Hey tout le monde !

Voici, un peu en retard, ma production de la dernière soirée drabble organisée par le groupe Papotage, Ecriture, Lecture et Bonne Humeur.

Je commence vraiment à croire que les drabbles et moi, on est pas faits pour s'entendre. Pas une seule fois je n'ai été capable de descendre en dessous en 110 mots. Ah, Inspiration, quand tu nous tiens…

Bref, je me tais et je vous laisse apprécier ! Bonne lecture !

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- Cent mots et des poussières -

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Révolte – 117 mots

Ce fut comme un vent de tempête agitant un champ, secouant les tiges des plantations, les branches des arbres en faisant siffler le vent furieux. Ce fut un vent de fièvre et de colère qui se déchaîna sur Valinor, plongée dans les ténèbres d'une nuit sans fin.

Un vent de révolte.

Et ce fut Fëanor qui le sema, l'impétueux Esprit de Feu trop orgueilleux et trop blessé de la perte de ce à quoi il tenait le plus au monde : son père et ses Silmarils. Ce fut par Fëanor que tout commença, et ce fut de Fëanor que tant de malheurs provinrent.

Mais comme dit le si beau dicton, qui sème le vent récolte la tempête…

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Anneau – 149 mots

Il l'avait trahi.

Au milieu des divagations de son esprit égaré par la torture, c'est cette réalité qui frappa Celebrimbor le plus cruellement. Car il avait le souvenir de leur sincère amitié – de ce qu'il avait cru être une sincère amitié –, de la chevelure d'or roussi d'Annatar – de celui qu'il croyait se nommer Annatar – et de ses yeux couleur argent, perçants et exaltés.

Mais il l'avait trahi, et toutes ses certitudes avaient volées en éclat.

A l'instant où Sauron – car c'était son nom... – avait passé au doigt cet anneau forgé dans le secret, cet anneau dont le pouvoir surpassait tous les autres, il l'avait senti, il l'avait compris.

Et alors que le fouet s'abattait sur son corps meurtri, mordant sa peau, déchirant sa chair, il sourit. Que Sauron prenne sa vie si cela lui plaisait ; il n'aurait jamais les Trois anneaux des Elfes. Il y avait veillé.

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Message – 116 mots

Il ne passait pas un jour sans que Nerdanel ne monte sur les remparts de Tirion, pour contempler, du haut des tourelles de la cité, la mer embrasée des rayons rouges du soleil couchant.

Durant parfois des heures, elle restait ainsi, jusqu'à ce que l'obscurité n'envahisse le ciel. Elle attendait, calme et patiente.

Elle croyait voir, dans l'incendie qui chaque soir semblait dévorer l'horizon, un signe de ceux qui étaient partis au-delà ; elle croyait entendre, dans les chants des oiseaux venus de la côte, la voix d'un appel ; et dans chaque mouvement, chaque son, elle espérait trouver un message de son mari et de ses fils, à jamais disparus de l'autre côté du monde.

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Temps – 111 mots

Elrond ne disait rien. Il ne parlait jamais beaucoup. Mais il n'en pensait pas moins, et Elros le savait.

Il lisait, dans les yeux que son frère rivait sur lui en silence, tout le poids de son incompréhension et de son reproche ; de ses questionnements, aussi.

Mais lui ne ressentait pas le besoin de se justifier. Il avait pris sa décision et ne reviendrait pas dessus.

Alors pourquoi se prenait-il à douter, à regretter ? Pourquoi cette ombre envahissait-elle son cœur, l'emplissant d'amertume ? Pourquoi avait-il l'impression de ne pas avoir réfléchi, en abandonnant son immortalité pour épouser la vie et le destin des Hommes, dont le temps était compté ?

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Couverture – 122 mots

Au milieu de ce désert de glace, envahi d'une brume si épaisse qu'on distinguait à peine le jour de la nuit, chaque réveil était une nouvelle épreuve, plus rude que la précédente.

Les paupières lourdes, scellées de gel, qui ne s'ouvraient qu'avec d'infinies peines.

Le corps las et engourdi de froid, malgré leur constitution exceptionnelle et les couvertures dont ils s'enveloppaient étroitement.

L'esprit dévoré par la colère, le seul feu qui leur donnait encore la force de se relever pour affronter l'immensité de neige qui s'étendait devant eux, sans fin. L'Helcaraxë refusait de les libérer de sa prison ; mais il s'en fallait de plus pour briser la détermination qui forgeait les cœurs de ces Elfes exilés et brûlants de revanche.

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Moribond – 120 mots

Après avoir contemplé la lumière des Deux Arbres de Valinor, ses derniers regards se portèrent sur un Silmaril.

Ainsi l'on dit que mourut misérablement Elwë Singollo, dernier Haut-Elfe héraut de son peuple auprès d'Oromë, qui les accueillit et les conduisit aux Terres Immortelles. Seul et dernier souverain qui ne le suivit pas, et toute sa vie et jusqu'à sa mort, secrètement, le regretta. Bon et juste, beau et puissant, mais en vérité malade, avide, rongé par le vice et l'aigreur, comme un arbre centenaire perdant peu à peu sa force et sa vigueur.

Roi moribond, qui vécut dans l'ombre de ses cavernes en désirant la lumière, et voulant la posséder, tomba comme les autres sous son emprise.


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Voili-voilou… Ça casse pas des briques, pas vrai ? Mais bon, j'avais envie de le partager.

Allez, grosse bises à tous, on se retrouve bientôt… J'espère…