Hello à tous! Désolée pour cette longue absence, on pourra dire que pour ce tome là je laisse régner le suspense ^^ Non je rigole. En réalité j'ai déjà écrit 15 chapitres, mais j'ai tellement peu de temps pour moi cette année que poster les chapitres ça devient un casse tête. Enfin, j'espère que vous n'aurez pas à attendre aussi longtemps pour le prochain, et que vous apprécierez celui-ci quand même!
Bonne lecture!- Summer
CHAPITRE 9 :
Peter :
Pour l'instant, je faisais profil bas, en espérant que les autres finiraient par oublier que j'existais. Vue l'humeur générale qui régnait dans le Quinjet, ce serait sans doute mieux pour moi.
Emy se tenait dans un coin de l'appareil, poings serrés mais n'osant pas vraiment exprimer sa colère et sa déception à haute voix, parce qu'elle savait qu'elle n'était pas la mieux placée pour faire ça pour l'instant, et elle semblait vouloir laisser le rôle principal à Mr Stark, histoire qu'il ne reporte pas toute sa frustration sur elle, chose qu'il ferait tôt ou tard de toute façon.
Il était furieux. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état. Pourtant, il n'avait personne à qui s'en prendre, pas même lui-même, mais il s'en donnait à cœur joie. Après tout, il avait été si proche de retrouver sa fille… enfin, disons que nous avions été si proches de les capturer, Pietro et elle, de les ramener avec nous, mais tout avait basculé, et aucun de nous n'était responsable.
Malheureusement, comme l'avait fait remarquer Ned, nos ennemis avaient appris la présence de Mr Stark alors même qu'ils arrivaient dans le bâtiment, peut-être même avaient-ils appris un peu plus tôt que quelque-chose clochait sans vraiment savoir quoi. Donc ils avaient eu le temps d'appeler des renforts, sans lesquels nous serions certainement parvenus à nos fins.
Mais, même si finalement la transaction que nous étions chargés d'empêcher n'avait pas eu lieu, Leyna et Pietro, ainsi que nos assaillants, avaient réussi à s'enfuir, et nous avions perdu leur trace. Il était même possible qu'ils aient quitté l'Allemagne à l'heure qu'il était. Ils pouvaient être n'importe où dans le monde, et il nous faudrait sans doute des semaines avant de retrouver leur trace, surtout maintenant que HYDRA savait qu'on était à leurs trousses. Même s'ils avaient dû s'en douter, au fond, que la réapparition soudaine de Leyna et Pietro arriverait tôt ou tard aux oreilles de Mr Stark.
En fait, je commençais à me dire qu'ils jouaient avec nous depuis le début, qu'ils avaient fait exprès de nous faire miroiter la possibilité de récupérer Leyna alors qu'ils savaient qu'on ne pourrait pas mettre la main dessus.
« Si je n'étais pas venu, si seulement je n'étais pas venu… C'est MOI qu'ils ont reconnu, bordel de merde ! Tout ça, c'est…
-Tony, arrêtez, protesta Maria Hill en lançant un regard sévère à Mr Stark. Ce n'est en rien votre faute, nous avions besoin de vous. Parce qu'il nous fallait absolument quelqu'un que Leyna serait susceptible de… ».
Maria Hill se tut soudain, et lança un bref regard à Emy, un regard rempli de sous-entendus, avant de baisser les yeux et de faire profil bas pour ne pas envenimer les choses.
Je serrai les poings et me tournai vers Emy, qui n'en menait pas large. Elle savait très bien, elle aussi. Si elle n'avait pas agi dans le dos de presque tout le monde depuis le début, tout aurait pu se passer différemment. Leyna était plus susceptible encore de la reconnaître elle que Mr Stark. Il aurait suffi qu'elle se rende à Berlin sous couverture, et fasse son apparition au moment venu, comme Wanda l'avait fait. Et ainsi Mr Stark n'aurait pas forcément eu besoin de se montrer, et notre présence à la fête n'aurait pas compromis nos plans, HYDRA ne se serait douté de rien.
Je sentis mon cœur se serrer en comprenant par la même occasion qu'Emy n'était pas la seule à blâmer, dans ce cas là… parce que Ned et moi nous l'avions aidée à faire ce qu'elle avait entrepris. Nous l'avions dissimulée, nous lui avions raconté tout ce qu'on savait, fait part de tous les plans… parce que nous étions persuadés qu'elle serait utile à Leyna. Et nous n'avions pas été fichus de comprendre qu'elle pourrait remplacer Mr Stark, qui était beaucoup trop reconnaissable, sur le terrain.
Mr Stark sembla se faire la même réflexion que moi, au même instant. Mais bizarrement, alors qu'il aurait dû, selon moi, se tourner vers moi et se mettre à me hurler dessus, c'est sur sa fille qu'il déversa toute sa rancune.
Je me dis qu'après tout il devait se douter qu'elle était derrière tout ça, que je n'avais été qu'un pion bien naïf, mais que je n'avais pas imaginé toutes les conséquences que ma petite cachotterie pourrait avoir sur les résultats de notre mission… et je compris assez tôt que la véritable raison était beaucoup plus simple, et je ne pus m'empêcher d'avoir le cœur fendu à cette idée : S'il s'était tourné vers Emy, s'il la blâmait elle, et pas moi… c'était parce qu'elle avait disparu pendant deux ans sans laisser la moindre trace, alors que pendant ces deux années j'étais resté à ses côtés et j'avais essayé de m'assurer qu'il ne souffrait pas trop, qu'il se remettait de la mort de Leyna. En fait… j'avais agi comme Emy aurait dû agir. Et c'était la raison pour laquelle il ne pouvait pas se résoudre à m'en vouloir.
« Pourquoi tu as fait ça, murmura finalement Mr Stark, d'une voix à peine audible.
-Je… je voulais aider, protesta Emy, pâle comme la mort. Je pouvais pas rester là sans rien faire, et je ne voulais pas vous rajouter le poids des retrouvailles alors que le plus important c'était…
-Tu sais très bien que ce n'est PAS ce dont je parle, Emy ! la coupa rudement Mr Stark. Pourquoi… comment tu as pu nous faire une chose pareille ? ».
Emy ouvrit la bouche encore une fois pour se défendre… et sembla se rendre compte qu'elle n'avait absolument aucune excuse. Elle referma la bouche, frissonna un instant, et je remarquai à cet instant que elle, la fille qui faisait face à tout sans ciller, la plus dure des deux sœurs, avait les yeux luisants de larmes qu'elle ne voulait pas se résigner à verser.
Pour la première fois alors depuis deux ans, elle me fit de la peine. Je l'avais détestée, mon Emy. Je l'avais maudite dans à peu près toutes les langues que je connaissais (en américain, et pour l'espagnol il m'avait fallu un dictionnaire quand même), j'avais même hurlé à son adresse en sachant qu'elle ne m'entendrait pas, mais espérant vaguement que si, des injures que je n'aurais jamais osé répéter devant tante May. Je l'avais détestée de me manquer autant, parce que je considérais que pour nous avoir abandonnés comme ça… elle n'était pas l'amie que j'avais pensé qu'elle était. Elle avait dévoilé une nouvelle facette de sa personnalité, et j'avais stupidement pris ça pour de l'égoïsme. Désormais… alors que sous mes yeux je ne voyais plus qu'une fillette recroquevillée et rongée par les remords, qui n'avait pas même de mots pour dire à quel point elle était désolée… je comprenais que c'était bien plus profond que ça. Ce n'était pas par peur de leur réaction qu'elle n'avait pas rejoint les siens plus tôt. Ce n'était pas par peur de ce qu'ils pourraient lui reprocher qu'elle était partie.
C'était par peur de les faire souffrir plus encore qu'ils ne souffraient déjà, plus que nécessaire.
Ce n'était pas pour elle qu'elle était partie, mais pour eux. Certes, ç'avait été maladroit de sa part, parce qu'elle aurait dû se douter que son départ nous ferait atrocement souffrir. Elle s'en était douté, évidemment. Mais une fois l'émotion du deuil un peu calmée, peut-être un mois, deux mois après sa disparition. Et elle s'était dit que revenir dans nos vies n'était peut-être pas la meilleure option, finalement, car si nous avions fait le deuil de Leyna, peut-être avions nous également fait son deuil à elle.
C'était une belle erreur. Mais, maintenant que je comprenais… une erreur que je pensais pouvoir pardonner, avec le temps.
Je ne savais pas si Mr Stark pouvait en dire autant.
Désormais, il évitait même de regarder Wanda dans les yeux, comme s'il savait…
« Oh non, quand même pas, bredouillai-je en me tournant vers cette dernière, qui semblait vouloir disparaître de la surface de la Terre.
-J'avais juré, Peter, me fit-elle remarquer. J'ai essayé de la raisonner, plusieurs fois, mais elle ne voulait rien entendre, et ce n'était pas à moi de vous en parler.
-Et tu ne t'es jamais dit, intervint Mr Stark, que tu n'étais pas la personne la mieux qualifiée pour la raisonner, n'est-ce pas ? Evidemment, il n'aurait pas été plus simple de tout nous dire pour qu'on aille lui parler nous-même ?
-J'avais juré ! répéta désespérément Wanda, qui avait déjà assez à penser avec le fait que son frère, lui aussi, lui avait échappé de peu.
-Mais qu'est-ce que j'en ai à faire ! lui répondit Mr Stark, sur le même ton.
-Ça suffit ! intervint Emy, qui semblait avoir retrouvé son courage. Ca ne sert à rien de la blâmer. Papa, tu sais très bien que la seule responsable c'est…
-Ne m'appelle pas comme ça », rétorqua durement Mr Stark.
Je vis Emy se recroqueviller sur elle-même, comme si elle s'était reçu un violent coup en plein creux de l'estomac. Toutes les couleurs que son visage avait retrouvées le quitter de nouveau en moins d'une seconde. Et ses pupilles rétrécir au point de presque disparaître dans le vert de ses yeux.
Plus personne n'ouvrit la bouche jusqu'à ce que le Quinjet atterrisse au sommet de la tour Stark.
Alors que nous quittions tous l'appareil en file indienne, tête basse, j'hésitai un instant avant de poser ma main sur l'épaule d'Emy, qui se trouvait tout juste devant moi, les autres étant déjà descendus et ne faisant plus attention à nous.
Elle se tourna vers moi, arborant une expression qui me fit mal au cœur. On aurait dit qu'elle s'apprêtait à encaisser de nouveaux coups.
« Il est en colère, lui fis-je remarquer. C'est pas juste toi, c'est… Leyna, et tout ça… mais ça lui passera, Emy.
-Tu te sens prêt à me pardonner ? », me demanda Emy du tac au tac.
Je baissai les yeux, conscient que la réponse devait se lire sur mon visage : évidemment que non. Pas après ce qu'elle avait fait. Il me faudrait du temps. J'y parviendrais sans doute un jour, mais…
« Emy, tu es sa fille, fis-je remarquer à mon amie… ou l'amie qu'elle avait été, du moins.
-Justement, me répondit-elle avec un sourire triste, mais résigné. C'est ce qui rend les choses… un peu plus difficiles, tu ne crois pas ? ».
Si. Je comprenais parfaitement où elle voulait en venir. Et même si j'avais envie de me dire qu'un père pouvait tout pardonner à ses enfants… je comprenais également que pour lui, la déception avait été plus cuisante que pour quiconque d'autre. De nous tous, il devait être celui qui l'avait le plus détestée. Celui qui avait le plus souffert. Et, dans ces conditions particulières… lui pardonnerait-il vraiment un jour ?
Emy se détourna, et descendit maladroitement la plateforme du Quinjet, alors que les autres nous attendaient désormais à la porte vitrée qui menait à la tour.
Pepper :
Ned et moi attendions à la tour, anxieux. La communication avait été coupée (intentionnellement ou pas, telle était la question), apparemment juste avant que les choses tournent vinaigre. C'était l'une des choses que Tony ne semblait pas à même de comprendre : le pire dans ces situations-là, c'est bien de ne pas savoir, pas d'assister à la scène bon gré mal gré.
Mais je m'emportais. Encore. Après tout, ce n'était peut-être pas intentionnel.
Ned était planté devant son écran d'ordinateur, et cela faisait presque cinq minutes qu'il martelait la touche « Entrée » avec de plus en plus d'insistance et de jurons marmonnés.
Je soupirai.
« Ned ? ».
Il sursauta, et leva instinctivement les bras devant son visage, comme s'il avait peur que je le frappe. Le pauvre, il était vraiment sur les nerfs.
« Tu veux que je te serve quelque-chose à boire ? lui demandai-je.
-C'est une question piège ? me demanda-t-il.
-Absolument pas, soupirai-je. Je pense que je vais incessamment sous peu commencer à vider le contenu du bar, donc si tu ne m'aides pas un peu tu risques assez rapidement de devoir appeler le SAMU pour cause de coma éthylique. En ton âme et conscience…
-D'accord, euh, je prendrai bien une bière, si vous le proposez, bredouilla Ned en s'approchant du bar. Mais, Mme Stark…
-Pas encore, l'interrompis-je avec un mince sourire.
-D'accord, euh, Mlle Potts, vous pensez pas que je devrais continuer à essayer de…
-Ned, l'interrompis-je à nouveau, ça va faire deux heures qu'on n'a plus rien. Je crois qu'on doit se résigner à attendre et voir.
-Comment vous pouvez rester aussi zen, Mlle Potts ? me demanda Ned avant de décapsuler la bouteille de bière que je venais de lui tendre.
-Mon fiancé est Iron Man, répondis-je du tac au tac. Si je ne savais pas rester zen, je serais déjà morte depuis des années, terrassée par une crise cardiaque.
-… Ouais, ça se tient », confirma Ned, avant de prendre quelques gorgées de sa bière, puis de la reposer sur le comptoir, l'air songeur.
Je comprenais qu'il s'inquiète. Peter était son meilleur ami, et il se retrouvait planté là, sans aucune nouvelle, alors que son meilleur ami se trouvait sans doute dans une situation critique, voire même…
« Bon sang, j'espère qu'ils vont me ramener ma fille, priai-je, sans me rendre compte que je parlais à haute voix.
-Ah ben ça y'a pas de doute, répondit Ned.
-Tu crois vraiment qu'ils vont y arriver ? Comment tu peux en être aussi persuadé ? lui demandai-je en fronçant le sourcils, alors que Ned semblait déjà regretter ses paroles.
-Je… euh… Mlle Potts, je crois pouvoir vous dire, enfin j'espère, que… vous allez retrouver votre fille aujourd'hui. Normalement ».
Je n'eus pas même le temps de me demander pourquoi il en était si certain : La voix de Friday retentit soudain, nous faisant sursauter tous les deux.
« Mlle Potts, il y a un jet en approche.
-Est-ce que ce sont eux, Friday ? m'enquis-je, pleine d'espoir.
-Oui, mademoiselle. Ils se poseront sur la piste d'atterrissage dans un instant ».
Louant tous les dieux pouvant être responsables de ce miracle, je me levai en quatrième vitesse et montai quatre à quatre les marches qui menaient à la piste d'atterrissage, m'arrêtant derrière la porte vitrée, comme si j'avais peur de ce que j'allais découvrir. Après tout, en deux heures… il avait pu se passer n'importe quoi.
Ce ne fut que lorsqu'ils descendirent du Quinjet, et furent assez proches, que je remarquai l'air déconfit qu'ils affichaient, et qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : ils avaient échoué.
En effet, je les regardai descendre de l'appareil jusqu'au dernier (c'est-à-dire Peter), et je ne vis nulle trace de Leyna.
Je dus me retenir à grand peine de me mettre à pleurer, et Ned, qui semblait l'avoir senti, posa une main réconfortante sur mon épaule.
Les autres se tournèrent pour attendre Peter, qui discutait à la sortie de l'appareil avec une fille qui ne me disait rien. Elle portait un étrange accoutrement et des cheveux courts et frisés, et je me fis la réflexion soudaine qu'elle n'était pas avec eux lorsqu'ils étaient partis.
Peter baissa la tête, et la fille, comme si la conversation était terminée, fit volte-face et se remit à marcher vers la tour.
« …Non », bredouillai-je finalement, alors que Ned, comme s'il avait encore une fois compris, resserrait sa prise sur mon épaule.
Ce visage pâle aux joues rondes, qui ressemblait à celui d'une poupée… ces yeux bruns striés de vert, et qui désormais, alors qu'elle avançait vers la tour, étaient plongés dans les miens.
Ces yeux verts qui semblaient me demander pardon pour toutes les erreurs commises, alors qu'une seule phrase tournait en boucle dans ma tête, me battant aux tempes : c'est elle. C'est elle. C'est elle.
Et c'est à cet instant que je compris ce que Ned m'avait dit un instant plus tôt :
Vous allez retrouver votre fille aujourd'hui.
