Bonsoir la suite , merci de votre lecture et de vos retours. sans m'en rendre je suis partie sur quelque chose d'un peu sérieux, ... Bonne lecture!

Ils retournèrent à l'hôtel.

Alice fut incapable de dormir tellement angoissée par ce que vivait Laurence. Elle ne s'était jamais rendue compte de ce que pouvait représenter une carrière d'espion. Ces infiltrations pour découvrir les meurtriers avaient un goût d'adrénaline mais elle avait toujours un renfort pour l'aider : Laurence.

Leurs aventures policières à Lille en devenaient terriblement banales et leurs chamailleries saugrenues. Pourquoi se bouffer le nez pour des bêtises, c'était tellement idiot.

Elle avait toujours deviné que la distance qu'il mettait entre lui et les autres étaient basés sur la timidité, sa réserve mais pas son manque d'intérêt pour les autres, ça jamais. Elle ne comprenait pas son refus de s'attacher aux gens, son refus d'accepter d'être apprécié, aimé.

Tout prenait sens aujourd'hui. Malgré sa mauvaise foi, il a avait toujours pris soin d'elle dès le premier regard.

Mais là, ce soir, elle savait.

Lui il était seul et sans recours. Elle avait toujours été impressionnée par la dureté et la froideur de Laurence mais elle comprenait désormais que c'était nécessaire dans une vie de secret et d'isolement. Elle comprenait mieux la distance qu'il mettait entre tout son entourage.

Ce qui l'étonnait finalement, c'est qu'il se soit confié à elle avant son départ. C'était curieux et angoissant. Il se savait en danger avec cette affaire et malgré ses principes il avait confié à Alice ses doutes mais surtout ses sentiments. Cette révélation bouleversa Alice : Laurence avait trouvé en elle, le seul être en qui il avait confiance et auprès duquel il pouvait exprimer ses sentiments. Les mots qu'il lui avait écrits prenait un sens particulier.

Alice sursauta quand Gilbert vint taper à sa porte pour partir.

- On part

- Ok, murmura Alice, très agitée par toutes ses réflexions.

Les passages à Check Point Charlie n'avaient lieu que deux fois par jour : 9h et 13h.

Gilbert et Alice retrouvèrent Léna en retrait du checkpoint pour ne pas attirer l'attention. Le point de retour était convenu sur un parking proche d'un restaurant. Léna et Gilbert se relayer régulièrement à se rapprocher de la frontière pour voir les passages. Plusieurs centaines de personnes passaient et cela prenait un temps infini pour les vérifications.

A 11h30, les barrières se fermèrent pour le passage du matin. Alice était au 36ème dessous car elle espérait le voir apparaître le matin même. Elle voulait le revoir, le protéger.

13h arriva et le manège recommença. Alice excédée décida cette fois ci de guetter l'arrivée du groupe pour espérer le voir.

Au bout de deux heures, elle vit Gilbert et Léna s'animaient en voyant une femme et deux enfants s'avancer du côté allié cherchant un visage connu, un accueil.

- Merde les Bayer sont seuls, s'écria Gilbert.

Il vint à leur rencontre et discuta avec eux. La famille était particulièrement soulagée d'être pris en charge.

- Que se passe-t-il Gilbert, demandait Alice ?

- Venez, on s'en va, je vais vous expliquer.

Ils partirent tous en direction du quartier des ambassades où ils retrouvèrent un « attaché culturel » de l'ambassade de France qui prit en charge la famille Bayer.

- Alors racontez moi.

- Bayer et Philippe n'ont pas pu suivre famille, il y a eu un incident avec les autorités russes qui a refusé le visa de Bayer. Philippe est resté avec lui pour organiser son départ. Les russes ont laissé sortir la famille car ils ont des visas pour deux jours. En gardant Bayer, ils s'assurent de leur retour et lui ne bougera pas une oreille pour risquer leur vie.

- Ça veut dire quoi pour Sw …enfin, pour Philippe.

- On change de stratégie, ils tentent de passer clandestinement cette nuit vers Übergang mais il faut que l'on sorte immédiatement ensuite d'Allemagne sinon on grille toute l'opération. Il faudra la journée pour organiser tout cela. On retourne à l'ambassade pour mettre au point tout cela.

Laurence de son coté, n'était pas serein de toute cette situation. Avoir dû partir en URSS avait déjà été limite mais voir les russes laissaient passer la famille et bloquer Bayer n'était pas bon signe. Les russes se doutaient de l'embuscade et compter sur le chantage moral de la séparation entre Bayer et sa famille pour les faire rentrer et surtout ne pas le faire sortir.

Le plan B par l'Ubergang devait se dérouler sans heurts pour ne pas éveiller l'attention des russes et des alliés. Bayer ne tenait pas en place. Avoir vu partir sa famille ne l'avait pas rassuré bien que Laurence soit resté près de lui.

- Allez Bayer, mes collègues ne lâchent pas l'affaire. On s'organise pour ce soir et vous rejoindrez rapidement votre famille mais il faut pour l'instant vous calmer.

Tout le monde avait fait comprendre à Alice qu'elle représentait un énorme boulet dans cette histoire et qu'elle gênait grandement l'opération.

- Un jour Alice ça serait bien que vous compreniez que le monde ne tourne pas autour de vous. C'était déjà pas simple mais avec vous dans les pattes c'est limite.

- Oui bon ça va, j'ai compris, laissez-moi vous aider.

- Non, vous ne faites rien. Je vous explique : le ministre des affaires étrangères français est en visite officielle à Berlin pour préparer l'arrivée du président américain. L'avion repart ce soir. Vous serez à son bord avec Bayer et sa famille qui seront intégrées dans la délégation. Vous partirez avec eux pour retourner à Paris.

- Donc le plan va marcher ! Alice était toute gaie à cette perspective.

- A votre avis, on est au complet ?

- Ben non !

- Mais vous ne comprenez pas Alice, cette histoire peut remettre en question les relations diplomatiques de la France avec tous les alliés et l'URSS, on joue gros. Quoi qu'il se passe, on exfiltre la famille et s'il y a un souci, on niera être partie prenante de la situation de Bayer. Si Bayer et Laurence n'y arrivent pas ou sont pris, ce n'est pas notre problème. Laurence a un passeport soviétique tout comme Bayer. Pour l'opération il n'est pas français.

- Mais c'est dégueulasse… Il fait ça pour le pays et on ne l'aide pas…

- Réveillez vous Alice, on n'est pas dans un roman d'espionnage, c'est plus important que nous.

- Je comprends que Laurence en ait eu marre. Mais pourquoi il a accepté cette mission ?

- Ce n'est pas vos oignons. Allez, on part pour l'aéroport.

Alice arriva sur le tarmac à l'abri des regards pour monter dans l'avion. La protection diplomatique permettait de faire des entorses à beaucoup de règles. On l'avait doté d'un passeport diplomatique. Elle se retrouvait avec la famille de Bayer. Ils attendirent deux heures qui parurent des siècles.

Tout d'un coup les abords de l'avion s'animèrent. La délégation arriva dans le cortège de voitures. Elle vit une vingtaine de personnes en sortir et miracle… elle aperçut Laurence. Folle de joie.

Laurence était entouré des membres de la délégation qui cachait Bayer de la vue de la surveillance de l'aéroport. A l'opposé, elle voyait au loin le ministre saluait son homologue dans les salons de l'aéroport avant de regagner la passerelle de l'avion.

L'avion faisait tourner les moteurs très forts, pour ne pas perdre de temps pour la mise en place sur la piste.

Elle vit Laurence entrait dans l'avion et accompagnait Bayer près des siens. Gilbert était derrière lui. Laurence étreignit longuement Gilbert. Celui-ci lui fit un signe vers Alice. Elle vit le visage de Laurence s'assombrir en voyant Alice.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?