Crossover Harry Potter/Black Butler: "Le grand Patron"

Commerce rival

Avertissement: voir prologue

Swiny

Où sommes-nous Gandalf?

Hé bien Frodon, il ne reste plus que 3 jours avant d'atteindre les mines. En attendant, nous sommes au tout début de l'épisode 13 de la saison 1.

Alerte commentaire!

Etonnamment vide... Que ce soit sur Archive of own, tumblr ou même ici... C'est super bizarre...

Moment fou de l'auteure qui va en faire s'interroger plus d'un:

Alors mesdames et monsieur les lecteurs, ce chapitre que vous allez lire sous peu est mémorable. Tout d'abord parce que l'on revoir Lilian et notre dieu de la mort déjanté et aimé de tous. Et ensuite parce que moi-même alors que je savais comment je devais clôturer ce chapitre et que j'avais laissé un ou deux indices tombés au sein des autres chapitres, je me suis dit: "Whaaaaaat?!" Oui, je sais très expressif comme réaction d'écriture...

Sinon, il y a une possibilité (et j'insiste sur ce mot) que le prochain chapitre arrive un peu en retard car il va être trèèèèès long. Ce ne sera peut-être pas le cas mais au cas où (et si je ne le sépare pas en plusieurs parties entre-temps)... Vous voilà prévenu.

Je vous souhaite donc une bonne lecture, de bons avis, de bonnes suggestions en tout genre, etc.


POV HARRY

Harry Potter avait bel et bien rêvé d'une vie lui appartenant. Le jeune immortel savait toujours quand il rêvait d'une ancienne vie et quand il ne rêvait pas depuis sa deuxième réincarnation. Il le savait parce qu'à chaque fois que Morphée décidait de balayer Harry du monde éveillé, il revoyait continuellement se jouer sous ces yeux d'endormis des souvenirs d'une vie qu'il avait déjà vécue. Le plus souvent, il visitait des champs de batailles et ressentait une fois de plus l'adrénaline de ces jours glorieux. Parfois, il cauchemardait sur les évènements de sa première vie. Quelquefois, il entendait une fois de plus sa voix douce raconter des contes dans des tavernes à quelques badauds curieux.

Pourtant, aujourd'hui, la vie qu'illustrait son rêve sous ces yeux n'était pas une vie qu'il avait un jour vécue. Et de cela, Harry en était sûr.

« Harry observait avec une certaine satisfaction la boule de billard qu'il venait de frapper avec son efficacité habituelle se heurter aux autres et les mettre une à une hors du tapis vert qui recouvrait la table pour rejoindre leur colocataires dans les trous.

-Encore ! Mais ce n'est pas possible ! Tu as dû trafiquer la table, je ne vois que ça ! Répliqua l'homme Allemand à sa droite.

Il ne savait pas qui était cet homme mais son air continuellement furieux alors qu'il se mit à étudier la table avec soin pour trouver une quelconque tricherie l'amusait au plus haut point. Il avait presque envie de rire mais une certaine familiarité semblait le faire sourire à la place. Un peu comme s'il avait déjà vécu cette situation quelques fois dans le passé.

-Que veux-tu Dee, il y a ceux qui ont le talent et ceux qui ne l'ont pas. Répliqua tranquillement Harry en lançant le surnom plus qu'utilisé roulé sur sa langue avec facilité.

Harry déposa sa queue de billard dans les mains impatientes de l'homme pour qu'il puisse l'étudier sous tous les angles possibles.

-A ce stade, ce n'est plus du talent ! Cela va faire 5 parties que tu m'écrases ! Dit l'homme en reposant la queue sur la table afin de reprendre un sandwich au fromage.

On aurait presque dit Ron à la manière dont il dévorait instantanément le sandwich. Cela avait toujours été un défaut qui avait agacé le garçon qui a survécu lorsqu'il se souvenait une fois de plus de ces années à Poudlard.

Pourtant, sur cet homme qui devait avoir dans la trentaine, cela paraissait normal. En fait, ne pas le voir le faire alors que les sandwiches attendaient si innocemment à côté de l'homme Allemand semblait presque être un sacrilège.

-Et cela va faire 5 parties que tu ne cesses de t'empiffré de sandwich en tout genre. Tu as de la chance qu'Undertaker ne soit pas avec nous ce soir, il aurait probablement déjà fait une blague sur le fait de devoir te faire un cercueil au cas où tu risques de t'étouffer en mangeant. Tu devrais te méfier. Le taquina Harry.

-Désolé, c'est le stress. Tu sais ce que c'est.

Non, Harry ne savait pas mais pourtant un petit sourire compréhensif traversa malgré lui son visage alors qu'il donnait une petite tape sur l'épaule de cet homme dont le nom était encore inconnu.

-Tiens justement, pourquoi tu tenais tant à quitter l'Allemagne pour venir me voir ? Non pas que je n'apprécie pas tes visites de courtoisie mais j'ai l'impression que tu es venu me voir pour un tout autre motif. Dit Harry en s'asseyant dans un fauteuil avant que l'homme ne fasse de même.

-J'ai besoin de ton aide. J'ai un problème de rongeur si tu vois ce que je veux dire…

Harry ne voyait pas trop où il voulait en venir mais, encore une fois, sa tête se hocha dans la compréhension sans sa permission. Il ne voyait absolument pas ce que l'homme Allemand voulait dire à propos d'un problème de souris ou de rat.

-On parle de quel genre de rongeur exactement ? Demanda Harry dans un ton de conversation.

-On parle de gros rongeurs bien gras de Windsor. Répliqua l'homme entre deux sandwich respectivement au thon et au poulet.»

Non, il ne parvenait vraiment pas à comprendre à quel vie semblait faire référence le rêve en question. C'était d'ailleurs étrange car il se souvenait toujours de ces anciennes vies. Il y avait toujours des petits détails qui permettaient d'associer un ancien souvenir à la vie correspondante en question. Poudlard et tous ces trucs magiques appartenaient à sa première vie. Des gens en toges et de l'artisanat purement Gréco-romaine appartenait à sa deuxième. Des visites dans des tavernes sans un livre avec plusieurs verres devant lui étaient celle appartenant à sa vie en tant que Faust… Tout des petits détails qui amusaient sans fin l'immortel et lui permettait d'avoir des points de repère durant sa longue vie.

Mais la vie dont il venait de rêver, il n'y avait rien pour l'identifier. Elle semblait presque complètement nouvelle. Un peu comme si l'immortel se nourrissait peu à peu des souvenirs d'une vie qui ne lui appartenait pas pour qu'elle puisse revivre hors de l'oubli à travers lui. Et le jeune homme ne savait pas trop comment il devait le prendre. Ces sentiments, ces images, ces sensations, cette personnalité assez proche de la sienne, ne lui appartenaient pas.

Lentement, l'informateur se frotta les yeux dans l'espoir d'effacer les restes du rêve étrange qu'il venait d'avoir afin de chasser sa confusion. Il sentit illico que quelque chose clochait à l'instant où il sentit une sorte de bosse froide lui refroidir la peau du visage quand sa main droite frottait celui-ci.

Toujours avec la même lenteur, il écarta sa main droite afin de mieux étudier la bosse en question. Il y avait une bande doré surmonté d'un diamant bleu autours de l'un de ces doigts. La froideur métallique venait donc de la bague qu'il avait mise la veille juste avant de s'endormir.

Harry soupira un peu en se demandant quand le comte allait venir récupérer le bijou en personne et, en se demandant une énième fois, pourquoi il ne l'avait pas donné à la famille de Lilian.

Puis, une fois qu'il eut fini de se réveiller et de s'auto-apitoyé sur la bague, il décida de se lever. L'immortel se prépara ensuite à son rythme pour la journée d'aujourd'hui. Le temps était encore froid et purement hivernal à l'extérieur et cela ne ferait pas de mal à Harry pour se couvrir un petit peu. Il s'habilla le plus chaudement possible pour affronter le temps Londonien si cruel puis, il sortit de l'appartement. Il était temps qu'une nouvelle journée démarre.

POV HARRY

Cette journée avait très mal démarrée. Pour commencer, une bande de voyou avait tenté d'agresser Harry parce qu'il jouait trop au « prince » dans la rue. Ensuite, une bande d'indien avait voulu lui faire la peau parce que, soi-disant, il était responsable de tous les malheurs de leur peuple actuel parce qu'il était Anglais. Enfin, à part quelques maigres informations inutiles à vendre comme un prince Indien qui devrait bientôt arriver à Londres pour « régler » la situation, il n'y avait rien de neuf. C'est à croire que toute sa journée avait décidé malgré lui d'être une totale perte de temps.

Harry soupira en avançant bravement dans le froid tout en comptant les maigres pièces qu'il devrait donner à sa logeuse dans trois jours. Encore une fois, le payement allait être un peu juste pour l'ex-Gryffondor. Peut-être qu'il devrait envisager sous peu de changer de métier. Ce n'est pas comme s'il manquait d'expérience après tout. Il en avait fait des métiers durant l'entièreté de son existence. Il avait même dû changer de travail à plusieurs reprises tout au long de la plupart d'entre elles. Il avait effectué respectivement : un soldat, un conteur, un savant, un serviteur pour un roi, un mercenaire, un homme à tout faire, un médecin, un rôdeur, un forgeron, un musicien, un professeur, un acrobate et il en passe… Cela ne devrait pas être trop compliqué de trouver du travail dans ces conditions ! Ce n'est pas comme s'il lui manquait de l'expérience ou du talent. Sans compter que n'importe quel employeur serait ravi de le prendre puisqu'il était jeune, sans famille, habitant déjà dans Londres… Bref que du pain béni !

La vraie question était de savoir s'il voulait vraiment changer de métier. D'un côté de la balance, il adorait son travail et il avait une facilité déconcertante pour obtenir des informations. De l'autre côté de la balance, il y avait le manque évident d'argent malgré tout ces efforts et surtout le manque affligeant de client ! A ce stade, peu importe s'il aimait son travail, quand celui-ci ne vous permettait plus d'en vivre, cela commençait à devenir sacrément problématique.

Alors que le jeune homme se tata sur l'option de changer de travail, il vit une fillette désormais bien connu se déplacer près de la Tamise. Sans attendre, il la rejoignit pour mieux voir ce qu'elle faisait.

-Bonjour monsieur, désirez-vous une f… Oh ! Bonjour Harry ! Dit la fillette qui tenait un panier bien lourd rempli de fleurs de Lys, de marguerites et d'autres fleurs d'espèce différentes.

-Bonjour Lilian, à ce que je vois tu es en pleine distribution de fleur. Est-ce que ça marche ? Lui demanda-t-il en regardant quelques passants ignoré la fillette pour aller voir un vendeur de journaux plus loin.

Par ce temps, les gens devaient se dire qu'il était inutile d'acheter des fleurs en plein hiver. Les affaires de la fillette iraient probablement mieux une fois que le printemps sera de retour.

-Pas vraiment, mais d'ici la fin de la journée, j'aurais tout vendu, j'en suis sûre ! Répondit la jeune fille persévérante.

-Je n'en doute pas un seul instant. Sinon, comment va la famille ?

Bien que cela ne fasse que deux jours, il s'était bien attaché à la fillette et sa famille. C'était sûrement dû au fait qu'Harry n'avait jamais été le genre de personne qui restait seul bien longtemps. La vie sombre et destructrice qu'il avait eu en tant que Faust était un bon exemple de pourquoi il ne devait pas rester seul trop longtemps. Honnêtement, il avait eu de la chance de croiser la gamine. Il ne savait pas comment il avait pu autant éviter de se faire des amis ou une vraie famille avant de voir combien cela lui avait réellement manqué simplement en voyant une mère inquiète pour son enfant.

-Maman a réussi à trouver du travail comme peintre pour une galerie d'art. Quand à Jimmy, il tousse encore un peu mais sa température a un peu chuté depuis hier. Maman dit que si cela continue, il pourrait bien se remettre sur pied en un rien de temps.

Il avait brièvement le jeune Jimmy quand il avait ramené la petite chez elle. Il ne savait plus le nom exact de la maladie du garçon. En revanche, il savait qu'avec le niveau de propreté de l'endroit où il vivait et le fait que les soins à cette époque étaient trop longs et coûteux pour qu'une famille pauvre se le permette, le garçon ne tiendrait plus que quelques mois avant de s'éteindre. La mère semblait parfaitement au courant de cela et n'avait rien voulu révélé à son ainé ou au malade. Elle voulait probablement garder ces enfants les plus heureux possibles avant la fin de la vie de James, alias Jimmy.

-C'est merveilleux Lilian. Dit-il en forçant un sourire sur son visage.

La vendeuse de fleur ne devait pas vraiment faire attention à l'expression sur sa tête car son enthousiasme l'a fit continué en ignorant les vrais sentiments d'Harry à ce sujet.

-Oui, cela va même en boucher un coin au monsieur effrayant qui n'arrête pas de dire que Jimmy va mourir et au médecin qui a été méchant avec Jimmy et maman.

-J'en suis sûr.

-Oui et même que quand Jimmy ira mieux, on pourra enfin voyager comme on se l'ait promis.

-Alors comme ça, tu as l'âme qu'une exploratrice ? Et où aimerais-tu aller avec ton frère ?

Il savait que Jimmy ne pourrait jamais aller nulle part. Néanmoins, les rêves d'enfants étaient une chose précieuse à se rappeler et il aimerait beaucoup entendre ceux de Lilian. Qui sait ? Il pourrait peut-être l'aider à réaliser ces rêves quand elle grandirait et qu'il aurait plus d'argent.

-A Paris ! Là où ils ont les plus belles roses au monde.

-La ville de l'amour. Pourquoi pas ? Qui sait, tu y seras peut-être un jour mais pour ça, il faudra travailler dur et bien vendre tes fleurs. L'encouragea-t-il.

C'est alors qu'il remarqua que la jeune fille se mordillait les lèvres et avait des yeux brillants. Pour l'avoir vu des dizaines de fois sur le visage de ces propres enfants, ils savaient que le petit discours amènerait aussitôt une demande quelconque. Et en effet, il ne se trompa pas :

-Oui ! Au fait Harry… Je me demandais… Maman va travailler pendant les prochaines semaines et comme Jimmy va mieux, je me demandais si tu voulais venir avec moi au concours du curry organisé par la reine.

-Ce n'est pas payant ces choses-là ? Dit-il automatiquement avant de vouloir se gifler.

Le prix n'avait aucune forme d'importance. Cet enfant avait juste envie de venir à un évènement. Lui répondre cela lui donnerait probablement l'impression qu'il la rejetait et, c'était quelque chose dont la petite n'avait pas vraiment besoin en ce moment.

-Non… Enfin oui… Enfin, je ne sais pas. Mais je n'ai jamais mangé de curry tu vois et j'aimerai beaucoup essayer. Dit-elle en se grattant la tête dans un geste gêné.

Harry ne savait pas vraiment s'il devrait se sentir ou non coupable de ce qu'il allait dire mais après ce que la petite venait de dire, il se sentit un mal alors qu'il lui disait :

-Je suis désolé Lilian mais je dois aller voir quelqu'un d'ici quelques jours. Je ne serai donc pas là quand le concours aura lieu. Je ne pourrais donc pas t'y emmener. Je suis désolé.

Il aurait dû mieux regarder la date quand il avait envoyé une réponse au Trancy pour les prévenir de sa visite. D'un autre côté, il n'avait pas su quand il avait répondu qu'il rencontrerait une enfant assez attachante qui serait intéressé à y aller. Parfois, le survivant aurait aimé être voyant. Cela lui aurait été tellement utile et l'aurait sauvé de tellement d'ennuis.

-Oh… Je ne savais pas… Je ne t'aurais pas ennuyé avec ça si j'avais su… Dit-elle en cherchant ces mots alors qu'elle semblait triste.

Maudit soit les yeux brillants des enfants tristes. C'était l'une de ces uniques faiblesses qui apparaissaient dans chacune de ces vies.

-Mais il se pourrait que les gens que je dois voir aient des plats à base de curry qui se conserve. Et donc, il se pourrait que je t'en rapporte du voyage. Lui dit-il dans l'espoir de lui remonter le moral.

Cela semblait fonctionner mieux que prévu car en moins d'une seule seconde, l'humeur triste de la jeune fille reprit son enthousiasme et sa bonne humeur précédente.

-C'est vrai ?! Oh merci Harry, tu es le meilleur. Dit-elle en lui faisant un bref câlin en faisant bien attention à ces fleurs.

-Mais pour cela, il faut que tu me promettes de bien vendre tes fleurs et surtout de ne pas oublier de t'amuser un peu avec ton petit-frère, d'accord ?

-C'est promis ! Dit-elle avec un grand sourire.

-Je suis ravi de l'entendre. Maintenant, il semblerait que ma journée n'ait pas été une perte de temps totale puisque je t'ai rencontré. Mais dis-moi, tu n'aurais pas une idée de ce que je pourrais faire ?

Puisque cette journée était visiblement perdu pour lui, pourquoi ne pas demandez à la demoiselle qui travaillait si dure. Les enfants avaient toujours des idées plus que farfelus ou effroyablement logique. Alors tant qu'à faire…

-Hmmm, tu pourrais aller chasser le monsieur effrayant, comme ça, il arrêtera d'embêter maman.

Une visite chez Undertaker ? Hé bien, ce n'était pas une mauvaise idée. Cela faisait un moment qu'il avait envie de lui rendre visite après tout.

-Le monsieur effrayant, hein ? Après tout, pourquoi pas…

Il dit au revoir à l'enfant et lui souhaita bonne chance pour sa vente florale puis, il se dirigea paisiblement vers le centre de la ville de Londres.

[-C'est vrai ça, après tout, pourquoi pas…] Se répéta le survivant dans son esprit alors que ces pas le menèrent vers son rival commercial de toujours : Undertaker.

POV UNDERTAKER

Undertaker observait sa dernière cliente avec une grande attention. Celle-ci avait été amusante. Elle avait été tué par son mari par un coup de poignard dans l'estomac et cela avait causé à une partie de ces entrailles de ressortir par le ventre. C'était un spectacle qu'Undertaker n'avait plus vu depuis longtemps. Et cela lui faisait apprécier d'autant plus son travail. Il ne regrettait absolument pas de ne plus récolter des âmes. Quand on pouvait s'occuper ainsi du corps des morts et leur redonnez leur gloire passé, qui voudrait voir leurs souvenirs ? Leurs corps décédés suffisaient amplement à raconter leur histoire toute plus tragique et drôle les unes que les autres.

L'ex-dieu de la mort finit de poser le maquillage funéraire sur la défunte avant de la placer délicatement de la table à son cercueil une fois de plus. Voilà, elle était enfin prête pour son grand jour. Il avait réussi une fois encore à la rendre toute belle pour le jour le plus important de sa vie. Quel dommage qu'il serait une fois encore l'un des seuls à pouvoir admirer cette beauté à sa juste valeur sans se faire assombrir par la tristesse du deuil.

Undertaker allait retourner chercher quelques bougies d'enceints supplémentaires en voyant comment certaines d'entres elles étaient ne dégageaient plus la moindre odeur et avaient presque fini de fondre. Il avait une réputation de fossoyeur à entretenir et de mauvaises odeurs l'incommoderaient tout autant que ces clients de la journée. Et cela, ce ne serait absolument pas drôle.

De plus, il avait le pressentiment que le comte Ciel Phantomhive viendrait le voir bientôt. Il le savait et c'était toujours un plaisir de revoir le jeune homme. Tout d'abord parce que leur conversation apporterait irrémédiablement le payement si délicieux et alléchant qu'était un bon éclat de rire. Et ce payement-là, il ne le manquerait pour rien au monde. Sans compter que le petit-fils de Claudia et le fils de Vincent lui manquait un tout petit peu.

Undertaker se demandait encore quand il arriverait enfin à dérider ce cher comte une bonne fois pour toute. Claudia et Vincent n'avait jamais été du genre sinistre, aussi, Undertaker était sûr que tous ces ténèbres qui refroidissaient l'âme de Ciel Phantomhive et le rendait aussi froid qu'une iceberg ne pouvaient être dû qu'à ce démon qui l'accompagnait toujours au moindre de ces déplacements.

Le fossoyeur se demanda exactement à quel point Sébastian rendait véritablement heureux le comte. C'était une question qui l'avait hanté à de multiples reprises en voyant les deux interagir. Parfois, il se demandait si trancher en deux le démon avec sa faux de la mort serait une meilleure chose pour le comte que de le laisser ainsi se faire submerger par les ténèbres qui l'entouraient…

Enfin, tant qu'il n'aurait pas la réponse à sa question ou que le pacte du fils de Vincent n'était pas prêt de se finir, il ne tenterait rien contre le démon. Il allait donc attendre et voir comme il le faisait toujours pour les humains qu'il affectionnait particulièrement.

Undertaker se souvenait encore de la première fois que Vincent avait emmené Ciel ici. A l'époque, le garçon était encore convalescent à cause de son asthme et lui et son épouse, Rachel, devait partir pour une mission hors-pays. Il l'avait donc présenté son fils au dieu de la mort. Undertaker avait immédiatement adoré le garçon. Pour commencer, il était souriant et adorait ces biscuits (même si celui-ci ne s'en souvenait pas car il était trop jeune). Ensuite, il avait hérité des plus belles paires d'yeux qu'il n'ait jamais vus chez un mortel, les yeux de Claudia. Et enfin, il ressemblait simplement à Vincent. Le mortel qu'il aimait le plus dans l'ensemble de la création. Aussi, comment Undertaker n'aurait pas pu même aimer ce garçon ?

Il se souvenait encore des mots que Vincent lui avait dits alors qu'il avait posé une main ganté sur la tête de son fils unique en souriant. Vincent avait toujours eu un si beau sourire :

-Undertaker, je te présente mon fils Ciel. Il est un peu timide mais je suis sûr que vous allez rapidement vous adorez l'un l'autre. J'aurais bien laissé le petit chez Claus ou chez la sœur de Rachel… Mais malheureusement, ils sont tous les deux débordés. Alors, j'ai immédiatement pensé à toi. Je reviendrais le chercher dès demain. Interdiction de lui montrer ton travail ou de lui faire peur volontairement. Il a besoin de repos et je doute que ces deux choses soient compatibles.

Ils avaient discuté un peu. Il avait obtenu un éclat de rire comme payement par défaut puis le petit Ciel avait passé la journée avec Undertaker. Il avait adoré cette journée et le petit avait eu un don pour le faire rire ou sourire véritablement bien malgré lui. Le dieu de la mort s'était souvent demandé si Vincent ne l'avait pas influencé pendant toutes ces années. Cela pourrait expliquer la perte du sourire du petit garçon et son manque d'humour plus qu'évident que Ciel possédait avant.

Pauvre Vincent et Rachel et aussi pauvre Claudia, ils seraient tous affligés de voir ce qu'était devenu le comte Phantomhive actuel. Eux qui avaient toujours le sourire aux lèvres et un bon sens de l'humour.

Undertaker trouva finalement les bougies supplémentaires et les alluma après les avoir placée près de son bureau, là où l'odeur était la plus forte. Ensuite, il se dirigea tout doucement vers l'arrière du magasin quand il sentit une présence dans son dos qu'il n'avait plus ressenti depuis bientôt 5 longues années :

-Vincent ? Chuchota le dieu de la mort sans trop y croire.

Il se retourna immédiatement vers l'une des personnes les plus importantes pour lui, une personne qui était censé être morte, quand il vit exactement qui était devant lui. L'individu avait des cheveux noirs comme la nuit et non légèrement bleuté. Ces yeux étaient d'un vert brillant et non d'un brun simple mais agréable. Sa peau était légèrement foncé par le soleil d'hiver alors qu'il aurait dû avoir un teint de poupée et ces vêtements faisaient peine à voir alors que Vincent était toujours habillé à la pointe de la mode.

Non, cet homme n'était définitivement pas Vincent. En revanche un simple coup d'œil plus général sur la personne en face de lui et surtout sur la relique qu'il portait si inconsciemment lui permit d'identifier l'individu qui lui faisait face :

-Hé bien, hé bien, c'est assez rare quand un collègue de travail vient rendre visite à ce bon vieux Undertaker. Et je doute que vous soyez venu pour essayer l'un de mes merveilleux cercueil, n'est-ce pas monsieur Harry Potter ?

-On dirait que je suis grillé. Juste pour savoir, qu'est-ce qui m'a donné ? En dehors du fait que vous semblez être un dieu de la mort ou un voyant bien entendu.

-C'est une bien belle bague autours de ton doigt. La dernière fois que je l'ai vu, c'était à la fête du givre. Un si bel éclat si reconnaissable… Une pierre tellement rare qu'un seul des trois frères a réussi à l'obtenir.

Le maître de la mort cligna des yeux une fois, deux fois, avant de comprendre ce qu'Undertaker venait de souligner. Aussitôt, le jeune homme qui se tenait devant lui leva la main pour regarder la pierre et tenta illico de l'enlever comme si sa vie en dépendait.

Undertaker ne pouvait s'empêcher de pouffer de rire devant la scène assez insolite qui se déroulait devant lui. On aurait presque dit que le doigt du jeune homme était trop gros pour l'enlever. Bien sûr, le fossoyeur savait que la mort avait juste prévu que son maître ne puisse pas le retirer. Mais c'était une information secrète dont le maître de la mort ne connaissait visiblement pas l'existence.

-Je suis assez surpris que tu ne l'aie pas reconnu tout de suite. Cette pierre et toi, vous êtes lié par le destin après tout. Dit-il en éclatant ouvertement de rire en voyant le jeune homme redoublé d'effort inutilement.

-Arrête de rire, il n'y a rien de drôle.

-Oh si, voir un être aussi puissant que le maître de la mort être incapable d'enlever une relique lui appartenant. Je trouve cela hilarant.

-Heureux de voir que cela te fait rire. Dit Harry avec un ton beaucoup trop familier au goût d'Undertaker

« Heureux de voir que cela te fait rire. Dit un Vincent Phantomhive frustré qui essayait tant bien que mal de dresser le chien noir qui se tenait à côté de lui pendant qu'Undertaker riait de la scène entière. »

Le dieu de la mort s'arrêta aussitôt de rire et cligna des yeux à quelques reprises pour mieux étudier l'être en face de lui. Ce n'était pas normal que le maître de la mort ressemble autant au comte Vincent Phantomhive. Même la posture et les expressions faciales du jeune homme ressemblaient beaucoup trop à Vincent pour les goûts d'Undertaker.

Inconscient des pensées internes du fossoyeur, son client arrêta d'essayer d'enlever la bague quand il remarqua enfin l'inutilité de son geste. Harry Potter soupira avant de déclarer au joyeux drille qu'il était :

-Vous savez, je n'aime pas beaucoup mon titre. En fait, je serai même ravi de pouvoir le donner à quiconque qui soit d'accord avec. Vous n'auriez pas croisé récemment une personne comme cela par hasard ?

L'Undertaker sourit largement devant la question. Ainsi le maître de la mort n'aimait pas l'être. Bien entendu, l'ex-dieu de la mort savait déjà cela grâce à l'histoire qu'il était un des seuls à se rappeler parmi les dieux de la mort mais il serait intéressant de comprendre pourquoi quelqu'un comme Harry continuerait de détester à ce point un tel titre plutôt que de simplement l'ignorer.

-Je trouve cela comique que même après tous ce temps passé si négligemment, tu ne trouves toujours pas ce titre à ton goût... J'ai déjà vu bien pire comme statut. Ce n'est pas si terrible que ça, tu sais…

Apparemment, ce fut la mauvaise chose à dire car Harry Peters, ou Potter, s'énerva immédiatement et se mit à crier :

-Ce n'est pas si terrible ?! Est-ce que vous me faites marcher ? Je suis forcé de passer chacune de mes morts auprès d'une psychopathe folle qui a développé une obsession de contrôle sur chacune de mes vies. Chaque fois, elle s'arrangeait pour provoquer une mort tragique de quelqu'un qui m'était cher dès qu'elle trouvait que cette personne ne pouvait pas, je cite « améliorer l'amusement de mon histoire ». Elle a tué un de mes enfants simplement parce qu'elle était jalouse que je l'oublie pendant quelques secondes. La moindre pensée, la moindre action que j'entreprenais pouvait littéralement tuer des gens que j'aime à chaque faux pas selon elle. Et quand je revenais ? Qu'est-ce qu'elle faisait ? Elle blaguait comme si de rien n'était et me disait que c'était juste un jeu et que je devrais arrêter de m'en faire pour si peu. Elle m'a fait souffrir des pires morts, m'a poussé au suicide plus d'une fois, a failli me rendre fou, a tué les gens que j'aime et m'a amené des centaines d'ennuis… Tout ça pour tout dénigrer et dire que ma vie n'est littéralement rien ! Oh ! Et j'allais presque oublier quand on se disputait dans le monde blanc parce que je refusais simplement de tuer une personne de sang-froid et donc, qu'elle a commis un génocide pour m'y forcer. Alors, votre « pas si terrible que ça », vous pouvez le ranger là où je pense !

Undertaker ne pouvait qu'être admiratif devant la colère du maître de la mort. Il savait que la mort était plus que cruel et un peu dérangée mais il n'osait pas imaginer à quel point la Lady avait affecté l'immortel en face de lui. Il essaya de s'imaginer ce qui se serait passé si jamais il avait été à la place d'Harry ici présent. La pensée était trop déprimante pour qu'il essaye même de se représenter correctement la scène.

-Et moi qui pensais que j'avais des problèmes d'humeurs et de déprime. Dit lentement Undertaker en forçant un petit gloussement à travers sa gorge pour atténuer l'ambiance sinistre qui était tombé sur la pièce.

-Croyez-moi, ce n'est rien à côté des miens. Désolé de vous avoir fait subir cela. C'est juste que cela fait du bien de pouvoir enfin en parler à quelqu'un, même involontairement.

-J'en suis sûr… Biscuit ? Dit-il en sortant sa jarre contenant les friandises.

A l'origine, il avait prévu de les manger lui-même plus tard mais le garçon semblait juste avoir besoin d'un remontant. Et vu que ces béchers étaient en train de flotter avec le reste de ces instruments sales, l'alcool était définitivement hors-sujet.

-Je vous parle de mes problèmes et vous me proposez des biscuits en forme d'os comme si de rien n'était ? Sourit Harry.

Vraisemblablement, le maître de la mort semblait assez versatile. C'était sûrement à cause des nombreuses personnalités différentes qu'il avait dû adopter au fil du temps et sa longue existence traumatisante. Undertaker se demandait même comment il n'était pas encore dans un asile à ce stade.

-Le sucre, ça remonte toujours le moral. Déclara Undertaker avec une expérience claire dans son ton.

Harry allait en prendre un mais le fossoyeur l'écarta aussitôt de lui et prit le biscuit qu'Harry allait prendre pour le manger devant lui.

-Quel est l'intérêt de me proposer des biscuits et de me parler des vertus du sucre que contiennent ceux-ci si c'est pour me les enlever sous mon nez ? Lui demanda-t-il.

Pour toute réponse, Undertaker tira la langue comme un gamin pétulant avant de soudainement lui en jeter un que le garçon attrapa directement. Il avait donc de bon réflexe…

Sans attendre, comme si l'immortel avait peur qu'on le lui prenne, il en croqua un gros bout en gardant Undertaker dans son champ de vision. Cette attitude fit énormément rire le vieux fossoyeur.

-Heureux de voir qu'ils ne sont pas faits d'os d'enfant.

-C'est donc ce qui se raconte ? L'interrogea-t-il avec une curiosité non-feinte.

Il était étonnant à quel point les rumeurs pouvaient s'éloigner de la vérité tout en gardant une base réelle. En général, les gens pensaient simplement qu'il mangeait des biscuits pour chien, pas des os d'enfant. Il se demandait qui avait bien pu s'imaginer une chose pareille sur lui.

-Auprès des enfants en tout cas. Vous êtes un type assez effrayant de prime abord. Sans compter que l'endroit est assez lugubre. Lui répondit l'immortel.

-Tu ne sembles pas le moins du monde effrayer.

-J'avais un professeur de potion bien plus effrayant dans l'une de mes vies. Une vraie chauve-souris humaine.

Undertaker aurait bien aimé rencontrer l'homme. Il aurait pu découvrir en combien de temps il l'aurait effrayé avant de le forcer à le faire rire. Cela aurait pu être marrant. Peut-être que celui-ci était encore en vie ou que sa lanterne était à la bibliothèque des âmes. La prochaine fois qu'il irait y faire un tour, ce serait assez intéressant de vérifier.

Le garçon finit le reste du biscuit alors qu'Undertaker resta un bref instant pensif. Le fossoyeur avait vraiment un sentiment de familiarité envers le garçon. Sa manière de parler, son attitude, tout cela, cela criait Vincent Phantomhive avec force. Il ne comprenait pas.

Il avait longtemps cru que Ciel Phantomhive serait la meilleure manière d'obtenir une fois de plus Vincent en ce bas-monde. Il avait d'ailleurs des plans prévus à cet effet qu'il était encore en train de perfectionner comme ces recherches sur la continuité avec la mort. Mais le jeune homme devant lui semblait être une contradiction énorme. Il y avait quelque chose sur lui de si… Particulier… Qu'Undertaker ne pouvait tout simplement pas l'ignorer en faveur d'une simple coïncidence. Alors certes, c'était le maître de la mort mais il y avait bien plus à ce sujet que n'en rencontre l'œil. Qu'est-ce qu'il manquait de si évident…

C'est alors que les yeux du fossoyeur tombèrent une fois de plus sur la relique autours du doigt du jeune homme et qu'il comprit exactement ce qui se passait. Il se mit à rire en s'étalant sur son bureau alors qu'il demandait entre deux éclats de rire violents.

-Dis-moi Harry, la relique, qui est la dernière personne à l'avoir eu à son doigt ?

L'immortel le regarda de manière confuse avant de répondre avec une certaine appréhension devant l'hilarité soudaine et l'arrivé de la question du fossoyeur :

-Le comte Phantomhive, pourquoi ?

Alors, ce fut si simple. L'effet de la relique était si intéressant cette fois-ci. Dans certains mondes, elles prenaient la couleur de l'âme de la personne. Dans d'autres, elle rappelait temporairement les morts sur terre. Et enfin dans celui-ci, elle permettait à son porteur de ressembler à une personne décédée qui était cher au porteur précédent. Et qui de mieux indiquer pour Ciel Phantomhive que son propre père. Cela allait être intéressant, amusant, captivant…

-Bon, hé bien, non pas que vous me faites questionner votre santé mentale mais je vais devoir y aller Undertaker. Essayez de ne pas me voler trop de client d'accord.

Le jeune sortit de sa boutique presque en quatrième vitesse malgré ces remarques sur lequel il ne l'effrayait pas. Undertaker se mit à frapper avec rythme son comptoir alors qu'il reçut une nouvelle vague d'euphorie.

-Ne vous inquiétez pas monsieur le comte, bientôt, votre nombre de client sera le cadet de vos soucis. Dit-il dans le vide en continuant de rire comme un fou.

Le dieu de la mort légendaire ne pouvait presque pas attendre de voir comment cela allait se jouer.