Crossover Black Butler/ Harry Potter: "Le grand patron"

En un mot? Saoul

Avertissement: voir prologue

Où en est-on grand schtroumpf?

OAV Hamlet (post épisode 15, saison 1)

Swiny

Et c'est le retour! Vous êtes nombreux à m'avoir demandé ce chapitre et certains m'ont suggéré par MP un petit retour de notre diable de majordome depuis la fameuse "ruelle musicale". Alors, pour tous ces petits chanceux, j'ai décidé d'accéder à leur demande tout en y introduisant une petite note d'humour.

Comme toujours, n'hésiter pas à suggérer des choses pour cette histoire ou pour d'autres histoires que vous désirez voir, à me donner votre avis, ou bien encore simplement de passer dire bonjour dans les commentaires, en MP ou sur mon Tumblr (swinyzombie) où vous pouvez me lancer toute sorte de défi ou simplement discuter. J'en serai ravie.

Sur ce, bonne lecture et jusqu'à la prochaine fois ;)


POV Harry Potter

Il fallut une journée et une nuit complète passé à dormir sur un cercueil de bois à Harry pour se rendre compte du problème insurmontable qu'il ne pouvait plus nier : Il était saoul, terriblement saoul, affreusement saoul, l'opposé absolu de la sobriété, il était… Saoul.

Il ne savait pas exactement si c'était dû à la liqueur rouge d'Undertaker qui devait être un tantinet trop forte pour lui ou si c'était dû à la quantité excessive qu'il avait bu dans un accès de désespoir pour noyer les rires d'Undertaker dans un flot d'alcool qui l'emmènerait loin, très loin de ce monde infernal appelé la réalité juste pour une minute. Mais en tout cas, cela ne changeait rien au résultat déplorable qui s'étalait pathétiquement sous les yeux d'Harry James Potter aka Harry Peters :

Des difficultés à marcher dignement alors qu'il rentrait chez lui en ignorant le regard des passants ? Check.

Un problème avec la lumière extérieure qui semblait vouloir personnellement l'offenser ? Check.

Une envie folle de se reposer juste une seconde pour faire arrêter ce tournis à mesure qu'il avançait et ce, en sachant parfaitement bien qu'il risque de s'endormir sur n'importe quel surface si jamais cela arrivait ? Check.

Oui, c'était officiel, Harry était saoul. Et le pire, c'est qu'il était sûr qu'Undertaker avait bu la même quantité d'alcool que lui et pourtant, lorsqu'il était parti, cet informateur de malheur était toujours debout en équilibre sur la pointe des pieds juste sur le bord de son comptoir à l'observer alors qu'il se réveillait d'un sommeil qui avait probablement durer 1 heure au grand maximum. Honnêtement, le maître de la mort ne savait pas comment un tel exploit aussi effrayant était même possible… Alors avec la quantité d'alcool qui agissait actuellement au sein de son organisme et qui était similaire à celle du fossoyeur… Il n'osait même pas imaginer le talent que cela requiert.

Dans un moment de parfaite rancune à peine dissimulé, l'ex-garçon-qui-a-survécu ne pouvait qu'espérer vivement que le fossoyeur finisse par tomber afin de s'assommer lui-même mais il doutait que cela arrive… Principalement parce qu'Undertaker ne pouvait pas être humain pour savoir rire autant sans mourir… Mais à quoi est-ce qu'il pense ?! Bien sûr qu'Undertaker n'était pas humain, c'était un dieu de la mort comme l'autre andouille à la tête dure et aux cheveux rouges, comment est-ce qu'il s'appelait déjà ? Ah oui ! C'est juste, il n'a pas de nom, un peu comme le démon du comte. Il faudra qu'il trouve le nom du démon un jour, ne fut ce que pour savoir s'il ne s'était pas déjà rencontrer dans une autre vie. Déjà qu'il y avait l'autre araignée démoniaque qui avait osé l'appeler par l'un des noms qu'il déteste le plus...

-Monsieur Peters ! Fut-il interrompu de ses pensées avec la délicatesse d'une charge d'hippogriffe.

Une femme aux cheveux blonds et à la bedaine particulièrement prononcée s'avança près de lui. Il ne la reconnut pas immédiatement avec son esprit encore embrumé par l'alcool mais il était sûr de la connaitre… Cette certitude était sûrement due au fait qu'elle l'avait appelé par son nom de famille de ce monde mais il y avait juste quelque chose de plus… Ce relent d'odeur de pomme et de savon pas cher associé à cette voix rauque et puissante lui rappelait vaguement quelque chose… Mais quoi ?

-VOUS AVEZ UN MOIS DE RETARD SUR VOTRE LOYER ! Lui criait-elle presque dans les oreilles.

Rectification : elle lui avait crié sur son visage. Son pauvre visage couvert de postillons abominables. C'était… Attendez une seconde : Loyer ?!

Immédiatement, il pouvait entendre les mots « danger » et « prédateurs » résonner jusqu'au plus profond de son esprit alors que son esprit ralenti reconnu la personne en face de lui : madame Bavière, sa logeuse. Il allait devoir parler avec tact pour contrer cette situation particulièrement délicate qui était de désamorcer la bombe qu'était devenue sa logeuse.

-Madame Bavière ! Moi aussi, je suis content de vous revoir. Cela va faire quoi un mois ? Deux mois ? Qu'on ne s'est plus vu. Vous avez une mine resplendissante, si si je vous assure. Cela doit venir des cheveux. Vous essayez une nouvelle coiffure ? Si c'est le cas, elle vous va à ravir. Votre mari doit être absolument ravi de ce changement.

-Monsieur Peters, est-ce que non seulement vous n'avez une fois de plus pas de quoi payer le loyer mais qu'en plus, vous osez vous présentez ici complètement saoul ?

-C'est mon haleine, c'est ça ? Dit-il presque immédiatement sans réfléchir.

Il aurait presque voulu que quelqu'un comme Lao découvre qu'il était en vie pour le kidnapper avec le bâillon qui allait avec sur sa bouche. Cela l'empêcherait certainement d'empirer la situation à mesure que les secondes passaient.

-Non, c'est le fait que mon mari est mort et enterré depuis bientôt 4 ANS MONSIEUR PETERS ! Dit-elle avant de jurer abondamment et de se lancer dans une conférence sans fin décrivant à quel point il était une minuscule larve et à quel point elle allait adorer l'écraser dès que possible.

Autant pour le tact… Il semblerait qu'il y avait encore des défauts de son premier moi qui s'attardaient encore malgré le nombre de réincarnation auquel il avait eu droit. Au moins, pour sa défense, il pouvait blâmer l'alcool… Ou Undertaker. Une bien meilleure cible mentale.

-MAINTENANT MONSIEUR PETERS, VOUS ALLEZ SORTIR DE MA VUE ET LA PROCHAINE FOIS QUE JE VOUS VOIS, VOUS AVEZ INTERÊT A AVOIR L'ARGENT, SINON… ! Lui dit-elle en passant son index dodu sur sa gorge dans un geste plus qu'imagé qu'elle allait lui trancher la tête.

Il hocha rapidement la tête et se précipita dans le lieu sécuritaire le plus proche : sa chambre. Ou du moins, il aurait aimé pouvoir se précipiter et ne pas s'étaler ainsi sur le sol dans sa hâte de fuir le monstre derrière lui en ignorant si négligemment les effets de l'alcool. Il devait avoir de l'expérience avec la course pourtant… Fuir Voldemort... Fuir Méphistophélès et ses fichues orgies… Ou encore un individu particulièrement sadique et meurtrier alors qu'il visait une vie d'hunter gourmet en tant qu'Harriet Gregory…

Bon sang, avec l'annonce d'hier qui lui trottait toujours dans la tête, la quantité horrible d'alcool qu'il avait ingurgité, le fait qu'il se soit endormi chez Undertaker et ait passé toute sa journée d'hier chez lui avec maintenant ça qui se rajoutait, cette journée ne pouvait définitivement pas empirer.

Harry rentra de la pièce et vit un certain majordome démoniaque juste à côté de sa fenêtre en train de câliner un chaton au pelage noir qu'il ne connaissait absolument pas.


POV Sébastian Michaelis

-Une heure plus tôt-

En tant que majordome de la maison Phantomhive, Sébastian avait dû accomplir de nombreuses tâches et résoudre moult défis parfois inconsciemment placé par son maître. Aussi, après que son contractant ait appris via le journal du matin que la troupe qu'il avait engagé spécialement pour les 30 de la société Phantomhive n'arriverait pas à temps pour effectuer la représentation, il lui avait immédiatement ordonné de faire en sorte que la représentation soit un succès.

A priori, pour un individu ordinaire, cet ordre paraissait simple. Il n'y avait qu'un vrai démon pour comprendre la complexité de ce genre d'ordre. Contrairement à ce que pensaient les gens, il n'y avait pas que le libellé d'un ordre à prendre en compte. Si c'était le cas, les contractants ne seraient jamais totalement satisfaits du résultat de leur ordre précédemment donné… Pour autant que leur cupidité humaine si classique et quelconque leur permette un jour d'être satisfait, bien entendu. Non, le vrai problème lors de l'exécution d'un ordre était l'intention attendue derrière celui-ci. Et c'était cette petite variable a priori innocente qui rendait sa tâche si compliquée.

Son jeune maître s'attendait à une sorte de représentation grandiose qui allait maintenir le nom des Phamtohive au sommet de la pyramide de noblesse et de faux semblant duquel il était perché. Donc, pour que son maître soit véritablement satisfait du résultat, il fallait s'assurer d'atteindre une forme vague d'approche de la perfection durant cette représentation. Ce qui, étant donné l'état des choses et le manque d'acteur compétent afin d'interpréter les rôles d'Hamlet allait sérieusement lui compliquer la tâche.

C'est donc avec l'objectif très précis de recruter en moins de 3 jours un maximum d'acteur compétent parmi l'entourage familier de son maître qu'il était parti en quatrième vitesse sans demander son dû.

La première visite du démon avait donc été pour Elizabeth Midford, la fiancée de son jeune maître. Elle ferait n'importe quoi pour son futur mari et il allait utiliser cela à son avantage en lui donnant un rôle quelconque dans la pièce.

Puis, il avait été rendre visite à Lao qui, d'une manière ou d'une autre, avait appris l'incident via le journal et avait décidé de l'aider gratuitement avec Ran Mao. C'était clairement suspect mais néanmoins, cela n'avait rien d'inattendu de la part du mafieux qui jouait clairement un double jeu avec son jeune maître. Et cela facilitait également les affaires du majordome en ayant deux rôles de moins à remplir dans sa liste d'acteur.

Le personnel de monsieur allait également être mis à contribution d'une manière ou d'une autre. Leurs incompétences dans leurs tâches de subalterne avaient beau être légendaire, il n'en restait pas moins qu'ils possédaient d'autres talents qui pourraient être utile au cas où quelqu'un souhaiterait saboter la pièce.

Dans un concours de circonstance, alors qu'il se rendait chez Undertaker dans l'espoir de recruter temporairement l'informateur de la famille Phantomhive en échange d'un bon éclat de rire, il tomba nez à nez avec le prince Soma et son majordome exemplaire qui étaient tous deux en train de distribuer des petits pains au curry dans des ruelles remplis de populace pauvre. Le majordome démoniaque avait profité de cette rencontre pour expliquer avec son meilleur air dramatique la tragédie qui touchait la pièce de théâtre et le malheur des enfants orphelins qui ne la verraient pas si son jeune maître ne trouvait pas des acteurs compétents en moins de 3 jours. Devant son faux air abattu, le rappel de l'amitié envers son maître et le malheur possible des enfants, la naïveté et le bon cœur du prince vinrent en jeu sans attendre en lui proposant leurs aides immédiates.

Peu après, il se rendit enfin chez Undertaker qui accepta étonnamment vite sa proposition après une bonne blague traditionnelle qu'il avait entendu à une réception quelques jours plus tôt. Le fossoyeur avait juste posé comme condition qu'il aille rendre visite à Peters parce qu'il lui semblait un tantinet déprimé. Une bien curieuse demande de la part d'un Undertaker qui semblait clairement plus amusé qu'inquiet mais il ne rejeta pas la demande et décide qu'elle avait même un quelconque mérite. Après tout, son jeune maître avait exprimé un certain intérêt pour l'immortel et lui s'interrogeait encore sur l'autre informateur dans ces rares moments de calme au manoir.

Ce fut donc ainsi qu'il finit, après un certain accueille des plus inquiétants de la part d'une logeuse clairement exaspérée par l'un des habitants d'une des nombreuses pièces du bâtiment, il avait pu accéder à l'appartement de Peters. L'une des premières choses que se dit Sébastien Michaelis en voyant l'habitat naturel de Peters est que l'homme avait clairement des difficultés financières… Et aussi qu'il était fortement désordonné : papier et courrier divers sur le sol et les meubles, poussières sur les étagères, literie mal faite, plateau repas sale usé posé négligemment dans un coin… On aurait presque dit qu'il avait quitté cet endroit à la va-vite dans l'espoir d'échapper à quelque chose d'horrible. Et au vu du comportement de la logeuse quelques étages plus bas, la fuite devait être due au payement mensuel du logement qui semblait pourtant plus que raisonnable.

-Vous êtes décidemment un individu bien étrange, monsieur Peters. Déclara pensivement Sébastian avant d'aller fermer la fenêtre qui était restée négligemment ouverte.

Le majordome de la famille Phantomhive soupira en voyant un tel désordre. Et plus par machinisme et par ennui, il alla commencer à ranger plusieurs plats dans le bac d'eau savonneuse posé en équilibre sur un tabouret usé au point qu'un pied semblait dangereusement prêt à casser à n'importe quel instant.

Il prit une tasse qui contenait autrefois un reste de boisson vaguement discernable quand il entendit un petit bruit à peine perceptible dans son dos. Il fit une pause de quelques secondes dans le frottement de la tasse qui flottait dans l'eau encore un tantinet agité… Puis, là, juste à côté d'une des étagères, il réentendit une fois de plus le bruit. Curieux, il se déplaça tranquillement vers la source du son. Il décala tranquillement l'un des 3 malheureux livres que l'étagère comportait quand il tomba devant la plus belle et la plus merveilleuse créature qui existait en ce monde : un chaton.


POV Harry Potter

Harry se frotta les yeux plusieurs fois devant la scène qui se déroulait devant lui dans l'espoir que celle-ci disparaisse. Parce que, forcément, cela ne pouvait pas être réel ? Cela devait être une sorte d'hallucination dû à l'alcool ou quelque chose dans le genre.

-C'est le vôtre ? Demanda le démon sans même le regarder. Il semblait bien trop occupé à regarder la moindre mimique que le chaton faisait alors que le majordome lui grattait négligemment la tête.

-Non, il n'est pas à moi… Mais, j'ai une meilleure question pour vous si vous n'êtes pas une hallucination particulièrement réaliste : QUE DIABLE FAITES-VOUS CHEZ MOI ?!

Peut-être que crier alors qu'une sorte de cognard invisible semblait frapper en continu son pauvre cerveau n'était pas une bonne idée… Pourtant, c'était une réponse parfaitement instinctive devant une situation qui ne devrait même pas être dans une quelconque réalité en premier lieu, et encore moins celle dans laquelle il se trouvait. Parce que, soyons parfaitement honnête… Dans quel cas de figure, une personne saoule s'attendrait à rencontrer un démon câlinant un adorable chaton au sein d'un appartement censé être verrouillé à clé ? C'était comme si Voldemort venait danser devant tante Pétunia et oncle Vernon à l'époque où il vivait encore à Privet Drive !

Et d'ailleurs, maintenant qu'Harry y pensait sérieusement, où est-ce que le démon de Phantomhive avait-il même trouvé cette boule de poil en premier lieu ?

-Veuillez excuser mon franc parlant monsieur Peters mais… Serait-il possible que vous soyez saoul ? L'interrompit le démon toujours sans lui accorder la moindre attention.

Non pas que cela l'inquiétait outre mesure. Il avait depuis longtemps appris que les démons avaient toujours eu des lubies, des hobbies, des tics et des personnalités aussi complexes que variables. Ils pouvaient être aussi froids qu'un iceberg et puis soudainement devenir enjoué comme des enfants en voyant quelque chose d'aussi simple que des flocons de neiges qui tombaient des cieux. Harry en avait même croisé certain qui étaient des montagnes de muscles avec des airs plus qu'intimidants pour aller avec leurs physiques imposants, soudainement avoir peur d'une simple assiette remplis de pancakes.

Alors, non, Harry ne se souciait pas vraiment du manque actuel d'attention à son égard en faveur des airs mignons de l'innocent chaton. En fait, en ignorant sa capacité spéciale pour ne pas rester mort, l'animal avait probablement le plus haut taux de survie dans cette pièce. En revanche, le fait que le majordome démoniaque soit venu s'introduire dans son appartement en premier lieu sans qu'Harry ne s'y attende, ça, c'était un problème de taille. Surtout quand l'informateur n'était vraiment pas prêt pour une confrontation de ce type et que le comte Phantomhive semblait tout aussi absent que le propriétaire de l'animal adorable.

- Laissez-moi deviner. C'est parce que j'ai demandé si vous étiez une hallucination et mon tempérament actuellement mal contrôlé que vous me demandez cela ? Lui demanda Harry en soupirant d'agacement.

-Non, il est inutile d'aller aussi loin. Votre haleine est aisément perceptible pour nous autres démons. Répondit le démon avec un petit sourire en coin.

Bien sûr, toujours ce fichu avantage qui semblait échapper aux humains. Parfois, Harry aimerait vraiment avoir du sang de créature magiques dans ses veines juste pour pouvoir agacer quelqu'un avec un sens ultra développé. Peut-être dans une prochaine vie dans sa longue échappatoire de la mort ?

Cependant, il ne pouvait pas non plus laisser la pique verbale du majordome resté impunie sans un retour plus que mérité.

-Au contraire de mon aura je suppose ? Dites-moi, cela doit être franchement agaçant de ne pas pouvoir me suivre aussi facilement que le voudrait votre maître. Vous n'en avez pas marre de tenter de me suivre presque toutes ces horribles nuits fraiches pendant que votre maître dort au chaud dans son immense lit ? Même un gars comme moi trouve ça dur. Vous devez vraiment aimer les âmes sadiques et sans cœur pour obéir sans discussion à de tel ordre sans broncher.

Pendant une seconde, Harry se sentit béat devant l'air tendu qu'affichait brièvement le majordome avant de reprendre ses jeux avec le chaton. Puis, il voulait simultanément se gifler et se féliciter.

Se gifler parce qu'il avait prévu d'utiliser cette remarque sur le comte pour le déstabiliser si jamais celui-ci lui cherchait des embrouilles... Et qu'à présent, cette information était devenue inutile par son impulsivité.

Et l'informateur voulait également se féliciter parce qu'il venait indirectement de découvrir un trait de caractère majeur du démon en moins de quelques minutes de discussion : le démon en face de lui était un sadique et sans cœur.

Après tout, les démons avaient toujours eu des préférences de goût dans les âmes souvent similaire à leur véritable personnalité. Bien sûr, la qualité de l'âme était un énorme facteur à prendre en compte. Mais c'était souvent ce premier paramètre qui déterminait la manière dont le démon allait la cuisiner afin d'en améliorer leur goût avant la fin du contrat fixé. Il suffisait de regarder Claude, le démon de la famille Trancy, pour s'en apercevoir…. Après tout, sous tous ses airs froids, Harry avait pu sentir au sein du démon une personnalité de passionné, de gourmant, de tragique. Trois éléments qui vivaient constamment dans la personnalité déséquilibré du jeune comte Trancy.

Et là, il voyait un parallèle similaire entre le démon Phantomhive et le peu qu'il savait de son contractant : sadique, sans cœur, manipulateur, sarcastique… Super, Harry n'avait jamais été un très bon juge de caractère mais même lui n'avait pas manqué aussi longtemps des traits majeurs comme ceux-ci. S'il avait su, il aurait peut-être réfléchi un peu plus avant de provoquer le démon sans nom.

Loin de savoir ce qu'il se passait dans l'esprit d'Harry Potter alias Peters, le majordome demanda avec un ton égal mais légèrement interrogatif :

-Ainsi donc, vous vous saviez suivi depuis le début mais vous n'avez rien fait ?

Honnêtement, après cette petite découverte, Harry ne savait plus trop comment se positionner. Devait-il répondre à la question ? Agir normalement ? Devait-il faire bifurquer la conversation vers un sujet qui éviterait un problème d'ego possible du démon ? Il ne savait pas trop. Une chose est sûre cependant, son épée tueuse de démon n'était pas à portée de main en ce moment et il savait que sa capacité ne lui permettrait pas d'échapper pendant très longtemps au démon si celui-ci décidait de l'emmener de force quelque part entre deux morts qui seraient sûrement très douloureuses...

Finalement, Harry choisit d'agir comme d'habitude mais fit très attention à ses propres paroles à cause de l'alcool qui semblait encore lui jouer des tours.

-Je n'ai rien à cacher. En fait, pour quelques pièces, vous découvrirez que je suis assez bavard. Mais je doute que le gamin vous ai envoyé pour cela, je me trompe ?

-Je suis ici de ma propre initiative. Confirma l'adorateur des chats.

-Merveilleux, alors je suppose que vous pourriez repartir chez votre maître comme un bon toutou de votre propre initiative aussi. Tenta Harry en désespérant sérieusement de voir le démon sortir d'ici.

-Je pourrais en effet… Dit enfin le démon en déposant finalement le chaton sur le sol mais en gardant un œil attentif sur lui alors que l'animal ronronnait affectueuse contre la jambe gauche du majordome.

-Très bien, qu'est-ce que vous voulez ?

-Ce n'est pas à moi de demander cela ? Le taquina le démon en sentant très bien son malaise plus qu'évident.

-Ecouter, j'ai eu beaucoup d'expérience avec les démons et je sais parfaitement comment vous fonctionnez. Aussi, on va passer la partie poudre aux yeux, les explications sans les petits caractères qui vont avec et qui sont comme toujours associés au jeu des milles et une question afin de contrôler la conversation… Et tout ça pour aller directement à la partie principale, d'accord ? Vous savez ce que je veux de vous, soit : vous en dehors de chez moi. Maintenant, qu'est-ce que vous voulez ?

Parce qu'il n'y a aucune manière possible pour qu'un démon possédant déjà un contractant soit là pour le plaisir de la compagnie d'un humain… Même si celui-ci était un immortel. Après tout, il n'y avait que Méphistophélès qui avait été intéressé par sa propre race avec ce genre d'obsession maladive qui rappelait étrangement l'attrait croissant d'Arthur Weasley pour les moldus avec un exposant quelque part.

- « Vous savez, je ne sais pas qui est ce « Pluton » mais je peux vous assurer qu'il n'est pas dans cette pièce. En fait, j'ai l'impression que beaucoup de chose semblait être là sans l'être. Si vous voyez ce que je veux dire… » Ce sont vos propres mots.

Il y eut un court moment de silence alors qu'Harry essayait encore vainement d'oublier cette fameuse nuit où Lizzie avait été enlevée et où un ange l'avait empêché de dormir pendant un petit moment avec cette odieuse chanson. Ce n'était vraiment pas un souvenir qu'il appréciait beaucoup et plus vite il pouvait enfin l'oublier et plus vite il passerait à autre chose. Cependant, pour les besoins de la conversation, il tenta de se souvenir de ce soir-là.

-Votre mémoire est sûrement meilleur que la mienne donc oui, j'imagine que ce sont mes mots exacts de ce soir-là. Confirma-t-il lentement en essayant encore de comprendre ce que le démon voulait vraiment.

-Que vouliez-vous dire exactement ?

-Exactement ce que j'ai voulu dire. Je ne sais pas qui est Pluton et je ne le sais toujours pas d'ailleurs… Qu'il n'est pas normal qu'un démon, un dieu de la mort et un immortel comme moi se retrouve soudainement à interagir après qu'un ange ait décidé pour une raison obscure de se lancer dans des enlèvements humains. Et que celui-ci tente de me faire passer le chapeau auprès de votre maître afin d'attirer l'attention de celui-ci sur moi plutôt que sur lui. Etes-vous satisfait ?

-Pourquoi un ange voudrait-il que l'attention de mon maître soit sur vous plutôt que lui ? Le questionna une fois de plus le démon.

-C'est la question que je me demande aussi depuis un moment. J'en suis arrivé à la conclusion qu'il ou elle a développé une sorte de fascination pour moi mais que votre maître fait partie intégrante de son objectif principal… Bien que ce soit en temps que pion, cobaye, obstacle ou les trois en même temps, cela reste à voir. Maintenant, cela nous amène à une autre question plus difficile à répondre : quel est cet objectif ? Dit-il avant de se taire pour laisser le silence et la réflexion s'installer pendant qu'il alla s'assoir sur son lit plus que bancal.

Curieusement, quelque chose dans sa réponse ne semblait pas plaire au démon car les yeux de celui-ci devinrent brièvement rouges. Si Harry avait dû parier sur la raison de cette hausse d'aura, il aurait probablement misé sur la menace indirecte envers son contractant ou sur le fait que le majordome ne pouvait pas avoir directement une réponse claire quand à ce que désirait l'ange et ne savait toujours pas pourquoi l'être céleste en question voulait soudainement jouer avec eux.

Après plusieurs minutes supplémentaires de silence, l'aura infernale du démon redescendit d'un cran. Et celui-ci lui dit comme si de rien n'était :

-Pluton est un chien des enfers.

-Hmm ? Fut tout ce que répondit l'ex-garçon qui a survécu dans l'espoir qu'il élabore un peu plus sa réponse.

Cette tactique fonctionna plutôt bien car le démon prit aussitôt la parole devant son absence de son intelligible.

-Le fait que vous ne puissiez pas le voir m'intrigue presque autant que vous puissiez voir un dieu de la mort. Logiquement, vous ne voyiez un dieu de la mort qu'à l'instant où il vient vous chercher. Etant donner qu'un chien des enfers s'assure de garder les âmes là où elles appartiennent, c'est à dire en enfer, vous ne devez par principe, jamais passer cette fameuse porte quand vous mourrez. Cependant, mon maître peut voir le chien mais pas vous, je me demande ce que cela signifie.

Harry serait presque tenté de blaguer en disant que c'était sûrement parce que son maître avait déjà une place inévitable en enfer mais il se retint en souvenir de l'aura légèrement déséquilibrée du démon. A la place, il dit donc :

-Inutile de se creuser la tête pour si peu, si Pluton est un chien des enfers. Cela veut simplement dire que mon incapacité à le voir est à cause d'un vieil ami qui revient encore me hanter une fois de plus.

Que ce soit la mort ou Méphistophélès, cependant, cela restait à voir. Il était plus probable que ce soit le second cas cependant. Parce que ce genre d'astuce bon marché était typiquement quelque chose que Méphisto ferait pour l'ennuyer et le tenter de sortir de son apathie de l'époque comme le contrat l'exigeait.

-Un vieil ami ? Dit l'être démoniaque en le sortant de certaines pensées sombres en repensant à cette ancienne vie.

-Bien essayé mais je ne suis pas encore assez saoul ou assez payer pour révéler ce genre d'information devant une pêche aussi maigre. Ricana Harry dans sa meilleure imitation du jeune Draco Malfoy dans l'espoir d'inciter le démon à ne pas pousser plus loin.

Bien sûr, cela eut l'effet inverse. L'ex-sorcier aurait dû le savoir. Après tout, durant ses années à Poudlard, cela n'avait fait que l'inciter à réagir aussi quand il se trouvait face à Draco.

-Vous venez pourtant de me révéler que vous ne serez jamais capable de voir Pluton à cause d'un vieil ami à vous. Probablement le genre d'ami surnaturel qui a des contacts aux enfers ou qui vit en enfers. Et vous avez confirmé que vous êtes réellement plus âgé que ce que vous regardez puisque votre ami n'aurait pas pu vous hanter après seulement 20 ans de vie. Donc, vous avez confirmé que, non seulement vous ne pouvez pas mourir de façon permanente mais que vous avez également une vie bien plus longue que ce que suggère votre apparence. De plus, il semblerait que vous soyez capable de la modifier au vu de vos cheveux bleu sans la moindre petite odeur de teinture qui les accompagne. J'estime donc que ma pêche est, au contraire, plutôt efficace.

Le locataire aurait presque fait une comparaison entre un certain personnage de l'œuvre d'Arthur Conan Doyle, cette même œuvre qu'Hermione l'avait forcé à lire, si cette analyse minutieuse ne l'avait pas concerné. Soudainement, il se sentait un peu comme Watson au début de sa rencontre avec Holmes. Et curieusement, cette prise de conscience ne lui plaisait guère. En fait, la simple idée de cette possible comparaison lui fit voir rouge brièvement.

-Et dire que pendant un moment, je commençais à vous trouvez un tantinet sympathique. Et puis, il a fallu que vous parliez de mes cheveux, espèce d'hypocrite. Quand on est capable de changer aussi facilement d'une apparence démoniaque à humaine, on ne peut pas se permettre de critiquer un changement de coiffure aussi radicale qu'inévitable.

Puis, mettez cela sur son comportement impulsif, pour ajouter une forme d'insulte et de provocation supplémentaire, il dit de son meilleur ton sarcastique et autoritaire :

-Maintenant, je tiens à vous rappelez que j'ai répondu à votre question. Donc… Dégagez de chez moi et laissez-moi me reposer en paix.

Bien sûr, l'ex-Gryffondor avait su presque aussitôt que ce n'était pas la bonne chose à dire à un démon qui venait de se faire insulter. Mais d'un autre côté, l'immortel aussi s'était senti insulté. En plus, ce n'est pas comme s'il était dans son bon sens quand il avait dit ça ! Il était saoul, il avait mal dormi, il était de mauvaise humeur… Bref ! C'était presque un miracle qu'il n'avait pas agacé le démon bien plus vite que cela.

Maintenant, il fallait encore expliquer cela à sa lanterne qui était occupée une fois de plus à sortir de son corps…