Hello hello !
Comme promis, une semaine après, voici le chapitre 2... Je voulais juste clarifier quelque chose, parce que j'ai eu l'impression que ce n'était pas clair pour tout le monde : ceci n'est PAS une réécriture du Crime de l'Orient-Express façon Sterek. Stiles n'est pas Hercule Poirot, et le roman existe bien dans ce monde puisqu'il l'a emporté avec lui dans le train et que c'est ce livre qui a motivé son voyage.
Je ne dis pas que je ne me suis pas inspirée de l'ambiance, mais c'était juste une précision, histoire que vous ne vous attendiez pas à ce que ça suive les grandes lignes du roman!
Un à un, le reste du groupe quitta le salon… à l'exception de Derek et de Peter. Les deux hommes discutaient à voix basse au bar, et le plus âgé n'arrêtait pas de le fixer avec un rictus amusé, faisant tourner son verre de whisky entre ses doigts. Stiles s'agita nerveusement, frottant ses mains l'une contre l'autre sans oser bouger.
Il aurait été seul avec Derek, il aurait peut-être tenté une approche. Sûrement. Si l'autre ne l'assassinait pas d'un regard avant qu'il ait le temps de traverser le wagon. Mais ce Peter le faisait flipper. Il avait ce petit sourire en coin qui ne lui présageait rien de bon. Histoire de s'occuper, il consulta ses mails histoire de voir si son père lui avait répondu – non – ou s'il y avait du neuf sur ses réseaux sociaux – non plus. Dépité, Stiles rangea son téléphone dans sa poche. Sa batterie était trop faible pour lui permettre de jouer, et il espérait qu'elle tienne juste à son retour dans sa cabine…
Un claquement fort accompagné d'un grognement le fit sursauter. Derek fusillait son oncle du regard, son poing fermement serré autour de son verre qu'il venait de reposer violemment sur le comptoir. Il se redressa en silence et quitta à son tour le wagon sans jeter un seul coup d'œil à Stiles au passage – ce qui était dommage, vraiment, mais si c'était pour pouvoir voir un canon comme ça en costard, il n'allait certainement pas s'en plaindre !
Stiles mordilla sa lèvre inférieure en observant Derek – enfin, son dos – s'éloigner dans le couloir à travers le hublot de la porte, avant de reporter son attention devant lui… et sursauta, étouffant le petit cri très viril qui menaçait de s'échapper de sa gorge.
Peter était assis sur le canapé précédemment occupés par Scott et Isaac, les bras étalés sur le dossier, les jambes croisées, et un petit sourire narquois aux lèvres. Comment est-ce qu'il avait fait pour arriver aussi vite sans faire le moindre bruit ?!
- Bien, enfin tranquilles… Stiles, c'est ça ? Tu ne ressembles pas vraiment à ce que j'imaginais…
- Pardon ?
Comment ça, comme il l'imaginait ? Genre, il savait qu'il allait venir ?! Mais le rictus de Peter s'agrandit.
- Oui, tu sais… on se demandait un peu tous à quoi allait ressembler notre co-voyageur. Tu étais la seule inconnue du voyage. Et je dois dire que je ne m'attendais pas à… ça.
Stiles se raidit. Il devait le prendre comment ? Mal à l'aise, sa jambe recommença son tremblement nerveux, et le jeune homme croisa les mains sur son genou pour essayer de masquer ça. Peter ne le lâchait pas du regard, sans se départir de son expression amusée, et il n'aimait pas du tout ça. Histoire de se donner une contenance, il se racla la gorge.
- Vous ne voulez pas… aller vous changer, comme les autres ?
- Pourquoi, tu ne me trouves pas suffisamment élégant pour dîner avec toi ?
Peter écarta sa veste d'un doigt, un sourcil haussé en examinant sa chemise – qui devait valoir aussi cher que sa bourse annuelle – et Stiles grimaça.
- Ça n'a aucun rapport ! C'est juste… comme les autres…
- J'ai toujours trouvé ennuyeux d'être comme les autres, justement. Peut-être est-ce ma compagnie qui te dérange ?
- Non…
Oui ! Le sourire de l'homme s'élargit seulement un peu plus. Il ouvrit à nouveau la bouche… mais un « PETER » grave et ferme la lui referma immédiatement. Il jeta un coup d'œil à la porte menant aux cabines avant de pousser un lourd soupir et de se lever élégamment. Stiles se mordit la langue pour ne pas laisser échapper un son de soulagement. Il ne savait pas qui lui sauvait la vie comme ça – le bonheur suprême aurait été que ce soit ce Derek, mais de souvenir ses grognements n'étaient pas si graves, ce devait être Chris – mais il lui serait éternellement reconnaissant…
Juste avant de sortir, Peter se pencha tout de même vers lui, amenant leurs visages beaucoup trop près pour le confort de Stiles, et ricana une dernière fois.
- En fait, c'est presque dommage que ce soit toi…
- Quoi ?
Mais l'homme repartait déjà, agitant les doigts par-dessus son épaule avec nonchalance. Une fois la porte refermée derrière lui, Stiles se laissa s'affaler complètement dans son canapé, le regard hébété rivé au plafond. C'était quoi ce groupe de fous ? Sérieusement ? dans quoi est-ce qu'il était tombé ? Dire qu'il s'attendait à l'ambiance chic et élégante tellement présente dans les romans d'Agatha Christie, toute en costumes de soirée, champagne et conversations guindées…
Un raclement de gorge discret le fit violemment sursauter. Le barman s'était rapproché, un nouveau verre contenant un liquide ambré sur son plateau, et l'air… compatissant ?
- Pardonnez-moi, monsieur, mais vous me sembliez en avoir besoin.
- A ce point ?
L'homme sembla retenir un petit sourire, ce qui en disait long… okay, il ne voulait même pas savoir ce à quoi il avait pu assister avant l'arrivée à Paris. Stiles accepta la boisson avec un remerciement marmonné, toussant lorsque le whisky lui brûla le fond de la gorge. Le barman attendit patiemment qu'il lui rende son verre avant de se décaler et de lui montrer la deuxième porte à l'autre bout du wagon d'un geste du bras.
- Si vous le désirez, vous pouvez vous installer au restaurant. Nos serveurs sont à votre service.
- Ah, euh, ouais, merci.
- Cela vous permettra de choisir votre place également…
Stiles écarquilla immédiatement les yeux au conseil et se leva d'un bond. Ça, c'était une bonne idée ! Lissant nerveusement sa chemise et marmonnant un remerciement au barman, il se glissa aussi discrètement que possible dans la voiture suivante. Deux lignes de tables, une pour quatre personnes, l'autre pour deux, étaient installées de chaque côté du wagon. Un serveur en costume, une serviette soigneusement pliée sur son bras, patientait calmement à l'autre bout du restaurant.
Avec un soupir de soulagement, Stiles s'installa à une table duo, la plus proche de la porte – avec ses compagnons de voyages qui n'allaient pas tarder à le rejoindre, c'était juste une précaution. Il laissa glisser ses doigts sur le velours rouge des chaises teeeellement confortables, admirant le plafond blanc ouvragé et les boiseries sur les murs.
Le serveur s'approcha de sa table pour déposer une flûte de champagne pleine ainsi qu'un menu cartonné avec un « Monsieur » discret et français absolument adorable… Stiles finit par se détendre. Après tout, autant en profiter au maximum !
Absorbé par sa lecture, il sursauta violemment lorsque la chaise devant lui fut tirée. L'Hawaïen de tout à l'heure – Danny – lui sourit d'un air amusé.
- Je peux ? Les autres ne devraient pas tarder, et la voiture va bientôt être complète. Sauf si tu préfères la compagnie de quelqu'un d'autre…
- Oh, non, non, vas-y…
Tout sauf Peter ! Danny s'assit avec un petit hochement de tête. Visiblement, il était le premier à le rejoindre… L'autre homme semblait plutôt posé, remerciant le serveur qui lui portait son champagne et ouvrant à son tour son menu. Le silence était calme, et Stiles se relaxa à nouveau. Bien, celui-ci ne semblait pas aussi fou et menaçant que d'autres…
- Autrement, Stiles, je peux savoir ce qui t'a attiré ici ? Sans vouloir t'offenser, ce n'est pas le genre d'endroit dans lequel tu as l'air à l'aise…
Stiles grimaça. Difficile de prétendre le contraire… Mais Danny ne semblait pas le juger. Au contraire, il avait l'air d'attendre sa réponse avec un vrai intérêt, teinté de curiosité. Un peu embarrassé malgré tout, Stiles enroula un moment ses doigts dans la nappe immaculée, avant de la lâcher immédiatement de peur de la froisser. Il se racla la gorge avant de marmonner.
- Il y a ce livre, que ma mère lisait toujours…
- Oh. Le Crime de l'Orient-Express ?
- Ouais.
- C'est une sacrée coïncidence…
- Comment ça ?
- Non, rien…
Mais Danny souriait. En fait, Stiles retirait tout ce qu'il venait de dire. Celui-là avait l'air aussi tordu que les autres ! Il ouvrit la bouche pour poser plus de question, mais la porte derrière lui s'ouvrit et il se tendit légèrement. D'accord, sa position était la plus stratégique pour s'enfuir à la première occasion… mais c'était aussi la pire pour les arrivées. Erica émit un bourdonnement d'appréciation et s'installa à la table de l'autre côté du couloir, poussant Boyd – qui l'accompagnait – à la place contre le mur pour pouvoir appuyer son menton dans sa paume et se tourner vers Stiles avec un sourire.
Au moins, elle avait laissé tomber le cuir… même si sa robe de soirée était vraiment sexy. Avalant nerveusement sa salive, il se força à garder ses yeux au-dessus de sa gorge. Clairement, ce Boyd avait des biceps suffisamment épais pour pouvoir lui dévisser la tête d'une seule main, alors il n'allait pas jouer avec sa chérie ! La jeune femme ouvrit la bouche, mais le chuintement discret de la porte qui s'ouvrait à nouveau l'arrêta dans son élan.
Peu à peu, le wagon restaurant se remplit, permettant à Stiles d'échapper au – probable – interrogatoire d'Erica. Allison et Kira s'installèrent juste à côté d'eux, complétant la table de quatre. Peter esquissa un pas pour s'installer juste derrière Danny, mais Jackson le doubla pour pouvoir attraper la chaise avant lui avec un regard de défi – et au plus grand soulagement de Stiles –, Ethan juste derrière lui. Les autres se répartirent les autres tables, Derek tout à l'autre bout du wagon avec Scott, Isaac et Lydia. Dommage.
…
Au final, le repas s'était mieux passé qu'il ne l'avait craint. La cuisine était absolument délicieuse, même s'il ne savait pas ce qu'il avalait les trois quarts du temps, et le champagne juste après l'alcool que lui avait servi le barman l'avaient grandement aidé à se détendre. Danny avait gardé la conversation légère, empêchant Erica de le bombarder de questions avec l'aide des deux autres filles.
A présent, les serveurs débarrassaient les assiettes à dessert et les encourageaient poliment à se diriger vers le salon. Stiles se releva, un peu incertain. Il se sentait complètement rassasié, mais aussi plein de sucre, un peu alcoolisé, et n'avait aucune envie de retourner dans sa cabine. Mais peut-être que les autres en avaient assez de sa présence. Il pourrait sans doute prendre son bouquin et se caler dans un fauteuil, discrètement…
Une main ferme se posa sur son épaule et le poussa fermement vers le wagon suivant. Jackson se tenait juste derrière lui, les sourcils froncés avec hostilité.
- Tu bouges ? Je compte pas passer la nuit-là.
- Jackson, sois sympa. Lui fait pas peur comme ça, tu vas le faire fuir avant même que ça devienne intéressant…
Ethan enroula un bras de sa taille, embrassant sa nuque et appuyant son menton sur son épaule pour jeter un coup d'œil amusé à Stiles. Celui-ci se contenta de grogner, le bout des oreilles rougissantes. D'accord, il avait bien compris que tous ceux qui étaient en couple se faisaient un malin plaisir de l'afficher !
… Et en fait, ceux qui se voulaient « gentils » avec lui étaient encore plus flippants que les autres… c'était quoi sa dernière phrase ?!
En attendant, s'il avait bien choisi sa place, ça voulait dire qu'effectivement il bloquait la sortie. Marmonnant une excuse, Stiles se rendit – sans courir, merci beaucoup – dans sa cabine pour récupérer son livre. Il hésita une seconde, avant de retirer sa cravate et de défaire les deux premiers boutons de sa chemise. Scott lui avait dit de se mettre plus confortable, mais il n'allait pas non plus ressortir son vieux sweat rouge. Même s'il était tout doux et usé et réconfortant…
Il attendrait demain pour ça.
Le livre bien calé dans sa veste, Stiles jeta un dernier coup d'œil à son reflet dans le miroir pour s'assurer qu'il était toujours présentable avant de ressortir de sa chambre. Le reste des voyageurs s'étaient déjà installés dans le salon… ne lui laissant plus qu'un fauteuil de libre, en plein milieu de tout le monde. Stiles avala nerveusement sa salive, mais se glissa entre les jambes étalées dans le couloir pour rejoindre l'assise avec un murmure d'excuses. Un rapide coup d'œil lui apprit que Scott était très occupé dans le cou de son chéri, relativement éloigné de son siège. Il était définitivement seul dans la fosse aux lions…
Les yeux baissés, Stiles s'assit et se replia sur lui-même pour prendre le moins de place possible, glissant la main dans sa veste pour attraper son livre… quand un pied chaussé d'un escarpin à talon très aiguille le poussa dans la cuisse. Et zut. Erica était juste face à lui, les yeux plissés et un sourire légèrement carnassier sur les lèvres. Stiles avala nerveusement sa salive.
- Euh, ouais ?
- Donc, Stiles, maintenant qu'on peut discuter tranquillement… qu'est-ce que tu attends de ce voyage, en fait ?
- Pardon ?
Pour le coup, la question eut le mérite de lui faire relever la tête. Boyd était assis sur l'accoudoir du siège d'Erica, discutant calmement avec l'un des jumeaux – lequel, aucune idée – et les autres passagers s'occupaient tous de l'autre côté… mais Stiles avait la très désagréable sensation que tout le monde écoutait. Erica sourit encore plus large.
- Ma question est pourtant simple…
- Ben, je sais pas moi… voir du paysage ? me reposer ?
- Tu n'as pas fuit l'Amérique pour retrouver un amant interdit ?
- Quoi ?! Non !
Stiles pouvait sentir ses joues brûler. Il s'obstinait à regarder fixement – et avec un peu d'effarement – la jeune femme face à lui, refusant de voir si son éclat de voix avait attiré l'attention d'autres personnes sur eux. Nan mais c'était quoi cette question ?! Il n'avait pas le droit de prendre des vacances lambdas, comme tout le monde ? Pourquoi est-ce qu'il aurait besoin de se justifier, hein ? Et puis pourquoi tout de suite « un » amant ?!
Erica fredonna joyeusement à sa réponse, croisant les jambes – et Stiles se mordit la langue quand la fente de sa robe remonta suffisamment haut pour dévoiler la dentelle de son bas noir. C'est bon, il avait compris qu'elle aimait son côté sexy – avant de reprendre.
- Alors peut-être une amoureuse qui t'attend au pays ? ou un amoureux ?
- D'abord, je ne vois pas en quoi ça te regarde, Catwoman, et ensuite, non, je suis libre et tranquille, et j'espérais bien le rester…
Le message était passé là… ? Visiblement pas, puisqu'elle sourit encore plus.
- Doooonc, tu n'as laissé personne derrière ? pas de cœur brisé qui pourrait vouloir te retrouver coûte que coûte ?
- … Mais… mais non ! Arrête avec ça !
- Je trouve juste ça très intéressant de te savoir tout seul, Batman, pas la peine de monter sur tes grands chevaux.
Stiles déglutit une nouvelle fois. Il n'aimait pas DU TOUT le sourire carnassier qu'elle venait de prendre… Et puis, elle était pas censée être en couple elle ? D'ailleurs, Boyd se détourna de sa conversation pour glisser une main dans le dos d'Erica et lui glisser quelque chose à l'oreille, trop bas pour que Stiles l'entende – même si le coup d'œil amusé qu'il lui lança n'était pas pour le rassurer. La jeune femme gloussa joyeusement et releva la tête pour planter un baiser sonore sur sa bouche.
- Ne t'en fais pas chéri, autant j'ai bien envie de le croquer tout cru, autant je sais qu'il va falloir que j'attende et que je partage…
- Quoi ?!
- Erica, fiche-lui la paix. Et c'est valable pour tout le monde. Laissez-le un peu souffler.
Silencieusement, Stiles bénit l'intervention de Scott. Isaac semblait bouder depuis que l'attention de son petit-ami n'était plus sur lui, mais l'autre avait ce regard sérieux, même si un léger sourire flottait sur ses lèvres. Erica grogna, mais elle se détourna tout de même pour se caler confortablement dans les bras de Boyd alors que le reste des conversations reprenait de l'ampleur – Stiles n'avait même pas remarqué que tout le monde s'était tu.
Il y avait quand même une chose bizarre… pourquoi est-ce qu'ils obéissaient tous à Scott ? Il se serait plus attendu à ce que ce soit un des plus âgés qui interviennent – bon, d'accord, peut-être pas Peter – mais c'était peut-être logique, étant donné que c'était l'un des seuls à s'être montré amical avec lui…
Toujours un peu surpris, Stiles laissa son regard se promener sur le reste du wagon. Tout le groupe semblait respecter la demande de Scott et l'ignorait à présent… à une exception près.
Derek, assis devant le bar, le fusillait du regard.
Ce qui était incompréhensible, vraiment. Il ne lui avait rien fait quoi ! Il ne l'avait même pas maté ! C'était tout juste s'il avait jeté un ou deux coups d'œil durant le repas. Difficile de ne pas le faire aussi, vu le canon que c'était ! Déjà qu'en jean et henley il était absolument canonissime, alors en costard… Fiouuu. Mais ça n'expliquait toujours pas pourquoi l'autre le regardait comme s'il rêvait de lui arracher la gorge avec les dents.
Maladroitement, Stiles esquissa un sourire et lui adressa un léger hochement de tête. Après tout, ça ne coûtait rien d'être poli. Derek serra les mâchoires et tourna les yeux pour fixer le comptoir, les doigts serrés autour de son whisky. Boooon, si ça ce n'était pas clair comme message… Stiles étouffa un soupir, se cala confortablement dans son fauteuil, et se plongea dans sa lecture. Peut-être que ça allait l'occuper suffisamment pour qu'il oublie les autres autour de lui…
See you next week !
