Hello !
J'avais promis, c'est fini la torture ! Enfin... un tout petit petit peu quand même hein, mais c'est juste pour la cohérence ! Et pas jusqu'au bout du chapitre !
L'ambiance du repas était lourde. Jackson était furieux, boudant dans son coin avec les jumeaux. Scott et Derek n'étaient pas beaucoup plus détendus, s'affrontant du regard de chaque côté d'une table. Le reste avait surtout l'air fatigué par toute la situation… à l'exception bien sûr de Peter qui lui semblait beaucoup s'amuser.
Stiles repoussa sa nourriture du bout de la fourchette, l'appétit coupé. Pourtant, vu comment ils avaient été privés de chauffage pour pouvoir en bénéficier, il avait plutôt intérêt à en profiter ! Surtout que ça avait l'air bon. Vraiment. C'était juste… difficile de se relaxer alors qu'il pouvait entendre la neige qui s'était remise à tomber. Dehors. A travers le double vitrage. Ouais, le silence était puissant à ce point.
Assise face à lui, Lydia poussa soupir, reposa ses couverts et tendit la main pour attraper son poignet, refermant ses doigts avec douceur autour de l'articulation.
- Stiles. Tu sais, cette expression qui dit que parfois, les apparences sont trompeuses ? Crois-moi, elle s'applique à cent pour cent en ce moment même.
- Humm…
- Les garçons ont toujours tendance à trop en faire, et ça met les nerfs de tout le monde à rude épreuve. Mais tu n'as aucune raison de t'inquiéter.
- Alors pourquoi personne ne veut me dire exactement ce qu'il se passe, hein ?
La jeune femme claqua la langue contre son palais, visiblement agacée qu'il ne la croit pas sur parole. Manquerait plus que ça, tiens… Stiles se renfonça dans sa chaise, les bras croisés, abandonnant toute idée de faire semblant de manger. Et oui, il avait conscience que tout le monde les regardait – comme si Lydia était la faiseuse de miracle qui allait le faire changer d'avis.
- C'est… compliqué.
- Mon cerveau va assez vite pour réussir à suivre, je le jure.
- Et ce n'est pas à moi de te l'expliquer, parce que je ne suis pas la première concernée.
- Alors que le premier concerné m'explique dans ce cas ! Je ne suis pas difficile, je veux bien écouter n'importe qui du moment qu'il m'explique ce que c'est que ce bordel ! Bon, peut-être pas n'importe qui. Je veux pas entendre Peter. Mais bon sang, je suis même prêt à écouter Jackson s'il le faut !
- Stiles…
- Non cette fois tu la fermes, Scott. J'en ai marre de tes excuses et de tes prétextes. Soit vous êtes clairs une bonne fois pour toute, soit vous m'oubliez jusqu'à ce que nos avions respectifs nous ramènent à New York. Mais vous arrêtez votre double jeu à la noix. Est-ce que c'est clair ?
Le silence était encore plus lourd que quelques minutes plus tôt. Plus personne n'osait le regarder en face, et Scott ressemblait à un chiot à qui on venait de donner un coup de pied. Très bien. Stiles replia sa serviette pour la reposer sur la table et se releva. Réajustant son écharpe autour de son cou pour se donner un peu de contenance, il ajouta aussitôt.
- Et pour le ou les petits malins qui penseraient intelligent de venir me poignarder durant la nuit, je rappelle que je suis formé à trois arts martiaux différents et que je n'hésiterai pas à m'en servir.
Il sortit aussitôt du wagon restaurant sans attendre de voir leur réaction – peut-être que sa dernière phrase était de trop, mais c'était trop tard de toute façon. Il traversa le bar sans s'arrêter, ignorant la couverture restée sur le fauteuil, avant de s'enfermer dans sa cabine. Il tourna soigneusement le verrou et secoua la porte pour vérifier qu'elle était bien fermée et que personne ne pouvait profiter d'un jeu dans la serrure pour l'ouvrir – on ne savait jamais. Et tant pis si un ces serveurs voulait lui apporter un sandwich.
Un souffle un peu tremblant lui échappa et Stiles se laissa tomber sur le fauteuil de sa chambre. Bien. C'était la nuit décisive, visiblement. L'hélicoptère prévu pour les évacuer devait arriver le lendemain en fin de matinée, afin de pouvoir avoir le temps d'évacuer tous les passagers et le personnel. De là, il était prévu qu'ils soient transférés jusqu'à Sofia, la capitale serbe, pour pouvoir enfin reprendre l'avion et rentrer chez eux…
- Putain, tu parles du meilleur voyage de ma vie…
Stiles passa une main un peu tremblante dans ses cheveux pour les ébouriffer, cherchant une sensation qui le distrairait de l'humidité traîtresse qu'il pouvait sentir au coin de ses yeux. Il était hors de question qu'il leur fasse le plaisir de craquer maintenant ! Dormir maintenant n'était pas envisageable non plus – il était en colère, à bout de nerf, et à deux doigts de la plus grosse crise de panique qu'il avait eu depuis des années. Il hésita à se relever pour prendre sa couette, mais même s'il faisait froid, vu son état d'énervement il allait définitivement éclater s'il se retrouvait coincé…
Et s'il continuait à rester en boucle sur la même idée, ça n'allait pas aider. Appuyant ses coudes sur ses genoux, Stiles se prit la tête entre les mains pour s'obliger à respirer profondément. Merde. Il pouvait sentir son rythme cardiaque qui partait complètement en vrille et ses pieds rebondir sur la moquette.
Bien. Peut-être qu'appeler son père pourrait l'aider à se calmer. Les mains tremblantes – un nouveau juron lui échappa lorsqu'il le remarqua – il attrapa son téléphone portable pour ouvrir son application de vidéo conférence. La photo de son père, un sourire amusé aux lèvres, s'afficha en plein écran. Stiles ne pouvait pas s'empêcher de mordiller l'ongle de son pouce en attendant, mais avec le décalage horaire… son père était en plein boulot.
L'appel raccrocha automatiquement et Stiles poussa un gémissement. Génial. Il ne pourrait même pas dire un dernier mot à son père si les choses devaient mal tourner… En relevant la tête, il aperçut le Crime de l'Orient-Express, posé sur sa table de chevet, et le fusilla du regard. Tout ça, c'était la faute de ce satané bouquin ! Sa venue ici, ET sa paranoïa !
Avec un grognement, il se leva, traversa la cabine en deux enjambées et attrapa le livre pour le jeter sur sa valise. Bah quoi, il fallait bien qu'il se défoule d'une façon ou d'une autre ! Il allait pas taper dans les meubles non plus, ils devaient coûter trois fois sa bourse annuelle ! Stiles s'obligea à expirer longuement, secouant les mains pour essayer de se débarrasser de leur tremblement.
- Bien, t'as tout gagné mon vieux, c'est reparti pour une dose d'Adderall…
Il grimaça. Dire qu'il essayait de réduire ses doses, parce qu'avec le stress des examens il avait tendance à en abuser… mais là, il était vraiment trop paniqué pour faire le difficile. Il s'accroupit pour pouvoir fouiller dans la poche intérieure de sa valise, là où il avait rangé ses médicaments…
… Quand toutes les lumières s'éteignirent brusquement, avec un bruit sourd qui résonna dans tout le wagon. Stiles se figea immédiatement, le cœur battant à tout rompre. Oh bon sang. Manquait plus que ça. Il espérait vraiment que c'était juste une coupure d'électricité générale due à la météo, et pas une manœuvre de ses « camarades »…
Quelques minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe. Lentement, il se releva, tâtonnant autour de lui pour ne pas se cogner. Bien. Il allait simplement s'asseoir sur le lit, il serait au moins installé sur une surface confortable et il attendrait que les contrôleurs passent. Tranquillement. Sa main frôla la couette et Stiles se concentra sur le toucher agréable plutôt que sur sa respiration de plus en plus rapide. Il pouvait gérer ça. Il était formé à réagir aux situations de crises, même s'il travaillait dans la théorie. Il n'allait pas…
Trois coups fermes et violents résonnèrent contre le bois de sa porte et Stiles hurla. Cette fois c'était fini, il allait mourir, les autres se tenaient dans le couloir pour le poignarder un à un, tout leur trajet planifié juste pour ce moment où ils pourraient se taper un délire à la Agatha Christie et assassiner le seul inconnu du voyage ! Il le savait !
- Stiles !
Il avait les oreilles qui bourdonnaient. Il savait qu'il était en train d'hyperventiler, et qu'à ce rythme là il allait finir par s'évanouir avant de pouvoir faire quoi que ce soit, mais il était tétanisé. Bon sang, toutes ces années à se rêver agent du FBI pour au final ne même pas pouvoir réagir quand il y avait vraiment un problème !
Les appels à son nom continuaient – du moins c'est ce qu'il pensait, parce qu'il n'arrivait même plus à comprendre – mais Stiles était incapable de s'arrêter de trembler. La voix se tut pendant une seconde… et sa serrure vola en éclats alors que la porte s'ouvrait brutalement. Derek se précipita dans la cabine.
Mais même à sa travers sa panique, Stiles pouvait voir que quelque chose n'allait pas. Parce que normalement, Derek n'avait pas les yeux bleus électriques qui brillaient dans le noir et qui lui permettaient de voir des crocs sortir de sa bouche ! Les lumières se rallumèrent d'un coup et l'illusion disparut aussitôt – même si le vrai Derek restait devant lui. Sa tête commençait à nager et il suffoquait, incapable de remplir ses poumons d'air. Il pouvait voir des points noirs flotter devant sa vision. Ses jambes flageolaient sous son poids. Oh bon sang, il allait tomber dans les pommes…
Deux mains fermes attrapèrent son visage et une bouche se pressa contre la sienne. Stiles écarquilla les yeux, mais il ne voyait qu'un flou de cheveux noirs. Attendez une minute. Derek l'embrassait ? Il ne le poignardait pas ?
C'était suffisamment inattendu et complètement taré pour que le bourdonnement cesse et que sa respiration se calme légèrement – le fait que son principal apport d'air était actuellement occupé aidait aussi. Derek se détacha légèrement de lui, et cette fois-ci Stiles pouvait enfin comprendre ce qu'il lui disait.
- Allez Stiles, respire. Tu vas bien. C'était juste une coupure de courant.
- Que…
- Inspire par le nez. Expire par la bouche. Lentement. Tout va bien. Par pitié, juste, respire…
C'était hallucinant, mais ça marchait. Le souffle de l'autre effleurait toujours sa bouche, et il se cala dessus. Son rythme cardiaque ralentissait et ses tremblements aussi. Derek ne l'avait pas lâché, le regard rivé dans le sien et les sourcils froncés d'un air inquiet. Un de ses pouces caressait doucement sa mâchoire, mais ça Stiles ne savait même pas s'il s'en rendait compte…
- Oh mon dieu Stiles !
- Est-ce qu'il va bien ?
- Derek qu'est-ce que tu as encore foutu !
- On t'a dit d'y aller mollo !
- Je te préviens, si tu lui as fait quoi que ce soit, je t'arrache la gorge !
Stiles écarquilla les yeux alors que derrière l'épaule de Derek, il voyait tous les autres se bousculer à l'entrée de sa cabine, se poussant les uns les autres pour être le premier à entrer. Face à lui, Derek gémit et laissa tomber son front sur son épaule, ses mains glissant de son visage jusqu'à ses bras pour continuer à le maintenir debout.
Scott réussit à se faufiler sous le bras de Jackson – lui-même appuyé sur le dos d'Erica pour se grandir – et sourit devant la scène.
- Très bien tout le monde, je pense qu'on a paniqué pour rien là. Vous pouvez repartir manger, Derek et moi on va s'occuper de la suite.
Un concert de protestations s'éleva aussitôt. Stiles n'y comprenait plus rien. Ils s'inquiétaient pour lui ? Ils n'allaient pas l'égorger alors ? Derek le guida doucement jusqu'au fauteuil qu'il occupait précédemment, ignorant le reste du groupe. Scott réussit à passer devant tout le monde, se retournant pour leur bloquer le passage en tendant les bras.
- Stiles a besoin de pouvoir respirer, et si on reste tous ici on va plus l'étouffer que l'aider. Donc, tout le monde dehors.
- Scott, tu peux pas…
Il gronda. Un grondement profond, animal, qui fit frissonner Stiles. Mais les autres se contentèrent de râler un moment avant de sortir de la cabine. Peter tira même la porte derrière lui, un sourire amusé alors qu'il glissait ses doigts dans le trou qui était autrefois la serrure...
Bon, d'accord, j'ai pas encore tout expliqué... mais je jure, tout le beau discours, vous l'aurez au prochain chapitre !
A la semaine prochaine ;)
