There Will Be Time...
Bonus 2 : The Deal.
A voir Maellyn assise toute droite sur la chaise en face du bureau, ses sourcils froncés et une légère moue sur son visage, Narcissa se demanda une folle seconde si sa petite cousine avait vraiment quatre ans.
Elle aurait dû être intimidée de se trouver dans cette situation. Deux adultes en face d'elle, dont Regulus et son masque de politicien. Au lieu de ça, elle les regardait droit dans les yeux et son menton était nettement relevé.
- Je n'ai rien fait de mal, dit-elle finalement.
- C'est vrai, tu n'as rien fait de mal, lui répondit Regulus, sa voix bien plus douce que d'habitude.
Narcissa retint un sourire amusé. Maellyn était dans leur vie depuis à peine un mois, et elle s'était ménagée une place dans le cœur de chacun. Même Regulus était complètement sous son charme.
- Nous avons besoin de ton aide pour aider ton papa et ta maman à être de nouveau amoureux.
Elle croisa les bras sur sa poitrine et les dévisagea l'un après l'autre, comme s'ils étaient particulièrement stupides.
- Ils sont déjà amoureux.
Douce Circée, avec un esprit pareil, cette petite devait absolument faire ses classes à Serpentard !
- Ils sont amoureux, mais pas vraiment comme les parents de Harry ou de Neville, n'est-ce pas ? demanda-t-elle, puisque Regulus semblait avoir du mal à trouver une façon de répondre à ça.
Maellyn pencha la tête sur le côté, un tic qu'elle avait sans doute pris à son père, puis soupira.
- Non... Ils ne se font pas de câlins comme Cornedrue et Bichette. Et en plus, maman dort avec moi.
- Est-ce que tu voudrais qu'ils soient vraiment amoureux ?
Elle prit le temps de réfléchir.
- Ca voudrait dire qu'on habiterait tous les trois ensemble pour toujours ?
L'espoir sur son visage lui serra le cœur. Elle espérait sincèrement que Judy et Sirius allaient se rendre à l'évidence, ou Maellyn risquait bien d'en être meurtrie. Narcissa quitta le côté de Regulus pour venir s'accroupir près de la chaise où était installée Maellyn.
- J'espère, ma douce, souffla-t-elle en caressant la joue de la petite. Cela risque d'être compliqué, et il faudra te montrer patiente, mais si tout se passe bien, je pense sincèrement que oui. Tu comprends, Maellyn ?
Elle serra les lèvres, puis hocha la tête lentement.
- Tu connais l'histoire de Cendrillon ?
Sans surprise, elle eut un sourire.
- Je l'ai en cassette chez maman. J'aime bien les petites souris.
- Tu te souviens comment le prince et Cendrillon tombent amoureux ?
- Cendrillon va au bal grâce à sa marraine et elle danse avec le prince. Après, elle doit partir mais il la retrouve avec la chaussure.
- Je voudrais que ton papa et ta maman viennent à un bal, chez moi, pour Halloween. Ta maman m'a dit que si tu acceptais de mettre une robe, ils viendraient.
Maellyn eut une expression horrifiée.
- J'aime pas les robes, gémit-elle.
- Même si c'est toi qui la choisit et si tu portes un short en dessous ?
Maellyn resta silencieuse une longue minute, et Narcissa vit à quel point elle réfléchissait à sa décision à la façon dont ses yeux bougeaient rapidement.
James Potter n'avait peut-être pas tort, finalement... Judy et Sirius devraient donner une petite sœur ou un petit frère à Maellyn. Leur famille ne s'en porterait que bien mieux.
- D'accord... Mais je veux un costume de Wonder Woman en échange.
Narcissa réussit sans mal à cacher le fait qu'elle n'avait pas la moindre idée de qui était cette Wonder Woman, ce qui signifiait qu'elle allait peut-être promettre l'impossible...
Sauf que l'argent rendait possible presque tout et que les Black étaient loin d'être pauvres.
Elle se tourna vers Regulus.
- Penses-tu qu'il s'agisse de termes acceptables ?
Regulus se leva et tendit la main au-dessus de son bureau, un air solennel sur le visage. Maellyn sauta au pied de sa chaise, sans pour autant donner l'impression qu'elle était d'accord.
- Je préfère jurer-cracher. Comme ça, c'est sûr.
Et pour ne laisser aucun doute, elle cracha dans sa paume.
Narcissa fut certaine de voir Regulus blanchir et elle retint de justesse un éclat de rire.
- Très bien. Mais pas un mot, Maellyn, à personne.
Et avec ça, il cracha à son tour dans sa main, échouant lamentablement à rendre ce geste élégant, puis serra la main de sa nièce.
Une fois le contrat signé de la façon la moins hygiénique possible, Maellyn essuya sa main sur le devant de son pantalon et quitta le bureau en sautillant.
