Hello guys !
Il faudra, je crois, se faire à l'idée que je n'arriverais jamais à descendre en dessous de 110 mots pour un drabble. Honte à moi...
Mais ce n'est pas bien grave, pas vrai ? Allez, je vous laisse, bonne lecture !
(Il y a encore un petit bonus hors-série à la fin...)
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– Cent mots et des poussières –
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Dague – 115 mots
Une grande nervosité s'était emparée du d'ordinaire si calme Fingon. Incapable de rester en place, il tournait en rond dans sa tente comme un lion en cage, s'asseyait sur son fauteuil pliant pour se relever aussitôt, et reprendre ses allées-venues. Il ne cessait de jeter des coups d'œil inquiets vers l'entrée de sa tente, comme s'il attendait quelqu'un qui ne venait pas.
Puis, en baissant la tête, son regard accrocha un objet jeté sur son lit de camp.
Une longue dague effilée, gravée aux armes de sa maison, à la lame maculée de sang.
Le sang de son bien-aimé cousin Maedhros.
L'arme maudite, avec laquelle il lui avait coupé la main pour le sauver.
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Soin – 116 mots
Courbé sur sa chaise comme un vieillard accablé par le fardeau d'une trop longue existence, le visage enfoui entre ses mains, Elrond n'osait lever les yeux vers le corps reposant sous les draps, dans le lit devant lui. Il n'osait contempler le visage trop pâle de son épouse, figé comme un masque de cire, et ses yeux clos qu'il craignait ne jamais voir se rouvrir.
Il avait fait son possible. Il avait déployé tous ses talents, pansé toutes les plaies, effacé toutes les cicatrices. Mais malgré les soins qu'il avait apportés à son corps, il savait que c'était le fëa de Celebrian qui avait le plus souffert ; et ces blessures-là, il ne pouvait les guérir.
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Peur – 118 mots
Au milieu de cette hostile forêt noyée dans la nuit et le brouillard, les deux enfants transis de froid s'étaient instinctivement blottis l'un contre l'autre. Leurs yeux scrutaient l'obscurité, cherchant en vain une lumière, quelque chose qui puisse les guider.
Mais autour d'eux, tout n'était que silence et noirceur.
Ils étaient seuls.
Perdus. Abandonnés.
Condamnés.
-Elùred… gémit l'un des enfants. J'ai peur…
L'autre serra plus fort son jumeau tremblant entre ses bras.
-Ne t'en fais pas, Elùrin… On va s'en sortir, tu verras…
Mais ses paroles sonnèrent creux dans sa bouche, car ils savaient tous deux qu'ils ne pourraient plus rien voir. Ils étaient prisonniers de l'ombre de la nuit, jusqu'à ce que la mort ne les prenne.
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Patte – 127 mots
Il arrivait fréquemment à l'impulsif Celegorm de céder à un brusque caprice de son envie d'espace ; bondissant sur le premier cheval à passer, il quittait tout pour galoper vers la forêt la plus proche. A ses côtés, courait toujours le fidèle Huan, aboyant joyeusement, tout heureux de cette promenade improvisée.
Quand, fatigué, Celegorm mettait pied à terre et s'alanguissait dans l'herbe tendre, Huan se couchait près de lui, le museau entre les pattes. Et Celegorm tendait la main pour caresser les poils soyeux de son pelage blanc.
« Me suivras-tu toujours ainsi que tu le fais, Huan ? » Demandait-il.
Et l'animal, en réponse, léchait amicalement le visage de son maître, le faisant rire, et lui laissant la certitude qu'ils seraient, pour toujours, deux inséparables compagnons.
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Etincelle – 114 mots
Maglor avait coutume de passer plusieurs heures le soir à faire chanter sa harpe, laissant son imagination vagabonder et ses doigts suivre le fil d'une mélodie fantaisiste.
Et, il ne s'était pas aperçu que deux petites âmes d'enfant, curieuses et fascinées, avaient coutume de quitter leur lit le soir pour coller l'oreille à la porte de sa chambre.
Ils écoutaient, et ils percevaient toute la puissance des souvenirs contenus dans ces notes filées comme des gouttes de rosées sur une toile d'araignée de l'aube. Leurs cœurs frémissaient des échos du doux chant du Fëanorion, leur père adoptif, et les larmes leurs venaient, quand ils comprenaient que toute étincelle de joie l'avait à jamais déserté.
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Déchirer – 118 mots
C'est le remord qui l'empêcha d'accepter la main tendue de Nàmo. Quand, comme à tous les autres qu'il voyait défiler autour de lui, aux Halls de Mandos, on lui avait proposé une nouvelle chance, une nouvelle existence, il refusa.
Revenir à Valinor ? Affronter le regard de tous ceux à qui il avait fait du tort – et Ô Eru, qu'ils avaient nombreux ! – Jamais il n'en aurait le courage…
Mais ce qu'il craignait plus que tout, était de revoir ses fils. Ses fils, qu'il avait entraînés dans une quête bien vaine, pour les abandonner, les laisser aller à la mort, ou pire encore…
Non. Il ne pouvait pas les revoir. Il ne voulait pas les déchirer plus encore.
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Bonus
Fandom : La Passe-Miroir (inexistant sur ce site, mais peut-être que certains ici connaissent cette série de livres...)
Téléphone – 94 mots
De l'autre côté de la porte, le monde extérieur s'était tu. Un silence recueilli régnait dans l'appartement, enveloppant les trois femmes, silencieuses et immobiles.
Puis une sonnerie grêle et stridente comme un tintement de cloche s'éleva, brisant le calme.
Le téléphone sonnait.
-Répondez, ma fille, dit Berenilde en regardant Ophélie au fond des yeux.
Celle-ci hocha lentement la tête. Le temps des secrets était terminé, et elles en étaient conscientes, toutes les trois. Elle devait sortir de l'ombre, à présent ; et advienne que pourra.
Elle alla au téléphone, elle décrocha.
-… Thorn ?
