crois qu'on a bien failli réveiller Maellyn, dit-il finalement, sa voix terriblement rauque.

La honte lui donna l'impression que ses joues avaient littéralement pris feu. Elle avait complètement oublié sa fille.

Sirius eut son foutu sourire en coin.

Elle pouvait se tromper, mais il semblait très fier de lui.

Il se pencha un peu plus, jusqu'à ce que ses lèvres ne soient plus qu'à quelques millimètres des siennes, sans détourner son regard du sien.

Dieu tout puissant, son cœur allait exploser.

- Et si on commence, Adler, je ne suis pas sûr d'être capable de te laisser quitter ce lit de la journée.

Elle ignora le frisson qui venait de remonter son corps du mieux qu'elle put.

- Prétentieux.

L'étincelle dans son regard devint un véritable brasier.

- Tu veux parier ?

Elle fut assaillie par de nombreux souvenirs des moments qu'ils avaient partagé avant et elle se rappela qu'une journée ne serait même pas un record, et qu'entre eux deux, elle serait sans doute celle qui aurait le plus de mal à tenir la cadence.

Elle ferma les yeux pour échapper à la brûlure de son regard et il rit doucement, avant d'embrasser ses lèvres nettement plus chastement, mais avec une douceur qui lui serra le cœur pour tout un tas d'autres raisons.

A commencer par lui rappeler que le sexe était certainement la dernière chose dont elle avait vraiment besoin.

Il entreprit ensuite de déposer un baiser sur chaque centimètre carré de son visage, et elle le laissa faire, sa main parcourant son dos du bout des doigts.

Toutefois, quand il entreprit de laisser une marque dans le creux formé par sa clavicule – ce qui l'obligerait très certainement à porter une écharpe –, elle fit glisser sa main plus bas et pressa une caresse bien plus suggestive que toutes celles qui l'avait précédée.

Il grogna et elle eut un éclat de rire.

- Mauvaise joueuse.

- C'est toi qui a commencé.

Il cessa d'argumenter et eut simplement un soupir de contentement.

Ils restèrent comme ça un long moment : elle pouvait sentir son cœur vibrer contre le sien et sa respiration était calquée sur la sienne. Une autre fois, elle l'aurait sans doute trouvé trop lourd, mais c'était étrangement réconfortant d'être coincée entre lui et le matelas.

Elle ne pouvait pas douter une seule seconde du revirement de situation dans sa vie.

La veille, elle était certaine qu'elle allait détruire le peu qui avait survécu entre eux en lui expliquant les termes de la garde alternée ce matin, elle était dans ses bras et il était évident qu'il n'était pas près de la laisser partir de si tôt.

Sa foutue bonne étoile s'était peut-être finalement remise au boulot...

Ce fut le bâillement de Maellyn qui mit fin à leur torpeur.

- Papa ?

Sirius bascula sur le dos, non sans l'attirer contre lui au passage, et elle surprit le regard suspicieux de Maellyn, malgré son air encore endormi.

- Bien dormi, chaton ? demanda-t-elle avec un sourire.

Elle se frotta les yeux puis vint se lover contre son père, à la manière d'un chat.

Sirius embrassa le dessus de sa tête et elle commença à caresser son dos en attendant qu'elle retrouve une partie de sa bonne humeur naturelle.

- J'ai faim, marmonna-t-elle après un long moment.

- Très très faim ? répondit Sirius. Ou est-ce que tu penses pouvoir attendre un peu ?

Maellyn bâilla à nouveau.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il est tard et que je connais un endroit qui sert le meilleur brunch de la ville.

A la façon dont elle sauta du lit, Judy comprit que la journée risquait d'être aussi fatigante qu'un vol Chicago-Londres.

Elle se redressa à son tour avec un soupir résigné – elle n'était certaine de vouloir affronter le froid de si tôt – sauf que Sirius l'attira à nouveau contre lui et l'embrassa fougueusement, lui volant tout l'air dans ses poumons.

- Je m'occupe de notre monstre.

Elle ne comprit pas tout de suite qu'il venait de la planter là pour disparaître à la suite de Maellyn.

Elle allait sans doute faire une crise cardiaque avant la fin de la journée...

Il lui fallut cinq bonnes minutes pour reprendre ses esprits et quitter le lit. Elle put profiter de la salle de bains pour s'habiller et se maquiller, tandis que Sirius essayait de convaincre Maellyn qu'il faisait vraiment très froid dehors malgré le soleil.

Ce fut sans doute un miracle qu'ils soient tous les trois dehors moins d'une demi-heure plus tard, Maellyn coiffée et Sirius rasé – même si elle le soupçonnait d'avoir triché en utilisant la magie –.

Aucun d'eux trois ne s'attendait à découvrir Londres sous la neige. Il ne devait pas y avoir cinq centimètres au sol et si le soleil se maintenait, il n'en resterait pas grand chose la nuit venue, mais cela ajoutait indéniablement une touche de féerie à l'esprit de Noël qui s'était emparée de la rue – des chansons de Noël provenaient d'une fenêtre ouverte, les maisons étaient illuminées et quelqu'un avait décoré une cabine téléphonique à la façon d'un sapin –.

En levant les yeux, elle découvrit que le ciel n'était pas aussi bleu que ce qu'elle avait cru voir en ouvrant les rideaux un peu plus tôt, et qu'il y avait peut-être une bonne chance pour qu'une autre averse de neige épaississe la couche déjà tombée.

- On pourra faire un bonhomme de neige tout à l'heure ?

- Évidemment ! Mais seulement si tu me promets de m'aider à décorer le sapin dans le salon après.

Elle se détourna à la conversation. Sirius était en train d'installer Maellyn dans le side-car et vérifia non moins de trois fois que son casque était bien mis.

- Il n'y a pas de sapin dans le salon.

- Je l'ai mis dans la véranda parce que je voulais que tu choisisses où le mettre.

Sirius ignorait sans doute que leur fille n'avait pas l'ombre d'un sens pratique et il pourrait très bien se retrouver avec le sapin au beau milieu de la pièce...

Une fois qu'il fut sûr que Maellyn était bien installée et qu'elle ne risquait pas d'attraper froid – il ne l'avait jamais vue sortir en t-shirt en plein hiver – il prit enfin place sur sa moto et elle s'installa derrière lui, encerclant sa taille et soulagée de pouvoir maintenir un certain contact.

Parce qu'elle en avait sincèrement besoin.

Si le trajet depuis l'aéroport avait été une véritable torture la veille – elle ne s'était certainement pas préparée à avoir Sirius plaqué dans son dos pendant plus d'une heure –, celui jusqu'au restaurant où ils devaient manger fut autrement plus agréable.

D'autant qu'elle était presque certaine qu'elle était responsable du manque d'attention de Sirius à chaque feu rouge.

Le brunch ne se révéla pas être aussi bon que ceux d'Helga, mais pour une tentative londonienne, elle supposait que c'était sans doute beaucoup mieux que ce dont elle pensait les anglais capables.

Et au fond, elle se fichait bien du contenu de son assiette.

Si elle n'avait pas rêvé la demande en mariage de Sirius dans la nuit – il n'en avait pas reparlé depuis leur réveil et quand bien même aurait-elle halluciné – elle avait réalisé entre leur départ de la maison et l'arrivée des premiers plats qu'ils partageaient tous les trois leur premier repas en tant que famille.

Elle avait bien pris soin de ne pas s'imaginer autre chose durant les deux mois et demi qu'elle avait passé chez Sirius, pour la bonne et simple raison qu'il ne suffisait pas de vivre sous le même toit pour former une famille, non plus que les liens du sang pouvaient effacer le fait que Maellyn avait grandi avec elle et qu'elle connaissait très peu son père.

Quant à elle, elle avait fait très attention à garder ses distances, chaque jour, même si parfois, elle avait lamentablement échoué.

Elle n'avait plus à être constamment sur ses gardes, à contrôler jusqu'au nombre de regards qu'elle était tentée de lancer à Sirius, ou à lutter contre cette complicité entre eux qui lui donnait l'impression de mourir un peu de l'intérieur.

Dieu tout puissant, elle se sentait plus libre que le jour où elle était sortie de prison.

Elle sentit la main de Sirius sur sa cuisse et quitta ses pensées avec un sourire qu'il imita, avant de se pencher vers elle.

- Tu devrais sourire plus souvent, Adler.

- La ferme, grogna-t-elle en retour, essayant de conjurer un véritable regard noir, tout en sachant pertinemment qu'elle faisait un bien piètre boulot.

Le rire de Sirius confirma ce qu'elle pensait et elle le réduisit au silence en l'embrassant, juste parce qu'elle le pouvait.

Sa main quitta sa cuisse pour sa joue et son pouce caressa sa peau avec douceur. Elle ferma les yeux une folle seconde, juste pour oublier qu'ils étaient au milieu d'un restaurant, et pour savourer le goût de ses lèvres sur les siennes.

Il venait de terminer une gaufre et elle était certaine de retrouver la saveur du chocolat.

Ce fut un raclement de gorge insistant derrière eux qui les obligea à se séparer. Sirius tourna la tête pour incendier le couple de petits vieux du regard, ce qui arracha une exclamation outrée à la femme.

Et comme s'il s'était montré trop subtile avec tout ça, il rapprocha sa chaise de la sienne, passa un bras possessif autour de ses épaules et embrassa sa joue.

Elle leva les yeux au ciel.

Foutu Gryffondor.

Elle remarqua avec un temps de retard l'expression ahurie de Maellyn en face d'eux, ses yeux si ronds qu'ils menaçaient de sortir de ses orbites, sa bouche entrouverte, et sa fourchette plantée à la verticale dans sa quatrième gaufre.

Elle grimaça et ce fut au tour de Sirius de s'éclaircir la gorge, ce qui réussit à sortir leur fille de sa torpeur.

- Ça y est, vous êtes plus fâchés ?

Elle semblait étrangement railleuse pour une gamine de quatre ans, comme si elle avait toujours su que Sirius et elle finiraient par se rendre à l'évidence, mais qu'ils avaient décidément pris leur temps.

Elle n'avait peut-être pas tort, mais ce n'était pas la question.

- Qu'est-ce que tu en penses, chaton ? demanda Sirius.

- Est-ce que ça veut dire qu'on va habiter tous les trois pour toujours maintenant ?

Elle sentit sa gorge se serrer en devinant que sa question lui tenait vraiment à cœur, et que la garde partagée l'aurait sans doute rendue malheureuse.

- J'en ai bien l'impression.

Maellyn eut un large sourire, puis mordit dans sa gaufre, avant de reprendre, la bouche à moitié pleine.

- Je vais avoir ma chambre pour moi toute seule, ça veut dire aussi ?

- Bien sûr.

- On pourra changer la couleur des murs ? J'aime pas trop le rouge.

Sirius lui donna l'impression d'avoir avaler de travers – quelque chose de particulièrement amer avec ça – et elle ne put retenir son éclat de rire moqueur.

Maellyn ne perdait pas le nord.

- On verra ça plus tard, d'accord chaton ? intervint-elle finalement. Tu termines ta gaufre ?

Dehors, la neige tombait. Les flocons épais donnaient l'impression que le monde était devenu plus flou, d'autant plus qu'une sorte de brouillard s'était levée. Le froid était devenu plus mordant, accentué par le vent, et elle se plaqua davantage contre le dos de Sirius pour éviter de mourir gelée.

Maellyn, elle, était ravie par le programme météo. Ses cris de joie devenaient extatiques à chaque fois que la moto glissait légèrement sur la chaussée glacée, tandis que Sirius jurait copieusement.

De toute évidence, il n'avait pas l'habitude de conduire dans de telles conditions.

- Tu veux que je prenne la main ?

- Ça va aller, on est presque arrivés.

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais comme elle était mieux à l'arrière, elle n'insista pas vraiment.

Une fois à bon port – après avoir manqué d'écraser une vieille dame, être monté sur un trottoir après une mauvaise trajectoire et grillé au moins un feu rouge – Maellyn réclama son bonhomme de neige, ce que Sirius ne put lui refuser.

Elle crut qu'elle pourrait les regarder faire depuis la véranda – ce n'était pas la pièce la plus chaude de la maison, mais elle y serait sans doute mieux que les pieds dans la neige – sauf que Sirius l'intercepta avant qu'elle ne rejoigne le perron.

- Où crois-tu aller, Adler ? demanda-t-il en l'attirant contre lui.

- Chercher une carotte pour ce fameux bonhomme de neige.

Il haussa un sourcil.

De toute évidence, il savait encore reconnaître quand elle mentait.

- Je n'ai pas de carottes.

- Je pourrais aller en acheter. Je suis sûre que l'épicerie est ouverte.

- On va faire sans. Allez !

Il recula, l'obligeant à suivre.

- Je te déteste, marmonna-t-elle.

- Tu serais tellement plus crédible si tu n'avais pas ce tatouage.

- Mon père avait raison, c'était une mauvaise idée.

Il ignora carrément sa dernière réplique et attrapa sa main pour la mener à l'arrière de la maison, où Maellyn avait déjà commencé à faire rouler une boule pour la faire grossir. Elle ne tarda pas à être trop lourde pour elle et Sirius dut la relayer.

Malgré le froid, elle dut bien vite reconnaître qu'elle ne se serait pas autant amusée à les regarder. Maellyn semblait décidée à utiliser toute la neige qu'elle pourrait trouver pour faire le plus gros bonhomme de neige possible et Sirius utilisa la magie pour répondre à ses désirs. A la fin, leur création mesurait près de deux mètres et son sourire tordu était plus inquiétant qu'autre chose.

Naturellement, Sirius était très fier de lui.

Elle s'accroupit à côté de Maellyn et lui tendit une boule de neige.

- Lance ça sur ton père, souffla-t-elle.

Maellyn eut un sourire tordu et prit le temps d'ajuster son lancer comme elle le lui avait appris pour le baseball.

Elle ne le toucha pas en plein visage, mais heurta son cou, ce qui était sans doute encore plus désagréable.

Maellyn éclata d'un rire satisfait.

- Tu n'aurais pas dû faire ça, petit monstre ! dit-il en se baissant.

- C'est maman qui m'a dit !

Traîtresse !

Elle croisa le regard de Sirius et comprit qu'elle allait peut-être regretter sa petite vengeance finalement...

Elle réussit à esquiver son premier projectile et le sien le manqua de très peu. Maellyn se joignit à eux, les visant à tour de rôle et criant à chaque fois que Sirius faisait mine de vouloir la toucher.

Elle ne fut pas aussi tendre avec sa fille et lui appliqua une poignée de neige sur le visage, ce qui poussa Maellyn à se liguer avec son père contre elle.

Du temps où elle pratiquait la boxe au niveau de la compétition, elle se vantait d'avoir d'excellents réflexes, mais ce n'était de toute évidence plus le cas si elle se fiait au nombre de boules de neige qui s'écrasèrent sur elle.

Ça, ou Sirius se conduisait en odieux tricheur et utilisait la magie.

A la tombée de la nuit, proprement trempée et frigorifiée, elle capitula, ce qui donna l'occasion à Sirius et Maellyn de faire une étrange danse de la joie qu'ils avaient déjà dû répéter.

Une fois à l'intérieur, Sirius sécha Maellyn d'un seul coup de baguette magique, ce qui allait sans doute éviter qu'elle attrape la mort et se transforme en petit dragon.

Elle n'était pas certaine de savoir gérer ne serait-ce qu'un rhume si elle ne pouvait pas la coller devant la télévision et lui faire regarder ses dessins animés préférés.

- Va dans le salon te réchauffer, chaton. On arrive.

Elle s'éloigna en sautillant, de toute évidence ravie de sa journée. Elle secoua la tête... Si six heures de décalage horaire et une après-midi dans la neige n'avaient pas réussi à entamer sa réserve d'énergie, elle se demandait sérieusement ce qu'elle devait inventer pour y parvenir.

- Tu as l'air gelée.

Elle tourna la tête vers lui.

- Quelqu'un a insisté pour que je fasse un bonhomme de neige...

Son regard noir lui fit hausser un sourcil, puis il fit un pas en avant. Entre son regard séducteur, son foutu sourire en coin et sa façon de se tenir plus droit, comme pour accentuer leur différence de taille, elle eut une forte impression de déjà vu.

Elle fit un pas en arrière à son tour – il n'allait pas s'en sortir aussi facilement – et son dos rencontra la porte dans un bruit sourd.

Sirius rit doucement... Pas celui qui rappelait sa forme Animagus, mais quelque chose de plus intense, presque envoûtant, face auquel elle avait bien du mal à rester lucide.

Et il le savait très bien.

Un pas supplémentaire et il fut dans son espace personnel, une main sur sa joue, l'autre sur sa taille.

En sentant son souffle sur ses lèvres, elle cessa de se battre contre l'inévitable.

Parce qu'elle n'en avait pas du tout envie.

- Je peux t'aider à te réchauffer, chuchota-t-il.

Il était si près qu'elle pouvait sentir ses mots se former sur sa bouche.

- Tu as plutôt intérêt.

Elle eut littéralement l'impression de prendre feu quand leurs lèvres se touchèrent et elle aurait pu s'abandonner complètement.

Fermer les yeux, oublier le reste du monde, réduire son univers à ce baiser, ne penser à rien d'autre que son odeur, son souffle rapide contre son visage, la façon dont leurs deux corps avaient retrouvé cette synchronisation naturelle malgré les années de séparation, et la chaleur qui devenait presque insupportable, surtout après être restée aussi longtemps dehors.

Sauf qu'ils ne jouaient pas vraiment à ce jeu-là.

Elle fit glisser ses mains le long de ses flancs, trouva facilement le bas de son t-shirt et glissa ses mains sur sa peau nue.

Ses gants ne l'avaient pas protégée du froid très longtemps, elle avait bien du mal à sentir ses doigts. La peau de Sirius était brûlante et elle eut du mal à ne pas les retirer aussitôt.

Le sursaut de Sirius et sa plainte sifflante lui donnèrent une bonne raison de supporter les picotements agressifs, comme si des centaines d'aiguilles s'étaient enfoncées dans sa chair en même temps.

- Serpentarde, grogna-t-il, sans toutefois se dégager.

- Tu t'es si gentiment proposé pour m'aider à me réchauffer...

Il ne trouva rien d'intelligent à répliquer à ça, et l'appel de Maellyn depuis le salon les obligea à se séparer.

Le reste de la soirée fut nettement plus calme : ils burent un chocolat chaud pour annihiler toute possibilité de tomber malade, Sirius eut définitivement besoin de son aide pour convaincre Maellyn qu'il était hors de question d'accrocher le sapin à l'envers comme elle l'avait vu à la télé, magie ou non et à un moment, Maellyn leur fit remarquer que le sapin ne serait jamais prêt à temps pour Noël s'ils n'arrêtaient pas un peu de se faire des bisous.

Quand elle avait quinze ans, elle s'était fait surprendre par Grant et Burt en train d'embrasser un garçon et elle avait cru qu'elle ne pourrait jamais rougir plus que cette fois-là.

Elle avait tort et Sirius ne se gêna pas pour se moquer d'elle.

Elle termina toutefois la journée lovée contre lui dans le canapé, tandis que Maellyn construisait une maison défiant les lois de la physique avec ses légos.

Dieu tout puissant, si tout cela était un rêve, elle n'était pas prête de vouloir se réveiller.

...

Si on lui avait dit deux mois plus tôt qu'il débarquerait au manoir Londubat main dans la main avec Judy pour le réveillon de Noël, il aurait sans doute balancé son poings à la figure de l'inconscient pour lui remettre les idées en place.

Le mieux qu'il pensait pouvoir négocier dans tout ce merdier était une sorte de trêve, au moins pour que Maellyn ne soit pas prise entre deux feux.

Toutefois, il savait déjà que James allait se montrer insupportable dès le moment où il allait passer le pas de la porte, et il avait presque eu envie de ne pas venir, juste pour se venger par avance.

Il serra une dernière fois la main de Judy dans la sienne, parce qu'il le pouvait pour commencer, et parce qu'elle était sans doute encore plus stressée que lui.

La porte s'ouvrit sur le visage d'Alice – sur son trente-et-un, sa silhouette parfaitement mise en valeur dans une robe bustier rouge et or – et il vit sa bouche s'entrouvrir au moment exact où elle comprit.

Il s'attendait à ce qu'elle lui saute dans les bras ou à ce qu'elle se fende d'un enfin tonitruant, ce qui ne manquerait pas de rameuter James, mais elle croisa les bras sur sa poitrine et les fusilla du regard.

- Vous ne pouviez pas attendre jusqu'à demain ?! J'avais planifié la parfaite stratégie en plus !

Il ferma les yeux et inspira profondément avant de les rouvrir.

Godric tout puissant, il aurait dû se douter qu'il y avait un pari en cours.

- Quelle stratégie ? demanda Judy, avant qu'il n'ait eu le temps de lui dire de laisser tomber.

Alice était au moins aussi dérangée que James et il craignait le pire.

- L'ex de Sirius, beaucoup d'alcool et une pièce qui ne s'ouvre que de l'extérieur. Lily a même accepté de me faire du Veritaserum... Quel gâchis !

Elle accepta enfin de se pousser pour les laisser entrer. Maellyn enleva sa veste et fila en direction du bruit comme si elle avait attendu toute la journée de pouvoir se débarrasser d'eux.

Judy se racla la gorge.

- L'ex de Sirius ?

Il passa une main sur son front.

Merlin, la soirée n'avait pas encore commencé et elle était déjà interminable.

- Mackenzie, la petite amie de Daniel, mon petit frère adoré.

- Ce n'est pas mon ex, précisa-t-il.

- Bien sûr que si ! Tout le monde le dit !

- Sauf Mack et moi ! C'est quand même incroyable ça !

Alice plissa les yeux et son air mauvais lui fit craindre le pire.

- J'aurais bien invité Paul mais il avait déjà des plans avec sa famille.

- Horton !

Son ton menaçant n'eut pas l'ombre d'un effet sur elle et il décida qu'elle était définitivement plus insupportable que James.

Du reste, jusqu'à ce que son frère déboule dans l'entrée, l'air échevelé malgré sa robe élégante, et un sourire qui semblait douloureux sur le visage.

- Horton, il paraît que tu me dois dix Gallions ?!

Alice eut un soupir excédé – comme si elle était la plus à plaindre de la soirée – et se détourna pour fouiller dans ce qui devait être le sac à main de sa belle-mère. James empocha sa mise avec un rire qui l'inquiéta vraiment pour sa santé mentale, puis fit face à Judy.

- Si tu lui brises le cœur à nouveau, je te brise les genoux, Adler. Sirius, je suis fier de toi, tu as fait de gros progrès !

Il lui asséna un coup dans l'épaule pour faire bonne mesure et Sirius ne put que le regarder s'éloigner d'un pas guilleret.

- Il est encore temps de partir, souffla-t-il à Judy.

Elle fixa le vide une longue seconde, puis secoua la tête et releva le menton.

Évidemment...

Leur entrée dans la grande salle à manger – inspirée du château de Versailles s'il se fiait à Augusta, trop de miroirs et de dorures même pour lui – fut suivi d'un silence.

Parmi les invités, il trouva sans mal les visages ravis de Narcissa, Andy et Regulus – même si son frère essayait de rester impassible –. Remus leva son verre dans sa direction, Ted semblait très peu impressionné, Augusta secouait la tête et Drummond lui adressa un clin d'oeil.

Finalement, Lily s'approcha, courant à moitié malgré ses talons vertigineux et les prit dans ses bras, Judy et lui.

- Vous avez mis le temps, mais je suis quand même très heureuse pour vous...

- Merci, Bichette.

Elle embrassa sa joue, puis celle de Judy, laissant une empreinte d'un violet très foncé derrière elle.

- Où est Maellyn ? s'inquiéta Judy.

- Dans le salon juste à côté, avec les autres enfants. Elle était ravie d'annoncer la bonne nouvelle.

Judy fronça les sourcils.

- Elle a dit quoi, exactement ?

- « Mon papa et ma maman ne sont plus fâchés et ils font que de se faire des bisous ». Elle a définitivement hérité du sens théâtral des Black.

- Ne m'en parle pas...

Lily lui fit promettre de lui raconter tout dans les détails avant de lui permettre de faire le tour de la piècepour saluer tout le monde.

Honnêtement, s'il n'avait pas eu la main de Judy dans la sienne et la possibilité de croiser son regard aussi souvent qu'il le voulait, il aurait sans doute eu besoin d'un verre d'alcool à un moment.

Bien sûr, il était plus qu'heureux de la tournure des événements – et il comptait bien profiter de la véritable bulle de bonheur dans laquelle il avait passé les deux derniers jours – mais une part de lui était légèrement inquiète que ses amis et sa famille réussissent à effrayer Judy à force de lui promettre les pires tourments si elle osait le quitter à nouveau.

Ce qui n'était même pas ce qui s'était passé la première fois pour commencer.

- C'est une bonne chose que tout soit rentré dans l'ordre, finalement... dit Regulus. Je suis certain que vous m'avez épargné tout un tas de démarches administratives ennuyantes grâce à une simple discussion.

Avec son masque de fin politicien sur le visage et sa voix volontairement guindée, il n'avait pas le moindre doute sur le fait qu'il y avait une menace subtilement cachée sous ses mots.

A la façon dont Judy plissa les yeux, elle devait avoir saisi laquelle bien mieux que lui.

Remus croisa son regard et eut une grimace d'excuse.

- Puisse cela servir de leçon à toute la famille Black pour les siècles et les siècles, amen.

Judy eut un sourire un peu forcé.

- Pour information, James s'est déjà chargé de la traditionnelle mise en garde fraternelle.

- Et je ne doute pas une seule seconde qu'il se soit montré très graphique. Les Gryffondors manquent terriblement de finesse.

- Tu devrais changer de discours, mon très cher frère, ça devient lassant. Sur ce, nous n'avons pas encore terminé de saluer tout le monde.

Ils n'avaient pas fait trois pas en direction de Ted et Frank – en grande conversation – que Judy réclama un verre d'alcool.

Il faillit bien l'imiter, mais il n'avait pas envie de briser sa promesse à cause de Regulus. Il se contenta de lâcher la main de Judy pour passer un bras autour de sa taille et respirer son odeur.

Aussi loin qu'il était concerné, c'était la seule drogue dont il avait vraiment besoin.

Judy toucha finalement très peu à son verre et posa sa tête sur son épaule, les yeux fermés.

- Ça va ?

- Je crois que ton frère a menacé de t'obtenir la garde exclusive de Maellyn si...

Il faillit rejoindre Regulus pour lui vider le verre plein de Judy au visage, et peut-être même accompagner ça d'un ou deux maléfices.

- Il oublie toujours que j'ai mon mot à dire... Je te promets que je ne te ferais pas ça, Jud'... Ni à toi, ni à Maellyn.

Elle releva les yeux vers lui, et il put lire la peur dans son regard bleu. Il embrassa son front et attendit qu'elle soit à nouveau détendue dans ses bras.

- Regulus est un crétin prétentieux et Remus ne le laissera jamais faire un truc pareil.

- C'est un crétin prétentieux qui a sauvé le monde sorcier...

- Tu parles, sans Remus et moi, il aurait bien eu du mal à sauver son propre cul.

Cette fois, il réussit à lui arracher un éclat de rire, et elle ne tarda pas à se dégager, non sans déposer un baiser à la commissure de ses lèvres.

- Il semblerait que des félicitations soient de rigueur ?

Il reconnut sans mal la voix féminine et se détourna pour faire face à Mackenzie. Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas croisée, principalement parce qu'elle était toujours exilée à Istanbul pour être avec son père.

- Tu aurais pu envoyer une lettre, Black... Surtout que tu sais à quel point Alice déforme tout.

C'était sûrement un euphémisme : Alice était la pire commère qu'il connaissait. Elle oubliait la majorité des détails et en inventaient d'autres pour rendre ses récits plus saisissants. C'était sans doute sa faute – et celle de James – si autant de personnes pensaient qu'il était sorti avec Mackenzie...

Non pas qu'il n'aurait pas aimé, à une époque, mais il avait été englouti par la guerre dès sa sortie de Poudlard... Il n'était même pas sûr de s'expliquer comment Judy et lui avaient réussi à se trouver.

- Ça n'a pas eu l'air de t'inquiéter non plus...

- Tu plaisantes ? Toi, père d'une gamine de quatre ans du jour au lendemain ? J'ai prévenu tout le département des Aurors anglais de s'attendre à une catastrophe.

Il lui jeta un regard noir qui ne lui valut qu'un haussement de sourcils en retour – à force de l'utiliser contre elle, il avait sans doute perdu tout pouvoir – puis il réalisa que Judy les fixait avec attention, et même un brin de méfiance.

- Judy, Mackenzie. Mack, Judy...

- Avant que quiconque n'ait le temps de dire n'importe quoi, je ne suis pas son ex petite-amie.

Judy eut une grimace.

- Trop tard...

Mackenzie eut un soupir excédé.

- Alice, je présume ?

Le silence répondit à sa question et à la façon dont ses yeux se mirent à fouiller la foule, il voulait bien parier qu'Alice n'allait pas s'en sortir aussi facilement cette fois.

Mackenzie n'eut pas vraiment l'occasion d'aller lui demander des comptes, parce qu'Augusta Londubat annonça que le repas était prêt à être servi. Il se retrouva entre Judy et James. Son frère eut la décence de ne pas du tout évoquer le fait que Judy et lui s'étaient réconciliés, non plus de demander des détails et encore moins de lui faire remarquer qu'il avait eu raison, pendant tout ce temps, et qu'il ferait bien de l'écouter plus souvent.

Il faillit presque lui demander s'il allait bien, sauf que Lily lui lança un regard complice. Il comprit que la discrétion de son frère n'avait rien de miraculeux : Lily avait dû acheter son silence d'une façon ou d'une autre.

Malgré le fait qu'il n'aimait pas beaucoup ces rassemblements – auxquels il ne pouvait guère échapper au moment des fêtes de famille – il passa tout de même une bonne soirée. La nourriture était excellente, l'eau délicatement parfumée au citron, la main de Judy se glissait dans la sienne dès qu'ils n'étaient plus occupés à manipuler des couverts. Entre deux sujets de conversation avec Narcissa à sa gauche ou Mackenzie et Daniel en face d'elle – Alice avait visiblement pensé à tout –, ses yeux croisaient les siens, lui donnant l'impression que son cœur allait exploser à force d'accélérer aussi brutalement à chaque fois.

Maellyn, elle, était installée avec les autres enfants – tous plus ou moins sous le commandement de Nymphadora – et elle passait plus de temps à rire avec Anna et Alya qu'à manger la part de volaille dans son assiette.

- Tu es étonnamment silencieux, Patmol, lui souffla James, peu après que le dessert eut été servi – et difficilement avalé –.

- Je savoure mon vrai cadeau de Noël, marmonna-t-il, avant de se lever.

Il souffla un « je reviens » à l'oreille de Judy, parce qu'il avait vraiment besoin qu'elle ne le suive pas, et rejoignit Maellyn, non sans ébouriffer la tignasse de son filleul en passant près de lui.

- Patmol !

Il répondit par un clin d'oeil à son regard noir, puis lui tira la langue, ce qui lui valut une affreuse grimace. Maellyn avait beau être abîmée dans un jeu – qui ressemblait beaucoup à sauter d'un canapé à l'autre sans toucher le sol –, elle se jeta dans ses bras tout pareil et il la serra contre lui.

- Chaton, tu veux bien me rendre un service ?

Elle se redressa et hocha la tête.

- J'ai une surprise pour ta maman et j'ai besoin que tu t'assures que Cornedrue se taise.

Son sourire tordu étira ses lèvres et une étincelle malicieuse embrasa son regard bleu.

- Trop facile, dit-elle finalement.

Il la ramena dans la grande salle à manger et elle se hissa sur les genoux de son parrain, sans que James ne trouve rien à y redire. Il semblait même ravi.

Il attrapa la main de Judy.

- Tu peux te lever ? demanda-t-il.

Elle fronça les sourcils et le dévisagea.

Pour une fois, il remercia son éducation Sang-Pur et les quelques astuces qu'il avait glané pour maintenir un visage neutre quand il le fallait vraiment.

- S'il te plaît ?

Ses yeux de chiot battu lui tirèrent un soupir, mais elle accepta quand même.

Il ne fit pas trois pas avant de poser un genoux au sol, prenant bien soin de garder sa main emprisonnée dans la sienne pour être certain qu'elle ne s'échappe pas, et sortant une petite boîte de sa poche.

Les yeux de Judy lui donnèrent l'impression qu'ils allaient sortir de leur orbite et elle ouvrit plusieurs fois la bouche avant de reprendre, non sans s'être raclée la gorge avant.

- J'ai déjà dit oui.

Sa voix était tremblante et ce fut à son tour de se racler la gorge.

- Je veux des témoins.

- Maellyn était là !

- Elle dormait !

Il eut vaguement conscience du « quoi ?! » indigné de James sur sa gauche, avant qu'il n'ait une exclamation douloureuse.

Il réussit à ouvrir la boîte, dévoilant une bague qui avait appartenu à la mère de James, parce qu'il n'avait pas imaginé la demander en mariage avec autre chose, et qu'Euphémia la lui avait confié quelques jours avant de mourir, lui assurant qu'un jour, il en aurait besoin.

- Quand as-tu été acheter une bague pareille ?

- Je l'avais déjà avant.

Il crut qu'elle n'allait pas comprendre, mais elle sut lire entre les lignes et cette fois, son air bravache se fissura.

Ses yeux se mirent à briller et elle déglutit difficilement.

- Je peux continuer ?

Sa voix à lui tremblait aussi et il prit une profonde inspiration avant de reprendre.

- Judy...

Il se stoppa.

- Tu as un deuxième prénom, pas vrai ?

Elle passa une main nerveuse dans ses mèches blondes.

- Judith Sarah Adler.

- Judith ?!

James eut une imprécation.

Évidemment.

- C'est la pire demande en mariage de l'histoire des demandes en mariage.

Judy et lui se tournèrent en même temps vers lui. Il eut le temps de voir qu'il avait emprisonné Maellyn de telle sorte qu'elle ne puisse pas s'en prendre à lui, ce qui n'empêchait pas leur fille de quand même essayer.

- La ferme !

Il leva les yeux au ciel mais fit preuve d'intelligence en restant silencieux.

Sirius eut besoin de quelques secondes avant de retrouver le fil, son regard à nouveau plongé dans celui de Judy.

- Judith Sarah Adler, ma vie sans toi craint et je veux juste être sûr que plus personne ne pourra me priver de toi...

Une larme roula le long de la joue de Judy et il perdit la suite.

Quelqu'un se racla la gorge – sans doute Lily – et il réalisa qu'il avait oublié l'essentiel.

- Je t'aime. Epouse-moi.

Elle essuya ses joues d'une main tremblante, hocha la tête et tira sur sa main pour l'inciter à se lever.

C'était comme s'il avait du caoutchouc à la place de ses os. Il tituba légèrement et se raccrocha à elle, avant de pouvoir lui passer la bague au doigt.

Magie oblige, elle s'ajusta aussitôt.

- Tu es ridicule, dit-elle finalement, sa voix plus assurée.

- Ça fait partie de mon charme...

Les applaudissements venant de la table n'avait aucune importance, et il n'avait certainement pas besoin que James réclame un bisou pour prendre son visage entre ses mains et déposer ses lèvres sur les siennes.

Si embrasser Judy n'était pas la définition même du bonheur, alors il ne le trouverait jamais ailleurs.

...

Judy aurait dû se douter qu'elle ne s'en sortirait pas aussi facilement.

J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :

- Ce petit réveil qui a presque un goût d'inachevé (ça aurait peut-être pas été la même chanson si Maellyn était restée dans son lit xD)

- La réaction de Maellyn face à la réconciliation de ses parents (j'adore cette gamine!)

- La bataille de boules de neiges (c'est si agréable de les écrire heureux pour changer)

- La réaction d'Alice et James (ils me manquent tous les deux, vous avez pas idée)

- La seule, l'unique, Mackenzie Atkinson (pour information, je suis la présidente auto-proclamée du Blackenzie Ship Fan Club. Rejoignez-nous, on a de super badges)

- THE PROPOSAL ! (Bis).

Cette histoire touche à sa fin. Je posterais sans doute les bonus avec l'épilogue la prochaine fois, afin d'avoir la satisfaction de passer cette histoire en complete.

Toujours pas besoin de câlins cette semaine ! ( certains sont si mauvaise langue)

Je vous dis à dans un mois (Sans faute. Peut-être).

La review est mon seul salaire et la base du régime alimentaire de ma muse ! Soyez sympa, l'accouchement de ce projet a été douloureux.

Orlane.

Mis en ligne le 06/04/2019