Voldemort avait installé son quartier général dans le manoir Malefoy. Etaine n'avait jamais eu l'occasion de les voir depuis qu'elle s'y était installée et elle n'avait pas cherché à le faire. Elle n'avait jamais parlé à Malefoy pour autre chose que jouer avec lui ou le manipuler. Ce qui n'avait plus aucun intérêt à l'heure actuelle.
La bibliothèque du manoir Malefoy était importante. Pas autant que celle de Poudlard mais elle équivalait celle du Square Grimmaurd. C'est-à-dire qu'elle regorgeait de vieux grimoires qui empestaient la magie noire à l'autre bout de la vaste salle. Sans cela, Etaine ne les aurait sans doute pas trouvés, dissimulés qu'ils étaient dans un compartiment secret. Vu le contenu, il était logique qu'on les ait dissimulés. Où serait allé la respectabilité de la famille Malefoy si l'on avait su qu'ils possédaient le savoir de faire des Horcruxes et assez d'ouvrages sur la Nécromancie pour les envoyer à Azkaban jusqu'à la huitième génération ?
Elle connaissait déjà les Horcruxes, mais pas la technique pour les faire. Réceptacles d'une partie de l'âme du sorcier, celui-ci ne pouvait mourir tant que son Horcruxe demeurait intact. Et il y avait bien peu de manière de venir à bout d'un Horcruxe, d'autant que celui-ci avait tendance à se défendre. Et que sa puissance était proportionnelle à celle du sorcier dont il provenait.
Un Horcruxe, c'était l'immortalité à portée de main. Ce pouvait être n'importe quoi, du moment que cela puisse enfermer une part de l'âme du sorcier. N'importe quoi, n'importe où dans le monde… C'était surtout une horreur.
Etaine ne se voyait pas mourir. Peut-être avait-elle renoncé à un moment donné, mais la perspective d'une bibliothèque fournie et la possibilité de faire de nouveau de la magie lui suffisait jusqu'à ce qu'elle trouve une cause pour laquelle lutter. Néanmoins, l'immortalité la tentait à peu près autant qu'un Doloris. Tout le monde devait mourir un jour, elle le savait, mais elle ne voyait pas sa fin tout de suite. Elle savait juste qu'elle la voulait grandiose et que même si son nom et ses actions serait effacés par les années, elle pouvait laisser une trace comme Rowena Serdaigle ou Boadicée Prewett. Celle d'une battante aussi puissante qu'érudite. C'était à peu près tout ce qu'elle avait, après tout.
Puis, le Temps l'effacerait de la mémoire collective pour d'autres grandes figures car rien ne pouvait arrêter sa marche. Elle n'avait rien qui ressembla tant à ses yeux à une déité que le Temps. Il bouleversait le monde à chaque seconde, restant seul inchangé à mesure que les siècles passait. Parvenir à le rouler, ç'aurait été comme réussir à vaincre un Maître du Jeu sans que son Créateur ne s'en rende compte. Impossible. C'était pourtant ce qu'étaient les retourneurs de temps. Des impossibilités. L'impossible n'était pas humain.
Hors, l'immortalité, c'était aussi bouleverser la marche du Temps, introduisant un autre élément, moins fort, mais toujours en place. Une vie à ce qui ne pouvait être vivant et intemporel. Briser une limite sacrée. C'était pour cette raison qu'Etaine avait une sainte horreur des Horcruxes. Cà et le fait qu'aucune personne normale ne pouvait déchirer ainsi son âme d'une telle façon de son plein grès. La légilimente lut soigneusement la technique – assez compliquée – de fabrication d'un Horcruxe, puis la manière de les détruire avant de refermer soigneusement les livres et de les replacer dans leur cachette avec un verrou en Fourchelang dessus. Elle ne pouvait pas détruire de tels livres, chef-d'œuvre de savoir, mais elle ne voulait pas que quiconque puisse tomber sur ces informations.
Un autre gros volume, plus grand qu'une bible moyenâgeuse, était également relégué là. La Fourchelang y avait jeté un coup d'œil puisque c'était seulement la deuxième fois qu'elle parvenait à mettre la main sur un ouvrage de Nécromancie. Même l'Archiviste n'y connaissait rien. La conclusion s'imposa rapidement à la légilimente : ce grimoire d'apprentissage était beaucoup trop complexe pour elle. Cela ne l'empêcha pas de continuer de lire. La beauté de la discipline lui échappait surement, mais elle savait que c'était une entreprise de longue haleine que de devenir un nécromant accompli. Des décennies. Elle n'était pas sûre que l'enjeu soit assez important pour justifier tant de patience. Elle avait toutefois appris la création d'Inferius, ce qui lui suffisait dans le domaine. L'étape la plus basique. C'aurait été complétement ruiner la discipline que de prétendre qu'il n'y avait que ça, mais les autres possibilités nécessitaient d'atteindre un état de transe bien supérieur à n'importe quel niveau d'occulmencie. Ce qui faisait que tous les nécromants étaient obligatoirement occulmens niveau dix, le niveau maximum, ou au-delà. Rogue aurait pu le faire. Mais d'après ce qu'elle avait appris des conversations surprises ici et du contenu de sa bibliothèque personnel, ce n'était pas son domaine de prédilection. Le nécromant ici était Teodred Nott.
-La Nécromancie t'intéresse, jeune Etaine ? l'avait-il apostrophé une fois, alors qu'elle était penchée sur le grimoire, tentant de comprendre la notion de « filtre » entre ce plan et le plan supérieur.
Tout l'art de la Nécromancie consistait en l'énergie que ces pratiquants tiraient du plan supérieur. Hors, pour ce faire il fallait y insérer une partie de son âme. Et l'on n'accédait normalement à ce plan qu'en mourant.
-Elle me laisse perplexe, avoua la Fourchelang en se retournant.
L'homme se tenait sur le pas de la porte, regardant dans sa direction. Sauf qu'il était aveugle, un voile blanc couvrant ses yeux qui avaient dû être naturellement clairs puisqu'ils paraissaient entièrement dépourvus de pupille. Cela ne l'empêchait manifestement pas de voir puisqu'il savait qui elle était et ce qu'elle lisait. Ce qu'elle avait lu quelques minutes plus tôt avant de passer aux filtres lui revint. La Vision de puissance.
Compétence nécromancienne, ceux-ci l'acquéraient pour voir non seulement l'objet mais aussi l'aura magique autour de lui. Certes, les plus puissants sorciers avaient naturellement une attirance vers les objets magiques puissants mais ce n'était que cela. Une attirance. Comme le sentiment qui l'avait mené à la cachette des livres. La Vision de puissance était infiniment plus précise. Avec elle, les nécromants pouvaient voir la moindre trace de magie effectuée sur un objet, retracer le déroulement d'une bataille récente par les particules de magie encore en suspension. Un sortilège de désillusion ne servait à rien puisqu'ils détectaient non seulement ce sortilège mais aussi le sorcier en dessous. Ils pouvaient détecter ce qu'était un objet sans même avoir à jeter un sort sur lui. Ils voyaient tous les types de magie et leur intensité. C'était indéniablement un talent des plus utiles. Dommage qu'il prenne tant de temps à acquérir. De toute manière, elle doutait d'y parvenir. Quand bien même elle parviendrait à accumuler le niveau de méditation suffisant et à passer ce foutu filtre – ce qui nécessitait en moyenne cinq ans d'études aux nécromants – elle ignorait le rituel pour y parvenir. Et l'idée de devenir aveugle durant quelques jours, le temps que les deux visions s'accommodent, représentait trop de temps où elle aurait été vulnérable et dépendante des autres.
Teodred ne paraissait pas ses soixante-dix ans. Elle savait qu'il avait été parmi les premiers fidèles de Voldemort avec lequel il avait été à Poudlard. Il avait même été le premier. Pourtant, les cheveux qui retombaient sur ses épaules étaient d'un auburn sans une touche d'argent. Son visage à peine ridé au coin des yeux avait une note d'intemporalité qui n'était pas sans rappeler la sienne. Il avait une aura impressionnante qu'Etaine ne sentit que quand il s'approcha avec aisance, comme s'il savait où toutes les choses étaient. La Fourchelang qui savait mieux vit sa main se contracter à plusieurs reprises. Probablement un truc de nécromant semblable aux ultrasons. Sa cécité n'avait pas l'air de le gêner outre mesure ; cela faisait visiblement un certain temps qu'il avait perdu la vue, même si rien n'indiquait que la Vision de puissance en soit responsable.
Etaine le regarda venir sans bouger. Teodred était important et il le savait manifestement. Son seul style vestimentaire le prouvait. C'était le seul qu'elle ait vu qui n'avait même pas pris la peine de porter quelque chose de similaire à une robe de sorcier, peu pratique dans une situation de combat. Mais comme les mangemorts se battaient contre l'influence des moldus dans leur société, ils ne pouvaient pas simplement porter un gilet par-sort et un pantalon. Trop moldu. Ils accommodaient donc leur tenue pour en faire un mélange plus traditionnel. Teodred Nott en revanche était vêtu d'un pantalon en cuir de dragon des Hébrides et d'une chemise noire bardée de runes. On aurait pu croire à un gothique moldu s'il n'y avait pas eu la cape noire accrochée par des attaches d'un métal qu'elle ne reconnut pas mais qui n'était certainement pas du cuivre, malgré sa couleur. Il avait personnalisé le manteau mangemort. Ça et l'aura qu'il dégageait. C'était la première fois qu'elle rencontrait un nécromant et celui-ci ne cherchait visiblement pas à cacher son état. Son aura était passive mais facilement aussi impressionnante que celle de son oncle. Il dégageait une impression de fausse langueur. Et l'on savait que si l'on s'endormait en sa compagnie, on ne se réveillerait pas. Cela impressionna légèrement Etaine.
Les nécromants étaient rares et c'étaient le plus souvent des talents de famille. Le fait que le ministère ait interdit ne serait-ce que l'étude de la Nécromancie n'avait pas été pour aider.
Teodred Nott s'assit silencieusement en face d'elle, la considérant un moment avant de parler.
-Lucius aurait dû mieux cacher ces grimoires. Mais je suppose qu'il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un soit capable de les lire.
-Pourquoi ne le pourrait-on pas ?
-Il faut avoir du sang nécromant pour cela. Ou l'âme d'un nécromant. Dans mon cas, c'est l'âme, dans le tien, le sang. Sais-tu de quelle ligne il s'agit ?
Elle avait un ancêtre nécromant ? Comment avait-elle pu passer à côté de cela ?
-Je ne connais pas le nom des lignes.
-Elles sont toutes éteintes à l'heure actuelle à l'exception de celle des Néméïos qui existe encore via les Zabini. Néméïos est une ligne grecque, de même que celle Achéron. Les lignes latines sont plus nombreuses avec les Pertian, les Valerius, les Saevus, les Curius et les Mucius. Il existait aussi deux lignes nordiques ; les Bregnam et les Wolkolv.
-Cela fait peu de lignes, s'étonna Etaine.
-Ce sont les seules dont les dons étaient assez puissants pour se transmettre à leurs descendants. Reconnais-tu l'une d'elle ?
La Fourchelang réfléchit un instant. Les Gaunt étaient une vieille famille du pays de Galles et il n'en avait jamais bougés depuis que Salazar Serpentard était revenu s'y installer après avoir quitté Poudlard. Toutes les familles avec lesquelles ils s'étaient liés depuis étaient éteintes à l'exception de celle des Selwynn. Trop de consanguinité avait fini par en faire des Cracmols. Un certain nombre de familles magiques avaient disparues ainsi : trop de puissance tuait la puissance. Les descendants de Merlin avaient disparus ainsi. Ils s'étaient alliés à des familles déjà puissantes magiquement et il n'était né que des Cracmols.
La légilimente avait déjà discuté de cela avec son oncle qui avait des recherches sur le sujet. Le fait d'avoir été élevés par des moldus les avait tout deux poussés à se poser des questions qui ne seraient jamais venues à l'esprit d'un sang-pur ou un sang-mêlé élevé par ses parents. Ainsi, la population magique voyait les Cracmols comme des enfants de sorciers dont l'alignement magique n'était pas assez élevé pour leur permettre d'activer leur magie. Seulement d'avoir un noyau magique. C'était donc considéré comme une honte d'avoir un enfant Cracmol.
Mais si c'était le plus souvent un défaut de puissance qui causait les Cracmols, l'inverse était également vrai. Un sorcier ne pouvait généralement pas utiliser sa magie avant ses sept ans, âge où le bouclier commençait à se dissiper. On ne savait pas la raison pour laquelle un frein était présent sur la magie des enfants avant cet âge mais les médicomages qui avaient étudiés le phénomène pensaient qu'il s'agissait d'une manière de se protéger des enfants. La magie à ce moment était trop instable, trop dangereuse pour eux. Elle commençait à se stabiliser à partir de six ans, et le bouclier commençait à se lever à sept, une fois que la majorité du danger était passé. Le bouclier n'était entièrement levé qu'à la puberté et ce n'était pas une action qui se décidait par l'enfant, malheureusement. A partir de ce moment seulement, le sorcier avait accès à sa pleine puissance. Quant à la magie, elle finissait de se stabiliser à onze ans, lorsque l'usage d'un catalyseur comme une baguette magique devenait possible – ou plus exactement moins dangereux – empêchant ainsi l'accès aux Arcanes, cette magie sauvage domestiquée.
Le problème de ces Cracmols plus puissants que la moyenne résidait dans le bouclier. A leurs sept ans où auraient dû commencer à se manifester leurs pouvoirs le bouclier restait en place. La magie qu'ils avaient accumulée était trop puissante pour que le bouclier ne la voit pas comme une menace. Celui-ci restait donc en place jusqu'à leur mort. Il était assez ironique que les plus puissants sorciers se révèlent être des Cracmols. Cela avait été le cas de sa grand-mère, Milena Jedusor. La sœur de Voldemort avait été bien plus puissante que lui. Le Seigneur des Ténèbres, pourtant l'un des sorciers les plus puissants de l'époque, faisait office de petit garçon à côté d'elle.
Etonnement, son grand-oncle n'enviait pas sa jumelle pour avoir eu presque tout ce qu'un enfant pouvait désirer : une famille qui l'aimait et l'avait adopté quand lui-même était resté à l'orphelinat à s'y faire maltraiter pendant les sept premières années de sa vie. Mais Milena n'avait jamais eu accès à sa magie, elle qui représentait tout tant pour elle que pour son grand-oncle. Ce qu'il avait accompli valait toutes les enfances douloureuses à ses yeux.
D'ailleurs les recherches de Voldemort avait prouvé que ces Cracmols inhabituels souffraient bien plus de leur état que les déficients. Il y aurait toujours pour eux un vide, une impression d'être incomplets. Ces prodiges magiques étaient condamnés à ne jamais pouvoir toucher au plus beau des cadeaux dont ils avaient été dotés.
Mais, étant Cracmol, sa grand-mère n'avait pu lui transmettre le talent de nécromant. Cela lui venait du côté de sa mère. Elle ne savait pas grand-chose des ascendances de la famille McKinnon, hormis qu'elle descendait de Gryffondor et Serdaigle. L'un des noms dit par Teodred lui disait-il quelque chose ?
-Lucan, déclara finalement la légilimente après plusieurs minutes à s'interroger. Lucan Valerius. Mon arrière-arrière-grand-père.
-Dans ce cas, ce livre n'est pas pour toi, dit Teodred en le refermant. Il faudra attendre qu'une âme de nécromant s'incarne dans ta lignée pour débloquer de nouveau cette capacité.
-Pourquoi ?
-Le don de nécromant s'affaiblit de génération en génération à moins qu'il ne soit réactivé par un nécromant ou l'âme de l'un d'eux. Tu as le don, mais ta capacité est trop faible pour te permettre de passer le filtre, quelques soient les efforts que tu y mettras.
Eh bien, on pouvait dire adieu à la Nécromancie. Pas que cela l'avait particulièrement intéressée de toute manière.
-Puis-je joindre ton clann ? demanda Teodred, la surprenant.
Toutes les personnes qui avaient des ennemis puissants avaient un clann, c'était obligatoire s'ils voulaient rester en vie. Le clann d'une personne était un réseau d'autres sorciers qui joignaient leur magie à la sienne. Si de la magie Vaudou était utilisée contre la personne protégée par le clann, la magie de ses membres ferait tampon pour affaiblir ou stopper l'attaque Vaudou, selon la puissance et le nombre de membres du clann. On ne pouvait pas forcer quelqu'un à rejoindre un clann, ce devait être librement donné.
Un clann était la seule façon de contrer le Vaudou. Lequel était une des principales raisons pour laquelle Etaine avait pensée avoir peu de temps à vivre l'année passée. Le Vaudou faisait partie des Arts Sombres et seules quelques personnes le maîtrisait. Elle n'avait aucun doute que Voldemort fut l'un d'eux. Elle-même connaissait la théorie qu'elle avait tirée d'un vieux grimoire de la Salle sur Demande. Cela demandait énormément de puissance, mais ce n'était pas compliqué. Il suffisait de planter des aiguilles dans une poupée faite des cheveux de la victime. Une des principales raisons pour laquelle Voldemort préférait rester chauve, d'ailleurs. Il avait déjà subi une attaque Vaudou et il avait très peu apprécié. La puissance magique n'était nécessaire que pour renforcer le lien entre la poupée et la victime, si bien que celle-ci sentait tout ce qui était infligé à la poupée. On pouvait facilement tuer quelqu'un ainsi.
Selon la puissance de l'attaque possible, un sorcier développait plus ou moins son clann. Voldemort par exemple avait l'intégralité de l'Cercle proche et Teodred dans son clann. Cela n'avait pas été de trop par le passé. Teodred avait quitté l'Cercle proche après être devenu aveugle. Si cela ne lui causait pas trop de problème dans sa vie de tous les jours, c'était plus délicat en combat où la magie volait partout.
Ironiquement, la personne qui devait avoir le plus grand clann à l'heure actuelle était Potter même si elle doutait qu'il soit au courant. Les gens s'étaient précipités pour rejoindre son clann après que Voldemort ait échoué à le tuer en 1981 et il y avait déjà pas mal de gens, même avant, qui désiraient le protéger.
Le clann d'Etaine était beaucoup moins important. Il fallait du temps pour en former un et seuls des sorciers puissants pouvaient le rejoindre. Potter était une exception. Il ne comptait que trois membres. Severus Rogue, qui ne lui avait d'ailleurs jamais dit qu'il avait rejoint son clann. Si la légilimente n'avait pas lu le rituel dans Magie Ancienne et Potions Ancestrales elle n'aurait jamais su qu'il l'avait fait, il y avait des années de cela, quand il avait commencé à l'entraîner en duel. Destin dont cela faisait partie des services qu'il proposait. Le détraqueur n'ayant aucun intérêt à ce que son gagne-désespoir se fasse éliminer il était donc logique qu'il prenne de telles mesures. Mais lui au moins avait pris la peine de lui expliquer ce qu'il faisait, raison pour laquelle elle avait étudié le rituel dans Magie Ancienne et Potions Ancestrales. Le dernier était Revan Sylversword. Le descendant de Gryffondor avait rejoint son clann en quatrième année tout comme elle avait rejoint le sien.
Trois personnes étaient mieux que rien mais cela ne représentait pas une grande protection face à la menace que Voldemort représentait et celle à laquelle elle s'exposait encore actuellement.
-Pourquoi me le proposer ? demanda la Fourchelang à Teodred.
Ils s'étaient rencontrés il n'y avait pas dix minutes et il lui proposait ce qui nécessitait normalement des années à acquérir. Il avait forcément quelque chose à gagner à cela.
-Nous sommes très peu de Nécromanciens encore en vie, expliqua le mangemort en portant son regard vide droit dans ses yeux. Notre nombre diminue sans cesse. Si rien n'est fait, nous disparaîtrons et nos dons avec nous. Je ne peux pas laisser faire ça.
Ah, c'était donc pour cela qu'il s'était engagé chez les mangemorts. Pour renverser le ministère et ses lois et non contre les moldus.
-Tu peux ne pas être nécromante, jeune Etaine, continua Teodred, mais ton sang porte ce don. Les nécromants morts cherchent le sang de leurs descendants pour se réincarner. L'un d'eux se réincarnera parmi tes enfants un jour.
La Fourchelang comprenait. Teodred voyait sa magie mourir. Elle n'avait pas le recul pour savoir ce que c'était mais elle comprenait. Elle savait l'importance que la magie avait pour elle. Elle ne pouvait s'imaginer ce que ce serait de voir les autres sorciers disparaître un à un pour qu'il ne reste finalement plus qu'elle. De ce que disait Teodred, il était proche de ce stade. Et il y avait si peu qu'il pouvait faire pour l'empêcher. Il était bien plus facile de détruire que de construire. Cela, le nécromant le savait surement. Si maintenir sa magie en vie signifiait protéger une étrangère, il le ferait. Peut-être était-ce même une opportunité qu'il attendait depuis longtemps.
