Chapitre 3

William était sorti de l'infirmerie trois jours après leur retour à l'académie. Sa jambe lui faisait parfois un peu mal mais il n'avait gardé aucune séquelle de ses blessures. Ses principaux agresseurs avaient rapidement trouvé le chemin vers la sortie de l'académie, leur comportement avait été jugé à juste titre inacceptable. Avec sept cadets en mois, l'ambiance au sein de la promotion changea rapidement. Plus personne n'osa insulter Sloane et les six filles du groupe le prirent en pitié, tout en se mettant à admirer Poe pour être resté auprès de lui.

Les mois passèrent ainsi plus tranquillement et ils eurent enfin l'autorisation de partir en permissions pour une semaine. Toute la promotion ne parlait plus que de retrouver leurs familles et amis. Mais à la veille du départ, alors que Poe finissait sa valise il prit conscience que William n'avait pas fait la sienne. Il lui demanda s'il comptait sortir de l'académie ou s'il allait rester là.

« Je pensais rejoindre la femme qui prenait soin de moi mais elle est toujours près des régions inconnues, du coup je reste ici.

-Mince, tu n'as pas eu l'autorisation d'aller voyager ailleurs ?

-On ne peut partir que aux endroits qu'on a signalé à notre adjudant de cours.

-Alors viens chez moi ! » fit Poe sur le coup. « Mes parents seront ravis d'avoir un de mes amis à la maison.

-Je ne veux pas déranger tes parents, Poe.

-J'insiste. »

Sloane leva les yeux au ciel mais finit par accepter l'invitation de son camarade. Poe et lui s'arrangèrent avec leur adjudant avant de prendre la navette qui menait au spatioport, direction Yavin IV. Durant le voyage, Poe avertit ses parents de la venue de William et ils discutèrent de l'enfance du futur pilote sur cette petite planète. Sloane écoutait attentivement et posait de nombreuses questions, il n'avait jamais vécu sur une planète avant son arrivée à Coruscant. L'ancienne capitale ressemblait parfois à un vaisseau. Mais Yavin IV semblait être très différente : recouverte de forêt, habitée par des humains mais aussi par une faune très dense.

Poe posa leur petite navette spatiale près d'une maison assez modeste, entourée par un jardin fleuri et clos. Sur le seuil de la maison, un homme les attendait en faisant de grands signes de la main. Poe lui ressemblait beaucoup et William supposa qu'il s'agissait de son père. Les deux hommes s'embrassèrent gaiement puis le père de Poe se tourna vers William. Il lui tendit la main en souriant.

« Bonjour, tu dois être William ?

-Oui, monsieur. Merci d'avoir accepté de m'accueillir.

-Oh mais de rien, Poe me bassine tellement avec toi : William par ci, William par-là !

-Papa, » souffla le principal intéressé, le rouge aux joues.

Sloane lança un coup d'œil vers le petit brun. Il se retient de sourire à la pensée que son camarade parlait beaucoup de lui. Ils entrèrent dans la maison. L'intérieur était décoré assez simplement. Au rez-de-chaussée, Poe montra à William le salon, la salle à manger et la cuisine. A l'étage, il lui désigna rapidement la chambre de son père et la salle de bain. Poe lui montra ensuite sa chambre, où son père avait installé un matelas pour William.

« C'est pas très grand mais c'est chez moi.

-Au moins tu peux dire que tu as un chez toi. Ta mère n'est pas là ?

-Elle nous a quitté quand j'étais enfant, c'est pour elle que je veux devenir pilote.

-Je ne savais pas, désolé pour ta mère. »

Poe sourit à William puis ils redescendirent dans le salon. Le père de Poe s'activait dans la cuisine d'où provenaient de bonnes odeurs de nourriture. Sans gêne, le futur pilote attrapa une des cuillères en bois et se servit dans une des poêles. Il se brûla la langue alors que son père le réprimandait et que William restait légèrement près de l'entrée de la pièce.

« Poe ! est-ce que ceux sont des manières à faire devant ton petit ami ? » demanda Kess Dameron à son fils. Poe se figea instantanément :

« William n'est pas mon petit ami…

-Oh ! j'ai cru que… Oh, je suis désolé ! » se confondit le père de famille devant son fils qui rougissait et son ami pâle.

« Papa, sérieux…

-Ce n'est rien, monsieur Dameron, » intervint Wiliam. « Veuillez m'excuser, il faut que j'envoie un message à mon père, je vais aller dans le jardin pour ne pas vous déranger. »

William tourna des talons et sortit rapidement de la maison. Il sortit de sa poche son petit comlink et tapa rapidement un message crypté pour son père. Il n'avait pas eu le temps de prévenir son géniteur de son voyage sur Yavin IV et il savait que sans des nouvelles régulières de son séjour ici, il aurait des problèmes à son retour. Il soupira en appuyant sur le bouton d'envoie puis il s'arrêta devant un arbre bien étrange. Son tronc était très courbé, presque biscornu. Ses feuilles avaient une couleur étrange, à la fois verte mais aussi bleu… William s'approcha davantage pour s'asseoir contre le tronc.

Il pianota encore un peu sur son comlink, qui finit par biper légèrement. William se mordit la lèvre avant d'accepter l'appel. Il fut soulagé d'entendre une voix féminine sortir du petit hautparleur.

« Bonjour, William.

-Bonjour Rae. Je ne suis pas à l'académie.

-Je sais, tu oublies que nous t'avons injecté un traceur quand tu étais enfant. Comment est Yavin IV ?

-Verdoyante.

-Le cadet Dameron te fait donc assez confiance pour t'amener chez lui ?

-Oui, je ne sais pas quoi faire, Rae. Son père a cru que lui et moi…

-Es-tu proche de ce garçon ? n'oublie pas que ses parents étaient des rebelles.

-Je sais, Rae. Mais Poe n'est pas comme les autres.

-Tu sais ce que ton père fera s'il apprend que tu es trop proche de ce cadet. N'oublie pas pourquoi nous t'avons envoyé à l'académie, tu ne dois pas être distrait par les beaux yeux d'un garçon trop gentil pour son bien.

-Je sais, » murmura William alors qu'il aperçut Poe sortir de la maison. « Je te rappellerais. A bientôt. »

Il coupa rapidement la communication et rangea le comlink dans sa poche. Poe lui sourit avant de s'asseoir à côté de lui. Il s'excusa pour la bourde faite par son père. William haussa les épaules, répondant que ce n'était pas grand-chose.

« Bah c'était un peu la honte, quand même. Je suis désolé si ça t'a mis dans l'embarras.

-Non, ne t'inquiètes pas. C'est juste… tu es mon seul ami, Poe. C'est un peu bizarre de s'imaginer amoureux de toi. Père a toujours refusé que j'ai des amis. Il pense que ça rend faible. Alors imagine s'il apprenait que j'ai des relations plus intimes.

-Excuse-moi mais ton père est cinglé. Comment il peut t'interdire de telles choses ? l'amitié c'est génial, au contraire : ça peut te rendre plus fort parce que tu as des gens qui t'aident, te soutiennent et te poussent à être meilleur encore. Tu devrais vraiment prendre ta vie en main, William. Tu es adulte, ton père n'a plus à te dicter ce que tu dois faire.

-Et tu penses que je devrais commencer par faire quoi ? » demanda William.

Poe lui sourit avant de se pencher vers lui et de l'embrasser. William se tendit légèrement alors que la langue de son ami quémander l'accès à sa bouche. Le grand brun finit par se détendre alors que Poe glissait, à cheval, sur ses jambes. La langue de Poe venait jouer avec celle de William alors que ses mains chaudes glissaient sous la chemise de ce dernier. Les lèvres de Poe abandonnèrent la bouche de son camarade pour descendre en cascade sur sa joue, sa mâchoire puis son cou.

« Poe, on ne devrait pas…

-Dis-moi clairement d'arrêter, Sloane.

-Poe, je ne te mérite pas…

-Dis-moi d'arrêter, » répéta Poe alors que ses mains s'activaient sur la ceinture de William.

William soupira en posant ses mains sur les hanches de son camarade alors que Poe s'attaquait à son caleçon. Le sexe de William était déjà dur, son corps réagissait vite à ses caresses inhabituelles mais tellement agréables. Poe mordillait la peau fine et pâle du cou de William alors que sa main droite extirpait la verge gonflée de son nouvel amant. Son gland rougi perlait lentement. Poe sourit avant d'administrer de lentes caresses autour du sexe de William.

« Tu es si beau, Will. Sais-tu que toutes les filles fantasment sur toi à l'académie ?

-Non.

-Mais tu es à moi, n'est-ce pas ?

-Oui, » souffla William, tremblant de plaisir.

Ne sachant pas quoi faire, William resserra sa prise contre les hanches de Poe alors que son corps semblait se consumer sous les caresses du futur pilote. Mais il frissonna brusquement lorsque Poe s'éloigna de lui. Le petit brun l'aida à se relever avant de descendre complètement son pantalon et son caleçon sur ses chevilles. William voulut protester mais Poe le plaqua à nouveau contre l'arbre, l'embrassant à pleine bouche avant de s'agenouiller devant lui.

William hoqueta quand les lèvres humides de Poe se refermèrent autour de sa verge. Il jura en sentant la bouche de son ami entamer une succion avide. Les doigts de William trouvèrent leur place dans les boucles sombres de Poe tandis que ce dernier défaisait son propre pantalon. William rougit à la pensée que quelqu'un pouvait les surprendre : son sexe dans la bouche de Poe qui se masturbait à ses pieds. William ferma les yeux et savoura les caresses de Poe. Il avait trop chaud, ses reins le démangeaient, ses hanches voulaient bouger d'elles-mêmes, il se mordait les lèvres pour ne pas faire trop de bruit.

Poe reçut le sperme de William directement au fond de la gorge. Il gémit de plaisir avant d'avaler et de savourer le liquide chaud. Contre l'arbre, William tremblait comme une feuille, ses joues d'habitudes si pâles étaient devenues légèrement rosées. La langue de Poe lécha encore un peu la verge de son ami, nettoyant chaque trace de jouissance, puis il se releva, remontant son pantalon alors que sa propre semence s'était éparpillée dans l'herbe. Le sourire aux lèvres, Poe observa William reprendre ses esprits et se rhabiller à son tour. Puis il leva les yeux vers les branches de l'arbre, il se mit alors à rigoler.

« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? » demanda William.

« Si Skywalker apprend que j'ai sucé mon petit copain sous son arbre, je suis mort.

-Quoi ?

-Cet arbre, Luke Skywalker l'a offert à mes parents : c'est un arbre sacré, sensible à la Force.

-Par les étoiles, » jura William en observant à son tour les branchages.

« Au moins, tu prends bien le fait d'être mon petit ami.

-C'est toi qui fait une tête de moins que moi, je te signale !

-Rétorque celui qui se dévergonde sous un arbre sacré, » plaisanta Poe avant d'embrasser William.

o

Kylo Ren entra dans la prison du Finalizer. Il venait à peine d'apprendre l'arrestation du général Hux, sur les ordres du commandant Peavey. Il serra les poings alors qu'il s'approchait de la geôle. Hux était allongé au sol, en sous-vêtement son corps était recouvert d'hématomes et de plaies à vif. A un mètre de lui, Peavey tenait un bâton électrique et martyrisait son corps inerte. D'un geste de la main, Ren fit voler l'arme de torture au fond de la pièce.

« Que signifie tout ceci ? »

-Suprême Leader, mes doutes concernant le général Hux sont fondés ! ses données personnelles et son droïde ont disparu. C'est un traître.

-Hux m'a pourtant donné l'impression d'avoir sacrifier sa vie pour le Premier-Ordre, » rétorqua Ren. « Qu'a t-il révélé ?

-Malheureusement, rien. Il a été entraîné pour résister à la torture physique, » précisa le commandant. « Peut-être pourriez-vous utiliser la Force ?

-Laissez-nous, » ordonna sèchement Ren.

Les bottes de Peavey claquèrent avant qu'il ne sorte de la cellule. Ren attendit de ne plus sentir sa présence pour s'approcher du général. Il s'accroupit lentement et tendit la main vers la peau meurtrie. Il utilisa la Force pour sonder les blessures de l'officier. Presque tous ses os étaient brisés, même sa mâchoire était disloquée derrière son visage tuméfié.

« Hux… Hux… Hux… que vais-je faire de vous ? » demanda doucement Ren, avant d'entrer dans son esprit.

Les pensées de Hux n'avaient rien de cohérent. Ren fouilla parmi la douleur, le froid et l'angoisse. Il vit alors quelque chose. Un arbre qui irradiait de la Force. Deux silhouettes se dessinèrent sous son feuillage. Deux jeunes hommes bruns s'enlaçaient et riaient. Ren fronça ses sourcils en reconnaissant les deux visages.

« Hux, que nous avez-vous caché ? » souffla le jeune Suprême Leader. « Votre père a fait de vous un survivant, pour une fois rendez le fier. »

Ren se releva et quitta la salle, ordonnant qu'on laisse le prisonnier seul jusqu'à un nouvel ordre de sa part.