Hello hello !

Bonne nouvelle : on a passé la moitié de la fic !

Mauvaise nouvelle (pour Stiles) : ça s'arrange pas forcément pour lui cette semaine... ;)


Stiles avait mal dormi. Le stress, la météo, et l'incident de la soirée, tout ça n'avait pas aidé, et il avait cauchemardé une bonne partie de la nuit. Résultat, Stiles se réveilla avec un mal de tête lancinant, les yeux irrités et l'électricité courant sous sa peau. Autant dire qu'il était d'excellente humeur. Il enfouit son visage dans l'oreiller avec un grognement étouffé. Peut-être qu'il pouvait s'arranger pour rester enfermé toute la journée dans sa cabine, et demander à un des contrôleurs de l'approvisionner en bouffe et en boisson…

Pendant encore une dizaine de minutes, il somnola doucement, essayant de se rendormir pour de bon, bien au chaud sous l'épaisse couette, et sa nouvelle écharpe drapée sur ses épaules. Juste pour profiter un peu du calme et du silence avant de se jeter dans la gueule du loup… Il finit par froncer les sourcils, son poing se serrant sur les draps. Il y avait quelque chose qui clochait…

Stiles releva la tête, clignant des yeux comme un hibou. Le train était ralenti. Vraiment vraiment lent. Déjà qu'il n'était pas rapide de base, là il pouvait à peine sentir le mouvement de la rame. C'était bizarre… il se releva, gardant la couette serrée autour de ses épaules, et se rapprocha de sa fenêtre pour relever le store.

La lumière totalement blanche qui rayonnait de l'extérieur lui agressa immédiatement les yeux et il referma le rideau. Bien. Doooonc… il y avait de la neige. Comme, beaucoup de neige. Lentement, Stiles releva à nouveau le store, laissant son cerveau s'habituer à la vive luminosité petit à petit. Il y avait au moins 60 centimètres sur les bords du chemin, même si on pouvait voir que la voie en elle-même avait dû être dégagée. Mais si le train roulait aussi lentement, c'était qu'il y avait un risque que les rails soient gelés…

Bien. La météo s'était encore dégradée, comme il s'y attendait. Super. Des fois, il en avait marre d'avoir toujours raison.

Stiles s'habilla chaudement, râlant entre ses dents contre l'irresponsabilité de la compagnie. Franchement, n'importe quel imbécile aurait compris qu'il fallait rester à Budapest ! Le train et le voyage étaient peut-être absolument magnifique, mais bonjour l'organisation autour quoi…

Derek était dans le couloir lorsqu'il sortit enfin de sa cabine. L'autre homme se figea dès qu'il l'aperçut, cachant ses mains derrière son dos, et fronça les sourcils.

- T'étais sensé dormir encore un peu.

- Comment ça, sensé ? et qu'est-ce qui te fait dire ça, hein ?

Derek se tendit un peu à son ton sec. Ouais ben, il allait faire avec hein ! Stiles était de mauvaise humeur, il avait le droit !

- C'est juste… ma cabine est juste à côté, je t'ai entendu tourner une bonne partie de la nuit.

Ça, c'était un mensonge, parce que s'il pouvait l'entendre depuis sa chambre, ça voulait dire que Stiles aurait normalement pu aussi l'entendre et ça n'était jamais arrivé. Donc maintenant, il l'espionnait. Vraiment rassurant ! Stiles préféra l'ignorer pour l'instant, tournant les talons pour rejoindre le wagon restaurant. D'abord, un café, une aspirine, et ensuite peut-être qu'il se sentirait prêt à affronter les autres voyageurs…

Les yeux résolument fixés droit devant lui, il traversa le salon sans prêter attention à quiconque. De toute façon, son humeur devait clairement se voir sur son visage, puisque personne n'essaya de lui parler. Il s'installa à une table duo, les bras croisés sur sa poitrine, et s'obligea à être un minimum aimable avec le serveur qui venait prendre sa commande – après tout, lui n'y était pour rien. Un lourd soupir lui échappa et Stiles finit par poser les coudes sur la table, massant ses tempes du bout des doigts.

Très bien. Il allait survivre. Ce n'était qu'un contretemps, et puis la neige ça pouvait être fun. Si vraiment ils devaient être immobilisés, il pourrait toujours aller faire un bonhomme de neige ou autre. Et puis, aujourd'hui, ce n'était pas comme les années trente, si vraiment ils ne pouvaient pas poursuivre leur voyage, la compagnie les ferait évacuer par hélico, ça serait aussi une expérience ! Il n'avait rien à craindre, personne n'allait l'assassiner dans son sommeil…

La porte du wagon s'ouvrit dans son dos et Stiles ferma les yeux un peu plus fort. Allons bon, qui est-ce qui venait encore le déranger… Il espérait juste que c'était juste quelqu'un qui venait refaire le plein de café.

Malheureusement pour lui, la chaise juste en face de lui recula. Très bien, il n'allait pas pouvoir faire l'autruche beaucoup plus longtemps… Stiles rouvrit les yeux. Chris était installé face à lui, les bras croisés sur la poitrine. Allons bon, c'était nouveau ça… Qu'est-ce qu'il lui voulait lui maintenant ?

- Tout va bien Stiles ?

- Très. Juste mal dormi. Ça va.

- Il paraît ouais… Tu as des plans pour la journée ?

Sérieusement ? Il venait le déranger pour ça ? Bon sang, mais ils pouvaient pas le laisser tranquille à la fin ?! Stiles fronça les sourcils, exaspéré, et se redressa pour répliquer assez vertement – et puis merde, tant pis si c'était un adulte, au bout d'un moment il avait qu'à agir comme tel ! – quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois et la voix de Scott claqua.

- Chris !

- Tout va bien, Scott, on ne faisait que parler.

- Je m'en fous, tu sors de là et tu le laisses tranquille. Qu'est-ce que j'ai dit hier, hein ?

Chris leva les yeux au ciel, mais se releva et sortit du wagon sans rien ajouter. Scott poussa un soupir exaspéré, et leva la main pour se frotter les yeux du pouce et de l'index. C'était bien la première fois que Stiles le voyait avec une expression autre que l'optimiste ou la joie… et ce n'était vraiment pas pour le rassurer plus que ça. Il remercia du bout des lèvres le serveur qui lui apporta sa tasse de café et disparut aussitôt. Remarque, il ne pouvait pas lui reprocher de fuir s'il le pouvait…

- Désolé pour ça. Je sais pas ce qu'ils ont en ce moment, ils sont tous en train de virer dingues…

- Ouais ben ils sont pas les seuls. Et j'ai comme l'impression que tu sais très bien ce qu'ils ont. Merci de me prendre pour un imbécile, mais franchement vos messes basses ne sont pas super discrètes.

Au moins, Scott eut la décence de paraître un minimum coupable et se frotta la nuque. Il fit un pas en avant, comme pour venir s'installer à la place Chris, mais Stiles se raidit et il s'immobilisa.

- Désolé aussi pour hier. Mais crois-moi, ça avait rien à voir avec toi. Y a juste des fois où c'est un peu tendu entre ce crétin de Jackson et moi, et…

- Tu m'expliqueras peut-être pourquoi tout le monde t'écoute systématiquement aussi. Et arrête de me prendre pour un con !

Scott tressaillit. Ha HA, il n'était pas le seul à maîtriser la voix autoritaire à la fin ! Renfrogné, Stiles se concentra une nouvelle fois sur son café. Est-ce qu'à la fin il allait partir et le laisser tranquille aussi ? Mais visiblement non, c'était trop demander… Il entendit un soupir et Scott s'assit face à lui. Il avait l'air nerveux, les mains croisées sur la table devant lui, les crispations de ses doigts faisant bouger l'encre sur ses bras – et comment diable pouvait-il rester en manches retroussées par les températures qu'il faisait ?

- Ecoute, Stiles… Je suis désolé pour tout ça, sincèrement. Mais franchement, ce voyage n'est pas vraiment ce à quoi on s'attendait, du tout, et certains ont plus de mal à s'adapter que d'autres. Ils deviennent… impatients. Et je t'apprécie beaucoup, alors j'ai pas envie qu'ils te bousculent trop. Je m'excuse si t'as eu l'impression qu'on… complotait contre toi, c'est absolument pas le cas.

- Ouais, et Derek meurt absolument pas d'envie de me bouffer à chaque fois qu'il me voit… Sérieusement, t'as vu la manière dont il me regarde ?

Cette fois-ci, Scott éclata de rire. Il s'ébroua, toujours en gloussant, et se détendit enfin dans sa chaise.

- C'est une façon de voir les choses… Mais t'as rien à craindre de Derek. Il grogne beaucoup et il a des sourcils impressionnants, mais c'est un nounours. Il a juste eu… un passé difficile, alors il a dû mal à se détendre parfois.

- Ouais, c'est ce qu'on dit, et après on se retrouve lardé de douze coups de couteau pendant la nuit…

Une étincelle de compréhension traversa le regard de Scott et il sourit doucement.

- Personne ne te fera de mal, Stiles. Je te le promets. Je peux même te le jurer sur ma vie si tu préfères.

Stiles se contenta d'hausser les épaules. Pour ce que ça changeait… Parce que même si Scott lui souriait, avec les yeux et la fossette en bonus, il savait pertinemment qu'il ne lui disait pas toute la vérité. Et il avait bien évidemment omis de répondre à ses questions hein. Ça devenait difficile de le croire à 100%.

De toute façon, Scott semblait avoir terminé son discours. Il se releva, lui tapota l'épaule au passage, et sortit finalement du wagon restaurant. Enfin un peu de tranquillité… Le serveur se rapprocha de Stiles, la cafetière à la main levée d'un air interrogatif. Il ne voulait même pas savoir la tête qu'il avait pour qu'il lui propose déjà une recharge… mais il n'allait pas dire non !

Et on ne pouvait pas dire que ça c'était arrangé dans la journée. Stiles était resté dans le wagon restaurant, naviguant sur son téléphone et sirotant du café toute la matinée, observant le paysage qui défilait lentement – toujours aussi uniformément blanc. Le reste du groupe l'avait rejoint au moment du repas, mais Scott avait dû faire passer le mot parce que personne ne s'installa face à lui, même s'il pouvait les sentir le regarder…

Erica avait bien fait une tentative, juste après le dessert, mais Danny l'avait rattrapée par le coude pour la ramener sur son siège. Parfait. Peut-être qu'il allait enfin avoir une journée pour se reposer vraiment, et en profiter de se faire chouchouter par un service de luxe…

Ils semblaient perdus au milieu des montagnes à présent, et Stiles devait bien reconnaître que le décor était quand même superbe – même si les nuages de neige l'empêchaient de voir les sommets – et que ce n'était pas quelque chose qu'il voyait vraiment aux Etats-Unis. Il pourrait presque se mettre à somnoler là, le menton calé dans sa paume. D'ailleurs, il pouvait déjà sentir ses paupières se fermer par à-coups. Vu la nuit qu'il avait passée, une sieste ne pourrait pas lui faire de mal…

Le crissement des freins et la brusque pression qui le projeta en avant mirent fin immédiatement à ses projets. Le cœur battant, Stiles se releva. Bien. Tout allait très bien. C'était parfaitement normal. Le train s'était juste… arrêté, comme ça. Au milieu de nulle part. C'était peut-être juste un de ses co-voyageurs qui avait tiré le signal d'alarme.

Le jeune homme se releva pour rejoindre le wagon-bar, histoire de vérifier cette théorie. Il posa la main sur la poignée… qui lui échappa immédiatement alors que la porte s'ouvrait. Derek s'immobilisa dès qu'il se rendit compte qu'il était juste de l'autre côté, les yeux légèrement écarquillés comme s'il ne s'attendait pas à le trouver aussi proche, mais il reprit très vite son expression renfrognée habituelle. Ce qui était dommage, parce qu'il était vraiment canon quand il se déridait un peu…

- On s'est arrêté.

- Non, sans blague…

- Tu vas bien ? C'était sec.

Oh. Stiles avala nerveusement sa salive et enfouit ses mains dans ses poches pour cacher leurs crispations nerveuses.

- Ouais, juste un peu bousculé… je venais voir si vous aviez des infos sur la raison de notre arrêt.

Sans un mot, Derek s'écarta de la porte pour le laisser passer. Kira était assise en vrac dans le couloir, visiblement vexée – elle avait dû tomber de son fauteuil – et Isaac se cramponnait à Scott, mais les autres n'avaient pas l'air d'avoir été trop secoués par le freinage brutal. Donc, aussi surpris que lui…

Le serveur derrière le bar avait son talkie proche de son oreille, les sourcils froncés. Ça ne présageait rien de bon… mais vu qu'ils discutaient en français, il ne comprenait pas un mot. Ce qui n'était visiblement pas le cas de tout le monde, puisqu'Allison poussa un soupir et que son père grogna.

- Allons bon, il ne manquait plus que ça…

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Le train a été immobilisé pour de bon à cause de la météo. Il y a un pont, juste devant nous, et les autorités craignent que la structure ait été fragilisée par le poids de la neige, il n'est plus tout jeune. Donc…

- Donc on est bloqués jusqu'à nouvel ordre.

Stiles pouvait sentir tout le sang quitter son visage. C'était exactement comme dans le roman…

- Mais… ils vont nous évacuer d'une façon ou d'une autre, pas vrai ?

- Pas avant demain matin, j'en ai bien peur.

Oh bon sang, c'était lui qui allait finir par tuer l'employé de la compagnie qui venait de lui répondre ça. Il le fusilla du regard – même si le pauvre homme avait l'air tout aussi inquiet que lui.

- Les conditions météorologiques ne permettent pas aux hélicoptères ou aux véhicules motorisés de nous rejoindre pour l'instant. Nous allons donc devoir passer une nuit à l'arrêt avant de pouvoir rejoindre la ville la plus proche. La compagnie s'engage bien entendu à tout faire pour vous permettre de…

- Okay, maintenant tu t'assois avant de tomber dans les pommes.

Une main ferme se referma sur le coude de de Stiles et le traîna jusqu'au sofa le plus proche. Derek le poussa pour l'obliger à s'asseoir avant de se rediriger vers le bar. Scott en profita pour lâcher Isaac et s'installer à côté de lui, posant une main apaisante sur son épaule.

- Hey, respire mon vieux, ça va aller. Le chauffage fonctionne encore, on est suffisamment loin des flancs de montagne pour ne pas risquer une avalanche, et on a encore assez de bouffe pour tenir au moins deux jours. Donc y a aucune raison de s'inquiéter.

Stiles se contenta d'hocher la tête. Il avait raison après tout, ce n'était pas comme en 1929, il existait des moyens de venir les chercher plus rapidement. Et au moins, leurs communications n'étaient pas coupées… Derek revint s'agenouiller face à lui, obligea une de ses mains à s'ouvrir et y fourra un verre rempli d'un liquide ambré.

- Bois.

- Nan mais je vais pas me transformer en alcoolique non plus…

- Juste une gorgée, et on passera le verre à Peter. Mais ça te fera du bien.

Scott avait un sourire encourageant. Stiles haussa les épaules et avala une minuscule gorgée – parce que sincèrement, il n'avait aucune envie de se retrouver ivre dans une situation comme ça. Derek reprit le verre pour le poser sur l'une des tables basses, mais resta là où il était. Ce qui était un peu… bizarre, étant donné qu'il n'était qu'à une vingtaine de centimètres de ses genoux.

Le silence qui s'installa était tendu. Même le serveur n'osait plus rien dire. Et avec l'arrêt subit du roulement qui avait résonné non-stop dans leurs oreilles depuis plusieurs jours, c'était vraiment dérangeant. Danny finit par s'étirer avec un long gémissement, bruyant.

- Bien, le vent a l'air de se calmer… ça tente quelqu'un, une bataille de boules de neige ?


Je jure, je vais pas continuer à embêter Stiles très longtemps !

A la semaine prochaine !