-C'est pourtant extrêmement simple, déclara d'une fausse douceur une voix masculine.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler ! s'exclama une femme légèrement hystérique.
-Vous n'avez pas de quoi régler vos dettes, mademoiselle Mellis, la solution me semble donc évidente.
-Ne me touchez pas !
-C'est vous qui êtes venue me demander une réduction de votre dette…
Etaine en avait assez entendu. La porte s'ouvrit violemment d'elle-même, claquant contre le mur. La haute silhouette de la jeune fille se dressa dans l'embrasure, baguette à la main, les traits de son visage masqué par le manteau mangemort de Rogue qu'elle avait gardé. Bardé de runes comme il était, ç'aurait été idiot de s'en débarrasser. Elle balaya rapidement des yeux la pièce. Dans un coin, une femme terrifiée se plaquait contre le mur, le plus loin possible d'un homme de taille moyenne aux cheveux blonds-bruns réunis en un catogan qui avait besoin d'être refait. En la voyant, la femme sembla plus terrifiée encore et l'homme recula de quelques pas en pâlissant.
-Histoire de dette ? interrogea la légilimente. Sortez d'ici et ne revenez pas, dit-elle sèchement à la femme sans attendre de réponse.
Celle-ci s'empressa d'obéir en saisissant au passage un couteux manteau sur le canapé. Etaine s'écarta légèrement pour la laisser passer et lui ordonna de fermer la porte derrière elle, ce qu'elle fit en prenant garde à être la plus discrète possible. La Fourchelang se tourna vers l'homme.
-Marco Terrence ?
-J'ai de l'argent si vous voulez, bafouilla-t-il à toute vitesse.
-C'est précisément ce que je veux. Pour être plus exacte, je veux la moitié du coffre 689 allouée à Etaine Knightley.
La légilimente repoussa le haut du manteau mangemort pour pouvoir fixer l'homme dans les yeux. Elle refusait de l'appeler son cousin. L'homme mit un instant puis sa peur se transforma en un rictus de colère.
-Vous ! Comment osez-vous venir ici !
-Je pourrais vous poser la même question ; les arbres du jardin viennent de vous renier et ils m'ont paru assez extrêmes dans leurs opinions pour certains. Peut-être devriez-vous envisager un autre lieu de résidence ?
-Foutez-moi le camp d'ici avant que…
-Avant que quoi ? Que vous ne commenciez à me faire des propositions mal avisées comme à cette fille ? Ou que vous appeliez les Aurors pour intrusion dans une propriété où j'ai le droit d'entrer comme bon me semble ? lança la légilimente avec mépris.
-Twink, Wisy ! appela-t-il, faisant apparaître deux elfes de maisons. Mettez-la dehors.
-Agresser un sorcier et un membre de la famille qu'ils ont juré de servir ? se moqua la Fourchelang. Vous feriez ça ? termina-t-elle en se tournant vers les elfes qui semblèrent hésiter.
Terrence était un idiot. Il n'avait même pas la loyauté de ses elfes. Un elfe dont vous n'avez pas la loyauté ne vous servait qu'à moitié.
-Retournez à vos occupations, lança-t-elle aux elfes, c'est une affaire de famille.
Les deux elfes hésitèrent, se regardèrent, puis Twink suivi de Wisy transplana avec un crac audible. Etaine reporta son attention sur l'homme.
-Lâchez cette baguette, Terrence, vous allez vous faire mal.
Terrence ne lâcha pas sa baguette, au contraire, le bout commença à briller tandis qu'il marmonnait quelque chose. Etaine tendit le bras en avant et l'air repoussa l'homme contre la baie vitrée donnant sur la terrasse. Le verre vola en éclat sous le poids de l'homme et il atterrit durement sur le balcon.
-Vous n'aviez pas le droit de faire ça ! s'écria-t-il en se remettant debout, tentant de masquer sa peur. J'ai vérifié, vous êtes mineure !
Le décret de restriction de la magie chez les sorciers de premier cycle, bien sûr. Cette référence n'arracha qu'un sourire de mauvais augure à la sorcière.
-Je le suis. Mais le problème des détecteurs du ministère, je l'ai appris récemment, c'est qu'ils ne peuvent détecter la magie sans baguette.
Elle pencha la tête sur le côté et eut un sourire carnassier.
-Je pense donc que nous allons passer un certain temps ensemble, tous les deux, Terrence.
-Je… Vous…
-Quoi, n'était-ce pas ce que vous vouliez ? railla la Fourchelang. Passer un petit moment avec une femme ?
-Tu lui fous une trouille d'enfer, commenta Saernel d'un ton de conversation.
L'homme recula légèrement jusqu'à la barrière qu'il agrippa comme une bouée de sauvetage.
-Voyez-vous, cousin, déclara-t-elle en mettant le terme entre guillemets, j'ai plusieurs griefs contre vous. Le premier, vous le connaissez, c'est d'avoir essayé de me voler. Le deuxième est que ce faisant, vous avez bloqué mon accès au compte McKinnon, me laissant dans le dénuement le plus total. Le troisième, c'est de n'être pas venu me tirer de l'orphelinat quand je vous l'avais demandé. Après tout, n'étions-nous pas les derniers McKinnon ? Le quatrième est d'avoir vécu dans cette opulence construite sur le dos des autres en ignorant tous mes appels. Pour ces seules raisons, je vous tuerais dix fois.
« Mais ce qui est le plus impardonnable à mes yeux est la manipulation de Dumbledore à laquelle vous avez participé. Vous ne voyez pas, Terrence ? C'est pourtant grâce à lui que Bluckster a pris contact avec vous pour ma garde qu'il pensait que vous aviez. Si cela avait été le cas, je suis sûr que mon coffre serait à l'heure actuelle totalement vide.
« Heureusement, mon vrai tuteur légal a pris soin du Maître des potions. Peut-être vous en souvenez-vous ? Dites-moi, Terrence, vous souvenez-vous qui a tué William Bluckster ? Qui s'est acharné à le torturer des heures durant avant de lui accorder la délivrance de la mort ? »
Au visage soudain pâle de Terrence, Etaine vit qu'il se souvenait.
-Dites-moi, Terrence, murmura doucement la sorcière, pensiez-vous réellement attaquer la famille du Seigneur des Ténèbres et vous en sortir vivant ?
-Ne me tuez pas… S'il vous plaît…
La supplication était faible, à peine audible. Etaine se demanda un instant si le gâchis sanglotant devant elle qui tendait ses mains à la recherche de pitié avait été l'homme arrogant d'il y a quelques minutes. Mais cette chose ne l'attendrit pas.
-Oh Terrence, fit-elle mine de le prendre en pitié, secouant légèrement la tête. Je ne vais pas vous tuer.
L'espoir naquit sur le visage de l'homme, insensé. Il avait des expressions faciales très intéressantes.
-Pas encore, acheva la légilimente avec un sourire narquois.
Elle s'avança d'un pas vers lui, levant la main d'un geste menaçant, curieuse de voir jusqu'où elle pouvait aller. Terrence, qui s'était avancé légèrement, recula, heurtant violemment la barrière en métal. Etaine ne vit pas trop comment il fit, mais le haut de son corps continua de reculer tandis que le bas était bloqué par la grille. Emporté par son propre poids, l'homme bascula dans le vide avec un cri déchirant.
Etaine s'approcha de la barrière et jeta un coup d'œil par-dessus. Elle ne voyait rien remuer mais c'était la nuit noire. Une boule de feu se forma dans sa main et descendit illuminer le sol à sa commande mentale. Elle s'arrêta au niveau d'un bras. Qui ne bougeait pas.
La légilimente passa par-dessus la grille et plana tranquillement jusque sur la terrasse de pierre, trois étages plus bas, grâce à l'air. Elle devait vérifier qu'il était bien mort ; elle ne pouvait pas le laisser parler. Ce n'était pas pour autant qu'elle demandait à voir plus du cadavre.
Homonium revelio, incanta-t-elle mentalement avec la baguette de Terrence en tournant autour d'elle-même. Aucun point ne lui revint. Elle était seule. Ou du moins seul être humain vivant. Il était mort.
Etaine baissa la main un instant, hésita, puis la releva et pointa la baguette empruntée droit vers le ciel :
-Morsmordre !
Un rayon vers partit de la baguette pour exploser dans le ciel nocturne en une tête de mort verte par la bouche de laquelle sortait un serpent. La Fourchelang baissa la main et laissa tomber la baguette de Terrence par terre. C'était son premier acte en tant que mangemorte. Elle préférait ne pas s'attarder sur ce qu'elle en pensait, claquant sèchement ses boucliers d'occulmencie contre un sentiment naissant de honte. Elle ne pouvait pas laisser percevoir la moindre hésitation ; son grand-oncle ne l'aurait peut-être pas compris. Cette peur la tenaillait toujours. Qu'un jour Voldemort ne la comprenne plus. Ou qu'elle ne le comprenne plus, lui.
Aussi fut-elle heureuse du cri qui s'éleva soudain de la canopée. Un charme Cridur. Surement relié au bureau des Aurors. Elle avait peu de temps, et pas assez pour penser. Etaine saisit l'un des tubes dans sa poche, y jeta un coup d'œil, et le lança par-dessus la balustrade, dans la pièce où elle avait parlé avec Terrence. Un « BOOM » retentissant indiqua que la potion explosive avait fait mouche. La magie laissait toujours des traces. Elle ne pouvait pas laisser les Aurors remonter aux siennes. Sans plus attendre, elle se mit à courir vers la fin des barrières anti-transplanages, le manteau mangemort masquant de nouveau les traits de son visage. En transplanant en même temps que les Aurors qui arriveraient d'une minute à l'autre elle pourrait partir sans que les détecteurs ne la remarquent.
Etaine fixa un instant son reflet dans la glace. Vêtue d'un pantalon et d'un haut collant noir nouvellement achetés, elle avait accroché la cape de Rogue sur ses épaules. Des bottes en dragon, toujours noires, terminaient sa tenue avec ses cheveux attachés de la même manière que lorsque que cela avait été Voldemort qui s'en était occupé. Silencieusement, elle ramena les attaches les unes contre les autres, créant un léger scintillement des runes. A présent l'étoffe de tissu donnait l'impression de ne jamais avoir été séparée. Pratique. Et cela ne gênerait pas ses mouvements, elle le savait. La Fourchelang saisit le masque d'argent que lui avait apporté un elfe de maison. C'était seulement si elle le désirait, avait-il précisé de la part de son grand-oncle. Elle le fit tourner entre ses mains, caressant le métal. Voulait-elle ?
Elle se souvenait s'être fait la réflexion que les mangemorts ressemblaient à des ombres derrière un masque d'argent l'année précédente. Sans réelle présence, sans consistance ; impossible à toucher, à identifier. A l'époque, elle ne pensait pas qu'elle en ferait un jour partie. Son attention se reporta sur le masque. Il était simple, pas bardé d'ornementation comme ceux des autres membres de l'Cercle proche. On pouvait les reconnaitre rien qu'à leur masque pour certains. D'autres ne se donnait même plus la peine de masquer leur visage, comme Bellatrix.
Etaine envoya une impulsion magique dans le métal. Comme le manteau, c'était bien plus qu'un simple morceau de métal. En fait, le métal lui-même n'était qu'une illusion, c'était un ensemble de sorts qu'on se posait sur le visage. Pourtant, elle sentait distinctement le métal entre ses mains. Elle n'avait jamais vu une construction semblable. Il y avait des charmes de protection mineurs, des charmes anti-détection, des charmes pour améliorer les sens de celui qui le portait et un charme de suivi à faible portée. Surement pour repérer les mangemorts sur le champ de bataille. La légilimente prit une inspiration, ferma les yeux et posa le masque sur son visage. Elle sursauta légèrement en sentant le métal se coller à sa peau, sans laisser le moindre espace, adhérant à son visage. Heureusement, elle continua de respirer tout à fait normalement sans quoi elle aurait paniqué. Sur ses paupières closes s'afficha un plan en quatre dimensions du couloir derrière le mur où était placé le miroir. Elle tourna légèrement la tête, faisant bouger les lignes. Un masque mangemort s'éleva dans les airs dans la pièce en face de la sienne. Puis le masque s'immobilisa à une certaine hauteur du sol et sortit de la pièce. Elle entendit le craquement du parquet du couloir. Quelqu'un marchait. Celui qui avait conçu ce masque était un génie.
Un balayage mental rapide indiqua à la légilimente qu'il n'avait pas tenté d'attaquer ses protections mentales. C'était juste un outil. Un bijou valant une petite fortune. Elle doutait qu'on remette ça aux recrues. A vrai dire, elle doutait aussi qu'on lui en remette un comme ça sans garantie. Mais il ne semblait pas y avoir la plus petite contrainte dessus. Juste le charme de suivi.
La Fourchelang ouvrit les yeux, fixant son regard sombre dans le miroir. Le masque n'était plus le même. Là où des traits en arc de cercle dessinaient autrefois un visage basique, ils étaient devenus plus aigu, reproduisant un peu la forme de son vrai visage dont il épousait maintenant la forme. Ces traits étaient à peine changés, juste histoire qu'on ne puisse la reconnaître. Vu le serpent ornementatif sur son front, elle pensait quand même que certaines personnes allaient comprendre son identité. Ce n'était pas comme s'il y avait trente-six Fourchelang en Angleterre. Il y en avait quatre. C'était… étrange. Pas beau. Mystérieux, peut-être. Elle avait véritablement l'air d'une mangemorte, maintenant.
Etaine ? vint la voix du Seigneur des Ténèbres, la faisant légèrement sursauter.
Il allait falloir qu'elle arrête de sursauter pour un oui ou pour un non. Donc il y avait un système de communication dans le masque. Celui qui avait fait ça était plus qu'un génie.
Mon oncle ?
Rejoins-moi. A visage découvert.
Et la communication coupa. Il était toujours aussi expéditif.
Etaine ne demanda pas où. C'était à elle de trouver. Les yeux fermés, elle balaya du regard le manoir, s'arrêtant sur la salle de bal. Il y avait une grande concentration de masques là-bas. Sans ouvrir les yeux, elle posa le bout de l'index et de l'annulaire sur ses tempes. La carte disparut de sa tête. Elle rouvrit les yeux. Elle avait un morceau de métal à la main, un visage aux arcs en demi-lune sans trace d'un serpent dessus. Oui, un génie.
Après un dernier regard au miroir, la Fourchelang fit demi-tour en une envolée de cape après avoir fixé le masque à sa ceinture.
-Saernel ! appela-t-elle.
Le petit serpent ouvrit un œil depuis le montant de la cheminée avant de faire son chemin le long de la plinthe jusqu'à la porte où il profita du fait qu'Etaine effleurait le mur pour monter sur ses épaules. La porte se referma derrière la Fourchelang et un mouvement de baguette activa divers sorts contre les visiteurs inattendus. La sorcière descendit les escaliers vers la salle de bal, arpentant les couloirs déserts de sa longue foulée souple et rapide avec seulement un léger bruissement de tissu dû à sa cape. Elle ralentit à peine devant les battants restés ouverts de la salle de bal, jaugeant la foule rassemblée autour d'une longue table. Il devait y avoir une vingtaine de sorciers. Les élites et les Cercle proche.
Les Cercle proche, elle l'avait appris récemment, étaient des combattants d'exception. Il s'agissait du groupe qui terrorisait tant les foules sorcières. Les élites en revanche disposaient d'une influence politique ou d'un prestige social permettant au Seigneur des Ténèbres de montrer qu'il n'était pas seulement un chef d'armée mais aussi un politicien avec des appuis solides. Tous étaient toutefois mangemorts. Il n'était pas impossible d'appartenir aux deux groupes. Par exemple Lucius Malefoy qui faisait autant le courtisan de salon que le combattant. Sauf que depuis qu'il avait été arrêté après la débâcle du Département des Mystère il ne pouvait plus remplir le premier rôle, même si l'évasion massive d'Azkaban au début de l'été lui permettait d'accomplir le second.
L'attention de la légilimente se porta sur Voldemort, en bout de table, à la place du maître, en face des portes.
-Etaine, prononça-t-il, faisant taire les quelques conversations à divers endroits de la table. A ma gauche.
La légilimente inclina légèrement la tête et s'y rendit sous les regards évaluateurs des autres et celui, impassible, de Rogue, installé à la droite du Seigneur des Ténèbres.
-Le masque t'a plu ? demanda-t-il à mi-voix.
-Il m'a étonné, mon oncle. Je n'avais jamais vu de magie de ce genre ni d'artefact aussi perfectionné.
-La dernier modèle créé par Augustus, déclara Voldemort en faisant un léger geste vers un homme avant de se tourner vers Rogue pour lui poser une question.
Etaine observa Augustus Rookwood. Ancien langue de plomb du Département des Mystère, il avait été dénoncé par Karkaroff, lui valant un séjour à Azkaban, comme une bonne partie des personnes de cette pièce. D'une apparente quarantaine, il avait les cheveux d'un blond sombre coupés courts, le menton fuyant et des yeux bleus avec un éclat d'intérêt tandis qu'il regardait dans sa direction. Elle reconnut à leur distance légère l'occulmens. Et ce regard lui apprit également que Rookwood était loin d'être un idiot. La Fourchelang inclina imperceptiblement la tête. Le langue de plomb hésita un instant puis lui rendit le même salut. Bien. Elle ne voulait pas l'avoir comme ennemi. En fait, elle ne souhaitait pas plus d'ennemis que ceux qu'elle s'était déjà faits lors de son arrivée ici. Et la place de Rookwood était à égale distance entre le milieu de la table et Voldemort.
Ses yeux dérivèrent sur la table, à la recherche de ses alliés. Mulciber et Rabastan étaient assis juste avant le milieu de la table, le maître des potions plus proche que son élève. A côté de lui, Bellatrix puis un homme qui ressemblait à Flint, l'ancien capitaine de quidditch de Serpentard et préfet en chef, et Rogue. Mulciber et Rabastan hochèrent légèrement la tête à son adresse, Bellatrix lui envoya un regard de pure haine et Flint semblait l'évaluer. L'attention de Rogue était sur Voldemort. Ok, Flint, puissante famille, pas mal d'influence, évaluait le danger. Et Bellatrix la haïssait. Rien de nouveau sous le soleil : Bellatrix la haïssait depuis qu'elle l'avait vue. De ce qu'Etaine en avait compris, Bellatrix la voyait comme un obstacle à éliminer pour se rapprocher de son cher Seigneur des Ténèbres. Elle imaginait qu'elle était son amante ou quelque chose comme ça. Eurk. L'idée de coucher avec son grand-oncle révulsait Etaine. Pas qu'il soit totalement affreux, juste un peu inhabituel au niveau du visage, mais bon sang ! c'était son grand-oncle ! Apparemment Bellatrix n'avait pas la même vision qu'elle de la situation.
Elle passa de l'autre côté de la table. A côté d'elle, une place libre la séparait d'une femme aux cheveux blonds cendrés qu'elle ne reconnaissait pas et qui jetait de temps en temps des coups d'œil au Seigneur des Ténèbres, attendant le début de la réunion dans une attitude sang-pure tout à fait maitrisée. Cedrella Greengass si elle en croyait les descriptions de Mulciber. Dont l'apparence cachait en réalité une combattante émérite. D'une branche annexe de la famille, amante d'Alexander Lestrange, lui-même père de Rodolphus et Rabastan. Elle avait été mariée à Alphard Black avant son décès mais ne lui avait jamais donné d'enfant.
Venait ensuite Yaxley et son visage taillé à la serpe, suivit d'un homme qui ressemblait à Théodore et Teodred Nott, surement le fils du second et le père du premier, Sylvius. Une femme qui semblait être sa sœur se tenait à côté de lui. Etaine ignorait son nom. Puis Rookwood et Dolohov avant la famille Malefoy qui semblait passablement anxieuse.
Elle repéra un peu plus loin Fenrir Greyback qui la fixait attentivement, tentant d'humer un parfum. Il faudrait qu'elle fasse attention. Narcisse… Il ne pouvait pas savoir qui c'était. A un siège de Mulciber il y avait Dante Selwynn qui n'avait pas l'air de l'aimer davantage que Bellatrix. Vu ce qu'elle avait fait à sa fille elle pouvait comprendre. Mais Melanie n'avait rien mérité de mieux. De son côté Avery et Travers. Gamma flottait dans un coin de la pièce et lui adressa un petit signe un peu comme Mulciber et Rabastan. Etait-il de son côté ou était-ce simplement pour faire état qu'il la reconnaissait ?
Teodred entra à son tour dans la pièce, faisant de nouveau taire toutes les conversations.
-Entre Cedrella et Etaine, Teodred, dit Voldemort.
L'aveugle s'avança sans problème dans leur direction, tâtonna un instant pour trouver sa chaise puis s'assit sans difficulté.
-Bonsoir Etaine, Cedrella, déclara-t-il.
-Teodred, répondirent les deux femmes, avec un petit arc pour Etaine et poliment pour l'autre.
-Maître, s'inclina-t-il légèrement vers le Seigneur des Ténèbres qui penchant légèrement le buste en réponse.
Teodred se détourna, se mettant à discuter Sylvius et sa sœur, Salanda.
Deux personnes étaient entrées à la suite de Teodred, prenant les dernières places en bout de table. Les portes de la salle de bal se refermèrent sur les nouveaux venus.
