Hello !
Tout d'abord, merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire les chapitres précédents ! Et un grand grand merci à ceux qui ont pris le temps de commenter !
Guest : Merci pour ta review ! Contente que tu sois déjà à fond dans l'histoire ! J'espère que ce Sasuke te plaira ^^
KnaD : merci beaucoup ! Alors, le combat est loin d'être fini !Mais effectivement, HInata n'a pas dit son dernier mot.
TheFoxy88 : Oui, Hinata plus de répondant que dans le manga, disons. J'essaye de garder un équilibre quand même, j'espère que tu continueras à apprécier ! Merci d'avoir commenter ! ^^
Cornelia : Merciii ! Et oui, Sasuke a des raisons de ne pas être content. On en saura plus un peu plus tard ..
bjasmine636 ; Tkt pas, Hinata ne cèdera pas aussi vite, et puis Sasuke ne va pas lui faciliter la tâche. C'est juste qu'il est beau et qu'elle n'y est pas insensible, ahah ! Mais on dirait que tu lis dans mes pensées car crtaines de tes réflexions sont reprises dans ce chapitre et le prochain ! :) Je te laisse lire alors ! Et merci beaucoup pour tes reviews !ET pour le PV Sasuke, j'hésite encore, mais ce n'est pas impossible :x
docteur biscuit : Merci ! J'espère qu'elle t'intéressera jusqu'au bout :D Merci d'avoir commenté !
Sakka-Sensei : Merci pour ton com ! Je sais pas si tu as vu, mais j'ai mis la traduction de la chanson dans le chap précédent, comme tu l'as très justement fais remarquer.^^ Oui, Hinata a plus de répondant que dans le manga, et Sasuke est plus complexe que ce qu'il veut bien laisser voir... J'espère que la suite te plaira !
Petit WARNING : la fic est rated M, car il y aura certains passages lemon, mais jamais trop poussés... Toutefois, ils ne sont pas centraux dans l'histoire, alors je les signalerai pour ceux qui voudraient les "sauter" sans toutefois se priver du reste de l'intrigue. Et justement, il y en a un à la fin de l'histoire... Bon, ça tue un peu le suspens, mais bon...
Sur ce...
Bonne lecture !
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HINATA
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Je prends congé de ma mère et de son nouveau mari, sans grand enthousiasme, je m'empresse de suivre Sasuke, qui se dirige vers la sortie. Une fois arrivée près de lui à l'entrée du restaurant, j'attends à bonne distance de lui qu'on nous amène sa voiture.
Tout ce que je veux, c'est rentrer me reposer. C'est la seule chose qui me fait encore supporter la présence de Sasuke ; la seule chose qui a fait que j'ai accepté de le suivre.
Je m'encourage mentalement à ne pas lui sauter à la gorge en repensant aux paroles insultantes qu'il a eues à l'égard de ma mère et de moi, quand je le vois du coin de l'œil sortir un paquet de cigarettes de sa veste et en allumer une. Je le regarde la porter à ses lèvres et expulser la fumée avec des gestes lents et fluides.
Moi, je n'ai jamais fumé, ni même essayé, alors que toutes mes copines de l'athlétisme ont commencé à le faire dans les toilettes du lycée. Je ne comprends pas quelle satisfaction on pouvait tirer d'inhaler de la fumée cancérigène qui non seulement imprègne les vêtements et les cheveux d'une odeur horrible, mais également nuise à des milliers de cellules de notre corps.
Comme s'il lisait dans mes pensées, Sasuke se tourne vers moi et, avec un sourire sarcastique, me tend le paquet.
- Tu en veux une ? me demande-t-il en prenant une nouvelle bouffée.
- Je ne fume pas… et toi tu ferais mieux d'arrêter, c'est dangereux pour la santé.
- Oh, parce que tu te soucis de ma santé, sœurette ? s'amuse-t-il.
- Pas le moins du monde.
En réponse, il inhale une nouvelle taffe et recrache la fumée droit sur moi.
Je toussote en agitant les mains devant mon visage pour dissiper la fumée, sous les rires de Sasuke.
Quel idiot !
Quand ma toux se calme, je fais un pas en avant et me tourne pour ne plus le voir.
Puis je sens sa présence derrière moi, mais je ne bouge pas. Je sursaute tout de même lorsqu'il recrache la fumée sur mon cou.
- Arrête de jouer à la méchante, ça ne te va pas, ricane-t-il.
Je l'ignore et me dirige vers sa voiture, qui vient d'arriver. Je regrette d'avoir mis cette stupide robe au lieu d'un pantalon, comme j'avais prévu. Ma frustration, ma colère et ma tristesse se sont accentuées au fil de la soirée, et les discussions déjà eues avec ce Sasuke m'ont tellement démoralisée que je suis au pire de ma forme.
Je m'empresse de boucler ma ceinture tandis que Sasuke démarre en marche arrière pour se placer sur l'allée vers la sortie.
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Une fois sur la voie rapide, mon nouveau « frère » accélère et se met à rouler à plus de cent vingt, ignorant délibérément la limitation à quatre-vingts-dix. Je ne peux réprimer un soupir de contrariété.
Sasuke se tourne vers moi.
- Y a deux trois petites choses qu'on doit régler avant de se rendre là où nous allons.
- J'avais deviné que tu n'allais pas réviser, si c'est cela qui t'inquiète, je lance en fixant le paysage.
- Perspicace, sœurette.
- Arrête de m'appeler comme ça !
Ça le fait marrer.
- Alors ? Où est-ce que tu vas ? je demande sans réussir à cacher mon irritation grandissante.
- A une fête.
Je plisse les yeux et le regard d'un air suspicieux.
- Quelle genre de fête ?
- Le genre dont il ne faudra pas parler aux parents en rentrant, répond-il calmement en gardant les yeux fixés sur la route. Ça, c'est la première des choses à savoir. La deuxième est qu'une fois qu'on sera là-bas, je compte sur toi pour ne pas traîner dans mes pattes. A la maison on joue peut-être à la famille parfaite, mais dehors, à Konoha, c'est mon monde à moi, compris ? lance-t-il d'un ton grossier, comme s'il ne pouvait plus me supporter une minute de plus.
Ah, mais alors nous sommes deux.
J'esquisse un sourire plein de sarcasme et de mépris.
- Alors tu es comme ça, Sasuke Uchiwa. Devant les parents tu joues au fils parfait et dès qu'ils ont le dos tourné, tu te files à des rave party ? Si ma mère savait ça…
Je n'arrive pas à y croire. Peut-être que ma mère est tombé dans le panneau, mais moi, dès le départ j'ai su que quelque chose clochait chez ce garçon.
Peut-être qu'en l'apprenant, ma mère reverra ses projets de famille parfaite et mettra fin à cette mascarade. Après tout, si le fils joue double-jeu, qui nous dit que le père ne fait pas pareil… ou pire ?
- Ta mère n'en saura rien, affirme Sasuke sans me regarder.
- Ah oui ?
- La première des conditions pour que je te laisse venir avec moi est de ne pas en parler à qui que ce soit.
Je hausse les sourcils.
- Qui t'a dit que je comptais venir avec toi ? je lance. Ramène-moi à la maison, c'est tout ce que je demande.
- Ce n'est pas dans mes plans.
- Quoi?!
- J'ai pas le temps de passer par la maison, répète-t-il plus fort (mais j'avais déjà parfaitement entendu la première fois). Alors tu la fermes et tu viens avec moi.
J'ouvre des yeux grands comme des soucoupes.
- Dépose-moi à la maison.
- Non.
Je n'en peux plus de cette soirée, de cette journée, de cette vie.
- Si tu me déposes pas à la maison, je balance tout à nos parents!
J'ai élevé la voix, car je suis à bout de nerfs : un peu plus et je me mets à crier comme une possédée. Je suis consciente de mon mauvais caractère et ce n'est vraiment pas dans mes habitudes de m'énerver comme ça, mais le monde semble tourner à l'envers ces derniers temps.
- Putain, mais c'est quoi ton problème ?!
Lui aussi a élevé la voix.
- Pour qui tu te prends, à me parler comme ça ?! m'écrié-je, hors de moi.
Sasuke tourne brusquement le volant et appuie sur le frein avec tant de force que, si je n'avais pas eu ma ceinture de sécurité, j'aurais été projetée à travers le pare-brise.
Dès que je récupère un peu récupéré de ma frayeur, je jette un coup d'œil alarmé en arrière et vois deux voitures braquer vers la droite pour nous éviter. Les coups de klaxon et les insultes me laissent momentanément sonnée. Puis je réagis.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?! je couine, terrorisée à l'idée qu'on nous rentre dedans.
Sasuke me regarde avec le plus grand sérieux, imperturbable.
- Sors de la voiture.
Médusée, j'ouvre tellement grand la bouche que cela doit sembler comique.
- Tu plaisantes.
- Je ne le répéterai pas, me prévient-il du même ton calme.
Il dépasse vraiment les bornes.
- Eh bien, tu vas devoir m'y contraindre, car je n'ai pas l'intention de bouger, je réponds avec un regard aussi froid que le sien.
Il coupe le contact, descend de voiture en laissant sa portière ouverte. J'ouvre des yeux grands comme des soucoupes en le voyant contourner la Volvo par l'arrière et s'approcher de ma portière.
Franchement, ce mec fout les jetons quand il se fâche et, à cet instant, il a l'air plus furieux que jamais. Mon cœur se met à battre follement en sentant cette émotion si familière, ancrée au fond de moi… la peur.
Il ouvre ma portière d'un coup sec et répète :
- Sors de la voiture.
Je réfléchis à toute vitesse. Il est complètement cinglé, il ne peut pas me laisser en plan sur une route au milieu de nulle part.
- C'est hors de question.
Ma voix tremble et je me maudis moi-même d'avoir été si insolente. Une peur irrépressible me noue les tripes. Mes yeux balayent rapidement les ténèbres. Je sais que, s'il m'abandonne ici, je perdrai tous mes moyens. J'ai peut-être dix-sept ans, mais je suis incapable de me sortir de ce genre de situation.
Alors, il me surprend une nouvelle fois : il m'attrape par le bras et me jette par-dessus son épaule, si vivement que j'en ai le souffle coupé. Malgré mes protestations, il me porte jusqu'au bas côté et m'assied de force sur la barrière de sécurité. Je me redresse d'un bond.
- Mais t'es complètement cinglé ?! je lui crie au visage.
J'ai un geste de recul involontaire quand je me rends compte de sa soudaine proximité. Nos nez se touchent presque, et comme je suis plus petite que lui, Sasuke s'est penché pour être bien sûr que je nous soyons à la même taille. Son visage n'est éclairé que par la lumière des phares voitures qui nous dépassent, mais je peux voir la menace sourde dans ses yeux.
- Je répète, dit-il d'une voix calme et terrifiante. Sois tu promets de te tenir tranquille et de ne rien dire de cette soirée à nos parents, soit, je te laisse ici et tu n'auras qu'à rentrer à pieds. A toi de voir.
- Tu ne le feras pas.
- Je te promets que si.
- Tu ne me laisseras pas toute seule au milieu de nulle part.
Il ricane, mais pas de joie.
- Donne-moi juste l'occasion de te montrer à quel point j'en ai rien à foutre de ce qui peut bien t'arriver, soeurette.
Il l'a dit avec tellement de mépris que j'en frémis. Je ressers mes bras autour de ma poitrine, soudain prise de frisson. Je scrute les yeux sombres de Sasuke, qui demeure imperturbable. Il a ce fichu rictus au coin des lèvres.
Ça ne fait même pas 24h qu'on se connaît, mais déjà, je ne peux plus le supporter. Ne pouvant soutenir son regard une seconde de plus, je regarde autour de moi. Je ne sais absolument pas où on se trouve. Pas de restaurants, ni de snack ou de station essence en vue - aucun endroit où je puisse me réfugier. Quant à mon téléphone portable, il vibre depuis mon retour de footing pour me signaler que la batterie se décharge, et comme je n'ai pas eu le temps de le charger...
Comment est-ce que je m'y prends pour toujours me retrouver dans des situations pareilles ?
- D'accord.
Je l'ai dis doucement, mais il m'a entendu.
- D'accord, quoi?
- D'accord, je viens avec toi.
- Et ?
- Et je ne dirai rien aux parents ! je lance plus fort.
Il me regarde encore quelques secondes, fouillant de ses yeux noirs dans les miens, à la recherche de la vérité.
Il est si près que je sens l'odeur de son parfum musqué et de sa peau. Si près que je sens son souffle chaud frôler ma peau. De loin, je suis certaine qu'on pourrait penser qu'on est sur le point de s'embrasser. Mais non ! En réalité, ce cinglé est en train de me menacer ! je cligne des yeux sans pouvoir m'arrêter - un tic nerveux dont je suis incapable de me défaire.
- Bien.
Sans un mot de plus, il s'éloigne pour regagner son siège.
De nouveau, je frissonne, mais pas de peur, de froid.
Sans attendre de me remettre de mes émotions, je regagne l'habitacle de la voiture à mon tour et noue ma ceinture de sécurité avant qu'il ne change d'avis. Je me cale sur le siège en cuir, droite comme un "i", sans oser bouger ou le regarder. C'est à peine si je respire.
Quand je m'aventure à zieuter vers Sasuke, je constate qu'il réprime un sourire.
Comme je le déteste !
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Vingt minutes plus tard, nous arrivons près d'une plage, devant une villa aux proportions gigantesques. Mais ce n'est pas sa taille qui me laisse bouche bée, c'est la quantité de personnes qui s'y trouve, entassées un peu partout : sur les escaliers de l'entrée, dans l'allée et partout alentour. C'est à peine s'il reste un mètre carré de pelouse vide.
La musique s'entend à des kilomètres à la ronde et elle est si forte que j'ai l'impression que ma boîte crânienne va exploser.
Sasuke gare sa Volvo dans la rue d'en face, puis nous sortons de la voiture et nous avançons sur l'allée qui mène à l'entrée de la villa.
J'ai l'impression d'avoir atterri dans l'une de ces fêtes que l'on voit dans les films comme Fast and Furious. C'est de la folie. Des fûts de bière et bouteilles d'alcool sont éparpillés dans tout le jardin avec, autour, plein de mecs qui vocifèrent et s'encouragent à boire. Les filles se promènent en maillot de bain, voire en sous-vêtements. Des couples se bécotent allègrement sur la pelouse du jardin, dans la piscine, sur le capot des voitures.
Je prends un air dégoûté en voyant un couple qui se tripote contre le mur de la maison, sans se préoccuper du fait que tout le monde puisse les observer. C'est dégoûtant.
- Toutes les fêtes auxquelles tu vas sont comme ça ?
Je repense à la seule fête à laquelle j'ai jamais assisté. J'avais douze ans, et ma meilleure amie de l'époque avait invité des filles et des garçons de la classe pour fêter son anniversaire. Un désastre ! Pour moi. Pas pour ls autres. Rapidement, les couples s'étaient formés et toutes mes copines enchaînaient les slow sur la piste de danse avec leur chéri tandis que je patientais sur ma chaise que ma mère vienne me chercher. Bon, je sais, j'avais douze ans. Mais je crains que les choses n'aient pas vraiment changées…
- Pas toutes, répond Sasuke. Celle-ci est plutôt sage, on dirait, ajoute-t-il, ce qui me déconcerte.
- Sage ?
Sasuke éclate de rire devant mon air horrifié. Un rire franc et sincère, qui me cloue sur place.
Puis il me prend la main pour m'entraîner à sa suite.
Ses doigts sont chauds et je me sens un peu rassurée par sa présence. Cette fête a de quoi intimider n'importe qui, et encore plus une fille comme moi.
- Je veux dire que n'importe qui peut pas y assister, précise-t-il tandis qu'on se fraye un chemin jusqu'à la porte parmi la foule pour entrer.
Le rythme de la musique est si effréné et répétitif qu'il s'insinue dans les tympans et devient carrément douloureux.
- Que veux-tu dire ? crié-je pour couvrir le son des basses.
L'endroit est bondé au max ; la fête a commencée depuis longtemps. Je constate que la plupart des invités sont beaucoup plus vieux que moi.
Sasuke me pousse alors vers l'une des salles où la musique est un peu moins forte. Je pouvais au moins parler sans me casser les cordes vocales.
- Il faut de payer l'entrée pour venir, m'explique-t-il. (Pendant ce temps, il salue plusieurs types qui se trouvent là. Ça ne me plait pas de voir que ses amis ont une allure aussi horrible que tous les autres.) Mais une fois dedans, on trouve tout ce qu'il faut pour passer une bonne soirée.
- Mhh….
Génial. Où est-ce que je me suis encore fourrée ?
Je regarde les couples vautrés sur les canapés et ceux qui dansent au rythme de la musique : i la fois des personnes riches, avec des vêtements très coûteux, et des personnes qui peuvent venir du pire quartier du coin. Le résultat est un mélange explosif, sans aucun doute.
- Je crois que ce n'était pas une bonne idée, avoué-je alors. Ramène-moi à la maison et je te promets que je ne dirai rien aux parents.
Mais quand je me tourne vers lui, je m'aperçois que Sasuke a filé.
Super.
Je ne sais plus très bien quoi faire, maintenant que le seul garçon que je connais m'a tourné le dos.
Je me dirige vers la cuisine, où il y a moins de monde, avec l'intention de prendre un verre d'eau fraîche. Je ne sais pas encore si je vais le boire ou me le renverser sur la tête pour me réveiller de ce cauchemar. Quelle journée interminable !
Qu'est-ce que je fais là ? En ce moment, je devrais être en pyjama, roulée en boule avec un bouquin. Ou je pourrais être sur Skype avec ma meilleure amie, qui me manque terriblement. Je préférerais même discuter avec Fugaku plutôt que de me trouver dans cette fête horrible, avec cette bande d'inconnus alcoolisés.
- Hinata !
Une fille complètement saoule arrive droit sur moi. Des mèches de cheveux rose sont plaquées sur son visage en sueur.
- Salut ! Comment tu... Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu fais là ?
- Euh... Pardon ? fais-je, décontenancée.
La fille se met à glousser.
- Je m'appelle Sakura. Et on ne s'est jamais rencontrées.
C'est bien ce qu'il me semblait…
Je fronce les sourcils encore plus fort, complètement perdue… Et quelque peu effrayée aussi.
- Alors… comment tu connais mon nom ?
- Je t'explique. Mon père est le directeur du lycée privé de Konoha.
- Oh… Et tu as eu accès à mon dossier de candidature, c'est ça ?
Elle frappe dans ses mains avant de me pointer du doigt.
- Alors toi, tu es vraiment trop intelligente !
- Je vais surtout être trop mouillée si tu ne redresses pas ce verre...
Je replace doucement la main de Sakura à la verticale pour contenir la bière qui goutte déjà par terre et sur mon jean.
- Oh... Est-ce que j'en ai renversé sur toi ?
Là-dessus, elle ferme les yeux et commence à plisser très fort les paupières en souriant. Face à mon absence de réaction, elle grimace.
- Qu'est-ce que tu fais ? je lui demande.
- Un clin d'œil !
- De là d'où je viens, ça s'appelle avoir l'air trop bourré.
- Bourré ?! reprend Sakura avant de faire vibrer ses lèvres en postillonnant un mélange de salive et de bière qui atterrit droit sur moi. Alors là, n'importe quoi !
- Écoute, tu as vraiment l'air très... (je suis interrompue par le rot retentissant que Sakura vient de lâcher...) sympa, et la fille bizarre que je suis te remercie de lui faire l'honneur de lui parler, mais je crois que tu devrais aller t'allonger un peu.
- Alors toi, tu es trop marrante ! Qui t'a invitée ?
- Sasuke.
- Sasuke Uchiwa ! s'exclame-t-elle comme si je venais de lui annoncer que je venais de Mars. Et à quelle folie tu t'es livrée pour avoir ce privilège, heinnn? .
Je grimace de dégoût à l'idée de ce qu'elle sous-entend. Apparemment, en plus d'être un imbécile fini et un psychopathe, mon grand frère était un coureur de jupons.
- Aucune, beurk ! Il a juste été un peu… obligé de m'amener.
- Aaaaah mais ouiiiii ! Qu'est-ce que je peux être bête parfois ! (Elle se tape le front avec de la paume de la main droite) C'est ton frère !
- Heu, non. En fait, nos parents se sont mariés, je corrige poliment.
- Ce qui fait de lui ton frère.
- Non, vraiment pas.
Elle roule des yeux.
- Si.
- Non.
- Heu… si.
- Puisque je te dis que non !
Je ne sais pas pourquoi je m'en prends à elle. Ce n'est pas sa faute, la pauvre.
Ça doit être le contrecoup de cette journée affreuse, qui a commencé par un déménagement que je n'ai pas voulu, s'est poursuivi par un altercation avec des chiens, puis un restau et de nouvelles tensions avec Sasuke, pour finir ici, complètement abandonnée et au lieu d'en être soulagée, je suis juste terriblement déçue de la tournure des événements.
C'est en maternelle qu'on aurait dû me coller, pas en Terminale.
Sakura agite les mains devant mon visage.
- Oh, ça va, ça va, relaxe, hoquète-t-elle. Tu veux un peu de punch ?
- Il est alcoolisé ? je demande en jetant un coup d'œil à un grand saladier rempli de liquide rouge.
- Évidemment ! Tout ici est alcoolisé, même l'eau ! Sauf celle des chiottes, mais je te déconseilles de la boire, elle est pleine de...de... caca, finit par articuler Sakura.
- Ok, va pour un verre de punch... , dis-je sans grande conviction.
Sakura sautille et titube jusqu'au bar. En attendant qu'on la serve, plusieurs garçons tournent autour d'elle comme des requins. On dirait qu'ils attendent le moment où elle sera trop ivre pour protester.
Je leur lance un regard noir, et suit ma nouvelle copine du regard jusqu'à ce qu'elle revienne près de moi.
- Tiens ! me dit-elle en me tendant mon verre de punch.
Je m'en saisis sans même prendre le temps de voir ce qu'il contenait. Ma gorge est si sèche que toute boisson est la bienvenue.
Ça me brûle la gorge et m'enflamme la poitrine. En dépit de mes efforts, je ne parviens pas à réprimer la toux lamentable qui m'échappe. Des larmes me remplissent les yeux et Sakura rit de bon cœur.
- C'est du punch, ça ?!
- Huh huh, dit-elle en secouant acquiesçant de la tête. Un punch spécial fête. Dis... Tu viens d'où, déjà ? demande Sakura.
Maintenant qu'elle ne titube plus, je peux l'observer de plus près.
Ses yeux sont d'un vert clair éclatant et sa peau est rosé, un peu comme celle d'un bébé. Ses cheveux sont teints de rose, mais ça lui va bien. En fait, je suis persuadée que cette couleur n'irait qu'à elle.
Sakura est jolie. Même bourrée, avec un maquillage qui a coulé et une coiffure approximative, elle reste plus jolie que la plupart des filles de la soirée. Et surtout plus que moi.
- Je viens de Kyoto, dis-je. Enfin, de la banlieue, un petit village à côté en fait.
- Mmm...
Elle glousse avant d'avaler cul sec son restant de bière. Pile à ce moment-là, l'un des invités ouvre une boîte de saucisses cocktail et commence à en balancer sur l'assistance. Des filles crient et les retirent de leurs cheveux tandis que les garçons s'en jettent à la figure. Une saucisse vole soudain dans notre direction, pour finir sa course dans le lustre.
- Ouh là ! La mère de Shikamaru ne va pas trop apprécier..., commente Sakura.
- Je suis sûre que ses parents sont des snobs pétés de thune.
Comme le père de Sasuke, pensé-je.
- Comment tu le sais ? Son père est CDG, ou je ne sais pas quoi.
- PDG…
- Ouais, c'est ça ! Ça doit être super important, comme boulot. Mais j'y ai beaucoup réfléchi et je ne vois pas très bien comment un boulot de trois lettres pourrait être aussi important que ça.
- Alors là, je pense que tu viens de mettre le doigt sur un truc. Un truc super bourré, mais un « truc » quand même.
Sakura m'adresse un large sourire avant de se pencher vers moi pour attraper une mèche de mes cheveux.
- J'adore tes cheveux…
- Merci…
- Oh ! C'est ma chanson ! s'exclame-t-elle d'un coup en entendant Thrift Shop. Viens, on va danser !
Sans me laisser le temps de protester, Sakura m'attrape par le bras et m'entraîne ensuite vers la piste de danse improvisée au milieu de l'immense salon. Après plusieurs minutes, quelques garçons viennent nous rejoindre. Sakura lève les bras au-dessus de sa tête et virevolte avec une grâce aussi féline que sensuelle. Je me sens bientôt ridicule, complètement gauche à côté d'elle. A ma grande surprise, je dérive au son de la musique en laissant le tempo se répercuter dans ma poitrine, dans mon corps en entier. Ma tête ballotte, mon esprit s'étourdit, les images devant mes yeux s'embrouillent. L'alcool commence à faire son effet. Je ne pensais pas qu'un petit verre de punch me ferait cet effet-là.
- Tu sais où est Sasuke?
Elle agite sa tête de gauche à droite. Impatiente, je quitte la piste de danse. Je me fraie un chemin entre les corps qui se frottent les uns contre les autres, je tourne la tête dans toutes les directions, en vain. Peu importe où je pose les yeux, Sasuke demeure invisible.
Je m'en veux un peu de la planter au milieu de la piste, complètement bourrée, entourée de tous ces garçons. Mais je n'aime pas du tout l'effet de cet alcool sur moi, et j'aimerais bien rentrer à la maison.
.
Une quinzaine de minutes plus tard, je renonce à l'idée de retrouver Sasuke. Il a l'air de s'être complètement évaporé.
En désespoir de cause, je gravis les marches du grand escalier qui mène à l'étage. Depuis un moment, je vois des gens monter et descendre, mais l'entrée est sérieusement gardée par un type plutôt costaud, (par excès de graisse, pas de muscle).
- T'es bourrée ? me demande-t-il sans autre cérémonie.
- Heu… non.
Au même moment, un vertige me saisit. Je vacille, reprends difficilement mon équilibre en me cramponnant à la rampe. Je m'appuie contre le bois froid, la tête baissée, le souffle court, nauséeuse. La vodka et moi, ça ne fait franchement pas bon ménage. Au bout de quelques minutes, mon estomac reprend sa place habituelle, mais mon crâne continue de bourdonner. Je ferme les yeux en respirant lentement. Lorsque je les rouvre, mon regard tombe presque immédiatement sur le type de l'escalier.
- Si, t'es bourrée, en conclut le type. Aucune fille ne monte à l'étage si elle est bourrée.
D'abord, je ne comprends pas où il veut en venir. Puis un couple arrive à notre hauteur, visiblement très excité. Le mec demande à la fille si elle est bourrée, et elle répond que non, mais on voit bien qu'elle n'est pas nette.
- Pas question, lance monsieur costaud. Shika a été très clair. Aucune fille bourrée n'a accès au chambre, désolé mec, dit-il en s'adressant au garçon.
Apparemment, il est déçu.
- Allez, Chôji… sois sympa! plaide-t-il.
Quel connard ! J'espère que Chôji ne va pas lâcher le morceau.
- Aucune chance mec. Maintenant, tu vas gentiment la poser sur un canapé et la laisser décuver en paix. Et attention, si je te surprends en train de batifoler avec elle, je dis à Shika de te blacklister de toutes ces fêtes.
Prend ça !
L'avorton n'a pas l'air content, mais il obéit. En les regardant s'éloigner, je comprends pourquoi Chôji m'a interdit l'accès à l'étage.
- Écoute, heu… Chôji, c'est pas ce que tu crois. Je ne vais rejoindre personne en haut ! En fait, je cherche Sasuke.
- Sasuke ? Il est déjà en haut, désolé…
Il n'a pas l'air désolé du tout, plutôt dégoûté, je dirais.
- Ok. Est-ce que tu peux me laisser monter, il faut absolument que je le voie!
Cette fois, Chôji lève les yeux au ciel.
- Vous êtes toutes pareilles les filles… Quand est-ce que vous allez arrêter de vous faire du mal? Les types comme Sasuke ne sont pas fait pour les relations suivies.
Je grimace. En l'espace d'une soirée les deux personnes à qui j'ai adressé la parole m'ont prêté une relation avec mon abruti de "nouveau frère".
- Non ! je m'offusque. Ce n'est pas ce que tu crois ! Sasuke est… est… mon frère.
ça m'écorche la gorge de le dire. Et ça a l'air d'avoir l'effet d'une bombe sur Chôji.
- Sasuke a une sœur ? s'étonne-t-il.
- Ouais. Enfin… si on veut. Nos parents se sont mariés, c'est tout, j'explique.
- Oh. Ah ouais, j'en ai entendu parlé, dit-il en secouant la tête. T'es la fille de la nouvelle femme de son père.
- Exact.
Chôji me considère longuement, sans rien dire. Je me tortille nerveusement, gênée.
- Ok, tu peux passer, dit-il finalement. Mais je ne suis pas responsable de ce qui tu verras là-haut. Troisième porte sur la droite. Je te conseille de frapper avant d'entrer.
- Super ! Merci !
Il se décale et je me lance à toutes jambes dans les escaliers.
.
.
Je traverse l'étage d'un pas rapide, et m'arrête devant la troisième porte sur la droite, suivant les instructions de Chôji. Elle est au fond d'un long couloir peu éclairé.
Je frappe mais je n'obtiens pas de réponse. Est-ce qu'il est là au moins ? Je frappe à nouveau, plus fort cette fois-ci, mais je n'entends toujours rien. Pour en avoir le cœur net, j'appuie sur la poignée de sa porte pour l'ouvrir, et j'épie à partir d'un coin de l'entrée de ce qui ressemble à un petit salon.
Puis, je m'arrête. Net.
« Mais qu'est-ce... ! »
La pièce est plongée dans le noir, et la seule lumière est la lueur tamisée d'une lampe de chevet.
Je ne peux que rester là, mince, les yeux irrités, et une boule a grossi dans ma gorge quand je vois un garçon étendu presque à poil par-dessus une fille.
Je détourne tout de suite le regard et ferme les yeux.
Je me tourne gauchement vers la porte, car je ne veux pas qu'il — ou elle — me voie, mais...
- Sasuke, dit la fille en haletant. Encore. S'il te plaît.
Et je m'arrête, incapable de bouger. C'est Sasuke ?!
« Va-t'en, c'est tout, Hinata. Tu t'en fous. »
Je serre la poignée, j'aspire à petites goulées, mais je ne bouge pas. Je ne peux pas.
Je ne sais pas pourquoi mes mains tremblent.
Je mordille ma lèvre inférieure, je me rapproche de nouveau lentement du coin et je le vois avec la fille.
Mon cœur cogne comme un marteau-piqueur dans ma poitrine.
LEMON!
La fille est complètement nue, étendue sur le ventre sur le canapé. Sasuke est étalé par-dessus elle et à voir son pantalon baissé en bas de son derrière et les poussées de ses hanches, il la pénètre. Avec le clair de lune qui passe par la fenêtre, je distingue tout juste le V de son torse qui descend vers ses abdominaux.
Il ne s'est même pas complètement déshabillé pour faire l'amour à une fille. Il ne peut même pas lui voir le visage. Ça ne m'étonne pas. Avec l'arrogance qu'il étale, Sasuke peut faire tout ce qu'il veut.
En s'appuyant sur un bras, il se sert de l'autre pour lui couvrir le visage et lui tourner le menton vers le haut avant de se pencher et de lui couvrir la bouche avec la sienne.
Personne ne m'a jamais embrassée ainsi. Ou je n'ai jamais embrassé comme ça.
La fille — ses longs cheveux blonds étalés autour de son visage et répandus sur ses épaules — lui rend son baiser à toute volée, et les mouvements de leurs mâchoires sont synchronisés, tandis qu'il la malaxe de sa langue et de ses dents.
Les hanches lisses et sculptées de Sasuke bougent grâce à des mouvements lents et délicieux tandis que sa main laisse le visage de sa partenaire pour lui parcourir le dos, puis la glisser sous son corps pour lui prendre le sein. Il ne fait pas une seule chose à la fois. Chaque partie de son corps s'y met, et tout ce qu'il fait parait exquis.
Il garde le rythme tout en lui murmurant à l'oreille, et comme si elle avait reçu un ordre, elle pose passivement un pied au plancher, plie le genou et arque le dos.
Ça ne m'est jamais arrivé. Jamais je n'ai été à bout de souffle, comme elle. Suffoquée, désespérée. Passionnée, affamée.
Jusqu'à maintenant, mes histoires d'amour se comptent sur les doigts d'une main, et n'étaient toutes que des histoires éclairs de collège. Au lycée, j'ai préféré me concentrer sur mes études. Et ça me convenait. ça me convient.
Mais maintenant, à voir ça...
FIN LEMON
Je réprime un halètement, aspire une goulée d'air, puis je déglutis de nouveau.
Mon cœur s'agite, j'ai les tempes fiévreuses. Le souffle me manque. Une nouvelle vague de nausée m'assaille. Oh non, ce n'est vraiment pas le moment !
- Ouille ! je grogne en sentant de la bile me brûler la gorge, et je recule en trébuchant et en heurtant l'autre mur de l'entrée.
Zut...
Tant bien que mal, j'ouvre la porte et me jette dehors sans me retourner.
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Voilà pour aujourd'hui ! Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
J'attends vos reviews ! ^^
Et voici l'extrait du prochain chapitre :
"- J'ai vu une fille du village de Kusa, finit par dire Sasuke. Une certaine Karin. Elle m'a donné ça.
J'ai la tête qui tourne et la bile au bord des lèvres. Mais je vois Sasuke remettre à Ino un bout de papier, que je reconnais parfaitement puisqu'il s'agit du bout de papier que la serveuse lui a donné toute à l'heure - un bout de serviette.
Karin ? La serveuse du restau ? C'est quoi cette histoire ?
Ino lit silencieusement le bout de papier tandis que je me concentre pour ne pas vomir.
- Voilà qui va rendre la course encore plus intéressante, lance Ino avec un sourire. J'ai hâte d'y être. "
