Hello tout le monde ! Aujourd'hui, nouveau level incontestable : la barre s'élève à présent à un minimum de 130 mots ! Pfff, plus ça va, plus ce que je fais n'a plus aucun rapport avec un vrai drabble...
Allez, je vous laisse découvrir tout ça vous-même ! Bonne lecture !
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– Cent mots et des poussières –
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Fatigue – 137 mots
Ça avait été un changement très lent, progressif et imperceptible ; le rongeant peu à peu, comme un long travail de forage dans son corps, pernicieux, invisible et silencieux.
Et quand Elros en pris conscience, c'était déjà trop tard.
Ce ne fut, au début, pas grand-chose… Un peu de fatigue quand il veillait trop tard dans la nuit, un engourdissement de la main à force de passer des heures entières à écrire, une lassitude du dos après une longue chevauchée. Il avait d'abord mis tout cela sur le compte de la sensibilité de son corps humain, comparée à son ancienne constitution d'elfe.
Puis il avait compris. Les ans passaient, et peu à peu ses membres s'alourdissaient, son corps s'affaissait, ses forces déclinaient. Ses cheveux blanchissaient. Des rides plissaient son visage.
La vieillesse… qu'il n'avait pas vue arriver.
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Nuit – 135 mots
Il avait pour la première fois ouvert les yeux dans l'obscurité. Il avait grandi dans l'obscurité et y avait vécu toute sa vie. Il avait appris à craindre et à fuir la lumière, comme le fragile faon craint et fuit le loup affamé.
Eöl était un elfe de la Nuit, et il se complaisait dans la noirceur, car elle représentait ce qu'il était de mieux. Une ombre.
Et pourtant, quand, un jour, il vit passer cette cavalière vêtue de blanc, éblouissante et pâle, telle une étoile descendue éclairer les forêts sombres où il se terrait, il se prit à ressentir de la curiosité plutôt que de la terreur, du désir plutôt que de la répulsion.
Eöl était un elfe de la Nuit, mais, capturé par les rayons du jour, il s'en saisit à son tour.
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Réveil – 133 mots
Miriel lui avait dit qu'elle allait simplement s'allonger un moment à l'ombre des arbres du jardin d'Irmo, car elle se sentait lasse.
Jamais elle n'avait parlé de le laisser.
Jamais elle n'avait pas parlé de mourir…
Ce raisonnement était irrationnel – mais la raison avait déserté Finwë quand, en partant à la recherche son épouse, il avait découvert son corps inerte sous les peupliers. Ses yeux étaient clos et ses mains croisées sur son ventre. Elle s'était endormie, paisiblement, bercée par le chant des oiseaux perchés dans les hautes branches.
Elle s'était endormie dans un sommeil sans réveil. Et Finwë pleurait en silence, et il se demandait ce qui adviendrait de leur tout jeune fils, qu'il ne savait s'il serait capable d'élever ; quel bonheur connaîtrait cet enfant qui grandirait sans sa mère ?
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Étalon – 138 mots
L'animal avait fasciné l'adolescent blond. Sa robe était blanche comme celle de Nahar, la monture de son maître, et les muscles saillants roulaient sous le crin immaculé. Il y avait dans son regard une grande intelligence, et quand il croisa le sien, il inclina son long cou vers le sol, comme s'il le saluait.
Muet de stupeur, le jeune Tyelkormo était resté immobile face à l'étalon, ne sachant s'il devait hurler de joie ou se jeter aux pieds de son maître pour le remercier.
« Dis-moi au moins qu'il te plaît… » Souffla malicieusement Oromë, derrière lui.
Alors, décidant que la deuxième solution était la meilleure, Tyelkormo se retourna et posa un genou à terre devant le Seigneur des Forêts, les lèvres remuant sans qu'il n'en sorte un son, alors que des larmes de reconnaissance emplissaient son intense regard bleu.
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Capture – 136 mots
C'était elle qui était venue à eux, frêle, innocente, lumineuse, et si belle. Elle leur avait demandé leur aide, elle leur avait dit son nom ; et quand ils avaient su qui elle était, Curufin et Celegorm avaient échangé un regard. Sans avoir à se concerter par la voix, ils surent ce que l'autre pensait, et aussi que ces pensées faisaient écho aux leurs.
Celegorm, qui était déjà épris du visage doux de la vierge de Menegroth, lui tendit la main et la hissa devant lui sur son cheval. Serrée contre sa poitrine, comme si elle s'y sentait en sécurité, elle s'était abandonnée en confiance, car son âme pure ne pouvait concevoir que le mal puisse habiter l'esprit d'êtres qui étaient de la même race qu'elle.
Les deux frères souriaient narquoisement. Quelle douce et habile capture…
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Traumatisme – 135 mots
Guidé par ses frères, Maedhros avait lentement remonté la pente, franchi les obstacles, bravé ses cauchemars, essuyé ses larmes.
Mais l'homme qui émergea du gouffre après y avoir erré durant trente-trois ans avait été radicalement transformé, et rien en lui, si ce n'était son nom, ne ressemblait à celui qu'il fût autrefois. La lumière avait déserté son visage, et la joie son cœur. Désormais grave et sérieux, il posait sur le monde un regard différent, le regard sage de ceux qui avaient surmonté bien des épreuves ; ceux qui avaient frôlé la mort, et savaient à quelle valeur estimer la vie.
Son traumatisme avait laissé en lui des séquelles irréversibles, physiques comme morales ; mais, loin de les cacher, il les portait avec fierté, car elles avaient fait de lui ce qu'il était à présent.
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Partenaire – 133 mots
Depuis qu'on avait vu arriver à Angband ce curieux petit être d'apparence si frêle et à la tête couleur de feu, bien des rumeurs circulaient dans les noirs souterrains sillonnant la forteresse. Sorcier, soldat, lieutenant, manipulateur, traître, rival, maître, esclave, on lui donnait tous les titres possibles, sans savoir lequel pouvait lui être réellement attribué.
Mais ni les Balrogs, ni les Orcs, ni les dragons, ne pensèrent au mot « partenaire ».
Car Melkor accorda la liberté à cette délicate fleur du jour, afin que son éclat ne se ternisse pas, car il aimait sa lumière, et il la désirait ; et plutôt que de lui imposer sa domination, il la lui imprima sur le corps... des griffures sur les flancs, des marques rouges dans la nuque qui avaient la forme de ses lèvres...
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Hum, je me suis un peu emportée au dernier drabble ;) désolée, mais ce mot... ce mot... bref.
Allez bises les gens, et à la prochaine !
