Coucou,

merci pour vos reviews !

Voilà la suite, j'espère que ça vous plaira.

Des bisous

Pour suivre aussi ma fiction, c'est par ici :

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Chapitre 2

Les semaines étaient passées assez vite. Sloane restait assez distant avec les autres cadets lorsqu'ils étaient en cours le soir par contre, il s'ouvrait peu à peu à Poe. Ce dernier était fasciné par les travaux de son nouveau camarade sur son droïde expérimental. Sloane voulait faire de son droïde un être quasiment humanoïde, capable de réfléchir par lui-même, de comprendre et de parler des dizaines de langues, d'effectuer les gestes de premiers secours et les premiers soins. S'il réussissait, des copies de son droïde pourraient servir à travers toute la galaxie : dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les administrations. Sloane voulait à travers Mara, améliorer la galaxie et changer ce qu'il disait être des mensonges et des erreurs ancestrales.

Après seulement trois mois de cours, William était devenu major de la promotion et avait aidé plus d'une fois Poe durant leurs révisions, le faisant grimper à la cinquième place. L'ancien major se démenait pour retrouver son rang dans le classement mais le cadet Sloane rendait toujours une meilleure copie que lui. L'ordre établi au sein du groupe de tête était ébranlé et cela n'avait fait qu'apporter plus d'animosité entre le nouveau et les autres. Cette mauvaise ambiance avait éclaté lors de la sortie cohésion sur une petite planète désertée près de la cité-planète, où la promotion était partie en expédition d'aguerrissement.

Les premiers jours, les relations entre Sloane et une grande partie de la promotion était devenue glaciale malgré la présence des instructeurs. En plus d'être un excellent élève en cours, Sloane avait révélé son talent pour le tir au blaster et au fusil. Il excellait tellement que l'instructeur lui demanda pourquoi il n'avait pas postulé à un poste de tireur d'élite. Sloane était resté silencieux un moment avant de lui répondre que ce n'était pas le souhait de son père. Les problèmes avaient finalement eu lieu après la deuxième nuit, lorsque les instructeurs les laissèrent pour la « marche », une longue randonnée qu'ils devaient faire entre eux jusqu'au point de ralliement où ils retrouveraient un vaisseau pour le vol retour vers Coruscant.

L'automne était là, apportant avec lui un vent froid mais surtout beaucoup de pluie. Poe avait rapidement remarqué qu'une grande partie de la promotion n'adressait plus la parole à William alors que le peu qu'il restait montrait un réel malaise à être près de lui. Il tenta de les raisonner, de plaisanter sur leur jalousie et leurs soupçons infondés sur leur camarade. Mais personne ne l'écouta. Ils détestaient tous le petit nouveau, si parfait, si intelligent.

« Allons, on doit rester grouper et finir ensembles, » leur rappela Poe pour la énième fois alors qu'ils devaient passer une rivière dont les rives étaient escarpées. « Si personne ne s'entraide, on risque de blesser quelqu'un.

-S'il est si parfait, ton nouvel ami n'aura pas besoin d'aide, » répliqua un autre cadet en rejoignant le groupe qui s'était formé autour d'une embarcation de fortune où ils avaient posé leurs paquetages.

Ils traversèrent sans trop se mouiller alors que Sloane marchait difficilement dans l'eau, son sac de vingt kilo sur le dos qui déstabilisait chacun de ses pas dans la rivière glacée, dont le fond était fortement recouvert de caillasse. Poe soupira avant de suivre son colocataire, un grand bâton à la main pour ne pas tomber. A la tombée de la nuit, ils trouvèrent une clairière où s'installait pour la nuit. La promotion avait fait un grand feu et faisait sécher leurs affaires. Plus loin, bien à l'écart, Sloane avait fait de même, se réchauffant comme il pouvait. Poe le rejoignit mais très rapidement, William lui demanda de le laisser seul.

« Ils me mettent ouvertement à l'écart, Poe. Tu n'as pas à subir ça parce que tu ne me détestes pas autant qu'eux. Va les rejoindre, je me débrouillerais pour la nuit.

-Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. On pourrait unir nos toiles de tentes pour mieux se protéger.

-Poe, s'il te plait. Fais ce que je te dis, je peux me débrouiller seul. Crois-moi. »

Devant le regard insistant de Sloane, Poe finit par obéir et rejoignit ses amis pour manger ensembles leurs rations. Tous épuisés par leur longue marche, ils allèrent se coucher assez rapidement après avoir avaler leurs pâtés et boites de conserves. Allongé près des filles, Poe fut réveillé en pleine nuit par des bruits de pas précipités et de branchages. Il se redressa légèrement et regarda autour de lui. Le cadet qui devait surveiller le feu n'était plus à son poste. Poe fronça les sourcils avant de s'extirper de son sac de couchage. Il secoua doucement une fille pour lui demander de surveiller le foyer puis s'éloigna, une lampe de poche allumé à la main.

Il marcha un moment autour du camp. Les cadets masculins n'étaient plus là. Il jura avant de se diriger là où Sloane s'était installé. Son sac de couchage était abandonné et le petit foyer qu'il avait installé avait été piétiné. Il appela une première fois mais personne ne lui répondit. Il examina les environs et trouva rapidement les traces des autres cadets. Il les suivit au pas de courses. Après un moment assez long, il déboucha sur une autre clairière. Là, il retrouva certains cadets alors que d'autres s'étaient regroupés un peu plus loin.

« C'est quoi ce bordel ? Où est Sloane ? » demanda Poe en s'approchant.

« Reste en dehors de ça, Dameron : il doit apprendre où est sa place !

-C'est qu'il court vite, ce bâtard, » affirma un cadet.

Poe jura avant de pousser les autres cadets. Il vit alors qu'ils s'étaient regroupé près d'un fossé assez profond. Poe dirigea la lumière de sa lampe dans le fond et aperçut la silhouette de Sloane. Ce dernier avait glissé dans le fossé et se retrouvait allongé sur le dos, sa jambe droite pliée dans un angle pas vraiment naturel. Poe examina un instant le fossé avant de trouver un endroit où passer pour descendre rejoindre son camarade.

« Hé, ça va ?

-J'arrive pas à me relever, » souffla Sloane alors que Poe s'agenouillait près de lui.

« Il a la jambe cassée ! aidez-moi à le remonter ! » cria Poe aux autres. Il entendit alors plusieurs rires et des murmures. Il leva la tête et les vit partir petit à petit. « Les gars ! Revenez, bordel ! »

Le silence lui répondit. Près de lui, Sloane grelottait. Ses vêtements étaient humides et pleins de boues. Poe jura une nouvelle fois entre ses dents avant d'examiner de plus près les blessures de son camarade. Les autres cadets l'avaient passé à tabac avant qu'il n'arrive à s'enfuir et de tomber dans le fossé à cause de la pénombre, résultat : une jambe cassée, des ecchymoses sur tout le corps, une lèvre et un sourcil fendus et une légère commotion.

« Il faut te sortir de là.

-Ils ne vont pas t'attendre. Ils disaient que ça devait avoir l'air d'un accident.

-Ils sont cinglés…

-Dans mon ancienne académie, ça arrivait souvent, » murmura Sloane. « Vas-y, on est encore à un jour de marche.

-Et dans ton ancienne académie de tarés, on abandonnait ses camarades ? » fit Poe en l'aidant à se relever.

William ne répondit pas et ils ne surent pas vraiment dire comme ils réussirent à sortir du fossé. Mais ils y parvinrent et retournèrent difficilement au campement, que les autres cadets avaient déserté et vidé. Dans son sac, Poe trouva quelques pansements et un petit kit de désinfectant. Il soigna comme il put son camarade, près du feu qu'il avait rallumé. Le regard bleuté de Sloane fixé silencieusement les flammes orangées alors que ses lèvres continuaient à trembler.

« Est-ce que ça va ?

-Ça va, j'ai l'habitude de me prendre des coups.

-Ton dos…

-Mon père, » avoua William.

« Le jour ne va pas tarder à se lever, on doit avoir une heure de retard sur les autres. On mange un peu et on bouge.

-Avec ma jambe en moins ? je t'avais dit de me laisser là-bas.

-Je refuse de t'abandonner, on est venu ensembles : on repartira ensembles.

-Tu es le garçon le plus têtu que j'ai rencontré.

-Et toi, derrière ton jeu du parfait connard, je te trouve courageux. »

William ricana doucement alors que Poe allait lui chercher un bâton assez robuste pour l'aider à marcher. Pour gagner du temps, ils se débarrassèrent de leurs paquetages, Poe ne prit dans son sac que le strict minimum : eau et provisions. Mais malgré tous les efforts de Sloane, les heures passaient mais ils prenaient de plus en plus de retard. William souffrait le martyr et Poe l'encourageait tant bien que mal.

« Pourquoi tu fais ça ? » lui demanda William, en se posant sur une souche, pour faire une pause.

« Pourquoi je fais quoi ?

-Tu es gentil avec moi, tu m'aides et prends ma défense… tu y gagnes quoi au juste ?

-A part que je suis le seul à qui tu adresses la parole ? rien. Je suis comme ça, tu vois. Je ne peux pas m'empêcher d'aider les autres. Et moi, je te connais un peu. Tu as beau de comporter en parfait connard, tu ne mérites pas leur méchanceté et leur jalousie. Au fond, je crois que tu es quelqu'un de bien qui n'a pas eu une vie facile et qui ne doit pas savoir comment se comporter normalement avec les autres. Tu es un beau damoiseau en détresse et mon le prince qui vole à ton secours.

-Par les étoiles, moi : un beau damoiseau en détresse ? tu n'es pas sérieux ? » demanda William, choqué.

Poe se mit alors à rire en lui tendant une bouteille d'eau. William bu par petites gorgées alors que son camarade vérifier le chemin qu'ils devaient prendre. Selon les calculs de Poe, ils allaient avoir facilement cinq heures de retard sur leurs camarades. Après quelques minutes, ils reprirent leur marches difficile et fastidieuse sur le vieux sentier qu'il devait suivre.

« Merci, » souffla William au bout de plusieurs minutes.

« Hein ?

-De m'aider et d'être gentil avec moi. C'est très étrange et déstabilisant pour moi. Je n'ai pas l'habitude qu'on s'occupe de moi comme ça.

-Tu n'as personne d'autre que ton père ?

-Ma mère et sa femme, parce qu'ils ont raison : je suis un bâtard, sont mortes quand j'avais cinq ans. La plupart du temps, il m'ignore et fait comme si je n'existais pas. Mais quand il boit ou quand il est énervé, il me tabasse. Il n'y a qu'une personne qui s'intéresse à moi mais ça fait un moment qu'elle est partie à l'autre bout de la galaxie.

-Je suis sincèrement navré, William. Mais maintenant, tu sais que tu peux compter sur moi.

-Je ne sais pas si je le mérite, Poe. »

Après tous les efforts possibles, William s'écroula dans la soirée, alors qu'ils n'avaient plus que quelques centaines de mètres à faire. Les cris de Poe alertèrent les instructeurs qui attendaient nerveusement un signe de leur part. Dans un état de semi conscience, on transporta Sloane jusqu'à la navette alors que Poe était prié d'expliquer ce qu'il c'était passé. Après quoi, le futur pilote reçu l'autorisation de monter dans la navette et de rejoindre son camarade. Poe s'assit près du brancard où William était allongé. Ce dernier tourna lentement la tête vers lui, il était sous sédatif pour l'aider à mieux supporter la douleur.

« Tu es revenu ? » souffla t-il en voyant Poe.

« J'avais pas l'intention de te laisser tomber.

-Tu vas rester ?

-Toujours, » murmura Poe en lui prenant la main.

De retour à l'académie, les instructeurs transportèrent William à l'infirmerie alors que Poe avait ordre d'aller dans sa chambre et d'y rester jusqu'à nouvel ordre. Il prit une longue douche chaude puis s'assit sur son lit, observant celui de William, vide. Il soupira en espérant que tout irait bien pour son camarade. Après un moment, il se dirigea vers le bureau et activa Mara. Le droïde ne pouvait pas encore bouger mais son intelligence artificielle le reconnut immédiatement.

« Bonjour, je suis Mara, en quoi puis-je vous aider ?

-Salut, William a eu un accident. Je crois que j'avais besoin de parler.

-J'espère que William va se rétablir. De quoi voulez-vous parler, Poe ?

-Tu peux me parler de lui ?

-Il m'a donné l'ordre de ne rien dire sur lui. Mais j'ai hâte de l'aider à améliorer la galaxie.

-Oui, vous ferez sûrement de grandes choses ensembles. »

o

Il entra précipitamment dans ses appartements. L'officier de sûreté l'avait informé qu'une intrusion avait eu lieu plus tôt dans la journée. Il ouvrit brusquement un de ses placards et se servit un verre de l'alcool qui s'y trouvait. Il avait besoin de boire quelque chose. Mara le rejoignit silencieusement. Elle n'aimait pas le voir dans cet état, mais cela se produisait de plus en plus souvent.

« As-tu téléchargé ce que je t'ai demandé ?

-Oui. Que dois-je en faire ?

-Tu vas aller au hangar 5. Une navette civile t'attend. Pars le plus loin possible, le plus vite possible.

-Maître ?

-Une fois en sécurité, active ton système de localisation : trouve une unité BB, matricule B524-B238. Il est avec un humain, Poe Dameron. Dit lui que William t'envoie et donne lui ces données.

-Oui, maître, » déclara Mara avant de s'éloigner.

« Mara ! » l'interpella son maître. « Quoi qu'il arrive, ne revient pas ici. Dameron est ton nouveau maître maintenant. »

Mara acquiesça avant de quitter les appartements. En chemin, elle croisa un groupe de stromtroopers qui se dirigeait vers l'endroit dont elle venait. Elle pressa le pas alors qu'elle se connectait à distance au système de vidéo surveillance du vaisseau. Elle vit les hommes en armures blanches encercler son maître avant de l'emmener de force.