Le reste du repas se passa à faire connaissance. Clio était une sang-pure d'une branche annexe de la famille Cloves. C'est-à-dire d'un milieu plutôt aisé, la famille Cloves étant une vieille et relativement riche famille française, du bassin méditerranéen. Elle avait fait ses études à Beauxbâtons mais comme ses parents vivaient en Angleterre, contrairement au reste de sa famille, elle devait maintenant aller à Poudlard. Le château à l'apparence assez moyenâgeuse la déconcertait, elle l'admettait. Du moins cela avait été ses termes mais Etaine se souvenait de la réaction de ceux de Beauxbâtons quand ils étaient venus, lors du Tournoi des Trois Sorciers. Ou en l'occurrence des quatre sorciers, puisqu'il n'avait pas été si orthodoxe que cela.

De ce qu'Etaine avait pu sonder dans ses propos à Anne, Clio se pensait supérieure à la majorité des gens sous prétexte qu'elle était sang-pure mais elle n'allait pas rabaisser les autres pour leur statut de sang. Cela lui donnait juste une opinion supérieure d'elle-même. Luna l'avait passablement déconcerté et Clio avait rapidement cessé de parler avec elle, la jugeant comme folle du fait de l'étrangeté de la rêveuse. Luna portait toujours son collier de bouchons de Bière-au-beurre après tout.

Anne avait majoritairement fait la conversation, plus au fait qu'eux des coutumes des réunions mondaines. Zane l'avait sporadiquement rejoint. Scott avait été tout aussi désagréable qu'à l'habitude et Etaine en était presque aux monosyllabes. Elle écoutait cependant avec attention tout ce que Clio disait.

De ce qu'elle avait pu constater à son attitude, la conclusion de Clio avait été qu'Anne était à peu près de son rang quoiqu'un peu désargenté. Cependant, elle était l'hôte et à traiter avec respect. Elle était polie avec Zane parce qu'il l'était mais préférait la conversation de la sang-pure. Elle devait trouver Scott un peu rustre mais il était quasi-sang-pur aussi elle se contentait tout bonnement de l'ignorer la plupart du temps. Et son regard sur Etaine glissait comme si elle n'avait pas été là. La Fourchelang s'en amusait ; si Clio avait su qu'elle était l'héritière McKinnon et Serpentard, son attitude aurait surement été changée. Elle songeait vaguement à le lui dire.

Cependant, la présence de Clio avait le bénéfice d'offrir une compagnie à Anne, ce qui dispensait la légilimente de jouer le rôle de meilleure amie maintenant qu'Emma était partie.

Anne avait plus ou moins essayé, comme les années passées, de lier connaissance avec les premières années mais ceux-ci étaient si intimidés que c'était presque mission impossible. Clio en revanche avait réussi à parler à Marc Landry qui était apparemment le petit frère d'une de ses anciennes condisciples. Ou quelque chose s'en approchant. Etaine n'était pas allé vérifier dans sa tête après qu'un premier balayage mental lui ait montré qu'elle était occulmente. Elle n'avait pas cherché à savoir à quel niveau, ne s'attardant pas puisqu'une légère tension chez Clio lui avait montré qu'elle était repérée. La transfert de Beauxbâtons savait donc que quelqu'un avait tenté la légilimentie sur elle mais pas qui.

De ce qu'elle avait remarqué, Scott ne partageait pas non plus l'enthousiasme pour la nouvelle venue. Elle venait bouleverser la dynamique du groupe déjà fragilisée par l'absence de Swan et Emma. Peut-être pressentait-il lui aussi la possible exclusion d'un membre. Cela arrivait parfois dans ces cas là. La question était si Clio allait se contenter de remplir une place vide ou s'en tailler une dans les leurs.

A la fin du repas, les plats se vidèrent magiquement, faisant se taire les conversations. En quelques minutes, toutes les têtes se tournèrent vers la table d'honneur. Rogue se leva silencieusement, balaya une dernière fois la Grande Salle de son regard noir puis pris la parole :

-Bonsoir et bienvenue à Poudlard pour une nouvelle année. Ainsi que ceux présents l'année précédente s'en sont surement rendu compte, quelques modifications ont été apportées au fonctionnement de cette école. La première est la présence de détraqueurs postés le long des murailles de l'école pendant la journée, patrouillant dans le parc la nuit durant. Je pense qu'il s'agit d'une assez bonne incitation à respecter le couvre-feu qui a été modifié à la tombée du jour en conséquence.

« La deuxième modification notable est l'obligation à tous les élèves d'assister au cours d'étude des moldus. Celui-ci aura lieu une heure par semaine aux horaires qui vous seront indiqué dans vos emplois du temps. Ainsi que vous vous en doutez, il y a eu une modification dans le programme qui n'était d'ailleurs plus à jour depuis des années.

« De même, le programme de Défense contre les forces du Mal a été revu. En effet, le ministère a été dans l'impossibilité de justifier le qualificatif « sombre » mis à de nombreux sorts et créatures. La majorité des sorts ainsi jugés sur la simple foi d'allégations a été réhabilitée et sera désormais enseignée. C'est pourquoi l'ancienne Défense contre les forces du Mal a été rebaptisé Apprentissage des Arts Sombres, étant donné que la plus grande partie des sorts qui y seront enseignés sont basés sur les émotions.

« Ces deux matières seront enseignées par Alecto Carrow pour l'étude des moldus, poursuivit Rogue en montrant d'une main la femme à sa droite, tandis qu'Amycus Carrow sera en charge de l'Apprentissage des Arts Sombres, termina-t-il en désignant celui à sa gauche. Horace Slughorn est confirmé en tant que chef de la maison Serpentard.

« S'en suivent les habituelles recommandations de début d'année sur les objets interdits placardé devant le bureau de Rusard. Il y a eu des modifications, je vous conseille donc d'aller y jeter un œil. De même, la forêt est toujours interdite ainsi que l'indique son nom et la magie dans les couloirs est prohibée à moins d'un cas de légitime défense. Je sais que la plupart d'entre vous connaissent ce refrain mais je vous conseille pour une fois de le suivre puisque les mesures punitives pour ces infractions dépassent maintenant la simple retenue ou la perte de points. »

Rogue se rassit dans le silence le plus complet. C'était assurément plus sérieux que Dumbledore. Quelqu'un commença à taper des mains à la table Serpentard, suivi par un autre. Une fois la table des serpents unie dans les applaudissements, les transferts s'y mirent, puis les premières années, les mangemorts, les partisans idéologiques et finalement tout le monde pour ne pas être ciblé comme contestataire. Même Revan battit lentement des mains. Il devait donc cautionner au moins une partie du discours sinon elle savait qu'il ne l'aurait pas fait. C'était un Sylversword ; l'honneur avant tout.

-Vous pouvez disposer, déclara simplement Rogue quand il put se faire entendre.

Les élèves se levèrent avec un brouhaha dû aux conversations. Les élèves commentaient le discours de Rogue, d'un air sombre, joyeux ou mitigé.

-On ne devrait pas accompagner les premières années ? demanda Anne.

-Non, c'est le rôle des cinquièmes années, rectifia Zane, le seul préfet qui leur reste.

Les deux préfets de cinquième année arrivèrent justement, appelant les premières années qui semblaient plus petits d'année en année. Les deux préfets, eux, étaient d'une taille tout à fait raisonnable. Les sixièmes années s'attardèrent un moment pour laisser les autres quitter la Grande Salle pour éviter le bouchon qui s'était formé dans le hall. Les professeurs quittaient eux aussi la pièce par une porte derrière leur table qui leur permettait d'esquiver le hall.

-Qu'est-ce qu'il voulait dire par les punitions ? demanda Clio à Anne.

-Viens, je vais te montrer notre salle commune, déclara celle-ci en lui prenant la main pour l'entraîner. Seuls les Serdaigle sont censés connaître où est l'entrée ; nous n'avons pas le droit de communiquer cette information aux autres maisons.

Clio avait encore des choses à apprendre sur ce nouveau Poudlard. Zane leur emboita le pas. Scott suivit, plus modéré, se laissant rapidement distancer de manière à se retrouver à côté d'Etaine.

-Comment tu la trouves la nouvelle ? demanda-t-il.

-Je doute qu'un soir soit suffisant pour juger d'une personne, soupira la Fourchelang en suivant des yeux le groupe devant eux, s'adaptant au rythme de marche du fan de quidditch.

-Surtout si tu ne lui adresses pas un mot de toute la soirée, se moqua-t-il.

-Sept, rectifia la légilimente.

-« Etaine Knightley », « non » et « je ne pense pas » ? sourit-il.

-En effet.

-Pourrais-je avoir un mot, miss Knightley ? vint une voix derrière eux.

Scott sursauta légèrement pendant qu'Etaine masquait son tressaillement. Elle n'avait pas entendu le Maître des potions arriver. Elle aurait dû s'en douter pourtant – il avait tenté de parler avec elle plusieurs fois cet été depuis l'épisode devant le bureau – mais, trop occupée à analyser la soirée, elle l'avait oublié.

-Tu aurais pu me prévenir, siffla-t-elle à Saernel entre ses dents.

-Vous avez besoin de parler, répliqua le serpent.

La Fourchelang se retourna, un masque impassible sur son visage. Rogue se tenait à quelques pas d'eux.

-Bien sûr, monsieur le directeur, acquiesça-t-elle pendant que Scott s'esquivait prudemment, les laissant seuls dans le hall qui ne contenait plus que trois Poufsouffle et un Serdaigle occupés à rejoindre leurs salles communes respectives.

Le Maître des potions attendit toutefois qu'ils soient totalement seuls pour prendre la parole.

-Je l'avais oublié. Il n'y avait rien d'intentionnel.

-Saernel avait fini par m'en convaincre, monsieur le directeur.

Rogue grimaça légèrement à la façon dont elle le désignait. Directeur et rien de plus. Etaine le fixa, froidement. Au fond, ce n'était pas tant pour la potion qu'elle lui en voulait.

-Alors pourquoi ? demanda-t-il en laissant pour une fois tomber tout faux-semblant. Qu'est-ce que j'ai fait si ce n'est pas ça ?

La légilimente hésita puis son regard se durcit encore.

-Ce serait plutôt ce que tu n'as pas fait Severus, corrigea-t-elle. Dis-moi, ce Stupéfix, était-ce pour m'éloigner du danger ou parce que tu croyais que je t'affronterais ?

« Je ne suis pas une enfant, Severus. J'ai beau n'avoir que seize ans j'ai vu et survécu à bien trop pour l'être encore. Je ne suis pas passé à travers tout ça pour me faire traiter comme une gamine incapable de me débrouiller, de me battre, de faire mes choix !

« Et, Severus, même un aveugle se serait rendu compte que j'étais déjà dark à ce moment-là. Tu savais ma haine pour Dumbledore, tu savais que j'avais été proche de le tuer et pourtant, ton premier réflexe était de me mettre hors combat. Tu pensais que j'aurais peur de faire le grand saut, de laisser le reste derrière moi ? Tu m'avais déjà en grande partie convaincue à l'époque que mon oncle ne cherchait pas mon élimination. Et tu aurais été le seul que j'aurais suivi si tu m'avais dit ce que tu allais faire. J'avais commis l'idiotie de m'habituer à te faire confiance.

« Malheureusement pour toi, je ne suis plus aveugle et j'ai appris à la dure, encore, que faire confiance est la pire des erreurs. Comme à l'orphelinat, tu te souviens ? J'y avais un ami, avant. Il s'appelait Kane. Il est mort de m'avoir fait confiance. Après ça j'avais décidé que je ne ferais plus jamais confiance à quelqu'un. Trop douloureux. Trop dangereux.

« Et puis tu es arrivé, déclara-t-elle avec énervement. Et je ne sais pas trop comment j'en suis venu à te faire confiance. J'ai été stupide. Je suppose que je devrais même te remercier de me l'avoir montré mais prononcer ces mots m'arracherait la gorge. Faire confiance n'est pas une erreur que j'ai l'intention de refaire. »

Il y avait une lueur tourmentée dans les yeux normalement froids de Rogue. La légilimente le fixa un instant avant de se détourner. Elle s'était laissée emporter, encore.

-Et tu crois que tu n'es pas la seule, Etaine ? cria Rogue derrière elle. Tu crois que moi non plus je ne m'y suis pas laissé avoir ? Ce n'est pas vivre que de se méfier de tout le monde !

-Non, répondit la Fourchelang en s'immobilisant, lui permettant de la rattraper sur les premières marches de l'escalier de marbre. C'est survivre. Et c'est ce que je fais de mieux depuis des années, faute de savoir comment vivre. On risque beaucoup trop à vivre ; la chute est toujours trop dure.

Et elle recommença à gravir l'escalier. Une main agrippa son poignet. Etaine se retourna brusquement, faisant voler ses cheveux qui lui masquèrent un moment la vue. Elle sentit sa paume s'écraser sur la peau. Ses cheveux ne lui masquant plus la vue elle vit Rogue vaciller et son pied redescendre sur la marche précédente pour se stabiliser tant la force du coup avait été importante. Une marque rouge s'étendait sur sa joue. Le Maître des potions rouvrit les yeux et tourna sa tête vers elle, la figeant de son regard obsidienne. Elle pensait le trouver rageur. Il était calme, juste un peu triste.

-A force d'avoir peur de vivre, murmura-t-il, tu ne sauras jamais ce que cela signifie, de vivre, Etaine.

-On ne peut pas regretter ce que l'on n'a jamais eu. Regardes-toi, Rogue ! Est-ce qu'elle est si belle que ça ta vie ?

-Moi, je ne fais que survivre, comme toi. Mais je n'ai pas oublié ce que c'était de vivre, c'est notre différence.

-Alors je te plains de savoir, dit Etaine d'un ton définitif avant de se détourner.

Saernel eu juste le temps de passer sur les épaules du Maître des potions, qu'elle n'entendit pas s'il tenta de la suivre.

-Pour que la lumière soit, il faut qu'une autre chose existe, laquelle ? demanda le heurtoir en forme d'aigle qui gardait la tour de Serdaigle.

-L'ombre, répondit Etaine dans un souffle. L'ombre et la lumière. Les contraires complémentaires.

-Bien vu, gazouilla le heurtoir pendant que la porte s'écartait.

La salle commune était déserte. Les murs bleus et les décorations de bronze étaient illuminés par la seule lumière de la pleine lune dehors qui traversait les larges fenêtres qui prenaient toute la portion ouest de la tour. Les fausses étoiles du plafond scintillaient doucement. Le mur Est était toujours couvert de bibliothèques. Une cheminée était placée au milieu de la face Nord. Au Sud, l'entrée était encadrée d'une statue de Rowena Serdaigle et d'un panneau d'affichage. On y trouvait les mêmes consignes que celles dites par Rogue. Et les peines encourues.

L'escalier à vis double grimpait toujours au centre de la salle commune, entre les canapés et fauteuils de la cheminée, et les tables de travail de la bibliothèque. Etaine posa la main sur la rambarde de marbre blanc et commença à monter. Le dortoir des sixièmes années serait au même endroit que toutes les années précédentes.

-Il y avait un escalier exactement pareil à Beauxbâtons, disait Clio quand elle entra dans la pièce.

-Ah, Etaine, qu'est-ce que tu faisais ? demanda Anne en la voyant.

Elle venait de sortir de la salle de bain et était maintenant vêtue d'une robe de nuit bleue pâle. Les rideaux de Luna étaient déjà fermés.

-Tu appellerais ça une dispute d'amoureux.

-Ah, ça ne va pas bien entre vous ? Je veux dire, se rattrapa Anne quand elle la foudroya du regard, vous avez passés l'été ensemble, vous auriez pu en discuter… Vous finissez toujours par vous réconcilier.

-J'ai passé la majeure partie de l'été à l'éviter : lui terré dans un laboratoire de potions, moi faisant des aller-retours entre un autre laboratoire de potions et la bibliothèque. On ne s'est jamais vu en tête à tête et j'aurais préféré que ça se poursuive ainsi, répondit Etaine en jetant sa robe de sorcier sur son lit.

-Au fait, Etaine c'est ça ?

-C'est ça, acquiesça la Fourchelang en se demandant ce que voulait la nouvelle.

-Je me demandais si ça te gênerais qu'on échange de lit ? Celui-ci est plus près de la salle de bain si j'ai besoin de me lever la nuit…

-Ça me gênerait ; j'aime bien regarder les étoiles et Saernel risque de revenir au milieu de la nuit. Je ne suis pas sûr que tu tiennes à retrouver un serpent dans ton lit demain matin.

-Un serpent ? répéta la nouvelle pendant qu'Etaine sortait un pyjama noir de sa malle et se dirigeait vers la salle de bain.

-Un serpent, confirma Anne.

-Dis, elle est toujours aussi désagréable ? demanda Clio en baissant la voix, ignorant que la Fourchelang avait lancé un sortilège d'amplification de son.

-Etaine est un peu solitaire, corrigea Anne. Là elle vient de se disputer avec une personne avec qui elle s'était brouillée il y a quelques mois. Compte-tenu de ce fait elle était plutôt agréable. Crois-moi, être mort est parfois une alternative préférable à l'un de ses regards noirs. Un petit conseil : Etaine n'est pas quelqu'un que tu veux avoir comme ennemie.

La Légilimente réajusta le manchon qu'elle avait placé sur son avant-bras gauche plutôt qu'un glamour.

-Pourquoi ? Son nom n'est pas celui d'une puissante famille…

-Etaine est la descendante de Godric Gryffondor, Salazar Serpentard et Rowena Serdaigle, soit trois des quatre fondateurs de cette école qui étaient parmi les plus puissants sorciers de leur époque. Elle est par sa mère la dernière des McKinnon et donc le prochain seigneur McKinnon dès qu'elle aura dix-sept ans. Par son père elle est la petite-nièce du Seigneur des Ténèbres, l'actuel dirigeant de la Grande-Bretagne magique, qui est en passant son tuteur légal. Et cela sans compter sa puissance magique. Tu n'as pas idée de ce qu'elle a réalisé et de ce qu'elle réalisera encore.

-Qu'est-ce qu'elle a réalisé ? demanda Clio, soudain plus intéressée et respectueuse.

-A quinze ans j'ai tenu dix minutes durant un duel à mort contre Voldemort avant que nous ne soyons interrompus, intervint la légilimente. Entre autres choses.

Les bras croisés sur sa poitrine, elle se tenait adossée contre le chambranle de la porte de la salle de bain, dans un pyjama noir en soie d'Acromantula. Ses cheveux défaits et lisses lui allaient jusqu'au bas du dos et ses yeux gris d'orage étaient fixés sur Clio. A son doigt, la bague de Serdaigle brillait légèrement. Clio recula légèrement. Seulement à ce moment Etaine se détourna et se désintéressa des autres occupants de la chambre désormais silencieuse.