La vie sans Laurence était sans saveur. Tricard avait mis l'embargo sur la présence d'Avril sur les enquêtes. Marlène et Glissant se fréquentaient laissant Alice seule et démoralisée.

Un mois après le départ de Laurence, Avril avait le moral dans les chaussettes, elle trainait un rhum depuis plusieurs jours et n'avait aucun entrain pour quoi que ce soit.

Un jour Marlène osa lui demander si tout allait bien.

Alice ronchonna en expliquant que Jourdeuil la confinait dans le courrier du cœur puisqu'elle n'avait plus accès aux enquêtes, elle broyait du noir et elle était malade. Bref, que de la mouise !

-Alice, est ce que tout va bien ?

-Ben oui, Marlène, pourquoi ? c'est rien qu'une mauvaise passe ? Ça va aller !

- Tu as des nouvelles du commissaires demanda Marlène ? qui s'inquiétait de l'absence du commissaire.

-Oh tu sais il doit filer la quenouille dans son boulot et flirtait avec tout ce qui passe mais t'inquiète un de ces jours il va revenir tellement on lui aura manquer, lança Alice sans grande conviction.

- Mais Alice tu m'inquiètes, tu n'aurais pas quelque chose à me dire ?

- Ben non, pourquoi tu dis ça ?

- Alice, je vois bien que tu ne vas pas bien tu me caches quelque chose ? Parle-moi…

Alice vivait une folle solitude depuis le départ de Swan, elle ne voulait pas trahir la parole donnée au commissaire mais elle n'arrivait plus à gérer son absence et elle voyait que Marlène mourrait d'inquiétude.

- Marlène, je ne sais pas comment te dire….

- C'est le commissaire, c'est ça ?

Alice ne supportait pas de voir Marlène aussi angoissée…

- Oui, tu sais, il faut que je te dise, il ….

-Ah Marlène vous êtes là ! Tricard venait de débouler dans le bureau, s'arrêtant net en voyant Avril dans les parages.

-Que faîtes vous ici, je vous avais interdit l'accès du commissariat…

- Détendez-vous Commissaire, je venais voir Marlène pour savoir si elle avait des nouvelles de Laurence, c'est tellement bizarre ici sans lui…

Marlène tiqua à cette révélation.

- Et bien, vous n'êtes pas encore prête de le voir s'exclama Tricard. Je viens de recevoir un appel du Ministère des Armées, Laurence est maintenu dans leurs effectifs et maintenant sans durée de temps.

- Mais pourquoi Commissaire, Marlène en larme ne comprenait pas la situation.

Alice par contre était décomposée car elle sentait que la mission à Berlin se passait forcément mal au vu de ses nouvelles informations.

N'ayant pas le cœur à rester et souhaitant s'isoler pour penser à Laurence, elle quitta Marlène et Tricard pour rentrer chez Laurence, désormais son chez elle. Elle avait envie de sentir, son odeur, se plonger dans ses affaires, respirer son parfum.

Arrivée Rue des Petits Champs, elle fut surprise de trouver une lettre de Swan.

Elle s'assit sur le canapé, pensive sans oser ouvrir la lettre de peur d'avoir de mauvaises nouvelles. Elle se revoyait ici la veille de son départ découvrir Laurence pour la première fois, doux, sensible, amoureux d'Avril.

Elle se servit un whisky, but une rasade et ouvrit la lettre. Ses mains tremblaient, son cœur s'était comme arrêté.

Chère Alice, je trouve enfin le temps de t'écrire pour te donner de mes nouvelles. ….

La lettre ne correspondait pas du tout à ce qu'elle attendait de Laurence, elle était presque déçue de sa description de sa vie à Berlin. Jusqu'à une phrase moins sibylline que les autres… Comme tu le sais, Oncle Gilbert m'a fait la surprise de sa venue pour quelques jours et il m'a apporté des nouvelles de toi. Je lui fais passer par son intermédiaire un petit cadeau, j'espère qu'il te trouvera en plein action pour écrire tes articles. Transmets à Marlène mon agréable souvenir également. Je te laisse, un dîner en ville m'attend. J'ai hâte de te revoir, avec toute mon affection. Signé Laurence.

Oncle Gilbert… Dîner en ville mais qu'est ce que c'est que ce bordel… la colère était remplacée par une terrible inquiétude devant les mots de Laurence.

Les infos de Tricard et maintenant cette lettre après des semaines de silence, ce n'était pas bon signe. La référence à Marlène était sujette à interprétation.

Ses pensées furent stoppées par la sonnerie à la porte, qui insistait lourdement. Alice alla ouvrir et trouva Marlène sur le pas de la porte.

-Vas-tu enfin m'expliquer ce qu'il se passe et ce que tu fais chez le commissaire ? Marlène était furieuse de voir Alice chez SON commissaire.

- Marlène calme toi, rentre. Je vais t'expliquer.

Alice expliqua donc à Marlène la soirée passée avec Laurence, son départ pour Berlin sans entrer dans les détails (dont elle avait peu d'informations).

- Alice, il y a quelque chose entre vous ?

Alice ne voulait pas rompre la parole donnée à Laurence mais les événements avaient changé la donne. Marlène lui donna du courage.

- Tu sais Alice, je sais que je n'arrête pas de parler du commissaire mais je dois t'avouer que quelqu'un d'autre occupe mes pensées. Avec Tim, c'est du sérieux et m'a fait prendre conscience que le commissaire serait un ami cher mais sans avenir ensemble.

Alice respira plus légèrement… Tu sais Marlène combien le commissaire me tape sur les nerfs depuis toujours mais le soir de son départ, nous nous sommes parlé et j'ai arrêté de combattre mes sentiments. Le fait est qu'il m'énerve parce que je veux tellement être à la hauteur de ce qu'il est que j'avais occulté combien j'avais besoin de lui dans ma vie. Son histoire avec Maillol et ses hallucinations m'ont aussi rendu jalouse et je n'osais pas sauter le pas de lui dire mes sentiments après ce qu'il avait traversé. Quand il m'a dit qu'il partait, j'avais besoin qu'il sache. Marlène je l'aime infiniment tu sais.

Et…

- Et là je ne sais plus quoi penser, je n'ai pas de nouvelle depuis son départ et là je reçois cette lettre et je ne comprends rien. Ou plutôt je comprends qu'il ne va pas revenir et c'est terrible

- -Oh Alice, je n'imagine pas dans quel état tu es depuis son départ ! Pourquoi ne pas en avoir parlé ?

- Il voulait te le dire lui-même à son retour, il ne voulait pas te faire souffrir, tu sais combien tu es important pour lui. Tu es la femme qu'il respecte le plus, … avant sa mère, c'est dire !

- Que dit cette lettre ?