Crossover Black Butler/Harry Potter: "Le grand patron"

Faisons là d'immortalité, faisons-là, faisons-là

Avertissement: voir prologue

Swiny:

Un épisode en avance, où ça?

Mais juste là! Je ne serai pas là du week-end donc le voici un peu à l'avance. J'espère que cela ne vous dérange pas.

L'épisode?

On est toujours dans la saison 1 épisode 12

Heure du commentaire:

Aujourd'hui, on reprend là où on s'était arrêté. On croise un ange et on ennuie un peu ce cher Ryry. J'étais particulièrement inspiré dans ce chapitre. Je tiens à dire à Kathelen (oui, vous savez, je lis bien les commentaires) que sa suggestion a été très appréciée puisque la rencontre entre Ciel et Harry était censé se faire bien plus tard. Et évidemment notre cher petit Ciel s'intéressera au magnifique pion qu'est Harry et provoquera deux ou trois rencontres par la suite ainsi que quelques ordres. Mais je ne vous ai rien révélé. ;)

Arkherty (toujours des commentaires) voilà un chapitre plus long si bien réclamé. Si tu veux mon humble avis, le petit cri au début du commentaire de fan pur m'a bien motivé à taper du clavier dans Word.

Quand à DidiineOokami, Cette musique me restera longtemps en tête ne poursuit encore des mois après avoir vu l'épisode.

Sur ce, bonne lecture! J'espère que vous apprécierez ce chapitre.

PS: Comme toujours, tout commentaire, suggestion et avis sont vivement attendus et appréciés.


POV HARRY

Harry n'avait pas suivi le démon quand celui-ci s'était précipité pour rejoindre son cher maître. Il n'avait pas la moindre envie de participer à une mission de sauvetage pour ce sale gamin richard. En fait, Harry savait que si le démon était à la poursuite du chanteur, il n'entendrait plus la musique prochainement donc, son implication dans ce brin d'histoire était terminée. Il allait enfin pouvoir aller dormir.

« Âme et esprit vont plier et tordre, plier et tordre… » Entendit-il soudain dans son dos.

A la vitesse de l'éclair, Harry se retourna mais tout ce qu'il vit fut une lumière blanche anormalement lumineuse qui lui fonçait dessus à toute vitesse. Il n'eut même pas le temps d'esquiver que la lumière l'emporta. Le jeune homme ferma les yeux pour éviter l'aveuglement plus que probable en essayant de ne pas penser à la douleur de l'impact, quand soudain, le survivant sentit avec effroi qu'une sensation similaire à l'apparition l'emmena quelque part contre son gré.

Une fois que la sensation disparut et que son corps arrêtait de vouloir lui donner envie de vomir, il ouvrit lentement les yeux pour découvrir qu'il était à présent dans une pièce richement ornée. Les murs étaient d'un blanc immaculé et le sol était d'un bleu céruléen qui lui rappelait étrangement un ciel ensoleillé. Le jeune homme remarqua qu'un des murs avaient un tableau représentant des angelots dessus. Une chaise trônait également en plein milieu de la pièce en question et était de dos aux doubles portes en bois. Si Harry ne savait pas mieux, il aurait dit qu'un malade avait retenté de créer le paradis pour une raison quelconque.

-Tu sais, pour quelqu'un de si doué pour la fuite et dangereux, tu es étonnamment facile à attraper. Un brin de musique et te voilà en train de danser comme un de mes pantins. Dit soudain une voix masculine qu'Harry connaissait bien en provenance de la chaise.

Il l'avait entendu tellement de fou durant ces derniers jours qu'il était impossible que le jeune homme n'ait pas retenu le timbre si particulier de son interlocuteur. Il aurait pu l'identifier n'importe où rien qu'au son de cette fichue voix qui n'avait cessé de chanter depuis des semaines.

-Alors, c'est vous qui m'avez empêché de dormir durant tous ce temps… Qui êtes-vous ? Demanda Harry à la chaise en commençant lentement mais sûrement à la contourner, pour enfin connaître le visage caché dans l'ombre des notes d'une mélodie d'enfant anglaise.

-Je me suis souvent posé une question. Lui répondit l'individu comme s'il n'avait pas entendu la question d'Harry. Les dieux de la mort jugent les âmes et ont été des humains suicidaires punis par la mort elle-même à observer la vie d'autres. Cela fait donc d'elle leur créatrice. Mais s'il se considère comme des dieux, on pourrait dire qu'elle se rapproche alors plus du concept d'entité fondamentale à l'univers…

Harry finit de faire le tour et fut surpris de ne trouver qu'une vulgaire poupée habillé grossièrement dans des habits de riches sur la chaise en bois. Harry regarda immédiatement autours de lui mais ne vit aucune cachette viable pour qu'une personne ou une entité puisse se dissimuler de lui.

-Donc, ma question est la suivante : Comment appelle-t-on quelqu'un qui est fondamentalement reconnu par l'entité comme quelqu'un de supérieur à elle-même ? Dit la voix qui semblait parler directement dans sa tête à présent.

-Je ne sais pas. Répondit-il tranquillement alors qu'il vit enfin de multiples fils invisibles qui semblaient connectés un peu partout dans la pièce.

Par pure curiosité, il en attrapa un, qui était relié au trône de la pièce, et le suivit lentement pour voir où il était attaché.

-Tu ne sais pas ? Hé bien, cela est fâcheux mais pas regrettable. Après tout, les noms ne sont que des étiquettes dans le dessein du créateur. Et rien de plus. C'est l'homme qui a toujours aimé nommer des choses afin de mieux les comprendre.

Bien qu'Harry s'en fut un peu douté depuis le début de la discussion et le manque de présence qui n'affectait pas la capacité de l'individu à discuter avec lui, il ne put s'empêcher d'exposer l'évidence même :

-J'en conclus par cette tirade que vous n'êtes pas humain.

-Que crois-tu que je suis ? Le questionna son kidnappeur avec un brin de curiosité.

Apparemment, le fils que le garçon avait suivi plus tôt était relié à l'un des murs près de la cheminée. C'était ingénieux, toute la pièce avait été transformée en une gigantesque maison de marionnette à l'ancienne de la même manière que les spectacles de marionnettiste qu'on organisait dans la rue. Harry aurait presque applaudi le système s'il n'était pas occupé à répondre à son interlocuteur en essayant de ne pas sonner ni trop intelligent, ni trop stupide. Il ne s'agirait pas d'agacer le chanteur après tout.

-Plus tôt, j'aurais dit un sorcier mais vu la lumière, les questions existentielles, le manque d'intérêt pour les noms et la référence à un créateur. Je dirai un ange.

Le garçon qui a survécu savait qu'il avait raison à l'instant même où un silence pesant régna dans la salle toute entière. L'ange s'attendait probablement à ce qu'il manque sa cible en déclarant qu'il était un démon ou un esprit, mais la note presque angélique de la chanson n'avait pas échapper à Harry, peu importe le nombre de fois que celui-ci avait été noyé sous d'autres timbre moqueurs variés et d'autres accents. S'en était presque trop pure et parfait pour être normal. Un peu comme les démons qui jouent toujours une musique aussi discordante pour les oreilles d'Harry et ce, malgré la beauté ou le jeu parfait de ceux-ci.

Après un moment, l'ange reprit en main la discussion laissée à l'abandon pendant quelques précieuses secondes :

-Je n'ai jamais aimé les mots « un » ou « une ». Cela me rappelle continuellement le jour où la femme et l'homme ont été séparés. Une telle tragédie que fut ce triste jour.

S'il devait être honnête, l'informateur ne savait pas grand-chose sur les anges. Les Dursley n'avait jamais été très pieux. Il n'avait jamais pu accéder à une bible. Il n'avait jamais appris à se défendre contre les anges à Poudlard. Et pour couronner le tout, il n'en avait jamais croisé dans aucune autre de ces vies.

Donc, le jeune homme ne pouvait pas vraiment se rappeler une raison qui aurait rendu l'ange si triste. En fait, il ne savait même pas de quel évènement l'ange parlait. Mais son manque de compréhension de la situation ne l'avait jamais arrêté avant. En fait, il serait près à parier 1 penny pour chaque évènement où il avait été bien informé au préalable : la chasse aux horcruxes, le danger de jouer entre les mains de Lao, la vérification des repaires de drogue de la famille Ferro plus récemment… Et il en passe des meilleurs !

-Est- pour cela que vous avez kidnappé Lizzy ? Parce qu'elle était un « une ». Ou bien parce que vous vouliez attirer un démon en s'assurant que son contractant arrive directement dans vos ailes immaculées ?

Même si Harry ne savait rien des anges, le garçon en avait vu des représentations plus qu'à son tour. Et dans toutes les bonnes histoires qu'il avait vues en peinture, un démon était toujours vaincu par un ange.

L'ex-sorcier se demanda brièvement comment le majordome de la famille Phantomhive se débrouillerait face à son interlocuteur. Sortirait-il complètement sa panoplie de démon avant de l'attaquer dans un duel à mort ? Ou bien resterait-il dans sa peau humaine recouverte d'un costume de majordome en queue de pie impeccable avant de lui tordre le cou de ces doigts gantés ? Difficile à dire…

-Je trouve cela drôle que tu ne me demandes pas pourquoi je t'ai kidnappé en premier lieu et que tu préfères t'inquiéter pour des êtres impurs malgré ton statut bien supérieur à eux. Se moqua l'ange.

-Et moi, je trouve drôle qu'un ange, un être prétendument supérieur, m'emmène de force en ce lieu pour me parler et qu'il ne laisse qu'un vulgaire pantin manipuler par des fils plutôt que de me faire face lui-même. Répliqua aussitôt Harry dans l'espoir que la création de Dieu se dévoile pour enfin avoir quelqu'un à frapper comme vengeance pour son manque de sommeil.

-Mais c'est que cela pourrait mordre ! Quel dommage que tu me considères indignes de tes crocs. J'aurais tant voulu voir la beauté immortelle qui se cache au fond de toi.

Quel était cette obsession des êtres surnaturels à vouloir voir autre chose que l'être humain qu'il était ? Tout d'abord, il y avait la mort qui insistait pour le changer en « quelque chose de plus », quoi que cela puisse être… Puis, il y avait cette dame aveugle qui l'avait pris pour un esprit lorsqu'il était encore Harriet Gregory. Ensuite, il y avait ce démon au service du comte Phantomhive qui lui avait demandé ce qu'il était. Et enfin, il y avait un ange qui lui disait que quelque chose clochait avec lui, en parlant de crocs et d'autres absurdités du même style !

-Que veux-tu dire ? Demanda poliment le jeune homme en se raidissant légèrement.

-Tu te caches en jouant un simple humain mais nous savons tout les deux que tu es différent d'eux. Un simple regard à ton manque d'aura et à ton âme éthéré suffit à me dire que tu ne l'es pas. Je t'ai vu dans la rue avec cet être impur et pêcheur, même en étant proche de la mort, tu préfères ce sort plutôt que de révéler une fraction de ton véritable être. C'est intéressant.

« Intéressant », un mot que la mort aimait utiliser à chaque fois qu'il finissait par converser avec elle à propos de l'une de ces réincarnations. Il pouvait compter sur les doigts de sa main le nombre de fois où ce mot n'est pas revenu dans un de leur petit dialogue. Elle adorait littéralement jouer avec ces vies d'une manière ou d'une autre afin de les rendre plus « intéressante ».

Parfois, Harry avait l'impression que sa vie n'était qu'un immense livre qui s'écrivait en temps réel et où, la mort mettait parfois un marque-page comme pour faire une pause le temps d'écrire une ou deux choses dedans avant de lire la suite pour voir comment cela finissait par se dérouler suite à sa modification.

Curieusement, la mort avait dit qu'elle retiendrait sa remarque pour plus tard. Avec un peu de recul, Harry n'aurait peut-être jamais dû dire son ressenti sur ces manipulations mesquines de ses vies. Mais d'un autre côté, ce fut un simple instant de faiblesse qui ne se reproduirait pas comme il l'avait prouvé en quittant ce monde blanc définitivement.

« Intéressant », en effet.

-Je suis juste un humain. Voilà ce que je suis, ça et rien d'autre. Je ne vois pas pourquoi tu crois que je cache quelque chose d'autres.

[-Ni pourquoi les autres le pensent aussi] Pensa le garçon un peu trop fort.

Apparemment, ce qu'il venait de dire devait être assez amusant car il pouvait presque entendre un ricanement à la Draco Malfoy résonné dans toute la pièce.

-Essayes-tu de me convaincre ou de te convaincre ? Tu l'as toi-même dit lors de ta discussion avec l'abomination, tu es un très mauvais menteur. Et malheureusement, cela s'applique aussi à toi-même.

Oui, plus le temps passait, et plus Harry avait un sentiment de familiarité et d'irritation qui s'installait de plus en plus au fond de lui. Il commençait tout doucement à détester l'être qui l'avait amené ici pour bavarder.

-Je n'aime pas jouer à ce genre de jeu. Tu me rappelles énormément la mort. Tu sembles croire tout savoir sur moi et me manipuler à devenir quelqu'un de différent même pour un bref instant. Tu m'amènes aussi dans un lieu où je ne veux pas être en premier lieu. Pourtant, contrairement à elle, ce n'est pas par solitude ou par folie. Non… Pas encore… Mais tout comme elle, je ne peux m'empêcher de me demander ce que tu prévois pour moi…

Il s'arrêta quand il se rendit compte que l'ange semblait rire de sa petite déclaration.

-Pourquoi ris-tu ? Demanda-t-il immédiatement en se méfiant.

-Je ris de ton ignorance bénie. Car peu importe que tu sois enrobé de gloire, de richesse, de titre ou même de puissance, tu ne comprends jamais totalement la valeur qui est la tienne et qui te les a fait gagner en premier lieu. Tu sembles n'en avoir que faire et tu crois encore qu'elles ne sont qu'annexe à ta personne, plutôt que de faire partie de ton identité. Tu crois que tu es juste Harry, juste un humain, juste un simple informateur… Comme si la mort donnerait le titre de maître qu'à un « juste quelqu'un ». S'en est presque hilarant tant tu es ignorant.

Cette dernière phrase semblait raviver son rire et Harry sentit une curieuse envie de meurtre montée en lui. Harry s'interrogeait même sur les chances d'un humain de tuer un ange. Surtout étant donner que ledit humain avait déjà tué des démons dans une réincarnation précédente. Bien évidemment, à cette époque, il avait encore la baguette de sureau, ou plutôt, son épée puisque c'était sous cette forme qu'elle était à l'époque. Mais le jeune Harry James Potter était sûr que si on pouvait abattre une armée de démon et un basilik avec une épée et qu'en plus, on avait tué un seigneur des ténèbres avec un simple sortilège de désarmement… Alors tuer un ange ne devrait, logiquement, poser aucune difficulté.

-Ne devrais-tu pas dire « heureux les simples d'esprits » plutôt que de te moquer de moi. Dit l'ex-sorcier en se rappelant un vieux dicton que l'un des voisins des Dursley avait coutume de répéter.

L'être sans nom semblait instantanément vexé et, espérons-le, irrité.

-Je ne suis pas ce genre d'ange.

Dans le but unique de provoquer son adversaire non-présent, Harry ricana silencieusement de l'ange avant de prendre un ton moqueur et de dire :

-Si tu ne l'es pas, alors qu'est-ce que je fais ici et quel genre d'ange amènerait quelqu'un comme moi dans un lieu pareil ?

Il en avait marre de ce petit jeu. Harry était un homme d'action. Il n'était pas quelqu'un qui pourrait rester assis pendant des heures à lire. Il n'était pas non plus quelqu'un qui laisserait une autre personne se faire intimider en passant son chemin. Et il n'était certainement pas quelqu'un qui refuserait un bon combat contre un harceleur de première qui lui avait pourri son existence pendant plusieurs jours de suite !

-Je peux voir tes pensées. Elles sont claires comme le jour. Saches cependant que ma querelle n'est pas avec toi, maître de la mort. Ton âme est si éthérée que le concept de pureté et d'impureté ne peut même pas s'appliquer à toi.

[-Hmmm ? Merci…] Avait envie de dire Harry sans trop savoir si c'était un compliment ou un insulte vu la personnalité que l'ange affichait depuis tout à l'heure.

A la place, il préféra prononcer les mots suivants :

-Au contraire des humains, je suppose ?

Ouais, il n'y avait pas vraiment beaucoup de changement. Ces mots semblaient toujours aussi offensants qu'avant. Mais si l'ange entendait bien ces pensées, alors le garçon qui a survécu supposait qu'il aurait quand même été offensé et ce, peu importe ce qu'il aurait dit.

-Oui, au contraire des humains. Valida l'ange avant de laisser un autre silence profond s'installer.

L'ex-Gryffondor en avait subitement marre de cette conversation. Il était mentalement et physiquement épuisé de tout ce charabia et avait juste envie de rentrer chez pour dormir après sa privation de sommeil imposé.

-Tu sais, je n'aime pas me répéter, qu'est-ce que tu veux de moi ? Râla l'ancien étudiant de Poudlard.

-Il ne te reste plus beaucoup de temps dans cette partie de cache-cache que tu joues si innocemment avec la mort. Bientôt, que tu le veuilles ou non, ta beauté, ce fragment si éphémère, cette beauté bloquée dans le temps sera révéler au grand jour. Elle a déjà commencé d'ailleurs…

D'un seul coup, la moindre pensée de fatigue partit pour laisser place à une curiosité morbide accompagné d'un mauvais sentiment au jeune homme.

-Que veux-tu dire par là ?

Il espérait sincèrement avoir mal interpréter les paroles de l'ange. Il l'espérait vraiment mais les paroles qui suivirent de la part de son interlocuteur surnaturel ne le rassurèrent absolument pas et ne firent que confirmer ces craintes :

-Comment crois-tu exactement que tu as entendu la chanson depuis l'autre bout de Londres ? Même un ange comme moi peut difficilement t'atteindre par ce genre de moyen tu sais. Pour cela, il faut un objet, un objet très spécial qui dormait si magnifiquement jusqu'alors. Dis-moi, Harry, quel genre d'objet peut appeler quelqu'un d'aussi profondément lié à la mort elle-même ?

-La pierre de résurrection.

Il ne fallait pas être un génie pour l'avoir deviner. En revanche, il fallait être un imbécile pour avoir pensé même une seule seconde qu'il n'allait jamais revoir l'un des ces trois objets liés à lui dans ces vies tout comme dans ces morts. Comment avait-il cru qu'il pourrait y échapper ? Ces objets étaient presque des traceurs ambulants sur sa signature vitale et magique.

Sans se soucier des pensées actuelles d'Harry, l'ange continua :

-En ce monde, elle porte un autre nom plus approprié à ce qu'elle est. Et elle s'est éveillée si rapidement à l'arrivé de son propriétaire en ce monde qu'elle a immédiatement attiré mon attention. Un tel éclat magnifique.

Brusquement, Harry se rappela de quelque chose. La vie où il était justement Harriet Gregory, il avait tenté de se débarrasser des reliques. Certes, à l'époque, la mort ne lui avait laissé que la pierre mais c'était suffisant à cette incarnation pour expérimenter sur ce qui pouvait les détruire ou non. Et Harriet avait été sûre à l'époque que jeter la pierre de résurrection dans de la lave en fusion l'aurait détruite. Alors, comment était-ce même possible que la pierre se retrouve ici si elle, ou plutôt il l'avait déjà détruite ?

-Mais c'est impossible qu'elle soit ici, après tout, je l'ai… Eut-il le temps de commencer avant de se faire interrompre une fois de plus dans cette longue conversation.

-Perdu ? Détruite ? Qu'importe, ce que la mort a fait, elle peut le défaire ou le refaire autant de fois qu'elle le veut. Sinon, il n'y aurait plus beaucoup d'ironie dramatique en ce monde terrestre.

Harry ne savait pas quoi répliquer en réponse à cela. En fait, l'informateur était sûr qu'il était actuellement dans le coma (vu la longueur de la discussion) et qu'il allait se réveiller pour découvrir que toute cette histoire n'était qu'un mauvais rêve dû aux médicaments pour le maintenir en vie après l'attaque du mangemort renégat. Il verrait alors Ginny pour signer les papiers de divorces et ceux de la garde des enfants. Et tout le reste se passerait bien et très loin des petits jeux tordus de la mort, des anges, des démons et des nobles aussi froid et riche qu'arrogant.

-J'ai réussi à te faire taire maître de la mort ? Hé bien, au moins, tu le sais et quand tu auras récupérer la pierre, un peu de ta beauté ressortira de ce corps d'emprunt mortel que tu sembles affectionnés. Montrant ainsi un peu plus ta vraie nature.

Si seulement, il rêvait. Un bon cauchemar avec un Voldemort sans nez lui lançant des doloris comme des bonbons à la place de cette altercation… Cela ne devrait pas être trop difficile à faire, si ?

-Et si je refuse ? Si je suis lié comme tu le dis si bien, il ne me sera pas aussi difficile de l'éviter.

Après tout, il avait évité la mort avec succès pendant des années. Qu'est-ce qui pourrait être plus compliqué que cela ?

-Tant de naïveté, tu la porteras à un moment où un autre. Sais-tu comment je le sais ? La réponse est simple : c'est parce que tu as suivi la musique.

Ok, c'était officiel, cet ange était complètement fou.

-Elle m'empêchait de dormir, ce ne sera pas le cas avec la pierre. Répliqua Harry logiquement.

Pour être honnête, le garçon en avait clairement marre de se justifier. Il n'avait pas non plus envie de continuer de parler. Il voulait juste rentrer chez lui.

-La raison pour laquelle tu as suivi cette musique n'est pas pour ça. Tu n'as jamais vraiment eu besoin de beaucoup de sommeil Harry. La raison qui t'a fait suivre cette musique avec tant de diligence sera la même qui te poussera à prendre la pierre malgré toi.

Le survivant se demanda brièvement combien de temps il lui faudrait pour arriver à s'enfuir d'ici avant que l'ange ne le rattrape. Sauf si, bien sûr, l'ange voulait qu'il s'enfuie en premier lieu. C'était tellement confus cette histoire.

-Et je peux savoir quel est cette raison ?

-Voyons, montrer ta vraie nature un peu plus. Une nature si belle, si pure et pourtant pas… Déclara l'ange avec tant de joie dans sa voix que cela ne pouvait qu'indiquer un sérieux problème de santé mentale.

-Tu es complètement fou. Dit le garçon presque en baillant. Il était vraiment fatigué.

-Comment une créature tel que toi puisse encore se soucier de l'humanité qui est si impure est un mystère pour moi. Peut-être est-ce parce que tu passes trop de temps comme un humain. Il me tarde de voir combien tu es différent quand tu laisses aller tout ce qui se cache en toi. Et en attendant ce jour béni, je t'observerais avec une grande attention, maître de la mort… Dit l'être de lumière avec un ton de finalité dans le timbre angélique de sa voix.

Et ce fut tout, plus de voix, plus de chanson, rien. Harry attendit plusieurs minutes que l'ange reprenne la parole ou ne l'attaque ou… Ne fasse quelque chose en fait. Mais pour une raison inexplicable, celui-ci avait choisi de partir comme ça en laissant Harry complètement seul. Cela ressemblait presque trop à un piège si l'ex-Gryffondor devait être honnête.

Lentement, le jeune homme se déplaça afin de se placer dans le dos de la chaise qui se tenait au centre de la salle. Alors qu'il observait la pièce attentivement sans bouger, plusieurs pensées lui vinrent à l'esprit et il se mit à réfléchir sérieusement à la situation présente dans laquelle l'immortel s'était retrouvé bien malgré lui.

Peut-être que la bonne question n'était pas pourquoi l'ange l'avait kidnappé. Peut-être que sa question aurait dû être : Mais pourquoi celui-ci l'avait amené ici dans cette pièce en particulier sans que l'ange ne soit même présent. En fait, maintenant que l'ex-sorcier y pensait un peu plus attentivement : Pourquoi quelqu'un installerait-il un tel réseau complexe de fils invisible de marionnette si ce n'était pas pour s'en servir ?

Harry aurait pu continuer à s'interroger longtemps si une sorte de clown n'était pas rentré dans la pièce accompagné par le dieu de la mort aux cheveux rouges, le démon majordome et le dénommé Ciel Phantomhive. En fait, Harry aurait pu tout simplement continuer à être tranquille si le clown en question n'avait pas dit juste avant de s'écrouler :

-Maî…Maître…

Oui, c'était vraiment une mauvaise nuit pour le jeune immortel.


POV HARRY

Les trois personnes devant lui le regardaient avec un air abasourdi.

Le comte, plus particulièrement, qui s'était mis à l'avant du groupe semblait le plus confus. Il n'avait pas beaucoup changé en quelques mois. Il n'avait pas grandi, ni changer d'apparence… Même son air arrogant continuait de briller des ces magnifiques yeux bleus malgré sa confusion.

Le démon, quand à lui, l'étudiait avec calme mais le menaçait silencieusement de ne pas toucher à son maître. Il était juste à un pas de distance du comte et se tenait fièrement à sa droite. Il n'y avait pas la moindre expression affiché sur son visage à part une légère méfiance.

Quand à la troisième personne, « ce dieu de la mort », s'il avait bien compris le majordome dans leur rencontre de tout à l'heure, il semblait très surpris de le voir. Enfin, surpris était un euphémisme. Le dieu semblait pétrifié comme s'il ne savait pas trop comment réagir dans cette situation. Etonnamment, le dieu ne l'attaqua pas, tout comme il ne le menaça pas ou ne l'insultait. En fait, on aurait presque dit qu'il n'avait pas le droit de venir le récolter en ce moment-même. Est-ce que le dieu avait une sorte de liste avec les noms des personnes qu'ils avaient le droit de venir prendre ? Cela expliquerait beaucoup de choses… Y compris le comportement du dieu rouge.

Harry ne savait pas trop dans quel genre de situation il venait de se fourrer à cause de cet ange du ciel mais apparemment, elle était assez compliquée et confuse si elle allait jusqu'à impliquer un dieu de la mort dans le tas.

L'immortel resta un instant à les regarder avant que le comte ne sorte de sa stupéfaction apparente pour déclarer avec sa voix froide teinté de surprise :

-Mais c'est Pluton. C'est fou, comment avez-vous-même réussi à le domestiquer ?

Harry haussa un sourcil avant de se retourner pour vérifier si une chose n'était pas apparue derrière lui alors qu'il regardait ailleurs. Il n'y avait rien. Juste la chaise avec la poupée à taille humaine dedans.

-Vous savez, je ne sais pas qui est ce « Pluton » mais je peux vous assurer qu'il n'est pas dans cette pièce. En fait, j'ai l'impression que beaucoup de chose semblait être là sans l'être. Si vous voyez ce que je veux dire…

L'informateur faisait, bien entendu, référence à l'ange. Il s'attendait presque à une réponse de sa part pendant un moment mais il ne se passa rien. La créature lumineuse était un exemple du silence parfait.

Quand au comte Phantomhive, il semblait avoir repris la plus grande partie de ses esprits et il se servit du peu de cervelle qu'il possédait pour déclarer à l'ex-sorcier :

-Alors, c'est toi qui as tout manigancé ? Qui a transformé en poupée des jeunes filles innocentes ?

Pendant une seconde, même si par miracle il arriva à le cacher, Harry fut surpris. Il ne savait pas vraiment ce que l'ange avait fait avec les demoiselles clairement en détresse. Alors apprendre qu'une créature comme un ange avait pu transformer des humains innocents, des humains comme Lizzie, en poupée comme celle qui se trouvait sur la chaise le rendait un peu malade. L'ange n'était vraiment pas bien dans sa tête. Cela en soit n'était pas une grande découverte mais Harry ne pensait pas vraiment que celui-ci avait atteint ce niveau.

Et le fait qu'on l'associe à un tel crime ne faisait que lui donner envie de vomir ou de rentrer chez lui sous peine de faire quelque chose qu'il regretterait à l'accusateur en question.

-Sans vouloir vous vexer, je suis trop fatigué pour faire face à vos accusations aujourd'hui, comte. Et encore plus quand, peu importe ce que je vous dirais, vous allez continuer avec votre petit air têtu et en tirer vos propres conclusions.

Il avait déjà vu le regard que Ciel avait dans ces beaux yeux bleus. C'était un regard accusateur qu'il avait vu dans de nombreuses pupilles d'étudiant de Poudlard. Que ce soit en deuxième année avec la chambre des secrets, dans sa quatrième année au début du tournoi, ou même en cinquième année avec le retour de Voldemort. C'était le genre de regard qui disait clairement : « Je sais que c'est toi qui a fait ça et je le prouverais. Peu importe le nombre de preuve qui indique le contraire ».

-Qui es-tu ? Et comment me connais-tu ? Eut le culot de lui demander le garçon.

Harry eut un bref instant d'incrédulité suivi immédiatement par un moment d'irritation pure devant la remarque si désinvolte du garçon.

-Sérieusement ? Tu ne sais pas qui je suis ? Même le majordome à ta droite se souvient de moi.

Le comte allait prendre la parole et lâcher ce qui ressemblait à une ânerie quelconque qui aurait fait exploser Harry mais heureusement pour lui et malheureusement pour le maître de la mort, le majordome vint aussitôt à sa rescousse.

-Il faut excuser mon maître, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre quelqu'un qui devrait être mort.

Sans la moindre surprise, la remarque ne le calma absolument pas.

-Et alors quoi ? Il a perdu le décompte au point que ces meurtres n'aient plus de visage pour le hanter dans ces cauchemars ?

Il allait ajouter quelque chose d'autre mais il fut rapidement coupé par le troisième individu qui s'était tenu dans son coin silencieusement jusqu'alors :

-Ça y est ! Je me souviens de toi ! Harry Peters ! Sais-tu depuis combien de temps j'ai eu envie de t'étrangler pour toute la paperasse supplémentaire que ton petit coup m'a tiré ? On t'a même cité dans les raisons pour me confisquer ma magnifique faux personnalisée. Tu te rends compte ? Moi ! Une jeune femme si mortelle suit obliger de travailler avec une vulgaire paire de ciseau !

-Désolé de l'apprendre. Si j'avais su qu'un dieu de la mort viendrait chipoter avec ma lanterne cinématique, je me serai arrangé pour mourir dans un endroit plus tranquille. Malheureusement, je n'avais pas trop le choix. Vous savez les risques de l'emploi et tout ça…

Est-ce que cela existait des primes de risques pour les éventuelles rencontres démoniaques ? Ce serait tellement bien.

-Désolé ?! Désolé ! Tu ferais bien d'être désolé ! Parce que dès que ton nom réapparait sur la liste, je viendrais personnellement. Tu entends ! Personnellement te faucher et je vais m'assurer que ton évaluation soit horrible, mon gaillard. Dit le dieu en s'approchant rapidement de lui pour lui poser son long index droit sur sa poitrine avec une posture qui se voulait sensuel et intimidante.

Harry aurait pu être impressionné s'il n'avait pas déjà vu ce genre de posture une bonne centaine de fois avant. Cela combiner à son manque de sommeil le fit accidentellement baillé alors qu'il annonçait le plus simplement du monde au dieu de la mort :

-Content de l'apprendre le rouquin.

Il n'avait absolument rien contre cette couleur de cheveux. Ce serait hypocrite de sa part s'il avait le moindre préjugé contre. Mais Harry avait juste envie de voir jusqu'où il pouvait pousser le dieu avant qu'il ne sorte sa fameuse paire de ciseau pour le menacer avec. Et le coup fit mouche car à peine une seconde plus tard, le gars en rouge s'énerva un peu plus.

-Comment oses-tu m'insulter de la sorte. Mes magnifiques cheveux ne sont pas roux ! Ils sont rouges ! Rouge comme le sang. Là, regarde !

Son visage était tellement près qu'Harry pouvait presque sentit son haleine. Ce n'était pas une odeur très agréable mais il ne fit aucun commentaire. Malheureusement, le dieu n'avait pas encore sorti son arme. Tant pis, ce petit jeu commençait à devenir un petit peu ennuyeux de toute façon. Sans compter qu'il n'avait plus rien à faire ici.

-Si tu le dis. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, je manque un peu de sommeil ces derniers temps et j'aimerai beaucoup rentrer chez moi. Alors, je suppose qu'on se voit lors de ma prochaine mort. Dit-il au dieu avant de s'avancer résolument vers les doubles portes.

Il ne put faire que trois pas avant que le noble ne se place devant lui dans le but de lui bloquer le passage.

-Vous vous attendez à ce que je laisse un criminel de ton espèce s'en aller comme si de rien n'était ? Dit-il en se voulant menaçant avec la froideur de son ton.

C'était presque mignon comment il espérait vainement pouvoir l'intimider à reculer. Est-ce qu'il croyait vraiment que cela marcherait contre lui. Son propre démon avait essayé et il avait traité avec tellement pire dans sa vie…

-Hé bien, puisque je n'ai pas enlevé votre précieuse fiancée, ni aucunes des jeunes filles disparues d'ailleurs, vous n'avez donc aucun motif pour m'arrêter. En plus, n'y a-t-il pas un proverbe qui dit : « innocent jusqu'à preuve du contraire » ?

-Vous me croyez aussi stupide pour croire un tel mensonge ? Je ne suis peut-être qu'un enfant mais je n'en reste pas moins le fidèle limier de la reine. Et je ne permettrais pas qu'un kidnappeur dans ton genre n'amène le déshonneur sur ma famille en le laissant filer ainsi.

Peut-être qu'il était moins comme Tom Jédusor qu'Harry l'avait cru. Tom avait été quelqu'un de solitaire et sans réel ami mais même lui ne se serait jamais abaissé à servir quelqu'un d'aussi peu utile que sa majesté la reine d'Angleterre. Où était cette chère dame quand les enfants des rues se faisaient tabasser sans le moindre état d'âme par des passants. Où était-elle quand la pauvreté avait frappé la majorité de Londres ? En fait, arrivait-elle à faire autre chose que pleurer son mari comme la vieille dame qu'elle était ? Et ce morveux suivait la reine avec fierté juste par honneur pour sa famille, de la même manière que Draco avait suivi le seigneur des ténèbres il y a tant d'année déjà. Oui, en fait, Ciel était exactement comme Draco quand il était plus jeune. Et même Malfoy n'était pas vraiment fier de son comportement dans ces jeunes années. C'est dire le niveau !

-C'est vrai que rester le toutou de sa majesté est tout de suite beaucoup mieux que de laisser un honnête homme retourner à ces occupations précédentes. Répliqua tranquillement Harry en dévisageant ouvertement le comte pour un signe quelconque de... Il ne savait même pas ce qu'il cherchait : familiarité ? Admission ?

Quoi qu'Harry cherche inconsciemment dans le noble, il ne vit rien. Et la réponse imminente en attestait :

-Comment oses-tu insulter ma famille et la reine de la sorte !

On aurait dit que le jeune homme était près à le frapper mais se retenait. Bien, il n'était donc pas si stupide. Ou alors, il attendait clairement son moment pour ordonner à son démon de le décapiter ou quelque chose dans le même genre.

-Hé bien, si vous voulez savoir, c'est très simple : vous m'avez tué et je me fiche complètement de votre précieuse reine d'Angleterre. Sans compter que je suis épuisé et que je n'ai pas le meilleur caractère qui existe lorsque cela m'arrive. Est-ce que la réponse vous satisfait ?

Le garçon devant Harry semblait sur le point d'exploser de colère. Il trouvait cela assez drôle.

-Avez-vous trouvé celui qui jouait de la musique tout à l'heure ? Demanda soudain le démon avec une voix polie sans menace.

Harry cligne des yeux une ou deux fois dans la surprise d'une telle question de sa part avant de regarder le démon. Celui-ci avait aussi senti la scène de lutte arriver et avait visiblement préféré rappeler indirectement à son maître ce qui devait être ces objectifs du jour tout en calmant considérablement Harry. Il était bon, très bon.

-Hélas oui, c'était un sacré numéro d'ailleurs. Toujours là à parler de pureté, à refuser de se montrer ou à refuser de répondre à ma question. Je suis sûr qu'il vous irriterait bien plus que moi d'ailleurs. Moi-même, je le trouvais agaçant.

« -Et dangereux » Était le genre de message presque inutile à rajouter grâce à la conversation qu'il avait eu plus tôt avec le démon dans la ruelle.

-Qui est-il ? Demanda brusquement le garçon avec une pointe d'irritation dans sa voix.

Le survivant se moqua de lui :

-Vous me menacez depuis tout à l'heure avec vos grands airs et puis vous croyez encore que je vais vous répondre ? Vous avez du culot pour un gamin aristocrate. Surtout que je reste intimement persuadé que vous avez mis les pieds dans le jeu d'échec de quelqu'un d'autre et qu'il vous manipule comme son pion dès à présent. Alors, Ciel Phantomhive, quel effet cela fait d'inverser les rôles pour une fois ?

-Et toi, quel rôle as-tu dans son petit échiquier ?

Harry exagéra volontairement ces traits afin de jouer une personne purement étonnée.

-Moi ? Je suis juste un citoyen qui suivait littéralement la musique. Je n'ai pas spécialement envie de jouer à son petit jeu contrairement à vous. Si vous voulez mon avis professionnel, vous jouez tellement bien que vous pourriez bien devenir sa pièce maîtresse.

Pour une raison étrange, sa dernière remarque fit illico pousser le comte Phantomhive à observer les deux bagues qu'ils portaient au doigt. C'était bizarre. Et l'étrangeté ne s'arrêta pas là car il enleva l'une des bagues et semblait l'étudier plus attentivement avec une colère non-dissimulée dans ces yeux.

-Je n'ai aucune envie de devenir la petite pièce maîtresse de sa collection. Même pas en rêve. Dit-il en la jetant sur Harry.

Peters supposa qu'il voulait la jeter sur la chaise derrière lui à l'origine. Cela ne faisait rien. Lentement, il empocha la bague et la plaça dans la poche de sa veste sous les yeux attentifs du protecteur du garçon avant de déclarer :

-Très bien, c'est bon pour toi je suppose. La symbolique du geste se perd pour moi néanmoins… Maintenant, je peux m'en aller ? Ou bien, vous allez continuer cette crise infantile quelques minutes de plus ?

-Il est hors de question que tu t'en ailles ! Répliqua rapidement le garçon.

-Et tu feras quoi pour m'arrêter si je m'en vais ? Tu vas ordonner à ton démon de me tuer ? Ou alors tu vas convaincre ce dieu de la mort de me rattraper pour toi ? Et après quoi ? Tu sauras toujours au même point dans ta vulgaire enquête et je n'en serai juste que plus irriter. Alors maintenant, je vous souhaite le bonsoir monsieur le comte et je vous prie de me laisser tranquille en ce moment sauf si vous voulez aggraver votre cas d'enfant gâter.

Cela semblait clouer le bec à l'aristo et Harry en profita pour se déplacer et se diriger vers la sortie. Il fit simplement un clin d'œil au démon et un salut simple mais moqueur au dieu de la mort avant de les laisser officiellement derrière lui.

Finalement, il y avait encore du bon dans cette soirée. Maintenant, où était donc la sortie de ce truc ?


POV HARRY

Une heure, ce fut le temps qu'il avait fallu à Harry pour trouver la sortie de ce lieu et sortir de la boutique de jouet. Ce manoir était un tel labyrinthe qu'il était presque impossible de s'y retrouver. Ce ne fut que grâce à des poupées faites de différents matériaux à moitié étalé sur le sol qu'il avait réussi à se repérer. Bénie soit celui qui avait oublié de nettoyer ce désordre derrière lui !

Il était donc enfin sorti de ce manoir et pouvait enfin rentrer chez lui. Il passa quelques rues avant d'apercevoir une connaissance assis sur le rebord d'un des dallages appartenant à la devanture de l'une des nombreuses maisons de la rue sale devant lequel il était passé tout à l'heure en courant.

Tranquillement, il s'approcha de la personne en question et se mit à parler rapidement peu après avoir vu son visage mouillé de larme et avoir entendu quelques brefs reniflements. Il n'avait jamais été bon avec les gens tristes auparavant.

-Hé petite, Lilian ! Qu'est-ce que tu fais encore là ? Je vois que tu as vendu toute tes fleurs pourtant… Alors, pourquoi est-ce que tu pleures ?

-Je me... suis… Je me suis perdue ! Dit la très jeune vendeuse de fleur des ruelles en pleurant désormais à chaudes larmes.

La fillette n'avait probablement pas retenu son itinéraire ou s'en était écarté pour vendre ces fleurs. Par la suite, elle avait probablement voulu revenir sur ces pas sans pourvoir retrouver son chemin. Ce qui expliquait pourquoi elle était à une ou deux rues d'écarts de la ruelle ou Harry l'avait rencontré. La pauvre petite…

-Là là, arrête de pleurer. Je n'aime pas voir les gens pleurer. Je vais t'aider à retrouver ta maison. Où est-ce que tu habites ? Demanda-t-il en se penchant un peu près d'elle.

Aussitôt, elle cessa de pleurer. C'était un merveilleux progrès selon Harry. Puis, après une ou deux minutes, elle se décida à lui répondre :

-J'habite à deux ruelles du monsieur effrayant.

Cela n'aidait pas vraiment Harry à situer sa maison à Londres bizarrement.

-Le « monsieur effrayant » ? Tu peux être plus précise s'il te plait.

Cela pouvait signifier beaucoup de chose. Peut-être une personne avec un visage défiguré ou ce genre de chose, ou alors un homme qui frappait des enfants, ou bien… Bref ! Il n'allait quand même pas citer mentalement toutes les possibilités qu'abritaient Londres tout de même ! Il n'était quand même pas un faiseur de miracle.

-C'est un monsieur qu'on vient voir uniquement quand quelqu'un meurt. Il mange des os d'enfant et il vient nous manger si on n'est pas sage. C'est ce que ma maman raconte lorsque je fais des bêtises avec Jimmy.

Il mange des os d'enfant ? Il vient voir uniquement quand quelqu'un meurt ? Quel genre d'individu horrible a une telle réputation auprès des enfants ? Il en avait entendu des vertes et des pas mûres dans ces réincarnations venant de la bouche des enfants mais celle-là alors, il ne l'avait encore jamais entendu.

-Jimmy, c'est ton frère, n'est-ce pas ? Celui qui est malade ? Dit-il en essayant de l'amener sur un territoire familier alors qu'il s'interrogeait lui-même.

-Oui et le monsieur effrayant n'arrête pas de dire à ma mère qu'elle devrait faire des mesures avant qu'il ne soit trop tard. Il me fait très peur.

Pourquoi un type viendrait voir un enfant malade presque mourant pour demander des mesures ? Il réfléchit pendant une ou deux minutes avant de se gifler mentalement quand il trouva la réponse. Décidément, la fatigue le rendait bien plus lent que d'ordinaire.

-Dis-moi Lilian, ton monsieur, il ne vendrait pas des cercueils par hasard ?

-Si ! Même qu'une fois, il dormait dedans et il m'a fait très peur…

Par malheur, Harry savait exactement quel fossoyeur avait l'habitude de dormir dans les propres cercueils qu'il faisait et où il habitait. C'était son rival de commerce de « presque » toujours depuis qu'il avait déménagé près de la Tamise : le fameux, l'horrible Undertaker.

-Je vois où c'est alors. Viens, je vais t'amener près de la boutique de ce « monsieur effrayant » et après, tu pourras rentrer à la maison à partir de là, d'accord ?

La fillette sourit et essuya des larmes avec la manche de sa robe avant de soudainement perdre son sourire et paraitre inquiète.

[-Allons bon, à quoi pensait cette petite encore ?] Se demanda le garçon qui a survécu.

La réponse vint presque instantanément après qu'il ait énoncé cette pensée :

-Et si le monsieur effrayant essaye de me manger, tu ne vas pas me laisser toute seule comme les autres ?

Harry espérait vraiment qu'elle se référait aux autres enfants. Sinon, cela voudrait dire que les adultes de ce monde étaient encore plus irresponsable qu'il ne le pensait en premier lieu en grandissant dans les rues de cette époque.

-Lilian, je suis un tueur de monstre. Il n'aura même pas le temps de venir prendre tes os si je suis avec toi. Annonça-t-il sans le moindre mensonge.

Il avait tué un basilik, des démons, un seigneur des ténèbres, un professeur de défense, etc. Alors pour une fois qu'il pouvait s'en vanter un peu sans que cela ne paraisse louche. Il allait bien en profiter, sans compter que cela semblait rassurer Lilian.

-Tu me le promets ? Dit-elle en tendant le petit doigt de sa main droite.

Sans la moindre hésitation, il fit de même et les deux doigts en forme de crochet se serrèrent mutuellement avant qu'Harry ne reprit la parole :

-C'est promis Lilian. Alors maintenant, je suis sûr que ta mère et Jimmy s'inquiète, on y va ?

-Oui ! Répondit-elle aussitôt en ressemblant à la joie de vivre.

Harry aurait bien hurlé son manque de sommeil au monde. Mais pourquoi vouloir dormir quand l'univers entier voulait visiblement que vous restiez éveillé. Et pendant tout le chemin du retour, Harry sifflotait sans même s'en rendre compte la musique de « My fair lady » alors qu'il avait pu entendre inconsciemment du haut d'un toit.

« Faisons-là d'or et d'argent, my fair lady. »