Fanfiction Harry Potter/Black Butler: "Le grand patron"

Horacio et le marin

Avertissement: voir prologue


Où on en est?

OAV Hamlet (post épisode 15)


Commentaire juteux de retour en service:

Et on répond à quelques uns des nombreux commentaires que j'avais laissé dans un monde meilleur en attendant mon retour sur cette fic. (Enfin, nombreux...)

Are you ready? Moi non plus mais c'est pas grave car on démarre quand même!

LadyKaos:

Hello, you ask me that the word for "Earl" in french in my fanfiction appeared as "count". It's just a mistranslation of my story. Because, in french:

Earl = comte (the true word in french for the title of Ciel Phantomhive)

And count = un compte.

I hope this answers your question.

Miss green rabbit

Alors, je n'ai pas vraiment prévu d'amener la magie dans cette histoire, j'aime plutôt bien l'idée qu'Harry agisse plus avec des compétences acquises au cours de ses nombreuses vies plutôt qu'une forme quelconque de magie. Mais, comme nous sommes dans l'univers de Black Butler, il n'est pas impossible que certaines choses surnaturelles interviennent plus tard.

Ennael

Baisse de régime en effet dû à l'université durant la conversation entre Harry et Claude. Je l'avais écrite après avoir eu 4 heures de cours de droit en industrie. Résultat: tête en compote + Words + fanfic à continuer de peur d'oublier mes idées = discussion maladroite. Enfin, on ne peut pas toujours être parfait j'imagine. ;)

A tous les autres

Merci d'avoir pris le temps de poster un commentaire, cela fait toujours plaisir.


Swiny:

Et je reviens de mon trèèèèèèèèèèèèèèèèès long mois de travail à l'université. (On écoute les applaudissements en arrière-fond). Merci, merci. Alors, bien que je sois aller voir Thor Ragnarok vendredi, allez savoir pourquoi plutôt que de continuer une de mes fanfic Avengers, j'étais motivée à bloc pour continuer celle-ci. La logique a dû rester dans la salle de cinéma si vous voulez mon avis personnel. Mais comme je suis une auteur(e) déjantée, voici un nouveau chapitre. Alors, vous connaissez le refrain: Bonne lecture, poster des commentaires, des suggestions, etc. Sans avoir peur que je vais vous manger, etc.

Sur ce, bonne lecture!


POV Ciel Phantomhive

-Monsieur êtes-vous sûr qu'une petite visite auprès d'Undertaker soit la meilleure manière d'attaquer ce problème qu'est Harry Peters ? Demanda poliment son majordome en marchant à la droite de Ciel.

D'ordinaire, Ciel Phantomhive ne se serait pas déplacer de son manoir pour aller voir l'informateur principal de sa famille à moins qu'une bonne raison ne l'y oblige. Néanmoins, après que l'incident qu'était devenu ce concours de curry soit passé, il s'était commodément rappeler de l'un de ses projets personnels laissé jusqu'alors de côté. Et ce projet si particulier avait pour nom : Harry Peters.

-Que veux-tu dire par là Sébastian ?

-Hé bien d'ordinaire, si je puis me permettre monsieur, Undertaker est un informateur efficace de par sa capacité étonnante à entendre des choses aux enterrements ou sur ces clients décédés. Ce qui le rend si efficace ici ne nous sera donc d'aucune aide sous cette enquête.

-Et que suggères-tu ? Je ne peux pas t'envoyer sur cette mission malgré ta discrétion évidente puisque nous sommes dans le noir en ce qui concerne les capacités et l'étendu des connaissances de Peters. Sans compter qu'il ne serait pas bon de nous l'aliéner inutilement. De plus, Undertaker a déjà fait ces preuves par le passé en nous rapportant des informations bien plus recherchés sur ces clients qu'il ne voudrait nous le faire croire. C'est donc un bon début de piste sur notre cas particulier.

Et qu'y avait-il de plus particulier et de plus confus qu'un homme qui ne pouvait pas rester mort ? Forcément, un individu qui devait posséder un réseau aussi mystérieux qu'influent que l'Undertaker en aurait entendu parler. En fait, Ciel ne serait pas surpris d'apprendre que Peters travaillait pour Undertaker ou était ami avec lui. Il y avait quelque chose sur l'homme impertinent qui lui rappelait vaguement le fossoyeur.

-Et ainsi l'expression : « faute de grives, on mange des merles » prends tous son sens.

-Je doute qu'Undertaker apprécie ta comparaison.

Bien que l'informateur se soit révélé avec une personnalité peu commune, Ciel ne pensait pas que se faire reléguer comme deuxième choix soit quelque chose qu'Undertaker laisserait passer. Bien entendu, ce n'était qu'une supposition mais le fidèle limier de la reine préférait ne pas découvrir la facette plus sombre qui se cachait déjà au sein du personnage à l'humour macabre qu'était le fossoyeur.

-Et pourtant, elle est très appropriée. Mais une question me turlupine, si comme le mentionne Scotland Yard, monsieur Peters a été impliqué par le passé dans des histoires de gangs criminels près des Docks… Pourquoi ne pas faire appel à Lao dans ce cas ?

-Mon souhait n'est pas d'impliquer Lao dans cette affaire. Il a une sale habitude de s'intéresser de trop près à mes jeux et à mes pions en particulier. Il ne serait pas bon pour mes affaires si celui-ci portait son regard sur un homme qui ne peut pas mourir…

Le chef de la famille Phantomhive n'était pas dupe sur ce que semblait préparer Lao. Le comte savait que le mafieux avait un agenda caché qui finirait tôt ou tard par le gêner dans l'une des enquêtes que risquerait de lui confier la reine. Le jour où une telle enquête devrait se produire, il savait que Lao le tuerait sans hésiter malgré tout ces grands airs amicaux.

Dans un rare élan plus politique que raisonnable, il avait laissé Lao préparer un terrain qui l'avantagerait ultérieurement en lui permettant un accès plus profond au sein de ce bourbier qu'était la criminalité dans le dock sous le couvert d'une amitié avec le limier qu'il était. A l'époque, cela avait semblé être une excellente idée. Mais maintenant qu'il savait à quel point le chef mafieux pouvait étendre son contrôle avec précision, il préférait éviter de perdre des pièces possibles inutilement en essayant une fois de plus de faire un mouvement sur l'échiquier de Lao. Ce serait juste un affreux désordre qui risquerait de lui donner un mal de tête inutile plus tard.

Alors que l'héritier de la famille Phantomhive pensait profondément au chinois, il fut stopper dans sa réflexion quand il vit plusieurs cercueils de bonnes qualités placés comme une sorte de publicité macabre devant la façade d'une petite boutique qu'il ne connaissait que trop bien. Sans attendre, il rentra calmement avec son serviteur dans le magasin où Undertaker était occupé à ranger divers flacons servant probablement à l'embaumement des défunts.

-Hé bien, hé bien, regarder qui est venu nous rendre visite… Comte Phantomhive, je ne m'attendais pas à te voir aujourd'hui. Se pourrait-il qu'aujourd'hui soit enfin le jour où je prendrais tes mesures pour l'un de mes cercueils ? Demanda instantanément celui-ci avec un sourire révélateur de son étrange personnalité.

-Je suis venu pour obtenir des informations Undertaker. Dit le comte avec un ton ferme.

-Comme toujours droit au but monsieur le comte. Puis-je savoir quel macchabée a titillé votre curiosité macabre en cette radieuse journée ?

Ciel aurait bien commenté que la journée était loin d'être radieuse étant donné la pluie terrible qui s'était acharnée toute la matinée sur Londres. Ou il aurait pu également faire mention du brouillard glacée qui commençait doucement mais sûrement à se faire une place dans l'air froid des banlieues de la ville de sa majesté… Mais il se retint et préféra aborder le problème directement dans l'espoir que sa franchise donne envie à Undertaker de révéler plus que ses formules habituelles de détournement d'informations à peine visible.

-La personne que je recherche n'est pas encore décédée. Quand à son nom, il se trouve être Harry Peters. Cela te dit-il quelque chose ?

Si le garçon n'était pas actuellement occupé à fixer intensément son informateur, il aurait presque pu manquer de voir un léger tremblement du coin des lèvres du fossoyeur. On aurait presque dit que sa question faisait déjà rire d'avance Undertaker.

-Cela me dit même plusieurs choses mais je doute que vos oreilles les trouvent réjouissantes. Maintenant, je me demande comment un tel nom est parvenu jusqu'à vos oreilles monsieur le comte. Y a-t-il une histoire drôle cachée derrière votre demande atypique ?

C'était inhabituel. D'ordinaire, Undertaker exigeait simplement des rires ou le taquinait un tantinet avant d'exiger son payement habituel. Mais pour la première fois dans l'une de leur rencontre, celui-ci désirait en savoir plus sur les raisons d'une des demandes d'informations du comte Phantomhive. Cela n'allait pas le faire mais alors, pas du tout.

-Dis-moi juste tout ce que tu sais sur Harry Peters. Insista Ciel avec un regard qui disait clairement au fossoyeur de ne pas pousser sa chance.

Se pourrait-il que l'homme sache quelque chose sur la condition d'immortel que possédait Peters ? Ou alors le connaissait-il professionnellement ? A moins qu'Undertaker connaisse des choses sur l'autre homme grâce aux talents d'informateurs si précieux qu'il semblait posséder en grande quantité…

-Ah ah ah, on a rien sans rien cher comte. Peut-être que je serai beaucoup plus enclin à délier ma langue si celle-ci avait déjà eu droit à un bon fou rire.

Evidemment, donc il le taquinait tout simplement. Pendant une seconde, Ciel avait imaginé une série de scénarios bien pire que cela.

-Très bien, Séba… Eut le temps de commencer Ciel Phantomhive avant de se faire grossièrement interrompre.

-Mais, je dois avouer que mon palais est assez intransigeant aujourd'hui. Peut-être qu'une histoire sur un jeune homme de notre connaissance mérite une autre histoire du même calibre pour justifier un équilibre humoristique parfait. Parce que mon palais et moi-même avons tout deux l'impression qu'une telle histoire serait hilarante.

-D'habitude, tu ne limites pas tes demandes ainsi. Pourquoi monsieur Peters serait-il tellement spécial que tu risquerais un refus ?

Cela fit ricaner le fossoyeur pendant plusieurs secondes. Ciel aurait pu en être agacé si le propriétaire de la boutique ne faisait pas ce petit ricanement si spécifique à chacune des visites qu'il avait l'honneur de lui faire pour ses enquêtes.

-La vraie question monsieur le comte est : « pourquoi estimerais-je que monsieur Peters est assez intéressant pour vous au point où je pourrais risquer de perdre un bon fou rire que j'affectionne particulièrement ? »

Ciel partagea un regard en coin avec son démon attitré avant de demander avec un calme plus que normal pour lui :

-Que sais-tu que je ne pourrais pas savoir ?

Un sourire en coin ironique monta aussitôt sur le bord droit des lèvres de son informateur avant que celui-ci ne leur fasse grâce d'une réponse tout aussi ironique :

-Sans vouloir vous vexez monsieur le comte, je sais beaucoup plus de choses que vous. Dit-il avec une sorte de confiance presque absolue dans le ton de sa voix.

Etonnamment, Ciel n'en doutait pas le moins du monde.


POV Harry Potter

-Pendant ce temps, à quelques rues d'ici-

-Donc, si je comprends bien ton histoire. C'est la maison Phantom qui a gagné le festival du curry avec un petit pain au curry frit rempli de chocolat ? Finit par demander Harry en espérant avoir bien tout suivi et comprit de l'histoire que lui racontait Lilian.

Cela faisait à peine 24 heures qu'il était rentré à Londres et déjà la petite l'avait retrouvé, lui avait littéralement sauté dessus avant de raconter tout ce qu'il s'était passé durant son absence. Et qu'est-ce qu'il en avait raté des choses apparemment.

D'abord, il y avait le fameux concours de curry où Lilian avait voulu aller avec lui avant qu'elle n'apprenne pour son voyage chez les Trancy.

Ensuite, il y avait eu la prise d'hystérie au concours dont tout le monde dans la rue avait entendu parler. Puis, il y avait ce fameux prince indien qui avait distribué des pains au curry avec son serviteur bien-aimé dans les petites rues populaires, afin que les plus pauvres comme Lilian aient pu goûter à la fameuse recette gagnante de la maison Phantom.

Et qui avait accessoirement ruiné le cadeau de Lilian puisqu'il lui avait ramené l'excellent pain au curry gratuit des Trancy qu'elle était en train de manger avec lui… Décidément, plus le temps passait et moins Harry appréciait les ingérences (même involontaire) du ce gamin arrogant et fier qu'était le comte.

-Oui ! Toute la ville ne parle que de ça. Ça et la pièce de théâtre que va jouer la maison Phantom pour les 30 ans de leur société !

-Tu veux dire qu'après leur succès dans le commerce du jouet, des enquêtes policières et visiblement de la cuisine à base de curry, il se lance maintenant dans le théâtre ? Pourquoi je ne suis pas étonné…

« Qu'il se lance dans le spectacle pour un coup clairement publicitaire » Voulait ajouter Harry avant de se souvenir qu'il n'avait pas envie de gâcher la journée de la petite en plus de la sienne.

Avec son jeune âge associé avec sa condition financière, Lilian n'avait pas encore compris que la plupart des nobles n'organisaient ce genre d'évènement que pour mieux se faire voir auprès du peuple ou d'autres nobles.

Pour l'instant, elle vivait encore dans un monde d'innocence qui la rendait aveugle à toute cette poudre aux yeux que les plus riches utilisaient pour s'idéaliser à l'insu de la petite fille. Elle ne comprenait pas encore la subtilité de la politique et des préjugés qui entouraient ces mystérieux cercles de familles nobles face à la foule aussi pauvre qu'ils étaient riches.

Et honnêtement, Harry espérait que cela resterait ainsi. Il ne souhaitait pas que Lilian finisse comme lui : amer, réaliste, désespéré pour finir ses fins de mois. Il voulait vraiment que la fillette reste un maximum dans cette innocence si facilement brisée par la froideur et la dureté de la réalité qu'était le monde pauvre de Londres au 19ième siècle. Parce qu'une fois qu'elle aurait compris, un peu de cet optimisme, de cette joie de vivre s'en irait de ces magnifiques yeux et elle aurait à se rendre compte qu'elle ne pourrait jamais réaliser son rêve avec sa condition actuelle.

-Parce que tu n'es jamais étonné, oncle Harry ! Tu sais toujours tout sur tout !

S'il devait être franc, le survivant avait un peu perdu le fil de la conversation alors qu'il pensait à la réalité du monde autours de lui. Pourtant, il ne fallut qu'une seconde pour se rendre compte qu'elle continuait simplement la discussion qui s'était stoppé pendant une longue minute de réflexion de sa part alors qu'il regardait dans le vide.

-Alors Lilian, pour commencer, je ne sais pas tout sur tout et je… Je rêve où tu viens de m'appeler « oncle Harry » ?

-Ben oui, tu es un peu comme un oncle, tu viens vérifier que maman, Jimmy et moi sommes toujours bien. Tu m'achètes des fleurs. Tu parles avec moi et tu m'offres même du curry. Un peu comme un oncle. Alors pourquoi tu ne serais pas le mien ?

Franchement, Harry avait presque failli recracher son curry devant l'argument de la petite. Dans l'intégralité de ses vies, il avait été beaucoup de chose : parrain, cousin, père, mère, frère parfois jumeau, ermite, grand-père (quand la mort l'ignorait suffisamment longtemps), mais il n'avait encore jamais été appelé un « oncle ».

La simple connotation de ce mot le révulsait. Cela lui rappelait bien trop son temps passé chez les Dursley durant sa première vie. Les rares fois où il avait été appelé un « oncle », il s'était aussitôt empressé de corriger le ou les enfants en question afin d'éviter ce rappel désagréable… Un peu comme il le faisait actuellement avec Lilian qui n'avait absolument aucune raison de l'appeler ainsi.

-Lilian, un oncle ne s'obtient pas comme ça. Ton oncle, ce serait le frère de ta mère ou de ton père, tu comprends ? Je ne suis ni l'un, ni l'autre.

-Oui mais papa nous a abandonné et maman n'a pas de frère… Alors la place est libre, tu vois ? Allez sois mon oncle Harry, dis oui… S'il te plait… Ste plait, steplait, steplaiiiiiiit.

Elle insista ainsi en lui faisant des yeux de chiots pendant plusieurs longues minutes. A un moment, elle se mit même à le dire de plus en plus fort au point que plusieurs passants dans la rue se tournèrent vers eux. Harry tenta vainement d'ignorer les regards qui étaient braqués sur eux… Mais il perdit ce combat d'avance. Il avait toujours détesté l'attention sur lui, peu importe si elle était bonne ou mauvaise et Lilian commençait sérieusement à l'agacer. Donc, il finit par déclarer à la petite avec un ton plus qu'irriter :

-Bon d'accord ! Je veux bien être ton oncle mais arrête de me regarder avec ces yeux là et mange ton curry en silence, par pitié !

Harry aurait presque voulu posséder une machine à voyage dans le temps ou un certain objet ressemblant à un petit sablier et bien connu dans le monde des sorciers juste pour effacer l'expression béat de la petite vendeuse de fleur qui s'empressait de manger son curry en silence avec un grand sourire satisfait.

-Bon… Et sinon, comment va s'appeler cette fameuse pièce de théâtre que va faire la société Phantom ? Lui demanda-t-il en finissant son pain au curry à la crème.

-Personne ne le sait encore. J'ai même entendu que des gens pariaient sur l'œuvre sur lequel serait basée la pièce. Moi, j'espère vraiment que ce soit un conte de fée comme le petit chaperon rouge ! C'est mon conte préféré. Jimmy, par contre, m'a dit qu'il jouerait probablement Cendrillon parce qu'il ne pourrait probablement pas amener un loup sur scène. Qu'est-ce qu'il en sait Jimmy d'abord ? Honnêtement, amener des souris sur scène serait beaucoup plus compliqué, je trouve. Tu n'es pas d'accord avec moi ?

Pour être honnête, Harry trouvait l'argumentation de Lilian assez amusante et était occupé à réprimer sévèrement un sourire.

-Il est vrai qu'il y a beaucoup d'animaux dans Cendrillon. Dit-il en espérant ne pas avoir envenimé le futur débat entre Jimmy et Lilian sur le titre de la pièce une fois qu'elle sera de retour chez elle.

Heureusement pour lui, la petite fille était à des années lumières de la dispute et semblait se déplacer sans la moindre raison sur un nouveau sujet qui était étroitement lié à la conversation malgré tout :

-Je suis trop impatiente d'y aller avec Jimmy ! Tu te rends compte que maman a dit oui ! Elle est d'accord pour nous y emmener.

-Vous irez tous les trois ? Cela ne va pas vous coûter trop cher ?

-Non ! C'est une œuvre de bienfaitance, de bienletance, de…

-Bienfaisance ? Suggéra-t-il mine de rien.

-C'est ça ! De bienfaisance ! Du coup, maman a décidé de nous y emmener. Je suis trop impatiente d'y être. Tu crois qu'ils auront des roses dans la pièce ? Peut-être même qu'ils pourront engager maman pour aider à peindre les décors ? Comme ça, on pourra acheter plein de médicaments pour Jimmy et il sera guérit encore plus vite !

Il doutait sincèrement qu'une famille aussi prestigieuse que les Phantomhive n'engage rien de moins que le meilleur personnel disponible. Cette famille noble avait une certaine réputation à maintenir et, de ce fait, il y avait donc très peu de chance que la mère de Lilian fasse partie des candidats qui seront grassement rémunéré pour aider à la conception des décors.

Mais même si il avait envie de le dire à la petite pour éviter une déception future de sa part, il n'en avait tout simplement pas le courage alors qu'il l'a regardait finir de manger son pain avec son visage recouvert de curry et de crème. A la place de tout cela, il dit donc :

-Je l'espère de tout cœur Lilian.

Elle finit son plat et se lécha les doigts dans un effort vain pour les nettoyer et les ramener dans un semblant de propreté tout en finissant de savourer leur goût si appréciable. Alors qu'elle étudiait avec attention chacun de ses doigts, elle lui demanda sans la moindre raison apparente :

-Au fait, oncle Harry, tu ne m'as jamais dit ce que tu faisais comme métier…

-Hé bien, tu vois, j'ai eu beaucoup de métier… Mais celui que j'exerce actuellement, c'est une sorte d'informateur. J'apprends des choses à des gens et ces gens me trouvent tellement gentils qu'ils me donnent de l'argent.

Il n'allait pas lui dire qu'il était actuellement occupé à recherché une nouvelle idée de métier car celui qu'il exerçait en ce moment ne lui convenait pour des raisons financières et de concurrence clairement déloyale avec le « monsieur effrayant » comme l'appelait Lilian. Et dans un sens, elle n'avait pas tort. Undertaker pouvait vraiment être effrayant si sa dernière et seule rencontre était un indicateur plus que fiable de la personnalité loufoque de cet homme.

-Oh ! Donc, tu es comme un professeur !

Harry ne savait pas trop d'où était venu une telle idée de la part de Lilian, mais étonnamment, ce n'était pas si loin de la vérité. En fait, c'était même plus que bien. Il n'avait été professeur que brièvement dans sa première vie pour remplacer un professeur de défense contre les forces du mal malade et l'idée de recommencer à enseigner des choses lui plaisait de manière assez inattendue maintenant qu'il y pensait plus sérieusement.

Peut-être que le métier de professeur lui conviendrait dans cette vie ?

-Hé bien, ça explique comment tu sais toujours autant de choses et pourquoi tu expliques super bien ! Tu pourrais m'apprendre des choses alors ? J'ai toujours rêvé d'aller à l'école. Déclara Lilian avec un enthousiasme plus que débordant.

-Et qu'est-ce que tu voudrais que je t'apprenne ? Lui demanda Harry avec un petit sourire aux lèvres.

-Plein de chose : pourquoi le ciel est bleu ? Comment on fait les bébés ? Pourquoi certaines personnes tombent malades et pas d'autres ? Comment lire une carte ? Je veux tout savoir. Comment ça, quand Jimmy et moi ont ira voir le monde, on n'aura besoin de personne et on saura déjà plein de choses !

Ah ! Encore ce rêve de devenir une exploratrice alors. Lilian semblait vraiment décidé à accomplir son rêve. Et même si Harry doutait sincèrement qu'elle y parvienne un jour… Qui sait ? Elle deviendra peut-être le prochain Marco Polo. A part les voyants, personne ne savait de quoi l'avenir serait fait après tout. Sans compter qu'avec un esprit aussi têtu et motivé que Lilian avait la chance de posséder, elle pourrait même finir par y arriver de la manière la plus inattendue qui soit. Et Harry espérait vraiment voir cela venir avec toute la surprise du moment où elle aurait enfin réalisé son rêve.

-C'est vrai que savoir des choses peut-être très utiles. Il est toujours plus facile de voyager quand on parle déjà plusieurs langues.

Et avec toutes les vies qu'Harry avait vécues, il pourrait au moins en apprendre une dizaine à la jeune fille et à son frère malade. Cela leur fera un bon début culturel. Même si le premier objectif sera sûrement de devoir apprendre à lire à Jimmy et Lilian, car il doutait sincèrement qu'il y ait quelqu'un de suffisamment cultivé dans leur entourage pour leur avoir appris une chose qui paraissait si élémentaire au 21ième siècle.

-Tu pourras m'apprendre à changer de couleur de cheveux aussi… Demanda Lilian avec un grand sourire en ramassant son panier rempli de fleur.

La demande surprit un peu Harry. Lilian n'avait jamais été du genre coquette avant. Elle n'était pas non plus obsédée par les bijoux et les belles robes qu'elle s'achèterait si jamais elle devenait riche comme beaucoup de cliente pauvre qu'il avait rencontrée. Alors, pourquoi s'inquiétait-elle soudainement de quelque chose d'aussi trivial que de changer de couleur de cheveux ?

-Pourquoi voudrais-tu savoir ça, Lilian ? Tu as déjà une couleur de cheveux magnifique et quiconque te dit le contraire est probablement un idiot. La rassura-t-il dans un rare élan de réconfort de sa part.

-Hé ben, pour faire comme toi oncle Harry ! Lui répondit-elle aussitôt en cassant tout réconfort qu'il venait de faire tout en l'interloquant sérieusement.

-Comment ça « faire comme moi » ? Que veux-tu dire par là ? Dit-il en prenant une rose de son panier avant de donner quelques restes des maigres économies qui lui restait après ce voyage chez les Trancy pour acheter correctement la fleur.

-Hé bien, tes cheveux ne sont pas noirs comme avant, ils sont plus bleus foncés.

Ils sont bleus foncés ? Ces cheveux ? Bleus foncé ? Ces cheveux, bleus foncé ? Rien à faire, le cerveau d'Harry ne parvenait pas à associer ces deux séries de mots ensembles. Ce n'était tout simplement pas possible. Cette presque une forme de perfidie venant de l'Univers avec un grand « U ». Comment même est-ce que Lilian avait réussi pour croire que ces deux séries pouvaient être accrochées ensemble pour désigner la couleur des cheveux d'Harry ?

-Oncle Harry, tu vas bien ? Demanda la fillette un peu inquiète par son expression.

Il fallut un moment pour qu'Harry arrive à se déconnecter de son train de pensée actuel. La petite avait dû se tromper… Probablement… Sûrement… Mais d'un autre côté, on parlait d'une fillette capable d'identifier plus de 15 sortes de rouges pour décrire ces fleurs… A moins que l'expertise de la petite ne s'étendait qu'au rouge et pas au noir ou même au bleu.

-Oui, excuse-moi, j'étais un peu dans les nuages pendant une seconde… Finit-il par dire alors que la fillette venait de le pincer sans le moindre succès au niveau du bras gauche.

-Alors, tu es d'accord ? Dit-elle en rajustant correctement son manteau alors qu'une douce brise fraiche caressait le corps de tous les passants dans les rues, eux compris.

-Pour quoi ?

-M'apprendre à changer de couleur de cheveux comme toi ?

Il ne savait même pas quoi répondre. Ou plutôt, si, il savait quoi répondre mais il ne savait pas trop comment le dire. Parce qu'en ce moment, tout ce qu'il avait envie de crier au monde entier pour une raison étrange était : « Mes cheveux ne sont pas bleus ! »