Crossover: Harry Potter/Black Butler: "Le grand patron"
L'appel musical
Avertissement: voir prologue
Swiny:
Tout d'abord, avant de démarrer votre lecture, merci pour tous vos commentaires, cela fait toujours chaud au cœur et me motive. Alors, aujourd'hui, il y a trois choses que j'aimerai signaler:
Où on en est?
Tout d'abord, cette fois, la reprise est dans la saison 1 à l'épisode 11 pour ceux qui suivent l'anime.
Le sondage:
Ensuite, après avoir compter les vote que j'ai eu par MP, commentaire et via le sondage sur mon profil. Voici les résultats dans l'ordre: 0 voix pour Claude (pourquoi tant de haine?) , 2 voix pour la mort (C'est toujours mieux qu'un) , et enfin, on a presque eu une égalité avec Sébastian et Undertaker avec 16 voix chacun mais j'ai eu un vote de dernière minute pour Undertaker qui l'a fait grimper à 17 voix contre les 16 de Seby. C'est donc notre loufoque favori qui l'emporte.
Inquiétude sur le slash:
J'ai vu que quelques uns d'entre vous était inquiet pour le slash possible d'Harry. Ce qui ressort pour cette minorité de personne est qu'ils ont peur que cela vira à la romance ou que le scénario en pâtisse, voire que cela vire avec des scènes matures d'origine sexuels malgré la notation "T" de ma fanfiction.
A cela, je leur réponds ceci: Ma fanfiction n'avait pas pour origine d'abriter un slash. Il n'est donc nulle part prévu de rajouter une scène de ce genre dans ma fanfic et donc, le pire qui puisse arriver est un sous-entendu ou un baiser court. De plus, mon histoire ne risque certainement pas de virer à la romance en aucune façon, ce n'est pas son but et je ne souhaite pas avoir un développer de ce genre pour cette histoire. Enfin, l'ajout de ce slash ne déformera pas le scénario puisque celui-ci est centré sur les problèmes d'Harry plutôt que ces affaires de cœur. Au pire, cela ne le modifiera pas. Au mieux, cela rajoutera un élément supplémentaire pour complexifier l'intrigue sans pour autant insister dessus (comme beaucoup d'auteur de fanfiction font à mon plus grand regret d'ailleurs).
Voilà, j'espère que cela vous aura rassurer, si jamais vous voulez en parler, n'hésiter pas à poser une question sur tumblr ou à me MP.
Conclusion:
Je vous souhaite une bonne lecture et j'attends avec impatience vos commentaires!
POV HARRY
Il y avait une lettre qui n'avait pas été ouverte par le jeune homme. Harry ne savait pas pourquoi mais la simple présence de ce morceau de papier encore dans son enveloppe noire l'agaçait prodigieusement. On aurait presque dit que la missive, avec son emplacement si innocent au centre de son bureau associé à l'apparence si flagrante de l'enveloppe cherchait à se moquer d'Harry avec une blague que le jeune homme ne comprenait pas encore.
Pourtant, malgré la moquerie illusoire qu'elle semblait dégager de par sa simple présence, le garçon ne chercha même pas à délier le ruban afin d'ouvrir l'enveloppe noire. Il ne savait pas trop pourquoi il ne cherchait pas à le faire puisqu'elle pouvait aussi bien contenir une invitation à une sorte de fête macabre ou un nouveau travail qui lui permettrait de se remettre en selle potablement… Mais Harry ne faisait pas suffisamment confiance au contenu avec ces tripes qui lui hurlaient littéralement de ne pas chercher à savoir ce qu'elle contenait. Et s'il y a bien une chose qu'Harry écoutait toujours, c'était ces instincts et ces tripes.
Bien entendu, la tentation aurait été moins grande s'il n'était pas actuellement dans les 3 heures du matin et si le sommeil, ce traitre, daignait enfin envahir son esprit… Seulement voilà, la tentation était bien présente et après ces quelques jours de sommeil perturbés par une mélodie enfantine modifiée chaque fois qu'il tentait de fermer les yeux, il en avait définitivement marre. En ce moment-même, bien qu'il ne l'entende pas, il pouvait encore entendre dans le fond de sa tête cette fichue mélodie connu comme « my fair lady » qui semblait avoir été changé pour correspondre au maître de la mort lui-même.
« Faisons-le d'immortalité, faisons-le, faisons-le, faisons-le d'immortalité, my fair lady »
Raaaaaaa ! Il en avait vraiment marre ! Il avait vainement essayé de comprendre pourquoi il entendait cette parodie musicale grotesque dans des moments plus qu'aléatoire ces derniers jours. Mais il ne semblait y avoir aucun élément déclencheur, personne ou quelque chose d'autres dans le même genre qui déclenchait l'apparition soudaine de la musique. La seule chose qu'il avait réussi à obtenir, c'était que la musique n'avait résonné qu'après sa balade à la foire du givre. A part cela, c'était le flou total.
Et évidemment, comme il ne savait pas ce qui déclenchait la mélodie (surtout pendant ces heures de sommeil plus qu'aléatoire). Il ne pouvait pas non plus l'arrêter. Et voilà donc, comment monsieur Harry James Potter, le très célèbre maître de la mort, en était réduit à fusiller du regard un vulgaire bout de papier en espérant de tout son cœur que celui-ci puisse conjurer un peu de sommeil grâce à l'absence de réponse envers son nouveau propriétaire bien trop éveillé malgré ces meilleurs efforts.
D'accord, peut-être que le manque de sommeil et les nombreuses hausses de mauvaises humeurs commençaient un peu trop à se faire ressentir… Mais bon, il faut dire que la dernière personne ou chose qui l'avait empêché de dormir pendant plusieurs nuits d'affilés avait été un seigneur des ténèbres aux tendances légèrement sadiques. Comment quelqu'un pourrait le blâmer pour sa mauvaise humeur quand une situation aussi similaire qu'horrible de sa première vie recommençait ?
-Est-ce que tu es maudite ? Demanda-t-il à l'enveloppe noire qui, étonnamment, ne lui répondait pas.
Si seulement elle avait été maudite avec un bon vieux sortilège comme dans le premier monde, au moins, il aurait pu dormir ou au moins, justifier sa mauvaise humeur encore plus. Avec un peu de chance, ce bout de papier aurait été le catalyseur d'une malédiction jouant la mélodie à chaque fois qu'Harry essayait de dormir. Il aurait donc pu annuler le sort. Mais non, ce n'était juste qu'un innocent morceau de papier qui semblait lui donner l'épaule froide comme… A peu près tous les objets de cette pièce en fait.
Le jeune homme frappa sa tête lentement sur la table alors que son esprit tentait de faire face au dilemme affreux qui se présentait depuis que le manque de sommeil s'était fait sentir si cruellement : Ouvrir l'enveloppe ou ne pas l'ouvrir.
D'un côté, il saurait enfin le contenu de cette lettre qui le rendait si mal à l'aise. Elle pourrait éventuellement lui donner du travail qui lui rapporterait de l'argent ou d'autres choses du même style. Et si son contenu était quelque chose de mauvais augure comme une facture ou une menace de mort, au moins, il serait fixé immédiatement.
Il pouvait également choisir de ne pas ouvrir celle-ci, cela garderait son imagination morbide active et continuerait à lui donner quelque chose à réfléchir pour palier au sommeil qui se faisait si rare. De plus, avec sa paranoïa et sa chance actuelle, il valait mieux ne pas l'ouvrir afin d'éviter une mauvaise surprise possible. Ce serait même beaucoup plus prudent et intelligent vu l'apparence si peu familière de l'enveloppe de continuer à s'en méfier…
Après un court instant de réflexion, Harry prit une décision et attrapa l'enveloppe afin de l'expulser calmement du bureau en bois de sa chambre miteuse. Avec une certaine concentration, il déchira tranquillement le haut de l'enveloppe afin d'en extraire son contenu. Puis, une fois la feuille dégagée de son conteneur, il se mit à lire et s'arrêta presque immédiatement sur la toute première ligne du papier alors que son estomac se nouait instantanément.
« Monsieur Johan Faust » Lut-il plusieurs fois à haute voix comme si la ligne allait se changer sous ces yeux s'il le répétait suffisamment de fois.
Il faut dire que le nom, ou plutôt cette vie associé à ce nom, était l'une de celle que le garçon souhaitait le plus oublié parmi ces nombreuses réincarnations. Chaque vie que le survivant avait eue avait été très différente les uns des autres. Parfois, il avait une famille, parfois non. Parfois, il était une femme, parfois non. Parfois, il mourrait jeune et parfois vieux… Et tout comme ces différentes vies, son vécu l'avait profondément changé tant au niveau de son âme que de sa personnalité. Son caractère n'était jamais vraiment le même que sa première personnalité. Le plus souvent, ceux qui l'avait connu dans sa première vie, s'il pouvait le voir, n'aurait pas vraiment fait la différence ou aurait fait peu de commentaire dessus. Mais de temps en temps, pour une raison que même Harry avait du mal à s'expliquer, il se sentait plus à l'aise avec une personnalité totalement éloigné de celle de son origine.
Et celle de Johan Faust avait été une de ces vies si spéciales. Pour commencer, cela avait l'une des seules vies où il n'avait pas repris une variante de son prénom. Il faut dire qu'à part lui et la mort, cela n'importait plus vraiment personne. Ensuite, il s'était senti amer de son existence en elle-même… Tellement amer que plus rien n'avait vraiment d'attrait pour lui. Il était devenu presque complètement apathique même un peu avant dans le monde blanc avant cette réincarnation. C'était d'ailleurs ce manque d'intérêt et cette profonde déprime qui avait inquiété la mort au point qu'elle le réincarne sans chercher à trop le taquiner. Même la mort avait compris que quelque chose était mal avec lui durant cette période de sa longue existence d'immortel…
Même lui, en retournant dans le monde blanc après la fin de cette vie, n'arrivait pas à comprendre comment sa personnalité s'était tordue à ce point. Et encore aujourd'hui, le garçon qui a survécu se demandait fréquemment si cette ombre qu'avait été cette vie l'affectait encore d'une manière ou d'une autre.
Et en cet instant précis, il lisait ce nom encore et encore en se demandant comment même un tel morceau d'existence pouvait l'avoir rattrapé comme si de rien n'était. Comment une feuille de papier de bonne qualité si commune pouvait supporter de porter les lettres que formait l'encre dans une belle calligraphie.
Dans un espoir de comprendre et de sortir son esprit des pensées noires qui arrivait à pas de loup, l'ex-Gryffondor prit tout son courage à deux mains et lut le reste de la lettre qui était relativement court:
« Monsieur Johan Faust,
Il existe peu de gens en ce monde qui se souvienne encore qu'un homme aussi puissant et aussi froid que vous ait un jour marché en ce monde. De la même façon, je suis sûr que peu de démons savent encore ce qu'un simple humain a réussi à faire en enfer durant cette fameuse nuit des Walpurgis.
Et alors que je vous imagine couvert de sang, je ne peux m'empêcher de me demander si le temps s'était réellement arrêté pour vous une fois de plus ce soir-là. Si je vous dis cela, c'est parce qu'une connexion semble s'être éveillée par l'intermédiaire de votre héritage et il serait bon pour vous de le récupérer après toutes ces années.
A cette effet, vous êtes cordialement invité au manoir principal de la famille Trancy où mon maître, le comte Alois Trancy, se fera un plaisir de vous y recevoir.
J'espère vous voir à nouveau sous peu. Après tout, il est si rare de rencontrer l'homme devenu ami avec le démon.»
La lettre n'avait pas signature. En revanche, dans le coin droit du papier, là où celle-ci aurait dû se trouver, une araignée avait été dessinée avec la même encre rouge sang qui maculait l'enveloppe noire.
-L'araignée. Conclut Harry avec une voix froide et sombre doté d'un accent Allemand qui lui rappelait étrangement sa voix dans sa vie antérieure si détesté.
L'immortel secoua la tête comme pour chasser l'ombre collante qu'était cette ancienne vie et se mit à réfléchir. Il ne parvenait pas à se souvenir d'un éventuel héritage qu'il aurait laissé derrière lui et qui serait encore relié à lui au point que quelqu'un sache qu'il était en vie. De plus, cette même personne savait qui il était en ce moment-même, ce qui était assez préoccupant…
D'ordinaire, la mort aimait bien l'envoyer dans différents calendriers mais s'assurait toujours que la dimension où il était envoyé ne soit jamais la même. C'était très rare quand il se retrouvait dans le même monde une seconde fois. Et quand cela arrivait, la mort s'arrangeait toujours pour lui enlever tout souvenir de ces vies antérieures pour toute la durée de son séjour.
Mais pas cette fois, ce qui était normal puisqu'Harry s'était envoyé lui-même dans ce monde si cruel. Pourtant, comment qu… Là ! La musique !
« Construit de sang et de chair, sang et chair, sang et chair… » Entendit-il distinctement dans les rues à l'extérieur de son appartement.
Dans un geste d'une vitesse inouïe, il lâcha le papier si inquiétant et le laissa tomber lentement sur le sol poussiéreux de l'appartement. Il se dépêcha d'enfiler son manteau ainsi que son foulard fétiche et sans attendre, il ferma à clé le plus rapidement possible son appartement pour sortir à l'extérieur. Cette fois, la mélodie avait une sorte de provenance et il allait la trouver !
POV HARRY
D'ordinaire, Harry s'excusait quand il bousculait des gens mais la moindre pensée d'excuse s'envolait aussitôt de son esprit alors que la musique continuait comme une ronde macabre qui résonnait encore et encore dans son cerveau sans lui laisser le moindre répit. Il avait envie de hurler.
« Sang et chair seront emportés, emporté, emporté, sang et chair seront emporté… »
Quelque chose était si faux avec cette chanson. Harry ne savait pas ce qui n'allait pas. La voix était si belle, si pure, presque… Angélique… Et pourtant, elle semblait moqueuse comme si elle était chantonné par un être qui se moquait des pauvres mortels ici-bas et riait de leur frasque, un peu comme la façon dont il se moquait de lui au vu des paroles de la chanson.
« Le reprendre et le réincarner, réincarné, réincarner, le reprendre et le réincarner… »
Oui, certainement de lui. Le maître de la mort avait l'impression de suivre une chimère, une illusion sans foi qui n'avait guère sa place en ce monde. Cependant, elle lui semblait bien trop réelle et tangible pour n'être qu'une vulgaire illusion de pacotille.
« La réincarnation ne restera pas, ne restera pas, ne restera pas… »
Les mots ainsi que leurs sources se gravaient peu à peu dans son esprit. Un peu de la même manière que son vieil adversaire qui hantait parfois ces cauchemars dans un douloureux rappel de ce que pouvait faire l'immortalité à un homme : « Faible si faible » lui disait-il dans ces rêves encore et encore en fourchelangue. Mais cette chanson n'avait pas le même ton. Là où l'un d'eux était provocateur, volontairement cruel et insultant, ces mots chantés de manière si mélodieuse semblait presque être une invitation, un appel musical destiné uniquement à ceux qui ont le malheur de s'y plonger. Et un malheur est si vite arrivé.
« Construit d'âme et d'esprit… » Continua la chanson alors qu'il s'engageait dans une ruelle après avoir dépassé de multiples calèches.
Quelque chose le tirait vers la source du son, c'était évident. Quelque chose l'appelait encore et encore en lui déchirant l'esprit au passage. Il savait que l'attrait de la musique commençait à avoir une sorte d'emprise sur lui mais il ne pouvait tout simplement pas arrêter d'écouter l'appel. Il fallait qu'il découvre qui l'avait empêché de dormir, qui osait se moquer de lui, il fallait…
Harry freina instinctivement devant la petite fille qui transportait des fleurs dans son panier au coin d'une des ruelles mal éclairé de Londres. Il fut ravi de voir qu'elle n'avait rien. Pour un peu, il l'aurait renversé et aurait pu lui casser un os avec la force qu'il avait mis pour suivre la musique. Le jeune homme remarqua même qu'il avait couru de la Tamise jusqu'ici sans s'arrêter et comme si la prise de conscience de ce fait ne suffisait pas, il haleta immédiatement comme si son corps venait de s'en rendre compte aussi. C'était étrange, cela ne lui était jamais arrivé d'être si déconnecté de la réalité avant.
Il remarqua que la fillette n'était pas partie. D'ordinaire, quand un enfant de son âge croisait un étranger dans les rues à cette heure et de manière aussi brusque, il s'enfuirait à toute allure mais cette enfant devant lui semblait presque être inquiet pour lui.
-Vous allez bien monsieur ? Lui demanda d'ailleurs l'enfant en question avec de grands yeux.
Alors que la musique semblait faiblir et rester un simple bourdonnement dans ces oreilles, il étudia avec attention l'enfant devant lui.
La petite avait des cheveux longs d'un brun couleur terre attaché en deux nattes pour encadrer son visage de poupée. La gamine portait également une robe rose couvert de saleté comme si elle avait travaillé toute la journée. Elle portait dans ces maigres bras un petit panier en osier qui semblait contenir une rose rouge et une marguerite.
-Je vais bien petite mais dis-moi, tu ne devrais pas être chez toi à cette heure ? C'est dangereux par ici, tu sais.
En temps normal, il aurait ajouté quelque chose du style : « tes parents sont probablement inquiet » mais après 19 ans dans ce monde, il savait que la majorité des enfants étaient sans famille ou que celle-ci ne s'inquiétait pas assez pour leur enfant pour se préoccuper véritablement d'eux. Curieusement, c'était cette deuxième catégorie qu'Harry haïssait le plus. Il avait grandit sans parent à de multiples reprises et son séjour chez les Dursley lui avaient prouvé qu'avoir une famille était parfois aussi cruel que d'être orphelin si pas pire.
-Oui mais si je ne vends pas tout mon panier, maman n'aura pas de quoi payer les médicaments de mon petit frère. Et je ne veux pas que Jimmy meurt par ma faute. Dit-elle de manière très franche avec une voix triste.
Harry se demanda ce que faisait la mère en question et de quoi souffrait le « petit frère » exactement. Mais en voyant les larmes commencées à couler sur le visage de la fillette, il sut que se mettre à l'interroger ou lui dire que ce ne serait pas de sa faute si son frère meurt ou même qu'elle ne devrait pas se mettre en danger ainsi dans les rues… Ne serait pas une bonne idée alors que l'enfant était à deux doigts de pleurer. Sans compter qu'il n'était même pas sûr que la petite fille l'écoute et que le bourdonnement familier qu'était devenu la musique semblait disparaitre peu à peu malgré les efforts du survivant pour rester concentrer dessus.
-Dis-moi petite, comment tu t'appelles ? Lui demanda-t-il sans essayer de montrer qu'il était pressé.
Elle ne répondit rien. On lui avait probablement dit de ne pas parler aux étrangers ou alors, elle était juste timide.
-Je m'appelle Harry, ravi de te rencontrer. Dit-il en faisant un petit sourire en espérant qu'il ait l'air encourageant.
Il l'avait souvent sorti lorsqu'il était auror et que des jeunes enfants étaient impliqués dans des scènes de crime ou dans des cas d'abus.
-Je m'appelle Lilian. Dit-il en passant sa manche sur son visage légèrement mouillé par les larmes d'émotions qu'elle avait eu plus tôt. Elle devait être fatiguée.
Lilian… Une variante du prénom « Lily »… Presque le même prénom que sa mère.
-C'est un joliment nom… Dis-moi, Lilian, si j'ai bien compris, tu ne rentreras pas chez toi avant que tu ais vendu toute les fleurs. C'est ça ?
Lilian hocha vigoureusement la tête pendant qu'Harry soupira et sortit deux pièces de sa poche avant de les tendre à la petite. Avec un grand sourire, elle les accepta et lui tendit la rose qui était jusqu'alors rester coincé avec la marguerite dans le fond du panier qu'elle transportait.
-C'est tout ce que j'ai Lilian, je suis désolé. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je dois aller quelque part. Essaye de ne pas rester trop tard ici, d'accord ? Je ne voudrais pas qu'une fille aussi mignonne que toi disparaisse. Dit le garçon à la petite fille bien qu'il doutait qu'elle rentrerait chez elle sans avoir tout vendu.
Sans attendre la réponse de l'enfant, il mit la fleur dans une poche de sa veste et se concentra très attentivement sur la chanson qui était devenu un écho lointain, tout en faisant attention à ne pas tomber une fois de plus sous le charme de celle-ci. Une fois qu'il l'entendait distinctement à nouveau, il se mit à rejoindre l'endroit en courant.
L'ex-héritier Potter traversa plusieurs ruelles tout aussi sombres et sales les une que les autres avant de finalement s'arrêter quand il se rendit compte que la musique venait de disparaitre alors qu'il était arrivé en face d'une boutique de jouet… Ladite boutique de jouet n'avait rien d'exceptionnel si ce n'est qu'elle était bien éclairée, qu'une vitre était brisée probablement à cause d'un vandalisme, qu'un numéro « 46 » gravé sur la pierre et doucement éclairé par la lanterne extérieure. Et aussi, qu'un démon de sa connaissance avait été sur le point d'ouvrir la porte et qu'à présent il le regardait avec une expression presque choquée.
Evidemment, lui aussi aurait été choqué à sa place…
POV SEBASTIAN
Sébastian Michaelis, ou de son vrai nom : Malphas, avait pris plus de temps que prévu pour vérifier les familles des victimes, pour dresser la liste des suspects et pour aller sur les différents lieux des disparitions comme son jeune maître lui avait demandé alors qu'il était encore dans la calèche. Le démon avait reçu trois heures pour clôturer sa mission mais dans son esprit, il savait qu'il l'aurait fini en moins d'une heure en temps normal.
Hélas, on n'était pas vraiment en temps normal. Le majordome savait que quelque chose clochait avec la liste des suspects qu'il avait dû établir. Aucun ne semblait correspondre au profil et le démon pouvait sentir son aura sensiblement croître à mesure que son irritation parcourait son apparence humaine. Toutes ces conclusions l'amenaient au même point encore et encore : Les jeunes filles disparus avaient reçu une bague et avaient disparu après avoir entendu de la musique ou être tombée dans une tristesse profonde. Dans tous les cas relevés, elles semblaient toutes être parties seules et de leur plein grés quelque part. Après cela, elles demeuraient introuvables. Tous comme les informations sur l'identité du kidnappeur. Si Malphas ne savait pas mieux, il aurait dit qu'une force surnaturelle était à l'œuvre plutôt qu'une personne. Pourtant, ces enlèvements semblaient trop précis, trop ciblés pour être normal.
Mais son maître lui avait donné un ordre et son avis sur la situation n'était pas vraiment compris dans celui-ci. Aussi, il retournait calmement à l'endroit où se trouvait son maître afin de lui faire son rapport avec les faits bien maigres qu'il avait pu récolter en sa qualité de démon. A son retour, son maître allait probablement s'énerver sur lui en ayant été incapable de faire quelque chose de productif comme à son habitude. Ou alors, celui-ci aurait réussi une fois de plus à se fourrer dans un quelconque danger comme le délicieux appât qu'il était. Ceux-ci étaient, en soi, des résultats parfaitement attendus par le parfait majordome de la famille Phantomhive.
En revanche, voir le visage de l'homme qu'il avait tué dans la maison Ferro sur ordre de son maître, cela n'avait pas été prévu dans son programme. Il allait encore perdre un peu de temps pour effectuer ces tâches il semblerait…
Lentement, le démon écarta sa main de la poignée de porte du magasin de jouet afin de pouvoir mieux observer son opposant. Finalement, c'était une bonne chose que son maître lui ait donné 3 heures pour ces recherches.
-Je dois avouer que je ne m'attendais pas à croiser un visage aussi familier dans de telles circonstances. Dit-il à l'humain censé être mort et qui se tenait juste en face de lui et qui se rapprochait lentement de lui en maintenant une distance de sécurité de quelques pas.
-Il est vrai qu'à votre place, je ne m'attendrais pas non plus à croiser un homme à qui j'ai rompu le cou avec une force démoniaque. Au passage, même si la douleur était brève, les torticolis après que je l'ai remis en place sont très… Désagréables, dirons-nous. Mais dites-moi, je ne vois le gamin nulle part… Votre pacte est-il terminé ? Ou celui-ci a-t-il décidé de se passer de vos services pour cette fois ? Le railla-t-il sans vergogne comme s'il ne s'adressait pas à un démon mais à une vieille connaissance.
Sébastian fronça les sourcils devant la familiarité et l'insulte à peine masqué envers son jeune maître et leur lien de contrat. Le démon se demanda quel genre de personne était aussi stupide ou téméraire pour ainsi le provoquer. Ne se souvenait-il donc pas de sa fureur et de sa facilité à tuer son corps fétiche dans le QG de la famille Ferro ?
-Mon maître, le comte Phantomhive, m'a envoyé vérifier quelques antécédents. Et bien que je m'étonne que vous soyez encore en vie, je suis encore plus incrédule devant votre présence en ces lieux. Ce n'est pas tout les jours qu'on revoit un mort revenir à la vie. Dit-il en restant parfaitement poli malgré son envie de l'attraper par le cou pour lui arracher des informations et pour stopper cette bouche provocante.
-Vous êtes étonnamment franc pour un démon. Remarqua le garçon en face de lui avec un petit sourire comme si une blague se cachait quelque part mais qu'elle était hors de portée du démon.
Si Sébastian ne savait pas mieux, on aurait presque dit que l'individu semblait incrédule devant son attitude et un tantinet moqueur. Le majordome se demanda brièvement s'il n'avait jamais croisé d'autre démon avant lui avant de lui répondre :
-Ce sont les êtres humains qui mentent. Nous autres démons disons toujours la vérité.
De toutes les réactions que Malphas attendait, un rire sincère et court était la dernière chose qu'il aurait pu penser. Le démon attendit patiemment que son opposant se calme et haussa un sourcil en ordonnant silencieusement une explication de l'individu qui commençait tout doucement mais sûrement à taper sur ces nerfs sans la moindre vergogne.
-Non, pas vraiment. J'avais une amie qui avait l'habitude de me dire exactement la même chose et qui arrivait quand même à me tromper de toutes les manières possibles. Comment faisait-elle ? Simple, elle utilisait des non-dits. C'est toujours facile de tromper quelqu'un quand vous ne leur dites pas tout. Certains verront même cela comme un mensonge.
Malphas ne s'interrogea même pas sur l'identité mystérieusement de cette « amie ». A la place, il préféra interroger l'homme en face de lui :
-Et vous ? Comment l'appelleriez-vous ?
-Une vulgaire affaire de perspective. Mais je ne vous apprends rien. Dit-il une fois de plus avec l'exacte copie du petit sourire de tout à l'heure.
C'est étrange, on ne dirait pas que le garçon le faisait même consciemment. Sébastian n'avait vraiment plus l'habitude de ce genre d'humain qui ne se cachait pas sous un masque soigneusement fabriqué. Même les serviteurs au manoir cachaient leur tempérament avec un soin presque exagéré.
-Vous êtes étonnamment franc pour un humain. L'imita-t-il en essayant de comprendre comment le jeune homme visiblement pauvre pouvait sourire et même rire comme ceci à ces remarques.
A cela, le garçon haussa les épaules et dit simplement avec une voix neutre :
-Je suis surtout un très mauvais menteur. C'est fou comme cela peut aider une personne à vouloir dire la vérité. En plus, je n'aime pas manipuler les gens plus que nécessaire, au contraire de votre maître…
Cette dernière phrase avait été ajoutée et dit avec un tel dédain et un tel venin que le démon pouvait sentir son aura noire frapper les limites de ce faux-corps avec une force peu commune. Bien que Malphas déteste son maître avec passion, il ne pouvait s'empêcher de défendre l'âme merveilleuse qui abritait le corps maigrichon de celui-ci.
-Cela fait deux fois que vous faites référence à mon maître dans une lumière négative. Vous devriez modérer vos propos, ce genre de mots apportent souvent les chutes d'homme comme vous. Le menaça-t-il tranquillement avec un petit sourire sadique et des yeux fuchsia.
L'homme, pas le moins du monde effrayé, répliqua simplement :
-C'est vrai mais les vieilles habitudes ont la vie dure et, sauf erreur de ma part, Ciel Phantomhive m'a fait perdre énormément de temps et d'argent sans compter qu'il a ordonné ma mort sans le moindre motif. Et je dois avouer que son arrogance et sa tendance à se croire bien au dessus de la morale et des gens m'irritent un tantinet. Mais je suis sûr que c'est le genre de personne qui a une âme assez succulente pour faire un pacte avec. Après tout, pas tous le monde accepterait un sceau sur son œil droit afin d'augmenter à son maximum la puissance et la portée du contrat Faustien.
Cette information venue de nulle part prenait le démon au dépourvu. Il n'avait jamais parlé de cela avant de tuer l'individu dans la maison des Ferro. Et cette information sur la portée d'un contrat en fonction de son emplacement sur le corps n'était certainement pas une information aisément accessible. La plupart du monde surnaturel n'était même pas au courant de ce petit fait… Alors, comment le jeune homme savait-il cela ? Est-ce qu'il a fait un pacte avec un démon ce jour-là pour se venger de son maître ? Est-il lui-même un démon ? Ou bien, un dieu de la mort ? A-t-il simplement connu quelqu'un qui avait contracté avec un membre de son espèce ? Trop de question et si peu de réponse…
-Vous semblez en savoir beaucoup trop sur les démons et les pactes. Dit le majordome en essayant de raccourcir la distance entre lui et son partenaire de discussion.
-Vraiment ? Je n'avais pas remarqué. Dit l'homme en reculant à mesure qu'il avançait sans avoir peur de lui pour autant.
En fait, il semblait presque que c'était un jeu pour la personne en face de lui.
-Qui êtes-vous ? Où plutôt qu'êtes-vous ? Êtes-vous un dieu de la mort ? L'interrogea le démon en relâchant une partie de son aura de ténèbres pour l'intimider.
-C'est donc ce qu'était le type en rouge de l'autre fois… Intéressant. Hé bien, une information mérite une information, je suppose. Je suis Harry Peters, un simple informateur. Et je suis bel et bien un humain. Et vous, démon, puis-je obtenir votre nom ou dois-je commencer à vous appelez « démon » durant toute la conversation ?
Est-ce que cet humain se moquait de lui ? Et comment même connaissait-il Grell Sutcliff mais ne savait pas que l'individu méprisable était un dieu de la mort. C'était presque un miracle que le dieu ne hurlait pas son statut au monde entier !
Avec une certaine surprise, il vit l'informateur faire un pas vers lui avant de le contourner calmement en lui tournant le dos pour mieux observer le bâtiment afin d'étudier depuis l'extérieur les jouets à l'intérieur. On aurait presque dit que le jeune homme n'était même pas au courant des envies de meurtres du démon et de sa curiosité grandissante envers le jeune homme.
-Vous dites que l'arrogance de mon maître vous irrite mais je me demande si la vôtre ne fait pas de même pour moi. Dit soigneusement le démon en évitant de sortir un grognement pour attirer l'attention de l'humain qui observait les éclats de verre sur le rebord de la fenêtre cassée.
-Ce n'est pas de l'arrogance si je peux réellement faire ce que je dis. Donc, démon, cela doit juste être mon « moi » normal qui vous irrite. Annonça-t-il toujours sans le regarder.
-Vous vous amusez beaucoup trop avec cette conversation si vous voulez mon avis.
-Je ne le nie pas mais l'amusement serait beaucoup plus apprécié si je pouvais enfin mettre un nom sur le visage de mon meurtrier.
Brusquement, le démon corbeau avait un doute sur le jeune homme. L'humain s'était lui aussi dirigé vers l'emplacement de son maître avant de croiser le démon. Il semblait savoir beaucoup trop de chose qu'un informateur normal ne saurait pas. Il avait une rancune étrange envers son maître. Et surtout, il semblait beaucoup trop s'amuser de situation dangereuse comme celle-ci.
-Et dites-moi, votre amusement a-t-il amené Lady Elizabeth dans un jeu macabre de votre cru ? Lui demanda-t-il un peu curieux malgré lui.
Si le kidnappeur était ce monsieur Peters, cela lui faciliterait le travail et expliquerait l'enlèvement d'Elizabeth. De plus, il pourrait certainement être un excellent joueur dans le jeu de son jeune maître et aider à en améliorer le goût encore un peu plus. Sans compter que le démon aurait la satisfaction de voir l'individu mourir correctement cette fois. Il n'y avait rien de pire qu'un travail bâclé selon Malphas.
L'humain, cependant, ne chercha même pas à masquer la confusion qui envahissait son visage alors qu'il se retournait vers le démon.
-Lady Elizabeth ? Vous parlez bien de la fiancée du comte ? C'est donc la raison pour laquelle le gamin vous a demandé de vérifier des antécédents ? Elle a disparue... Hé bien, cela doit faire une belle jambe au limier de la reine.
-J'en conclus à votre réponse désinvolte que vous n'êtes pas derrière cette série d'enlèvement ? Dit le majordome avec un ton légèrement déçu caché dans le ton de sa voix.
Il avait tellement espéré voir une confrontation entre cet individu clairement dangereux et son maître. L'humain aurait pu se révéler être un excellent ajout dans la préparation de l'âme parfaite à dévorer.
-Je crains que non. J'ai déjà bien assez d'ennui comme ça, pas besoin de rajouter des kidnappings de jeunes femmes nobles sur ma liste. Dit Peters clairement dans une notion de plaisanterie sans savoir les moindres pensées qui circulaient en ce moment même dans l'esprit du démon.
Cependant, cette petite plaisanterie ramena une question à l'avant-garde de l'esprit du démon par la même occasion.
-Si vous n'êtes pas là pour les filles disparues, alors que faites-vous ici ? Demanda le démon au mortel qui était retourné à l'observation de la façade du magasin.
-Oh moi, je suivais simplement la musique. Dit celui-ci en étudiant le numéro « 46 » comme si un mystère se cachait dans la gravure.
-Très drôle… Dit le démon en sous-entendant qu'il en avait marre de plaisanter.
Le garçon prit aussi le ton car il se retourna avec un regard légèrement plus sérieux et froid en direction du démon.
-Malheureusement non mais si votre maître est là-dedans, je vous conseillerais de le rattraper le plus tôt possible.
-Pourquoi un tel conseil ?
« Surtout venant de la part de quelqu'un qui semble le mépriser ainsi » voulut rajouter Malphas. Hélas, sa condition de majordome et son rôle ne correspondait pas vraiment au besoin de faire un tel ajout à sa question.
L'humain, en revanche, semblait parfaitement avoir compris le message et lui dit d'un ton dénué de la moindre étincelle d'amusement continuellement présente durant leur conversation :
-Parce que celui ou celle qui jouait plus tôt vient juste de recommencer et que cette fois, sa voix, alors qu'il ou elle chante, est clairement hostile.
