Crossover Harry Potter/Black Butler: "Le grand patron"
Le rire est bon pour la santé
Avertissement: voir prologue
Où on en est?
OAV Hamlet (post épisode 15 de la saison 1)
Swiny:
Bon les loulous, j'ai eu un énorme coup de flemme et ce chapitre est à lui seul un miracle entier. Voyez-vous, je me suis remise à Doctor Who (grossière erreur étant une fan hardcore de cette merveilleuse série de 1963 et de 2005 en plus des comics). Donc, cela a été très dure pour moi de me remettre à cette fanfiction. Mais bon, j'y suis arrivée quand même donc, c'est l'essentiel. ;)
Bonne lecture et on n'oublie pas de commenter, de suggérer des idées (car je les prends toujours en compte ou au moins, j'essaye d'y réagir) et de sourire!
POV Harry Potter
Ces cheveux étaient bleus. Il avait de fichus cheveux bleus stupides, peu importe l'angle duquel il les regardait ou la mèche qu'il prenait… Ces magnifiques cheveux noirs corbeaux étaient devenus d'un bleu infâme qui rappelait vaguement le comte Phantomhive. Comment sa journée pouvait-elle-même empirer ?
-Au moins, tu pourrais avoir la décence de ne pas rire. Finit par dire Harry à son interlocuteur qui était occupé à rire aux larmes en frappant le sol sans pouvoir s'arrêter.
A l'origine, il était venu chez Undertaker pour obtenir des explications sur la raison pour laquelle ces cheveux avaient radicalement changer de couleur. Parce que, forcément, cela devait avoir un rapport avec les reliques. Et comme le fossoyeur semblait en savoir autant que lui sur les reliques, il aurait pu l'aider à comprendre les raisons de cette horrible tragédie cosmétique.
Avec le recul, cette idée avait été l'une des pires de sa longue vie. Il avait à peine ouvert la bouche pour raconter son problème que son rival avait aussitôt éclaté de rire en voyant la couleur de ses cheveux. Autant pour l'entraide entre collègue de bonne foi…
-Je n'y peux rien, c'est juste que cette scène… Elle est juste… Hilarante ! Dit-il en ayant l'air d'essayer tant bien que mal de se calmer.
Ou du moins, Harry espérait sincèrement que son interlocuteur essayait d'arrêter de rire. Sinon, le maître de la mort pourrait sérieusement commencer à se sentir vexer malgré ces meilleurs efforts pour rester calme et professionnel devant l'individu qui se pliait de rire sur son comptoir.
-C'est bien, on a tous bien ri. Mais j'aimerai vraiment que tu me dises ce qui a provoqué ce changement capillaire instantané. Parce que, au cas où tu ne l'aurais pas encore remarqué, tu n'as toujours pas répondu à ma question qui est, je te le rappelle : « Par tous les diables, qu'est-ce que les reliques ont encore fichues ?! » Cria Harry légèrement à bout de nerf.
Son cri semblait finalement atteindre l'euphorie de son interlocuteur car le fossoyeur semblait doucement se calmer.
-Pour un tel fou rire, je peux bien répondre à cette question si poliment instaurée. Te rappelles-tu de notre dernière rencontre ? Lui demanda le fossoyeur avec un visage inspirant l'innocence incarnée.
-Quoi ? Celle où tu m'a offert des biscuits et où j'ai déprimé pendant la moitié de la discussion ? Se rappelait parfaitement Harry.
-Celle-là même, te souviens-tu encore de ce que je t'ai demandé durant cette discussion si particulière, très cher maître de la mort ? Si ma mémoire est bonne, je t'ai dis mot pour mot ceci : « Dis-moi Harry, la relique, qui est la dernière personne à l'avoir eu à son doigt ? » et tu m'as répondu : « Le comte Phantomhive »
-Et alors, quel est le rapport entre le gamin et moi ?
-Ce n'est pas la bonne question à poser. Tu devrais te demander à la place : « Quel est le rapport entre le comte Phantomhive et moi ? »
-Sans vouloir te vexer, c'est exactement la même chose.
Bien sûr, Harry savait qu'en donnant cette réponse, il se leurrait volontairement. Après tout, de ce que le maître de la mort avait pu réussir à comprendre d'Undertaker, c'était qu'il ne répétait jamais deux fois la même information.
Et d'ailleurs, son interlocuteur ne se faisait pas prier pour lui faire remarquer son erreur volontaire. Il devait vraiment être de bonne humeur pour tenter de l'orienter dans la bonne direction :
-On pourrait presque s'y tromper mais non, ceci n'est pas la même chose. En fait, de nos jours, il y a deux personnes auxquels les gens peuvent faire référence lorsque l'on use du titre « comte Phantomhive ». Soit, on parle du dernier comte en date de la longue lignée des limiers de la reine… Ou, on peut parler du défunt comte qui est mort dans un accident si tragique dans de rares discussions mondaines.
-Donc, plutôt que de me demander le lien qui m'unit au gosse, je devrais me demander quel lien m'unit à Vincent Phantomhive ? Le questionna celui avec les cheveux bleus.
-Bingo ! Je te donnerai bien un biscuit mais ils sont encore dans le four.
Pour une raison étrange, cela semblait presque rendre le fossoyeur triste pour une seconde. Harry se demanda brièvement s'il y avait une raison ou une histoire particulièrement derrière la confection des biscuits sucrés en forme d'os que semblaient affectionnés Undertaker. Peut-être que le maître de la mort le découvrira un jour ?
En attendant, Harry Potter, désormais Harry Peters, avait besoin de clarifier quelques points avec l'informateur pensif devant lui :
-Sans vouloir vous vexez, Undertaker, je n'ai aucun lien de parenté, d'amitié ou je ne sais quoi d'autre avec l'ex-comte Phantomhive. Alors, je crois sincèrement que ta réponse n'en est pas une et que tu es juste en train de te moquer de moi pour le plaisir.
Si le jeune homme s'attendait à une confirmation quelconque de la part de son interlocuteur, apparemment, il aurait pu attendre longtemps car la seule réponse que celui-ci semblait daigner lui donner était un simple rire court suivit d'une moquerie claire :
-Si vieux et pourtant si aveugle. S'en est presque triste à voir.
Le maître de la mort fauché avait soudainement vraiment envie de s'arracher les cheveux ou de frapper dans un des cercueils d'exposition juste pour passer sa frustration actuelle. Mais comme il avait l'esprit encore suffisamment clair pour se rendre compte que, non seulement, cela ne servait à rien mais qu'en plus, il risquait de se faire mal inutilement, il avait juste opté pour quelque chose de plus compréhensible à la place : un bon claquage des mains sur le comptoir suivit d'une voix rauque qui indiquait clairement qu'il était prêt à éclater à tout moment :
-Arrête de te moquer de moi et dis-moi ce qui m'arrive, bon sang !
Un silence intense s'installa dans la boutique funéraire pendant plusieurs longues et pénibles minutes. Undertaker et lui se dévisagèrent durant tout ce temps. Harry, en attendant vainement la réponse de l'individu en face lui… Undertaker, quand à lui, devait être en train de réfléchir à l'amusement qu'il pourrait avoir s'il répondait à sa question. Ou du moins, c'est ce que pensait le jeune homme immortel. Si cela se trouve, le fossoyeur était encore en train de penser à ses biscuits dans le four ou aux dimensions d'un cercueil fait sur mesure pour lui. Qui pouvait vraiment savoir ce qui traversait la tête de ce vieux fou ?
-Hé bien, monsieur le comte, je crois que vous êtes mieux placer que moi pour savoir ce qui vous arrive. Finit par dire l'informateur avec un grand sourire en surveillant de près sa réaction.
Celle-ci ne se faisait pas attendre pour le plus grand malheur d'Harry qui comprit instantanément ce qu'Undertaker insinuait :
-Je… « Monsieur le comte » ? Mais qu'est-ce que tu… De quoi est-ce que tu parles ?!
Bien sûr, ils savaient tous les deux ce que cela impliquait. Mais cela ne voulait pas dire que la réponse plaisait à l'ex-informateur. Ni même qu'elle était réelle. Cela devait être un truc, une sorte de farce tordue destiné à se moquer de lui pour le plaisir du propriétaire de ce magasin…
Le même propriétaire qui expliquait avec la plus grande joie possible sa conclusion actuelle au garçon désemparé qu'il était devenu en moins d'une seule seconde :
-Comme tu le sais si bien, lorsqu'un humain meurt, sa lanterne sort de son corps à cause de l'arrivée d'un certain « END » définitif. Cela vaut pour tous le monde depuis la nuit des temps… Sauf si l'humain en question se trouve être l'une des rares exceptions désignés par les dieux de la mort eux-mêmes. Mais ta lanterne est un peu particulière, Harry. Elle arrive bel et bien à ce fameux « END » sauf qu'au lieu de se laisser juger par un dieu de la mort comme prévu, tu es capable de t'incarner dans un corps conçu et prévu sur mesure pour tes besoins. Et tu es apparemment capable d'éviter la propre mort d'un de tes corps en te réincarnant en toi-même avant que ta lanterne n'ait eu le temps de sortir complètement. Comment se fait-il que tu ne m'en aies pas parlé durant ta dernière visite d'ailleurs?
Le garçon avait envie de rétorquer qu'il ne s'était rencontré qu'une seule fois auparavant et qu'il n'étalait pas tous ses secrets dès la première rencontre avec quelqu'un, même si celui-ci était un dieu de la mort particulièrement facile à se confier, mais il tint à sa langue. Après tout, il avait déjà beaucoup trop exposé de lui-même durant sa première et seule visite en dehors de celle-ci. Et il n'aimait pas trop l'hypocrisie que sa remarque aurait impliquée.
Sans compter qu'Undertaker avait probablement dit cette dernière phrase sur un ton sarcastique et n'attendait probablement pas de vraie réponse à cette question.
Cependant, ce qui donnait vraiment au maître de la mort l'envie de se taire, ce n'était pas le sentiment d'hypocrisie s'il répondait ou le ton sarcastique qu'il avait dû manquer lorsqu'Undertaker avait formulé sa question. Non… Ce qui mettait une main métaphorique sur la bouche d'Harry, c'était la lueur un peu trop curieuse qui semblait illuminer les rares aperçus des yeux verts d'Undertaker sous cette tignasse de cheveux gris-argentés. Et pour une raison inexplicable, cette lueur faisait peur au garçon-qui-a-survécu.
Le silence s'éternisa un court instant supplémentaire avant qu'Harry ne le brise pour pouvoir reprendre la conversation comme si la lueur n'était pas encore présente dans les yeux du dieu de la mort en face de lui :
-Je ne sais même pas comment tu es au courant de cette dernière partie que j'évite consciemment de mentionner à tout moment. Enfin bref, cela ne m'explique toujours pas le rapport avec Vincent Phantomhive.
Après tout, il devait bien y avoir une explication sur ce « pourquoi Vincent Phantomhive ». Undertaker devait bien avoir une sorte de schéma mental logique pour arriver à une conclusion aussi bizarre et tordue. Ou tout du moins, quelques indices et explications qui étaient autres choses que la couleur détestable de ses cheveux.
-J'y arrive, j'y arrive. Vois-tu, ce cher Vincent avait une légère particularité que j'ai trouvé très amusant lors de notre première rencontre : son âme ne correspondait pas à son corps.
-Quoi ? Ne put s'empêcher de prononcer Harry malgré lui.
-Oui, je sais ! J'ai eu la même réaction en voyant ça. L'âme et la lanterne de Vincent Phantomhive bougeait en harmonie avec le corps comme si elle était destinée à celui-ci mais il semblait y avoir une sorte de décalage à peine perceptible mais suffisamment grand pour que quelqu'un comme moi puisse le remarquer. Il m'a fallu beaucoup de temps et une visite de ta part pour comprendre enfin la raison de ce décalage.
-Cela veut dire que Vincent Phantomhive… Commença l'ex-informateur avant de se faire couper une fois de plus par le fossoyeur.
-Etait un corps prévu pour abriter ta lanterne ainsi que tous ce qui va avec. Il agissait comme tu aurais dû agir, il parlait comme tu aurais dû parler, il avait des talents naturels sur de multiples sujets parce que tu les possédais déjà. En clair, tu étais censé te réincarner dans ce corps depuis le début au lieu de ce corps inadéquat que tu sembles particulièrement affectionner.
-J'ai vraiment besoin de m'assoir.
En tant normal, il aurait demandé un verre. Mais il ne faisait absolument pas confiance à l'être en face de lui pour ne pas le droguer ou l'empoisonner. Alors, le jeune homme préféra simplement se déplacer vers un cercueil fermé sur le sol et s'assoir allègrement dessus sans même réfléchir à la possibilité qu'un défunt soi dedans. Il ne savait pas si ce possible irrespect envers les morts étaient dû au choc de la prise de conscience de ce qui lui arrivait vraiment, ou bien au fait qu'il ne pouvait pas mourir et s'en inquiétait de moins en moins à mesure que les années s'écoulèrent.
-Donc, si je comprends bien, quand tu m'as demandé à qui appartenait cette bague… Dit Harry sans finir sa phrase.
Il essayait vainement de remettre quelques points ensembles. Il devait bien y avoir des signes avant-coureurs, des avertissements cachés du destin à ce sujet. Parce que, quel est l'intérêt de lui balancer une telle bombe à la figure si on ne pouvait pas aussi lui frotter le visage avec le fait qu'il aurait dû le voir venir ?
-Je voulais vérifier une hypothèse. Au début, je pensais simplement que son effet passif était de faire ressembler le porteur de la bague à une personne cher au cœur de la dernière personne à l'avoir porter. Mais après ton départ, j'ai tout de suite remarqué que cette explication n'était pas possible. Donc, après beaucoup de réflexion, je suis arrivé à une autre conclusion… Et je crois que tu peux aisément deviner la nature de celle-ci.
Le fossoyeur avait vraiment envie de l'entendre dire ce qu'il savait déjà apparemment. Par véritable préoccupation, par ego ou simplement pour vérifier qu'Harry suivait le même fil rouge de cette conversation désagréable qu'il avait… Il n'en savait rien. Mais dans son état actuel, Harry dit tant bien que mal ce qui aurait dû être évident depuis un bon moment déjà :
-La bague change mon corps de manière progressive afin que mon corps devienne adéquat pour ce que je suis. Ce qui signifie…
-Ce qui signifie que si j'étais toi, je commencerai maintenant à t'habituer à ce que l'on se demande comment Vincent Phantomhive a fait pour survivre à ce terrible incendie dans le manoir. Conclut Undertaker avec un petit sourire en coin qui ne trompait personne.
Hé bien, au moins un des deux étaient ravis de ce qui arrivait à Harry malgré lui. Rien que l'idée de devenir une parodie réaliste de Vincent Phantomhive le dégoûtait. Il allait devoir jouer avec des politiciens, des nobles, la reine inutile que semblait avoir l'Angleterre. Il allait devoir diriger une entreprise qui ne l'intéressait pas. Il allait devoir vivre dans un luxe inutile pendant que d'autres dans les rues essayaient de survivre sans un sou dans leur poche…
-Super, si jamais tu me retrouves en train de souhaiter de l'argent ou de me plaindre sur ma situation financière, soit gentil, gifle-moi bien fort. Marmonna Harry assez fort pour qu'Undertaker l'entende.
-Problème d'argent dans la vie ? Dit celui-ci en sortant des béchers de sous son comptoir.
Le maître de la mort n'essaya même pas de savoir pourquoi il y avait du matériel de laboratoire dans une boutique funéraire. Ni même, pourquoi Undertaker était visiblement en train de les remplir d'une sorte de liqueur rouge qui rappelait vaguement du sang.
-Etant donner que Scotland Yard et les familles de nobles viennent toutes te voir pour des informations et que l'accès au dock, où tous les bons tuyaux se trouvent, m'est interdit pour cause de préservation personnel… Oui, j'ai des problèmes pour avoir une clientèle et donc, pour avoir de l'argent de manière général ! J'avais même été jusqu'à penser changer de métier et devenir professeur… Mais apparemment, je vais devoir devenir un Phantomhive avec tous ce que cela implique, donc, je suppose que l'argent est devenu le cadet de mes soucis.
-Sans compter que tu vas devoir réussir à expliquer cela au jeune comte actuel et à son majordome, quand il ne sera plus possible de te cacher. Ajouta Undertaker en lui tendant un des deux bécher remplis à ras bord de boisson avant de s'assoir sur le cercueil à côté de lui.
-Je hais ma vie. Dit Harry en se dépêchant d'avaler le liquide alcooliser étonnamment bon afin d'oublier les images mentales qui lui venaient à l'esprit après le petit rappel du fossoyeur.
Peut-être que le monde blanc serait d'agréable vacance en cette saison ? Harry était sûr que la mort n'allait pas le déchirer sur place pour ce qu'il avait fait. Non, elle devait être contente d'avoir un peu plus de vie privée en ce moment. En fait, elle aura été tellement contente de ce répit qu'elle va probablement laisser Harry seul pendant un ou deux millénaires avant de le laisser partir une fois de plus sans lui faire le moindre soucis. Et…
Pourquoi même est-ce qu'il essayait encore de se leurrer ainsi ? La mort allait le torturer pour l'éternité et le déchirer membre par membre dès qu'il arriverait dans ce monde bien trop lumineux !
-Allons, ça ne sert à rien de retomber dans une déprime affreuse. Après tout, tu as une longue vie drôle et amusante ! C'est déjà plus que la plupart des humains ont. De plus, le changement est progressif, donc avant d'être une image miroir de ce cher Vincent, tu as un peu de temps. Dit Undertaker avec un sourire exagéré en lui serrant l'épaule de manière encourageante.
-A ton avis, combien de temps ai-je ?
-Aucune idée. Tu veux placer un pari dessus ? Demanda le fossoyeur en déposant son bécher désormais vide sur le sol pendant qu'Harry finissait le sien en réfléchissant à ce qu'il allait faire.
-Non. Je crois que je vais juste rentrer chez moi, attendre une réponse à ma candidature d'embauche pour le Weston collège qui est censé arriver aujourd'hui et accessoirement, ne pas bouger de mon lit pour le reste de cette maudite journée.
S'il s'attendait à ce que le fossoyeur soutienne sa décision, il s'était amèrement trompé car pour une raison obscure, celui-ci s'était remis à éclater de rire en se tenant les côtes.
- Dis-moi que tu ne viens pas d'éclater de rire parce que j'ai accidentellement postulé pour une école où Vincent Phantomhive a été. Le supplia presque Harry Peters.
Le redoublement des rires et les larmes dans les yeux d'Undertaker devant son plaidoyer était l'une réponse du jour les plus claires venant de sa part.
-Je te hais. Fut tout ce que dit Harry en finissant son verre.
Mais Harry ne savait pas trop si cette dernière remarque s'adressait au fossoyeur hilare, au défunt Vincent Phantomhive ou bien à lui-même.
POV Inconnu
La soirée était fraiche mais cela ne perturbait pas pour autant la petite troupe de théâtre professionnel qui était occupé à boire sur le pont.
Cela ferait bientôt plusieurs jours que la troupe était en mer afin de se rendre à Londres pour jouer une pièce intitulé « Hamlet » pour la famille Phantomhive. Jusqu'alors, chacun des membres de celle-ci avait été exemplaire sur le bateau. Certain d'entre eux n'hésitaient même pas avant d'aider un marin qui avait bien besoin d'aide pour peler des patates ou couper des morceaux de viandes salées. La troupe aimait même faire quelques mini représentations de certains actes de la pièce qu'il allait jouer dans quelques jours pour quelques mousses un peu plus curieux. Non, vraiment, on n'aurait su rêver mieux comme passager dans un équipage.
Alors, lorsque le second du capitaine avait sorti quelques bouteilles de wisky de sa réserve pour offrir un peu de réconfort dans la nuit terriblement froide qui s'annonçait, on pouvait aisément comprendre qu'une bouteille n'aurait pas suffit à les réchauffer correctement… Et aussi, comment cette histoire se serait terminée avant même que l'équipage n'ait ouvert la première bouteille d'alcool.
Pourtant, alors que l'air marin et la puanteur de l'alcool se faisait le plus sentir, il y avait un membre de l'équipage qui restait particulièrement sobre malgré que ce ne soit ni son quart, ni son heure de repos. C'était un jeune mousse dont la principale utilité sur le navire était de nettoyer et récurer le sol avec le vain espoir qu'un jour, on le mute sur un autre navire. Contrairement à ses collègues, il n'avait pas bu la moindre goutte de wisky. Le mousse préférait observer les étoiles qui scintillaient calmement dans leur voûte céleste et sentir l'air salé typique de la mer fouetter allègrement son visage.
Peut-être est-ce à cause de ce fameux désir de sobriété et d'observation qu'il finit par remarquer une sorte d'ombre se déplacer près du bateau. Au début, le marin n'y prêta pas attention. Il préférait croire aux mirages mystérieux dû à l'éclat des étoiles sur la mer et à son imagination particulièrement fertile, plutôt qu'à une réalité soudainement tordue ou à une menace quelconque d'origine surnaturelle.
Mais quand des bruits de pas se déplacèrent peu de temps après depuis l'accès à la salle des machines vers le pont, le marin ne pu s'empêcher d'être intrigué et d'aller y jeter un coup d'œil malgré lui. Ce qu'il vit le choqua, ce qu'il vit lui fit peur, ce qu'il vit lui donna envie de se noyer dans une mer d'alcool.
Et l'ombre qui n'en était pas une comprit ce que le mousse allait faire. Alors, il fit la seule chose nécessaire sans le moindre regret. Parce que le mousse n'était qu'un être impur. Et c'est avec cette justification que le jeune marin tomba de force dans les entrailles de la mer sans avoir pu avertir le capitaine qu'un ange venait de saboter leur navire.
Et lorsque le capitaine se demanda le lendemain ce qui avait pu arriver à la dernière recrue de son équipage, il arriva simplement mais tristement à la conclusion erronée qu'il avait basculé hors du navire à cause d'un état d'ivresse mal contrôlé.
Et lorsqu'un de leur moteur lâcha finalement, aucun membre de l'équipage ne se douta que cela pourrait être dû à un sabotage obscur. Ils voyaient juste la conclusion horrible pour la troupe de théâtre : ils arriveraient avec un retard d'une semaine.
