Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Liens ambigus
Seconde partie
3) Une rencontre entre deux portes
Vincent s'apprêtait à quitter la salle d'entraînement, fatigué par la longue et éprouvante séance qu'il venait de vivre, il avait hâte de prendre un peu de repos.
Lorsque la porte s'ouvrit devant lui, il découvrit deux techniciens, sans doute venus récupérer les robots endommagés, comme à chaque fois.
Conscient qu'ils ne devaient pas le porter dans leurs cœurs, vu les dégâts qu'il entraînait le plus souvent, il leur adressa un bref salut et s'écarta pour leur laisser le passage. Il aurait pu les obliger à le laisser sortir, d'autres le faisaient, mais il ne tenait pas à se les mettre un peu plus à dos. Ils étaient déjà bien assez remontés contre lui. Le premier d'entre eux entra, sans répondre à son salut, ce qui annonçait la couleur, mais l'autre s'attarda, l'empêchant de sortir.
Vincent réprima un soupir. Décidément, il jouait de malchance, visiblement ce type avait décidé de lui faire comprendre que ses destructions n'étaient pas appréciées. Il ne serait pas le premier certes, mais tout de même... cela commençait à devenir lassant de s'entendre reprocher de faire son travail.
- Je sais, j'ai encore fait des dégâts, mais ce n'est vraiment pas pour m'amuser que j'entre là dedans, ils sont programmés pour nous faire la vie dure. Je ne les abats pas pour le plaisir, mais parce que je n'ai d'autre choix. Dit il d'un ton froid.
Cassian le considérait avec un mélange de tristesse et de consternation.
Vincent n'avait même pas pris la peine de lever les yeux vers lui, il fixait le sol, comme s'il se moquait totalement de savoir à qui il était en train de parler.
Cela le blessait plus que le ton, presque désagréable, employé.
Son ami avait il donc tant changé ?
Comment réagir face à autant de froideur ?
Alors qu'il hésitait sur la conduite à tenir, Vincent, lassé par la situation, fit un pas de côté et le contourna, visiblement décidé à partir sans même lui accorder un seul regard.
Déçu Cassian se résigna à ne pas lui parler, pas encore, il était clair que le moment était mal choisi.
Baissant à son tour la tête il était sur le point d'entrer dans la salle, lorsque son collègue, lassé de l'attendre, lui cria de venir.
- Cassian ! Ramène toi ! On a pas toute la journée !
Cassian sursauta, honteux d'avoir été interpellé de la sorte, et se précipita pour le rejoindre.
Il cessa de penser à Vincent, pour ne plus songer qu'à son travail.
Comme lui avait dit son ami, et l'avait souligné Vincent, il y avait pas mal de dégâts.
Vincent ne parvint pas à s'empêcher de tressaillir en entendant l'un des techniciens crier le nom de Cassian.
Il lutta pour ne pas se retourner et dévisager celui qui portait ce nom. Faire cela serait stupide et d'une grande indélicatesse.
Ce n'était probablement qu'un hasard, il devait y avoir de nombreux Cassian sur Gaïa, tout comme il y avait certainement d'autres Vincent. Il n'était pas possible que ce soit le Cassian de son enfance.
Cassian était sans doute encore dans son village natal, loin, très loin de Midgar.
Il s'éloigna d'un pas rapide dans le couloir, troublé malgré tout par ce rappel du passé.
Cassian... cela faisait un moment qu'il n'avait plus pensé à son seul ami...
Entendre prononcer son nom réveillait en lui de vieux souvenirs, de vieilles douleurs également.
Il avait espéré que le temps finirait par adoucir sa peine, mais rien n'y avait fait, elle était toujours aussi vive, lorsque quelque chose lui faisait penser à ce qu'il avait perdu.
Il regagna ses quartiers et s'étendit sur son lit, le regard rivé au plafond.
Cassian... c'était tout de même ironique de croiser quelqu'un portant ce nom dans les locaux où il avait l'habitude de se rendre... ironique et un peu cruel en même temps. Si cet homme était, comme tout poussait à le croire, l'un des techniciens en charge de l'entretien de la salle et des machines, alors ils seraient amenés à se revoir souvent. Il allait devoir se faire à cette idée. Il ne pourrait pas l'éviter, même s'il était tentant d'essayer.
Cela était d'autant plus ironique que le Cassian qu'il avait connu avait une passion pour la mécanique... il aurait pu être cet inconnu...
Vincent se demanda ce qu'était devenu son ami d'enfance, s'il avait poursuivi dans la voie qui le fascinait tellement ou s'il avait fini par devenir un éleveur ou un fermier, comme la plupart des gens de sa région.
Il espérait que cela ne soit pas le cas, Cassian était vraiment doué pour tout ce qui touchait à la mécanique, il méritait qu'on lui laisse sa chance. Il espérait que madame Strife en avait eu conscience et avait fait ce qu'il fallait pour permettre à son fils de réaliser ses rêves. Il aurait été vraiment trop triste que le talent de Cassian se perde, ou qu'il en soit réduit à devoir se contenter de bricoler des engins agricoles.
Un profond soupir gonfla la poitrine de Vincent.
Il ferait mieux de ne plus penser à Cassian, cela lui faisait trop de peine, encore maintenant. Même s'il s'en défendait, il n'avait jamais oublié. Son ami lui manquait toujours terriblement.
Il avait traversé une période de doute, se demandant si il aurait pu arranger les choses, en faisant un autre choix... peut être que s'il était resté, il aurait pu sauver leur amitié... mais il avait fait le choix de partir, sans même essayer de faire un effort... il avait vraiment été en dessous de tout...
Cela le tourmentait parfois, il se reprochait d'avoir choisi la facilité.
Il n'avait pourtant pas osé retourner voir Cassian et sa mère, il avait peur de ne pas être le bienvenu.
Il ferait mieux d'oublier et de tirer définitivement un trait sur tout cela.
Il ferma lentement les yeux.
Oublier... c'était plus facile à dire qu'à faire... malgré ses efforts Cassian restait dans ses pensées.
Il sombra dans un sommeil agité au bout de quelques minutes.
Très vite un rêve vint le visiter, dans lequel il se trouvait face à Cassian. Ils y étaient à nouveau enfants, Cassian l'entraînait à sa suite, sa main solidement fermée sur la sienne.
Vincent sourit dans son sommeil, tandis que l'enfant qu'il était dans ce rêve, courrait à perdre haleine, heureux d'être avec un ami, de se sentir en sécurité.
Au terme de leur course ils se laissèrent tomber sur la rive de l'étang, en riant joyeusement. Cassian se redressa sur les coudes et le regarda en souriant.
- Tu m'as manqué tu sais ? Lança t'il.
- Tu m'as manqué aussi. Mais nous sommes réunis, profitons en, que veux tu faire ?
- Si on se baignait ? Il fait encore chaud.
Vincent posa un regard mitigé sur le plan d'eau, il évitait de s'en approcher, depuis le drame qui avait coûté la vie à Lund. Il sentit Cassian poser sa main sur son bras.
- Tu ne vas pas te priver de baignade, Lund ne l'aurait pas fait, et il n'aurait pas voulu que tu le fasse.
- Tu crois ? Murmura Vincent.
- J'en suis persuadé. Lund aurait été ton ami... lui, il ne t'aurait jamais accusé comme je l'ai fait...
Cassian roula sur lui même et se redressa, sautant sur ses pieds avec agilité.
Vincent le regarda avec un peu d'inquiétude, d'un seul coup, l'ambiance avait changé, le visage de Cassian avait perdu son expression joyeuse.
- Cassian ? Appela Vincent, étreint par un mauvais pressentiment.
- Ce n'était pas ta faute... ni pour Lund, ni pour le chiot... j'ai eu tort... j'aimerai tellement pouvoir revenir en arrière et ne jamais avoir dit ces mots... mais il est trop tard, nous nous sommes éloignés l'un de l'autre... nous ne pourrons jamais revenir en arrière. lança Cassian avant de plonger dans l'étang.
Vincent se leva à son tour, le cœur battant à tout rompre. Autour de lui le ciel s'assombrissait à vue d'oeil, un vent violent se mit à souffler avec force, courbant les arbres, rendant la surface de l'étang agitée et écumeuse, de Cassian il n'y avait plus aucune trace. Vincent avait beau scruter les eaux, il ne parvenait pas à le trouver.
- Cassian ? Appela t'il. Cassian ! Où es-tu ? Cassian ! Si tu m'entends réponds !
Mais il n'obtenait pas de réponse.
Il se réveilla en sursaut, frissonnant d'angoisse, le cœur battant à tout rompre.
Il se passa une main tremblante sur le visage, bouleversé par ce qu'il venait de voir et d'entendre en rêve. Ce n'était qu'un songe, mais tout lui avait semblé si réel.
Être à nouveau un enfant... revoir Cassian lui sourire... cela avait été si agréable. Il était regrettable que la partie agréable n'ait pas duré plus longtemps.
En même temps, entendre Cassian lui dire que rien n'était de sa faute, cela lui avait fait du bien, tout en le rendant triste.
Oui... il était triste, parce que ce n'était qu'un rêve.
Dans la réalité Cassian ne prononcerait jamais ces mots, ne lui pardonnerait jamais.
Il se mit à pleurer en silence, incapable de s'en empêcher.
À quelques centaines de mètres de là, Cassian œuvrait sur l'un des robots endommagés. Il se leva pour s'étirer un peu et regarder autour de lui, afin de faire le point sur tout ce qu'il restait à réparer.
Il resta ébahi par l'ampleur des dégâts. Il se rapprocha de son collègue et ami.
- Dis moi, c'est Vincent tout seul qui a fait ce carnage ? Demanda t'il.
- Oui. Je te l'avais bien dit, ce type est un véritable ouragan, il dévaste tout sur son passage. Répondit son ami d'un ton maussade.
Cassian se mit à rire.
- Au moins, avec lui, nous sommes certains de ne pas manquer de travail, on va même devoir faire des heures supplémentaires.
- En priant qu'elles nous soient payées. Maugréa son ami.
- Je suis certain que ce sera le cas, nous sommes à la SHINRA, ils ont les moyens de nous payer. Sourit Cassian avant de se remettre à travailler.
À suivre
