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Le soleil glissa ses rayons entre les volets d'une chambre mansardée. Il éclaira deux corps nus enlacés. Mais les deux amants n'avaient pas dormi de la nuit. Silencieux, les mains jointes, ils se contemplaient l'un l'autre.

Elizabeth redressa lentement la tête pour venir embrasser les lèvres de Sirius. Avec un sourire, ce dernier lui rendit son baiser, la serrant contre lui et humant le parfum de sa peau. Bien vite ses lèvres glissèrent de son visage à son cou puis au reste de son corps. Brûlaient-ils la chandelle par les deux bouts ? Certainement. Cela leur importait-il ? Aucunement.

Leur peau échauffée par le désir et le plaisir, ils profitèrent de leur ultime mâtinée dans la capitale française en restant dans cette chambre, théâtre de leur retrouvailles et d'un nouveau départ.

« On pourrait faire une carte du ciel avec tes grains de beauté. » remarqua Sirius en laissant ses ongles glisser sur la peau de son amante pour rejoindre selon des chemins invisibles ces petites taches brunes. Elizabeth sourit en appuyant sa tête sur sa main droite.

« Où se trouverait la constellation d'Orion selon toi ? » s'amusa-t-elle.

« Ici même. » murmura-t-il en la dessinant sur sa poitrine. « Et…oh ! Regarde ! Si ce n'est pas un signe ça. L'étoile de Sirius est juste au-dessus de ton cœur. »

Plus légère qu'elle ne l'avait été, Elizabeth rit quand elle sentit le contact de sa barbe sur la peau sensible de son sein.

« Comment vont tes chevilles ? Pas trop gonflées ? » se moqua-t-elle.

« Gonflées ? Non. Par contre, ce petit grain de beauté me fait de l'effet ailleurs. » la titilla-t-il en lui faisant sentir son désir contre sa cuisse.

Beth rit silencieusement en s'étirant. Sirius embrassa de nouveau son sein avant d'en chatouiller le mamelon, arrachant à son aimée un soupir de plaisir. Il voulut s'occuper du second mais à la lumière du jour, il remarqua cette cicatrice en forme d'éclair qu'ils avaient tendance à oublier. Sa bonne humeur amoureuse s'assombrit aussitôt. Beth le remarqua et voulut cacher sa marque avec sa main. Mais Sirius l'en empêcha en entremêlant ses doigts aux siens. Il leva les yeux vers son visage. Elle le regardait avec inquiétude et tristesse. Il se redressa pour la rejoindre et caressa son visage.

« Ne te cache pas. » lui murmura-t-il.

« En as-tu peur ? » chuchota-t-elle.

« Je n'ai pas peur de cette marque. Mais ce qu'elle risque de te causer, ça j'en ai peur. Pour autant, ne compte pas sur moi pour t'abandonner.» lui répondit-il.

Elizabeth glissa sa main dans ses cheveux pour les démêler. Elle lui offrit un pauvre sourire.

« Je pensais que la loyauté n'était propre qu'à ma maison. Mais pour un homme dont l'animagus est un chien, ça ne devrait pas m'étonner. » tenta-t-elle comme diversion.

« Comme quoi il y a un peu de Poufsouffle en moi. Tout comme tu es plus Gryffondor qu'on ne le croirait au premier abord. »

« Tu vas me dire qu'on a toujours été fait l'un pour l'autre, c'est ça ? » continua-t-elle sur un ton badin qui cachait le trouble qu'elle ressentait : elle trouvait véritablement une forme de complétude à être ainsi dans les bras de Sirius.

« J'en ai bien l'impression. Il se pourrait bien finalement que j'ai une âme sœur. Maintenant qu'on s'est trouvé, il n'y a plus attendre de voir comment les choses vont se goupiller pour la suite. » lança-t-il négligemment en s'installant dans son dos et en entourant sa poitrine et son ventre de ses bras. Il embrassa tendrement le creux de son omoplate pour cacher sa nervosité. Il allait vite, trop vite…

« La suite ? » l'interrogea Beth en suivant son tatouage du bout des doigts.

« Je pensais avant…avant la nuit d'Halloween…que nous aurions pu emménager ensemble. » murmura-t-il.

« C'est ce qu'on a fait. Même si je me doute que tu pensais à autre chose, pas vrai ? » lui demanda doucement Beth.

Il acquiesça silencieusement sans qu'elle le voit. Elle ne sentit que la caresse de ses lèvres dans son cou.

« Tu veux vraiment de moi ? »

« Plus que tout. » chuchota-t-il dans son oreille.

« Je pourrai toujours venir dormir dans ta chambre. » répondit-elle sur le ton de l'évidence. « Si ça ne marche pas entre nous, je ne… »

« Ca marchera. » la coupa abruptement Sirius en la serrant contre lui.

Beth embrassa doucement son biceps. Elle resta silencieuse quelques minutes.

« On traîne pas mal de casseroles entre nous, Sirius. Entre ça et la maladie, ça ne sera pas tous les jours rose. Tu risques de me voir au plus mal. Il y aura des jours sans, des jours où la maladie sera plus forte et gagnera du terrain, où je ne serai qu'une loque. Involontairement, je te ferai souffrir et tu ne pourras pas m'aider. Et-tu prêt à vivre avec cela ? » lui demanda-t-elle gravement.

« Je vis déjà avec ta maladie, Beth. »

« Je ne veux pas te voir t'en vouloir pour quelque chose dont tu n'es pas responsable, Sirius. Si jamais tu trouvais un jour que c'est trop dur pour toi, je veux que tu me le dises en face. Et tu n'auras pas à te sentir obligé à quoi que ce soit…Il n'y a rien de pire que la pitié dans un couple. » ajouta-t-elle en murmurant d'un ton absent.

Sirius la serra de nouveau contre lui et embrassa le sommet de son crâne.

« Je ne ferai pas de promesse, Beth. Je préfère que mes actes parlent pour moi. Et j'espère qu'ils effaceront tes doutes et tes peurs. » déclara-t-il sobrement.

Elizabeth se retourna dans ses bras et lui offrit un nouveau sourire avant de l'embrasser. De doux, ce dernier devint bien rapidement affamé. Leurs langues se goutèrent de nouveau tandis qu'ils se respiraient l'un et l'autre avidement.

« J'ai l'impression que ta baguette commence à se réveiller. » chuchota-t-elle plus légère contre ses lèvres.

« J'étais sûr que tu étais une adepte des jeux de mots au lit. » lui répondit-il de nouveau amusé tandis que ses mains cartographiaient encore et encore chaque zone de son corps pour retenir les plus sensibles.

« Ah ! Oui ? Et d'après toi, ma petite langue d'enchanteresse est juste capable de causer ou peut-elle selon toi se montrer plus audacieuse ? »

Sa main s'était glissée autour de son sexe et le caressait alternant des touchers fermes et aériens.

« Je ne demande qu'à découvrir tes talents cachés. » lui chuchota-t-il au creux de l'oreille avant de jouer avec son lobe.

Beth le poussa à se mettre sur le dos avant de le chevaucher. Sirius n'en revenait pas de voir Elizabeth si libérée. Nue dans la lumière du soleil elle rayonnait. Et son sourire coquin n'enlevait rien à son charme. Elle se pencha de nouveau vers lui pour l'embrasser lentement mais passionnément. Les mains de Sirius étaient partout sur son corps, l'obligeant à se rendre compte qu'elle avait aussi des désirs et des appétits charnels à assouvir. Et pour être affamée, elle l'était. Leurs lèvres se séparèrent mais pour mieux explorer le corps de chacun. Sirius n'aurait su dire à quel point il était heureux de la retrouver et de la sentir s'abandonner à nouveau dans ses bras. Il se glissa doucement dans sa chaude moiteur et tous deux poussèrent un soupir de bonheur.

« Je t'aime. » souffla-t-il contre ses lèvres en l'observant de sous ses cils.

L'abandon et le plaisir lui allaient à merveille. Elle était plus belle que jamais. Et elle l'avait choisi Il n'aurait plus jamais peur de dire ces quelques mots.

Elle le dominait et restait immobile alors qu'il était profondément enfoncé en elle. Radieuse, elle ne le quittait pas des yeux, restant silencieuse.

« Je t'aime aussi. » finit-elle par lui répondre doucement en se penchant pour l'embrasser de nouveau.

Ces quelques mots…il n'aurait plus peur de les entendre non plus car c'était elle qui les prononçait maintenant.