Miou tout le monde !
Je sais que la suite arrive très en retard, mea culpa, mais je suis obligée de mettre à peu près tout en pause ces derniers mois, autant l'écriture que la publication... Du coup je vais essayer de rattraper ça en finissant au moins un couple complet, donc on dit bonjour à Mathias et moi je file !
Au moment où Lukas courait vers le lac, Mathias était sous l'eau. Il se débattait contre une espèce d'hybride mi-hydre, mi-kraken et re mi-hydre derrière, qui était un peu agressif et qui avait la fâcheuse manie de cracher de la glace sous l'eau. Sauf que se battre sous l'eau, c'était déjà – en règle générale – un peu compliqué dès le départ. Mais alors quand en plus on commence à manquer d'oxygène et que l'accès à l'air libre est bloqué par un monstre géant ET une couche de glace de trente centimètres d'épaisseur, ça devient vraiment très très compliqué. Pendant un bref instant de répit, le danois essaya de se rappeler comment il avait fait pour se retrouver dans une situation aussi... délicate. Pas désespérée. Aucune situation n'est jamais désespérée pour le Roi du Nord.
Pourtant, la journée avait bien commencé. Quasiment pas de boulot, du temps pour s'entraîner avec sa hache (toujours bien plus drôle que les flingues), et trouver un moyen d'aller boire un verre avec les copains. Sauf qu'allez savoir pourquoi, Lukas s'était encore énervé contre lui et l'avait congelé avant de partir. Un peu surpris, il avait attendu que Berwald et Tino le dégèlent et avait fini par aller boire une bière tout seul. Sauf qu'en moins de dix minutes, une rouquine en robe bleu-vert avec une fourchette coincée dans ses cheveux s'était assise en face de lui, un grand sourire scotché sur le visage.
- Ariel, ça fait un bail ! Comment va ce vieux Triton ?
- Papa va bien, sourit-elle. Il t'en veut toujours pour le concert, mais à part ça...
- Il y avait une nouvelle épave à explorer... commença le nordique pour se justifier. Et ça va faire deux siècles ! Il pourrait tourner la page non ?
- Boaf, tu connais mon père...
- C'est pas faux, rigola le danois. Sinon, qu'est-ce qui t'amène ici ?
- Disney nous a demandé de partir là-bas, fit Ariel avec un geste vague.
- Hein ?
- Dans nos pays d'origine. Et comme je n'avais pas envie de me retrouver sous l'océan, je me suis dit que j'allais venir te voir, sourit la jeune femme.
Un sourire ravi apparut immédiatement sur le visage de Mathias. Pour lui, sa princesse pendant quelques jours, ça signifiait visites d'épaves, retrouver de bonnes vieilles armes et artefacts perdus pendant ses années viking, et une foule de bons moments en perspective.
-oOo-
En sortant du bar, Ariel lança avec un air d'innocence pure une remarque tout sauf innocente.
- Au fait, pourquoi tu es encore trempé ?
- Trois fois rien, Lukas m'a congelé, répondit le danois en haussant les épaules. Encore.
- Tu ne crois pas qu'un jour, tu devrais lui dire que ton seul désir est de vivre à ses côtés ?
Alors que Mathias s'étouffait soudainement, Ariel remarquait sa fourchette et l'enlevait avec un regard étonné. Elle se retourna avec un sourire adorable vers sa nation, qui semblait reprendre son souffle.
- D'où... est-ce que tu sors ça ? tenta-t-il.
- Allons, ça se voit que ça fait un moment que tu as mordu à l'hameçon.
- Quoi ?
- N'est-ce pas évident ? Tu es amoureux ! fit-elle en joignant ses mains.
- Moi ? Amoureux ?
Le danois avait un air sincèrement abruti devant l'idée, ce qui fit lever les yeux de la princesse au ciel.
- Dis-moi, reprit la jeune femme, tu te souviens de ce qu'il s'est passé lors de ce fameux raid viking il y a longtemps ?
- Oui, pourquoi ?
- Est-il vrai que tu l'as sauvé de la noyade ? demanda-t-elle malicieusement.
- Oui, mais...
- Pourtant toute aide de ce genre entre nations non officiellement alliées était formellement interdite ! Tu connaissais la loi ! Tout le monde la connaissait !
- Il serait mort ! répliqua Mathias scandalisé.
- Une nation en moins à l'époque, quelle aubaine !
- Tu ne le connais même pas, comment tu peux dire ça !? répliqua le danois en serrant les poings.
La colère commençait à transparaître nettement dans le langage corporel du blond. Peu importait que ce soit sa princesse, il n'accepterait jamais d'entendre ce genre d'arguments.
- Le connaître ? Mais pourquoi faire, toutes les nations sont les mêmes ! répliqua Ariel d'un ton hautain. Féroces, sauvages, agressifs, incapables de sentiments ! Tu avais tout à gagner à le laisser mourir !
- Je l'aimais ! explosa Matthias. Jamais je n'aurais accepté qu'il meure alors que je pouvais le sauver ! Jamais !
Immédiatement, la rousse se calma et reprit un sourire innocent et amusé, l'accompagnant même d'un petit rire. Décontenancé, le danois sentit sa colère retomber aussi vite qu'elle était venue et réalisa ce qu'il venait de dire.
- Tu vois, ce n'était pas si compliqué de l'admettre, pouffa-t-elle.
Mathias piqua immédiatement un fard et passa les trois minutes suivantes à bougonner avant que son naturel positif refasse surface.
- Bon, admettons. Je fais quoi ? Il n'accepte quasiment jamais de passer du temps avec moi.
- Va le voir chez lui, suggéra Ariel en recommençant à passer la fourchette dans ses cheveux.
- Toute sa maison est blindée de sorts qui ne me laissent jamais passer ne serait-ce que le portail !
- Si on ne peut pas passer par-dessus un obstacle, alors il faut passer par-dessous, déclara la princesse.
- Tu veux dire...
- Il y a bien un lac relié à la mer qui est en partie chez lui non ?
-oOo-
Et maintenant il en était là, à moitié en train de se noyer dans ce foutu lac, en face d'un monstre bien décidé à avoir sa peau. Alors que ses réserves d'air s'épuisaient, il parvint à éviter un jet de glace qui percuta la surface. En revanche, il ne vit pas le bloc se détacher du plafond gelé et arriver dans son dos au moment où une autre attaque partait. Soudainement bloqué, le tir le toucha à la tête sans qu'il puisse l'esquiver et le danois sombra dans l'inconscience.
Il ne vit pas les éclairs bleus illuminer la surface du lac, ni le monstre être repoussé dans les profondeurs de l'eau, ni la glace s'ouvrir pour permettre à son corps de remonter.
Lorsqu'il revint à lui, il sentit une certaine chaleur sur ses joues, comme s'il avait reçu des baffes. Et accessoirement, il était allongé par terre, dans les bras de quelqu'un qui lui parlait de façon hachée, comme si la personne ne prenait même pas le temps de respirer entre deux mots. Et le ton semblait étrangement inquiet.
- Reviens espèce d'idiot ! Reviens ! Je sais qu'il en faut plus que ça pour te tuer ! Reviens-moi. J'arrêterai de te congeler à chaque fois que tu me parles, j'accepterai même d'aller boire un verre avec toi, mais reviens-moi.
D'abord incrédule en reconnaissant la voix de Lukas, le danois se sentit vite fondre en comprenant que le sorcier venait de le sauver et s'inquiétait pour lui. Il posa une main dans son dos pour lui faire comprendre qu'il était réveillé. Immédiatement, le norvégien se recula et eut un soupir soulagé, vite suivi par un visage énervé.
- Qu'est-ce qui t'a pris de passer par là ?
- Arriver par l'entrée, c'est pas assez classe, fit Mathias en toussant. J'allais pas venir te demander de sortir avec moi par un moyen aussi banal, ajouta-t-il avec un grand sourire.
Les remontrances de Lukas se bloquèrent avant de franchir ses lèvres en entendant la deuxième phrase. Le mage eut un instant d'hésitation, puis se pencha vers Mathias.
- Imbécile, murmura-t-il en souriant avant de l'embrasser.
Un peu plus loin, Ariel et Elsa tenaient toutes les deux des paires de jumelles et observaient la scène.
- Tu vois, je te l'avais dit ! Il a obtenu son baiser d'amour véritable avant le coucher de soleil du premier jour ! exultait Ariel.
- Anna ne sera pas contente, elle avait parié que Lukas perdrait le contrôle de ses pouvoirs, ajouta Elsa avec un sourire de victoire.
Avec un petit sourire entendu, elles dégainèrent chacune un appareil photo avec objectif et se préparèrent à prendre de quoi étoffer leur compte-rendu de mission.
Est-ce que je kiffe toujours autant les princesses paparazzis, le drama et les références un peu partout ? Définitivement oui. D'ailleurs en parlant de références, il y a au moins Kaamelott et le Seigneur des anneaux dans celle-là en plus de la petite sirène, un cookie à celleux qui les chopent toutes !
Je vous aime, encore désolée du retard, j'espère que ça vous a plu, et bisous sucrés !
Plein de bugnes pour vous !
