4E 171, Bravil
Cela faisait à peine quelques heures que les elfes étaient arrivés et déjà ils finissaient leurs préparations pour l'assaut. Ils avaient assemblé en un temps record des pontons de bois pour traverser les douves et attaquer, aiguisaient leurs lances et préparaient leurs arcs, distribuant les flèches et les ordres le plus rapidement possible. Pas de temps à perdre avec cette ville, leurs instructions étaient claires, mettre l'Empire à genoux le plus rapidement possible. Les mages quant à eux reprenaient leur concentration et préparaient leur sorts, l'assaut serait brutal. Le seigneur Naarifin sortit de sa tente et observa avec confiance les murs de la ville. C'était un elfe sombre, froid et mystérieux qui inspirait l'effroi et le respect partout dans le Domaine. Il avait quelques doutes sur la fameuse victoire qu'espéraient ses hommes en ce jour, Bravil n'allait pas tomber comme Leyawiin, il le sentait. Peu importait, il avait bien des tours dans sa manche.
Sur les murs, les archers impériaux attendaient avec impatience et nervosité l'arrivée de l'ennemi, épaule à épaule. Leur seule et unique chance d'être victorieux était de montrer une résistance suffisante aux Thalmors pour qu'ils reconsidèrent l'assaut et tentent un siège prolongé, renforçant les chances de recevoir des renforts du reste des légions. Octavius se tenait côte à côte avec ses camarades sur les murs, observant chaque mouvement dans le camp adverse. Victarion quant à lui observait attentivement non pas le nombre terrifiant d'ennemis, mais plutôt leur équipement. Des lanciers elfes se préparaient sur l'est de la ville, ils avaient des lances courtes et des épées à leurs ceintures. À cette distance, il était dur de voir le tout, mais il était presque sûr de son observation. Plus loin, les Khajiits se plaçaient, ils avaient quant à eux l'air de guerriers inexpérimentés et peu équipés, sûrement une vague pour tester les défenses. Heureusement pour les défenseurs, aucune arme de siège ne pointait le bout de ses rouages, mais la présence d'un grand nombre de mages n'est pas à ignorer.
Octavius tremblait quelque peu, serrant son bouclier et son glaive contre lui, jamais il n'avait pensé que faire face à une bataille serrait si terrifiant. Il vomit presque mais il se retint de justesse. Sa tête tournait, son estomac se retournait, mais, il devait se ressaisir. Il ferma les yeux, prit une grande respiration et remit son casque sur sa tête. Enfin, la peur s'était envolée, ne laissant place qu'au courage, la rage et la volonté inébranlable de vivre au-delà de la bataille. Un des moments les plus importants de sa vie était enfin arrivé, et dès lors, il ne serait plus jamais le même.
Ruvo quant à lui resta stoïque, enfin était venu le moment qu'il avait attendu toute sa vie. Il n'était pas un déchet, pas un enfant sans avenir et sans espoir condamné à vivre comme un misérable, il était un guerrier et rien ne l'arrêterait. En ce jour fatidique, il prouverait à Nirn que Ruvo le sans nom était un vrai, un combattant à retenir et à craindre, ils allaient enfin le voir.
Tout le reste des légionnaires avaient eu aussi leur moment de doute ou d'espoir, mais tous étaient prêts à faire face à l'ennemi qui en voulait à leurs terres, leurs familles et leurs héritages. Après une courte prière à Talos, lui demandant la force de défendre l'Empire, le cor de guerre des elfes sonna le début de l'assaut.
Dès que le cor eut fini son macabre chant, une pluie de sorts plus destructeurs les uns que les autre s'abattirent sur les murs dans un terrible fracas. Les mages de guerre levèrent leurs barrières afin de se protéger eux et leur camarades. Les flammes et les éclairs qui léchaient les boucliers magiques étaient un spectacle à la fois magnifique et terrifiant. Avant que les barrières ne se brisent, les hommes se réfugièrent derrière les crénelages. Une volée de flèches elfes suivit, blessant et tuant tous ceux qui n'avaient pas pu se mettre à couvert. Certains mages tentèrent même de percer une brèche dans le mur, sans succès. Victarion regarda rapidement derrière la pierre, à vue d'œil, plusieurs centaines d'elfes et de khajiits approchaient les murs avec des échelles. Combien de groupes de combat, impossible de le dire, mais une chose était sure, beaucoup de sang coulerait.
Une fois les échelles accotées sur les murs, les sorts se turent, il ne restait que le harcèlement des archers qui criblaient la pierre de leurs projectiles. Quelques hommes tenaient la base des échelles alors que les autres montaient le plus vite possible, leur bouclier vers le haut.
- Archer, tirer vos flèche maintenant ! Viser c'eux qui tienne l'échelle et les bâtards autour ! Cria Victarion en
Ruvo quitta sa couverture et laissa partir sa flèche dans le cou du premier malheureux dans sa ligne de mire. La volée fit bon nombre de blessés et de morts, mais pas assez. Les premiers elfes atteignaient le sommet, et avec leurs lances, ils tentaient de se tailler un pied d'appui sur les murs. Garon lança un éclair qui fit basculer un elfe vers son trépas alors que Ruvo tentait tant bien que mal de ralentir de ses flèches le flot d'ennemis. Tous participaient à leur manière, que ce soient les frères orcs qui fendaient le crâne des elfes qui avaient réussi à grimper ou Armion qui refermait de par sa magie les plaies de ses compagnons. Bien vite, le nombre d'ennemis devenait difficile à supporter alors que les légionnaires perdaient bon nombre des leurs aux flèches et aux lances dorées. Bien vite, une petite poche de soldats du Domaine avait mis pied sur le mur.
Octavius se tenait en première ligne avec Badama, Bjorn et ses camarades. De son bouclier, il protégeait Badama qui repoussait les envahisseurs avec sa lance alors que de son glaive il tentait tant bien que mal d'attaquer. Le combat fut brutal et lent, pas à pas les hommes reculaient ou avançaient. Un soldat khajiit le remarqua ses yeux brillants sous son casque, et dans un élan de rage il le chargea.
- Traitre ! cria-t-il.
Octavius lui fit face et bloqua son sabre, puis d'un puissant coup de bouclier il lui fit perdre sa balance. Le combat était particulièrement chaotique, alors un elfe repoussa le khajiit qui se remit à attaquer Octavius. De son côté, Badama était au prise avec un elfe et le support qu'elle donnait à son coéquipier était sporadique. Finalement, Octavius bloqua un coup de plus avant de planter son glaive dans la poitrine du félin. La sensation de percer les côtes et les organes de son ennemi donna froid dans le dos à Octavius qui retira sa lame du mieux qu'il pouvait, mais elle resta coincée entre ses côtes. Il dut accoter son opposant agonisant contre son bouclier afin de pouvoir retirer sa lame. Son frère avait raison, la première fois est la plus dure, ensuite ça devient plus facile.
- C'est toi le traitre… souffla-t-il avant de reprendre le combat.
Après plusieurs minutes, les cadavres commençaient à s'accumuler au bas des échelles comme au-dessus. Le sang coulait entre les pierres des murs et les elfes subissaient de lourdes pertes. Leurs sorts avaient tué bien des légionnaires, mais les mages fatiguaient et leurs attaques étaient de moins en moins fréquentes. Le commandant Naarifin ordonna à la seconde vague d'avancer, des soldats plus hargneux, mieux entraînés. Maintenant que la basse infanterie avait fatigué les défenseurs, ils partaient l'achever. La Légion avait prévu une telle manœuvre et les troupes firent une rotation, les réserves prenant la place des combattants épuisés.
Avant que les renforts n'arrivent, Octavius avait tué deux autres hommes. L'un était un elfe qui s'était trop approché et dont Octavius avait percé la gorge, et l'autre un khajiit blessé qui reçut son glaive dans le crâne. Il fut toutefois atteint d'une flèche dans le dos, mais heureusement, son amure l'arrêta et la pointe s'enfonça peu dans sa chair. Ils descendaient tous du mur, blessés, ensanglantés et fatigués, et ce n'était qu'un début. Tous les prêtres de la ville les attendaient, soignaient ceux qu'ils pouvaient, refermant les blessures et soudant les os. Octavius retira d'un coup sec la flèche et on lui donna une gorgée d'une étrange mixture. Ça avait un goût infect, mais la douleur disparut et la blessure se referma tranquillement. Il se lava les mains qui étaient couverte de sang, elles tremblaient comme elles ne l'avaient jamais fait autrefois et il prit une grande gorgée d'eau. Certains toutefois souffraient de blessures trop profondes pour être remis sur pied aussi vite, restant du même coup cloués à leur civière à recevoir des sorts pour apaiser leur douleur.
Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que l'heure n'arrive pour eux de retourner sur le front. À date, sur cent hommes, Victarion en avait perdu dix, et seize de plus étaient coincés sur une paillasse à attendre le prochain traitement. Le sang et la sueur recouvraient ceux qui tenaient encore debout, et la rage de la bataille faisait battre leurs cœurs. Ils représentaient l'élite de ce que l'empire pouvait donner, de jeunes guerrier prêts et capables, et en ce jour ils avaient leur terre à protéger. Cette pensée leur donnait un moral de fer, pas un pas en arrière aujourd'hui. Victarion rencontra brièvement les autres centurions, leur cohorte devait assurer le moral des autres unités aussi de par leur présence.
- Messieurs, la situation sur les murs commence à se détériorer, mais si nous tenons encore quelques temps, les elfes devraient rappeler l'attaque. Ils ne peuvent pas se permettre de perdre autant d'hommes alors qu'ils sont en plein territoire ennemi.
- Oui, je vais allez tenir le mur sud avec ma centurie, les autres vous savez quoi faire.
- Et pour l'évacuation ?
Victarion étant le centurion le plus ancien du groupe et le dirigeant de la cohorte, il se devait d'appliquer les ordres que l'empereur lui avait donnés quelques jours plus tôt.
- Tenons la ville aux côtés de la garnison aussi longtemps que possible, lorsque les navires arriveront nous ferons notre sortie comme prévu… Je n'aime pas ce plan, mais si l'empereur veut que nous retournions auprès du reste de la légion, alors qu'il en soit ainsi. Pour l'instant, ne dites rien à vos hommes.
Chacun remit son casque et repartit en direction des murs. Les elfes perdaient soldat après soldat, la seule chose que redoutaient les officiers était la présence des mages sur les murs, et Naarifin le savait.
Dans le camp elfe, la garde du général se préparait. Ils étaient comme Octavius et ses semblables, l'une des meilleures unités présentes dans tous le Domaine avec au moins cent ans d'expérience supplémentaire. Naarifin lui-même mit son armure et son épée à sa ceinture, il n'allait pas rester là à regarder alors que ces impériaux le narguaient depuis leurs remparts. Il était extrêmement intimidant avec son équipement et ses hommes s'écartaient sur son passage. Rien d'étonnant vu la réputation du personnage. Avec lui venaient des mages prêts à en découdre, des Cathay-raht, gracieuseté des généraux Khajiits, de même qu'un groupe d'archers d'élite du Val-Boisé. Il avait bien l'intention de creuser une brèche irréparable dans la défense impériale et rien ne pourrait l'arrêter.
Victarion amena ses hommes sur le mur nord où ils trouvèrent une résistance plus faible, quelques troupes relativement bien équipées qui leur donnèrent du fils à retordre. Octavius ne tua personne cette fois-ci. Il resta à l'arrière des lignes, trainant les blessés en sécurité du mieux qu'il pouvait. Alors qu'il transportait un blessé avec Titus, ils virent un flash lumineux impressionnant provenant du mur sud. Les mages venaient de monter avec leur commandant, ils massacraient sans problème les lignes de soldats impériaux. Les mages de bataille tentaient tant bien que mal de les arrêter avec leur propre magie, mais ils ne faisaient pas le poids, ils tombaient les uns après les autres. Bien vite, presque tout le mur sud croulait sous le contrôle Altmer alors que les autres flancs redoublèrent d'efforts pour occuper les troupes de l'empire. Un front durable fut établi sur le pont menant au deuxième niveau des défenses de la ville, tenu par la garde d'élite du compte et ses chevaliers, repoussant coups et sorts pour leur seigneur.
Victarion ordonna de descendre du mur et de traverser la ville pour atteindre le quartier sud afin de le tenir. Si les elfes avaient accès à la ville, ils avaient accès à l'arrière de chaque troupe qui se battaient sur les murs, ç'aurait été intolérable. Ils prirent avec eux quelques groupes de gardes et laissèrent le mur aux chevaliers venus en renfort. Octavius courait comme un fou avec les autres pour arriver avant que les elfes ne traversent les ponts. Lui et tous ses compagnons soufflaient constamment, éreintés par les deux heures d'assaut qu'ils viennent de subir. Heureusement, les dernières réserves fraîches du Domaine se tenaient sur les murs comme leurs compatriotes avant eux. Ceux qui étaient montés plus tôt étaient partis en retraite aux camps, ils avaient tous dépassé le nombre de pertes acceptable donné par Naarifin lui-même, qui souhaitait économiser ses forces.
Une fois arrivé aux ponts, il n'y avait aucun elfe en vue et un détachement de mages de bataille attendait Victarion et ses hommes. Des Khajiits et des elfes commençaient à envahir le quartier alors que les archers de Val-Boisé leur donnaient une redoutable couverture depuis les murs. Victarion mit en formation ses hommes afin de parer les volées de flèches elfes et fit traverser les ponts à ses soldats. Octavius était à l'avant aux côtés de son père, ils n'avaient aucune idée de ce qui allait les accueillir dans les rues excepté des flèches. Ils se préparaient à toute éventualité.
Pendant les premières minutes de la contre-attaque, il n'y avait rien ni personne en vue, rien d'autre que le bruit des combats et des cris de douleur. Les murs n'étaient pas encore en vue, cachés par les maisons, et à chaque coin de rue, des ennemis pouvaient surgirent. La formation tourna finalement par une ruelle où l'attendait une volée de flèches. Les boucliers absorbèrent la nuée, et les sorts jetés par les mages furent déviés par les impériaux. Les tirs venaient de stopper la formation et pour l'engager un groupe de guerriers khajiits sortirent des tours du mur. C'étaient de grands guerriers avec des amures lourdes et des masques de combat représentant des bêtes sauvages. Pour n'importe quel mortel, ils étaient terrifiants.
Le choc des guerriers contre leur bouclier fit presque tomber les légionnaires, mais ils résistaient du mieux qu'ils pouvaient. Octavius tenait son bouclier en tentant de frapper en estoc. Soit il ratait, soit l'armure des Cathay déviait le coup sans broncher. Ces guerriers n'avaient rien à voir avec la levée qu'Ocavius et ses frères avaient combattue. Après une ou deux minutes coincés ainsi, d'autre Khajiits vinrent en renfort, des Senches. Ils furent jetés littéralement par leurs compères plus grands au-dessus de la ligne d'impériaux pour atterrir et les attaquer dans le dos. La manœuvre surprit tout le monde, et certains reçurent une épée courte entre les côtes. Heureusement, les mages de bataille les tuèrent bien vite avec leurs sorts et leurs lames. Garon éventra un des Khajiits et en brûla un autre alors qu'Armion fracassait un crâne et en pulvérisait deux de plus.
Le combat eut lieu entre deux maisons, créant ainsi un étranglement et sauvant les peaux d'Octavius et ses camarades. Toutefois, un des Khajiits prit son élan et poussa Octavius si fort qui tomba hors de la ligne à travers une porte de bois avec son opposant. Presque personne ne s'en rendit compte à cause de l'action et du stress sauf Garon et Ruvo. Ils ne pouvaient rien faire à part essayer d'avertir les autres et c'était avec horreur qu'ils continuèrent à se battre pour leur vie.
La pièce était sombre, éclairée uniquement par la cheminée et les fenêtres, une simple cuisine ordinaire avec de la nourriture et une table au centre de la pièce. Une femme cria et monta le plus vite possible à l'étage avec un enfant dans les bras alors qu'Octavius se relevait difficilement. Le Khajiit qui lui faisait face était plus expérimenté et plus fort, ses chances de victoire semblaient bien maigres. Il tenta une attaque, mais en vain, le Cathay l'esquiva et lui asséna un puissant coup à la mâchoire, lui faisant perdre son casque et l'équilibre. Puis, il enchaina avec un coup d'épée sur la clavicule, qui se bloqua dans l'armure mais causa une grande souffrance à Octavius. Un autre coup de poing avec un gang d'acier sur la mâchoire et Octavius tomba au sol, crachant son sang. Il ne pouvait plus rien faire, il allait mourir ici, dans cette banale petite cuisine, massacré par un membre de sa propre race. Il n'avait plus la moindre énergie, il ne sentait que douleur et étourdissement. Il avait peur, très peur et il ne voulait pas mourir, pas aussi jeune. Mais Talos ne pouvait rien pour lui, il avait beau prier aucun esprit ne descendrait du ciel pour le sauver… C'était la fin. Un glacial frisson lui traversa le dos quand son opposant leva sa lame…
Avant qu'il ne puisse frapper, Ruvo surgit de derrière et lui sauta dans le dos, lui plantant son glaive dans l'épaule. Le Khajiit laissa tomber son épée et, dans un élan de rage, se retourna en projetant Ruvo sur la table. Il atterrit sur le dos et rebondit de l'autre côté avant de se relever. Il donna quelques coups de poing mais le Khajiit les encaissa sans broncher avant de lui rendre la politesse. Finalement, après plusieurs violentes frappes, Ruvo aussi était vaincu. Il l'attrapa par la gorge et le souleva pour l'étrangler contre un mur. Ruvo se débattait comme il pouvait, griffant et frappant mais rien à faire, il avait une poigne d'acier. Octavius rassembla ses forces et bondit pour planter sa lame dans la cuisse de son adversaire. Il poussa un hurlement de douleur, ouvrant ainsi une fenêtre à Ruvo. Il attrapa une des dernières flèches de son carquois et il la planta directement dans la gorge de son ennemi. Le khajiit le lâcha et recula en tenant son cou qui saignait abondamment. L'Argonien s'effondra au sol en toussant alors qu'Octavius reculait. Une boule de feu surgit alors et frappa de plein fouet le Cathay-raht qui vola à l'autre bout de la pièce, mort. Garon se tenait dans le cadre de porte, le bras levé avec quelques flammèches sortant de la paume de sa main.
- C'est quand même moi qui l'ai tué… toussa difficilement Ruvo qui se relevait.
- Merci mon gars, ce bâtard avait ma peau.
- T'en fais pas, tu l'as dit toi-même, aujourd'hui on ne mourra pas mais on vivra en frères.
Ils quittèrent tous les trois la pièce pour rejoindre leur groupe. Les Khajiits venaient de reculer sous les ordres de leur général, il ne voulait pas sacrifier ses meilleurs hommes dans un combat perdu d'avance et l'arrivée de plus de renforts confirma les craintes des généraux du Domaine.
Naarifin avait eu l'action qu'il désirait, bien des soldats impériaux gisaient morts à ses pieds. Mais désormais ses pouvoirs étaient fatigué et les chevaliers impériaux reprenaient peu à peu du terrain, tuant quelques-uns de ses gardes au passage. Il regarda du haut des murs alors que les renforts que composaient Victarion et ses hommes s'apprêtaient à monter sur le mur. Il en avait assez vu et perdre plus d'hommes serait inutile. Il ordonna donc à ses soldats de retourner au camp. Il accordait la victoire de la journée aux impériaux, qui la savouraient, car ils n'en vivraient plus souvent dans les mois à venir.
Les chevaliers chargèrent une dernière fois, coinçant et massacrant plusieurs Altmers avant de se rendre compte que l'ennemi fuyait. Un des chevaliers se retourna vers son écuyer et lui ordonna d'informer le comte de leur victoire. Il s'exécuta le plus vite possible et, quelques minutes plus tard, la ville était totalement sécurisée.
Le carnage était impensable, les corps entassés d'elfes, d'hommes et de Khajiits recouvraient les points d'entrée sur les murs. Le sang coulait des remparts, offrant ainsi un macabre spectacle. Des dépouilles étaient même tombées, s'accumulant dans les rues. Même les douves étaient rouges, accueillant plusieurs corps qui flottaient à la surface, criblés de flèches. Les survivants étaient descendus des murs pour être soignés d'urgence. Les elfes encore vivants furent vite emprisonnés et descendus à leur tour des murs. Finalement ce fut le tour des morts, descendus un par un en civière. Les corps des elfes et des khajiits furent balancés du haut des murs pour être récupérés par les assaillants un peu plus tard.
Les bannières de la ville flottaient encore fièrement au-dessus de la cité, battant au vent et au rythme de la victoire durement arrachée aux forces du Domaine. Tous étaient à la fois heureux et tristes, ils avaient survécu et repoussé les ennemis comme ils l'espéraient, mais ils ne pouvaient pas célébrer avec tous leurs frères. Beaucoup avaient péri et ce n'était que le début d'un bain de sang. Octavius s'assit sur la grande place, devant la célèbre statue en massant sa mâchoire endolorie. Il avait passé très près de la mort à plusieurs reprise ce jour-là, tué environ quatre hommes et blessé bien d'autres de ses mains. Ses compagnons le rejoignirent avec eux aussi leurs histoires en bagage.
Ils venaient tous de tuer au moins un ennemi et les blessures abondaient : des entailles plus ou moins profondes à un poignet douloureux en passant par de nombreuses ecchymoses, personne n'y échappait. Tous tremblaient plus ou moins, même Ruvo qui était le plus froid du groupe était choqué, ses flèches avaient tué bien des ennemis. Tout le monde était heureusement là et debout. La journée avait été éprouvante et chacun voulait se reposer, mais le travail n'était pas terminé. Ils profitaient d'une pause bien méritée, méditant sur la situation, contemplant les amis qu'ils risquaient de perdre d'ici peu.
Victarion rejoignit la salle de guerre dans le château et y reçut le rapport de la situation. Des centaines de victimes étaient à déplorer des deux côtés et Naarifin semblait diviser ses forces. La ville allait assurément être assiégée, le Domaine ne pouvait pas se permettre de laisser une ville sous le contrôle impérial, et la chute de la cité priverait l'empire de précieuses ressources. Le principale de l'armée elfes devrais continuer son avancer infatigable en territoire impériale alors que le reste entourera la ville jusqu'à l'arrivée de plus de troupe. La ville pouvait tenir, mais pas très longtemps, quelques mois toute au plus. La bonne nouvelle était que la force en présence était suffisante pour repousser un autre assaut, la mauvaise est que l'empire n'allait pas envoyer d'autre troupe. La protection de la cité impériale est capitale, et les hommes manquent pour l'empire, chaque soldat est précieux et jusqu'à ce que d'autre troupe viennent gonfler les légions, risquer de perdre des hommes est un luxe qui n'appartient qu'au Domaine.
À peine quelques jours plus tard, [J'ai un exercice pour toi. Dans ce paragraphe, j'ai souligné trois verbes (ou plutôt deux, parce qu'il y a deux fois le même). Essaie de les conjuguer à un temps approprié. Si tu veux que je vérifie que la correction est juste, tu pourras me renvoyer le texte par e-mail] Victarion aurait un ordre à appliquer, que ça lui plaise ou non. L'empereur lui demanderait d'évacuer sa cohorte par le fleuve, des navires arrivaient bientôt sous le couvert de la nuit pour le récupérer lui et ses hommes afin de les ramener à la cité impériale. La 8ème Légion ne devait pas rester divisée et devait se rassembler au plus vite pour tenter de repousser le domaine hors des territoires impériaux.
Quelques heures après l'assaut, un pigeon arriva au château avec un message démoralisant :
Au Comte de Bravil
Les troupes du domaine envahissent Lenclume, nous tentons de résister mais ils sont trop nombreux. La 10ème lutte ardemment mais si la situation ne s'améliore pas, ils devront bientôt battre en retraite. Restez forts et protégez vos terres du mieux que vous le pouvez. Que Talos nous garde.
Empereur Titus Mede II
