Hello! Désolée d'avoir mis autant de temps à poster la suite, j'avais pas vraiment le temps ces dernières semaines. J'espère que ça vous plaira! - Summer


Retour aux temps présents :

Pepper :

J'étais encore au travail lorsque Maria Hill avait débarqué comme une fleur dans mon bureau. En train de trier des papiers, de répondre au téléphone, de faire trois ou quatre choses à la fois parce que j'étais la personne par qui tout passait, et que pour faire ce travail correctement j'avais dû développer ma capacité à être polyvalente en toutes situations.

Mais je dois admettre qu'en voyant Maria entrer dans mon bureau sans même frapper à la porte et se planter devant moi comme si elle allait m'annoncer que Tony venait de mourir, j'avais raccroché sans ménagement au nez de mon interlocuteur (qu'est-ce que j'en avais à faire que ce soit l'ambassadeur de Chine, de toute manière ?) et posé la pile de papiers que je tenais dans le creux de mon coude aussi doucement que s'ils avaient pu m'exploser entre les mains.

Maria Hill était le genre de personne qui pouvait paraître calme même quand le sol s'effondrait sous ses pieds. Fine tacticienne, posée, professionnelle, je savais parfaitement pourquoi Nick Fury, du temps du SHIELD, avait eu totalement confiance en ses capacités. Lorsqu'elle s'était plantée devant moi à cet instant-là, elle était pâle comme la mort, ses pupilles étaient devenues presque inexistantes dans le bleu de ses yeux, et ses mains étaient crispées l'une sur l'autre comme si elle avait passé le trajet jusqu'ici à faire craquer nerveusement ses jointures. Je ne l'avais jamais vue dans un tel état, aussi avais-je immédiatement compris qu'il s'était passé quelque-chose de très grave.

Dans la foulée, je m'étais demandée pourquoi diable Maria Hill venait me voir moi plutôt que Tony, avec qui elle avait travaillé en collaboration pendant des années du temps des Avengers. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : la situation était encore plus dramatique que ce que j'avais pensé. Mais ce n'était pas pour ça que j'allais oublier mes bonnes manières, de toute manière elle devait sans doute être au moins aussi stressée que moi aux vues de son expression faciale.

Je l'avais saluée, et invitée à s'asseoir, avant de me pencher sur mon bureau de façon à ce que nos visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, et à ce que je puisse la regarder dans les yeux, oreilles grandes ouvertes, afin de ne rater absolument rien de ce qu'elle allait me raconter.

Mais encore maintenant, j'avais du mal à assimiler tout ce qu'elle m'avait dit, et, alors que Tony se tenait aussi droit qu'un piquet sur son tabouret, donnant l'impression qu'il allait vraiment faire une attaque, et que Peter se mettait à bégayer des paroles incompréhensibles, je demandai pour la énième fois :

« Donc Leyna est vivante ? ».

Maria se tourna lentement vers moi, avec l'air de se dire qu'après presque deux heures j'aurais enfin fini par assimiler cette information, mais également l'air de comprendre ce que je pouvais ressentir. Après tout, j'avais enterré ma fille…

« Mais c'est impossible… nous l'avons enterrée, répondis-je comme pour contredire cette petite voix dans ma tête qui avait envie de sortir les cotillons et de faire la fête. Nous… Maria, vous étiez , vous l'avez vue, vous aussi… elle était morte, et le garçon aussi ! Nous les avons enterrés, on y était tous, les autres pourront confirmer que…
-Vous les avez enterrés, oui, acheva Maria. Mais pas incinérés ».

Je fus parcourue d'un frisson. Elle n'était quand même pas en train d'insinuer que quelqu'un… qui que ce soit, aurait pu… aurait osé

« Des agents du gouvernement se trouvent actuellement au cimetière, et… commença Maria.
-Quoi ? l'interrompis-je soudain d'une voix sèche, en me levant à moitié de mon siège. Ne me dites surtout pas qu'ils sont en train d'ouvrir la tombe de notre fille, Maria, ou je…
-Pepper, tenta de relativiser Maria. Quoi que vous en pensiez nous sommes persuadés que cette tombe a déjà été profanée une fois, et notre seul moyen de le vérifier, malheureusement, c'est de l'ouvrir à nouveau. Vous… Tony, qu'est-ce que vous… ».

Je me tournai vivement vers Tony, qui s'était soudain levé de son tabouret et commençait à passer son armure. Et je compris instantanément ce qu'il avait en tête.

« Non non NON ! m'exclamai-je soudain avant de m'agripper désespérément à son bras. Tu vas nulle part, tu restes ici, tu t'assois et tu te calmes tout de suite ! ».

Tony me lança un regard pour le moins déconcerté, avant de se déséquiper et de se laisser retomber sur son siège avec un grognement.

« Tu sais, c'est pas en t'agrippant à mon bras que t'aurais réussi à me retenir, me fit-il remarquer.
-Sauf que tu n'as aucune envie de survoler New York avec moi accrochée à ton bras, lui fis-je très doctement remarquer. Tu aurais trop peur de me faire tomber, et je te préviens, Tony, fais seulement mine de sortir de cette pièce et je te ferai regretter d'être né.
-Ils sont en train de profaner la tombe de ma fille ! protesta Tony, poings serrés.
-Notre fille, lui fis-je remarquer en lui lançant un regard assassin. Et réfléchis un peu trente secondes, si Maria n'avait pas jugé que c'était absolument nécessaire elle ne les aurait pas laissé faire.
-Mais ils…
-Bon sang, Tony, tu veux savoir si elle est vivante, oui, ou non ?! ».

Tony ouvrit la bouche comme pour protester, mais après quelques minutes il la referma et se contenta de croiser les bras comme un enfant boudeur.

Le silence s'abattit de nouveau sur la pièce, et je tentai de calmer les battements frénétiques de mon cœur. Je voulais savoir si c'était vrai. Si Leyna, par je ne savais quel miracle, pouvait réellement être encore vivante.

Deux ans. Cela faisait deux longues années que j'étais hantée par sa mort, hantée par la seule pensée que je n'étais pas à ses côtés pour la protéger. Que j'avais failli à mon devoir de mère en n'étant pas avec elle. Il ne s'était pas passé une seule nuit sans que je me réveille en sursaut, prise de sueurs froides, pas une seule nuit sans que je me mette à pleurer en silence pour que Tony ne m'entende pas. Pas une journée sans que je m'en veuille horriblement de ce qui s'était passé.

Je n'aurais jamais dû laisser mes filles partir en mission. Si je les avais retenues, comme toute mère responsable aurait dû le faire, rien de tout cela ne se serait produit. Si j'avais été là pour les retenir à la force de mes bras, j'aurais encore mes filles chéries. Et là… Maria Hill débarquait comme une fleur pour me dire que ma Leyna était vivante.

S'il s'avérait qu'elle s'était trompée, je ne pourrais sans doute jamais le lui pardonner. Bon sang elle avait plutôt intérêt à ne pas s'être trompée, sinon je serais capable de… de…

« Et vous dites qu'elle aurait tué deux hommes de sang-froid ? ».

Je me tournai lentement vers Peter. Le pauvre garçon n'avait pas ouvert la bouche depuis que je lui avais demandé de s'asseoir avec nous. Et je me demandai un instant si j'avais bien fait de lui demander de rester : Il n'était encore qu'un enfant. Il avait grandi depuis que je l'avais rencontré la dernière fois… mais je voyais dans ses yeux qu'il était encore un enfant. N'aurais-je pas mieux fait de lui dire de rentrer chez lui ? De lui laisser croire que cela n'avait rien à voir avec lui, pour lui révéler la vérité plus tard, d'une manière moins brutale ?

Aurait-il simplement accepté d'être tenu à l'écart ? Non. Il aurait trouvé le moyen d'entendre ce que nous disions, même s'il avait dû revêtir son costume d'araignée pour escalader la façade de la tour et coller son oreille à la vitre. Il aurait trouvé un moyen.

« C'est ce qu'il semblerait, s'avança prudemment Maria. Elle n'était pas seule, le garçon l'a aidée… Pietro Maximoff, c'est bien ça ? ».

Tony hocha brièvement la tête, comme s'il était incapable de produire le moindre son intelligible. Oui, Pietro Maximoff. Comment aurions-nous pu oublier son nom ?

Je me tournai vers Peter, qui secouait désormais la tête de droite à gauche.

« Alors vous vous êtes trompée, répliqua-t-il.
-Je te demande pardon ? répondit Maria en fronçant les sourcils, pas certaine de comprendre.
-Ce n'est pas Leyna. Si cette personne… ou cette chose a tué deux hommes innocents de sang-froid ce n'est pas Leyna, martela Peter, poings serrés. Je la connais. Je sais de quoi elle est capable, et elle n'aurait jamais tué quelqu'un d'innocent… elle aurait même toujours rechigné à tuer un être humain, quel que soit le mal qu'il ait fait. Même la panthère ne l'aurait pas fait ».

Maria sembla chercher les mots adéquats. Les meilleurs mots pour lui expliquer ce qu'elle en pensait sans le blesser.

« C'est ce qu'ils ont fait d'elle, Peter », dit-elle finalement d'un air infiniment désolé.

Ses mots me frappèrent comme autant de coups de poings à l'estomac.

Ce qu'ils avaient fait d'elle. Ce qu'ils avaient fait de ma fille. Qu'est-ce que qu'ils avaient osé faire à ma fille ? Est-ce qu'ils l'avaient réellement ramenée à la vie pour la faire souffrir, pour lui enlever tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était… lui retirer son identité, une fois de plus ? Et par-dessus tout…

« Qui ça, ils ? », intervint Tony, en posant des mots sur ce que je pensais tout bas.

Maria nous dévisagea tour à tour, avant de soupirer haut et ferme.

« Coupez leur une tête… commença-t-elle.
-Deux autres repoussent, comprit instantanément Tony. HYDRA.
-C'est pas possible ils sont increvables ceux-là, grommela Peter, plus pour lui-même que pour nous. Et vous pensez sincèrement qu'ils ont mis la main sur Leyna et Pietro ? Et qu'ils s'en servent comme des armes ?
-Des armes, des agents, peu importe tant qu'ils leur sont utiles, rétorqua Maria Hill. Et je parie qu'ils le sont. Ils doivent être ravis d'avoir pu mettre leur main dessus, même si je suppose qu'ils auraient aussi aimé prendre Emy et Wanda, malheureusement pour eux elles sont toujours en vie.
-Et vous pensez qu'elles pourraient nous être utiles ? », demanda Peter.

Je me tournai vivement vers lui. Il semblait avoir mis le doigt sur le point qui dérangeait le plus Maria Hill, et je compris immédiatement de quoi il s'agissait.

« S'il s'agit vraiment de Pietro et Leyna, ils ont peut-être effacé leurs souvenirs, mais il y a toujours un risque qu'ils remontent à la surface c'est ça ? demandai-je, et Maria hocha la tête. Et évidemment dans ce cas Emy et Wanda nous deviennent indispensables…
-Oui, sauf que Wanda est une fugitive, et que Emy a disparu de la circulation il y a deux ans, rétorqua sèchement Tony. J'ai comme l'impression qu'on va devoir se débrouiller sans elles ».

Maria Hill ouvrit la bouche, puis la referma presque instantanément, mais pas assez rapidement pour que Tony ne remarque pas l'expression qui avait flotté sur son visage l'espace d'un instant.

« Bon sang Maria, ne me dites pas que vous savez où se trouve Emy, parce que je risque soit de vous serrer dans mes bras jusqu'à vous étouffer, soit de vous étrangler à mains nues pour ne pas nous l'avoir dit plus tôt, fit-il remarquer.
-Ce serait sans doute marrant si vous essayiez, rétorqua Maria en haussant les sourcils. Mais je ne sais pas où se trouve Emy. Pas plus que Natasha Romanoff ne le sait. Sans quoi vous auriez été les premiers au courant. Emy… est très douée pour se faire oublier. Elle ne laisse absolument aucune trace, je ne serais même pas surprise de sa part si elle avait changé d'identité pour passer inaperçue et continuer à vivre normalement… Non, je ne sais pas où trouver Emy. En revanche…
-C'est à Wanda que vous pensez, compris-je, et je sentis mon cœur se serrer. Vous savez où se trouve Wanda ».

Tony lança un regard sidéré à Maria, qui se tut encore un instant, puis reprit :

« J'ai gardé contact avec les 'fugitifs', répondit-elle. Je ne sais pas toujours exactement où les trouver, mais j'ai une vague idée de ce qu'ils font même s'ils arrivent à le faire assez discrètement. Il m'arrive parfois de leur apporter mon aide, quand ils en ont vraiment besoin. Mais en tant qu'agent du gouvernement, j'essaie d'avoir le moins possible de contacts avec eux, pour ne pas leur attirer d'ennuis. Je sais où se cache Wanda, où on pourrait éventuellement la trouver, ou apprendre où la trouver. Mais…
-Vous n'êtes pas certaine qu'elle a encore envie d'avoir quoi que ce soit à faire avec moi, ajouta Tony.
-Vous y êtes, confirma Maria.
-Tu l'as aidée à s'échapper, non ? intervins-je. Elle et les autres, tu as empêché le gouve ement de mettre la main dessus après leur évasion !
-Mais c'est aussi à cause de moi qu'ils se sont retrouvés enfermés, et qu'ils sont des fugitifs désormais. Donc je peux comprendre cette réaction, me répondit Tony.
-Mais quand même… Maria, il s'agit de son frère ! Je suis persuadée que si nous lui disons que son frère est en vie elle acceptera de collaborer avec nous, même de collaborer avec Tony pour nous aider à le retrouver… et à retrouver Leyna ».

C'était le scénario le plus plausible. Non… le scénario que j'aurais tellement aimé voir se produire. Mais rien ne me disait qu'elle aurait réellement cette réaction. Dans tous les cas, si Tony allait la chercher, elle refuserait certainement même de lui ouvrir sa porte, quant à instaurer un dialogue…

« Alors vous avez prévenu qui d'autre ? ».

Je me tournai successivement vers Tony, qui avait l'air tellement sûr de lui, et vers Maria, qui semblait à peine surprise qu'il en soit arrivé à cette conclusion.

« Qu'il vous suffise de savoir qu'elle sera mise au courant par quelqu'un en qui elle a confiance, nous fit remarquer Maria. Est-ce qu'elle tiendra à faire équipe avec vous ou à agir en solo, je ne le sais pas encore… mais elle sera mise au courant.
-Par qui ? répéta Tony. Maria, j'ai conscience que j'ai commis certaines erreurs par le passé, je ne vais pas les renvoyer en prison.
-Ma part du contrat, c'était de ne pas vous donner le moindre nom, soupira Maria en se massant les tempes.
-D'accord, je comprends », marmonna Tony.

Le silence s'abattit de nouveau sur la pièce, et Maria, après nous avoir vaguement dit qu'elle avait encore beaucoup à faire et qu'elle nous tiendrait au courant quoi qu'il advienne, se leva, et je l'escortai jusqu'à l'ascenseur non sans la remercier de nous avoir fait passer la nouvelle.

Alors que les portes métalliques s'ouvraient pour la laisser passer, la voix de Tony s'éleva de nouveau derrière nous :

« Vous ferez quand même passer nos remerciements à Steve pour son rôle de messager ? ».

Je me tournai vers lui, ainsi que Maria, qui avait l'air bien moins surpris, et plus exaspéré que moi.

« Ce n'est pas pour vous qu'il l'a fait, rétorqua-t-elle alors que les portes de l'ascenseur se refermaient sur elle. C'est pour Leyna ».

Et c'est sur ces paroles que l'ex agent du SHIELD disparut de notre vue, alors que Tony marmonnait, mi triomphant mi songeur :

« Je savais qu'il avait un petit faible pour elle ».

Puis il leva son verre de whisky vers un camarade imaginaire, avant de le vider d'un trait.