Salut à tous! Voici un nouveau chapitre pour la semaine, j'espère qu'il vous plaira! Je ne suis pas sûre d'avoir le temps de poster la semaine prochaine, mais j'essaierai quand même :) A plus et bonne lecture! - Summer


CHAPITRE 7 :

Tony :

Nous nous trouvions à Berlin. Détail important, quoique pas si étonnant que ça : quoi de mieux que la capitale Allemande pour être au cœur d'un échange perpétré par HYDRA et mettant en jeu une arme potentiellement ultra destructrice ? Vive l'originalité du scénario ! Bref.

Désavantage : Je ne parlais pas un traitre mot d'Allemand, aussi cela faisait trois fois que je regardais le pauvre serveur d'un air totalement médusé et que j'essayais de répondre le plus poliment du monde que je ne parlais pas allemand, sauf que je ne savais pas comment ça se disait en allemand. Maintenant que j'y pense, j'aurais très bien pu le lui dire en anglais, je suis presque certain qu'il aurait compris, mais j'étais tellement concentré sur le fait que je devais essayer au maximum de ne pas me faire remarquer que j'étais incapable d'avoir, pour l'instant, une suite d'idées à peu près logique.

Avantage : Ici, le déguisement de Wanda paraissait presque dérisoire, étant donné que personne ne semblait savoir qui elle était, malgré la polémique dont elle avait fait les frais un an auparavant. … Ou alors son costume était vraiment très convaincant, ce qui n'était pas le cas du mien. Enfin du mien, de quoi je parle ! Je n'étais même pas déguisé. Nous avions tous convenu que si j'avais essayé de me déguiser, cela n'aurait paru que très suspect, puisque à peu près tout le monde (je ne sais même pas d'où sort le « à peu près ») connaissait Tony Stark, et me teindre en blond ou me raser entièrement la barbe (et qu'on soit clairs : personne ne touche à ma barbe) n'aurait servi proprement à rien si ce n'est à me rendre à la fois ridicule et suspect. Bref, à attirer l'attention sur moi, chose que je ne voulais absolument pas faire. J'étais simplement Tony Stark, en visite à Berlin. Tony Stark, invité surprise d'une fête tout à fait chic dont il ignorait tout, depuis la raison de son organisation jusqu'à celui qui l'avait organisée. Tony Stark… pas du tout en mission pour sauver sa fille. Bref, je vais pas vous faire tout un topo là-dessus, ça me fait bien trop penser aux « Martine », « Martine à la plage », « Martine au cirque », « Martine à la fête ». D'ailleurs depuis que je suis gosse j'ai une sainte horreur de Martine, je la trouve terrifiante. Si c'est bizarre ? Oui ? Je m'en fous.

« Toujours rien à signaler ?
-Maria, je sais que je vous en demande beaucoup, mais ce serait possible que vous vous manifestiez par un raclement de gorge ou annonce du genre, avant de vous mettre à parler dans mon oreille ? lançai-je en regardant quelqu'un qui ne m'avait pas remarqué comme si c'était à lui que je m'adressais. J'étais en train de penser à quelques petites choses plutôt déplaisantes et angoissantes remontées du fin fond de mon enfance et…
-Et évidemment, le fait que je me racle la gorge ne vous aurait pas fait sauter au plafond.
-
… Bon d'accord, un point pour vous, mais je vous aurai, un jour.
-Continuez d'espérer. Rien à signaler ?
-
Croyez-moi, agent Hill, si j'avais vu ou cru voir ma fille parmi la foule vous en auriez déjà entendu parler. D'une manière ou d'une autre, rétorquai-je alors que les gens bavardaient tout autour de moi sans remarquer que je parlais tout seul.
-D'accord… essayez quand même de ne pas ameuter tout le quartier si c'est le cas, me fit tout de même remarquer l'agent Hill d'un ton plutôt inquiet.
-Je vais essayer, je ne peux rien vous promettre », lui fis-je remarquer, avant que la communication ne soit coupée et que je tente de nouveau de me fondre dans la foule en faisant comme si j'étais très heureux d'être là.

Lentement, mais de manière calculée, je m'approchai d'une jeune femme blonde aux cheveux coupés au carré, qui portait des lunettes de vue très design et une robe de soirée qui lui allait comme un charme. Au passage, sans le faire exprès, je donnai un coup d'épaule à une charmante jeune rousse, mais elle ne me laissa pas même le temps de m'excuser et poursuivit sa route comme si je n'avais pas existé. A croire que tout le monde ici n'était pas transportés à l'idée de rencontrer l'éminent Mr Stark.

« Vous vous amusez bien, ici, Mlle Lakovski ? demandai-je à l'adresse de la jeune femme blonde vers laquelle je me dirigeais un peu plus tôt, alors qu'elle se tournait à demi vers moi.
-Vous plaisantez, j'espère ? me répondit Wanda, me regardant par-dessus ses fausses lunettes. J'ai horreur de ce genre de mondanités, où les gens semblent croire qu'il suffit de paraître obséquieux et au-dessus de tout pour avoir de l'importance aux yeux des autres.
-Quel dommage, vous portez le snobisme comme un charme, pourtant, lui répondis-je.
-J'aurais dit la même chose de vous si je n'avais pas su que ce n'était pas un rôle, rétorqua Wanda.
-Touché, coulé, commentai-je. Mais je dois admettre que la prochaine fois Pepper ferait mieux de vous choisir une robe un peu plus ample.
-S'il y a une prochaine fois, remarqua Wanda.
-Oui, si, bien sûr, lui répondis-je.
-Et pourquoi ça ? poursuivit-elle en me lançant un regard curieux.
-Oh, parce que nous avons sans doute tous besoin que Vision reste opérationnel », lui répondis-je avec un sourire en coin.

Gagné ! La petite Wanda rougit comme une tomate.

« Pardonnez-moi, Mlle Lakovski, juste une plaisanterie, m'excusai-je. J'avais besoin de me détendre un peu.
-Eh bien je ne trouve pas ça très amusant, me répondit Wanda en fronçant les sourcils. Trouvez un autre moyen de vous amuser, si vous avez le cœur à ça, et laissez-moi reprendre mon observation.
-De quoi ? répliquai-je. Wanda, tu sais aussi bien que moi que s'ils n'avaient pas eu vent de notre petite visite improvisée, nous les aurions déjà aperçus. Ils sont probablement déjà en train de fuir la ville à bord d'un fourgon blindé et très bien gardé, et nous on reste là comme des singes à espérer qu'ils finiront par rappliquer tout en sachant que ça n'arrivera jamais ».

Wanda ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun mot n'en sortit. J'avais peut-être été un peu rude, avec elle. Je le regrettais sincèrement. Ce n'était pas mon intention. Surtout pas après ce que je lui avais fait injustement subir. J'aimais beaucoup cette gamine, elle avait le cœur bon et faisait toujours tout son possible pour aider les gens. Et elle savait déjà que ce ne serait pas si simple d'aider son frère, que ce serait même très compliqué. Inutile que je le lui balance comme ça en pleine figure, juste parce que j'avais besoin d'évacuer ma frustration sur quelqu'un.

Alors que je m'apprêtais encore une fois à lancer des excuses sans queue ni tête et sans doute très laborieuses, mon oreillette grésilla à nouveau, et la voix de Ned s'éleva dans mon oreille, aussi claire que s'il s'était trouvé juste à côté de moi.

« M'sieur Stark, je détecte une intrusion au niveau de l'entrée B2.
-Intrusion en force ? m'enquis-je.
-Non, m'sieur. Mais je crois que ces types voulaient passer inaperçus, en tout cas. Ils ont l'air pas mal stressés, et y'a deux mecs avec eux qui ont des gros calibres. Et qui sont des gros calibres. Par la même occasion. Ils doivent faire deux fois ma taille en hauteur et en largeur, tout en muscle.
-Très bien, il se pourrait que ce soient nos hommes, mais ne nous emballons pas. Tu peux me dire où débouche le couloir qui relie l'entrée B2 à la salle ?
-Ouais, je vois ça sur les caméras de contrôle, c'est une porte coulissante qui imite la fresque du mur. Elle passe presque inaperçue tant qu'elle est fermée. Elle se trouve au fond de la salle, face à vous M'sieur Stark, monsieur.
-Trop de « monsieur » tue le « monsieur », Ned, lui fis-je remarquer en levant les yeux au ciel.
-J'peux vous appeler patron alors ? M'sieur Stark ?
-
Non plus, tu oublies ça, et merci pour l'info, t'as fait du bon boulot ».

Alors que j'allais mettre fin à notre communication, j'entendis soudain la voix de Ned se mettre à grésiller dans mon oreille alors qu'il se mettait à hurler systématiquement :

« Non attendez ATTENDEZ STOP STOP STOP !
-
Ned, tout va bien ? m'inquiétai-je en me demandant s'il lui était arrivé quelque-chose, bien que cela semble improbable étant donné qu'il se trouvait toujours à New York, crackant les systèmes de sécurité à distance.
-Oui, non, en fait les mecs qui sont entrés par l'entrée B2 sont en train de discuter avec le mec qui a organisé la fête… ils discutent à voix basse et ils se cachent la bouche, je peux pas vous dire de quoi ils parlent mais ça a l'air d'un truc grave confidentiel…
-
Pas difficile à deviner, soupirai-je, avant de me tourner vers Wanda : combien on parie qu'ils parlent de nous ? ».

Wanda ne répondit pas. En réalité, Wanda ne fit même pas attention à moi. Son regard était fixé sur un point légèrement sur ma gauche, et elle avait la bouche entr'ouverte comme si quelqu'un l'avait paralysée sur place.

Lentement, essayant de faire en sorte que personne ne me remarque, je me tournai, et cherchai des yeux ce qui avait eu l'air de tellement choquer Wanda, bien que plus les secondes passaient, plus j'étais persuadé de ce sur quoi j'allais tomber. De celui sur qui j'allais tomber.

Mon regard ne croisa pas celui de Pietro Maximoff. Pas tout de suite, en tout cas, tout comme le jeune homme ne croisa pas le regard de sa sœur, sans quoi il aurait été alerté bien plus tôt. Pas parce qu'il l'aurait reconnue, mais parce qu'il était évident que elle, elle l'avait reconnu.

Je m'apprêtai à lancer un coup de coude à Wanda, à la secouer un peu pour la sortir de sa léthargie, parce qu'il suffirait qu'il pose les yeux sur elle pour deviner que quelque-chose n'allait pas. Mais bon sang, je ne pouvais rien faire. J'étais là, moi aussi, tétanisé comme je ne l'avais jamais été auparavant, les pieds fixés au sol comme si j'avais marché dans du béton frais, les bras ballants, ne pouvant que le regarder avec de grands yeux comme si c'était ma fille que j'avais en face de moi.

Parce que le simple fait qu'il soit là me fit comprendre que quelque-part, dans cette salle, ma Leyna était là elle aussi.

Tout se passa, me sembla-t-il, en un quart de secondes.

Pietro Maximoff porta la main à son oreille, fronça les sourcils, et, comme s'il n'avait pas même eu besoin de la chercher, il se tourna soudainement vers sa sœur, et la dévisagea pendant au moins trois secondes sans ciller, comme s'il avait peur qu'au moindre mouvement elle ne se jette sur lui pour l'attaquer.

Alors que j'allais poser ma main sur celle de Wanda, je compris que c'était exactement ce qu'elle allait faire. Non, pas l'attaquer. Mais se précipiter en avant. Et même si j'aurais aimé pouvoir penser le contraire… il ne comprendrait pas pourquoi.

Je me tournai vers Wanda pour la retenir, mais quelqu'un fut plus rapide que moi. En l'espace de moins d'une seconde, je vis la main griffue se refermer sur la gorge de la jeune femme avant d'avoir eu le temps d'esquisser le moindre mouvement.

Et j'eus l'impression que mon cœur chutait dans mon estomac.

Tout autour de moi, les sons de conversation se muèrent en un brouhaha trouble et de plus en plus lointain, mais pourtant, me semblait-il, de plus en plus fort alors que les gens autour de nous commençaient à remarquer que quelque-chose de bizarre se passait et, comme on leur avait appris à le faire dans ces cas-là, à hurler.

Mais toutes ces personnes me paraissaient floues, des formes vaguement humaines, de simples fantômes, des écrans de fumées alors que je restais focalisé sur la seule qui désormais importait pour moi, car pour la première fois je prenais pleinement conscience que nous n'avions pas eu tort, qu'elle était bel et bien en vie.

Les yeux jaunes de Leyna, ou de la panthère, je ne savais pas trop quoi en dire, étaient rivés sur moi et ses griffes, rivées à la gorge de Wanda.

Le message était clair : je bougeais, elle mourrait. Elle bougeait, elle mourrait. Quelqu'un rappliquait ? Elle mourrait. Et pourtant… pourtant…

« Leyna… bredouillai-je d'une voix implorante, comme si son simple nom était le mot magique qui briserait la malédiction des vilains méchants.
-Vous êtes bien renseigné, à ce que je vois, Mr Stark », rétorqua ma fille en haussant un sourcil cynique.

Je reculai d'un pas. C'était comme si elle m'avait giflé. Ce simple « Mr Stark » venait d'effacer en l'espace d'un instant tout lien qui pouvait exister entre elle et moi, tous les bons moments que nous avions passé ensemble depuis que je l'avais recueillie et adoptée, après la bataille de New York. C'était comme si Leyna Stevens et moi nous rencontrions pour la toute première fois.

Wanda, les griffes toujours à demi enfoncées dans sa gorge, n'avait pas quitté son frère des yeux, alors que celui-ci approchait lentement pour voir ce que sa copine avait pêché de bon. Il n'avait même pas l'air d'avoir reconnu sa propre sœur ne serait-ce que d'un chouïa. Ca me coûtait beaucoup de l'admettre, mais HYDRA avait fait, semblait-il, un excellent boulot.

Soudain, Leyna fronça les sourcils, et entrouvrit la bouche, alors que dans mon dos se déroulait une scène dont je n'avais pas encore conscience. Je ne remarquai que quelque-chose se passait, en réalité, que lorsque les yeux de Wanda se révulsèrent de terreur et que j'entendis un bruit mat derrière-moi, comme quelqu'un qui chutait sur le sol de marbre qui recouvrait la salle.

Ni une, ni deux, je suivis le regard de Leyna et Wanda pour constater avec une surprise immense que la personne qui venait de s'effondrer n'était autre que Pietro, qui portait désormais les mains à sa gorge comme s'il était en train de s'étouffer, et n'arrivait plus à faire rentrer la moindre once d'air dans ses poumons.

En effet, maintenant que je le remarquais, il semblait enveloppé d'un fin brouillard. Pas d'un brouillard ordinaire, non… d'un brouillard qui semblait composé de minuscules particules de poussière, non loin duquel gisait sur le sol, me semblait-il, ce qui ressemblait à une perruque… une perruque rousse…

« Ecarte-toi, Tony », me lança une voix autoritaire que je ne reconnus que trop bien, même si je n'osais pas croire à ce que j'entendais.

Comme je restais là, bras ballants, le regard toujours fixé sur ce brouillard qui entourait le garçon, une silhouette se dessina vaguement dedans.

« Papa, pousse-toi ! », répéta la voix, plus fort, et l'instant d'après je me sentis violemment propulsé sur le sol, et je fus traîné sur au moins trois mètres avant que ma course ne s'arrête.

Lorsque je me redressai, une scène saisissante s'offrit à mes yeux : Leyna, tenant toujours fermement Wanda à la gorge, semblait hésiter à se précipiter pour sauver son petit-ami, alors qu'aux côtés du garçon toujours suffoquant se trouvait désormais une nymphe qui semblait à moitié solide, qui parfois disparaissait dans le va et viens du brouillard, mais sans jamais la quitter des yeux.

« Lâche, ordonna la nymphe en indiquant Wanda d'un signe de menton.
-Non, rétorqua Leyna, ses babines retroussées laissant apparaître des crocs aiguisés.
-Lâche, ou il meurt, reprit la nymphe d'une voix toujours plus menaçante.
-Emy, non ! réussit à gargouiller Wanda avant que Leyna ne resserre sa prise.
-Et elle mourra par la même occasion, siffla Leyna, furieuse.
-Et nous serons deux à avoir perdu un être cher, maintenant réfléchis bien, est-ce que tu peux vraiment te le permettre ? », rétorqua Emy, en plantant ses yeux verts dans ceux, jaunes de sa sœur, comme si elle s'était préparée à cette rencontre depuis deux ans.

Oui, Emy faisait sans doute bien meilleure figure que moi. Elle regardait sa sœur sans ciller, poings serrés, sans prêter la moindre attention aux gargouillis étouffés de Pietro, qui était en train d'agoniser par terre, alors que le regard de Leyna allait continuellement de lui à elle comme si elle cherchait la moindre issue possible.

« Lâche ! répéta Emy, d'une grosse voix, perdant patience.
-NON ! hurla Leyna, prise d'une rage folle. IL N'EN EST PAS QUESTION !
-Tu veux vraiment être responsable de sa mort ?! rétorqua Emy d'une voix sournoise. Réfléchis bien : tu l'auras sur la conscience…
-JE TE TUERAI, TOI ET TOUS CEUX QUE TU AIMES, SI TU NE LE LÂCHES PAS TOUT DE SUITE ! beugla Leyna, qui perdait le contrôle de ses nerfs.
-Vas-y, petit chat, répliqua Emy. J'ai vraiment hâte de voir comment tu vas te débrouiller pour faire ça, alors que t'es même pas fichue de maintenir ton coéquipier en vie.
-LÂCHE LE !
-Toi d'abord ».

Alors, à ma grande surprise, Leyna poussa un cri de rage, avant d'envoyer Wanda rouler sur le sol.

L'instant d'après, Emy claquait des doigts, et le brouillard qui entourait Pietro Maximoff disparut alors que le corps du garçon retombait mollement sur le sol, presque inanimé. Quant à Emy, elle reprit une apparence humaine, et se contenta de se tenir bien droite face à sa sœur, qui la regardait en écumant de rage.

Emy avait bien changé, depuis la dernière fois que je l'avais vue. Elle n'était plus la petite fille que je croyais encore discerner en elle il y avait deux ans. Elle avait coupé ses longs cheveux châtains, et les portais désormais si courts que ses bouclettes encadraient ses oreilles. Le plus étonnant, en revanche, était sa tenue. Remontées sur son crâne, et lui entourant la tête par un cordon élastique, se trouvaient de grosses lunettes ressemblant vaguement à des lunettes de chimiste, mais toutes rondes. Hormis cela, elle portait une combinaison en cuir noir et vert sans manches, et qui laissait descendre une queue de pie dans son dos. A chacun de ses poignets se trouvait un gros bracelet de métal qui semblait extrêmement lourd, bien qu'elle ne semble pas s'en formaliser.

Pour sa sœur, en revanche, elle aurait tout aussi bien pu avoir gardé la même apparence qu'au moment de sa mort, cela n'aurait rien changé : elle ne l'aurait pas reconnue, et elle l'aurait tout de même détestée parce qu'elle avait osé porter la main sur Pietro. Au sens figuré.

« Ah, au fait, fit soudain remarquer Emy à Pietro, qui essayait tant bien que mal (plutôt mal) de se redresser en position assise. Elle a des sentiments pour toi, c'est évident ».

Leyna ricana pour se redonner une contenance, et siffla à l'adresse de sa sœur (son ennemie) :

« Les sentiments c'est pour les faibles, comme toi.
-Ah oui, bien sûr, rétorqua Emy. En attendant c'est toi qui viens de repousser tes instincts primaires pour lui sauver la peau. Je dis ça, je dis rien. Mais bon sang, ressaisis toi, Leyna ».

Leyna gronda d'un air menaçant. Et je compris assez rapidement que ce n'était pas uniquement parce qu'elle n'aimait pas du tout les propos d'Emy : en réalité, elle avait un peu peur d'elle. Tout simplement parce que Emy ne semblait pas le moins du monde effrayée par les griffes, les crocs, les yeux jaunes et toute la panoplie. Tout simplement parce que Emy semblait la connaître un peu trop bien. Assez bien, en tout cas, pour lui faire lâcher une proie qu'elle avait prévu de dépecer. Elle se sentait comme un tigre en cage, et Emy était celle qui se trouvait à l'autre bout du fouet.

Emy…

« Bon sang Emy mais je peux savoir ce que tu fiches ici ?! m'écriai-je soudain, incapable de me retenir plus longtemps, et me demandant vaguement comment j'avais fait pour m'abstenir de réagir jusque-là.
-Est-ce que tu crois qu'on pourrait avoir cette discussion un peu plus tard ? Ça m'arrangerait beaucoup que tu dises oui ! », rétorqua calmement Emy avant de soudain exploser en un nuage de particules et de reprendre l'apparence de la nymphe, après que Leyna eût esquissé un mouvement pour se rapprocher d'elle et de Pietro.

« Chut chut chut, siffla Emy en tendant une main vers Leyna, une autre vers Pietro. Tout doux, petit chat. Tu restes où tu es, et je te promets qu'il y aura pas de dégâts.
-Vraiment ? On parie ? », rétorqua Leyna avec un sourire sournois.

L'instant d'après, un escadron armé fit irruption dans la salle, dont, visiblement, les deux gros calibres dont avait parlé Ned, et même si je l'avais vaguement espéré il n'avait pas exagéré.

« Mph, grogna Emy. Et moi qui pensais qu'on s'amusait bien, toutes les deux…
-T'en fais pas, lui répondit Leyna d'un ton beaucoup trop aimable. On me laisse toujours choisir ma proie avant d'ouvrir le feu ».

L'instant d'après, la bataille commença. J'eus tout juste le temps d'enfiler mon costume qu'une balle venait s'y ficher, et ni une ni deux je me tournai vers celui qui venait de tirer.

« Bah, il faut toujours un premier de toute façon », fis-je remarquer, avant de me lancer vers lui comme une furie et de lui sauter dessus.

Il ne me fallut pas longtemps pour désarmer le type et le mettre hors d'état de nuire. Mais tout de même, entretemps, des renforts étaient arrivés, dont Wanda, qui s'était remise de sa strangulation et se battait désormais contre son frère en essayant (je le voyais bien) de le ménager au maximum, mais aussi Peter, qui avait été tout comme nous en embuscade tout au long de la soirée mais, contrairement à Wanda, n'avait pas eu besoin de costume. Désormais, il avait revêtu son costume de Spider Man, et se battait aux côtés d'Emy pour dissuader quiconque essayait de lui tirer dessus alors qu'elle se focalisait sur Leyna. Peter, qui n'avait pas eu la moindre réaction en voyant débarquer Emy comme une fleur… et Wanda, qui avait semblé comprendre qu'il s'agissait d'Emy bien avant que je puisse envisager ne serait-ce qu'un seul instant que ma deuxième fille était aussi de la partie…

Et, alors que nous nous battions tous pour sauver nos vies mais aussi celles des uns et des autres, je commençai à me demander qui d'autre avait bien pu être au courant sans rien me dire.