Salut à tous! Comme le 1er chapitre était un peu court et que ça faisait longtemps que je n'avais rien posté, je sais que ça fait pas vraiment une semaine mais je vous laisse le chapitre 2 quand même :)

J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture! -Summer

PS: Certains passages de ce chapitre peuvent être un peu violents, je le classerais donc plutôt M que R+.


CHAPITRE 2 :

Trois jours auparavant…

Un agent du gouvernement :

Tout était calme, silencieux. Comme c'était, en réalité, presque toujours le cas une fois la nuit tombée. Plus un bruit, si ce n'était l'écho lointain des pas de mes camarades, qui montaient la garde devant leurs portes blindées.

Le couloir n'était éclairé que par quelques néons, et je devais bien admettre que l'atmosphère qui régnait dans l'entrepôt était plutôt sinistre. Mais j'en avais vu d'autres. Je n'étais pas du genre à avoir peur du noir, ou à me sentir oppressé par le silence. J'étais là pour faire mon boulot, et pour le faire bien. Non seulement parce que j'y tenais mais aussi parce que j'avais cru comprendre que je n'étais plus si loin d'obtenir une promotion, et j'avais vraiment envie de faire une belle surprise à ma femme.

« Hey, Garry, lançai-je à voix haute. Toujours rien à signaler ? ».

J'attendis quelques secondes, avant d'entendre, en écho, un grognement mi agacé, mi amusé.

« Mais t'es con toi, tu m'as fait peur ! ».

J'eus un petit rire. A monter la garde toute la nuit, on s'amusait comme on pouvait. Et comme je n'étais pas le genre à me laisser mourir d'ennui en ronchonnant inutilement, j'avais toute une réserve de plaisanteries en stock. Généralement, les autres ne le prenaient pas mal, ils aimaient bien que je détende l'atmosphère, et, parfois, que je les aide à lutter contre le sommeil. Et, comme je l'ai fait remarquer un peu plus tôt, généralement il ne se passait pas grand-chose d'intéressant, alors on pouvait bien se permettre un peu de distraction de temps en temps.

« Et ton fils, il va comment ? me lança ensuite Garry.

-Il cavale, Helen en voit de toutes les couleurs avec lui, répondis-je. Je te raconte même pas l'enfer quand il commencera à marcher.

-Faut en profiter tant qu'ils sont petits, après ils deviennent de vrais chameaux !

-Arrête Garry, intervint soudain la voix de Fred. Je suis certain que t'étais déjà un chameau à la naissance, toi !

-Ouais bah vaut toujours mieux être un chameau qu'un ».

J'attendis. Fred aussi, certainement. La phrase était restée en suspens, mais ce qui me semblait le plus étrange c'était que Garry ne m'avait pas semblé hésiter. C'était un peu comme si quelqu'un en avait brusquement eu marre de nos conversations, et avait coupé le son.

« Oh, vous foutez quoi en régie ? », demandai-je, rapidement suivi par le rire de Fred.

Toujours aucune réponse. Ah, la vieille manie de Garry. Il savait que ça prenait toujours avec Fred. Mais avec moi ? Soyons sérieux trente secondes…

« C'est bon, mec, tu me fais pas peur, m'oblige pas à venir te chercher, lançai-je.

-Tu pourrais pas, tu risquerais pas ton boulot pour ça quand même, intervint Fred.

-Concrètement si on me dit quelque-chose j'aurai qu'à dire qu'il répondait plus et que je pensais qu'il s'était fait agresser, et c'est lui qui aura les patrons au cul, moi je m'en fiche ! ».

Généralement, dès que je commençais à parler hiérarchie, Garry se dégonflait, mais il semblait avoir travaillé son coup parce que cette fois il ne releva pas. Je soupirai. Il n'allait quand même pas me forcer à aller le chercher ? C'était bien de rigoler un peu, mais au bout d'un moment on était quand même là pour travailler, il fallait garder un minimum de sérieux…

« T'as entendu ? me demanda soudain Fred, dont la voix me semblait légèrement plus aigüe que la normale.

-Non, quoi ? demandai-je, pas du tout alarmé. C'est sûrement Garry qui essaie de te faire peur, tu vas pas te laisser avoir quand même, t'as l'habitude, maintenant…

-Ouais… mais bon, il est lourd quand même », me répondit Fred.

J'étais tout à fait d'accord avec Fred pour une fois. J'aimais bien Garry, mais quand il commençait à plaisanter il ne savait plus s'arrêter, et là ça n'avait plus rien de drôle. J'attendis encore quelques secondes qu'il se rende, nous balance l'un de ses habituels « C'est bon je blague ». Mais comme il me semblait pas vouloir s'y résoudre, je soupirai une seconde fois.

« Fais une ronde entre les deux portes, Fred, je vais voir ce qu'il fait.

-Okay, me répondit Fred, qui ne semblait pas rassuré du tout.

-Et essaie de pas te pisser dessus au passage, chochotte, lui fis-je remarquer.

-Ouais, ben tu sais quoi j'espère qu'il te sautera dessus par derrière, tu comprendras un peu.

-Vaut mieux pas pour lui qu'il essaie de me sauter dessus par derrière », fis-je remarquer à mon collègue pour clore le débat.

Saisissant la crosse de mon arme, je me dirigeai vers la porte que Garry gardait, me repassant dans la tête toutes les insultes que j'allais bien pouvoir lui balancer une fois que je l'aurais retrouvé…

Je me figeai soudain. Cette fois, j'avais bien eu l'impression d'entendre quelque-chose de suspect. Je me tendis, avant de secouer la tête et de soupirer. Ça y était, Garry avait réussi à me stresser ! Et dire que j'essayais juste de détendre l'atmosphère, voilà comment il me remerciait ! Essayez d'aider des potes, franchement…

Mon pied heurta quelque-chose qui se trouvait au sol, et alors qu'un bruit métallique en résultait je perdis l'équilibre et manquai de m'effondrer par terre.

A la faible lueur des néons, alors que je baissais les yeux en maugréant, je sentis mes cheveux se hérisser sur ma nuque en remarquant que je venais de trébucher sur une arme. Celle de Garry.

« Fred, reste sur tes gardes, commandai-je.

-Pourquoi, il est de mon côté ? s'alarma Fred, pas conscient de à quel point il aurait dû s'alarmer.

-J'ai dit reste sur tes gardes ! répétai-je d'une voix plus ferme, avant de mettre en marche l'oreillette dont nous étions toujours équipés en cas d'ennuis. Ici l'entrepôt 116, j'aimerais signaler une intrusion. Un homme a disparu, je viens de retrouver son arme gisant au sol. Envoyez-nous du renfort d'urgence.

-Hey ? lança soudain Fred.

-T'inquiète, mon vieux, tentai-je de le rassurer. Les renforts arrivent, ils…

-Mec, c'est toi qui… ».

Puis plus rien. Le néant. Le silence le plus absolu. Et sans doute pour la première fois de mon existence je ressentis un sentiment d'intense claustrophobie s'emparer de moi.

« Fred ? demandai-je, avant de poursuivre d'une voix de plus en plus forte. Fred ? Fred ! Bon sang vieux, réponds-moi ! ».

J'eus l'impression qu'un léger courant d'air rafraîchissait mon visage, et lorsque je fis volte-face un cri resta bloqué dans l'arrière de ma gorge alors que je me retrouvais face-à-face avec un jeune homme qui n'avait pas même pris la peine de couvrir son visage, et qui me regardait avec un sourire presque navré.

« Nah, je devrais apprendre à plus laisser traîner ce genre de choses par terre », me lança-t-il.

L'instant d'après, avant même que je ne l'aie vu bouger d'un pouce, l'arme fut entre ses mains, et alors que je m'attendais à ce qu'il pointe le canon sur moi, il se contenta de la prendre par la sangle et de la balancer par-dessus son épaule. Alors que je m'apprêtais à sortir mon arme et me demandais par la même occasion s'il n'était pas un peu suicidaire, j'entendis un grognement sourd retentir derrière moi. Je m'efforçai de garder le regard fixé sur le garçon, mais une force irrésistible, sans doute la peur la plus primaire, me poussa à tourner la tête afin de regarder ce qui se trouvait derrière-moi, et j'eus tôt fait de regretter de céder à ma peur.

Cette fois-ci, je poussai un hurlement qui me sembla presque inhumain, en croisant le regard jaune et luisant d'une créature de cauchemar, mi femme mi féline, le bas de son visage déformé par des crocs démesurément grands, et qui, dans la faible lueur des néons, me semblaient parsemés de ce qui semblait fort être…

La créature rugit soudain, et l'instant d'après je me retrouvais plaqué au sol, la gorge entourée par des griffes acérées qui me déchiraient la peau au moindre mouvement que j'essayais de faire.

Aussi fus-je contraint de regarder le corps de ce pauvre Garry, qui se balançait désormais à l'une des poutres du plafond, au bout de la hanse de son arme… Non. Pas son arme… c'était le garçon qui avait son arme. Il s'agissait donc de l'arme de Fred…

Je me rendis compte assez rapidement, avec la plus pure des horreurs, qu'il ne s'agissait pas uniquement de l'arme, mais du corps de Fred.

Et le sang qui gouttait des crocs de la créature démoniaque qui m'étranglait à moitié était sans doute également celui de Fred… ou celui de Garry. … Ou des deux.

Malgré les griffes, ma gorge réussit à laisser échapper un sanglot étouffé, alors que mes yeux se remplissaient de larmes, tant de colère, d'un sentiment d'injustice, que de la plus pure des terreurs. Je savais que je ne pourrais plus jamais prétendre ne pas avoir peur du noir.

« Ressaisis-toi ! gronda la créature, alors que le garçon se dressait au-dessus de nous deux.

-Elle a raison, ajouta-t-il, avant d'ajouter avec un sourire en coin : fais pas ta chochotte.

-Putain mais qu'est-ce que vous voulez de moi ?! », beuglai-je, en commençant à me débattre avec la force du désespoir en comprenant que quoi qu'ils aient décidé de faire la mort m'attendait au bout si je ne faisais rien.

Je ressentis une douleur cuisante au niveau de ma joue droite, et ne compris que la créature venait de me gifler que lorsque je sentis le sang chaud couler le long de ma joue et dans mon cou.

Je me remis à pleurer.

« Pitié, suppliai-je, bien que sachant que c'était inutile. Pitié, ne me tuez pas. J'ai… ma femme, et… pitié, par pitié ne me tuez pas, ajoutai-je avant que la panique ne me fasse commettre l'erreur de parler de mon fils ; parce que ces psychopathes étaient bien capables de s'en prendre à ceux que j'aimais si ça pouvait leur servir.

-Arrête de geindre, soupira la créature, et j'eus la surprise de constater que désormais elle avait l'apparence d'une fille normale, si ce n'était la force de ses mains qui étaient toujours étroitement serrées autour de mon cou. Tu serais déjà mort si on l'avais voulu. Mais on a besoin d'un témoin pour aller rendre visite à de vieux amis, tu vois.

-On dirait que c'est ton jour de chance !", ajouta le garçon.

… J'étais fou. J'étais en train de devenir fou ou est-ce que je venais vraiment de comprendre qu'ils allaient me laisser la vie sauve ?

« Pitié, je ferai tout ce que vous voulez, promis-je. Je ferai tout.

-Tu vois ? lança le garçon à son amie sur le ton de la conversation. Je t'avais dit qu'on ferait mieux de garder celui qui avait un bébé.

-Ben t'es né avec un cerveau, autant qu'il te serve, lui répondit la fille en levant les yeux au ciel.

-Tant de gratitude, j'adore, s'émut le garçon avant de se tourner de nouveau vers moi. Bon alors, je te fais un topo : Tu vois, ce que vous gardiez, tes potes et toi ? on embarque le tout. De un, tu feras remarquer à tes patrons que c'est complètement con de ne placer qu'un garde à chaque porte, deux ce serait quand même un minimum syndical quand on sait de quoi vous vous occupez, surtout en pleine nuit, parce que de très vilaines choses peuvent arriver à la faveur de l'obscurité, tu vois ? Ah ben oui, tu vois, ajouta le garçon un peu pour lui-même en lançant un bref regard au pendu.

-Et ensuite, on va te demander de laisser un petit message à quelqu'un qui va apprendre à se méfier de nous à l'avenir, poursuivit la fille.

-Qui ? », demandai-je, pressé de sortir de là, de faire tout ce qu'ils me demandaient, et de démissionner, de déménager, éventuellement de changer d'identité aussi.

Cette fois, le visage de la fille s'étira également en un sourire qui me sembla si cruel que je regrettai presque d'avoir posé la question, ce avant qu'elle n'y réponde purement et simplement en ces termes :

« Va voir Nick Fury, et fais lui un petit coucou de notre part ».