Coucou tout le monde ! Oui, oui, beaucoup de retard... deux séries manquées... j'essayerai de les rattraper dès que je pourrais ! Promis !

Bon, après ma promesse vaut ce qu'elle vaut.

C'est à dire pas grand chose.

Tout comme celle que je m'étais faite au sujet d'une certaine restriction d'enthousiasme au niveau du compteur... Au début ça partait bien (j'arrivais à me limiter à moins de 130 mots en général) et après c'est parti en sucette.

Allez, enjoyez tout de même !

0o0o0o0

Cent mots et des poussières –

0o0o0o0

Divergé – 125 mots

Depuis toujours, il avait au plus profond de l'âme le sentiment d'appartenir à quelque chose d'infiniment plus grand. Une noble lignée dont il était le fier descendant, portait le nom et honorait le sang.

Sans doute aurait-il dû s'en enorgueillir. Sans doute l'avait-il un jour fait.

Mais aujourd'hui, son esprit doutait et il ne savait plus que penser de toutes ces certitudes qui l'avaient si longtemps soutenu.

Et quand il vit que même son père, Curufin, était tombé dans les affres des ombres, il prit enfin sa décision et quitta la voie qui était celle de leur famille – et aurait dû être la sienne.

Celebrimbor avait divergé ; choisissant le bien, sans réaliser qu'il ne faisait que basculer dans des ténèbres plus noirs encore.

0o0

Temps – 117 mots

C'était une notion étrangère à son peuple.

Le temps.

Les elfes ne le comptaient pas. Il ne représentait rien pour eux. Il glissait sur leur peau sans la rider, sur leurs cheveux sans les blanchir, sur leurs corps sans en ôter la force. Il n'était au plus qu'un souffle de vent dont on sent la caresse.

Mais pour les Hommes…

Un siècle était pour eux une existence.

En cent ans, l'un des leurs avait déjà vécu sa vie.

C'est en mesurant ce fossé qui s'ouvrait entre eux que Caranthir compris que jamais il n'aurait pu y avoir d'avenir entre lui et Haleth – même si elle lui était revenue.

Ils n'auraient pas eu le temps d'être heureux ensemble…

0o0

Pensée – 126 mots

Ce fut seulement au moment où il la flamme de son âme vaciller, ce fut seulement quand il s'effondra, un dernier souffle ténu frémissant dans sa poitrine, qu'il eut une pensée pour le carnage qu'avait été sa vie.

Il n'avait fait que semer sur son passage mort et destruction. Il avait sur les mains trop de sang pour qu'il se rappelle du nom et du visage de tous ceux qui étaient passés au fil de son épée.

Et tout cela pour quoi ?

Pour trois pierres brillantes…

Quelle folie.

« Fou, murmura une voix dans son esprit. Fou égoïste. »

Mais sa pensée n'atteignit jamais ses lèvres, et Fëanor mourut sans avoir dit à ses fils qu'il les aimait, plus que tout, plus que ses Silmarils.

0o0

Couronne – 121 mots

Doriath était tombée.

Tout était fini.

Doriath brûlait et ceux de son peuple qui n'avaient pas péri fuyaient, loin, loin vers l'est, fuyaient pour leurs vies.

Oropher se fit le guide de ces survivants, et bientôt, leur errance devint pèlerinage. Car ils souhaitaient retourner là ou leurs racines les appelaient, au plus profond des bois de l'est.

C'est ainsi que les Sindar parvinrent à Eryn Lasgalen. C'est ainsi qu'Oropher ceignit sur son front la couronne de branches entrelacées, dont les ornements variaient avec le temps et les saisons ses feuilles d'un vert éclatant au printemps se faisaient fleurs colorées quand venait l'été, avant de brunir et de s'assécher en se couvrant de délicates particules de neiges, comme des larmes immaculées.

0o0

Fourrure – 133 mots

Tyelkormo s'était longtemps considéré comme le plus chanceux des petits enfants elfes : car ce n'étaient pas tous les petites enfants elfes qui avaient le bonheur de posséder une aussi grosse peluche que la sienne, n'est-ce pas ?

Bon, à dire vrai… ce n'était pas réellement une peluche, mais bien un animal vivant. Son père l'avait réprimandé quand il avait eu le malheur de parler devant lui d'Huan comme de ces boules de fourrure inertes que les enfants serrent dans leurs bras pour tenir les cauchemars à distance.

Mais quoi qu'il en soit, Tyelkormo était fier d'avoir Huan, et toujours empli de joie de dormir blotti contre son flanc, le visage enfoui dans son épais pelage blanc, car c'était là qu'il se sentait vraiment en sécurité, à l'abri des monstres de la nuit.

0o0

Oiseau – 135 mots

-Nelyo !

Celui-ci se raidit quand il entendit cet appel. Reconnaissant immédiatement la voix flûtée de son petit frère, brisée d'un accent d'angoisse, il s'empressa de tourner les talons et se mis à courir vers les fourrés.

-Nelyo !

Le petit Kano était étalé sur le ventre, les mains écorchées et les cheveux en bataille sur son front. Nelyafinwë s'agenouilla près de lui, lui murmurant de douces paroles de réconfort en le prenant dans ses bras.

-Tu ne t'es pas fait mal, mon petit oiseau ?

-Non, souffla l'enfant en se blottissant contre lui, le corps tremblant. Mais j'ai eu peur quand je suis tombé…

-Ne t'inquiète pas, murmura tendrement Nelyo en lissant les soyeuses mèches noires de son petit frère. Tu ne tomberas plus jamais. Je serais toujours là pour te rattraper, Kano. Toujours.

0o0

Liens – 152 mots

Dans les sombres ténèbres qui baignaient le monde, Beleg aperçut soudain un corps inconscient entravé de chaînes. Tirant lentement l'épée de son fourreau, il s'approcha, tentant de l'identifier ami ou ennemi.

Et, dans un faible rayon de lune se reflétant sur sa lame, il reconnut Tùrin.

Sans hésiter, il s'agenouilla près de lui et se mis en devoir de le libérer de ses liens de fer. Mais, dans un infime instant d'inattention – ou peut-être guidé par le bras de l'insondable destin – sa lame frôla la chair de l'Humain, qui sursauta et ouvrit les yeux.

Quand il vit l'ombre penchée sur lui et l'épée luisant près de son visage, une terreur animale le saisit, et, obéissant à son premier instinct, il bondit. Saisissant la lame nue à pleine main, sans se soucier de la douleur, il la retourna contre son propriétaire.

Et par la main de Tùrin, Anglachel prit la vie de Beleg.

0o0o0o0

Bonus

Fandom : La Passe-Miroir (inexistant sur ce site, mais peut-être que certains ici connaissent cette série de livres...)

Chantage – 127 mots

Car elle ne servait que son propre intérêt – ou peut-être une cause plus sombre et tordue encore – Mediana n'avait eu aucun scrupule à user de son pouvoir sur Ophélie ; posant sa main sur sa nuque, la faisant frémir de son contact glacé, elle s'ouvrit les portes de sa mémoire, ses souvenirs et ses plus intimes secrets.

Elle vit tout.

Elle vit Anima, le Pôle, Bérénilde, Farouk, Victoire, et Thorn.

Surtout, elle vit Thorn.

Et, brandissant ces pensées volées comme des armes, elle promit à Ophélie de les divulguer si elle parlait de ceci à quiconque.

Mais Ophélie n'était pas prête à accepter ce chantage. Sa volonté n'était pas faible, et son cœur battait pour celui qu'elle cherchait sans trouver.

Elle ne céderait pas. Elle se l'interdisait.