Chapitre 4
L'été était bien installé sur Coruscant et l'ambiance à l'académie était plus joyeuse, la fin des cours approchait pour la plupart des promotions de cadets. William était toujours major de promotion avec la meilleure moyenne depuis dix ans. Et grâce à son aide, Poe avait grimpé à la quatrième place. Il ne restait plus que deux semaines de cours mais le classement était déjà fixé et les affectations devaient tomber le lendemain matin.
Pour fêter la fin de leur période de cadets et leur passage au grade de lieutenant, toute la promotion avait décidé de se retrouver dans un bar, proche de l'académie. Mais à la tombée de la nuit, alors que Poe y était depuis une heure, venu avec quelques filles de la promotion, William manquait toujours à la fête. Le futur pilote commençait sérieusement à s'inquiéter et lui envoyer régulièrement des messages sur son comlink, dont William ne répondait pas. Poe finit par s'excuser auprès de ses amis et sortit du bar, en direction de l'Académie.
Il trouva rapidement William dans leur chambre. Toutes ses affaires étaient rangées dans son sac de voyage tandis qu'il enfilait une veste légère. Poe ferma bruyamment la porte et se planta devant le grand brun, le cœur battant la chamade. Ses yeux noirs passèrent tour à tour du sac à William avant qu'il lui demande ce qu'il faisait. William se mordit la lèvre inférieure avant de soupirer.
« Ne me dis pas que tu t'en vas ? il reste encore deux semaines de cours !
-Père m'a ordonné de le rejoindre, je n'ai pas le choix. Je dois partir avant l'aube.
-T'es sérieux ? ton connard de père te siffle et te rappliques comme un bon toutou que tu es ? tu comptais me le dire quand ? » demanda Poe.
« Je n'en avais pas le courage, » avoua William. « Poe, je suis désolé mais je dois partir.
-Mais on s'aime, non ? Ton père te maltraite. Tu m'as toujours dit que tu étais malheureux auprès de lui. Reste, on peut se créer notre propre vie, ensembles. On sera heureux. Ton père ne pourra plus te faire le moindre mal.
-Poe, tu ne comprends pas. Je n'ai pas ma place ici. Ce monde-là, ce n'est pas le mien. Les autres… ils avaient raison, tu sais ? ils avaient raison de se méfier de moi. Je ne suis pas celui que tu crois, Poe.
-Qu'est-ce que tu racontes ? » questionna Poe, dubitatif.
« Je viens des contrées sauvages. Mon nom n'est pas William Sloane.
-Quoi ?
-Mon père est un ancien officier impérialiste, je suis venu ici sous un faux nom. Père veut que je revienne avant que les instructeurs comprennent que je les ai dupés. La seule façon que tu as de me retenir, c'est de me dénoncer. Ils m'arrêteront au spatioport. »
Poe déglutit. Si William lui disait la vérité, il serait bien arrêté et tout de suite envoyé en prison : même vingt ans après, les forces de l'ordre ne plaisantaient pas avec les anciens impériaux. Poe baissa les yeux avant de lui prendre doucement la main. William se laissa faire, ils retenaient tous les deux leurs larmes et sanglots.
« Je t'aime, qui que tu sois : William ou un autre.
-Je sais, Poe. Tu es mon rayon de soleil : mon unique ami, mon amour. Tu es et tu resteras le seul. Il n'y aura personne d'autres que toi, là où je vais.
-C'est faux. Tu es si beau, si intelligent… il y aura bien quelqu'un d'autre.
-Peut-être quelqu'un qu'on m'imposera. Mais personne que j'aurais aimé comme toi.
-Reste encore un peu, » supplia Poe en se collant contre le torse de William.
William l'enlaça et lui embrassa le sommet du crâne. Poe bougea pour se redresser et venir capturer ses lèvres. Il l'embrassa comme si leurs vies en dépendaient. Leurs langues entamèrent une danse sensuelle alors que leurs mains glissaient sur leurs flancs jusqu'à leurs fesses. Ils finirent par se séparer pour reprendre de l'air. Les yeux bleus de William fixèrent Poe avant qu'il ne le pousse fermement vers le lit de ce dernier. Poe tomba, assis, sur le lit. William fit un pas en avant et lui écarta les jambes, d'un petit coup de genoux. Il défit silencieusement sa veste puis quelques boutons de sa chemise. Poe se mordit l'intérieur de la joue : c'était la première fois que William prenait lui-même les devant. William se retrouva rapidement nu face à Poe. Son corps mince et sa peau laiteuse fascinaient toujours autant le futur pilote.
« Tu es splendide. »
« Armitage, » souffla William, en s'installant entre les cuisses écartées de son amant.
« Quoi ?
-C'est mon prénom : Armitage.
-C'est pourri… 'Tage ? je vais t'appeler 'Tage !
-C'est encore pire. »
Poe se mit à rire alors que William-Armitage plongeait vers son sexe. Il jura lorsqu'il sentit la langue humide de ce dernier glissait sur la longueur de sa verge jusqu'à son gland. D'une main, Armitage lui caressait la base de son pénis de l'autre, il lui donna une tape sèche sur la jambe. Il n'avait jamais apprécié les grossièretés de Poe. Pourtant, il finit par s'écarter du sexe dur et dressé de Poe, lui lança un sourire provocant :
« J'ai été un très vilain garçon, à te mentir comme ça.
-C'est vrai, » affirma Poe en comprenant son petit jeu.
« Je mérite d'être puni, non ?
-Oui mais comment…
-Peut-être que… je pourrais recevoir des coups… de ça » fit Armitage en désignant le sexe de Poe. « Ici, » ajouta-t-il en se retournant pour que le petit brun puisse avoir une vue imprenable sur son postérieur.
Les mains de Poe se posèrent sur ses fesses et les caressèrent doucement. Il hésitait. C'était la première fois en quelques semaines de relations qu'il était question que ce soit Poe qui domine. Il embrassa tendrement le lobe droit avant de dire à son amant de se pencher en avant et d'écarter les jambes. Lui tournant le dos, Armitage sourit et obéit sans un mot. Il écarta largement les jambes et posa ses mains au sol pour avoir un meilleur équilibre alors que celles de Poe attrapaient plus fermement ses fesses pour se frayer un chemin jusqu'à son intimité.
Armitage sursauta légèrement en sentant la langue chaude de Poe venir se frotter contre son anneau de chair. Il gémit doucement à cette caresse, tout en tentant de garder la position. Les doigts de Poe malaxaient ses fesses pâles. Sa bouche embrassait son intimité. Sa langue glissait sur son anneau de chair et tentait parfois de se frayer un léger passage à l'intérieur de lui. Poe finit par se pencher un peu plus vers l'avant pour mordiller la zone sensible entre ses testicules et son antre. Cette fois, Armitage se cambra violemment en criant.
« Crie autant que tu veux, bébé : ils ne reviendront qu'une fois ivres morts.
-Je veux que tu me baises, Poe. »
Le petit brun rit avant de le pousser légèrement pour qu'il se redresse. Armitage fit alors demi-tour pour lui faire face. Il haussa un sourcil en voyant alors Poe attraper dans sa table de chevet son gel lubrifiant. Le futur pilote lui lança habilement avant de lui répondre :
« Et si tu faisais disparaître ma virilité républicaine dans ton joli petit cul impérial ? »
Ce fut au tour d'Armitage de rire, tout en ouvrant le tube. Il laissa le gel glissait dans le creux de sa main avant de l'appliquer généreusement sur l'érection de Poe. Une fois satisfait de son application, il glissa ses doigts lubrifiés entre ses fesses alors que Poe s'installait plus confortablement sur son matelas. Armitage enjamba ses cuisses et s'installa à califourchon au-dessus de son bassin. Poe prit son sexe à sa base et l'aida à le glisser jusqu'à l'entrée de son antre. Etroit, Armitage se baissa lentement pour accueillir le membre dur et épais en lui.
« Vas-y à ton rythme, bébé. »
Armitage se pencha pour embrasser Poe alors que le sexe de ce dernier s'enfoncer enfin jusqu'à sa base.
« Je t'aime, Poe Dameron, futur meilleur pilote de toute la galaxie. » fit-il contre les lèvres de Poe avant de se redresser.
Il ondula lentement son bassin alors que celui de Poe se lever et s'abaisser doucement. Mais bientôt leurs mouvements se firent plus rapides, plus saccadés et passionnés. Poe haletait alors qu'Armitage criait son plaisir. Il prit son sexe dans sa main encore un peu lubrifiée et se caressa au même rythme que les pénétrations de son amant. Il fut le premier à jouir, son sperme tomba en jet sur le ventre de Poe avant qu'il ne s'écroule d'épuisement. Les coups de bassin du petit brun se firent alors plus secs et Poe se libéra dans un long soupire.
Les deux amants se lavèrent ensembles dans la douche étroite de leur chambre avant de se coucher, l'un contre l'autre dans le lit de Poe. Ce dernier enlaça fermement Armitage, sa poitrine douloureuse à l'idée que son petit ami puisse le quitter. Mais Armitage lui embrassa le front et remonta la couverture sur eux.
Lorsque Poe se réveilla le lendemain matin, il était seul dans le lit. Les affaires de William avaient disparu, ses draps avaient été défaits. A contre cœur, Poe se leva et vint près du lit abandonné de son amant. Ce dernier avait laissé une petite enveloppe. Poe la prit et l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait un petit mot d'adieu où William lui répétait son amour. Il y avait également un bon d'un célèbre fabricant de droïde. Poe observa le papier cartonné. La silhouette orange très arrondie d'un astromécanicien y était dessinée. En lettres épaisses, il lut « Unité BB – droïde personnalisé pour Poe Dameron. »
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Le vaisseau atterrit au milieu de la base. Tout ce que comptait autrefois l'Empire c'était regroupé ici, au pied de cette immense forteresse noire où l'on disait qu'un homme aussi puissant que l'Empereur vivait. Armitage observa l'immense bâtiment. Seuls les officiers pouvaient y entrer, son père faisait partie des « heureux élus ». Il inspira longuement avant de se diriger vers un bâtiment de la base où il se savait attendu. Personne ne lui prêta attention jusqu'à ce qu'il entre dans le bureau du grand amiral Sloane. Il fit claquer ses talons et resta un long moment au garde-à-vous.
Sloane finit par ordonner à ses subordonnés de les laisser. Armitage vit alors que son père se tenait légèrement en retrait. Ses yeux bleus, d'un froid polaire, le fixaient silencieusement. Il sentit alors la colère menaçante de son géniteur tandis que l'amiral s'avançait pour se placer devant son bureau. Elle lui demanda si quelqu'un avait remarqué son départ précipité de l'Académie. Mais son père, le commandant Brendol Hux se plaça face à son fils et les coupa :
« Tu es en retard. Tu aurais dû arriver, il y a plusieurs heures.
-J'ai dû faire face à un contretemps, commandant, » répondit Armitage en baissant les yeux face à son père. Brendol Hux lui attrapa alors le menton et lui fit incliner la tête en arrière.
« Un contretemps… » siffla l'homme avant de le gifler brutalement. Armitage tituba avant de se redresser. Un deuxième coup allait frapper lorsque l'amiral intervint :
« Pas de ça ici, commandant !
-Ce bâtard est devenu la pute d'un républicain !
-Assez, laissez-nous débriefer seuls. »
Le commandant ravala sa rage et partit sans un mot ni un regard supplémentaire vers son fils. Mais Armitage savait ce qu'il pensait et ce qui l'attendait plus tard. Sloane s'approcha de lui et après un moment, l'enlaça doucement. Armitage cala son visage près de sa chevelure bouclée.
« Tu aurais pu rester avec ce garçon.
-Je suis né pour servir le Premier-Ordre.
-Et tu viens de lui sacrifier ton cœur, Armitage. Utilises ta peine pour devenir plus fort encore. Un jour, tu surpasseras ton père.
-Un jour, je le tuerais. » affirma le jeune homme. « Un jour, je tuerais tous ceux qui m'ont fait du mal. »
Ren sortit de l'esprit du général Hux. L'ancien officier souffrait encore de la torture du commandant Peavey et ne pouvait plus parler à cause de sa mâchoire fracturée. La main gantée du Suprême Leader caressa lentement l'une de ses mèches rousses. Ren venait de comprendre ce que le droïde du général avait pris en quittant le Finalizer.
« Le Premier Ordre vous a enlevé le droit d'aimer. Vous allez enfin pouvoir vous venger, » en conclu le Suprême Leader.
