Crossover Black Butler/Harry Potter: "Le grand patron"
Pion ou joueur ?
Avertissement: voir prologue
Swiny:
Où en est-on?
Fin de l'épisode 12 de la saison 1 de l'animé. Il était vraiment temps qu'on le finisse, vous ne trouvez pas?
Les commentaires:
à cette chère "Amber Woods":
J'ai trouvé ta critique intéressante pour l'évolution du personnage d'Harry. Mais, bien que cela ne sera pas révélé dans ce chapitre mais dans un ou deux après, Harry a des raisons de détester à ce point son titre et la mort. Je n'ai montré qu'une fraction de leur relation dans le prologue. C'est pourquoi un personnage comme Harry a plus de raisons de détester ce personnage qu'on pourrait le penser de prime abord. Cependant, je vais essayer de te donner deux indices sur les raisons qui l'ont poussé à ne pas faire ami-ami avec elle:
1) Elle a fait des choses que même Harry ne peut pas pardonner.
2) Relis le seul POV de la mort dans le prologue, il y a quelque chose de pas net dans sa personnalité et cela ne sera accentué que bien plus tard.
Quand à ces raisons de détester son titre ou ne pas utiliser ces pouvoirs, je dirai que c'est lié à la personnalité du Harry de base de JK Rowling. Harry n'est pas quelqu'un qui apprécie la gloire ou la puissance d'un point de vu général. Sans compter que ces deux choses sont liés une fois de plus à la mort et, dans le cas du titre, a provoqué littéralement la relation entre lui et la mort. Mais je ne vais pas t'en dire plus de peur de spoiler mon propre scénario.
A notre fan d'Undertaker, Didiine Okami:
Désolé, la rencontre est dans un autre chapitre qui arrivera bientôt. Il faut bien que je puisse faire souffler nos personnages favoris de temps en temps non? ;)
A Kathelen (désolé, j'avais pas d'idée pour personnalisé ton speudo):
En ce qui concerne ton idée pour le chapitre, hé bien, elle a été en partie retenu mais pas pour celui-ci. Ah! Quel dommage! Tu verras dans les prochains chapitres quelques points similaires cependant à ce que tu as suggéré. Encore merci pour les idées d'ailleurs.
A tous les autres loulous:
Merci pour vos commentaires et vos encouragements, ça fait toujours plaisir!
My moment personnalisable comme les faux de la mort:
Aujourd'hui, un chapitre pour souffler et ralentir juste une seconde le rythme avant de retourner dans l'intrigue. A cause de vous cher lecteur (et aussi parce que je cherche des coupables autre que moi-même), j'ai la chanson anglaise de London Bridge is falling down. Vous devriez avoir honte de m'inciter à écrire. Enfin bref! Je tenais aussi à souligner que si jamais vous avez des idées pour une couverture afin d'illustrer l'histoire, je suis preneuse. Vous pouvez même m'envoyer les vôtres sur mon tumblr si vous aimez dessiner. Cette fanfic va être longue et je n'ai pas d'inspiration pour la couverture de cette histoire.
Sur ce, bonne lecture! Et bonnes écritures de vos commentaires, idées et suggestions. (Je n'essaye même pas la psychologie inversée, étonnamment, cela ne marche pas quand j'en fais ces derniers temps)
POV HARRY
Harry n'avait jamais été si content d'avoir enfin pu s'endormir. S'il devait être parfaitement honnête avec lui-même, il n'avait jamais été aussi épuisé de toute cette vie.
Cela avait même rivalisé avec son épuisement constant quand il bossait encore, il y a longtemps, avec la famille Ferro et Lao. C'est dire !
Bien entendu, la famille Ferro continuait de faire appel à ces services de temps en temps. Après tout, il fallait bien que la mafia Italienne ait des gens de confiance parmi tous ce peuple Anglais, adorateur de la reine Victoria... Cela tombait bien à l'époque car Harry est justement une personne de confiance, a des contacts avec les familles Ferro, a toujours besoin d'argent et ne possède aucune forme d'affection pour la reine d'Angleterre. C'est l'une des choses qui n'avait pas changé depuis son enfance dans les rues.
La seule différence était qu'il n'était plus dans le jeu de Lao et que celui-ci croyait que Ran-mao l'avait tué depuis des années maintenant… Sauf si elle lui avait parlé de leur rencontre au bal organisé par le vicomte de Druitt. Dans ce cas, Harry ne pouvait s'empêcher d'attendre le prochain coup fourré qu'allait lui faire le chinois.
Enfin bref ! Lilian avait pu rentrer sans trop de problème avec son aide. Il lui avait montré quelques points de repères pour qu'elle puisse retrouver facilement son chemin si jamais elle devait un jour repasser par ici sans lui. Harry lui avait également montré où il habitait au cas où la petite se perdait une fois de plus mais près de la Tamise et enfin, il lui avait montré les accès aux différentes ruelles près du magasin d'Undertaker.
Il avait tâté brièvement l'idée d'aller voir le « monsieur effrayant » pour enfin voir à quoi ressemblait son seul rival réel en information… Mais au final, il avait décidé de ne pas le faire en voyant combien la petite était réellement effrayé rien que par la façade du magasin de ce type.
Il était donc rentré directement chez lui peu après qu'il avait rendu la petite à sa mère qui l'avait immédiatement remercié de tout cœur pour l'avoir ramené. Apparemment, elle avait été morte d'inquiétude pour sa famille mais comme elle était veuve et pauvre, elle n'avait pas pu risquer de laisser le pauvre Jimmy tout seul pour partir à sa recherche. De ce qu'il avait compris du discours très rapide de la dame, son mari était mort dans une usine à l'écart de Londres et depuis, les revenus étaient rares au point que Lilian devait aider sa mère à faire deux ou trois besognes pour gagner de l'argent.
Que voulez-vous… Les temps étaient durs. Et Harry était assez bien placé pour le savoir. Il avait déjà beaucoup de mal à joindre les deux bouts seuls. Alors quand le garçon s'imaginait ce qu'avait dû faire la bonne femme pour pouvoir soutenir tout une famille avec un enfant malade et incapable de quitter le lit… Cela ne pouvait être qu'un réel cauchemar financier.
Rien que devant l'explication, il s'était demandé s'il ne devrait pas offrir ce fameux diamant bleu que le comte lui avait lancé si négligemment comme s'il n'avait aucune réel valeur. Rien n'était plus important que la famille après tout et le garçon aimait bien l'idée que la dame puisse obtenir un peu de repos et que Lilian n'ait plus à faire les rues pour vendre ces fleurs pendant quelques semaines également.
Mais pour une raison étrange, quelque chose le retenait. Il avait l'impression que s'il donnait cette bague, une partie de lui s'effacerait à jamais. Ce qui était une impression stupide à avoir puisqu'il n'avait eu la bague que depuis que le comte l'avait lancé sur lui. Pourtant, l'impression était suffisamment forte et tenace pour qu'il ne mentionne pas la bague surmonté du diamant bleu et qu'il ne reparte chez lui sans avoir tenter de leur donner cette source de revenu.
Et encore maintenant, alors qu'il était sur son lit douillet à étudier son reflet dans la bague, il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi cette impression semblait si forte. La bague semblait inoffensive. Elle ne lui rappelait rien de vraiment particulier. Il n'avait appartenu à personne qu'il connaisse de ce monde ou d'un autre. Et il lui semblait même qu'au fond de lui, il savait que la conserver était une mauvaise idée. Et tout ça, c'était sans oublier la fameuse légende autours du fragment d'espoir qu'il étudiait avec une grande attention.
Alors, avec toute cette liste de raisons toutes plus valables les unes que les autres, pourquoi il ne s'en était pas encore débarrassé ? En fait, pourquoi ce fragment d'espoir semblait évoquer de profonds sentiments de familiarité en lui alors qu'il ne l'avait encore jamais vu de ces propres yeux avant ?
C'était bizarre et Harry ne savait pas encore s'il devait aimer cette contradiction ou non. Le jeune homme étudia la pierre précieuse de la bague en argent pendant de longues minutes. Puis, sans trop savoir pourquoi, le jeune homme mit la bague. Il ne savait pas trop à quoi il s'attendait s'il devait être honnête. Il ne ressentait rien de spécial et cette bague, portée précédemment par Ciel Phantomhive en personne, n'était vraiment en rien spécial non plus. Il ne voyait vraiment pas l'attrait que les gens pouvaient avoir pour le diamant bleu. Il n'y avait rien de particulier à ce sujet si ce n'est qu'il y avait comme une sorte de profondeur dans tout ce bleu, presque comme si quelque chose se cachait dans la bague en attendant de se dévoiler à la lumière du jour, au moment exact où les rayons du soleil frapperont le bijou.
Finalement, les paupières de l'immortels devinrent enfin lourdes à force de réfléchir et un sommeil plus que béni prit doucement le garçon dans ces bras pour l'accueillir au pays des rêves et surtout, des cauchemars.
POV CIEL
-Le lendemain-
Ciel Phantomhive n'avait jamais vu l'intérêt de fêter son anniversaire après l'odieuse tragédie qui avait touché sa famille. Il n'avait pas non plus compris l'intérêt des membres du personnel, de Lizzy et de Sébastian à vouloir absolument le fêter. Mais pourtant, le comte Phantomhive l'avait autorisé. Il ne savait peut-être pas pourquoi son anniversaire semblait si important aux yeux de son personnel et de sa fiancée mais si cela pouvait la rendre heureuse après toute cette débâcle… Qui était-il pour refuser une pareille demande ?
Cette fameuse débâcle qui avait révélé de nouveaux pions et adversaires. Cette affaire qui l'avait empêché de signer son approbation pour de nouveaux jouets Phantom et avait considérablement ralenti son travail actuellement étalé sur son bureau en acajou. Cette débâcle dont il était justement en train de discuter au sein de son bureau avec son fidèle majordome.
-Donc, si je te suis bien. Le garçon, cet Harry Peters, est revenu à la vie après que tu lui aies cassé le cou. De plus, il ne semble réellement pas lié au kidnapping de Lizzy ou des autres jeunes filles. C'est bien ça ?
Si Ciel devait être honnête avec lui-même, il ne savait pas trop quoi penser de tout cela. Il ne savait toujours pas quel rôle jouait l'inconnu dans toute cette petite comédie organisé par ce nouvel adversaire. En fait, il n'était même pas sûr de savoir quoi ressentir à propos du jeune homme. Il était incertain de comment procéder avec ce monsieur Peters qui avait remis son honneur en question. Et s'il y avait une chose que Ciel détestait de tout cœur avec son être, c'était de ne pas savoir comment manipuler ce qui ressemblait à une nouvelle pièce assez intéressante pour son petit jeu.
-En effet monsieur, lui répondit son démon, l'expression plus que confuse de monsieur Peters en a attesté avant même qu'il proclame son innocence.
-Et tu dis qu'il sait des choses à propos des démons et des contrats faustiens ?
Ce fut un exemple parfait des raisons pour laquelle il aurait aimé savoir face à qui il se trouvait exactement. En effet, Ciel était encore un peu énervé que son fidèle majordome ne l'ait pas informé plus tôt qu'il avait discuté avec l'individu. S'il avait su, il aurait pu être mieux préparé pour la rencontre et il aurait su les soupçons de Sébastian.
Hélas, le comte devait se l'avouer à lui-même, il n'avait pas pu penser clairement une fois que la vie de sa cousine avait été mise en jeu si négligemment par le malade qui l'avait kidnappé.
Ce manque d'attention et d'analyse de la situation avait amené le jeune noble à perdre énormément d'indices sur le kidnappeur et sur Peters.
Cela ne devait plus jamais se reproduire. Ciel avait eu de la chance que le kidnappeur n'avait pas voulu plus que de le transformer en pantin sinon, même avec l'aide du démon, il serait mort. Et évidemment, il serait mort en n'ayant pas pu accomplir la moindre vengeance contre ceux qui avaient bafouée sa famille. Ce qui était, en soi, inacceptable.
-Sa connaissance plus que précise a été plus que prouvé par ces maigres commentaire, monsieur. Lui répondit le démon après un petit moment comme s'il avait réfléchi lui-même à comment il devrait formuler sa phrase.
Ciel n'avait pas vu cela arriver très souvent chez Sébastian. Cet air réfléchi et pensif avait été surtout présent quand il avait cuisiné ces premiers diners horribles ou lorsqu'il tentait lui-même de comprendre quelque chose qu'il n'avait jamais vu ou appris. Alors, voir cette expression sur la faciès habituellement impeccable de son majordome pour une réponse qui aurait dû être simple, amena Ciel à s'interroger sur un autre point qui le préoccupait.
-Est-ce que Peters possède un démon ?
-Monsieur ? Lui demanda Sébastian un tantinet confus.
-Ma question est pourtant claire. Est-ce que oui ou non Peters possède un démon ? Cela expliquerait sa connaissance tout comme son retour à la vie, n'est-ce pas ?
Tout comme il avait pu faire son retour après son sacrifice par ce groupe sataniste. Peut-être qu'après que Sébastian lui ait tordu le cou, le garçon avait fait un pacte avec un démon quelconque afin de se venger contre sa famille. Ce serait même plus que logique étant donné sa connaissance sur les contrats faustiens, sa résurrection ainsi que sa haine envers lui. Il savait que c'était bien plus que du ressenti car, à sa place, le noble aurait détesté se faire tuer si inutilement par quelqu'un ayant convoqué un démon. Cela aurait été trop facile et trop injuste pour qu'il ne tente pas d'en faire de même à son tour. Par pour équilibrer la balance, non… Mais pour prouver que même si ce monde abject est injuste, c'était Ciel qui restait en contrôle, pas le meurtrier. Et pour avoir arracher ce contrôle même juste une seconde sur sa vie, il se serait assuré que le meurtrier ne revoit plus jamais le jour.
Le comte attendit, avec une certaine impatience caché sous ce masque de froideur et de calme, la réponse de son propre démon.
-En effet monsieur et ce serait même possible…
Ciel pouvait clairement entendre le mot en bout de phrase qui n'osait pas franchir les lèvres de son majordome :
-Mais ?
-Mais cela n'expliquerait pas son aura. Finit par dire le démon en reprenant ces expressions faciales habituelles.
-Continue. Dit Ciel après quelques secondes en inscrivant sa signature sur l'un des documents juste en face de lui.
-Les humains, tout comme toute créature vivante qu'elle soit démoniaque, angélique, animal et j'en passe, possède une aura. Voyez ça comme une signature. Cette aura fluctue en fonction de nos émotions et est en quelques sortes la manifestation de ceux-ci. Lorsque mes yeux deviennent fuchsia, c'est un signe que mon aura s'est libérée en dehors de mon corps humain qui sert de barrage à celle-ci.
Le comte hocha lentement la tête à l'explication et simplifia celle-ci pour être sûr d'avoir bien tout compris. Après tout, c'était la première fois qu'il entendait ce morceau d'information et le noble se demandait bien pourquoi.
-Autrement dit, quand vous prenez forme humaine, votre corps sert de barrage à votre aura et plus vous révélez votre aura et plus vous reprenez vos véritables formes d'origines.
-C'est cela, il existe différents genres d'aura et de même, différente intensité naturel. Et lorsque l'on meurt, l'aura autours du corps disparait puisque les émotions, qui animent l'aura, disparaissaient à leur tour.
Ciel se demanda sommairement à quoi ressemblait son aura. Si les émotions l'animaient sa haine et sa colère devait la rendre vibrante par moment mais lorsque ce n'était pas le cas, comment était-elle ? Il ne ressentait plus le moindre bonheur, la moindre joie et la tristesse n'était qu'une vulgaire perte de temps. Alors à quoi ressemblait l'aura de quelqu'un d'aussi peu émotif et d'aussi contrôlé que lui ? Il voulait vraiment verbaliser sa question en demandant au démon à quoi ressemblait son aura en ce moment même mais ce serait un signe évident de curiosité et donc de faiblesse. Il choisit donc de la formuler autrement afin qu'elle ait l'air plus impersonnelle :
-Qu'arrive-t-il à quelqu'un si jamais cette personne n'a plus la moindre émotion ?
-Son aura est là mais elle reste statique, fixe et faible mais toujours visible. Dit le démon avec un fin sourire à peine visible si on ne le cherchait pas activement. Celui-ci n'était décidément pas dupe.
-Je vois… Alors quel est le problème avec l'aura de Peters ? Finit par demander Ciel.
Était-elle trop statique ? N'en possédait-il pas ? Ou bien celle-ci était trop vibrante ou imposante pour son serviteur des enfers ? Il ne le savait pas et il espérait vivement que son démon puisse éclaircir ces maigres questions qui circulaient à toute vitesse dans son esprit:
-Son aura était complètement masquée. Ou plutôt devrais-je dire « naturellement » masquée.
Ciel Phantomhive comprit immédiatement les implications de la déclaration que venait de faire son majordome personnel.
-Tu insinues qu'il n'est donc pas humain et que son corps fait barrage comme vous autres ?
Si c'était le cas, Harry Peters appartenait probablement à une race qui ne pouvait pas mourir définitivement ou qui mourrait très difficilement. Après tout, Grell Sutcliff avait sous-insinué qu'il pouvait mourir en parlant de liste et de lanterne cinématique. Cela impliquait donc qu'il pouvait mourir mais sans le rester très longtemps. Dans tous les cas, avoir un serviteur avec cette compétence, serait plus qu'utile dans le domaine Phantomhive.
-C'est plus compliqué que cela monsieur. C'est comme si son aura était tellement intense qu'elle n'en était plus visible, qu'on ne pouvait plus ni la ressentir, ni l'identifier. Un peu comme si elle était effacée plutôt que bloquer par le corps. Et si je dois être parfaitement honnête avec vous monsieur, je n'ai jamais vu cela durant l'entièreté de mon existence. Et je n'avais pas remarqué cette particularité avant de revoir ce dieu de la mort et lui se bagarrer.
-C'est intéressant… Je me demande où cela le place sur mon jeu ? Quel genre de pion cela nous offrira-t-il et à quel point sera-t-il dangereux… Quelqu'un qui ne peut rester mort est une menace sans équivoque, c'est sûr... Mais je me demande à quel point il peut l'être.
S'il y avait lanterne cinématique, cela veut dire que la faux de Grell avait pu le blesser assez pour afficher celle-ci en dehors de son corps. Ce qui expliquerait comment Grell avait pu « chipoter » avec ladite lanterne de Peters. De plus, Sébastian lui avait tordu le cou, ce qui implique qu'une force surhumaine pouvait venir à bout de l'individu en question. Le problème n'était peut-être donc pas comment il meurt mais combien de temps il reste mort.
-Tu as vérifié au Yard s'il était bel et bien un informateur ?
Ciel n'était pas le genre de personne à croire quelqu'un sur parole. Et le fait que Peters avait semblé franc durant l'échange ne changeait pas cela. Après tout, le comte ne pouvait faire confiance à personne. Il était seul sur le long chemin de la vengeance et sa seule compagnie était un démon qui finira par dévorer son âme. Il a commencé cela seul et il finira cela seul.
-C'est le cas monsieur, il semble avoir beaucoup été contacté dans le passé par Scotland Yard. Il a même été le suspect d'une enquête impliquant des gangs. Et en dépit de mes doutes sur ces revendications qu'il était humain, je crois que son nom ainsi que son métier n'était pas un mensonge et que ces documents sont des plus authentiques.
Si cela était vrai, il pouvait user d'une forme de couverture comme clientèle pour approcher Peters et évaluer son vrai niveau de menace pour sa partie en cours. Il n'avait que faire d'un pion lâche qui refuse de bouger après tout.
-Dans ce cas, il faudra que je rende une petite visite à cet Harry Peters prochainement. Bien entendu, il faudra fouiller un peu dans son passé et gagner quelques informations supplémentaires mais je suis sûr qu'avoir un autre informateur de la même trempe qu'Undertaker ne sera que bénéfique pour la famille Phantomhive. Sans compter que ces petites dispositions seront très utiles sur mon plateau de jeu.
-Si je puis le permettre monsieur, il faudrait que vous arriviez à le convaincre en premier lieu et vu ces sentiments à votre égard, ce ne sera pas une chose facile à faire.
-Ce n'est qu'un pion Sébastian, il suffit juste de trouver la bonne motivation pour le faire bouger. Il faudra juste faire attention à bien nivelé le terrain si jamais les choses tournent mal. Je ne voudrais pas que ma partie ou d'autres pions soient endommagées uniquement à cause des frasques d'un simple individu qui ne veut pas mourir.
-Bien que la conversation ne s'y prête pas, je ne puis m'empêcher de remarquer l'absence du cadeau de Lady Elizabeth. Auriez-vous décidé de ne pas la récupérer auprès de notre « ami » commun ?
Bien entendu, il n'allait pas avouer au démon qu'il n'avait pas été la récupérée par pure fierté. Cela aurait impliqué qu'il aille voir Peters afin de la demander après toutes les accusations portée contre lui et cela était inacceptable aux yeux du jeune homme. Le simple fait de s'imaginer lui-même en train de demander à cet homme qui l'avait insulté la bague qu'il lui avait lui-même jeter à la figure, lui ôtait toute envie de récupérer le cadeau.
-Cette bague est maudite et apporte le malheur à tous ceux qui le portent. Rappela doucement le comte à Sébastian comme excuse.
-Même si elle était dangereuse, elle vous a été offerte par Lady Elizabeth. Sans compter que je veille sur vous donc rien n'aurait pu vous arriver. Répliqua le majordome en lui servant une tasse de thé fumante. S'il n'avait pas su mieux, il aurait pu croire que le démon avait été vexé par sa réponse.
Ciel attendit un peu avant de boire le liquide et signa un autre document avant de changer de sujet :
-Sinon, du nouveau sur le manoir ?
-Oui, il s'agit de la propriété du comte Mandalake, cela fait déjà quelques mois qu'il est parti en convalescence à la campagne laissant sa demeure inhabitée.
-Ce qui veut dire qu'il n'a rien à voir dans cette histoire. Conclut logiquement Ciel.
Encore une fois, la piste s'effaçait sous ces yeux le laissant sans le moindre indice ou la moindre réponse pour pouvoir faire avancer sa partie.
- Tout porte à le croire, en effet. Approuva Sébastian Michaelis.
Mais encore une fois, si ce n'était pas le comte, alors qui avait voulu kidnapper Lizzy ? Pourquoi la bague servait-elle de marque pour ces victimes innocentes ? Pourquoi avoir voulu l'attirer en ce lieu ? Mais surtout…
-D'où sortait ce blason ? Se questionna mentalement Ciel alors qu'une image de celui-ci dans l'une des pièces lui revenait à l'esprit en plus des évènements de ce funeste jour où il vendit son âme au démon à ces côtés.
-Quelque chose vous revient à l'esprit ? Demanda poliment Sébastian.
Il devait vraiment être fatigué si le démon arrivait à apercevoir son air pensif avec tant de facilité. Peut-être qu'un peu de repos et de calme ne serait pas de trop après la nuit dernière. Sans compter qu'il avait encore du retard à rattraper dans son travail et que, plus il attendrait, plus son retard sera grand. Et cela, il ne pouvait pas se le permettre après la tragédie avec ces parents qui avait eu pour résultat de poser d'énormes problèmes avec les investisseurs.
-Non, j'ai besoin d'un peu de repos. Je suis fatigué.
-Yes my lord, je comprends.
Oui, peut-être que se concentrer sur quelque chose de plus simple l'aiderait à y voir plus clair…
POV SEBASTIAN
Sébastian Michaelis ne savait pas trop quoi penser de ce nouveau développement. Contrairement à son jeune maître, il y avait de multiples choses qu'il avait remarquées et retenues de ces deux rencontres avec Peters.
Tout d'abord, celui-ci avait été incapable de voir l'imposant chien de l'enfer qu'était Pluton. Il pouvait encore se souvenir mot pour mot de ce que le jeune à l'apparence humaine avait dit à son maître :
« Vous savez, je ne sais pas qui est ce « Pluton » mais je peux vous assurer qu'il n'est pas dans cette pièce. En fait, j'ai l'impression que beaucoup de chose semblait être là sans l'être. Si vous voyez ce que je veux dire… »
L'informateur avait sous-insinué qu'il avait peut-être été écouté durant l'ensemble de la conversation ou que, le jeune homme avait discuté avec quelqu'un qui n'était pas vraiment là bien avant qu'ils n'arrivent après le combat contre Lady Elizabeth.
Sébastian aurait bien pensé qu'il aurait pu parler à quelqu'un au téléphone mais il n'avait pas vu le moindre appareil y ressemblant vaguement dans la pièce.
La majordome noir avait, ensuite, spéculé que quelqu'un qui ne devait pas se trouver là avait rendu visite au garçon avant de partir. A nouveau, cette option avait été mise de côté lorsque la seule sortie possible de la pièce impliquait de passer à travers la double porte finement ouvragée… La même porte par lequel ils étaient venus après leur affrontement avec le pantin majordome.
Pour finir, il y avait encore une énorme probabilité que ce garçon soit fou et ait des hallucinations. Mais cela n'expliquait toujours pas comment il n'avait pas réussi à voir Pluton.
Pourtant, Harry Peters restait le moindre des soucis du majordome. Le prétendu joueur de musique auquel le garçon avait fait référence à plusieurs reprises l'inquiétait bien davantage en ce moment. Pour l'instant, ce monsieur Peters était hors de sa liste des priorités puisqu'il était, a priori, sans danger pour son jeune maître. Ce qui n'était pas le cas de cet individu, ce maître auquel avait fait référence le pantin, celui qui avait voulu transformer son maître en vulgaire pantin d'or et argent.
« Hélas oui, c'était un sacré numéro d'ailleurs. Toujours là à parler de pureté, à refuser de se montrer ou à refuser de répondre à ma question. Je suis sûr qu'il vous irriterait bien plus que moi d'ailleurs. Moi-même, je le trouvais agaçant. »
Sébastian avait bien remarqué la franchise évidente chez Peters. Et le démon se demanda brièvement quel genre de personne il faut être pour agacer à ce point un individu comme Peters.
Au même niveau, il se demandait quel genre d'homme était Peters. De ce qu'il avait pu en voir, c'était un homme qui aimait jouer ces petits jeux. Ils semblaient avoir des sentiments négatifs vis-à-vis de son maître mais après une seconde conversation, il avait pu voir que c'était juste le comportement de celui-ci qui semblait agacer le jeune homme et lui rappeler d'autres personnes si son analyse était correcte. Il avait eu une attitude désinvolte pendant les 2 conversations et il possédait un certain sens de la répartie. Sébastian avait aussi remarqué que l'homme souriait beaucoup comme si c'était naturel pour lui de le faire et avait une posture d'autorité qu'avaient généralement les nobles.
Oui, Malphas ne pouvait pas attendre pour aller obtenir les fichiers sur Harry Peters aux archives ou effectuer quelques recherches. Le majordome détestait être démuni devant les possibles adversaires de son jeune maître. Un peu comme cet individu encore inconnu de son répertoire.
« Parce que celui ou celle qui jouait plus tôt vient juste de recommencer et que cette fois, sa voix, alors qu'il ou elle chante, est clairement hostile. »
Et toute hostilité envers son maître reviendrait plus tard pour causer du tort à Sébastian d'une manière ou d'une autre. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir qui que ce soit mettre leurs mains grasse sur son jeune maître. Il avait passé suffisamment de temps à préparer ce délicieux plat qu'était son âme et il ne désirait ni partager son repas, ni se le faire cruellement arraché par la mort prématurée de celui-ci qui annulerait immédiatement le contrat entre eux. Il sacrifierait sa vie démoniaque avant qu'une telle chose ne se produise.
Peut-être était-il temps de renforcer la sécurité au manoir ? Quelques mesures supplémentaires ne feront certainement pas de mal au manoir des Phantomhive.
