Etaine sortit de la maison, claquant la porte derrière elle. Elle marcha jusqu'à la grille et s'y arrêta, légèrement essoufflée. Elle leva les yeux vers le ciel, contemplant les étoiles qui étaient apparues dans les heures qu'elle avait passées à l'intérieur.

Toutes ces années… Toutes ces années en enfer à cause d'une femme jalouse. Sa vie entière modelée par cette jalousie. Que ce serait-il passé, si son père n'avait pas eu un accident ce jour-là, si Sophia n'en avait pas profité pour faire croire à l'autre sa disparition ? Aurait-elle été, heureuse, allée prendre le Poudlard Express la première fois ? Aurait-elle eu confiance dans les gens assez pour se lier facilement avec eux au lieu des rapports jamais totalement dépourvus de peur qu'elle entretenait avec les autres humains ? Aurait-elle aimé ses demi-sœurs ? Aurait-elle fait visiter Poudlard à Leila, l'année suivante ? Aurait-elle toujours eu cette obsession du Savoir ? Aurait-elle eu quelqu'un avec qui imaginer l'avenir ? Aurait-elle eu une chance ? Une chance de vivre sa propre vie ?

Ou tout serait-il resté exactement semblable ? Dumbledore se serait-il toujours méfié d'elle ? Voldemort aurait-il tenté de l'amener à sa cause ? Et Saernel, qu'elle n'aurait jamais rencontré, qui serait mort ?

-Il est là, siffla doucement le petit serpent.

-Vous avez patienté ici tout ce temps ? demanda Etaine à voix haute, sans baisser les yeux du ciel étoilé qui commençait à pâlir.

-Oui.

-J'aurais pu repartir en transplanant.

-On a besoin d'un peu de temps, la première fois.

-Ce n'était pas la première fois.

Il y eu un silence qui sembla durer une éternité.

-Regrettes-tu ? demanda-t-il doucement.

-Je ne ressens rien en tuant. C'est comme effectuer un sort de lévitation ou préparer le petit-déjeuner. Mécanique. Les morts ont tous l'air idiot.

-Quand j'avais seize ans, déclara le Seigneur des Ténèbres après un silence, je suis allé dans le village d'où venait ma mère. Un charmant petit nid d'hypocrites bien-pensants. Mon oncle a failli m'assassiner en me voyant, seul le Fourchelang l'en a empêché. C'est comme s'il m'avait fait confiance uniquement grâce à ça. Il m'a parlé de ma mère. Il n'avait pas une très grande estime pour elle, je dois dire. Il n'en avait qu'après le médaillon de Serpentard qu'elle avait pris en s'en allant.

Médaillon ?

-Mais il m'a appris quelque chose d'intéressant, continuait Voldemort. Mon père était revenu là. Après avoir abandonné ma mère et moi en même temps alors que je n'étais même pas né il était revenu chez ses parents comme un petit bourgeois moldu bien obéissant. Je lui ai payé une visite.

« Il vivait dans une grande maison surplombant le village, le manoir Jedusor. C'était luxueux. Il était à l'aise financièrement, visiblement. Il s'était même fiancé avec une fille de notable de la région. Il avait tout. Toutes ces années où j'avais imploré quelqu'un, n'importe qui, pour venir me tirer de l'orphelinat, il avait été là, dans le luxe et l'opulence. Et sais-tu ce qu'il a essayé de faire ? Il a voulu m'acheter. Je crois que je n'ai jamais eu tant de satisfaction à tuer quelqu'un. C'était la première fois que je prononçais les mots « Avada Kedavra », pourtant, je n'ai eu aucune difficulté à rassembler le désir de mort suffisant pour ce sort. »

-Vous n'avez fait que le tuer ? s'étonna Etaine du même ton doux et dépourvu d'émotion qu'elle utilisait depuis le début de la conversation, surprise de cette clémence.

-Non. Je lui ai donné un avant-goût de ce que son indifférence m'avait fait subir.

La Fourchelang soupira et baissa les yeux du ciel de plus en plus pâle pour les reporter sur son grand-oncle.

-Je crois que vous aviez raison.

-Pensais-tu autrement ? demanda le Seigneur des Ténèbres en s'avançant lentement.

-J'espérais peut-être autre chose. Comme si l'espoir n'était pas une idiotie.

-Si l'on veut quelque chose, on s'en donne les moyens, déclara Voldemort en caressant délicatement sa joue de ses longs doigts pâles, si semblables aux siens.

-Je sais.

La main descendit le long de son bras pour venir saisir son poignet et lever son membre. Etaine retroussa sa manche, dévoilant la peau pâle de son avant-bras gauche. Voldemort posa la pointe de sa baguette dessus et siffla « Morsmordre ». La Fourchelang regarda le serpent apparaître, former un huit sur sa peau puis disparaitre derrière la tête de mort qui se formait pour ressortir par sa bouche. La Marque des Ténèbres était noire comme de l'encre sur sa peau presque diaphane, formant un contraste pas dénué de beauté pour quelque chose de si sombre. Elle sentit divers sorts de communication s'enclencher malgré la brûlure qui ne la fit même pas frémir. Voldemort releva sa baguette, laissant le huit serpenter une dernière fois avant de se stabiliser.

-Je n'en doute pas, ma nièce, murmura-t-il, lui donnant pour la première fois ce nom.


Fondamentalement, le fait de prendre la Marque des Ténèbres n'avait pas changé beaucoup de choses pour Etaine. Elle hantait toujours la bibliothèque, même si elle n'avait pas revu Teodred Nott. En revanche, elle avait presque percuté Mulciber dans un couloir. Puisqu'il était toujours recherché par le ministère de la Magie, le Maître des potions logeait au manoir Malefoy dont il s'était approprié le laboratoire du sous-sol. Depuis qu'elle savait qu'il n'était pas responsable de la mort de sa mère, elle ne tenait aucun grief contre le mangemort. Ils étaient facilement tombés dans une conversation.

Il semblait que son invocation ait été particulièrement remarquable. Lui et Rabastan avaient eu le plus grand mal à la contenir. Même en unissant leurs efforts les deux n'avaient pas été capables de la révoquer quand elle avait fait appel à elle dans le combat. Cela avait de toute évidence forcé son admiration. Et en bon Serpentard il tentait de se faire bien voir.

Saernel l'avait rapidement renseigné en lui apprenant que le mangemort était sincère, ce dont elle avait été heureuse. Sans doute aurait-elle fait quelques apparitions avec lui pour forcer les rumeurs s'il ne l'avait pas été, espérant qu'elles atteignent les oreilles de Rogue. Elle avait déjà pu constater l'année précédente à quel point un apprenti brillant pouvait jouer parmi les Maîtres des potions et jusqu'où ceux-ci étaient prêts à aller pour conserver cet avantage. Le fait qu'elle semble ainsi abandonner publiquement l'espion mangemort pour un autre alors qu'elle était en apprentissage avec lui ne pouvait que jouer en sa défaveur.

Mais le fait que Mulciber ne fasse pas que simuler lui permettait de tenir une conversation avec un connaisseur en potion sans pour autant rester constamment sur ses gardes, craignant pour ses secrets. C'était agréable, d'autant qu'elle appréciait la compagnie de Mulciber, passant des heures à parler avec lui de potions. Ce devait être réciproque puisqu'il n'avait pas tardé à lui proposer d'être une part de son clann.

C'était visiblement quelque chose de courant chez les mangemorts que de joindre le clann d'une personne qu'on appréciait. La seule personne avec qui elle avait pu parler de clann avant d'arriver au manoir Malefoy était Revan. C'était le genre de chose que seuls les gens avides de pouvoir ou de vieille famille connaissait, le plus souvent les deux.

Cependant, il était logique que cela soit différent chez les mangemorts puisqu'il y existait trois personnes capables de lancer une attaque Vaudou, sans compter la Fourchelang. Il y avait bien sûr Voldemort qui avait déjà fait avec son Cercle proche deux tentatives ; l'une contre Dumbledore et l'autre contre Potter, quoique sans succès vu l'importance de leur clann respectifs. Il avait enseigné cette technique à Bellatrix qui était sans nul doute capable de faire de même. Le troisième était Mulciber qui ne connaissait guère que la théorie mais ne demandait pas à en voir plus. Si le besoin s'en faisait sentir, disait-il, alors il lancerait le sort, mais il voulait d'abord être sûr de ne pas pouvoir faire autrement. La philosophie d'Etaine était assez semblable. Elle aussi avait la puissance et la connaissance nécessaire pour faire une attaque Vaudou mais elle préférait ce type de magie loin d'elle.

Ironie du sort, Mulciber et elle avaient découvert le Vaudou dans le même livre, quoiqu'à cinquante ans d'écart. Magie Ancienne et Potions Ancestrales avait été une possession familiale du Maître des potions. Lequel avait prêté le livre à Voldemort qui avait été aussi passionné qu'elle. Mulciber avait mis dix ans à récupérer le précieux grimoire. Il l'avait laissé dans la bibliothèque familiale quand ses oncles, tantes et son père l'avaient renié pour avoir tué un autre Maître des potions en duel. Les Stevens n'étaient pas une famille lumière mais ils n'étaient pas sombres non plus et ils n'avaient pas voulu se voir éclaboussés par un assassinat dans le contexte qu'était alors la montée au pouvoir du Seigneur des Ténèbres. Dexter Mulciber-Stevens avait alors complétement abandonné le nom de son père pour celui de sa défunte mère, Calliodora Mulciber, par qui il était le seul héritier Mulciber, raison pour laquelle il avait un double-nom d'héritier en premier lieu. Bien des années plus tard, la petite-fille de la jeune demi-sœur de Mulciber, Anne Stevens, avait donné le livre à sa camarade de dortoir, connaissant l'amour d'Etaine pour la magie. Le parcourt de Magie Ancienne et Potions Ancestrales se révélait pour le moins atypique. Mulciber avait quasiment sauté de joie en le revoyant et quand ils avaient mis l'histoire ensemble il avait commencé à la harceler sur sa petite-nièce, qu'il appelait sa nièce. La Fourchelang n'avait pas manqué de noter la situation curieusement comparable à la sienne.

Côtoyer Mulciber l'avait également amené à rencontrer l'apprenti de celui-ci, qui se révélait être nul autre que Rabastan Lestrange. Celui-ci avait commencé peu après leur évasion d'Azkaban à étudier sous la houlette du Maître des potions. De ce qu'elle avait vu jusqu'à présent le mangemort était doué en potion même s'il n'était pas un préparateur de génie. Il pourrait sans nul doute réaliser toutes les potions une fois son apprentissage terminé mais elle doutait qu'il en invente une lui-même.

Rabastan avait été un étudiant brillant à Poudlard qui admirait profondément son ainé d'un an, Rodolphus. Celui-ci était l'héritier Lestrange et un élève aussi doué que son frère. Seulement il était l'héritier. C'était sur lui que s'étaient portés tous les espoirs de la famille et Rabastan était toujours resté l'éternel deuxième, le suiveur. Pas que ce soit dans son caractère ; il avait juste depuis l'enfance adulé son frère qu'on lui présentait comme un modèle. Rodolphus avait peut-être un soupçon d'audace en plus, mais Rabastan se débrouillait très bien de son propre chef. Il était étonnamment doux pour un mangemort et il n'avait pas fallu longtemps à Etaine pour comprendre qu'il ne s'était engagé que pour suivre son frère.

Cependant plusieurs éléments étaient venus parasiter cette admiration. D'abord le mariage de Rodolphus avec Bellatrix. Même si elle venait d'une vieille famille sang pure, la Black n'agissait pas du tout comme si c'était le cas. Rabastan la voyait comme une dépravée qui avait apportée l'opprobre sur la famille. Alexander Lestrange, le père de Rodolphus et Rabastan, avait connu Voldemort dans sa jeunesse. Pourtant, il ne s'était jamais sali les mains en devenant en personne mangemort. Il avait juste redirigé une partie de ses fonds pour la cause et tendu l'oreille aux rumeurs du ministère. Bref, il n'avait pas pris de risque.

C'était Bellatrix qui avait convaincu Rodolphus de prendre une part plus active dans le conflit, contrairement à la volonté d'Alexander Lestrange. Et Rabastan avait suivi. Puis il y avait eu l'idolâtrie de Bellatrix, manifestement totalement folle amoureuse, pour le Seigneur des Ténèbres, humiliant totalement les Lestrange. De même, c'était elle qui avait décidé l'attaque contre les Londubat, les menant à Azkaban. Pas plus que Mulciber, Rabastan n'avait aimé le séjour. Il avait donc d'assez bonnes raisons d'en vouloir à Bellatrix et son admiration pour son frère, qui ne réagissait pas, avait quelque peu baissé.

Après avoir passé quinze ans hantés par les détraqueurs, Rabastan voulait se retirer du conflit ; c'était trop cher payé pour lui. Sauf qu'on ne démissionnait pas de chez les mangemorts. On servait la cause jusqu'à sa mort. Il avait donc choisi de se placer plus en retrait des combats en devenant l'apprenti de Mulciber.

Le Maître des potions n'était pas non plus sorti indemne d'Azkaban. Ses cheveux noirs à l'entrée de la prison étaient désormais plus blancs qu'autre chose, quoique quelques mèches sombres soient encore visibles dans ses cheveux bouclés. Mais surtout il avait changé ses alliances. Mulciber lui avait raconté son histoire. Lorsqu'il s'était fait prendre, Travers l'avait aussitôt dénoncé, sans quoi le Maître des potions aurait probablement échappé à la condamnation. Toutes ces années en présence des détraqueurs étaient la faute à celui qui avait été un de ses amis. Inutile de dire qu'il n'était pas heureux de Travers et le tuerais volontiers s'il en avait l'occasion. D'ailleurs, il l'avait déjà tenté. Lorsqu'il avait été reconnu coupable de ses crimes, Mulciber avait été placé dans la même cellule que Travers. Le Maître des potions avait attendu la nuit et le sommeil du mangemort pour se lever en silence et entreprendre de l'étrangler. Si une patrouille – Mulciber n'était alors pas à Azkaban depuis assez longtemps pour connaître leurs horaires – n'était pas passée à ce moment-là, il y serait parvenu. Inutile de dire qu'ils avaient été placés dans des cellules différentes par la suite, hors de portée l'un de l'autre.

Mais Rabastan et Mulciber n'avaient pas été les seuls mangemorts qu'elle avait croisés dans cette période, malgré le fait qu'elle passa l'essentiel de son temps à la bibliothèque. Le manoir Malefoy étant le QG du Seigneur des Ténèbres, tous les échappés d'Azkaban et les recherchés y étaient. Ce qui incluait Rogue.

Il était étrange que l'on puisse passer tant de temps dans un même bâtiment en ignorant la présence d'une personne. Elle ne savait pour les évadés d'Azkaban que parce que Rabastan lui en avait parlé. Ceux-ci restaient néanmoins le plus souvent avec la famille Malefoy au rez-de-chaussée, et ne regagnaient l'aile qui leur était attribué que tard la nuit. Rabastan et Mulciber passaient l'essentiel de leur temps dans le deuxième laboratoire de potion du manoir, à la formation du plus jeune. Etaine partageait son temps entre ce laboratoire et la bibliothèque. Rogue occupait le premier laboratoire de potion, au sous-sol. Et Voldemort s'était approprié une étude où il dressait ses plans. Sans compter les autres dont elle ignorait sans doute la présence ou même l'existence. Sauf qu'elle n'avait su pour Rogue que lorsqu'elle l'avait croisé à la porte de l'étude du Seigneur des Ténèbres.

Etaine s'était figée en le voyant soudain devant elle, la porte de l'étude à peine refermée. C'était comme s'il était soudain apparu dans le couloir. Elle n'était pas prête à le revoir ainsi. Vêtu de robes mangemortes qui étaient presque semblables à celles qu'il portait au quotidien, il avait l'air en bonne santé, le même masque indifférent qu'il avait toujours parfaitement en place, ses robes tourbillonnant autour de lui au rythme de ses pas. Tellement semblable à son souvenir.

Rogue l'aperçut aussi et s'arrêta. Un petit sourire étira légèrement les coins de sa bouche.

-Etaine, salua-t-il.

La voix du Maître des potions était la même aussi. A peine plus haute qu'un murmure mais toujours clairement audible. Un ton soyeux qui laissait d'autant plus démunis ceux victimes de ses sarcasmes. Exactement comme elle s'en souvenait.

-Comment vas-tu ? demanda-t-il doucement en s'avançant d'un pas vers elle.

Comment elle allait… ? Il lui demandait… comment elle allait ? Rogue avait une vision très biaisée de la notion « d'aller bien », un peu comme elle. Quand il lui posait cette question, ce qui était rare, c'était généralement que quelque chose allait vraiment mal et qu'il se montrait préoccupé pour elle. Et maintenant, il le lui demandait encore. Comme si rien n'avait changé.

Sa colère la sortit de son hébétude. Elle ne s'était pas attendue à le voir soudain devant elle. La sorcière se redressa légèrement et une étincelle flamba brièvement dans ses yeux avant qu'ils ne reprennent la profondeur insondable des occulmens. Ce furent les seuls signes visibles car les traits de son visage ne bougèrent pas d'un iota.

-Severus, salua-t-elle formellement. Je suppose que l'on peut dire que je vais bien.

Du moins c'était le cas jusqu'à ce que je te vois, termina-t-elle mentalement.

Ce qui semblait du doute apparut un instant dans les yeux du Maître des potions devant le ton glacial qu'elle avait employé. A en faire geler les morts. Rogue la connaissait assez bien pour connaître son état d'esprit actuel et même sans cela il n'était pas bien dur de deviner sa colère.

-Etaine, commença-t-il, tentant de rattraper le coup, j'ignore la raison de ce ressentiment mais…

-Bien sûr, le coupa la Fourchelang d'un ton qui pouvait passer pour vaguement amusé – ou victime d'une rage de dent particulièrement douloureuse, au choix –, le grand Severus Rogue et ses excuses toujours imparables. Après tout, il suffit d'en déballer une pour se voir pardonner non ? fit-elle mine de se rappeler en ayant la désagréable impression de faire l'enfant gâté.

« Mais, c'est vrai, tu n'es pas là pour des excuses, après tout ce n'est pas comme si je pouvais t'en vouloir, non ? Dans ce cas je te prierais de m'excuser de t'avoir dérangé, enchaîna-t-elle sans lui laisser le temps de parler. »

-Quoi ? demanda le Maître des potions, une expression sur le visage qui ne lui était absolument pas habituelle, ne s'attendant visiblement pas à tant de cynisme. Qu'est-ce que tu… ?

Etaine lui envoya un regard méprisant puis fit demi-tour vers les étages sans lui prêter un gramme d'attention supplémentaire, pressée de retourner dans sa chambre panser ses plaies.

Si elle était restée, elle aurait vu Rogue rester figé, incapable de faire la mise au point. Elle aurait vu Voldemort surgir derrière lui et remarquer, d'un ton incontestablement fier :

-Elle sait frapper où ça fait mal n'est-ce pas ?

Elle aurait vu le Maître des potions acquiescer, sans comprendre ce qu'il avait pu faire pour s'attirer tant d'inimité qui correspondit aux paroles de la Fourchelang. Elle aurait vu Voldemort insinuer sur une potion explosive oubliée. Et elle aurait vu le visage de Rogue devenir effroyablement pâle quand il se souvint. Mais la légilimente ne vit rien de tout cela et Saernel n'était pas présent pour lui rapporter ces événements.