-Formation trois ! aboya Rabastan.

Cinq mangemorts se laissèrent tomber à genoux, en arc de cercle. Derrière eux, les quatre mangemorts des ailes droites et gauche se tournèrent à demi pour couvrir une éventuelle attaque sur les côtés. Tous incantèrent des Protego, formant un puissant bouclier qui protégeait tout le groupe. En effet, ce n'était pas un bouclier, mais plusieurs qui protégeaient la même zone. Au milieu, huit autres mangemorts adoptèrent une position offensive, prêts à jeter tous les sorts qui seraient demandés. Une onde de puissance semblait se dégager du groupe sans nul doute intimidant.

Un petit soupir envieux se fit entendre à côté d'elle. Etaine détourna le regard du spectacle pour se reconcentrer sur son propre groupe. Il faisait partie des devoirs des membres de l'Cercle proche d'entraîner les mangemorts au combat. Les frères Lestrange étaient particulièrement réputés pour l'efficacité de leur instruction. C'étaient de bons professeurs. Bellatrix, un peu moins. Si on ne comprenait pas directement ce que la femme folle voulait on avait toutes les chances de se recevoir un Doloris. Elle abusait de son droit de punition.

Depuis la mort de Rodolphus et avec l'agitation pour l'attaque prochaine contre le ministère, les instructeurs manquaient. Etaine avait donc également commencé à participer. Cependant, il y avait une potentialité que la dernière réunion ait vu des fuites. Et qu'en conséquence si on lui attribuait un groupe d'adultes qui savaient qu'elle n'était même pas majeure elle allait avoir des problèmes d'autorité, surtout avec son accession rapide à sa place dans l'Cercle proche. Poliment dit, cela signifiait qu'on ne la trouvait pas assez capable pour apprendre autre chose à des mangemorts.

Etaine avait retenu la remarque de Yaxley, mais n'avait pas fait signe de s'en offenser, montrant qu'elle était bien loin de ses anciennes explosions de colères. En revanche, elle allait leur prouver qu'ils avaient tort, même si elle comprenait que, nouvelle, c'était la seule place disponible.

-Vous êtes encore loin du niveau du cercle médian, dit-elle aux adolescents qui l'entouraient de sa voix douce et froide. Et ce n'est pas en baillant aux corneilles que vous l'atteindrez.

Deux d'entre eux sursautèrent, comme pris en faute, tandis qu'un troisième, plus grand, ricanait. Elle se tourna son masque argenté orné d'un serpent vers lui et demanda, sereine :

-Un problème, Nott ?

L'autre parut un moment déconcerté qu'elle sache son nom étant donné que les recrues étaient anonymes. Comme si on pouvait confondre les cheveux blonds Malefoy qui identifiaient Draco et les statures des inséparables Crabbe et Goyle. Il y avait également Weaver, un Serpentard blond de son année et un Poufsouffle de bientôt septième année, Austen. D'ailleurs le souffre-douleur du groupe étant donné la maison dont il venait. S'ajoutaient à cela des inconnus dont elle ne devait le nom qu'à la légilimentie. Il y avait trois garçons et une fille de Durmstrang en passe de finir ou ayant déjà achevé leurs études. Parmi eux, Tristan Nott, le petit-neveu de Teodred et cousin à plusieurs degrés de Théodore. C'était le meneur du petit groupe de Durmstrang du haut de ses dix-huit ans. Etaine avait pensé que Draco lui disputerait le titre mais l'héritier Malefoy se tenait étrangement à carreau. Une autre fille de Beauxbâtons achevait les recrues qu'elle devait former.

-Rien, fit marche arrière Tristan Nott.

-En le cas contraire je me ferais le plaisir de mettre les points sur les i avec toi dans un duel, menaça la légilimente, toujours parfaitement calme.

Elle ne croyait pas aux Doloris comme Bellatrix. Si elle voulait rabattre son caquet à Tristan, ce ne serait pas en abusant de son autorité. Il pourrait toujours continuer de médire d'elle dans son dos. Non, elle le ferait en prouvant qu'elle avait gagné sa place. Elle se tourna vers les autres.

-Je vous ais fait venir ici pour que vous voyiez votre objectif. Mon rôle est de vous amener à ce niveau en un minimum de temps, ce qui prendra sans doute déjà des années à moins que vous ne soyez extrêmement zélés dans votre apprentissage, ce que je vous conseille. Certains d'entre vous ont un nom, peut-être un héritage qui vous permettra de vous placer au ministère britannique ou dans la coopération internationale. Une grande influence et une dévotion à la cause peuvent vous permettre de faire votre chemin jusque dans les Elites, les conseillers politiques du Seigneur des Ténèbres.

Etaine n'ajouta pas que Voldemort ne les écoutait que rarement.

-D'autres devront tout faire d'eux-mêmes. Par votre talent magique et vos connaissances en duel – et je dis duel à défaut de meilleur terme – vous pourrez faire un chemin jusque dans l'Cercle proche. Mais sachez ceci, si vous espérez la promotion, il va d'abord falloir faire vos preuves et surtout survivre. Seuls les meilleurs ont une chance d'atteindre cette place. Si vous vous attendez à tout avoir par un nom, vous vous trompez lourdement. A ce stade, seule la magie compte. Suivez-moi.

La légilimente fit demi-tour pour aller dans la pièce d'à côté qui lui était réservé pour l'entrainement des recrues. Un long cri de douleur témoigna que Bellatrix avait trouvé à redire à la performance d'un de ses élèves. Cela fit sursauter le Poufsouffle, celle de Beauxbâtons, le plus jeune Serpentard et un de Durmstrang qui masqua son tressaillement avec pas mal d'habileté.

-Ca, c'était Bellatrix, informa la Fourchelang pour ceux qui n'étaient pas au courant. Evitez de la croiser dans les couloirs si vous n'avez pas d'amour perdu pour les Doloris.

Le Poufsouffle déglutit un peu trop fort, s'attirant les ricanements des autres. Il se ratatina sur lui-même.

-Ne riiez pas, prévint Etaine, elle entraîne ceux du Cercle médian qui veulent entrer dans l'Cercle proche. Vous aurez peut-être affaire à elle si c'est votre objectif. Si l'instructeur n'a pas changé d'ici-là.

La légilimente balaya une fois de plus des yeux les dix adolescents à sa charge.

-Cependant, ce n'est pas pour tout de suite. Je vais simplement me charger de vous apprendre suffisamment de sorts pour que vous surviviez pendant les batailles jusqu'à atteindre le stade où vous serez acceptables pour le cercle médian et changerez d'instructeurs. Je préférerais éviter qu'il y ait trop de morts parmi vous d'ici-là ; ça fait mauvais sur le curriculum vitae.

-J'aurais préféré Lestrange, marmonna Tristan, juste assez fort pour que ceux à côté de lui l'entende, avec lui au moins on aurait fait quelque chose d'intéressant. Je ne vois pas pourquoi père a insisté pour que je sois dans ce…

Malheureusement pour lui, Saernel avait l'ouïe fine et répéta aussitôt à la Fourchelang. Tristan ne vit même pas le Petrificus totalus avant de se faire faucher. Peut-être comprit-il une fois à terre, raide comme une planche de bois.

-J'ai l'intuition que ton père t'a placé dans ce groupe pour t'apprendre la modestie, monsieur j'ai-plus-de-talents-que-vous-tous-réunis, déclara Etaine d'une voix cette fois polaire en tournant autour de lui comme un prédateur.

Les autres s'écartèrent d'elle. Tristan venait d'aller trop loin et l'instructrice n'avait plus l'air si gentille.

-Lève-toi, qu'on voit si ton arrogance est justifiée. Ou es-tu incapable d'annuler un simple sort de petrification niveau deuxième année ?

Elle avait entendu Tristan se vanter d'être un expert en duel et ce devait être vrai quelque part vu que ses anciens condisciples le suivaient comme des moutons. Mais jusqu'à présent, autre que se vanter, elle ne l'avait pas vu faire quelque chose d'utile. Le jeune Nott mit encore une minute à se relever.

-C'est bon, on est réveillé ? demanda-t-elle avec malveillance. Tant mieux, puisque j'ai la mauvaise nouvelle à t'apprendre que tu es mort pas moins d'une cinquantaine de fois le temps que tu annules ce sort. Donc soit tu travailles ton esquive, soit tu améliores ta rapidité pour annuler les sortilèges sans baguette. De préférence les deux.

« Ok, reprit-elle en se tournant vers les autres une fois certaine qu'il n'allait pas faire quelque chose d'idiot comme l'attaquer, je vais évaluer votre niveau individuellement puis vous répartir par paire pour voir si vous savez vous adapter à différents types d'adversaires. Pas de sortilèges de la mort, Doloris et autres qui puissent laisser des dégâts permanent sur la psyché ou le physique, compris ? demanda-telle, les faisant tous acquiescer.

« Bon, l'expert en duel on commence par toi puisque tu es si doué. »


-Comment avance le travail de ton groupe ? demanda Rabastan, marchant silencieusement à côté d'elle.

-Doucement, répliqua Etaine avec un léger soupir. Il y a ceux qui ont appris ma magie noire depuis leur plus jeune âge, ceux qui sont autodidactes, ceux qui veulent sincèrement apprendre et ceux que je dois sans cesse remettre à leur place.

-Comme Tristan Nott ?

-Il est allé se plaindre à papa ? se moqua doucement la Fourchelang.

-Et à son oncle et sa tante au deuxième degré et Teodred. Sylvius a été légèrement outré que tu traites ainsi un Nott mais Teodred lui a fermé le clapet en disant qu'il n'avait qu'à arrêter de faire l'idiot et réellement essayer d'apprendre. Comme c'est le chef de famille, sa parole fait loi, d'autant que Salanda s'est rangée à son avis.

-Le pire c'est qu'il pourrait devenir vraiment bon s'il était moins arrogant, regretta la légilimente. Il peut déjà tenir des championnats en duel mais il va railler son adversaire pendant la bataille après l'avoir désarmé et quelqu'un va l'avoir dans le dos.

-Le succès lui est monté à la tête ?

-Penses-tu… Meilleur duelliste de son établissement depuis deux ans mais ce ne sont plus des gosses qu'il va avoir face à lui. Je ne sais même pas s'il a déjà tué ou s'il va totalement perdre ses moyens.

-En fait, tu l'aimes bien, taquina le mangemort.

-Rabastan ! s'exclama la Fourchelang, faussement indignée.

-Etaine ! mima-t-il en plaçant les mains sur ses hanches d'un air furieux.

La légilimente pouffa.

-Tu es totalement ridicule.

-Devrais-je être totalement sérieux ?

-Non, tu es bien comme tu es, reconnut-elle.

-Et les autres ? interrogea le mangemort tandis qu'ils recommençaient à parler.

-Crabbe et Goyle sont ce qu'on pouvait s'attendre ; fonçant dans le tas sans un gramme d'intelligence. Malefoy est doué mais il n'a pas vraiment l'envie d'avancer ; ça se ressent sur ses performances. Il est plus un tacticien encore en formation qu'un combattant.

-De toute manière, pour lui ce sera l'Elite s'il va jusque-là. Rien qu'être l'héritier Malefoy le lui garantit pratiquement. S'il parvient à réutiliser le réseau de Lucius, bien sûr.

-Je pense qu'il est capable de le faire. Mais pour lui.

-Il a des problèmes de loyauté envers le Seigneur des Ténèbres ?

-Ne te fais pas plus idiot que tu ne l'es. Tu le sais déjà.

-Je blâme Azkaban.

Etaine eut un sourire sinistre dont on ne savait trop ce qu'il voulait dire.

-Et celui dont tu me parlais la dernière fois, Enrik, non ?

-Autodidacte. Il ramasse vite, son retard sera bientôt comblé. Je pense qu'il y a matière à en faire quelque chose. Ce sera probablement l'un des premiers à atteindre le niveau du cercle médian. Il a juste besoin d'un peu plus de confiance en lui. C'est pour ça qu'il a tourné le dos à la Lumière.

La Fourchelang sourit légèrement en pensant au Poufsouffle qui, vraiment, ne se débrouillait pas mal du tout à présent. C'avait été loin d'être le cas au début.

-Le reste suit le rythme, conclut-elle. Je n'y ai pas trouvé de génies. Les tiens sont prêts ?

-Plus que prêts. Ils ont hâte d'en découdre.

-Ils n'auront pas à attendre longtemps alors.

L'attaque avait lieu demain. Le groupe de Rabastan serait en première ligne : c'était le premier qui ferait irruption dans le hall. Etaine s'arrêta devant sa porte.

-Bonne chance pour demain, déclara-t-elle pour prendre congé.

La main de Rabastan la retint. Elle pencha la tête sur le côté en le regardant. Il semblait lutter avec les mots.

-Etaine, je… Je vais garder un œil sur eux.

La légilimente eut un petit sourire de remerciement et jeta un coup d'œil vers son poignet qu'il tenait toujours. Le mangemort la relâcha comme s'il s'était brûlé.

-Bonne nuit, déclara Etaine avant d'entrer dans sa chambre, laissant les barrières de protection sceller la porte.

Rabastan resta immobile sur le pas de la porte.

-Amoureux ? s'éleva la voix de Voldemort, le faisant se retourner.

Le mangemort resta silencieux et baissa les yeux. Le Seigneur des Ténèbres s'avança vers lui, s'arrêtant à sa hauteur.

-Ne perds pas ton temps, Rabastan, déclara-t-il d'un ton triste. Nous ne comprenons pas l'amour. Il n'y a rien qui puisse être fait à ce sujet.

Et il s'éloigna sans un bruit, comme il l'avait fait en arrivant. Etaine décolla son oreille du battant. Rabastan était amoureux d'elle ? Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire de lui ? Elle l'appréciait trop pour lui faire sortir des tentacules du nez à celui-là. L'ignorer semblait être une bonne solution… Voldemort avait raison ; l'amour leur faisaient bien plus peur qu'autre chose. Aimer c'était être faible, devenir vulnérable. Ils ne pouvaient pas se le permettre.


-Parlez clairement, maintenant, ordonna Scrimgeour.

Etaine lui lança un regard méfiant, une tasse de chocolat chaud qu'elle n'avait pas touchée entre ses mains. Elle ne savait pas ce qu'il y avait dedans et préférait ne pas prendre de risque.

-Et qu'est-ce que vous me donnerez en échange ? monnaya-t-elle.

Jusqu'à présent, tout s'était déroulé exactement comme prévu. Elle avait fait irruption dans le hall du ministère à sept heures et demie pile, un mangemort agrippé à elle dont elle s'était aisément débarrassée, passant à travers les quartiers anti-transplanage du ministère comme si ce n'était rien. Trois Aurors étaient aussitôt venus pointer leurs baguettes soupçonneuses sur l'étrange couple. Etaine, toussant comme une damnée, avait baragouiné quelque chose à propos de « foutus mangemorts » et de « c'est pas passé loin ce coup-ci ». Comme ils l'avaient prévu, ces mots avaient attirés Scrimgeour dont ces Aurors étaient la garde rapprochée. La légilimente avait alors commencé à tourner autour du pot à propos de la raison pour laquelle elle était poursuivie tout en fixant Scrimgeour de manière à lui faire comprendre qu'elle voulait lui parler. Ça avait marché. Ils étaient descendus au niveau du bureau du ministre, lui la fixant, elle encadrée par les trois Aurors – la sécurité avait augmenté depuis les dernières informations de Alexander –, faisant semblant d'être épuisée. Sa comédie avait dû être efficace puisqu'un des Aurors était allé lui chercher un chocolat chaud. Faisant semblant de boire à petites gorgées, Etaine avait entrepris de raconter, de plus en plus cohérente, que Potter – Harry, le deuxième meneur de l'Armée de Dumbledore, société secrète installée à Poudlard lors de sa quatrième année – lui avait un peu parlé des leçons particulières qu'il avait eu de Dumbledore l'an passé. Comme elle s'y était attendue, la mention du vieux fou avait vivement intéressé le ministre. Il avait alors demandé sur ces cours particuliers et elle avait fini par dire qu'ils étaient sur Voldemort, déclenchant des frissons chez deux des Aurors de la pièce. Etaine avait jeté un nouveau coup d'œil vers Scrimgeour qui avait décidé à cet instant que finalement ses Aurors n'avaient pas à entendre tout ce qui allait se dire. Elle avait jeté un coup d'œil à l'horloge sur un des murs. Quatre minutes cinquante secondes. Bingo. Elle venait de gagner trois gallions à Mulciber. Et enclencha le biper signalant aux mangemorts que Scrimgeour était en autarcie.

Les yeux du ministre se durcirent.

-Croyez-vous que nous avons vraiment le temps de parler d'argent ? rugit-il, ressemblant plus encore à un vieux lion qu'avant.

-Je ne parle pas d'argent ! s'exclama Etaine au lieu de se rencogner dans son fauteuil. Je parle de ma vie !

Elle avait vu sa main s'avancer sous la table.

-Alors que voulez-vous ? demanda-t-il d'un ton bas.

-Je veux un endroit protégé où résider jusqu'à la réouverture de Poudlard aux étudiants, répliqua Etaine. Où ils ne pourront pas me trouver et où je n'aurais pas à leur échapper de justesse toutes les deux semaines !

-Et les informations que vous avez valent-elles vraiment autant ?

-Elles peuvent permettre de mettre fin à la guerre !

-Permettez-moi d'en douter, jeune fille. Pourquoi Potter vous aurait-il même parlé de ces réunions, hein ? Que je le sache, vous ne le connaissiez pas. Vous n'êtes même pas de son année !

Etaine lui jeta un regard noir.

-J'ai rencontré Harry en quatrième année, pendant la résistance contre Ombrage. J'étais le deuxième professeur de l'AD ; on a passé l'année à coordonner nos efforts pour donner une chance aux autres étudiants de ne pas se faire tuer directement à leur sortie de l'école. Et je lui ai sauvé la vie à la fin de cette année en retenant Voldemort jusqu'à l'arrivée de Dumbledore et la découverte de son retour. Depuis, je suis assez clairement contre les Ténèbres, si vous n'avez pas remarqué comment je suis arrivée. Harry a estimé que ça me concernait.

-Répétez-moi votre nom de famille.

-Knightley. Etaine Knightley, réitéra-t-elle d'une voix fatiguée.

Les yeux de fauve de Scrimgeour se fixèrent dans les siens.

-Nous avons en effet un dossier sur vous Knightley, qui a une mention de votre venue au ministère. Il y a aussi un post-scriptum de Dumbledore et savez-vous ce qu'il dit ?

-Que je suis la petite-nièce de Voldemort ? demanda Etaine, désabusée.

-Qu'on ne pouvait en aucun cas vous faire confiance, que vous êtes une menace à éliminer. Et vu votre goût malheureux pour les plaisanteries cela semble assez vrai.

-C'était pas une plaisanterie. C'est vraiment mon grand-oncle et mon tuteur légal au passage, si vous voyez la galère.

Scrimgeour la fixa un instant.

-Vous ressemblez effectivement aux photographies de son dossier. Heureusement pour vous, continua-t-il en se levant, Dumbledore et moi nous entendions assez mal.

Il posa ses deux avant-bras sur la table et se pencha vers elle.

-Savez-vous où il disparaissait l'an passé ?

-Pas où précisément mais je sais pourquoi.

-Alors ?

-Est-ce que vous me donnerez ce que je veux ?

Son poing s'écrasa sur le bureau, faisant sursauter la sorcière.

-Nous n'avons pas le temps pour faire ça maintenant !

-Votre empressement à éviter d'en parler laisse à penser que vous ne vous en préoccuperez pas. Alors on va faire ça maintenant comme vous dites, après vous jugerez ça comme secondaire vu ce que je vais vous dire.

Les deux se fixèrent dans les yeux un moment avant qu'Etaine ne cède avec un soupir :

-Ecoutez, vous me faites un serment magique là-dessus que j'aurais cette maison ce soir et ça me va, ok ?

Encore quelques instants.

-Importantes vos informations ?

-La source de l'immortalité de Voldemort ?

-Je, Rufus Marcus Scrimgeour jure sur ma magie que je fournirais une maison protégée à Etaine Knightley avant ce soir minuit en échange de ces informations si elles sont aussi vitales qu'elle le prétend. Ça vous va ?

-Ça me va, acquiesça Etaine et pour la première fois depuis le début de l'entretien elle eut un, faible, sourire.