Hello à tous,

Me voici avec la seconde partie de cette fiction qui avait commencé suite à un challenge du collectif Noname. Nous nous étions arrêtés avec un John Watson faisant un malaise vis-à-vis de la nouvelle personne qu'il devait fréquenter.

J'espère que cette suite vous plaira.

J'ai indiqué les références black mirror en bas de page. ( texte non relu par une béta, désolée pour les coquilles)

Enjoy


Sherlock voyant "son compagnon" faire un malaise, lui porta les premiers secours. Heureusement c'était plutôt un état de choc qu'un vrai problème de santé. Regardant tendrement John, il lui donna la main afin de l'aider à se relever.

"C'est vraiment toi ?" lui demanda le blond les yeux grands ouverts

"On dirait que le système désire nous donner une seconde chance, tu m'as fait une de ces peurs, tomber devant moi, suis-je si effrayant ?

"Non pas du tout, c'est juste que j'ai passé une année difficile et en te voyant entrer, je pensais que le coach voulait me montrer ton nouveau compagnon.

"Par pitié ne me parle pas trop du système. Après Victor, qui s'avérait être assez difficile à vivre une fois que tu retirais le côté beau gosse et bon au lit, la montre m'a fait enchainer trop de relations. D'ailleurs ne regardons pas la date limite. Je ne supporterais pas de voir la durée de la relation. Je refuse d'être détruit ou de brûler de l'intérieur.

"Tu n'as pas peur de la décharge électrique qui nous parcourras si l'on dépasse le temps imparti ?" demanda John étonné se souvenant d'un Sherlock hyper prudent.

"As-tu remarqué quelqu'un disparaitre par ce genre de crise ? Je me demande parfois si ce n'est pas simplement un fake, afin de guider les gens comme des moutons. Quand tu penses que les anglais voulaient boycotter la vidéo sur YouTube du premier ministre devant s'abaisser à des relations sexuelles zoophiles afin de sauver une jeune femme de la Royauté. Au moment même de la diffusion, il n'y avait personne dans les rues et tout le monde devant les écrans. (1) Donc non je ne veux pas savoir le temps que j'ai avec toi, je souhaite juste en profiter"

"Laissons donc tomber le repas et filons dans notre maison" se mit à rire John tout en prenant Sherlock par la main. La sensation l'électrisa. C'était grisant d'être main dans la main avec ce génie, comme si elles avaient trouvé leur place s'imbriquant telle un diamant sur une bague de haute joaillerie.

Arrivés dans leur logement, la tension entre les deux hommes devenait de plus en plus palpable. Le désir montait et pourtant ils étaient là habillés devant le lit, légèrement timides et mal à l'aise.

"Alors on y va ? Après tout on ignore notre timing ?" demanda doucement John qui allait se livrer dans une expérience inédite.

" Qui sait, c'est peut-être de quinze minutes, maintenant à toi de voir si tu vas tenir le coup jusqu'au bout"

"Je t'emmerde" lui répondit John en se positionnant juste devant Sherlock.

Les deux hommes rigolaient et pour détendre totalement l'atmosphère, ils passèrent le SCAN SEXE qui s'annonça être vert pour tous les deux.

"Et si tu te déshabillais" proposa le brun, envieux de découvrir son partenaire.

"Tu n'as qu'à m'effeuiller, je te rappelle que je suis novice dans ce domaine"

Sherlock retira alors la veste que John portait, tout en faisant glisser la sienne. Elles atterrirent sur la chaise. Visiblement excité, John n'en pouvait plus et sauta sur les lèvres de Sherlock. Leur baiser d'abord doux, devint sauvage. Les lèvres se mouvaient et puis leurs deux langues se glissèrent afin de pouvoir se frôler et danser l'une contre l'autre. Malgré cette fougue, les vêtements continuèrent de valser dans la pièce et les deux hommes se retrouvèrent nus sous une lumière tamisée. Le cadet avait allongé John de tout son long afin de pouvoir l'observer et déposer une rivière de baiser passant de la joue, s'attardant dans le cou afin de faire une jolie marque et puis descendit le long du torse pour jouer avec les mamelons. Et puis trouvant la verge de son futur amant érigée comme un I, il la prit en bouche délicatement.

"Ahh ..Sherl...oc..ck"

John se perdait dans l'espace-temps. Non seulement la vie sexuelle avec Mary avait été désastreuse et ici il prenait son pied avec un homme. Jamais personne ne lui avait fait une telle fellation. Les mouvements de vas et vient étaient complétés par des tours circulaire de la langue sur le gland. Parfois les lèvres effleurèrent juste la queue de John, parfois elle se retrouvait engloutie jusqu'à la garde touchant presque la luette du brun.

"St. Stop" haleta John "je voudrais… te…. enfin…."

"Chuuutttt amour tout va bien, je te le promets" et le brun continua jusqu'à ce que la chambre soit emplie de cris de jouissance autant que sa bouche comblée par la semence de son partenaire.

Le nageur avala et vint embrasser lentement et tendrement le futur écrivain.

"C'est ta toute première fois avec un homme, alors je veux que tu te sentes le mieux. C'est toi qui seras en moi. Cela ne m'empêchera pas de te guider et de t'aiguiller mais je désire que cette nuit soit magique"

John en sueur, se mit à rougir face à la proposition de son adonis. Et si par malheur, il n'était pas à la hauteur. Les brimades de Mary vinrent semer le doute dans son esprit. Voyant cela, Sherlock l'embrassa afin de raviver le désir et surtout calmer son partenaire.

"J'ai confiance en toi John Watson, je te voulais déjà la première fois. J'espère juste que tu ne regrettes rien"

"Mon seul regret est d'avoir affiché une pancarte je ne suis pas gay qui a failli tout gâcher, heureusement que tu sais lire entre les lignes"

"C'est un de mes dons, je ne pouvais pas faire sans t'avoir dans mes bras pour te prouver que tu me plaisais"

Sur ces paroles, John reproduisit les mêmes caresses sur Sherlock. Tout d'abord les baisers mais pas avant de s'être assuré d'avoir le flacon de lubrifiant sous la main afin de pouvoir détendre son partenaire. Il allait faire l'amour à Sherlock et rien que cette phrase le faisait frissonner de plaisir. Ce n'était pas un coup d'un soir mais une vraie union. Tout d'abord il allongea Sherlock sur le lit tout en plaçant un coussin sous les hanches de ce dernier. De cette manière, il put entreprendre une série de caresse tout autour de l'aine et puis pencher sa bouche sur l'intimité du brun. Sherlock en miaulait. Des petits cris étouffés parvenaient aux oreilles de John. Regardant pendant deux secondes le corps de son amant, l'écrivain n'en revenait pas de voir une créature aussi belle sous ses doigts. Il faisait encore plus jeune que ses 23 ans. Alors que le blond reprit le vit de son amant en bouche, il en profita pour introduire un doigt recouvert de lubrifiant. Sherlock n'avait pas activé le programme qui réduisait la douleur. Il voulait sentir toutes les sensations, peu importe lesquelles car il était en parfaite confiance. Sentant les doigts de John aller et venir en lui afin de le préparer au mieux, il ne put que sourire. Même si l'intrusion n'est guère agréable, le blond avait trouvé la prostate. La détente put donc se faire tranquillement tout en ayant comme des arcs électriques de plaisir qui parcouraient son corps tant la sensation était grandiose. Le Système lui-même avait du mal de suivre et d'enregistrer tout ce que Sherlock donnait comme information, tellement le signal n'avait jamais été aussi fort auparavant.

Alors que l'envie d'avoir John en lui le submergeait, il fit basculer le blond sur le dos, et s'empala en deux coups comme un cavalier montant un bel étalon.

"Putain de bordel de merde Sherlock" jura John alors qu'il était en lui et ce jusqu'à la garde. De sa nature athlétique, le plongeur augmenta la cadence des coups de reins en se soulevant et s'abaissant à un rythme incroyable. Son partenaire n'était pas en reste, il avait agrippé la taille du brun et d'une main il le masturbait pendant que de l'autre, agrippée sur la taille, lui permettait aussi de mettre de la puissance dans les vas et viens.

La pièce était légèrement éclairée et les sons qui sortaient réalisaient une magnifique musique, qui leur appartenait bien sûr. Ce fut John qui vint le premier et qui relevant son torse, mordit Sherlock sur le haut du bras afin de ne pas hurler à la mort. Le brun suivit quelques instants plus tard et ils finirent par s'écrouler dans les draps.

"Extraordinaire" murmura le blond heureux de cette expérience

"Je suis heureux d'avoir été ton premier, John je crois que je t'…"

Il fut coupé par un baiser. Non pas que John refusait d'entendre ces paroles mais il avait trop peur de l'échéance et l'amour lui faisait peur.

Sherlock bienheureux, prit la main de John et la porta sur son cœur. Aucun doute possible, il savait que c'était cet homme qui le calmait et l'apaisait. Même s'il avait déduit que John l'avait coupé exprès, il ne lui en voulait pas. Chacun son rythme et tout serait parfait.

OoOoO

Profitant d'une balade dans les grands jardins, Sherlock proposa de s'arrêter dans un des endroits les plus beaux de la cité afin d'y faire un pique-nique. Un vrai repas de roi attendait les tourtereaux. Le nageur avait profité d'un moment d'écriture où John semblait comblé afin de lui préparer cette petite surprise. Il fallait que cette relation fonctionne, le brun était certain d'avoir trouvé son âme sœur.

"J'ai l'impression que tout est trop vrai que pour être réel" annonça John alors qu'il goutait le taboulé. " Nous sommes ici, réunis. Ce cadre est trop parfait et je ne sais toujours pas ce qu'il y a derrière le mur"

"Tu penses que nous sommes dans un programme ? Une sorte de matrice artificielle dans laquelle nos esprits évoluent ?" lui demanda Sherlock curieux.

"Je ne sais pas vraiment, mais comment se fait-il que nous ayons juste à profiter des installations ? Qui fait nos courses pour que le frigo soit toujours rempli ? Qui nettoie ? Pourquoi les maisons nous sont prêtées le temps de notre relation ? J'ai tellement de questions et si peu de réponses. Je me sens égaré"

"Rassure-moi que tu ne regrettes pas pour hier ?"

John le regarda d'un air très doux.

" Je ne regrette rien, je suis même très heureux. Quand je pense combien j'ai pu souffrir avant du manque cruel de sentiments. Ici je me sens complet. Comme si tu avais replacé dans mon corps et mon esprit, les briques qui me manquaient. Comment puis-je t'en remercier ?"

Sherlock ne dit rien, mais il prit le visage de son amant en coupe et l'embrassa comme jamais. Il n'avait pas de merci à faire.

Une fois le baiser lâché dans un beau sourire, Sherlock revint sur le sujet du Système. Mais ils finirent vite par changer de sujet et de bénéficier de cette belle journée.

OoOoO

Sherlock et John vivaient leur passion sur un nuage. Les deux partageaient leurs passions et John n'hésitait pas à encourager son amant afin qu'il fasse des figures spectaculaires du haut de son plongeoir tandis que Sherlock lisait les nouvelles que son compagnon écrivait. Tout semblait rose mais la grisaille avait une petite place dans leur couple. En effet, dans le cœur de John, savoir que leur relation aurait une fin, était devenu un tourment. Il ne savait pas avant de connaitre la vraie nature de ces sentiments que la perte de cet être aimé allait lui couter cher. Pourtant il ne pouvait pas obliger son partenaire de regarder le temps restant. Les secondes qui passaient étaient pires que les précédentes. Acculé dans sa peur, un soir que Sherlock dormait profondément, le blond décida de déverrouiller la fonctionnalité. Il devait se rassurer. Lentement, dans le jardin pour ne pas faire du bruit, il chipota à sa montre qui lui demanda à trois reprises s'il était d'accord pour connaitre la durée en déverrouillant seul. Mais bien évidemment qu'il le voulait, pas la peine de demander autant de fois se disait l'ainé. Un calcul rapide et un magnifique 5 ans s'afficha sur la montre. John était rassuré, comblé même car le Système lui accordait une très longue période avec Sherlock. Or ce genre de durées aussi longues se distribuaient lorsque le Coach voulait tester la probabilité d'un appariement final.

Pourtant John se mit vite à déchanter.

Ce qui advint après fut un véritable cauchemar. La montre se mit en mode recalibrage et le temps que voyait John sur le cadran diminuait petit à petit, d'années en années, de mois en mois et puis d'heures en heures jusqu'à ce que cela s'arrête sur 20h.

« Rien n'arrive par le hasard » », répéta le coach, l'heure de fin doit se faire en collaboration avec son partenaire, n'étant pas le cas ici, une pénalité est infligée. Il vous reste 20h à passer avec Sherlock Holmes et à lui dire au revoir avant de reprendre le cours de vos futures relations. »

Le cœur de John se mit à palpiter et il se sentait en détresse. Comment avait-il pu être aussi con. Que des gens cruels soient punis pour leurs actes comme ce gars qui n'avait pas hésité à créer un musée des horreurs de la technologie sur la bioéthique humaine, d'accord (2). Mais lui c'était juste par amour. Il n'avait pas téléchargé un corps virtuel d'un prisonnier mort sur la chaise électrique, afin que des gens puissent reproduire la mise à mort du prisonnier sur la version virtuelle qui souffrait atrocement à chaque essai jusqu'à en devenir un légume suite à un court-circuit.

John avait juste voulu savoir car il aimait Sherlock, il désirait vivre le reste de sa vie avec lui. Comment annoncer une telle chose à la personne que l'on aime le plus ? Qu'est-ce que Sherlock allait penser de lui. Un traitre qui a gâché leurs vies par pur égoïsme.

OoOoO

John s'était levé d'humeur morose, ce qui n'avait pas échappé à Sherlock. Pourquoi diable son amant se sentait 'il si mal ? Avait-il fait une bêtise en insistant beaucoup sur ses sentiments envers le blond. Ça semblait beaucoup plus profond et beaucoup plus intense. Pourtant il fit comme de rien n'étais, après tout, tout le monde a bien le droit d'avoir un coup de blues. Ils étaient partis se promener mais John ne disait mots et dès qu'il pouvait, il zieutait sa montre pour voir le temps qu'il leur restait. Alors que le cadet eu envie d'aller au cinéma, John lui prit la main pour le stopper.

" Que se passe t'il John ? Tu as l'air si bizarre, crache le morceau"

"J'ai été regarder"

"Regarder quoi ?" demanda le brun qui commençait à s'impatienter et c'est là que sa déduction put se mettre en place

" Tu as été regarder le temps John ? Tu as rompu le pacte que nous avions fait ? Mais pourquoi, je t'avais demandé de ne pas le faire"

" Ne te tracasse pas, tout sera bientôt fini, il ne reste qu'une heure et demi"

"PARDON ! c'est quoi cette histoire ? Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?" hurla le plongeur complètement abasourdi par la situation.

"Je ne savais pas comment, nous avions cinq années à partager ensemble. Mais la machine a tout recalibré suite à cette instruction solitaire. Je ne savais pas l'en empêcher. Pourtant j'ai tout essayé"

"John ! je n'aurais pas pensé que tu allais faire une chose pareille ! Je ne te comprends pas ?"

"Car je t'aime triple buse, je ne veux pas être séparé de toi, d'ailleurs on s'en fiche du temps. Viens avec moi on va fuir cet endroit. Tu as ouvert un monde aux milles merveilles dans laquelle nous sommes heureux. Cela ne nous sert plus à rien de rester ici à attendre. Nous nous aimons non ?"

"Tu comptes franchir le mur comme ça. Tu ne crois pas que tous ces gardes seront contre nous. Et en plus comment puis-je te faire à nouveau confiance ! Je me sens trahi, je ne peux pas John, désolé tu as tout ruiné !"

Un garde s'avança vers eux avec un teaser en marche. John le rassura pour lui dire que tout allait bien, mais sur ce temps, Sherlock avait fui en demandant à l'écrivain de ne pas le suivre et de le laisser en paix. Le blond repris la route de leur maison et y pleura pendant tout le temps qu'il lui restait et garda en souvenir une chemise de Sherlock afin la garder comme une sorte de doudou, tellement elle sentait son amour perdu.

Il alluma sa montre et demanda le pourquoi de cette action. Il ne comprenait pas l'intention de la réduction du temps

" Rien n'arrive par hasard John" répondit son coach

"Plus précisément" demanda t'il en effaçant les traces des larmes qui coulaient à flot sur son visage

"Grâce à cette relation raccourcie par une rupture, nous pouvons analyser énormément de choses sur vous. Surtout que cette histoire était très précieuse à vos yeux. Grâce à ces nouveaux paramètres, nous pourrons aussi affiner notre recherche de votre partenaire ultime."

Les sanglots dans la gorge, le blond répondit

"Je veux quitter cet endroit et escalader le grand mur afin de m'évanouir dans la nature, putain !"

" Je suis navrée John mais c'est enfreindre les lois et le règlement du Système"

"Mais je l'emmerde ce putain de connard de Système, j'ai perdu la personne que j'aime le plus sur cette terre et je n'ai pas le droit d'être malheureux ou en colère ! c'est vraiment n'importe quoi"

"Le non-respect du système entrainerait un bannissement de notre programme"

"Je le sais, mais je veux juste pouvoir être triste un court instant, c'est trop demander"

"Tu dois quitter ton habitation actuelle dès que le temps sera écoulé" annonça la montre sur un ton monocorde

"Comme si je ne le savais pas" et abattu John se leva, pris ses affaires dans lesquelles se trouvaient la chemise de Sherlock et quitta la maison sans se retourner. Pourquoi diable avait-il écouté sa sœur. Il lui en voulait tellement et puis se rappelant de sa propre bêtise, il comprit qu'il ne devait s'en prendre qu'à lui-même.

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Sherlock était à nouveau pris dans une spirale de rencontre de 36 à 48h maximum. Il faisait bien évidemment ce que le Système demandait : s'accoupler pour la récupération des datas. Bien évidemment ses partenaires hommes ou femmes selon les envies du Coach, ne savaient pas que l'âme du brun était éteinte. Il avait repris ses mauvaises habitudes d'avant John. Du sexe pour l'adrénaline et les endorphines, le plongeon pour le frisson et pour oublier. Il ne parlait que très peu à ses personnes qui traversaient un petit bout de sa vie mais il restait courtois et poli. Après chaque rapport, il prenait toujours la main de la personne installée à ses côtés mais personne ne pouvait combler son cœur. Seul l'image de John lui apparaissait dans ces moments-là. Sa peine était atroce mais rien ne paraissait sur son visage. Il suivait les règles comme un mouton, alors qu'il avait toujours eu des ambitions de loup. Il devenait une ombre parmi les autres ombres. Un cobaye humain d'une technologie atroce et menaçante.

John lui passait son temps à écrire, à relater chaque impression qu'il ressentait dans ce No Man's lands qui lui faisait de plus en plus mal à chaque jour qui passait. Son chemin ne croisait plus celui de Sherlock. D'ailleurs le blond évitait à tout prix la piscine, même si parfois il avait envie de nager, de peur de tomber sur l'homme de sa vie sans pouvoir le toucher. Tout était bon pour oublier. Et même si lui aussi enchainait les relations, il était heureux d'avoir de l'alcool à profusion dans toutes les maisons qui lui étaient allouées. Cela lui permettait de s'évader un peu même s'il détestait les gens alcooliques, il commençait à les comprendre. Il avait même envie de renouer avec sa sœur.

L'écrivain avait trouvé un complexe où il pouvait pratiquer la boxe. Il y passait des heures à enchainer des coups soit avec d'autres sportifs, soit sur des punchings Ball. Le tout était de pouvoir sortir toute la haine qu'il éprouvait, et ce moyen lui semblait mieux que le whisky, même si chaque soir, il ne pouvait s'empêcher d'en boire. Il se cherchait une bonne conscience.

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Un soir, alors qu'il avait rencontré un nouveau partenaire nommé James Sholto, John senti qu'il pourrait discuter avec lui. Il avait l'air assez gentil et surtout c'était le seul homme que l'on avait proposé à John comme partenaire depuis sa rupture avec Sherlock. Toutes les autres étaient des femmes qui ne servaient que de réceptacles pour soulager la tension de son corps. James et lui avaient un point commun, un partenaire perdu auxquels ils tenaient excessivement forts. Et cette rencontre était plutôt la naissance d'une belle amitié car les deux hommes purent enfin parler à quelqu'un qui comprenait leur souffrance commune.

" Je n'ai jamais vu plus belle créature que cet homme. Je l'aimais tellement, c'est pour cette raison que j'ai voulu activer l'heure" expliquait John tout en tendant un verre à James

"Combien de temps à tu vu défiler devant tes yeux ?" lui demanda doucement Sholto

" 5 années que j'ai vu se désintégrer pour un total de 20 h à la place. Mon cœur saignait comme jamais"

"Je peux parfaitement le comprendre, avec ma partenaire c'est 4 années que nous avons perdu de la même façon. Le Système cherche à nous rendre dingue. »

Et la soirée s'acheva sur de longues discussions qui firent que l'esprit de John se mit à germer sur le Pourquoi et le But précis de ce qu'il vivait. Sa conviction de vivre dans un monde programmé devenait son obsession.

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Sherlock lui passait tout son temps à observer les lieux quand il n'était pas dans la piscine ou entrain de baiser. Autant il avait laissé John le dominer, autant les autres, c'est lui qui était le dominant. Des questions existentielles venaient se poser à chaque fois que ses neurones surchauffaient par le nombre exponentiel de plongeons qu'il réalisait par jour. La première chose qui le faisait tiquer, c'est qu'il n'avait aucun souvenir de ce qu'était sa vie avant de rentrer dans le programme. Certes il se souvenait de sa famille mais impossible de se raccorder à des faits existants. Un peu comme si son cerveau était une carte mémoire sur laquelle on avait placé des éléments clés mais sans mettre le lien direct pour une connexion complète.

Le second fait résidait dans la notion de déjà-vu. Dans chacune de ses relations, il devait prendre la main de chacun de ses partenaires pour la poser sur son torse, Le seul qui lui apportait la plénitude était John. Or cette euphorie, ne pouvait pas naitre d'un simple regard au premier rendez-vous. Il avait déjà été placé dans le même contexte, le Système le testait. Quand John était à ses côtés, Sherlock retrouvait le bonheur. Oui tout ce foutoir n'était qu'un test. Une putain d'épreuve qui voulait montrer qu'ils étaient prédestinés. Un grand jeu de rôle auquel ils participeraient sans le savoir après un lavage de cerveau complet dans lequel on leur effaçait leurs souvenirs communs afin de tout recommencer depuis le départ. Après tout le White Bear Justice Park était bien basé sur ce procédé (3). Ce parc d'attraction voyait une femme se réveiller chaque matin et le but de cette femme était de retrouver ces souvenirs tout en échappant à une horde de chasseurs qui la pourchassaient afin de la tuer. Des badauds avec leurs téléphones portables pouvaient la photographier mais ne pas lui parler ni la toucher. Et chaque soir, cette femme était mise devant son passé : avoir tué une gamine d'une dizaine d'années. Les visiteurs pouvaient alors salir l'honneur de cette femme qui de toute façon oubliait tout, suite à sa torture mentale d'effacement des souvenirs. Chaque jour, elle était mise en pâture aux voyeurs. Une punition glauque soi-disant efficace dans la répression actuelle des grands criminels.

Un bip étrange, très festif retentit alors. La montre Coach Love avait trouvé le partenaire idéal pour Sherlock. Évidemment le brun se posait pas mal de questions.

"Félicitation Sherlock, le Système vous a trouvé le partenaire idéal, ton appariement avec cette personne aura lieu demain. Nous te fixerons un rendez-vous afin que tu puisses te préparer correctement pour la cérémonie qui aura lieu à 15h00 précises" précisa le Coach

"Je vais donc rencontrer demain mon âme sœur ?"

"Parfaitement correct"

"Est ce que je le connais" balança Sherlock d'une rapidité hors du commun

" Négatif, c'est une personne que vous n'avez pas encore rencontrée mais le système à bien calculé les variables, il sera parfait. Demain tu seras marié à cette personne et vous pourrez quitter ce lieu tranquille ensemble afin de vivre votre amour paisiblement dans l'allégresse et dans la joie."

"Je peux en savoir plus sur lui ou dois-je attendre"

"Je ne peux rien révéler sur cette personne, par contre vous avez le droit de dire au revoir a quelqu'un que vous avez connu."

« Une personne que j'ai rencontrée ici ? Cela peut être n'importe qui ?"

"Exact, nous nous sommes rendus compte que pouvoir faire ses Adieux à une personne que l'on a beaucoup apprécié, permet de faire son deuil avant la relation avec l'être parfait. Tout cela a été étudié selon des statistiques bien précises. Nous ne le faisions pas au départ, mais certains de nos membres se voyaient rempli d'un regret. Faites donc votre choix"

"John Watson, je choisi John Watson"

"Très bien, le choix a été acté, vous pourrez le retrouver ce soir à 19h30 au restaurant où vous vous êtes rencontrés. Vous aurez deux heures avant que vos repreniez chacun votre route pour vos unions de demain. Félicitations Sherlock"

John aussi devait se marier le même jour que lui et surtout avec quelqu'un d'autre ! Sherlock eu un poids sur l'estomac mais repensa à ses calculs, et s'il ne se trompait pas, il lui restait une chance, une unique chance d'appartenir au blond plutôt qu'à un inconnu aux sales pattes. Il préférait la mort que d'épouser quelqu'un d'autre qui n'était pas son écrivain.

"Au fait coach ? vous savez plonger" demanda Sherlock un air amusé. Et retirant cette dernière, il la fit tomber du haut de son plongeoir. Le brun avait pris sa décision et peut import cet objet et les lois du Système, il mènerait sa quête jusque-là réussite.

OoOoO

Quelques heures plus tard, c'est un homme bien décidé dans sa tenue made for John (un pantalon noir bien coupé, une chemise violette laissant apparaitre le début du cou et une veste noire) qui fonçait à sa table habituelle rejoindre son amour aux cheveux couleur campagne. Décidé et souriant, il se jeta dans les bras de John afin de lui offrir un de ces baisers que personne ne pouvait oublier. Celui contenait amour, pardon, tristesse et bonheur de se retrouver. D'ailleurs son amant n'était pas en reste vu la réponse que le brun reçu. Les autres individus attablés ne pouvaient pas regarder ailleurs que cette débauche et effusion de sentiments. Mais les deux hommes n'en avaient cure. Ils étaient enfin ensemble.

John du calmer le jeu afin de voir combien de temps ils leur restaient : 1h40 minutes, ce qui était si peu.

"Sherlock, le Coach a décidé que mon union se ferait demain" expliqua le blond

Je sais, je suis au courant car moi aussi. Au même moment que toi mais dans un endroit différent. Ils désirent que cette entrevue soit la dernière entre nous. Pour faire le deuil. Nous devons éviter les regrets"

" Je refuse la personne que le Système me propose, je sais que c'est toi que j'aime Sherlock, du plus profond de son âme"

" C'est pareil pour moi. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, c'est toi qui es ancré en moi"

La montre de John se permit de leur rappeler que de refuser aux règles su programme, les banniraient sur le champ.

" La ferme" répondirent en chœur les deux amants.

Sherlock expliqua alors à John toute sa théorie, sur le non souvenir de leur vie avant le programme, de la possibilité que toute cette histoire ne soit qu'un test, une affreuse épreuve qu'ils se devaient de réussir afin de vivre ensemble.

" Comment te sentais tu la première soirée que nous avions passé ensemble" demanda alors le brun

" Comme si cette histoire était logique. Malgré mon appréhension, une fois ensemble entrain de refaire le monde, j'avais cette impression de l'avoir toujours fait. Comme si tu avais toujours été à mes côtés et que je n'osais pas faire de déclaration de sentimentalisme par peur de l'homosexualité de ma propre sœur"

" Cette scène est du déjà vu, du déjà vécu. Tout n'est qu'une éternelle boucle qui se répétait sans fin. Nous savions que c'était nous malgré nos doutes"

" Si ce monde cherche à nous éloigner sans arrêt, ça serait un test ? nous devons nous rebeller afin de prouver que nous sommes dignes d'être ensemble ?"

"Exactement, serais-tu prêt à me suivre John sans te poser de question ?"

" Avec toi, j'irai partout même bruler aux enfers s'il le fallait"

Souriant et heureux, Sherlock pris la main de John afin de quitter le restaurant et de se rendre au mur. Une fois dehors, ils savaient qu'ils pourraient enfin vivre heureux. Évidemment le Système ne l'entendait pas de cette manière et de nombreux gardes virent avec leur teaser alors que les autres clients du restau voulurent faire barrière à ce couple. Sherlock était assuré d'être pris dans un programme. Et comme tout bon virus qui se respecte, il pouvait prendre le contrôle. Sans aucune once de peur, il posa sa main sur le teaser actif. Un immense halo blanc survint dans la pièce et tout fut figé.

" Tu avais raison Sherlock, tu es un vrai génie" sourit John avant de l'embrasser avec passion.

"Il est temps de quitter cet endroit infame. Je te veux dans le monde réel John Hamish Watson."

Le cœur léger, les deux hommes traversèrent cette ville fantôme en souriant et en rigolant. Jamais ils n'auraient pensé à ça. Bien sûr ils profitèrent de cette course afin de repasser devant des endroits importants pour eux, comme le lieu du pique-nique, ou le plongeoir de Sherlock. Les papillons dans leurs ventres battaient à plein rythme.

Arrivés devant le grand mur, John commença à grimper suivit de son amant qui en profitait pour reluquer les fesses de ce dernier. Tout semblait si magique malgré la hauteur de l'échelle et du danger de mort que pouvait représenter la chute de ces barreaux.

John allait agripper un barreau de plus mais quelque chose de bizarre se produisit. En effet, toute la ville y compris le mur se dématérialisaient. Plus rien, le noir complet….

OoOoO

Lorsqu'ils reprirent conscience, des doubles de leurs couples se trouvaient dans ce même espace hors du temps. Chacun portait un numéro au-dessus de la tête, le leur était le 998. Tous les John et tous les Sherlock se regardaient, essayant de comprendre. Ils étaient pris au piège d'une boite électronique. La théorie du programme de Sherlock était la vérité. Un immense compteur s'alluma au plafond de cette drôle de pièce. Un par un, les furent pixelisés pour se faire englober dans ce calculateur géant. Ils furent les derniers et malgré ce qu'il se passait, ils se sentaient apaisés et calmes.

Le Système put alors annoncer

"1000 simulations effectuées et 998 simulations abouties" Ils avaient réussi le test 99.8% un chiffre disant que leur amour n'était que pureté !

OoOoO

Les bruits de la guerre, il n'entendait que cela depuis son retour. Cauchemars sur cauchemars, son rapatriement à Londres n'avait pas été facile pour le docteur John Hamish Watson ancien capitaine du 5e régiment de fusillés du Northwestern. Il vivait d'une maigre pension de survie de l'armée et devait suivre une thérapie. Blessé gravement à l'épaule alors qu'il sauvait un de ses compagnons d'arme, John souffrait en plus d'un stress post traumatique l'obligeant à marcher avec une canne. Sa jambe le faisait souffrir, il n'était que l'ombre de lui-même. Sa sœur était venue le voir à l'hôpital, mais il n'accepta que le téléphone qu'elle lui proposa. Par contre, de force, elle avait signé pour l'implantation d'un bracelet technologique qui trouverait l'âme sœur de son frère puisque ce dernier avait refusé net de vivre avec elle. Elle espérait donc que cet outil guide son Johnny vers la personne la plus à même de prendre soin de lui. Au moins le blond avait pu vite chasser Harry de ses pattes pour tenter de se reconstruire dans un monde où il ne trouvait pas sa place.

Le bracelet était couleur chair, ce qui s'adaptait avec la carnation de la peau du médecin. Ce dernier n'était pas forcément un grand adepte de la révolution technologique. Plus cela se faisait discret, plus c'était facile pour lui d'oublier. Il travaillait selon des simulations virtuelles dont la réussite devait être de 99% minimum afin de s'activer.

La liste des choses à faire quand on revient du monde des morts, c'est une réinsertion dans la vie réelle. Or la réalité coute très cher et la priorité pour cet ancien soldat était de trouver un meilleur endroit pour vivre et surtout un nouveau travail. Revenant d'une quête non fructueuse pour des logis dont les prix lui avaient fallu des sueurs froides, Watson se fit héler devant l'hôpital où il avait fait ses études depuis des années, par un ancien camarade de classe

"John Watson ? c'est vraiment toi ? je suis Mike Stamford, nous avons fait nos études ensemble"

Mike avait grossi, d'ailleurs il l'avouait lui-même, c'est pour cela que le blond ne l'avait pas reconnu tout de suite.

"Mike, content de te voir" lui sourit poliment le blond, il n'avait pas forcément envie de parler mais il savait qu'il ne couperait pas à la conversation.

"J'ai appris que tu te faisais tirer dessus à l'étranger ! raconte" s'exclama Mike assez pressant

"Oui ! On m'a tiré dessus" répondit laconiquement l'ancien militaire qui préférait garder cette histoire bien secrète.

"Tu n'as pas quitté la fac de médecine à ce que je peux voir ?" demanda le blond afin de détourner l'attention de son collègue.

"Non j'y enseigne maintenant à des brillants élèves qui étaient comme nous à l'époque ! Bon sang que je les hais, si arrogants, si médisant. Nous étions ainsi ?"

" Et comment donc, nous nous prenions pour les rois du monde" lui sourit John en repensant au bon vieux temps.

Ils continuèrent de discuter et vient la fameuse question sur le retour définitif de John à Londres.

"C'est impossible pour moi avec ma maigre retraite de subvenir à mes besoins. Pourtant je ne peux pas me résoudre à quitter cette ville. Et non je n'ai pas voulu l'aide de Harry, plus rien ne va entre nous. Je n'approuve pas ses choix"

"Une colocation ? Tu y as pensé ?"

" Sérieusement Mike, qui voudrait vivre avec quelqu'un comme moi ?"

D'un petit rire vicelard, Mike lui annonça qu'il n'était pas la première personne à lui avoir dit cela sur cette même matinée. Intéressé, John suivi Mike à la rencontre de son potentiel colocataire.

Au fur et à mesure que John entrait dans la bâtisse, son bracelet commençait à changer de couleur, pour se manifester. Cette réaction avait lieu si l'âme sœur de la personne se trouvait dans un rayon de 1 km. Tout se faisait par étape. Le bleu pour annoncer la présence de la personne, le vert pour prévenir que les deux personnes se trouvaient à quelques mètres l'un de l'autre et l'or prenait la place au premier contact entre les deux partenaires. Ces bracelets étaient fiables à 99.8%. Tout se basait sur des algorithmes capables de mettre en scène des simulations entre diverses personnes. Des choses encore limites point de vue de l'éthique et qui pourtant se vendait comme des petits pains.

Personnellement, ce n'était pas cela qui intéressait John, il l'avait juste implanté pour que sa sœur lui foute la paix. Il suivait juste Mike dans les dédales de la nouvelle implantation de recherche.

Entrant dans un des laboratoires, le blond fut étonnamment surpris de voir les changements effectués dans son ancienne école. L'électronique avait pris beaucoup de place mais il restait toujours la "patte humaine", ce je ne sais quoi que l'humain est capable de faire et que lui seul pourra toujours faire sans être remplacé par une machine.

Un homme attablé devant un microscope les regardait depuis leur entrée. Curieux de nature et voulant jouer au plus malin, il se permit de demander le téléphone de Mike afin d'envoyer des textos. John n'avait pas prêté attention en entrant, regardant plutôt les installations que les personnes qui s'y trouvaient. Par contre en tournant la tête, il fut vite hypnotisé par le regard bleu glace de l'inconnu. Se pourrait-il que le bracelet l'indiquât lui. Cet homme au teint albâtre et aux cheveux bruns bouclés. Voulant en savoir plus, puisque son ancien camarade n'avait pas son téléphone sur lui, il tenta sa chance en offrant le sien, un simple toucher pouvait enflammer le vert en un or magnétisant. Mais Sherlock ne touchait jamais personne. Il ne prenait même pas le temps de se présenter. Un homme rustre en apparences.

"Je te présente un ancien ami à moi, il s'agit de John Watson" annonça Mike d'un ton souriant

"Afghanistan ou Irak ?" demanda alors l'inconnu en pianotant sur le clavier du téléphone

" Je vous demande pardon" s'étonna le blond qui ne s'attendait pas à ce genre de question de la part d'un inconnu. Mike lui avait ce sourire, celui qui disait que le jeu de Sherlock allait commencer et il avait hâte de voir comment John allait s'en défaire. Du coup l'ancien militaire se sentit obligé de répondre

"En Afghanistan" répondit John qui fut coupé dans son élan par Moly qui apportait du café.

Une femme ! Après tout, elle se trouvait elle aussi dans son périmètre. Mais le médecin militaire ne la trouvait pas vraiment à son gout. Un peu trop naïve surtout quand elle et l'inconnu se mirent à discuter café et rouge à lèvre. Alors qu'elle sortait de la pièce, John ne tenta rien avec elle car le brun reprenait leur conversation.

Il commença à poser quelques questions à John sur le fait que la musique du violon ne le dérange pas, du fait que lui pouvait rester des jours sans parler, bref des questions assez intimes en soi qui déstabilisèrent le pauvre médecin.

"Pourquoi me demandez-vous tout cela ?"

" Voyons de futurs colocataires se doivent de connaitre les petits défauts de l'autre avant d'emménager"

Saleté de Mike pensa John, il avait osé parler de lui à un inconnu. Pour John qui aimait la discrétion, ce coup-ci c'était raté.

Ledit Mike se dédouana de toute responsabilité et c'est Sherlock qui reprit la parole.

Il expliqua que le matin même il avait dit à Stamford son désir de trouver un colocataire et que maintenant ce dernier arrive avec un ancien médecin militaire qui rentre d'Afghanistan. John se permit de lui demander en quoi c'était si évident de savoir ces choses sur lui et c'est là que Sherlock lui déballa mille et une observations allant de son bronzage spécifique, à la coupe de cheveux en passant par le fait qu'être un ancien ami de Mike signifiait être médecin. Que John souffrait un trouble psychosomatique et qu'il désapprouvait le comportement de son frère alcoolique qui venait de se séparer de sa femme. Bref une démonstration digne d'un grand magicien. Et simplement basé sur des déductions.

John se sentait happé par une sorte d'adrénaline. Sa raison lui disait de ne pas aller visiter un appartement avec cet homme et pourtant son cœur lui disait que oui. Et c'est sur ces bonnes paroles que l'homme se présenta sous le nom de Sherlock Holmes et lui proposa un rendez-vous à Baker Street le lendemain pour 19h.

Le blond en resta bouche bée mais au fur et à mesure que Sherlock s'éloignait, son bracelet redevenait bleu. Soit cet homme, soit la légiste allait prendre une grande place dans sa vie, mais sur le moment le médecin était perdu et Mike pour enfoncer le clou lui annonça que Sherlock se comportait toujours de cette manière. Décidément, l'adrénaline était toujours bel et bien présente dans sa vie.

OoOoO

Le lendemain à 19h précises, John arriva doucement en boitant pour aller frapper au gond de l'immeuble, il ne vit pas l'homme derrière lui sortir du taxi. C'était bel et bien Sherlock Holmes qui lui serra la main avec la sienne recouverte d'un gant de cuir. Décidément cet homme ne voulait pas qu'on le touche, ce qui agaçait le blond. Il n'avait pas prêté attention à son poignet qui recouvert d'une manche longue d'une chemise opaque, recouvrait la magnifique couleur verte. Le détective était toujours habillé de la même façon. Chemise à manche longue aux couleurs très foncées cachant peut-être quelque chose, pantalon de costume, veste, pas de cravate mais un grand manteau noir et une écharpe bleue autour du cou.

La visite de l'appart se fit sans trop d'encombre, même si John trouvait que le bordel de Sherlock était horrible. Mais une visite impromptue se fit. Scotland Yard venait consulter le brun suite à une série de suicides inexplicables. Bien évidemment pour Sherlock, il s'agissait d'un sérial killer mais il avait certains différents avec la police. John vivait ça en spectateur. Au fur et à mesure de la conversation entre un certain inspecteur Lestrade et son colocataire, le blond se demandait vraiment pourquoi il avait accepté la proposition de Mike. Mais il n'avait qu'à regarder son poignet et écouter son cœur pour savoir qu'il devait foncer. D'ailleurs, John se fit embarquer dans cette aventure sans le vouloir. Sherlock aidait le Yard mais le légiste de la police et Sherlock ne s'entendait absolument pas. John n'eut pas le temps de dire ouf, qu'il se retrouva dans une combi bleue devant une femme habillée en rose de la tête au pied. Sherlock avait pris la peine de lui expliquer son travail et le blond trouvait le détective vraiment incroyable. Savoir autant de choses sur une personne simplement en la regardant était fascinant. Et il se demandait même pourquoi les autres insultaient cet homme qui pouvait se définir en un seul mot : génie.

Oui John voulait l'aider même si Sherlock l'avait abandonné sur la scène de crime comme on jette un mouchoir après utilisation. D'ailleurs certains membres du Yard avaient conseillé au médecin de fuir ce " freak" au plus vite. Mais rien ne pouvait contrer la volonté de ce cher Watson. Il y avait trop en jeu pour lui et pour Sherlock. Ils étaient liés même si le brun faisait semblant de rien.

L'enquête continua de suivre sa progression, elle les mena dans un restaurant où Sherlock était le Messie sur terre. Angelo, un des restaurateur Italien du quartier louait les talents du célèbre détective tout simplement car Holmes lui avait évité une lourde peine de prison d'un crime dont il n'était pas coupable. En effet, il commettait un plus petit larcin au même moment dans un autre endroit de Londres. Certes Angelo avait fait de la prison, mais beaucoup moins que prévu. Le restaurant était charmant et John était prêt à discuter de la couleur de son bracelet. Sherlock l'avait envouté. Certes il se clamait non gay, pour la simple raison qu'il aimait aussi bien les femmes que les hommes. Mais dans l'armée il avait toujours fait attention car tout ce qui était relation entre personnes du même sexe étaient proscrites.

Alors qu'il goutait aux délicieuses lasagnes, John décida de mettre les pieds dans le plat.

Il posa quelques questions bien tournées sur le fait que le limier ait une compagne, ce qui fut directement rejeté comme n'étant pas sa tasse de thé :

John1 Sherlock 0.

S'en suivit de la question du petit ami à la place mais la réponse fut non :

John 1 Sherlock 1.

John le rassura, lui disant que rien ne le dérangeait, Sherlock le savait mais il avait peur d'un engagement et donc il préféra se dire marié à son travail.

Cette phrase fit beaucoup réfléchir John. Si le détective se trouvait marié à son travail et que lui en tant que médecin l'accompagnait dans ses enquêtes, il finirait par être un membre entier de ce boulot, ce qui le fit sourire. Il suffisait juste qu'il montre son allégeance à Sherlock et le tour serait joué. Bien évidemment il n'avait pas de plan pour faire tomber le limier dans ses bras. Pourtant la chance était avec lui. Le brun s'était fait prendre dans un piège lors de la recherche du tueur et c'est John qui l'en délivra en tirant au travers de deux fenêtres fermées afin d'éliminer ce chauffeur de taxi qui souhaitait la mort son colocataire.

Autant Sherlock avait compris l'identité de la personne qui avait sauvé sa vie, autant pour le Scotland Yard, le secret allait rester bien enfoui entre les deux hommes.

OoOoO

Ce soir-là, John avait remonté la manche de sa chemise. Il allait faire le grand saut.

"Sherlock, je ne sais pas si tu connais ceci ?" lui demanda-t-il en montrant l'objet.

"Tout le monde sait ce que c'est, c'est un appareil qui permet de trouver son âme sœur. Selon les équipes techniques, le taux de réussite est si haut qu'il ne se trompe jamais"

"Je suppose que tu sais ce que signifie la couleur du mien en ce moment ?"

Pour lui répondre, Sherlock fit la même chose que lui, montrant un objet identique en tout point à celui de son colocataire. Des bracelets jumeaux !

"Je ne suis pas quelqu'un de bien John. Je suis certain d'être le 0.02% d'échec. Je t'ai vu à Saint Bart étonné que la lumière de cet objet ait changé à ton poignet. Tu as même hésité entre Molly et Moi. Je savais que j'étais la personne que tu cherchais. En manipulant ma pipette, ma manche s'est légèrement ouverte laissant transparaitre la même couleur. Je n'ai jamais demandé de porter ce genre de gadget. Je suis forcé de le porter, cadeau de Mycroft, mon cher frère qui veut régir ma vie. J'ai fait quelques bêtises dans ma vie afin de calmer mon cerveau qui ne veut jamais s'éteindre. Refusant d'écouter ma famille, ma seule liberté fut de m'en faire implanter un afin de trouver la personne qui sera assez folle pour s'occuper de moi.

Je refuse de te décevoir, j'ai vu comment tu me regardais et compris l'intérêt que tu me portais. C'est pour cette raison que j'ai évité tout contact avec toi"

"Qui te dit que je n'ai pas envie de me connecter avec toi. Certaines nuits je fais des rêves bizarres. Je te vois faire des plongeons dans une piscine que je ne connais même pas. Tu n'as pas le droit de prendre des décisions à ma place !"

Sherlock se redressa dans le canapé et fit asseoir John.

« Comment veux-tu que l'on s'y prenne ? » demanda le brun, troublé car lui aussi avait fait des rêves de John un carnet d'écriture dans la main dans une grande clairière qui n'avait rien avoir avec Londres. Un peu comme une sorte d'univers parallèle

« Je voudrais t'embrasser » demanda John espérant que ce baiser lui serait accordé.

Le détective ne pipa mot mais son sourire voulait tout dire. Lentement, ils se rapprochèrent l'un de l'autre.

L'espace diminua entre leurs deux visages jusqu'à ce que le premier frôlement se fasse. Doucement la main de Sherlock caressa la joue de John tandis que ce dernier posa ses lèvres sur celle de son partenaire pour lui donner un baiser fougueux. Une aura dorée les enveloppa, comme une bulle d'amour que personne ne pouvait franchir. Ils étaient dans leur monde.

Le baiser se termina mais les deux hommes se sentirent comme sur un nuage.

"Nous avions la table 113 dans le restaurant principal, et c'était toujours la même à chacune de nos rencontres" lui annonça John

"Tu avais voulu regarder le temps que nous avions pour construire notre relation, alors que je ne voulais pas" répondit Sherlock

" Je me souviens de t'avoir pleuré des semaines durant"

"Je me souviens d'avoir été incapable de t'oublier"

"Tu as fini par réussir dans ce que tu voulais, tu es détective consultant et le meilleur du monde"

"Regarde-toi, tu as pu être médecin, dans ce mon réel où même si la technologie et l'argent s'en mêle, tu as ta place pour sauver le monde"

"Je me rappelle nos folles nuits d'amour"

"Ne m'en parle pas, je suis déjà assez excité" se mit à rire le brun

"Je t'aime Sherlock Holmes et merci, merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu m'as rendu la joie de vivre et je t'en serai éternellement reconnaissant"

"Tu peux parler, tu as tué un homme pour me sauver la vie. Pourtant je ne suis pas un homme bon. J'ai été addict a tellement de saleté de produits, ce qui m'a valu ce magnifique bracelet"

"Je serai toujours là pour te soutenir, je te le jure sur la force de mon amour et fais-moi penser à remercier ton frère pour ce gadget"

Les mots n'avaient même plus de sens, ils avaient besoin de se toucher, de se découvrir à nouveau. Les souvenirs de la simulation concluante 998 leur avait été rendus. Après tout dans le système, ils étaient jeunes et différents. Cette nuit-là, ils ne dormirent pas, chacun de leur sens était en éveil entre les envies de caresses tendres et le passé à rattraper. Ils firent l'amour aussi et cette sensation était encore plus forte et plus intense que dans leurs pensées. Une mémoire technologique ne pourra jamais remplacer les sentiments humains. Peu importe ce que peuvent vous dire les concepteurs d'inventions en tout genre, l'être humain possède son propre libre arbitre.

Les concepteurs ne savaient pas que l'amour des âmes sœurs se retrouvant était bien plus intense que tout ce qui avait pu se passer dans leur programme informatique. Le réel l'emportait toujours sur les technologies, peu importe ce qu'il pouvait arriver. Certes, ils s'étaient aimés virtuellement mais là leur passion était à son apogée et leur amour décuplés. Le lien qui les unissait était indestructible, surtout qu'ils avaient communié ensemble par cette danse ancestrale et unique.

Repus et heureux, Sherlock pris la main de John et la posa sur sa poitrine. Elle avait retrouvé sa place et dans un sourire, ils purent s'endormir sans avoir peur du lendemain.

Fin


Je suis très heureuse de voir cette fiction terminée surtout qu'il s'agissait de mon premier défi via le collectif. Tout d'abord : les Références black mirror :

(1) : 1er épisode de la saga, l'hymne national où comment le premier ministre se voit dans l'obligation de jouir dans un porc pour sauver un membre de la famille royal. Épisode controversé car au départ personne ne veut regarder youtube et au final, tout le monde regarde et personne ne retrouve la jeune femme vivante une demi-heure avant la fameuse heure fatidique pour le ministre.

(2) : le dernier épisode de la saison 4 dark museum où on trouve le pire du pire des inventions qui sont à l'encontre de la bioéthique et du malheur de certaines personnes qui se sentent sauvés de leur problème mais qui malheureusement vont subir les contraintes de la technologie contre eux.

(3) : épisode 2 de la seconde saison ou une femme est traquée et chassée. Ce qu'elle ne sait pas c'est que c'est sa peine pour le meurtre d'une jeune fille et chaque jour, le spectacle se répète car elle subit un lavage de cerveau. Le tout se déroule dans un parc d'attraction qui dénonce les crimes et qui est un exemple pour éviter les crimes atroces car les gens ne désirent pas subir ce type de peine.

Ensuite je voulais vous annoncer qu'une autre fiction nommée le journal d'un privé a été updatée. Il s'agit de l'histoire d'un vampire du nom de Sherlock Holmes qui doit faire face à son passé, je vous conseille d'aller la lire si vous aimez le Johnlock et le surnaturel.

J'attends avec impatience vos review sur cette fiction assez spéciale car la série Blackmirror est quelque chose de particulier, mais j'espère que toute les recherches que j'ai faites afin de construire cette histoire, ne vous auront pas déçues.

N'oubliez pas que les reviews nous aident dans nos progressions, c'est une nourriture de l'esprit qui nous motive, nous permet de nous remettre en question aussi en cas de besoin, nous donne des idées sur les voies que l'on peut prendre pour améliorer à chaque fois notre travail. J'ai donc très hâte de vous lire.

A très vite

Votre dévouée Ariane.