L'araignée Gipsy

Avertissement: voir prologue

Où en est-on?

S1 durant l'épisode 13 à 15, à la fin de l'OAV 5/6 : l'intention de l'araignée

Commentaire en vrac:

Merci à tous vos commentaires, cela fait super plaisir comme toujours! Maintenant voyons la liste des commentaires particuliers, voulez-vous bien?

Ennael:

J'ai été un peu surprise de voir que l'auteur d'une fanfic que je regarde régulièrement avait posté un commentaire pour une de mes fanfic. Oui, j'avoue, j'aime bien lire "une année pour vivre" que je trouve extrêmement bien écrite. Surtout que les bons Crossover D-gray man/Harry potter ont tendance à se faire rares.

Mais revenons à ton commentaire. Il y aura bien une autre rencontre avec Undertaker plus tard. L'histoire avec la bague est volontairement floue pour l'instant mais si tu as lu le manga, tu vas probablement plus rapidement repéré par la suite ce qu'elle fait vraiment à notre pauvre ryry. Quand à mes ces/ses, je te remercie de me l'avoir fait remarqué. Je ne suis pas très bonne en orthographes et je dois avouer que certaines erreurs (toujours les mêmes malheureusement) ont tendance à se répéter malgré moi car je les zappe complètement à la relecture.

Merci beaucoup pour ton avis et pour avoir pris le temps de me faire un long commentaire, ça m'a fait très plaisir.

Kathelen:

Merci d'avoir conseiller ma fanfic et d'avoir pris 5 minutes pour mettre un commentaire. Voilà, c'est court mais ça mérite d'être mentionner.

Swiny:

Alors vous avez probablement dû remarquer en lecteur assidu que je n'avais pas posté ces deux dernières semaines. La raison en est simple... Comme dit sur mon Tumblr: J'ai repris l'université. Hé bien oui, pendant que certains partent à Poudlard et ont le temps d'écrire sur des bouts de parchemin, moi je code sur des PC pour réussir en informatique. Donc du coup, hé bien je n'ai pas eu le temps de clôturer le dernier chapitre que vous avez juste ci-dessous. J'essayerai de garder mon rythme normal qui est de 1 chapitre pour une 1 histoire de mon répertoire mais il est plus que probable qu'en période de grosse étude ou de gros projets, je finisse par faire des chapitres plus court pour d'autres histoires.

Je le rappelle également, j'ai un tumblr. Donc, si vous avez des questions, des suggestions ou que vous souhaitez simplement discuter hors-commentaire, je serai ravi de vous y retrouver (mon tumblr = swinyzombie). Je n'ai aucun problème avec ça. Alors, n'hésitez pas! Bien entendu, vos commentaires, etc. sont aussi bien attendu du côté "commentaire.

Sur ce, bonne lecture!


POV HARRY

Le souper avait été spécial… Ou du moins, Harry croyait que c'était le meilleur mot pour le décrire. Le gamin, le comte Aloïs Trancy, avait été enveloppé dans une couverture bleue alors qu'une odeur de brûlé régnait encore à l'étage. Autours de lui, ils y avaient l'intégralité de son personnel qui semblait là pour le soutenir.

A côté de tout ce petit monde, Harry pensait sincèrement qu'il était l'individu de trop dans la salle à manger. Il était assis dans un costume victorien des plus classiques en attendant vainement qu'une vraie discussion se lance entre les serviteurs ou que le garçon se remette de ces émotions selon ce qui allait le plus vite. Il n'avait, en soi, rien à faire autours de la table après l'incident qui s'était passé une heure plus tôt. Harry se sentait encore moins à sa place lorsqu'il semblait être le seul à trouver anormal qu'un enfant ait voulu incinérer un papillon en brûlant l'entièreté de la chambre pour lui offrir un enterrement.

Sérieusement, est-ce qu'il manquait une case dans la tête du blondinet ? C'est vrai, à quel moment un individu normalement constitué se disait : « Tiens et si j'offrais un enterrement pour le papillon auquel j'ai arraché une aile en début de journée ? Cela me semble être une bonne idée… Où sont donc passé mes allumettes ? »

C'est dans ces instants particulièrement stupides qu'Harry se demandait si l'humanité pouvait même encore évoluer… D'un autre côté, le garçon, qui était occupé à trembler à quelques mètres de lui dans sa chaise, avait été assez idiot pour faire un pacte avec un démon. Donc, pouvait-on vraiment le considérer comme quelqu'un de normalement constitué en premier lieu ?

-Rassurez-vous, dit le majordome des Trancy en offrant une tasse de thé au jeune lord, le feu a été rapidement maîtrisé… Et la chambre a été remise en état.

Cela ne semblait faire ni chaud ni froid au comte qui restait temporairement dans son petit monde d'auto-apitoiement.

-Je voulais brûler cet insecte pour en finir avec lui. C'est moi qui l'aie tué. Je voulais lui offrir des funérailles dignes de ce nom. Dit tranquillement le comte en réponse.

-Des funérailles ? Demanda le majordome avec un ton surpris.

Comme si celui-ci n'avait pas déjà compris par lui-même ce qu'avait voulu faire son contractant. Parfois, leur manipulation dégoûtait le maître de la mort au plus haut point. Vous ne pouviez jamais faire confiance à aucun mot qui sort de leur bouche.

-Je ne pensais pas que le feu se propagerait. Gémit le comte de manière pitoyable.

[-Bien sûr que non ! Puisque tu ne pensais pas tout court !] Reprocha mentalement Harry au richard qui avait ces beaux yeux bleus ciel remplis de larmes.

Un profond silence accueillit les paroles du comte Trancy. Il n'y avait pas un bruit pour rompre ce qui ressemblait sérieusement à une tension déprimante. Il n'y avait pas le moindre mouvement dans la pièce. Aucun d'eux ne bougeait… Ni les démons… Ni Harry Peters.

C'est alors que, sans prévenir, Claude se mit à se lécher les lèvres en observant son maître. Si le majordome avait été quelqu'un d'ordinaire, il aurait mis cela sur le compte d'un tic nerveux quelconque, comme celui de Barty Croupton Junior par exemple. Malheureusement, le majordome étant ce qu'il était vraiment, Harry savait parfaitement ce que cela signifiait. Le démon avait faim et se tâtait sur l'option de la dévorer.

Sans trop savoir comment ou pourquoi, Harry sentit quelque chose réagir à cela au plus profond de lui. Et pendant un instant, la flamme qui brûlait lentement la bougie vacilla avant de reprendre sa valse flamboyante habituelle. Si la chose échappa au comte, il n'en fut pas de même pour les démons autours de lui qui se tendirent instantanément et le regardèrent, du coin de l'œil ou directement, avec un léger éclat rougeâtre au fond de leur pupille.

Harry, quand à lui, ne réagissait pas et fit mine de ne pas avoir vu quelque chose se produire. Cependant, il ne doutait pas un seul instant que c'était lui qui avait provoqué l'évènement à peine perceptible, ni même qu'il l'avait fait sans trop y penser en réaction à la mimique du démon.

Ce n'était pas la première fois que son corps le trahissait ainsi en réponse à quelque chose. S'il devait être honnête envers lui-même, ce fut la seconde fois. Ce fut à l'époque où une horde de démon l'avait attaqué alors qu'il venait de perdre une amie qui lui avait grossièrement rappelé une certaine Hermione Granger. A cette époque, il tenait l'épée et il avait senti la fichue chose résonnée au plus profond de lui-même… Cela avait alors semblé si facile… Si…

-Veuillez excuser mon maître pour une telle soirée, personne dans cette maison n'aurait pu prévoir qu'une telle tragédie arriverait à grand pas sans crier garde. Dit soudainement le majordome en observant avec une grande attention à la fois la mèche de la bougie qui se faisait dévorer lentement et son maître brisé par ses émotions internes.

[-Menteur] Pensa aussitôt Harry.

Le personnel savait visiblement bien que le garçon sadique était instable. En fait, Harry l'avait repéré depuis sa rencontre avec le comte dans la forêt. Il changeait beaucoup trop souvent d'humeur pour que ce soit normal. Avec ce genre de personne dans un ménage de noble, il était assez fréquent d'avoir un membre du personnel payé spécialement pour garder un œil sur la personne instable. Et si ce n'était pas le cas, le démon principal aurait pu au moins sentir via la marque que quelque chose n'allait pas avec son maître et stopper la catastrophe à venir avant même qu'elle ne débarque.

Mais Claude n'avait rien fait. Non… Il avait préféré attendre que le feu se propage pour intervenir, probablement avec le but que le garçon devienne plus dépendant de lui émotionnellement. Bien sûr, l'ex-garçon-qui-a-survécu ne pouvait pas le prouver ou même en être sûr, mais il avait été ami avec un démon pendant suffisamment de temps pour savoir qu'un démon ne faisait jamais rien par hasard et qu'il avait toujours une sorte de plan derrière la tête pour tous ce qu'il faisait.

Après tout, quel est l'intérêt pour un démon d'être convoqué après avoir passer autant de temps en enfer si il ne pouvait pas pimenter un peu l'âme à la fin pendant qu'il s'amuse sur terre ?

En sentant à la fois les yeux larmoyants du comte sur lui et celui des différents démons de la pièce, Harry se rendit compte qu'ils attendaient tous une sorte de réponse de sa part face à l'excuse du majordome.

-J'avoue ne pas comprendre le raisonnement exact qui aurait pu provoquer ladite tragédie mais je vous excuse. Malgré que je ne comprenne pas exactement les raisons qui font que je suis assis à cette table alors que votre maître semble avoir besoin d'un certain repos bien nécessaire après cette « tragédie ». Pas plus que je ne comprends les raisons de mon invitation en premier lieu. Dit l'ex-sorcier le plus poliment du monde en attendant calmement une réponse de ces interlocuteurs.

Pourquoi n'avait-il pas rejoint la maison Serpentard dans sa première vie ? Cela lui aurait tellement facilité la tâche et paru bien plus naturel… Ah oui ! A cause de Ronald Weasley… Il avait failli oublier une fois de plus.

-La raison de votre venue est d'une simplicité enfantine, monsieur Faust ou plutôt monsieur Peters. Elle concerne un personnage, plutôt singulier, qui donnerait presque l'impression d'être sorti d'un conte de fée macabre. Vous avez sûrement déjà dû le croiser… Un personnage auquel mon maître ci-présent serait assez intéressé d'en apprendre plus.

Claude Faustus était visiblement un beau parleur sous l'entièreté de ce masque glacial que le démon adorait abordé en toute circonstance. Amusé par l'air presque théâtral que prenait la discussion de manière radicale, Harry décida de rentrer dans le jeu pour voir jusqu'où cela pouvait le mener.

-Et quel est donc le nom de ce mystérieux individu qui tient une si grande place dans vos petits contes sanglants ?

Le démon semblait ne pas avoir remarqué le changement. Ou alors, il l'avait remarqué mais semblait le cacher assez bien aux yeux verts du maître de la mort. Qui pouvait le dire ?

-Ce triste sir serait Sébastian Michaelis.

Le nom ne dit rien à l'ex-garçon-qui-a-survécu. Il n'avait jamais entendu ce nom dans aucune de ses vies et il n'avait pas eu de client sous cet alias. Il n'y avait pas de rumeur, à sa connaissance, sur cet individu. De plus, il n'avait jamais rencontré aucune personne qui se nommait Sébastian. Pour une raison quelconque, la seule chose qui semblait se rapprocher d'un vague souvenir était un chien noir. Mais la pensée s'effaça aussi vite qu'elle était venue. Cela devait appartenir à l'une de ces vies passées comme souvent.

En bref, il ne l'avait juste… Jamais entendu.

-Jamais entendu parler sans vouloir vexer quiconque dans cette pièce. Dit-il le plus franchement du monde.

Pour la première fois, l'expression du visage du démon aux yeux d'ors changea un court instant volontairement. Le majordome avait brièvement froncé les sourcils et paraissait aussi confus que l'ex-sorcier pendant une seconde. Cet affichage d'émotion fut rapidement effacé par son propriétaire pour que le démon puisse reprendre son masque traditionnel… Et aussi qu'il puisse dire le fond de sa pensée sans paraitre idiot d'après Harry :

-C'est étrange car, selon mes sources, il est allé remuer dans les archives de Scotland Yard, il y a un moment maintenant. Et il semblerait que tous les fichiers qu'ils aient vérifiés avec un si grand soin vous appartenaient. Ne trouvez-vous pas étrange qu'une personne que vous n'avez jamais rencontré fouille votre passé de manière si complète ?

Si seulement le démon savait le nombre exact de personne dans sa première vie qui connaissait mieux le passé du garçon quand il était allé avec Hagrid dans le chemin de traverse...

-Pas plus étrange que cela non. J'ai déjà vu pire. Cependant, je vous ferai remarquer que votre lettre originale a été envoyée bien des mois avant que ce triste sir ne fouille activement mon passé selon vos dires. Et je ne vois toujours pas le rapport avec cet héritage que j'aurais laissé en votre possession.

-Il est vrai qu'à l'origine, cela concernait uniquement votre héritage et vos talents comme informateur. Mais après mûres réflexions et les nouvelles vous concernant à propos de Michaelis, je dois avouer que cela a aiguisé notre curiosité. Voyez-vous, le désir de mon maître est de faire souffrir ce sombre personnage jusqu'à ce qu'il demande grâce.

Pas plus d'information sur la raison qui pousserait un tel garçon à une telle violence ou même sur ce prétendu héritage. Cela commençait sérieusement à frustrer l'informateur. Etant donner que le démon ne risquait pas de lui expliquer tout ce qu'il voulait savoir et chercherait probablement à contourner le sujet, Harry choisit de changer d'approche en s'adressant directement au maître de celui-ci qui s'était sérieusement calmer depuis que « Sébastian Michaelis » avait été dit.

- Une bien sombre histoire de vengeance caché sous tous ces contes de fées. Qu'a donc fait ce dénommé Sébastian pour que vous ayez vendu votre âme pour un moment de victoire si éphémère ?

-Il… Tenta le démon avant de se faire couper par un regard noir de la part d'Harry et une de ces remarques bien senti :

-Je crois que votre maître peut parler tout seul… Sauf si le choc des récents évènements et le fait que je suis au courant pour votre petite affaire d'âme lui ait fait perdre sa voix ?

Le garçon l'étudia pendant une bonne minute. On aurait dit que, sous ces larmes dues à la mort d'un stupide papillon, il était sur le point d'éclater de rire ou de piquer une crise de colère.

[-Instable et sadique] Se rappela mentalement Harry en voyant l'expression de fureur apparaitre peu à peu sur les traits faciaux du comte.

- Cet personne infâme… Cette chose… Ce Sébastian Michaelis… A décimé mon village… Jusqu'au dernier. Il a tout brûlé… Absolument tout. Et il a emporté quelque chose de très cher dans son acte de profonde barbarie. Et c'est pourquoi je veux lui enlever quelque chose de cher à son tour.

Un schéma des plus classiques. Un bon vieil œil pour œil, dent pour dent. L'immortel se demanda si c'était également la même chose pour Ciel Phantomhive. Est-ce qu'il avait aussi vendu son âme en échange d'une vengeance bien sentie et futile ? Ou bien l'avait-il fait pour d'autres raisons bien plus noble ? Lorsqu'il aurait un moment de libre, il devrait aller enquêter dessus. Pour une raison étrange, il avait l'impression que découvrir le prix des services du démon du comte Phantomhive était devenu bien plus important pour lui qu'initialement.

-On se croirait presque dans un conte de Hamlet. Je connais un William qui aurait adoré l'ironie de ce genre d'histoire. Mais quel rôle est-ce que je joue dans cette histoire ? Suis-je Horatio, le fidèle ami d'Hamlet ? Ou bien suis-je un vulgaire marin qui ait simplement reçu une invitation à comploter plutôt que de la donner comme prévu dans la pièce ?

-En fait, vous seriez plutôt hors de la scène, disons comme un membre, un accessoiriste par exemple. Suggéra tranquillement le démon sous le regard attentif du comte Trancy qui s'était calmé une fois de plus pour une raison inexplicable.

-Je ne sais pas si vous le savez mais même si je suis doué pour voler des choses, je ne cambriole ou ne vole plus depuis longtemps. C'est une sorte de choix personnel, vous comprenez ?

Il s'était promis qu'après l'histoire avec Lao, il ne volerait plus un centime de la poche de quelqu'un ou de leur habitation. Bien entendu, voler une pomme dans un verger ou dans un champ, ou même arnaquer quelqu'un ne rentrait pas dans son répertoire… Il fallait bien qu'il puisse vivre aussi en période sèche sur le marché noir de l'information…

-Il ne s'agira pas d'un vol puisque l'accessoire qui nous manque pour cette tragédie n'est autre que votre propre épée : Laevateinn.

Laevateinn. Un nom si simple et si compliqué… Si chargé de souvenir. Peu de gens le savent mais un nom, surtout pour désigner quelque chose ou quelqu'un, n'était pas dangereux en soi tant qu'on n'y mettait pas un certain poids ou une certaine attention dessus. Dans un sens, les noms étaient un peu comme des prophéties auto-réalisatrices. Dès que vous leur avez accordé de l'importance, vous étiez perdu. Et Laevateinn était une épée ou plutôt, c'était l'Epée avec un « E » majuscule. Le nom, a priori innocent et sans signification, vient d'un poème de la mythologie nordique. C'est un des nombreux Kenning qui désigne simplement une épée. Pas très dangereux à première vue mais lorsqu'un petit malin s'amusait à traduire le nom… On pouvait obtenir un secret assez dangereux… Celui de la véritable identité de Laevateinn. Un dénommé Henry Adams s'y était essayé et avait réussi à traduire correctement son nom. Laevateinn signifiait « baguette blessante ». Même si, aujourd'hui encore, Harry préférait l'appeler la baguette de Sureau.

-Pourquoi avez-vous besoin de Laevateinn ? Je n'ai pas l'impression que vous soyez le genre d'individu à foncer tête baissée pour accomplir le plus rapidement possible votre petite vendetta. Alors, quel est l'intérêt d'obtenir cette épée si… Particulière ?

Particulièrement horrible… Particulièrement si addictive… Une arme toute-puissante… Une arme… Une relique… Une…

Harry secoua sa tête pendant un instant pour échapper mentalement à ces pensées bien plus qu'imprudentes. Malheureusement pour lui, cela n'échappa à son entourage actuel.

-Votre réticence réelle vient-elle de votre manque de confiance en nous ? Ou bien, d'un traumatisme ? Demanda astucieusement le majordome démoniaque.

Harry ne lui fit même pas le plaisir d'une réponse. Il n'avait brandit Laevateinn qu'à deux reprises, durant la bataille de Poudlard et durant sa vie comme Johann Faust qu'il espérait finalement arriver à oublier. Dans les deux cas, il avait été très tenté de la réutilisée et même encore maintenant, c'était un véritable supplice pour lui de simplement prononcer son nom sans la tenir en main. C'était un des effets les plus détestables des reliques de la mort sur lui, une fois qu'il en avait une, il lui était très difficile de s'en séparer. Et Laevateinn était très addictive pour quiconque d'assez fou pour la brandir avant même qu'il ne devienne un maître de la mort officiel.

-Si le fourreau n'a pas jugé que révéler l'épée était nécessaire, alors c'est que, pour l'instant, elle n'est pas nécessaire. Dit Harry en observant attentivement la démone au cheveux blanc en tenue de bonne qui l'observait avec des yeux violets auréolé d'une ligne rougeâtre qui disparaissait à mesure que le silence régnait une fois de plus.

-Hannah, j'aimerai observer cette fameuse épée de plus près. Elle m'a l'air assez intéressante. Ordonna soudainement le comte Trancy drapé sous sa couverture bleue.

Harry n'avait vu aucune marque de contrat s'allumer sur le garçon comme lorsque Ciel avait ordonné à son démon de le tuer lui et Azzuro. Alors, pourquoi obéissait-elle à cet enfant sadique ?

Tranquillement, la démone s'arrêta près de Claude qui s'empressa de sortir l'épée légendaire hors du corps de celle-ci après avoir enfoncé sa main et son bras dans la gorge de la démone. Harry observa avec une certaine fascination et un profond dégoût l'arme se dégager lentement mais sûrement par voie orale de son fourreau attitré. Cela commença par l'aperçu d'une poignée d'un bleu verdâtre couverte de salive avant qu'une lame de couleur identique, mais au bord légèrement jaunâtre, n'apparaisse à son tour sous la forme de ramifications entrelacées depuis le poignée.

C'était aussi répugnant qu'impressionnant. Claude présenta l'épée à son contractant qui semblait étudier son reflet dans le vert de la lame. Le garçon voulut tester pendant une seconde le tranchant de la lame, mais son démon le stoppa aussitôt :

-Monsieur, si vous voulez garder votre partie de notre affaire intacte, je vous suggère d'éviter de l'endommager avec cette lame en particulier. Elle est assez… Incommode pour les âmes de manière générale.

« Incommode » était un euphémisme. Elle était même pire que le fauchage du bout des doigts que faisaient continuellement la mort dans son monde blanc. Cette baguette, épée, relique, Bref ! Pouvait quand même détruire des démons voire une âme si c'était l'intention de son porteur.

-Si j'étais vous, j'éloignerais quand même l'épée d'un bon mètre. Sa fascination sur les humains est assez puissante.

Instantanément, le majordome recula l'arme un peu plus loin de son maître dont le regard n'avait toujours pas quitté la lame. On aurait presque dit pendant une seconde qu'il avait été hypnotisé.

-C'est ironique que vous dites cela, vous ne semblez absolument pas fasciné. Dit le comte en se penchant sur sa chaise.

Pendant une seconde, en le voyant ainsi appuyé sur seulement deux pieds en bois, Harry espérait vraiment que le comte finisse déséquilibré et se fracasse le crâne pour que le sang cou… Mais à quoi est-ce qu'il pensait ? Du coin de l'œil, il vit un reflet bleuté plus prononcé sur l'un des bords de la pointe de la lame avant que celui-ci ne revienne à la normale.

L'épée réagissait à sa présence alors qu'il ne l'avait même pas encore touché ? C'était mauvais signe. Peut-être était-ce dû à la bague qu'il ne pouvait pas enlever de son doigt ?

-Oh, je suis humain monsieur le comte, il ne faut pas vous y trompez. Mais une mauvaise expérience peut parfois nous apprendre une leçon ou deux. Répondit-il en veillant à ne pas observer Laevateinn de trop près.

Un silence pesant s'installa doucement dans la salle alors que la triplée de serviteur partirent cherché le repas de ce soir : une sorte de soupe au champignon accompagné de divers plats qui firent grogner l'estomac d'Harry.

-Hé bien, il semblerait que nous sommes dans une impasse. Finit par dire Hannah, la démone qu'Harry connaissait auparavant sous le nom de Lilith.

Elle avait raison, bien entendu. Le problème n'avait jamais été d'obtenir Laevateinn puisqu'Hannah l'avait déjà en sa possession. Le problème était que la baguette de sureau avait toujours été une arme à double tranchant pour tous le monde sauf son propriétaire. Ce n'est pas pour rien que les humains étaient encore fasciné malgré eux par l'éclat de la lame malgré l'écart de plusieurs siècles voire millénaires depuis sa création. La baguette avait toujours été maudite et avait toujours été conçue pour apporter la perte de son utilisateur actuel à un moment donné.

Donc oui, il avait l'épée… Avec toutes les malédictions possibles et tous les malheurs qu'elle pouvait déchaîner tant sur le destinataire des futurs coups portés avec elle que sur l'épéiste qui va la manier. Et les démons savaient aussi bien que l'ex-sorcier ce qui arrivait à ceux qui la maniait sans son autorisation ou la bénédiction de la mort elle-même.

-Et si nous faisions un compromis à l'amiable. Nous vous promettons de n'utiliser cette épée qu'en cas de provocation ou un duel d'âme face à Sébastian Michaelis et en échange, nous vous promettons un service de votre choix. Cela vous convient-il ? Demanda le démon aux yeux dorés.

Pendant une seconde, Harry regarda le comte Trancy qui était occupé à observer la lame de Laevateinn avec un air intrigué. Il tapota lentement des doigts sur la table pour attirer une fois de plus l'attention de celui-ci sur la situation dans l'espoir qu'il soit en conflit avec ce que proposait Claude. A sa grande surprise, le garçon semblait avoir une confiance implicite en son majordome et ne fit que lui sourire ironiquement.

-N'importe quel service ? Demanda Harry calmement sachant très bien qu'il ne pourrait pas vraiment refuser la demande si c'était bien ce qu'il pensait.

-Absolument. Répondit le comte Trancy après avoir jeter un coup d'œil vers Claude.

Harry savait qu'il devait refuser. S'il acceptait, cela voudrait dire qu'il devrait entrer en contact physique avec la baguette de sureau et qu'elle serait une fois de plus connectée à lui de la même manière que la bague actuellement sur son doigt. Mais de l'autre côté de la balance, s'il acceptait, il obtiendrait ce qu'il voulait et cela pourrait lui être très utile. Surtout si le comte Phantomhive commençait à rentrer dans ces affaires ou dans d'autres cas tout aussi collant…

-J'accepte à une condition. Finit par déclarer Harry après plusieurs minutes de réflexions intensives.

Le comte Trancy semblait sur le point de protester mais, étonnamment, ce fut Hannah qui l'interrompit cette fois.

-Et quelle est-elle ?

-J'aurais besoin de quelques pains au curry… Vous auriez ça dans vos cuisines ? J'ai promis à une amie de lui en rapporter…